country:haïti

  • Une base de données cartographiques complètement époustouflante (vraiment) sur les conflits, les morts, les violences...

    ACLED | ACLED
    http://www.acleddata.com

    Armed Conflict Location and Events Dataset

    ACLED (Armed Conflict Location and Event Dataset) is the most comprehensive public collection of political violence data for developing states. These data contain information on the specific dates and locations of political violence, the types of event, the groups involved, fatalities and changes in territorial control. Information is recorded on the battles, killings, riots, and recruitment activities of rebels, governments, militias, armed groups, protesters and civilians. Event data are derived from a variety of sources, mainly concentrating on reports from war zones, humanitarian agencies, and research publications.

    As of early 2013, ACLED has recorded over 75,000 individual events. In the Africa set, 65,000 events from 1997-2012 have the following breakdown: 40% % are battles between governments, rebels, and militias; 34% are events in which civilians are directly targeted and harmed; 18% are riots and protests; and 7.5% is non-violent activity including rebel recruitment, arrests or base establishment. The coverage area extends throughout Africa, several Asian states, and Haiti.

    Despite the waning of civil wars across the developing world, ACLED shows that political violence rates have remained stable in the past seventeen years. An increase in political violence across Africa from 2007 has offset a sharp decrease from 2002 to 2006. From 1997-2012, riots, protests and violence against civilians have increased, while the frequency of violent battles has decreased.

    ACLED collects real-time data for select high-risk states in Africa. Real-time data is available at the Climate Change and African Political Stability Project (CCAPS) website.

    ACLED also produces a monthly conflict report which reviews and analyses new events and patterns from real-time data. All ACLED data can be downloaded on this site by country in excel and GIS formats. While the information is designed for disaggregated conflict analysis and crisis mapping, these data can be used in any GIS, any mapping program, or statistical package.


  • "Assistance mortelle", un film de Raoul Peck

    Raoul Peck, cinéaste et ancien Ministre de la culture en Haïti, a consacré deux ans à la réalisation d’un film à charge, dénonçant la faillite de l’aide d’urgence suite au séisme qui avait laissé 1.5 million de sans-abri en janvier 2010.

    L’auteur dénonce une situation qui n’aurait fait qu’empirer en trois ans et accuse les ONG et les gouvernements étrangers d’être seuls responsables de cet échec, en raison d’une gouvernance calamiteuse de l’aide, de l’ignorance et parfois de l’avidité des bailleurs, qui n’agiraient que pour assouvir leur soif de reconnaissance, voire d’argent.

    Le film témoigne d’une réalité dramatique et des difficultés effectives que les acteurs de l’aide rencontrent sur tous les terrains, non seulement en Haïti. Mais le témoignage est tellement unilatéral qu’il convient de réagir et d’offrir d’autres sources et d’autres témoignages afin d’équilibrer le propos et de poser correctement les enjeux du débat.

    http://www.courrierinternational.com/files/imagecache/article/illustrations/article/2013/04/1172/1172-Haiti.jpg

    http://www.alliancesud.ch/fr/documentation/zoom/assistance-mortelle-un-film-de-raoul-peck

    #Haïti #film #documentaire #aide_d'urgence #séisme #ONG #aide


  • Amérique centrale, la difficile lutte contre l’impunité
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/06/03/amerique-centrale-la-difficile-lutte-contre-l-impunite_3423165_3232.html

    Dès le début du procès, les avocats du général Rios Montt ont multiplié les incidents et les manoeuvres dilatoires. Le patronat, les anciens officiers et plusieurs médias influents ont organisé la contre-offensive, niant qu’un génocide ait eu lieu au Guatemala lors du « conflit armé » entre les militaires et la guérilla communiste. Le président du Guatemala, le général Otto Pérez Molina, a défendu la même position.

    Commandant une garnison dans la province du Quiché pendant la guerre civile, il a été accusé de violations des droits de l’homme par un témoin, un ancien militaire, lors du procès. La comparution d’un autre témoin, le journaliste américain Allan Nairn, a été annulée au dernier moment. Selon ce reporter, qui a couvert le conflit guatémaltèque dans les années 1980, la responsabilité de Rios Montt dans les massacres d’Indiens Mayas n’est pas la seule engagée.

    Politique de terre brûlée

    Allan Nairn ne cachait pas qu’il allait mettre en cause le président Pérez Molina et le soutien des diplomates américains et de la CIA à la politique de terre brûlée du général Rios Montt. Engagé dans une guerre secrète contre le Nicaragua sandiniste, le président Ronald Reagan appuyait le général Rios Montt, qu’il considérait comme « un homme d’une grande intégrité, totalement dévoué à la démocratie » ! Loin de dénoncer les massacres commis par l’armée guatémaltèque, Elliot Abrams, le responsable des droits de l’homme au département d’Etat, vantait le bilan de Rios Montt.

    En Haïti, les avocats de l’ancien dictateur Jean-Claude Duvalier ont souligné les ambiguïtés de la communauté internationale. Pourquoi « Bébé Doc » n’a-t-il pas été poursuivi en France pour les crimes contre l’humanité qui lui sont reprochés ? De sa fuite en février 1986 à son retour en Haïti, en janvier 2011, il a vécu vingt-cinq ans en exil en France, sans être inquiété. Face aux témoignages des victimes qui ont décrit les tortures, les assassinats et les disparitions, les défenseurs de l’ancien dictateur ont ressorti les rapports du département d’Etat américain faisant état de « progrès » à la fin des années 1970.

    Aux côtés d’Amnesty International et de Human Rights Watch, la haut-commissaire des Nations unies pour les droits humains, Navi Pillay, a insisté pour que Jean-Claude Duvalier soit jugé pour crimes contre l’humanité et non pas seulement pour corruption et détournement de fonds, comme l’avait décidé un juge d’instruction. Au même moment, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, déclarait irrecevables les plaintes déposées contre l’organisation pour l’introduction du choléra en Haïti. Deux poids, deux mesures en matière d’impunité, entendait-on en Haïti, où l’épidémie a fait plus de 8 100 morts depuis 2010. Selon plusieurs études scientifiques, le choléra a été introduit en Haïti par des casques bleus népalais.

    Le courage des victimes pour mettre fin à l’impunité se heurte au manque de volonté politique du président haïtien Michel Martelly, prêt à passer l’éponge au nom de la « réconciliation nationale ». Au Guatemala comme en Haïti, les plaignants ne veulent pas de dédommagement. Juste dire ce qui a été « afin que ça ne se reproduise plus ».


  • UN anti-cholera plan in Haiti ’failing’ - BBC News
    http://www.bbc.co.uk/news/world-latin-america-22703387

    “There have been grand plans - a 10-year $2.2bn project,” Duncan McClean, a senior manager for MSF, told the BBC.

    But the UN plan had not been implemented, he added.

    “I travel regularly to Haiti; the impact on the ground today is almost non-existent.”

    #nations-unies #Haïti #cholera #santé


  • Matternet Building Quadcopter Drone Network To Transport Supplies | Singularity Hub
    http://singularityhub.com/2013/05/21/matternet-building-quadcopter-drone-network-to-transport-supplies-in

    http://singularityhub.com/wp-content/uploads/2013/04/SH-91_4-BIG.jpg

    réseaux autonomes de #drones (y compris sur le plan énergétique) permettant d’assurer le #transport de matériels en absence de routes

    à noter : #Haïti sert encore une fois de lieu pour l’expérimentation de « solutions geek »

    • Oui, Haïti est de notoriété publique le pays où les lobbies libéraux vont montrer les merveilles que ce de donnerait la levée de telle ou telle interdiction au US :

      Commercial drone use is currently illegal in the US. The Federal Aviation Administration (FAA) is required to establish the ground rules and open the skies to commercial drones by 2015. The topic is now and will likely continue to be a touchy subject.

      Santana thinks it’s important to tell folks, especially in the US where drones have a negative image, about the potential good robotic aircraft can do. “You can use drones for filming, for agriculture, for protecting animals from illegal hunting, for transportation.” But it’s also imperative to write good regulations, establishing what you can and can’t do with drones.

      Outside the US, it’s a little easier and leaders are more open to the idea. Santana says in places like the Dominican Republic they are leading the conversation. “The people who most understand this technology are the people who most need it.”


  • Top 10 warning signs of ’liberal imperialism’ - by Stephen M. Walt | Stephen M. Walt
    http://walt.foreignpolicy.com/posts/2013/05/20/top_ten_warning_signs_of_liberal_imperialism

    #1: You frequently find yourself advocating that the United States send troops, drones, weapons, Special Forces, or combat air patrols to some country that you have never visited, whose language(s) you don’t speak, and that you never paid much attention to until bad things started happening there.

    #2: ...

    #3: You think globally and speak, um, globally. You are quick to condemn human rights violations by other governments, but American abuses (e.g., torture, rendition, targeted assassinations, Guantánamo, etc.) and those of America’s allies get a pass. You worry privately (and correctly) that aiming your critique homeward might get in the way of a future job.

    #4: You are a strong proponent of international law, except when it gets in the way of Doing the Right Thing. Then you emphasize its limitations and explain why the United States doesn’t need to be bound by it in this case.

    #5: You belong to the respectful chorus of those who publicly praise the service of anyone in the U.S. military, but you would probably discourage your own progeny from pursuing a military career.

    #6. Even if you don’t know very much about military history, logistics, or modern military operations, you are still convinced that military power can achieve complex political objectives at relatively low cost.

    #7: To your credit, you have powerful sympathies for anyone opposing a tyrant. Unfortunately, you tend not to ask whether rebels, exiles, and other anti-regime forces are trying to enlist your support by telling you what they think you want to hear. (Two words: Ahmed Chalabi.)

    ...


  • Allocution de Nathalie Arthaud le lundi 21 mai 2013 à la fête de Lutte Ouvrière (Presles)
    http://www.lutte-ouvriere.org/notre-actualite/le-texte-du-dernier-meeting/article/allocution-de-nathalie-arthaud-le-29376

    Pour finir, je voudrais lire ce qu’écrivait en 1891 Lafargue, le dirigeant du parti socialiste qui était révolutionnaire à l’époque, à l’occasion de la manifestation du Premier Mai. Il décrit ainsi l’état d’esprit des travailleurs qu’il avait rencontrés :
    « Chaque ouvrier qui manifeste le 1er mai, a la conviction que les ouvriers du monde entier agissent et sentent comme lui. Il peut se trouver isolé en quelque coin du pays, il sait que la manifestation répond au célèbre mot d’ordre lancé par Marx et Engels : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous » ;
    (…) les ouvriers qui ne sont jamais sortis de leur petite localité, et vivent en dehors de toute agitation, s’informent sur les manifestations de mai dans les autres pays, dont ils connaissent à peine le nom et dont la situation géographique leur est certainement inconnue.
    (…) ils se disent que la lutte des camarades, au dehors, ils ne savent pas au juste où, contribue à l’amélioration de leur vie. »
    Aujourd’hui, camarades, il nous appartient, à nous tous de faire revivre cette conscience internationaliste. Nous sommes faibles en nombre mais nos idées représentent les intérêts d’une classe sociale immense, présente à l’échelle de la planète, une classe qui n’a rien à perdre que ses chaînes, une classe qui trouvera tôt ou tard dans ces idées là, le chemin de son émancipation.



  • BRCK: Your backup generator to the Internet
    http://brck.com

    http://brck.com/images/slide4.jpg

    The BRCK is the easiest, most reliable way to connect to the internet, anywhere in the world, even when you don’t have electricity. All kinds of jobs require steady connectivity, even when infrastructure is spotty due to wireless connections, intermittent power, or devices that can’t share connections. Seeing this, Ushahidi set out to redesign connectivity for the world we live in - Africa.

    #cccp #mobile


  • Le CRAN veut poursuivre la Caisse des dépôts pour avoir « profité de l’esclavage »
    http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/05/10/le-cran-va-poursuivre-la-caisse-des-depots-pour-recuperer-la-rancon-payee-pa

    Pour tenter de faire monter la pression sur la question des réparations financières consécutives à la traite des Noirs, le Conseil représentatif des associations noires (CRAN) a déposé une plainte, vendredi 10 mai, contre la Caisse des dépôts et consignations (CDC), pour complicité de crime contre l’humanité, devant le tribunal de grande instance de Paris. Selon le CRAN, l’institution publique, qui n’est autre que le bras armé financier de l’Etat, aurait tiré un profit indu, au XIXe siècle, de l’abolition de l’esclavage en Haïti.

    Plouf ! Un pavé dans la mare à Hollande qui prône « la paix des mémoires réconciliées .../...face à l’impossible réparations ».

    Le 10 mai est la date retenue pour la journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, célébrée depuis 2006 et issue de la loi Taubira de reconnaissance de la traite et de l’esclavage comme crime contre l’humanité (2 001).

    Source : http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Esclavage.-Hollande-prone-la-memoire-face-a-l-impossible-repar

    « Haïti continue à payer, au prix fort, les conséquences de sa naissance, écrivait Christophe Wargny dans Le Monde diplomatique en février 2010, après le tremblement de terre du 12 janvier qui a fait plus de 220 000 victimes (« Haïti, la tectonique de la misère »). Le moins qu’on puisse dire est que son avènement, entre 1802 et 1804, n’était pas souhaité. Faute de tuer le nouveau-né, les pays occidentaux, la France de Napoléon Bonaparte en tête, ont tenté d’étouffer l’enfant adultérin de la Révolution française. Le pays connut alors la pire saignée de son histoire, pire encore que celle de 2010 : celle de la guerre d’indépendance. Haïti, seule révolte d’esclaves qui ait accouché d’un Etat, est né du rejet du colonisateur français. Crime de lèse-majesté du Nord. »

    lisait-on dans un article du Monde Diplomatique du 17 août 2010
    http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-08-17-Haiti


  • Les victimes du #choléra en #Haïti menacent de traîner l’#ONU en justice
    http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2013/05/09/les-victimes-du-cholera-en-haiti-menace-de-trainer-l-onu-en-justice_3173956_

    Les victimes de l’épidémie de choléra qui sévit en Haïti depuis plus de deux ans, et attribuée par certains experts à des casques bleus, ont donné mercredi 8 mai soixante jours aux Nations unies pour obtenir un accord d’indemnisation, sous peine de procès. Au total plus de 650 000 personnes ont été touchées et 8 100 personnes sont mortes depuis octobre 2010.

    L’Institut pour la justice et la démocratie en Haïti (IJDH), basé aux Etats-Unis, affirme représenter à présent plus de 8 000 victimes et familles de victimes. Son directeur, Brian Concannon, précise que la plainte intentée à l’ONU pourrait être déposée à New York et éventuellement en Europe. En cas de procès, l’IJDH demanderait des milliards de dollars de compensations : 100 000 dollars pour chaque mort, et 50 000 dollars pour chaque personne infectée par l’épidémie. « Nous attendons une réponse rapide et adéquate de l’ONU. Immunité ne veut pas dire impunité », a ajouté M. Concannon.


  • Le véritable désastre qui accable Haïti est l’instrumentalisation de la générosité du public sous la dénomination d’aide humanitaire :

    il nous emmène ensuite sur les traces du désastre humanitaire, l’absence de coordination, l’argent qui ne va qu’aux projets médiatisables et pas, par exemple, au ramassage des décombres qui empêchent pourtant toute reconstruction, l’ego démesuré de Clinton, le « retour sur investissement » qui renvoie l’argent investi vers le pays d’origine, et la liste est longue...

    http://www.rue89.com/2013/04/16/assistance-mortelle-arte-lhumanitaire-proces-haiti-241480



  • DOCUMENTAIRE • Haïti : un pays assassiné, dépecé | Courrier international
    http://www.courrierinternational.com/article/2013/04/16/haiti-un-pays-assassine-depece

    [Le documentaire] « Assistance mortelle » décrypte la répartition de l’aide humanitaire comme de celle dite aide au développement dans un pays comme Haïti. Il fait le décompte des bons sentiments de l’opinion publique mondiale, de la générosité intéressée des bailleurs et des attentes des assistés. Au bout du chemin, ces derniers recevront une bouteille d’eau, le pays, beaucoup de promesses, et les intermédiaires garderont tous les milliards.

    Sans tirer de conclusion, Assistance mortelle fait tout pour mettre fin à la carrière de Bill Clinton en Haïti. Le super envoyé spécial [des Nations unies pour Haïti] et tous ceux qui lui ressemblent en prennent pour leurs grade, titre et qualité.

    Les assistés, mortellement atteints, ne sont pas épargnés.

    Le parfum de décadence et de dilution qui se dégage d’Assistance mortelle est tenace. Raoul Peck peut mettre en chantier son prochain film, le séisme et les ravages de l’aide se poursuivent.


  • Les 700.000€ de frais captés par Unicef Belgique sur les dons Haïti » Apache

    http://www.apache.be/fr/2013/03/28/les-700-000e-de-frais-captes-par-unicef-belgique-sur-les-dons-haiti

    Les 700.000€ de frais captés par Unicef Belgique sur les dons Haïti
    28 mars 2013 Réagir

    Poursuivant notre enquête sur les résultats du Consortium 1212, qui a récolté plus de 20 millions d’euros auprès des citoyens belges suite au tremblement de terre à Haïti, nous nous intéressons aujourd’hui à un de ses membres particuliers : l’Unicef. Une ONG qui a capté près d’un euro sur deux récoltés par le Consortium 1212.

    #haiti #aide #belgique


  • Tremblement de terre en Haïti : les 20 millions d’euros d’aide humanitaire belge arrivés à bon Port ? »

    via Olivier Bailly

    http://www.apache.be/fr/2013/03/27/tremblement-de-terre-en-haiti-les-20-millions-deuros-daide-humanitaire-belge-

    Tremblement de terre en Haïti : les 20 millions d’euros d’aide humanitaire belge arrivés à bon Port ?
    27 mars 2013 Réagir

    Le 12 janvier 2010, tremblement de terre à Port-au-Prince. Le lendemain, le gouvernement belge envoie une équipe de B-FAST (Belgian First Aid and Support Team). Ce fut le premier acte de solidarité d’une longue liste.

    http://www.apache.be/wp-content/uploads/2013/03/Haiti-600x400.jpg
    Un village de tentes au milieu de ruines causées par le tremblement de terre, Haïti (Photo : United Nations Development Programme/ Janvier 2010/ Flickr-CC)

    Trois mois plus tard, le secrétaire d’Etat à la Coopération au développement de l’époque (Charles Michel) annonce lors de la conférence des donateurs à l’ONU une contribution belge de 20 millions d’euros, portant sur trois ans. A la même époque, du côté des ONG, les appels aux dons se multiplient : les urgentistes annoncent l’envoi rapide de l’aide de première ligne. MSF, Croix Rouge et le Consortium 1212 sont aux premières loges.

    #haiti #humanitaire #aide


  • Un débat intéressant sur la "défense de la langue française" dans les milieux académiques

    Tout commence par un message tout neutre, tout classique, l’annonce en anglais d’une conférence organisée à Nice, donc en France, sur la liste de géographes [géotamtam]

    Gabriel Vatin, doctorant en géomatique au Centre de recherche sur les Risques et les Crises à Sophia-Antipolis poste cette annonce :

    Dear colleagues,

    The Institute MINES-TELECOM, the University of Nice-Sophia Antipolis and its partners are setting up the next international conference OCOSS (Ocean & Coastal Observation: Sensors and observing systems, numerical models & information Systems), in Nice (French Riviera) on 2013, October, 28th-31st. [...]
    You will find more information about the conference at :

    http://2013.ocoss.org

    Réponse immédiate d’un ancien professeur belge, Michel Vandenbroucke :

    Bande de Schnocks ! Quand vous déciderez-vous à vous exprimer en français devant un lectorat francophone ?! C’est une question de principe mais surtout de bienséance.

    Le message n’est pas très fin, et suppose une posture que nous connaissons bien : le rejet de l’anglais (en particulier) sous prétexte de défendre becs et ongles la langue française. Voilà une position très réductrice, très étroite, et pourquoi ne pas le dire, très rétrograde. Vouloir défendre "notre" langue contre "une autre" langue nous ramène quelques fragrances de la période coloniale. C’est aussi tellement réducteur, à l’heure où nous travaillons presque partout de manière "multiculturelle".

    A Arendal, en Norvège, dans le centre affilié au PNUE où je travaillais, il y avait 40 personnes et 20 nationalités. Nous communiquions indifféremment en anglais, norvégien, espagnol parfois et même en français. On entendait parler le russe, le letton, parfois des langues africaines ou de minorités arctiques. Je me souviens de l’atmosphère comme un beau "ballet de langues". Les cultures, les mentalités, les langues se mélangeaient en un joli bouquet.

    A Goldsmith, d’où je reviens juste, les étudiants qui participaient à notre séminaire venaient de Syrie, de Tunisie, de Norvège, de Zambie, du Canada, de Chine, de Corée, d’Italie, d’Israël... Outre que ce mélange est magnifique et d’une richesse inouïe, il suppose au moins une langue de communication commune. Mais l’expérience montre que tous ces étudiants, en général, parlent au moins couramment trois langues...

    Pour en revenir aux messages postés sur [géotamtam], Il n’en fallait pas plus pour déclencher des réactions que j’ai trouvé très intéressantes et qui méritent d’être portées à la connaissance d’un public plus large. Ces réflexions sont au coeur d’une problématique importante : comment le savoir [la connaissance] peut et doit se transmettre auprès du plus grand nombre. Dans quelle(s) langue(s), dans quelle forme (simplifiée ou synthétisée pour que ce soit accessible aux non-académiques), etc...

    Stéphane Rosière, professeur à l’université de Reims est le premier à tirer :

    Le mal est en la matière très profond. On peut citer Geneviève Fioraso, notre ministre : "si nous n’autorisons pas les cours en anglais, nous n’attirerons pas les étudiants de pays émergents comme la Corée du Sud et l’Inde. Et nous nous retrouverons à cinq à discuter de Proust autour d’une table, même si j’aime Proust…"

    Le mouvement d’anglicisation de nos échanges s’accélère prodigieusement, la langue n’étant considéré que comme un outil, rien de plus. Il y a certainement des moyens de ne pas accélérer ce nivellement.

    Et de poster cette image :

    https://dl.dropbox.com/s/t3ic0ipx6nh4m4a/proust.png

    Kamala Marius-Gnanou, maître de conf à Bordeaux ajoute :

    En tout cas, beaucoup de mes étudiants français (géographes et aménageurs) vont en Inde pour des stages et sont encore confrontés au problème de la langue (anglaise) non maîtrisée. Certes en Inde, l’anglais indien est un outil avant tout ! Mes étudiants se plaignent d’avoir trop peu de cours en anglais en géo (à Bordeaux)... En revanche, les étudiants de l’EHESS, des Ecoles de commerce et de Sciences Po maîtrisent de mieux en mieux l’anglais et soutiennent leur projet (mémoire, projet professionnel etc..) en anglais. Sinon, il y a dix fois moins d’étudiants indiens que d’étudiants chinois en France !!! La ministre a donné de mauvais exemples...

    Maxime Forriez, docteur en géographie précise :

    Ecrire français dans un réseau français ne me semble pas aberrant.
    Ecrire anglais dans un réseau français pour toucher d’hypothétiques relations anglophones me paraît plus surprenant. Il existe d’autres réseaux pour cela, me semble-t-il ?

    A mon tour de vous livrer, une petite méditation sur la magnifique langue de Shakespeare. L’anglais n’est qu’un outil, certes, mais est-ce le bon outil ? Pour des raisons purement historiques, l’anglais s’est imposé en tant que langue vernaculaire internationale, et il n’a toujours pas débouté le français. Question : pourquoi ? La raison est simple ; la langue française est beaucoup plus riche en vocabulaire que la langue anglaise. Nombreuses idées en français sont purement et simplement intraduisibles en anglais.

    Récemment,un juriste m’expliquait que, lors d’un jugement à la cour internationale de la Haye, les juges étaient obligés de rendre plusieurs fois le même jugement. Non pas parce qu’ils sont incompétents, ou qu’il y a eu un appel, mais parce que, par habitude, ils utilisent l’anglais lors d’un premier procès, et que, systématiquement, le jugement rendu est intraduisible dans la langue officielle, le français. Pourquoi ? Simplement parce qu’un mot anglais peut être traduit par trois ou quatre mots en français, parfois même beaucoup plus, les juges, qui maîtrisent les deux langues parfaitement, sont donc obligés, pour trouver le bon terme français, de rendre un second jugement en langue française, donc refaire toute l’analyse de l’affaire jugée.

    La traduction française effectuée, il devient alors très facile de la traduire en n’importe quelle autre langue.

    Cela tend à montrer que l’imprécision de la langue anglaise permet de commercer idéalement, car elle permet de « noyer le poisson » lors d’une négociation, personne ne parlant vraiment de la même chose. On reste dans le flou, et c’est ce qu’il faut pour arriver à un consensus acceptable.

    Cette réflexion me rappelle un problème de traduction (ou d’interprétation) lors de la publication de la résolution 242 du conseil de sécurité des Nations unies en novembre 1967 : il y avait une ambiguïté entre le texte anglais et français qui mentionaient, en français "le retrait « des » territoires occupés" et "from occupied territories (c’est-à-dire "de" territoires occupés)" en anglais. Les israéliens n’ont pris en compte que la version anglaise parce qu’elle leur permettrait (éventuellement) de garder certains territoires acquis et "colonisés".

    Anne-Laure Amilhat Szary, professeure à l’université de Grenoble se scandalise, et avec juste raison :

    Qu’une manifestation scientifique ait lieu en Anglais n’a rien d’exceptionnel si on veut attirer d’autres collègues que nationaux ou québécois, ou membres des cercles de la francophonie ! Il est injuste de discréditer les collègues qui s’engagent sur ce terrain difficile de l’ouverture internationale.

    La discussion sur l’empire de la langue anglaise dégage des relents de regrets du pouvoir que le Français avait pu jouer dans des circonstances analogues par le passé. Personne ne nous empêche de penser en Français. Les Américains tiennent la « pensée française » et autre « French theory » en haute estime d’ailleurs. Il existe d’autres langues qui passent les frontières, l’espagnol en Amérique Latine, l’Arabe .... mais la majorité des publications se font en Anglais, ce qui nous permet de prendre connaissance de la façon dont la science se fait hors de l’Hexagone

    La langue ne doit pas être le véhicule d’un aplanissement de la pensée. C’est difficile du fait des barrières culturelles et des périmètres protégés que nous connaissons moins, dont nos mandarins n’ont pas les codes, mais pas impossible... Ce n’est pas en refusant ce dialogue que nous serons les plus constructifs. Il me semble essentiel de transmettre cette ouverture à nos étudiants.

    Stéphane Rosière tient à préciser ensuite :

    Bien sûr une manifestation en anglais banal et désormais l’utilité de telles manifestations n’est pas à démontrer. j’ai aussi intégré des cours en anglais dans la maquette du diplôme que je dirige.
    Tout l’enjeu me semble-t-il est de savoir à partir de quand nous décidons de faire une croix sur notre langue (le jour où nous disons : à quoi bon un appel à communication en français par exemple ?). C’est ce point d’inflexion, ce « seuil » à partir duquel nous considérons que notre culture n’est plus un vecteur de communication et de culture, qu’elle est inutile (no tool). C’est ce seuil qui me fait réfléchir et m’inquiète, c’est vrai.

    Et si les Américains tiennent la « french theory » en haute estime, c’est uniquement parce qu’elle est traduite en anglais, ils n’ont que faire du texte original.

    J’avais mis en exergue la citation de Fiorasso car elle relève à mon avis d’une pensée qui a passé ce seuil, qui est purement commerciale, c’est une stratégie d’attraction qui est celle d’une entreprise, mais la pensée et la langue ne sont évidemment pas seulement des outils de marketing et de rayonnement.

    Et puis, il y a ce malaise à s’attaquer à Proust, comme autrefois un président dont j’ai oublié le nom qui s’en prenait à la Princesse de Clèves, mais Proust est plus précieux que notre ministre, et son mépris qu’elle étale dans cette phrase haineuse et stupide me rappelle les propos de Goering vis-à-vis des intellectuels (sic !). L’anglais devient là clairement le masque (la justification) de la déculturation et de rien d’autre.

    Virginie Mamadouh, de l’université d’Amsterdam, s’insurge aussi avec juste raison contre l’usage exclusif du français sur une liste prétendument francophone, et s’exprime avec nuance :

    On croit halluciner en lisant certaines des dernières contributions à propos de l’usage de l’anglais sur [géotamtam].

    Les questions de politesse, ça se discute ; et même une police linguistique (plutôt intolérante et contraire aux idées de la libre circulation de l’information scientifique) pourrait se défendre, bien qu’à mon avis on doivent plutôt se réjouir des efforts faits par les géographes francophones ces dernières années pour ouvrir leurs travaux et leurs colloques aux autres (surtout à ceux qui parlent autre chose que le français et l’anglais dans la vie de tous les jours).

    Mais l’appropriation exclusive de [géotamtam] - liste française ? que les francophones hors de France se le disent ! Le statut intouchable du français comme langue des institutions internationales ?
    Ou les qualités intrinsèques du français ? (plus de vocabulaire ? plus précis ? intraduisible ?)

    On aimerait en rire.

    Si vous vous inquiétiez des effets néfastes du « sabir international dérivé de l’anglais » dans lequel vos étudiants prennent l’habitude de s’exprimer, pensez-vous vraiment qu’il serait plus pratique et bénéfique pour les miens de devoir impérativement manier deux langues au lieu d’une pour communiquer avec d’autres géographes dans des rencontres internationales ?

    Tant que les Français ne comprendront pas la différence entre français et francophone, ils auront peu de leçons à donner aux anglophones britanniques ou américain en matière de respect de la diversité linguistique. Celle-ci n’est d’ailleurs ni une condition nécessaire, ni une condition suffisante à la diversité culturelle et à la pluralité de la pensée et des approches géographiques en l’occurrence.

    Cela dit, tout à fait d’accord pour discuter des effets du statut hégémonique de l’anglais dans les échanges internationaux, et pour promouvoir le plurilinguisme, mais nous risquons d’attendre encore longtemps les étudiants de géographie qui se mettraient au néerlandais pour faire un séjour Erasmus chez nous...

    Camille Schmoll, maîtresse de conférences à l’université de Paris VII rappelle :

    Certains d’entre nous travaillent, communiquent, enseignent en anglais, sans être forcément des traîtres à la nation, à la discipline ou à la langue...

    Adrien Mangiavillano, géographe, explique avec beaucoup de toucher :

    Même si on considère le français comme plus précis, ce qui reste à prouver, car il est probable que c’est notre maitrise de l’anglais et de ses subtilités qui nous échappe, une démarche qui consiste à se priver systématiquement de 75% à 90% de l’auditoire scientifique mondial pour exposer des travaux aussi brillants et fondamentaux soient-ils ne peut que résulter d’une stratégie qui évoque une question bien connue de philo :

    peut-on avoir raison tout seul ?

    Sans chercher à y répondre et au delà des questions linguistiques (même en français, il est aisé de se rendre incompréhensible), il me semble tout de même que l’on peut voir ici une forme d’autosatisfaction bien pratique pour générer des vérités, ce qui est tout de même problématique dans une démarche scientifique. Au delà, c’est la relation à autrui, le faire « sans » dont il est question. Mais c’est peut-être, en fait, l’objectif initial.

    Oui, je trouve aussi très infantile et prétentieux de dire que la langue anglaise est moins riche que la langue française, ou telle langue moins riche que telle autre, nous savons bien que chaque langue recèle ses propres trésors, ses propres subtilités, et nous, qui prétendons parler un très bon anglais, n’en connaissons en fait pas un centième. Une simple promenade dans Londres à écouter les gens nous le prouve : parfois, nous n’en comprenons pas un mot.

    Enfin, Frédéric Dobruszkes, maître de conférences à l’Université Libre de Bruxelles (actuellement en poste au Royaume-Uni) termine par trois remarques :

    1. Il n’est guère intéressant d’opposer les langues. Rien n’empêche d’organiser, si cela s’y prête, des événements multilingues (voir email récent annonçant le colloque sur le vin au Brésil, en trois langues) ou de publier dans plusieurs langues selon les contextes. Pour ma part, je publie en français sur la politique des transports urbains, afin de contribuer au débat bruxellois et belge, et en anglais sur les dynamiques spatiales du transport aérien, vu le public scientifique beaucoup plus large intéressé par ces questions.

    2. Que telle ou telle langue soit plus riche qu’une autre, c’est à voir. Je crois savoir qu’il existe tout de même une littérature anglo-saxonne, des prix Nobel de littérature décernés à des Anglo-Saxons, etc. De toute façon, l’anglais scientifique est généralement pauvre et basique. Mais ce n’est pas pour cela que les idées véhiculées ne sont pas potentiellement intéressantes. Je conseille la lecture de quelques articles de Geoforum, Area ou Transactions of the Institute of British Geographers, parmi d’autres, à ceux qui en doutent. De même, il y avait au colloque annuel de l’Association des géographes américains (AAG) 2012 de New York, où j’ai croisé plusieurs géographes français, plus de 5 000 papiers présentés et plus de 8 000 participants. J’ai du mal à penser que malgré une langue supposément moins riche, il n’y avait rien d’intéressant et, surtout, de complémentaire aux approches plus françaises dans tout cela.

    3. A Oxford, la moitié de mes collègues directs ne sont pas britanniques mais viennent de Turquie, Grèce, Brésil, Portugal, Pays-Bas, Emirats Arabes Unis, Canada anglophone, Chine, USA et Japon, sans parler des visiteurs qui défilent du Chili, de Norvège, etc. Jusqu’à preuve du contraire, les élites intellectuelles de ces pays apprennent aujourd’hui l’anglais plutôt que le français. On peut le regretter, et la domination du champ scientifique par quelque langue que ce soit (l’allemand, le français, etc.) est d’office dommage. Il n’empêche, dialoguer avec ces collègues d’horizon divers est enrichissant, comme peut l’être tout événement scientifique où l’on confronte des approches différentes, selon les langues et/ou les orientations épistémologiques.

    Vaste et intéressant débat qu’il faut nourrir...

    #anglais #français #francophonie #monde-académique #science #savoir #connaissance

    • Et voici les dernières contributions, qui ne manquent pas de piquant

      Henri Chamussy, célèbre (et souvent fort drôle) géographe aujourd’hui à la retraite mais qui reste très actif (il est le co-auteur d’un livre sur le Liban qui vient de sortir) :

      Géotamtam qui est un réseau socio-professionnel joue bien son rôle - et de mieux en mieux - comme diffuseur d’information ; mais comme plateforme d’échanges d’idées, malgré une ou deux tentatives timides, il ne joue pas son rôle comme lieu de discussions, voire comme lieu de polémiques ; il faudrait plus souvent qu’il y ait ce que nos ancêtres clercs universitaires médiévaux appelaient une disputatio (mais ils n’avaient pas de querelles linguistiques ; tout se faisait en latin !)

      Cette disputatio sur les langues est assez para-scientifique, mais elle est importante en ces temps d’internationalisation.

      [...]

      J’ai été choqué par le fait que certains parlent de géotamtam comme d’un réseau francophone, voire français. Il serait bon qu’il devienne un réseau international, cela nous apporterait beaucoup, et alors il nous faudra nous faire, résigner, réjouir (rayez la mention inutile...) à ce qu’il soit au minimum bilingue (français et anglais).

      J’ai été, pendant plus de 10 ans, responsable des échanges Erasmus et franco-canadiens à l’IGA. Beaucoup d’étudiants renonçaient à partir à cause de leur nullité en langues, et j’étais obligé de mettre un numerus clausus aux départs au Québec, dont le succès - outre l’exotisme du Canada - résidait en ce que les gens là-bas, comme chacun sait, parlent français. D’ailleurs, preuve par neuf, j’avais peu de demandes pour McGill, comme par hasard.

      [...]

      Confronter plusieurs manières d’exprimer la géographie est un exercice absolument captivant et très instructif. Je me souviens de la réflexion de notre collègue Roy Bradshaw (Nottingham) à qui j’avais donné un article qui abordait des questions épistémologiques et didactiques, que j’avais écrit en anglais, et que je lui demandais de vérifier et de corriger ; sa réponse a été :

      "It’s very difficult, Henri ; anyway, we, french and english, we don’t think in the same way."

      Eh oui , Descartes contre Hume... A Leeds, j’ai organisé avec les collègues un staff seminar sur ce problème et j’y ai découvert des tas de choses, comme par exemple que le mot « problématique » n’existait pas en anglais (il paraît que les choses ont changé), que le mot « informatique » n’existait pas (on disait « computer science », mais ça n’a pas le même contenu conceptuel), qu’il ne faut pas traduire « épistémologie » par « epistemology » (extension du concept plus étroite, plus technique), mais par « philosophy of science », et que, comble et peut-être origine d’une grave méprise, il ne faut pas traduite « artificial intelligence » par « intelligence artificielle », le mot « intelligence » ayant le plus souvent en anglais le vieux sens français d’"information".

      Et plus récemment encore, à l’occasion de la soutenance de thèse d’une étudiante libanaise, nous avons eu une discussion passionnante sur des concepts intraduisibles, prolongée la semaine dernière à Beyrouth : le patrimoine (heritage en anglais, mais pas tout à fait avec la même extension) n’a qu’un équivalent très approximatif en arabe : « tourass », et la discussion a continué sur un autre concept, dont Ibn Khaldoun est peut-être à l’origine, « umran », intraduisible en français, mais dont l"équivalent presque judicieux est le mot anglais « settlement » (essayez de le traduire correctement en français... et dites-moi le résultat !).

      Ces discussions ont été fort enrichissantes, elles ont permis de dégager la charge des concepts derrière les mots, de dégager des mentalités collectives (et soit dit en passant, de m’éloigner définitivement du nominalisme et de régler pour mon compte la Querelle des Universaux ; qui disait du concept que ce n’était qu’un « flatum vocis » ?)

      [...] Il faut être absolument bilingue, si possible trilingue, et nos étudiants ne les sont pas assez (pour le dire politiquement incorrect : les étudiants anglophones non plus, du moins ceux à qui j’ai eu affaire ; ce sont, toujours dans le cadre de mon expérience (mais qui porte sur plusieurs centaines d’étudiants en géographie de 15 nationalités), les Allemands qui maîtrisent le mieux plusieurs langues, ainsi que les Suédois - pour ces derniers, l’anglais, rarement le français !)

      Il serait bon, voire obligatoire que dans tous les Instituts de géographie il y ait un enseignement (d’un module au moins) qui soit fait en anglais, et un autre éventuellement dans une autre langue, allemand, espagnol au choix, et que nos étudiants fréquentent les lieux où l’on apprend des langues (à l’Université Saint Joseph de Beyrouth, il y a un Institut Confucius et des étudiants libanais, tous trilingues, apprennent le mandarin).

      [...]

      Et à tous, salve (c’est du latin...)

      Nous terminerons par un deuxième message du géographe qui a été à l’origine de cette discussion passionnante, Michel Vandenbroucke, cette fois plus modéré même s’il continue de montrer quelques signes d’irritation... :

      Ma mauvaise humeur est venue du fait que l’information véhiculée par Géotamtam était rédigée dans la seule langue anglaise, alors que le lectorat est en majorité francophone. Je pense qu’il y a là quelque chose d’inconvenant et, à la limite, de cuistre.

      Je suis tout à fait d’accord pour que Géotamtam s’exprime aussi en anglais et même, si l’opportunité s’en présente, dans une autre langue par exemple en italien, en espagnol ou en allemand.

      Une des convenances voudrait, à mon avis, que l’on fasse un effort, au sein de l’Union Européenne, pour s’adonner aussi à la pratique des langues de voisinage.

      Je ne rechigne pas à m’attaquer à un texte en anglais que je pense dans l’ensemble maîtriser assez bien. Je ne prône aucunement la primauté du français ni ne prétend à sa supériorité.

      Mais nom d’une pipe ne peut-on tout de même recevoir en France, d’un groupe francophone quelque chose qui soit aussi rédigé en français !

    • En même temps, on peut entendre la crainte (justifiée ou non) de certains chercheurs ? Il y a un paquet de travaux qui ne sont publiés qu’en anglais. Pour reprendre l’exemple du latin cité plus haut, c’était la langue pratiquée par l’Église (et non comprise par les illettrés) pour asseoir son autorité. Pour le dire un peu vite, n’est-ce pas une façon de limiter l’accès au savoir que de le limiter à une seule langue... c’est une question, hein.

    • Les échanges ont continué (un peu) aujourd’hui, avec encore des idées intéressantes : Gabriel Vatin, auteur du « message originel » si je puis dire écrit :

      Comment se retrouver initiateur d’un buzz sans le vouloir ? C’est drôle de recevoir tant de courriels, tous très intéressants, sur un débat auquel je n’avais pas du tout pensé. Et maintenant, on en parle sur la toile :

      http://94.seenthis.net/tag/person:gabriel%20vatin

      [...]

      bravo à toutes et à tous pour vos messages riches en anecdotes et vos points de vue si variés !

      [...]

      Selon moi, une liste de diffusion francophone est un outil de partage d’événements, que ceux-ci soient organisés en français ou dans autre langue. C’est pour cela que j’ai diffusé cette information sur Géotamtam, après tout !

      Je vous promets de faire mes prochaines annonces en français, même si l’évènement organisé est en anglais ! Quitte à ce que l’orateur ait une mauvaise surprise au moment de prendre la parole devant le public...

      Mon point de vue sur le sujet : l’anglais est pour moi, comme pour la majorité des chercheurs, une langue fondamentale pour me faire lire. Certes, le monde de la recherche francophone peut écrire en français, pour écrire, mais si l’on cherche à se faire lire et avoir les échanges les plus intéressants, l’anglais est assez important. Après tout, quelle déception quand je trouve un article qui semble intéressant... mais écrit en russe !

      Jean-Yves Puyo, de l’université de pau ajoute :

      Je suis partisan moi aussi de la diversité linguistique. C’est ce que nous essayons de faire au sein de la commission Histoire de la Géographie de l’UGI, avec mon président (Espagnol) et mon vice-président (Anglais). Ainsi, lors des sessions « régionales » que nous co-organisons, nous prônons bien sûr l’usage les deux langues officielles de l’UGI (l’Anglais mais aussi le Français, si, si) et la langue du pays qui nous accueille.

    • Un lien indirectement lié à cette discussion :

      http://seenthis.net/messages/70221

      Adieu French : comparing English and French Wikipedias

      http://www.zerogeography.net/2012/05/adieu-french-comparing-english-and.html

      ven though there is three times as much content in English than French, one might assume that there are plenty of parts of the world in which people are more likely to annotate or augment space with French content.

    • Une réaction tardive en forme de proposition, qui vient de Charlotte Prieur (enseignante à l’université de paris IV)

      Comment aider nos étudiants géographes à mieux maîtriser la langue anglaise ?

      L’UFR de géographie et aménagement de Paris IV, organise depuis plusieurs années maintenant des cours de géographie en anglais pour les étudiants, plutôt que de laisser ce soin aux UFR d’anglais (la versification shakespearienne retenant peu l’attention de nos étudiants géographes).

      On se doute que la plupart des universités sont désormais fortement incitées à le faire et que les collègues en charge de ces cours rencontrent les mêmes types de difficultés que nous : niveaux très hétérogènes des étudiants, pas de manuel d’anglais de spécialité géographie, développer la pratique orale dans des classes souvent fournies, quête d’une revue de géographie en anglais qui serait accessible à nos étudiants (à Paris Sorbonne, on penche pour Focus on Geography plus que pour Geographical)...

      Il existe en même temps de belles opportunités : magnifiques conférences en ligne de géographes anglophones, manuels de premier cycle anglophones assez époustouflants (Introducing Human Geographies par exemple), et mise à disposition des mooc (massive open online courses) qu’il faut apprendre à sélectionner et utiliser à bon escient.

      Que ceux qui sont intéressés par ces questions n’hésitent pas à s’inscrire en envoyant un message à geographyinenglish@googlegroups.com


  • Mapping the spread of cholera to aid the MSF response in Haiti | The Chariot – LSHTM News
    https://blogs.lshtm.ac.uk/news/2013/03/19/mapping-the-spread-of-cholera-to-aid-the-msf-response-in-haiti

    With over 200,000 cholera patients in three months, the country’s health system was utterly overwhelmed. International agencies’ capacity was stretched to the limit, and one of the challenges was rational deployment of resources. Mapping tools were utilised to convert patient registers into animated maps in Google Earth® with dots sized according to daily numbers of cases from each neighbourhood. Water point mapping was performed with graduated colours corresponding to chlorination levels.

    http://blogs.lshtm.ac.uk/news/files/2013/03/Haiti-Cholera-Map2.gif

    As John Snow demonstrated in London in 1854, a spatiotemporal correlation between water system breakdowns and increased cholera cases was demonstrated in Carrefour, Haiti. This was successfully used to advocate for improved water system maintenance. Cholera hotspots were easily visualised, as were incidence trends in neighbourhoods. However earlier and more widespread implementation of such mapping analysis might have led to an improved medical response through targeted outreach, water chlorination and timelier advocacy.

    #cartographie #santé #choléra #eau #haiti



  • #Haiti recycles human waste in fight against #cholera epidemic | World news | The Guardian
    http://www.guardian.co.uk/world/2013/mar/10/haiti-human-waste-recycle-cholera

    Every week, Soil (Sustainable Organic Integrated Livelihoods) collects the human waste from 56 dry toilets built in camps for displaced earthquake victims, and mixes it with chips of sugar cane bagasse, a byproduct of local rum production.

    “It’s plenty hot,” said Kramer, pointing to the thermometer needle at 60C (140F). “Cholera would be dead in less than a second.”

    “If we can take all the poop that’s making people sick right now," said Dr Sasha Kramer as she stuck a thermometer into a large mound of faecal waste in the middle of Troutier, Port-au-Prince’s city dump, “and turn it into this really valuable resource that could be used for reforestation or for increased agricultural production, then you really take a problem and turn it into a solution.”

    #toilettes je sais que ça va passionner @baroug


  • On the Legacy of Hugo Chávez | The Nation
    http://www.thenation.com/article/173212/legacy-hugo-chavez#

    http://www.thenation.com/sites/default/files/user/96632/chavez_sign_rtr_img.jpg

    By 2005, Chávez had weathered the storm and was in control of the nation’s oil, allowing him to embark on an ambitious program of domestic and international transformation: massive social spending at home and “poly-polar equilibrium” abroad, a riff on what Bolívar once called “universal equilibrium,” an effort to break up the US’s historical monopoly of power in Latin America and force Washington to compete for influence.

    *

    Over the last fourteen years, Chávez has submitted himself and his agenda to fourteen national votes, winning thirteen of them by large margins, in polling deemed by Jimmy Carter to be “best in the world” out of the ninety-two elections that he has monitored...
    after the last presidential ballot—which Chávez won with the same percentage he did his first election yet with a greatly expanded electorate—even his opponents have admitted, despairingly, that a majority of Venezuelans liked, if not adored, the man.


  • UN decision to claim diplomatic immunity for #cholera outbreak in #Haiti was cold, but correct - Juliette Kayyem - The Boston Globe
    http://bostonglobe.com/opinion/columns/2013/02/28/decision-claim-diplomatic-immunity-for-cholera-outbreak-haiti-was-cold-but-correct/MxeER5UM6aWzZB2WNJtjgI/story.html

    There are two sides to globalization. The bad side, as is evident in Haiti, is that once-isolated microbes can kill victims across the globe, especially in places where sanitation and clean water are lacking. The beneficial side is that when a nation needs the global community to respond after a horrible earthquake, public safety resources and medical expertise are available.

    rare papier en faveur de l’immunité des #Nations_unies


  • Haiti: fight against cholera continues, but claims against UN ‘not receivable’
    http://www.un.org/apps/news/story.asp?NewsID=44197

    In November 2011, a claim for compensation was brought against the UN on behalf of victims of the cholera outbreak in Haiti.

    “Today, the United Nations advised the claimants’ representatives that the claims are not receivable pursuant to Section 29 of the Convention on the Privileges and Immunities of the United Nations,”

    #choléra #haïti #santé #nations-unies #circulez-y-a-rien-à-voir


  • La #manipulation et l’instrumentalisation de l’#aide_humanitaire | Afghanistan | Haïti | Irak | Sri Lanka | Nigeria | TPO | Pakistan | Soudan | Somalie | Economie | Sécurité alimentaire | Démocratie et gouvernance | Politique
    http://www.irinnews.org/fr/Report/97521/La-manipulation-et-l-instrumentalisation-de-l-aide-humanitaire

    Suite aux attaques du 11 septembre et au lancement de la guerre mondiale contre le terrorisme, bon nombre de spécialistes de politique humanitaire ont parlé d’une ère d’instrumentalisation accrue de l’aide – c’est-à-dire une utilisation de l’action ou de la rhétorique humanitaire qui permettrait d’atteindre des objectifs politiques, économiques, de sécurité, de développement ou d’autres objectifs non humanitaires, mais qui risquerait de créer une confusion sur les principes humanitaires et d’entraver l’accès aux personnes dans le besoin.
    Un #livre récemment publié, intitulé « The Golden Fleece », affirme que ce phénomène remonte à plusieurs siècles. La seule chose qui a changé, c’est le « rôle central et l’ampleur » de l’entreprise humanitaire, selon Antonio Donini, auteur du livre et directeur de recherche au Centre international Feinstein de l’université Tufts. « Il n’y a jamais eu d’âge d’or de l’humanitarisme », dit-il.

    • Une leçon évidente est que les agences regrettent fréquemment d’avoir demandé une intervention militaire. (...)

      Une autre leçon est que, trop souvent, les agences d’aide humanitaire compartimentent ou simplifient leur définition d’une urgence complexe, perpétuant une vision autoréférentielle dans laquelle leurs solutions (nourriture, tentes) définissent le problème. Cela les conduit souvent à ignorer les véritables problèmes (...).


  • The Uses of Paul Farmer » Counterpunch
    http://www.counterpunch.org/2013/01/17/the-uses-of-paul-farmer

    (Pour ce critique, Paul Farmer se serait rapproché des Clinton et se serait par conséquent ramolli.)

    Farmer had always been a sharp critic of the international community’s treatment of #Haiti.

    Eventually I asked him a blunt question: “Do you think the administration here was under pressure from international forces to fight the increase in the minimum wage?”

    (...) Farmer stammered a little bit, said he didn’t know, and subtly changed the subject.

    One reader left an ominous comment on the interview. “No disrespect to Dr. Farmer, as I believe he is sincere,” he wrote, “but he is now a part of the ‘machine’ that essentially drives Haiti.”

    *

    Two years later, WikiLeaks provided me and two colleagues with a window into that machine: 1,918 secret diplomatic cables from the US Embassy in Haiti.

    The cables proved beyond any doubt what had seemed obvious. Behind the scenes, American officials had mounted a full-scale assault on the minimum wage increase, financing studies against it and pressuring the president to oppose it.

    If Farmer had “engaged in the hard process of discernment” – an idea he promotes in his book Haiti After the Earthquake – the answer to my question would have been “Yes, of course.”

    It was strange. In the past, Farmer wrote disapprovingly of plans to give Haitians low-paying jobs in textile factories – what many consider to be sweatshops. Either he had changed his mind or was holding his tongue.

    #santé #choléra