company:le monde

  • Le monde arabe a-t-il besoin de militants de gauche ?

    Youcef dans le puits, les gens dans le bidon
    http://www.lequotidien-oran.com/?news=5202504

    par Kamel Daoud

    Finalement, Youcef Ould Dada reste en prison, dans le puits, pour deux ans de prison ferme. Son procès n’est pas un événement national et tout le monde tourne le dos à tout le monde. Il faut dire que la cotation des militants est très basse, après le crash des printemps « arabes ». Les régimes, encore debout, ressuscités ou en mode massacre, ont repris du souffle et l’Occident a été refroidi par l’islamisation des mouvements de foules. A la fin, cela pose la grande question éthique de « à quoi cela sert d’être militant progressiste dans le monde dit arabe ? ». On aura beau lire Mahmoud Darwish, donner du sens à sa vie par ses engagements, lutter pour l’avenir de ses enfants ou à cause d’un principe qui vous noue le cœur à l’étincelle du monde, la question demeure posée, obtuse, aveugle et non négociable : faut-il lutter ?

    Car au final, si oui, il y a trois raisons pour le non : l’Occident ne soutient pas les militants sauf pour usage à long terme et rentabilité à court terme. Les régimes chez nous sont devenus plus durs, plus riches, plus rusés, plus solides ou plus résistants. En trois, la troisième raison, celle que l’on ne se dit pas à haute voix par décence : faut-il lutter, sacrifier sa vie, son sang et son temps, recevoir des coups et finir dans un puits pour des populations assises, indifférentes, analphabétisées, soupçonneuses, bigotes et qui ne veulent pas de changement de vie qui signifie changement alimentaire ? Crûment : « faut-il lutter pour son peuple quand son peuple n’existe plus ou a fait un autre choix entre la justice et la sécurité ? ».

    A quoi est lié le besoin de lutter, éclairer, dire, se rebeller ou se révolter et dénoncer aujourd’hui ? A une nature, un besoin intime, une vocation ou à la sourde rupture entre une époque qui meurt et une autre qui arrive. Viennent alors au monde des gens qui disent, osent et se soulèvent. Obscures lois de l’histoire des péremptions et des éclaireurs de toutes sortes. A l’échelle des Dieux. Mais à l’échelle d’homme, cela reste énigmatique, coûteux en efforts et en désillusion. Tout cela pour parler de Youcef contre la DGSN. C’est-à-dire contre tous et contre vents. Il y a quelques années, en 2011, un Bouteflika tremblant après la fuite de Ben Ali l’aurait gracié et salué. Aujourd’hui, trois ans après, il l’enfonce encore plus dans le puits. Le régime se sent beau, riche, célèbre dans le monde pour avoir échappé au désastre et il peut se permettre. Youcef est seul. Pas de vallée grasse. Dans les pharaonismes modernes, le maître des vins (propagandes) et maître des pains (que Youcef a rencontrés en prison dans l’Egypte antique) se portent biens, ne sont pas en prison avec lui et donc il ne peut enclencher l’histoire de sa libération et de sa prise du pouvoir pour le Salut de son peuple. Parallèle fascinant entre le Prophète et le blogueur. Le premier interprète les rêves, le second des images de caméras. Le premier est sauvé parce qu’il a interprété, le second est en prison parce qu’il a interprété.

    Retour à la question de fond : faut-il se battre pour des gens qui sont contents de leur sort, miettes et moutons ou de leurs choix face aux désordres ? Faut-il se sacrifier pour des gens qui ne le comprennent pas ou qui le refusent ? Le militant est-il dans l’erreur optique ou est-ce la majorité qui est dans le besoin de sécurité et pas celui de justice ? Au choix de chacun. Car l’autre question est encore plus sans réponse : est-il possible, pour certains, de ne pas lutter contre l’injustice sans en mourir justement ? Est-il possible de dire non à soi-même sans souffrir ?

    Tout cela pour dire que les temps sont mauvais pour les lutteurs dans le monde dit « arabe » : il y a beaucoup de raisons de désespérer et de ne rien faire. Et la principale n’est plus la force des régimes, mais la faiblesse des peuples qu’ils ont fabriqués. L’idée de salut collectif devient fragile et peu attrayante. Mais celle du salut individuel n’a aucune valeur. C’est le temps des sept ans de vaches malades. Y a-t-il une réponse à ce dilemme ? Il faut demander à Youcef.

    A lire la lettre, enfin, bouleversante du lutteur Alaa Abdel Fattah l’Egyptien. Il y explique pourquoi il recourt à la grève de la faim dans les prisons du néo-régime égyptien : « Par conséquent, je demande la permission de me battre aujourd’hui, pas seulement pour ma liberté, mais pour le droit de ma famille à la vie. A partir d’aujourd’hui, je prive mon corps de nourriture jusqu’à ce que je sois capable de me tenir au côté de mon père dans son combat contre son propre corps, car la dignité du corps a besoin de l’étreinte de proches. Je demande vos prières. Je demande votre solidarité. Je vous demande de continuer ce que je ne suis plus capable de faire : vous battre, rêver, espérer. Le 18 août 2014, premier jour de la grève ».❞



  • Les Etats-Unis intéressés par la doctrine sécuritaire algérienne
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article2272

    En l’espace d’un week-end, l’Algérie est devenue une référence dans la lutte contre le terrorisme dans le Monde. La libération de ses derniers otages détenus dans le Sahel, depuis avril 2012, constitue une prouesse de discrétion, dans les milieux sécuritaires. La curiosité que soulève ce dénouement, reste parmi les secrets les mieux gardés… Ceci se passe dans une ambiance où le pouvoir est, dit-on, manipulateur du terrorisme, avec ce qui ramène à la connivence du « qui-tue-qui ? », propres aux complicités (...)

    #nationale,_fait_politique,_une_et_première_page,_médias,_actualité,_pays,_france,_afrique,_maghreb

    / Terrorisme , islamisme , Al-Qaeda , politique , , Maghreb, Algérie, Tunisie, Maroc, Libye, Africa, population, (...)

    #Terrorisme_,islamisme,Al-Qaeda,politique, #Maghreb,_Algérie,_Tunisie,_Maroc,_Libye,_Africa,_population,_société


  • Le bras oublié, par Yan Lianke (août 2014)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2014/08/LIANKE/50688
    http://www.monde-diplomatique.fr/images_reseaux/lianke.jpeg

    Parfois interdit, parfois diffusé sans problème, Yan Lianke compte parmi les écrivains les plus imaginatifs de la Chine contemporaine. Il a écrit cette nouvelle pour « Le Monde diplomatique ».

    #Littérature #Chine


  • Machiavel-le-fou ou Machiavel-le-génie ?
    http://www.dedefensa.org/article-machiavel-le-fou_ou_machiavel-le-g_nie__01_09_2014.html

    • Le monde où évolue le bloc BAO sous l’empire écrasant du Système est si étranger à la vérité de la situation que d’étonnantes opportunités de communication surgissent. • Celle-ci concerne Poutine. • Le président russe est si intensément honni, haï, diabolisé, que sa stature, son calme et sa politique deviennent une énigme aux yeux des experts-Système. • Alors, on s’interroge sur cet homme. • D’abord, on a pensé qu’il était fou (Machiavel-le-fou), désormais on suggère qu’il est un génie (Machiavel-le-génie). • Avantage antiSystème d’avoir des adversaires si psychologiquement vulnérables, si entièrement possédés.



  • George Galloway agressé par un pro-israélien
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article2270

    L’agression, à Notting Hill vendredi 29 août, du député britannique George Galloway est un fait qui n’a pas d’égal dans la répression instaurée par Israël dans nombreux pays du Monde, particulièrement en Europe et aux USA. Un élu du peuple traité de la sorte, a pour signification la poursuite des comportements à l’égard du dernier colonialisme dans le Monde. Or, il est accablé pour son injustice et qualifié de pire... De telles actes gardent les réflexes d’anciennes occupations de territoires et soumission (...)

    Monde, informations, actualité, international, politique, relations, diplomatie, affaires étrangères,

    / #Israël,_Proche-Orient,_EPU,_droits_de_l’homme,_ONU, fait divers, société, fléau, délinquance, religion, (...)

    #Monde,_informations,_actualité,_international,_politique,_relations,_diplomatie,_affaires_étrangères, #fait_divers,_société,_fléau,_délinquance,_religion,_perdition


  • Le #sionisme, l’#antisémitisme et la #gauche : interview de Moishe (...) - mondialisme.org
    http://mondialisme.org/spip.php?article2117

    L’antisémitisme diffère du #racisme, et doit en être distingué, en raison du pouvoir imaginaire qui est attribué aux Juifs, au sionisme et à Israël, et se trouve au cœur de l’antisémitisme. Les Juifs sont considérés comme un groupe détenant un pouvoir mondial extrêmement puissant, abstrait, immatériel, qui domine le monde. Aucune conception semblable ne sous-tend les autres formes de racisme. Le racisme offre rarement, du moins à ma connaissance, un système global qui cherche à expliquer le monde. L’antisémitisme, lui, offre une critique primitive du monde, de la modernité capitaliste. Il est particulièrement dangereux pour la gauche précisément à cause de cette dimension pseudo-émancipatrice que les autres formes de racisme ne possèdent que rarement.

    • « l’antisémitisme de gauche est sporadique et largement individuel, non essentiel ou structurel, alors que celui de la droite réactionnaire, catholique, monarchiste ou bonapartiste, nationaliste, vichyste est fondamental et constitutif.
      Ce livre est important dans la bataille idéologique. En effet, les idéologues néolibéraux et leurs amis sionistes ont accoutumé l’idée d’attaquer la gauche pour antisémitisme afin de la disqualifier. Si vous lisez du BHV, du Gluteman, du Finkielcroûte, etc., vous apprenez que s’opposer à l’État israélien et surtout à sa politique, attaquer le sionisme comme idéologie, protester contre le sort fait aux Palestiniens, ne pas approuver le néolibéralisme, etc., vous classent automatiquement dans la catégorie des antisémites. »

      http://www.monde-libertaire.fr/expressions/13083-lantisemitisme-pretendument-de-gauche

      http://www.dailymotion.com/video/xqypet_fenetre-sur-un-livre-de-michel-dreyfus-l-antisemitisme-a-gauche-

    • Ce que prétend expliquer unagi ne tient pas la route : l’antisémitisme était une opinion largement partagée et propagée au XIX° siècle par quasiment tous les pères fondateurs et théoriciens de la gauche. D’ailleurs je trouve inacceptables les noms déformés qu’il prête pour rire (?) aux gens qu’il cite... A dire vrai, c’est dégueulasse, unagi, dégueu. Des mecs comme toi : pas possible.

    • j’hésite, je ne perçois pas si ce message d’unagi rapporte un texte ou si c’est sa prose perso.
      Quelque soit le cas, c’est répugnant.

    • Je partage largement la répugnance de Paulo sur le texte de Langlois, pas tant à cause des noms d’oiseaux (d’oiseux ?) dont il affuble nos « philosophes » préférés, mais plutôt à cause du reste du texte : sa défense de l’"anti-judaïsme" de Proudhon du fait qu’il

      a subi les conséquences de la finance, parfois juive

      , ainsi que l’idée qu’il aurait

      « pressenti les immenses dommages du communautarisme à partir de l’exemple prégnant à l’époque de la religion judaïque. »

      sont particulièrement puantes, sans parler de l’amalgame « sionistes »/"ultra-libéraux" ou de la digressions sur le soit-disant « dévoiement » du sens originel mot « anti-sémitisme », qui lui permet de retourner le qualificatif vers les juifs ...

      Effectivement, avec un discours comme ça publié sur Le Monde Libertaire il y a encore à faire pour que les gentils gauchos comprennent que Soral n’est pas écoutable...

    • Agnès Maillard : j’y suis allé (sur le site « libertaire »). C’est effectivement dégueulasse , torché avec toute l’inculture nécessaire et l’assurance des authentiques antisémites...

    • Je pense, parce qu’il m’est régulièrement arrivé de tomber dessus au fil des liens internet, qu’il existe une sorte de pseudo-gauche (disons des endroits qui s’affichent comme tels) où prospèrent des discours allusifs (jamais des trucs bien francs du collier) qui transpirent l’antisémitisme le plus brutal. Cela a tendance à habiller le discours antisémite avec des oripeaux de lutte des classes, mais en faisant des juifs (comme entité unie et fantasmatique) la seule classe dominante.
      Je pense que c’est du #confusionisme, de la même manière qu’il existe des antifa qui se trouvent au final être des stal (bien identifiés) qui considèrent comme fasciste toute personne ne pensant pas strictement comme eux (ce qui fait vachement de monde au final).

      Tout ces amalgames sont extrêmement malsains et tendent à brouiller encore plus les lignes politiques et les concepts intellectuels, dans l’objectif probable de banaliser les pensées les plus nauséabondes.

      Ces pensées tendent à contaminer assez efficacement notre société et cela me met encore plus mal à l’aise.

    • « Quelques uns s’entre connaissent... » disait la Boétie. C’est là une chance qui demeure face à l’asservissement (presque) généralisée de la pensée.

    • Je n’ai pas lu l’intégralité du texte, j’ai rapporté le passage qui m’intéressait, je vais m’y replonger.
      Sur la partie sélectionnée le distinguo est clairement fait entre antisémitisme de gauche ou de la gauche avec antisémitisme à gauche.
      C’est fait, c’est un texte mensonger, imbécile...antisémite, je ne dis pas dégueulasse je ne suis pas un indigné, mais je serais plus attentif une prochaine fois.

    • Critique du fétiche capital : le capitalisme, l’antisémitisme et la gauche / Moishe Postone, PUF, 2013

      http://www.mediatheque-martigues.fr/opacwebaloes/index.aspx?phrase=NN=2161632

      Partant d’une relecture de Marx selon laquelle le capitalisme est une forme de domination impersonnelle, Moishe Postone rompt avec l’idée de « sujet » propre au marxisme traditionnel. Refusant d’opposer capitalistes, prétendus sujets dominants, et travailleurs, prétendus sujets émancipateurs, il pose le capital comme étant le vrai sujet, le « sujet automate » dont l’humanité doit se libérer. Tâche difficile car, individuelle ou collective, affirmative ou critique, toute subjectivité est imprégnée par les structures sociales du capitalisme. Une conscience oppositionnelle reste possible, mais elle doit être suffisamment réflexive pour rompre avec la pensée soumise au fétiche-capital et éviter ainsi de tomber dans l’une ou l’autre des fausses critiques du capitalisme, dont l’antisémitisme moderne a été et reste malheureusement l’une des manifestations les plus voyantes.

    • @Médiathèque.
      Merci pour le lien, j’ai trouvé une recension plus longue.
      Mais aussi des textes critiques , non sur l’ouvrage mais de manière plus globale sur l’esprit du travail de Moishe Polstone. notamment sur la dynamique historique du capital.
      « Postone met bien en avant la dyna­mi­que du capi­tal, mais il l’assi­mile à une nécessité his­to­ri­que. Ainsi, cette dyna­mi­que ne serait pas insufflée par la dia­lec­ti­que des luttes de classe au moins jusqu’aux dernières gran­des luttes des années 60-70, mais par des nécessités abs­trai­tes1. Au niveau his­to­ri­que, Postone ana­lyse tout d’abord le com­pro­mis for­diste comme résolu­tion de la ten­dance à la surac­cu­mu­la­tion et à la sur­pro­duc­tion et non pas aussi lutte de classe abou­tis­sant à un équi­li­bre des rap­ports de force dans le par­tage de la valeur ajoutée ; puis il ana­lyse le pro­ces­sus de glo­ba­li­sa­tion/libérali­sa­tion comme une ten­ta­tive de dépasser la même ten­dance à la surac­cu­mu­la­tion dont on trou­ve­rait la preuve dans le fait que les sociaux-démocra­tes ne peu­vent que se ranger aux côté des libéraux parce qu’il n’y aurait pas d’autre alter­na­tive. Deux inci­den­ces impor­tan­tes :

      — Postone ne men­tionne pas que ce ren­ver­se­ment de ten­dance est lié à la défaite des prolétaires au cours du der­nier assaut des années 60-70. C’est logi­que puis­que fina­le­ment, lui et tout le cou­rant qui s’en ins­pire, ne se rat­ta­che pas aux luttes du mou­ve­ment ouvrier insuf­fi­sam­ment révolu­tion­naire par nature et développe une vision essen­tia­liste du capi­tal (nous y revien­drons dans la cri­ti­que de l’arti­cle de Trenkle).

      — Il n’y a pas pour lui de rup­ture entre la phase des Trente Glorieuses et la phase sui­vante et là encore c’est cohérent avec ses présupposés puis­que le capi­tal est réduit à des catégories (la valeur, la mar­chan­dise, le tra­vail abs­trait), le capi­ta­lisme à des contra­dic­tions inter­nes tou­jours iden­ti­ques (celles du Marx ésotérique : domi­na­tion de la forme-valeur sous les traits du tra­vail abs­trait, aug­men­ta­tion de la com­po­si­tion orga­ni­que du capi­tal et baisse du taux de profit, dévalo­ri­sa­tion) alors que les contra­dic­tions exter­nes (celles du Marx exotérique : l’anta­go­nisme capi­tal/tra­vail, la ques­tion de la propriété privée des moyens de pro­duc­tion) ne seraient pro­dui­tes que par des occur­ren­ces his­to­ri­ques contin­gen­tes. »



  • Pour remettre l’histoire à l’endroit, par Benoît Bréville (septembre 2014)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2014/09/BREVILLE/50783

    Dès les années 1930, aux Etats-Unis, Harold Rugg avait imaginé un manuel d’#histoire progressiste, qui abordait de front le problème des inégalités sociales afin d’en dénoncer les causes. L’initiative se heurta à l’opposition d’organisations conservatrices — la Légion américaine, l’Association nationale des industriels, divers groupes patriotiques —, qui s’employèrent à la torpiller. Pour trois cent mille exemplaires de Man and His Changing Society vendus en 1938, il ne s’en écoulait plus que vingt mille six ans plus tard. « Un prolétariat éduqué est une source constante de désordre et de danger pour toute nation », déclara à l’époque le président de l’université Columbia, bien conscient de l’enjeu que représente la diffusion d’un savoir historique critique.

    http://www.monde-diplomatique.fr/local/cache-vignettes/L250xH340/Contremanuel-1fc51.jpg

    Avec une équipe d’universitaires, de journalistes et de professeurs d’histoire-géographie, Le Monde diplomatique s’est lancé dans la réalisation d’un ouvrage accessible et exigeant, qui revisite les programmes de première et de terminale, de la révolution industrielle à nos jours.


  • Les femmes ont un usage réduit de l’espace public
    le Monde 22 août 2014
    http://diaconam.blogspot.fr/2014/08/les-femmes-ont-un-usage-reduit-de.html

    La #rue serait-elle devenue un univers masculin ? Avec ses commerces, ses cafés, ses squares et ses terrains de jeux, l’espace public apparaît ouvert et mixte. Pourtant, plusieurs études et expériences montrent que la ville demeure un lieu sexué. Où l’on se croise mais où on ne partage pas la même liberté de mouvement selon qu’on soit #femme ou #homme. Et où des « #murs invisibles » sont dressés à l’encontre de celles qui tentent d’y évoluer. Une réalité plus prégnante encore en banlieue.
    Selon une étude de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles (Onzus), plus d’une femme sur trois éprouve un « sentiment d’#insécurité » dans son quartier, contre une femme sur cinq dans les centres-villes. Et d’après l’enquête de victimation annuelle réalisée par l’Institut d’aménagement et d’urbanisme d’Ile-de-France auprès de 10 500 femmes, la peur fait partie du vécu de 69 % des Franciliennes, " au moins de temps en temps «  le soir.
    Si les agressions ne sont pas plus fréquentes ni nombreuses dans les cités, cette sensation y est cependant plus ancrée :  » Il n’y a pas plus de harcèlement en banlieue mais l’effet grand ensemble y est patent. Le contrôle social collectif qui s’exerce au bas des tours est plus fort qu’ailleurs « , remarque le géographe Yves Raibaud. Or, observent les sociologues, le sentiment d’insécurité provient beaucoup des injonctions sociales que les femmes reçoivent – leur place n’est pas dehors, dans la rue.
    Selon le sexe, l’usage de la rue n’est donc pas le même : les hommes occupent les trottoirs, les cafés, les bas d’immeubles de manière statique ; les femmes, elles, ne stationnent pas. Elles sont en mouvement, flânant rarement et évitant les lieux trop masculins. Leur usage de la rue est plus pratique que ludique : aller chez le médecin ou au métro pour rejoindre son travail, faire ses courses…
    C’est ce qu’a pu mettre au jour l’ethnologue-urbaniste Marie-Christine Hohm dans une étude réalisée en 2012 dans le quartier du Grand Parc, dans le nord de Bordeaux, auprès de femmes recrutées en trois groupes : lycéennes et étudiantes, femmes précaires et isolées, et seniors. Toutes avaient une » #carte_mentale « de leur quartier avec des rues fréquentées et d’autres à éviter, a noté cette responsable de l’Agence d’urbanisme de Bordeaux métropole Aquitaine.
    Jeunes ou plus anciennes, elles adoptent des stratégies pour ne pas se faire remarquer et être tranquilles, surtout le soir. Vêtements passe-partout, baskets, marchant vite sans répondre aux interpellations, un baladeur sur les oreilles. Elles sortent de préférence en groupe. Dans les transports, elles s’assoient près du chauffeur.  » Les femmes ne se sentent pas légitimes dans l’espace public. Elles n’y sont pas avec la même insouciance « , assure Mme Hohm.
    Les politiques d’aménagement ont renforcé cet aspect sexué de la ville avec une géographie de lieux de loisirs essentiellement masculine. On sait que les cafés restent majoritairement fréquentés par les hommes. Mais pas seulement. Terrains de pétanque pour les seniors, city stades, skateparks, terrains de football, studios de répétition… autant d’espaces où les femmes sont absentes.
    75 % des budgets publics servent à financer les loisirs des garçons, a ainsi constaté M. Raibaud.  » Or en consacrant des espaces virils et dominants, on renforce la présence des hommes dans l’espace public « , remarque-t-il.
    Cette tendance s’inscrit aussi dans les politiques locales en direction de la jeunesse : les équipements comme les dispositifs de loisirs sont pensés pour les #garçons. Edith Maruéjouls, doctorante à l’université de Bordeaux a ainsi montré, en mêlant toutes les activités proposées dans une commune populaire de l’agglomération – sections sportives, accueil loisirs, maisons de jeunes, écoles de musique et de danse, médiathèques – que 60 % sont fréquentées par des garçons. Avec 100 % pour les terrains de sports d’accès libre, ou encore 70 % pour les séjours d’été organisés pour les jeunes de banlieue, les maisons de quartier ou de jeunes.
    Les #filles, elles, disparaissent de ces structures à l’entrée du collège.  » Cela interroge sur les #stéréotypes. Il faut que les pouvoirs publics se demandent pourquoi le sport pratiqué de manière mixte au collège, ne l’est pas à l’extérieur ", insiste la sociogéographe.
    Pour l’heure, la prise de conscience de cette ville genrée n’est qu’embryonnaire.
    Sylvia Zappi

    #espace_public



  • Pourquoi le #droit international #humanitaire est (toujours) mal appliqué
    Le Monde.fr | 22.08.2014 à 11h39 • Mis à jour le 22.08.2014 à 14h11 |
    Par Elvire Camus
    http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/08/22/150-ans-de-droit-international-humanitaire-5-questions_4472080_4355770.html

    Ainsi, après ses 150 années d’existence, le droit humanitaire est considéré comme étant « complet ». Pour Françoise Bouchet-Saulnier, directrice juridique de #Médecins_sans_frontières et auteure du Dictionnaire pratique du droit humanitaire, pas question de parler d’#obsolescence : « Le droit humanitaire fournit un cadre suffisant, à condition de l’interpréter et l’appliquer de #bonne_foi. »

    Quelles sont les faiblesses du DIH ?

    Une des principales limites du DIH, si ce n’est la plus importante, est sa mauvaise application : « Le problème de ce droit, ce n’est pas qu’il a vieilli, c’est qu’il est mal appliqué. Signé par 195 Etats, on peut le considérer comme étant quasi universel, pourtant, paradoxalement, il fait l’objet de violations répétées », explique Frédéric Joli, porte parole du #CICR en France.

    Dans la pratique, le droit humanitaire est un socle, sur lequel s’appuient les belligérants et les organisations humanitaires lors d’un conflit armé. Chaque #conflit armé fait l’objet d’un nouveau scénario, de nouvelles négociations pour le faire appliquer, et il est invoqué par les belligérants en fonction de leurs intérêts propres. C’est une des grandes difficultés du DIH : « Chaque partie interprète le droit à son avantage, il faut donc impérativement résister à l’interprétation de #mauvaise_foi des parties au conflit. Si on ne négocie pas les secours, on n’obtient rien. Le droit, ça se réclame », précise Françoise Bouchet-Saulnier.

    Afin de tenter remédier à cette faille, le CICR et la Suisse mènent depuis 2012 des consultations avec les Etats et des représentants de services de santé dans l’optique de trouver des moyens de mieux faire respecter le droit humanitaire.

    Seconde faiblesse majeure du DIH, l’absence, jusqu’en 2002, avec le lancement de la #Cour_pénale_internationale, d’instruments permettant de sanctionner les violations du droit humanitaire lors de conflits internes. Pour autant, maintenant qu’un tel outil existe, son aspect à la fois coercitif et dissuasif rigidifie le DIH : « Le droit humanitaire s’est complexifié avec les tribunaux. Il est nécessaire de revenir à une application qui soit destinée à l’action et pas uniquement orientée vers la sanction », explique Françoise Bouchet-Saulnier. Par ailleurs, les premières années d’existence de la CPI n’ont pas montré beaucoup de résultats.

    • Pour rappel, les États-Unis et Israël (pour ne citer que ces deux pays) n’ont pas ratifié le Traité de Rome par lequel on devient membre de la CPI et la CPI est sous la tutelle du Conseil de sécurité de l’ONU qui peut interdire une enquête si ça lui chante.

    • Plus précisément,
      http://www.ipsnews.net/2014/08/israel-hamas-set-to-escape-war-crimes-charges

      Quigley said, “If a state is a party to the Rome Statute, then its nationals can be prosecuted in the ICC.”

      Israel is not a party to the Rome Statute that created the ICC.

      However , the ICC has jurisdiction based on the territory where a crime is committed. So if an Israeli commits a crime in a state that is a party, the ICC can prosecute that Israeli,” said Quigley, author of ‘Genocide in Cambodia and The Ruses for the War.’

      Beyond that, said Quigley, if a state is not a party but files a declaration conferring jurisdiction on crimes within its territory, then anyone who commits a crime in the territory of that state may be prosecuted.

      Par ailleurs,

      Ratner argued that the United Sates is too powerful and the chances of an ICC investigation, much less a prosecution, are remote. Even were the court by some miracle to launch an investigation, it would never, because of U.S. pressure, result in a prosecution. But this does not mean Palestinians and their allies should stop trying, said Ratner.

      “Every means to expose and hold Israel accountable and demonstrate the bias of our international system is important,” he added. “The effort is clearly terrifying Israel because Israel knows the criminality it is engaged in.”

      So, if the ICC is not really a means to hold Israel and the U.S. accountable, then efforts should be doubled to hold Israeli and U.S. officials accountable through universal jurisdiction in every national court of every state, he noted.

      Many countries have jurisdiction over war crimes and crimes against humanity no matter where committed and even if the perpetrator is not in the country.

      “The goal is to make Israel the pariah state it ought to be for committing these crimes, to make its officials unable to move outside the country and to ultimately send a message: Enough! It is saddening at this moment to see horrendous crimes committed hourly and watch the governments of many states stand by or enable,” he added.

      “Our hope to hold Israel accountable should be in the outpouring of opposition to these crimes by citizens throughout the world. Ultimately, the courts will need to act,” declared Ratner.

    • En fait ce n’est pas tout à fait ça, la CPI n’enquête pas sur des États mais sur des individus, c’est pour ça qu’elle a été créée. Je ne connaissais pas la loi l’invasion de La Haye mais apparemment c’est un truc spécifique aux États-Unis, ce n’est pas un traité international. Sinon, pour protéger ses ressortissants, les États-Unis ont imposer des accords bilatéraux avec tout un tas de pays avec des clauses qui interdisent qu’on portent plainte contre des citoyens américains.

    • Concernant Israël, pour qu’une plainte de Palestinien soit acceptée par la CPI, il faut que la Palestine en soit membre. C’est une des raisons pour laquelle il est important qu’elle soit reconnue par l’ONU. Ce que je regrette le plus, c’est que le principe de Compétence universelle ne soit pas appliqué. Selon ce principe (quelques articles des conventions de Genève ou un des protocoles, je ne sais plus) un criminel de guerre ou criminel contre l’humanité peut être jugé par n’importe quel pays quelque soit sa nationalité et cela concerne tous les pays sans exception.


  • Résister à la résignation (août 2014)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2014/08/A/50693

    S’il se consacre essentiellement à rendre compte de l’état du monde, à décrire des rapports de forces sociaux ou géopolitiques, Le Monde diplomatique ne s’en est jamais tenu aux constats. Non seulement il s’est astreint au démontage des fausses évidences de l’idéologie libérale, mais il a toujours été à l’affût des expériences et des idées qui, depuis la fin des « grandes idéologies », tentent d’ébaucher des solutions et des modèles de société alternatifs. Après l’élan d’optimisme suscité à la fin des années 1990 par la naissance de l’altermondialisme, et avec la sombre période ouverte par les attentats du 11 septembre 2001, cette recherche, désormais passée de mode, est devenue moins visible. Elle n’a cependant pas cessé d’exister, ni dans le monde, ni dans les pages du mensuel. Illustré par les Chats pelés (lié au groupe Têtes raides), ce numéro de Manière de voir en témoigne : http://www.monde-diplomatique.fr/mav/136


  • La France coupée d’Internet ?
    http://lemonde.fr/a-la-une/article/2014/08/14/christian-de-balorre-bouclier-contre-les-cyberattaques_4471928_3208.html

    Il y a pourtant une personne qui travaille sur le scénario catastrophe, pour mieux en prévenir les dégâts. Il s’appelle Guillaume Valadon. Au sein de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (#Anssi), il pilote une cellule d’experts chargée en quelque sorte de dire si la France pourrait être coupée d’#Internet

    (...) Autre risque : celui d’une dépendance de l’étranger. L’équipe de Guillaume Valadon a cartographié les 1 270 opérateurs de l’Internet en France et les relations qui existent entre eux. Ainsi 81 opérateurs seraient « pivots », donc stratégiques, pour la France, dont 34 étrangers. Si huit parmi ces derniers devenaient indisponibles, l’impact serait « lourd » sur notre pays, pointe un rapport de ces experts, en juillet 2013.

    Cf. #sécurité_informatique #résilience

    Série d’été du Monde en 5 épisodes (celui-ci est le dernier) sur les ouvriers d’Internet, ceux qui font/entretiennent l’#infrastructure.


  • « Ne pas diffuser », sur le site du ministère de la Culture aussi
    http://www.nextinpact.com/news/89340-ne-pas-diffuser-sur-site-ministere-culture-aussi.htm

    Notre confrère Jean-Marc Manach a publié un billet sur le blog BugBrother, à lire sur le Monde. Il rappelle, à partir d’un tweet de Fred Raynal, comment il est facile de trouver des documents confidentiels sur Google. Il suffit de tapoter « ne pas diffuser » site:gouv.fr filetype:pdf sur Google pour recevoir quantités de liens diffusant des fichiers PDF que chaque administration ne voulait pas diffuser. L’exercice peut être reproduit avec l’expression « diffusion restreinte » site:gouv.fr filetype:pdf et autres synonymes de secrets...

    #actuweb


  • Lettre ouverte à François Hollande Président de la République Française.

    Monsieur le Président,
    « Pour éclairer l’avenir » les voix Baltes montrent le chemin.
    Ce 23 aout, prendrez-vous la Liberté de commémorer la Voie Balte ?

    C’est le 25è anniversaire de la plus grande chaine humaine pacifique réalisée à l’époque dans le Monde ?

    Allez-vous célébrer 25 ans d’héritage de glorieuses pages pacifiques quand deux millions de héros anonymes baltes, s’enchainaient et chantaient "Atmostas Baltija" à travers 600 km de leurs mains rejointes et réclamaient simplement le retour de leur indépendance ?

    "http://www.lettonie-francija.fr/Monsieur-le-President-Liberte-Feter-Voie-Balte-842?lang=fr"


  • #Business, #éthique, #légalité... Le #séquençage de l’#ADN en questions
    Le Monde.fr | 18.08.2014 à 13h21 • Mis à jour le 18.08.2014 à 14h29 |
    Par Alexandre Léchenet
    http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/08/18/le-sequencage-du-genome-comment-ca-marche_4472313_4355770.html

    Illumina, une société américaine, propose de séquencer le #génome des humains pour 1 000 dollars, comme l’explique son président dans une interview au Monde (lien abonnés). Un procédé qui nécessite aujourd’hui quelques heures de calculs, pour un coût très modique, suscitant de nombreuses interrogations scientifiques et éthiques. En 2003, le premier séquençage complet avait coûté 2,7 millliards de dollars. Ce séquençage permet notamment aux particuliers de prévenir certaines maladies génétiques ou prédispositions à des maladies.

    Qu’est-ce que l’ADN ?
    L’acide désoxyribonucléique (ADN) est présent dans chaque cellule vivante. Cette molécule a la forme d’une double hélice. L’ensemble de l’ADN dans une cellule rassemble toute l’information permettant à l’organisme qui la contient de se développer et de se gérer.

    L’ADN est constitué de quatre molécules différentes – appelées bases : l’adénine, la thymine, la guanine et la cytosine (les lettres A, T, G, C) – qui s’assemblent deux à deux. Une suite particulière de ces couples de protéines forment un gène, la base de l’information pour chaque caractéristique de l’organisme.

    700 MO
    L’ADN est organisé en différents chromosomes, dont le nombre varie en fonction des espèces. Chez l’humain, il y en a 23 paires. A titre de comparaison, la pomme de terre possède 48 chromosomes et le moustique, six. L’ADN humain est composé de trois milliards de paires de bases, soit environ 700 mégaoctets d’informations. Autant de données qu’un film compressé ou qu’un bon vieux CD-rom. On estime aujourd’hui le nombre de gènes à 50 000 chez les humains. Ces gènes peuvent être codants, c’est à dire qu’ils sont à l’origine d’une caractéristique ou non codants. Les gènes non-codants semblent néanmoins nécessaires à l’organisation du génôme.

    Qu’est-ce que le séquençage ?
    L’ensemble de l’information contenue dans l’ADN est appelé génome. Le séquençage est la lecture de la succession des lettres qui constituent le génome. Il permet de regarder des gènes ou des morceaux de gènes, ou la totalité du génome.

    Pour réaliser ce séquençage, on extrait l’ADN d’un échantillon biologique : un cheveu, de la salive, du sang, etc. On place cet ADN dans une machine spéciale, un séquenceur, qui déchiffre l’ADN. Ensuite, cet ADN est comparé avec le génome de référence de l’humain pour l’organiser. En effet, seul 0,1 % du génome varie d’un humain à un autre. C’est cette liste de différences qui servira de base à l’identification.

    Comment le coût du séquençage a-t-il évolué ?
    2,7 MILLIARDS
    Le premier séquençage, le projet Génome humain, financé par des fonds publics, a duré près de quinze ans et coûté 2,7 milliards de dollars (2 milliards d’euros). Il s’est terminé en avril 2003, grâce à plusieurs donneurs différents. En mai 2007, pour la première fois, le génome humain d’un seul individu est entièrement séquencé. Il s’agit de celui de James Watson, biologiste à l’origine de la découverte de la structure de l’ADN avec Francis Crick.

    Le coût du séquençage n’a ensuite cessé de diminuer, pour atteindre récemment 1 000 dollars (750 euros), facilitant l’accès au séquençage complet à une part plus importante de la population. En 2013, il se réalisait en quelques heures seulement. Par ailleurs, il est également possible de faire des séquençages non pas sur l’ensemble du génôme, mais sur un nombre ciblé de gènes. Ces séquençages sont donc moins coûteux.

    Parallèlement, des projets de séquençage génomiques de populations plus larges ont été lancés. Ainsi, au Royaume-Uni, le projet Genomic England prévoit de séquencer les génomes de 100 000 Britanniques, dont une importante partie souffre de maladies héréditaires ou de cancers. L’institut génomique de Pékin répertorie de son côté le génome de « surdoués », dont le QI dépasse 160. Le biologiste américain Craig Venter, à la tête d’une entreprise privée qui a également réalisé un séquençage global, recense de son côté les gènes de la longévité.

    Quel est l’intérêt du séquençage ?
    Le premier séquençage finalisé en 2003 a notamment servi de base de comparaison aux suivants. Il a permis d’identifier les gènes humains et de les cartographier. Le séquençage permet de comprendre et de poser un diagnostic, mais également d’identifier des mutations génétiques.

    Aujourd’hui, le séquençage peut être réalisé pour des individus ou des fœtus. Il permet d’identifier une mutation ou un gène impliqué dans une maladie. Il permet également d’évaluer les prédispositions génétiques d’une personne pour certaines maladies ou d’en savoir plus sur sa « généalogie génétique ».

    Des entreprises proposent des analyses génétiques ciblées. Mais demain, elles pourraient, en proposant un séquençage intégral, constituer des bases de données sur les gènes de leurs clients, permettant de mener des projets de recherche, ou éventuellement d’être vendues à des laboratoires.

    La découverte de gènes à l’origine de maladies peut justifier un suivi médical particulier, ou des opérations préventives, comme la mastectomie en prévention d’un cancer du sein, médiatisée par l’actrice Angelina Jolie. Mais qu’est-ce que cela changera de se savoir prédisposé à Alzheimer, maladie pour laquelle il n’existe aucun traitement préventif ?

    Et sur les fœtus et les embryons ?
    Le séquençage chez le fœtus, dont une partie de l’ADN circule dans le sang de la mère, permet d’éviter l’amniocentèse et de dépister certaines maladies et mutations génétiques, comme la trisomie 21. Ce type de diagnostic prénatal peut même être réalisé avant l’implantation de l’embryon dans l’utérus.

    Ce séquençage pose d’importantes questions éthiques. En mars 2014, dans Le Monde, Laurent Alexandre, président de DNAvision, expliquait que les séquençages seront bientôt accessibles facilement en début de grossesse. « Le séquençage intégral de l’ADN de l’enfant va bouleverser notre rapport à la procréation, puisque des milliers de maladies pourront être dépistées systématiquement pendant la grossesse », s’alarme-t-il, mettant en garde contre un « toboggan eugéniste ».

    Est-ce possible en France ?
    En France, il est illégal pour un particulier de demander son séquençage génomique. Le code civil, modifié par la loi de bioéthique de 2004, stipule que « l’’examen des caractéristiques génétiques d’une personne ne peut être entrepris qu’à des fins médicales ou de recherche scientifique », ainsi que pour les enquêtes criminelles ou la recherche de paternité. Le code de la santé publique ajoute que cet examen médical ne peut être effectué que par « des praticiens agréés à cet effet par l’Agence de la biomédecine ». De plus, les tests en France ne sont possibles que lorsqu’ils ciblent une maladie ou une mutation spécifique.

    Sur la question du diagnostic fœtal, le Comité national d’éthique s’inquiète de « la stigmatisation du handicap et de son poids économique et social, du relatif rejet de la différence, voire de l’affirmation d’un "droit" à la bonne santé de l’enfant à naître », qui pourraient encourager les parents à utiliser les outils de diagnostic génétique « sans discernement ». Le comité préconise également que les tests prénataux soient décidés selon plusieurs critères, « au premier rang desquels devraient figurer la particulière gravité et l’incurabilité de la maladie au moment du diagnostic ».


  • Les marchés émergents proies des toxiques occidentaux
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article2250

    C’est aussi avec la même froideur du passé que deux pôles s’affrontent, dans une adversité plus affichée que jadis, pour gouverner le Monde. Le bloc communiste vaincu, lors du siècle dernier, n’existe plus comme modèle d’inspiration. Les forces atlantistes qui l’ont sabordé, ont ressuscité leur hégémonie qui a survécu durant des siècles à ses grandes guerres. Message sur le mur by Soutien à la république populaire du Donbass. Mais les-voilà, pour les nommer l’Amérique du Nord (USA+Canada) et l’Europe, sous les (...)

    développement durable, préservation, richesse nationale, population, activité, synergie, perspective.

    / #crise,_capitalisme,_économie,_justice,_Bourse, Chine, réforme, développement, environnement, Asie, , Russie, Poutine, Europe de (...)

    #développement_durable,préservation,_richesse_nationale,_population,_activité,_synergie,_perspective. #Chine,_réforme,_développement,_environnement,_Asie, #Russie,Poutine,_Europe_de_l’Est,


  • Suite des Attaques informatiques :

    Le Monde et Le Nouvel Observateur solidaires de Rue89
    Eric Chol, directeur de la rédaction de Courrier international, Matthieu Croissandeau, directeur de la rédaction du Nouvel Observateur, Jean-Pierre Denis, directeur de la rédaction de La Vie, Pierre Haski, président de Rue89, Fabienne Pascaud, directrice de la rédaction de Télérama, Anne Sinclair, directrice éditoriale du Huffington Post, Gilles Van Kote, directeur du Monde, Le Monde, le 11 août 2014
    http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2014/08/10/attaques-informatiques-le-monde-et-le-nouvel-observateur-solidaires-de-rue89

    Le hacker Ulcan chassé de Twitter
    France Info, le 12 août 2014
    http://www.franceinfo.fr/emission/france-info-numerique/2014-ete/le-hacker-ulcan-chasse-de-twitter-08-12-2014-17-50


  • Projet » Les niches fiscales, un instrument ambigu
    http://www.revue-projet.com/articles/2014-08-weidenfeld-les-niches-fiscales-un-instrument-ambigu

    Périodiquement, la réforme fiscale remet sur le devant de la scène la légitimité des niches fiscales. Le débat n’est pas neuf et la complainte résonne comme une antienne. L’affaire est entendue : les niches fiscales sont nuisibles, elles coûtent cher et mitent le produit de l’impôt. Et on se plaît à comparer leur coût d’une année sur l’autre. À l’automne 2013, Le Monde s’émeut ainsi de ce que « François Hollande fait exploser le montant des niches fiscales[1] ». Le gouvernement d’alors s’en est défendu en chiffrant celles-ci à « seulement » 70 milliards d’euros. Exactement le même montant que l’année précédente… Néanmoins, le montant affiché exclut le nouveau crédit d’impôt en faveur de la compétitivité et de l’emploi (10 milliards d’euros pour 2014)[2]. Pourquoi faire davantage abstraction de cette niche-là ? À ce compte, pourquoi ne pas réserver le même sort à d’autres mesures nouvelles, tel le report d’imposition de l’indemnité accordée aux agriculteurs en compensation des événements climatiques exceptionnels ?
    « Niche fiscale », une notion floue
    http://www.cairn.info/vign_rev/PRO/PRO_341_L148.jpg
    Peu importe. Qu’il soit de 70 ou de 80 milliards d’euros, le « coût » des niches fiscales est diffusé à l’envi. La raison en est simple : le chiffre, à peu près égal au produit de l’impôt sur le revenu, est colossal et propre à frapper les esprits. Peu de gens savent pourtant exactement à quoi il correspond. Pour ce faire, il faut d’abord traduire la question en langage technocratique : celui-ci ignore complètement l’expression médiatique « niches fiscales » (importée de l’anglais « tax shelters »), souvent dotée d’une connotation péjorative et jamais définie. La seule notion à laquelle est attachée une signification précise est celle de « dépenses fiscales », au nom évocateur d’un frère siamois des dépenses budgétaires. C’est à elles que se rapportent toutes les évaluations qualitatives et quantitatives. Il faut ensuite se plonger dans la documentation, remplie par les administrations de Bercy, qui accompagne, chaque année, le projet de loi de finances. Depuis 2008, le coût total des dépenses fiscales y est indiqué, ce qui devrait permettre de surveiller l’évolution d’une année sur l’autre : de 69 milliards d’euros en 2009 à 74,8 milliards en 2010, avant de se stabiliser autour de 65 milliards d’euros les deux années suivantes et de remonter à 70 milliards d’euros en 2013. En théorie, ce chiffrage devrait autoriser à apprécier l’étendue des « privilèges fiscaux » accordés annuellement par les gouvernements et à estimer leur évolution. Mais, à y regarder de plus près, il est bien difficile d’en tirer une quelconque conclusion.

    D’abord, le coût de ces mesures n’est pas une « dépense », mais un « manque à gagner ». Ce n’est pas pour l’État une somme perdue : c’est une somme qui n’est pas recouvrée. En apparence, cela ne fait aucune différence. En réalité, ce manque à gagner est évalué avec des outils plus ou moins fiables ; l’administration fiscale elle-même admet ne pas pouvoir chiffrer 10 % des niches et ne présenter qu’un « ordre de grandeur » dans un bon tiers des cas[3]. Et chacune de ces niches est chiffrée séparément – le chiffre de 70 à 80 milliards en est l’addition –, alors que le « manque à gagner » d’ensemble n’est sûrement pas égal à la somme des « manques à gagner » induits par chaque mesure.....

    >>>

    Pourquoi faut-il se méfier des niches fiscales ? Parce qu’elles instaurent une inégalité entre les contribuables ? Oui, mais surtout parce qu’elles mettent en péril la démocratie…

    <<<

    #niches_fiscales



  • Le cynisme, valeur montante du management, par Clarice Victor (Le Monde diplomatique, août 2014)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2014/08/VICTOR/50697

    Il semble que le système managérial actuel parvienne à intégrer toutes les formes de critique, y compris la critique de son hypocrisie, de ses contradictions avec les valeurs qu’il prêche et de son absence totale d’attrait. Sous couvert du « principe de réalité », on voit s’épanouir une nouvelle forme d’idéologie d’entreprise, fondée cette fois sur un cynisme assumé.


  • Le récidiviste, voilà l’ennemi !, par Laurent Bonelli (Le Monde diplomatique, août 2014)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2014/08/BONELLI/50705

    Ainsi, lorsque, au XVIIIe siècle, les développements de l’industrie et du grand commerce font émerger un nouvel ordre économique, le crime et la pénalité doivent être réévalués. Les pratiques populaires de braconnage, d’appropriation de bois ou de matières premières, tolérées dans l’Ancien Régime, ne sont plus acceptables dès lors qu’elles se transposent dans les manufactures ou les entrepôts. Elles sont donc requalifiées en vols et deviennent la principale préoccupation des tribunaux, le principal motif des châtiments.

    Dans le même temps, les fraudes, les opérations commerciales irrégulières, les évasions fiscales sont renvoyées vers des juridictions spéciales et des commissions d’arbitrage plus feutrées, où dominent les transactions, les accommodements, les amendes. « L’illégalisme des biens a été séparé de l’illégalisme des droits, constate Michel Foucault. Partage qui recouvre une opposition de classes, puisque, d’un côté, l’illégalisme qui sera le plus accessible aux classes populaires sera celui des biens — transfert violent des propriétés — ; que, d’un autre, la bourgeoisie se réservera, elle, l’illégalisme des droits : la possibilité de tourner ses propres règlements et ses propres lois (6). »