• Les tâches complexes : le plein de ressources ! (Le Web Pédagogique)
    http://lewebpedagogique.com/blog/taches-complexes-ressources

    Confronter à une situation-problème, l’élève doit relever un défi : au cours de la séance, l’élève essaye, se trompe, confronte sa vision avec les camarades de son groupe et finalise son travail par une production écrite ou orale. Pour y arriver, il faudra mobiliser “des ressources internes (culture, capacités, connaissances, vécu…) et externes (aides méthodologiques, protocoles, fiches techniques, ressources documentaires…)

    […]

    L’enseignant peut se trouver déstabilisé en constatant que les élèves n’utilisent pas les règles, formules, connaissance, etc. pourtant apprises il y a peu de temps, et ce même quand il s’agit d’élèves qui réussissaient bien les exercices d’application. Pourtant, c’est tout à fait normal ! Lorsqu’ils doivent résoudre une tâche complexe, les élèves sont facilement en surcharge cognitive. Ils reviennent spontanément à des procédures « sûres », « simples », « faciles » pour eux. Ce n’est que dans un deuxième temps, et parfois seulement grâce au guidage proposé par l’enseignant, qu’ils mobilisent des procédures plus complexes, des connaissances plus récemment acquises.

    Voir aussi :

    Situations/tâches complexes (Ac. Rennes)
    http://www.ia29.ac-rennes.fr/jahia/Jahia/site/ia29/Accueil/pedagogie-formation/socle-commun/pid/20256

    La tâche complexe est une tâche mobilisant des ressources internes (culture, capacités, connaissances, vécu...) et externes (aides méthodologiques, protocoles, fiches techniques, ressources documentaires...).
    Confronter les élèves à des tâches complexes permet de :
    – les former à gérer des situations concrètes, nouvelles de la vie réelle en mobilisant des connaissances, des capacités, des attitudes c’est-à-dire à exprimer de véritables compétences dans des situations nouvelles.
    – faire acquérir à chacun les mêmes connaissances, les mêmes méthodes mais en tenant compte des différences entre individus.
    – laisser à chacun le choix des procédures de base présentes dans le répertoire de ses ressources et de leur combinaison selon sa propre démarche intellectuelle.
    – les motiver tout en leur donnant le goût des sciences.

    Situations-problèmes (Le site francophone des situations-problèmes)
    http://situationsproblemes.com/francais/?page_id=278

    Les TaCos de Thucydide
    http://tacohgec.wordpress.com/2012/03/01/un-peu-de-theorie-pourquoi-enseigner-par-taches-complexes

    En effet, quand on travaille par tâche complexe, on suit le processus suivant :
    1. Proposition de la tâche complexe. Les élèves tentent de la résoudre sans aide de l’enseignant. Celui-ci observe (l’action des élèves et les productions) et repère ce qui fait obstacle.
    2. Proposition d’aides, de guidage, apport ou réactivation de connaissances pour résoudre la tâche complexe… autrement dit, on en arrive automatiquement à la différenciation, puisque certains élèves ont résolu la tâche sans aide, d’autres ont besoin d’aide, mais pas tous de la même aide…
    3. Proposition d’au moins une tâche complexe semblable ou légèrement différente pour que les élèves puissent réinvestir les procédures découvertes.

    Travailler par tâches complexes permet en outre de résoudre le problème souvent posé par les élèves les plus avancés – ceux qui sont trop rapides, ceux qui ont toujours tout juste, ceux qui s’ennuient en classe. En effet, ils seront motivés par la situation inédite en classe, par le besoin de chercher une procédure qui n’a pas été apprise d’avance. Si le travail se fait en équipe, ils seront moteurs.

    #éducation #pédagogie #tâches_complexes #situations_problèmes #cycle3 #collège


  • Geneviève #Fioraso, ministre de l’#enseignement_supérieur et de la #recherche (ESR) en bonne voie pour devenir la prochaine titulaire de la déshonorante carpette anglaise avec sa loi autorisant - systématisant- les cours en #anglais sous prétexte d’#internationalisation. On va vers une baisse des taux de réussite et une baisse encore plus importante du #français dans la recherche mais également de manière indirecte dans tous les autres secteurs (commerce par exemple). Cela montre le peu d’attachement à la #francophonie qui est pourtant dynamique démographiquement.

    Professeur au #collège_de_France, Antoine Compagnon, a aussitôt bondi : « Je l’invite à franchir les quelque deux ou trois cents mètres qui séparent son bunker ministériel des amphis du Quartier latin pour découvrir le monde réel, lui répond-il dans nos colonnes. En anglais, on parle de friendly fire pour désigner le genre d’action que vient de mener la ministre. Car Mme Fioraso nous tire dans le dos alors que nous montons au front. »

    [...]

    Les associations de défense de la langue française tempêtent avec leurs petits moyens. Régis Ravat, président de l’association Francophonie avenir, se désole de constater « l’anglicisation progressive de notre pays, encouragée par la droite comme la gauche. La ministre Fioraso dit "langue étrangère" dans sa loi mais c’est d’une totale hypocrisie. Tout le monde sait qu’elle veut dire "anglais". Maintenant, même pour un CAP de carrossier, on impose de parler anglais. Au nom, paraît-il, d’une ouverture vers le monde... Je dirais au contraire qu’on s’enferme. On se tourne vers le seul monde anglosaxon. »

    Même l’#Académie_française s’est offusquée de ce texte rédigé, dit-elle, en des termes trop vagues. « Il ne paraît ni opportun, ni même possible d’adopter pareille disposition de loi dont la valeur symbolique serait d’autant plus grande qu’elle serait plus vague et qui inaugurerait de véritables franchises linguistiques dans les universités françaises », jugent les membres de l’Académie dans une déclaration commune datée du 21 mars. L’article 2 de la loi Fioraso autorise l’enseignement en langue étrangère dans le cadre d’« un accord avec une institution étrangère » ou « d’un programme européen ». L’Académie alerte « sur les dangers d’une mesure qui se présente comme d’application technique, alors qu’en réalité elle favorise une marginalisation de notre langue ».

    Source : http://www.liberation.fr/societe/2013/04/12/l-universite-francaise-va-t-elle-parler-anglais_895729

    • Et dans le même genre avec l’absurdité du tout anglais à la #commission européenne :

      Une maîtrise imparfaite d’une langue peut donc déboucher sur une catastrophe, notamment dans le domaine financier où les marchés sont à l’affut, comme a pu le tester Dijsselbloem. Plus personne n’osant, à Bruxelles, reconnaître qu’il ne maitrise qu’imparfaitement cette langue, c’est un véritable règne de terreur linguistique qui s’est imposé. « Alors que des services entiers de la Commission ne comptent pas un seul anglophone de naissance, on parle et on écrit uniquement anglais, un anglais appauvri qui appauvrit la pensée », reconnaît un fonctionnaire européen. « Il faut voir ce qui sort de nos services », poursuit notre interlocuteur. Et ce, même si une majorité de fonctionnaires desdits services parlent mieux le français que l’anglais, par exemple : « il suffit qu’il y ait une seule personne qui ne parle pas français pour que l’on travaille tous en anglais ». Recourir à un interprète ou à un traducteur est presque devenu une marque de manque de savoir-vivre… Pourtant, les institutions communautaires devraient s’interroger : mal maitriser une langue, qui plus est comprise par une minorité de la population européenne, n’est-ce pas là un des facteurs de l’incapacité de l’Union à communiquer clairement ? N’y a-t-il pas un lien entre l’appauvrissement de la pensée européenne et la réduction à la portion congrue de son dictionnaire linguistique ?

      Au moins, à l’issue de cette chronique, vous aurez tous, moi y compris, appris un nouveau mot : « template ». Thank you, Luke !

      Source : http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2013/04/template-jai-dit-template-comme-cest-template.html





    • Oui @odilon, il faut savoir apprécier à leurs justes valeurs humoristiques les notions de « coopération » et « d’effort ». Pour un patron, ça peut toujours servir d’avoir des ouvriers instruits.
      – Je suis coopérant : je fais le travail demandé.
      – Je fais des efforts : je lis les documents qui me sont donnés.

    • ce qui est le plus terrible, je pense que pas mal de profs s’imaginent faire le bien de leurs élèves en les formatant aux besoins des entreprises plutôt que de leur donner les moyens d’exprimer leurs propres talents et aspirations et de les encourager en ce sens

    • Et sans aucun cynisme, le monde enseignant veut effectivement du bien aux enfants. Je ne connais pas le chemin à prendre, mais il faut supporter cette bienveillance collective « pour qu’il réussisse dans la vie » alors que mon idée de la « réussite » n’est décidément pas au même endroit. Ou est mon choix quand je dois soutenir cette idée entreprenariale de l’enseignement pour ne pas marginaliser mon enfant et que tout dans ma vie va à contrario de ces valeurs gagnant/perdant, j’entre en conflit avec lui pour faire plaisir aux enseignants ?
      J’ai vu ça en maternelle, des mamans africaines à qui la maîtresse recommandait de parler quand même de temps en temps à leur enfant. Comme si l’école supplantait entièrement tout pouvoir des parents, au sens de ce qu’ils peuvent quand ils ne sont pas dans la même culture, dans la même pensée.

    • Dialogue :
      Mère : tu comprends ce stage, ma chérie, c’est une chance pour toi
      Enfant : une chance de quoi ?
      Mère : hé bien de trouver du travail
      Enfant : mais je ne veux pas travailler moi, pas comme vous pour avoir le temps de rien, et puis j’ai pas l’âge ...
      Mère : euh enfin une chance de t’habituer...
      Enfant : A quoi ?
      Mère : et bien au travail, pour plus tard...
      Enfant : n’importe quoi ! y’en a pas du travail, sauf à Mc Do et là je connais, pas besoin de stage
      Mère : mais justement un autre travail, mieux...
      Enfant : mais je sais pas encore ce que j’veux faire moi...
      Mère : Justement, c’est pour te donner des idées, tiens si tu vas en stage chez la voisine du coin et bien...
      Enfant : mais la voisine est pharmacienne ???
      Mère : oui et alors
      Enfant : mais j’veux pas être pharmacienne !
      Mère : chez l’oncle de ton père alors ?
      Enfant : mais il est euh.. quoi déjà... il vend des voitures..
      Mère : oui, c’est bien non ? dans 5 ans, il y en aura encore des voitures !
      Enfant : je déteste les voitures ça pollue, faudrait les interdire ! Pis y’ aura plus de pétole, alors...
      Mère : Ah tu m’énerves à ne jamais être d’accord avec moi !
      Enfant : Pourquoi j’serais d’accord, tu m’demandes ce que je veux moi ?
      Mère : Ah là là ... bon, alors tu veux quoi ?
      Enfant : Faire de la peinture !
      Mère : ah artiste ! c’est bien ça, ta cousine connais une galeriste qui...
      Enfant : ... de la peinture de bâtiment, comme Momo
      Mère : enfin tu n’y penses pas, peintre c’est pas un métier pour... enfin c’est pas...
      Enfant : si c’est la thune qui t’dérange, il gagne bien Momo, 1700 au moins !
      Mère : ....
      Enfant : tu gagnes pareil non ?
      Mère : .... bon tu es obligée de faire ce stage, je t’en cherche un...
      Enfant : non, c’est bon, Momo est d’accord, j’irais peindre avec lui. Bon tu m’laisses là faut que j’téléphone...


  • Collégien suréquipé édition limitée | Claire Berthelemy
    http://owni.fr/2012/10/10/collegien-surequipe-edition-limitee-ordival

    Le bon vieux dictionnaire comme cadeau à l’entrée au #collège, c’est terminé : cette année les élèves de 6e du Val-de-Marne ont reçu un ordinateur portable. Initiative louable mais non sans failles, qui ne dit pas si ces enfants en ont vraiment besoin. #Analyse.

    #Education #école #éducation_numérique #ordinateur_portable #Ordival #TICE #val_de_marne


  • Pourquoi la musique classique, c’est ringard ?
    http://djac.baweur.over-blog.com/article-pourquoi-la-musique-classique-c-est-ringard-98510464-

    L’explication par l’efficacité du système éducatif musical français
    Le système de conservatoire français est extrêmement pyramidal, conçu fondamentalement pour former des élites solistes, à l’image des grands écoles. Il est également très scolaire, avec des notations, des dictées (en solfège), des niveaux, des examens, etc.
    Par contre, l’esprit de groupe, du « jouer ensemble », est relativement absent, voire totalement - il n’est pas rare de rencontrer des élèves de conservatoire n’ayant par exemple jamais fait d’orchestre ; les énergies sont beaucoup plus tournées à préparer les examens qu’à jouer et partager en public, c’est-à-dire à faire l’essentiel : des concerts ; et enfin, l’amateurisme est clairement la troisième roue du carrosse, laissé à l’abandon, et peu ou pas du tout encadré, sauf à de rares exceptions.
    Le résultat est que, à côté des quelques-uns qui deviennent professionnels (le pourcentage par rapport aux nombres de débutants en conservatoire est dérisoire), cela crée un nombre absurde de gens qu’on a consciencieusement dégoûté de la musique, en leur mettant dans le crâne que, et d’une, ils sont mauvais et pas doués, et de deux, le classique c’est juste une pratique austère, spartiate, réservée à une seule élite bénie des Dieux, bref : chi...te.
    Quand à l’éducation musicale en collège, sauf peut-être prof génial venu de la quatrième dimension, elle reste concrètement axée sur des pratiques basiques, et de moins en moins souvent centré sur du classique : une heure par semaine pour trente élèves, ça semble de toute façon mission impossible. Pour beaucoup de gens, il faut bien avouer que, ce qu’ils ont fait en musique au collège, c’est comme s’il ne s’était rien passé, une sorte de trou dans leur espace-temps.

    #éducation_musicale #musique_classique #collège #conservatoire #école_de_musique


  • Pour en finir avec la ségrégation scolaire (Le Café pédagogique)
    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2012/04/18042012_PMerle.aspx

    En ce début de siècle, le poids des diplômes et des voies de formation pèse sur les familles et nourrit la ségrégation. Or la ségrégation abaisse le niveau scolaire des plus démunis et entraine notre système éducatif vers le bas. […] Pierre Merle propose de lier le financement des établissements à leur mixité sociale.

    Ce n’est pas l’échec du principe du collège unique mais de sa pratique. Ce collège n’a plus d’unique que le nom. Dans la réalité, la mesure du recrutement social des collèges permet de découvrir une différenciation sociale considérable.[…] Dans les faits, le collège unique n’existe pas en raison de la ségrégation urbaine et de la politique de dérogations à la carte scolaire qui a accentué au-delà de la ségrégation urbaine la ségrégation sociale des établissements.
    […]
    Il faut supprimer le label Éducation prioritaire qui s’adapte d’ailleurs mal à une réalité urbaine et sociale changeante. Il y a des établissements qui rencontrent des difficultés importantes et qui ne sont pas classés prioritaires. La différenciation du financement, selon qu’il soit prioritaire ou non, n’est pas non plus satisfaisante. Il serait plus judicieux de mettre en place un financement qui prenne davantage en compte, de façon continue, le recrutement social des établissements.
    […]
    Il faut mener une politique exactement contraire à celle menée sur les dix dernières années. Il ne faut pas différencier l’offre pédagogique mais au contraire la rendre plus homogène. Plus l’offre est diversifiée, plus la concurrence entre établissements est accentuée, plus les logiques de choix des parents sont stimulées, plus la ségrégation scolaire augmente.

    #éducation #inégalité #ségrégation_scolaire #collège_unique #éducation_prioritaire


  • On ne changera pas l’école sans changer la société ! (Café Pédagogique)
    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2012/01/13012012_FCocq.aspx

    Ce que nous voulons, c’est un projet commun d’émancipation, qui se fonde sur la réussite par l’élévation du niveau de connaissances et de qualifications pour tous, pas un système d’individualisme libéral ou une fausse égalité des chances qui passe par la mise en valeur de quelques-uns.
    […] Nous sommes en opposition complète avec le projet actuel des jardins d’éveil, qui entretiennent la confusion entre ce relève de la scolarité et ce qui est de l’ordre du pré-scolaire. Le but de ces jardins, c’est marchandiser le secteur de la petite enfance et faire sauter l’#école maternelle.
    […] La question qui se pose maintenant n’est plus celle de la massification mais celle de la démocratisation – au collège et au-delà. Le problème, c’est le socle commun minimaliste et utilitariste qui scinde le #collège en deux, entre ceux qui sont censés s’arrêter là et ceux qui sont appelés à continuer. La difficulté est celle de l’hétérogénéité : la voie unique du collège unique pousse au minimalisme, ce qui empêche de voir ce que peut être un haut niveau de culture commune pour tous. Avec la scolarisation obligatoire jusqu’à 18 ans, on dédramatise la question du collège et on supprime les stratégies d’éviction des élèves problématiques en fin de collège. Mais il faut aussi concevoir un renversement complet au niveau des formations d’apprentissage : les élèves qui se dirigent vers l’enseignement professionnel ne doivent pas être des élèves en échec, d’abord parce que ce sont des voies qualifiantes, et aussi parce qu’on doit avoir le temps de choisir sa filière et trouver des passerelles pour circuler entre les voies.
    […] les élèves n’arrivent pas nus à l’école. Ils arrivent avec tous leurs problèmes extérieurs, et que l’institution a le devoir de prendre en compte. Aujourd’hui, on entretient volontiers une confusion dangereuse : on fait comme si l’échec scolaire devait être traité en termes de sécurité et de fichage, ou bien en termes de maladie, dont on serait responsable. Comme si ce qui se passe hors de l’école n’avait aucune influence sur le travail et la réussite scolaire...

    #éducation #programme_politique #jardin_d'éveil #socle_commun #enseignement_professionnel #front_de_gauche


  • La sanction scolaire, révélatrice de la construction problématique du genre (Nonfiction.fr)
    http://www.nonfiction.fr/article-5263-p1-la_sanction_scolaire_revelatrice_de_la_construction_probl

    Une recension intéressante tant pour l’étude du fonctionnement des #sanctions au #collège que pour l’« asymétrie sexuée » qu’elle révèle et les liens avec la construction des genres.

    L’idée défendue est que les sanctions et punitions à l’encontre des #garçons sont inutiles et ont un effet pervers : elles consacrent les garçons, en pleine construction identitaire, dans une caricature de la masculinité qui renforce les pratiques que les sanctions et punitions tentent de corriger. Le système punitif deviendrait donc de moins au moins cohérent avec la mission d’égalité des sexes qu’il prétend remplir. […]
    Pour Sylvie Ayral le système punitif en place ne ferait que renforcer les inégalités de #genre en enfermant les hommes dans une « identité masculine stéréotypée ». Les « conduites sexuées ritualisées » joueraient un rôle important dans la reproduction des inégalités sexuées au collège et plus largement dans le mécanisme générant la violence scolaire. […]
    Avec l’augmentation des faits d’indiscipline et de leur médiatisation, la sanction a été englobée dans la notion de discipline qui est beaucoup plus large. La « judiciarisation » de la discipline s’appuie désormais sur quatre grands principes pénaux : la proportionnalité, la légalité, l’individualisation et le principe du contradictoire qui implique que toutes les parties soient entendues.
    Sylvie Ayral rappelle que la notion de discipline donne lieu à de nombreux débats ambivalents : les familles demandent que leurs enfants « soient tenus et contrôlés » tout en jugeant que la discipline est « désuète et réactionnaire ». Cette relation ambiguë qu’entretiennent les familles avec la notion de discipline se retrouve dans l’institution scolaire qui a du mal à « choisir son camp », car, par ailleurs, le but premier de l’école est « de préparer les élèves à leur insertion sociale et professionnelle et à leur libre exercice de la citoyenneté dans la société civile » . Ce double discours trouve son origine dans la nouvelle réglementation de juillet 2000 qui judiciarise la discipline tout en soulignant son caractère pédagogique.
    […] D’après l’auteur, ce système [punitif] pénalise les élèves déjà identifiés comme élèves « à problèmes » et modélise un comportement idéal que les élèves doivent adopter.
    […] Le système punitif tend donc à s’autonomiser de la sphère éducative et renforce la hiérarchie des relations entre adultes et élèves.
    […] L’éducation sexuelle au collège, qui prône l’égalité des genres et la compréhension des différences, ne serait d’aucune efficacité face à l’effet du groupe de pairs qui perpétue l’assimilation des hommes au sexe « fort ».
    […] La plupart des règlements insistent beaucoup sur les obligations des élèves mais peu sur leurs droits.
    […] Les quatre grands principes pénaux (la proportionnalité, la légalité, l’individualisation et le principe du contradictoire) relatives aux sanctions et aux punitions ne sont absolument pas appliqués dans l’ensemble des établissements, malgré la mobilisation d’un vocabulaire juridique dans ces règlements.
    […] dans les faits, le choix d’attribuer ou non des punitions se produit sans concertation.
    […] les garçons représentent 79,9% des élèves punis et sanctionnés et 83,7% des élèves ayant reçu une sanction disciplinaire.
    […] Fait important, contrairement à leurs camarades masculins, les #filles ne se représentent pas elle-même comme un groupe homogène […].
    [Les garçons] oscillent entre deux modèles identitaires masculins : celui de la réussite scolaire, assimilé à la figure de « l’intellectuel » ou de l’« homme mou », et celui de l’homme viril via la poursuite des sanctions et punitions. Les garçons se perdraient ainsi entre deux injonctions contraires : celle de l’institution scolaire et celle des pairs. Ils adopteraient donc le plus souvent un comportement violent, sexiste, et homophobe afin de se réaliser parmi leurs camarades de classe, réalisant de ce fait leur identité masculine.

    #éducation #sexisme


  • Pour un pacte national de lutte contre l’échec scolaire (AFEV)
    http://www.pacteechecscolaire.org

    Au-delà des chiffres, c’est une réalité très difficile que vivent, dans leur rapport à l’#école, des milliers d’#enfants et leur famille, et dans une autre mesure les enseignants eux-mêmes. Notre système scolaire est en effet caractérisé par une forte pression sur les élèves et leurs parents et par une compétition qui créent de la #souffrance et nuisent à son efficacité.
    Il faut passer d’un système de « sélection » à un modèle de « promotion », d’où chaque enfant, quelles que soient ses difficultés et ses appétences, pourra sortir avec la qualification et les compétences nécessaires à son futur parcours, avec un rapport confiant aux apprentissages et une image positive de soi.
    Ce ne sont pas des mesures, ni même des #réformes aussi audacieuses soient-elles, qui suffiront à redonner à l’#éducation son rôle premier et son efficacité. Il faut aujourd’hui définir ensemble le modèle éducatif que nous souhaitons pour la société française.

    1. En finir avec l’amalgame effort et souffrance
    […] notre système a pour particularité de placer un nombre très important d’enfants en situation de souffrance, incompatible avec les exigences de l’apprentissage. Dévalorisation de soi, intériorisation de l’échec, violences des rapports avec les autres… […]
    2. Réinventer le collège unique
    […] Le #collège doit être repensé comme le prolongement de l’école primaire afin que chaque élève en sorte avec les compétences scolaires et culturelles nécessaires pour son futur parcours. […]
    3. Pour une orientation choisie en filière professionnelle
    L’enseignement professionnel [est] souvent vécue comme une injustice
    – l’élimination d’une trajectoire scolaire idéale –, l’orientation en « pro » a trop longtemps été envisagée comme une option par défaut réservée aux élèves « non qualifiés » pour les filières d’enseignement général.

    Les promoteurs de ce « pacte » a choisi la voie d’une médiatisation people via Libération, ce qui n’est pas bon signe… Pourtant, il s’agit d’une approche plus politique qu’il n’y paraît avec des propositions qui font sensées : éducation populaire, disparition des notes, prise en compte de la souffrance générée par l’école, priorité donnée à l’élève et à son parcours, importance de la place des familles, ambitions de « réinventer » le collège unique, l’orientation en filière professionnelle…
    L’#AFEV se revendique de l’éducation populaire et regroupe des étudiants qui interviennent en soutien scolaire dans les quartiers populaires.
    #éducation_populaire


  • « J’ai atteint mon objectif : faire cours » (Libération)
    http://www.liberation.fr/vous/01012366880-j-ai-atteint-mon-objectif-faire-cours

    Dans mon établissement, rien n’est jamais gagné. Il suffit d’être « moins en forme que d’habitude », ou d’une heure où l’on décide de faire une blague, et tout peut basculer à nouveau. Ce matin, j’ai été moins ferme, et Medhi, à 8 h 10, a clairement refusé de travailler, car il n’avait pas envie. Sébastien s’est levé sans autorisation à 8 h 20 pour aller faire un doigt d’honneur à Messhi, et une nouvelle élève est arrivée, que j’ai découvert dans le rang. J’ai beaucoup crié.

    Il y a aussi des parents qui nous touchent. Ceux qui disent « merci, merci, merci » en nous offrant des pâtisseries orientales, et qui, surtout, nous font confiance. Ceux qui disent : « Ah mais s’il t’emm…, tu le frappes fort, madame, très fort. »
    L’an dernier, un père m’a montré dans le bureau d’un CPE comment il fallait frapper son petit. J’ai aidé l’enfant à se relever. Quand je suis sortie du bureau, je me suis effondrée. J’étais sa prof principale, et c’est moi qui avais insisté lourdement pour que le père vienne me rencontrer pour parler du comportement, parfois insolent, de son enfant.

    Je note, je note, jusqu’à l’intervention du papa, où pendant quelques minutes, je n’ai plus pu rien écrire. Il pleure en disant à son fils : « Parle-moi. » La mère ne dit rien, mais il n’est pas difficile de lire dans ses yeux une incompréhension réelle de la situation (elle parle très peu le français) et une appréhension grandissante, car elle voit son mari les yeux pleins de larmes. Rémy nous explique qu’il a « des soucis d’argent ». […]
    La sentence tombe. Rémy est exclu définitivement. Il a 16 ans. Pour lui, l’école n’est plus obligatoire. Nous lui parlons de la mission d’insertion. J’ai le sentiment qu’il n’ira pas. Le père s’inquiète que son fils reste seul toute la journée, sans pouvoir aller au collège. J’ai la tête baissée sur mes cinq feuilles de notes, une boule dans la gorge qui ne passe pas.

    J’ai perdu patience. Je m’en veux. En criant sur S., je crois que j’ai aussi hurlé sur l’absence de préparation à ces situations-là, lorsque j’étais en formation. […] les situations personnelles, familiales, sociales et parfois même médicales, sont tellement particulières, que même si j’avais des fiches de travail miracles, cela n’y changerait pas grand-chose.

    #éducation #collège #souffrance


  • L’école française est-elle en train de changer de modèle ?
    http://www.educationetdevenir.fr/spip.php?article389

    Une pièce par-ci, une pièce par-là, sans que l’architecture d’ensemble soit immédiatement lisible. Mais un jour, le paysage sera redessiné, le puzzle sera terminé et tout le monde n’y aura vu que du feu. D’autant que l’attention des observateurs est retenue ailleurs. Cette construction brique à brique est masquée par un autre combat qui occupe le devant de la scène : une bataille pour la sauvegarde des postes, alors que plus de 100 000 ont été supprimés depuis 2007. Et pendant que les syndicats s’échinent sur ce combat perdu, la voie est libre pour les grands travaux.

    Grands travaux évoqués : autonomie des établissements, mise en concurrence, recrutement local des enseignants, profilage des élèves, « évaluations », etc.

    #éducation #réforme #lycée #collège