@bp314 j’essaie de comprendre.
Est-on victime de discrimination parce qu’on est rom, mal blanchi ou femme ? Ou alors est-on discriminé par des individus qu’il faut alors combattre ? Voilà la question que je pose : les torts se définissent-ils par leurs victimes ou leurs auteurs ?
Trois question, trois réponses : oui, oui, les deux.
– oui, les femmes sont discriminées parce que femmes,
– oui, par les hommes,
– la réponse à ces deux questions définit parfaitement la discrimination.
Si je résume/caricature, un groupe qui vit collectivement une situation d’oppression de la part d’un autre groupe identifié d’oppresseurs doit d’abord obtenir une sorte de « label d’universalité » pour que sa lutte soit légitime. S’il n’en dispose pas, ses actions n’ont pas pour finalité le « but suprême » et donc s’analysent comme des manœuvres de diversion bénéficiant à l’oppresseur universel.
Dit autrement, pourquoi l’opposition entre exploités et exploiteurs n’est pas une variante d’un conflit entre deux « communautarismes » (injure suprême) ?
Il doit donc exister une instance supérieure (?) qui permet de balayer cette dernière question. Cette idée, que l’instance soit une théorie scientifique (le matérialisme dialectique, mettons) ou un groupe (une avant-garde du prolétariat, mettons) est proprement terrifiante, profondément inhumaine.
Pour moi, celui qui divise, c’est celui qui est incapable de reconnaître dans la lutte de son voisin les points communs avec la sienne.
Et finalement, ta réponse (personnelle) à cette question
quand est-ce que se mobiliser vaut ?
définit en effet qui tu es.