country:yougoslavie

  • Je cherche plus d’infos sur ce #film...

    Prozvan je i V-3

    In October 1941 the Nazis decide to crush a rebellion in Serbia by mass shootings of civilians. In the city of #Kragujevac thousands of people, including entire high school classes, were rounded up and shot in one day. The movie follows the fate of one of such classes.

    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/sr/2/2d/Prozvan-je-v3.jpg

    http://sr.wikipedia.org/wiki/%D0%9F%D1%80%D0%BE%D0%B7%D0%B2%D0%B0%D0%BD_%D1%98%D0%B5_%D0%B8_V-3
    http://www.imdb.com/title/tt0056382

    Quelqu’un en a ?

    Sur ce tragique événement, il y a aussi une poésie :
    http://lyricstranslate.com/fr/krvava-bajka-bloody-fairytale.html

    Et un #spomenik !
    http://gkojadinovic.blog.rs/gallery/3555/previews-med/20050917_114242_7241.jpg

    Le film apparaît dans ce catalogue :

    Sadržaj
    Tragedija ucenika i profesora kragujevacke Gimnazije, koji su strijeljani od strane okupatora 21. oktobra 1941. godine u Kragujevcu.

    http://www.ideaplus.rs.ba/exyufilm5.htm#1280

    –-> sur le catalogue de ce distributeur, d’ailleurs, plein de films d’#ex-Yougoslavie

    There is a DVD, apparently :
    http://i1154.photobucket.com/albums/p540/alekssim/prozvanV3_zpsf6d0e871.png
    http://s1154.photobucket.com/user/alekssim/media/prozvanV3_zpsf6d0e871.png.html


  • Srebrenica Juillet 1995, le génocide de musulmans en Europe (archive MAJ)

    http://sanstransition.tumblr.com/post/23284899365/srebrenica-1995-un-genocide-en-europe 

    Le génocide au Rwanda à peine terminé, l’horreur se répète, en Europe cette fois (ex-Yougoslavie). En Bosnie, des hommes sont éliminés à cause de leur religion, ils seraient au moins 8 000. Les maris, fils, pères, frères sont exterminés en fonction de leur sexe et de leur appartenance à l’Islam. Les femmes sont violées. Le but : exterminer la population musulmane. Il s’agit du pire massacre en Europe depuis la seconde guerre mondiale. Ce nettoyage ethnique, connu sous le nom de “génocide de Srebrenica” est réalisé sur ordre de Ratko Mladic notamment, qui est à la tête de l’armée serbe.


  • Ukraine : un cameraman russe tué à Donetsk
    http://www.lecourrierderussie.com/2014/06/ukraine-cameraman-russe-tue-donetsk

    Anatoli Klian, 68 ans, travaillait depuis 40 ans pour la télévision russe et avait effectué de nombreuses missions risquées, notamment en Yougoslavie et en Afghanistan.The post Ukraine : un cameraman russe tué à Donetsk appeared first on Le Courrier de Russie.


  • Pristina : comment casser les idées reçues sur une ville en moins de douze heures | La Cité

    Par Cristina Del Biaggio

    connue ici comme le loup blanc sous l’élégant pseudo @cdb_77

    http://www.lacite.info/pristina-comment-casser-les-idees-recues-sur-une-ville-en-moins-de-douze-he

    Je suis arrivée à Pristina le 5 mai par un vol direct depuis Genève, accompagnée d’Alberto Campi, photojournaliste de La Cité. Cette destination constituait la deuxième étape d’une recherche/reportage que nous sommes en train de mener sur les frontières et les migrations dans les pays de l’ex-Yougoslavie. Un travail qui fait suite à celui que nous avions effectué en 2012 en Grèce.

    Je prends la plume (c’est plus poétique de dire ainsi, en réalité je suis devant un ordinateur) en ce lundi 5 mai à 19h09, alors que mon avion est atterri le matin à 8h35. Pristina est la capitale du Kosovo, un pays dont l’indépendance proclamée unilatéralement le 17 février 2008 est encore contestée par la communauté internationale et par la Serbie, l’Etat duquel le Kosovo s’est séparé.

    #kosovo


  • Les grandes organisations militaires ne meurent jamais facilement. Depuis la fin de l’Union soviétique, l’#OTAN n’a cessé d’élargir ses missions et son périmètre pour survivre. Sa première intervention armée, en 1999, a visé la Yougoslavie, qui n’avait pourtant attaqué aucun membre de l’Alliance atlantique. La crise avec la Russie offre une nouvelle jeunesse aux partisans de l’OTAN, soucieux d’en renforcer la présence à l’Est et d’y rattacher l’Ukraine. L’an dernier, Régis Debray suggérait plutôt qu’un Etat membre devait la quitter : la France…

    http://www.monde-diplomatique.fr/2013/03/DEBRAY/48843


  • Mon collègue @PatrickNaef soutiendra le 16 mai prochain sa #thèse de doctorat :
    "#Guerre, #tourisme et #mémoire dans l’espace post-yougoslave : la construction de la ‘#ville-martyre ’."

    Retrouvez l’intro du manuscrit ici :
    https://www.academia.edu/6904552/2014._Guerre_tourisme_et_memoire_dans_lespace_post-yougoslave_la_construct

    Autres publications intéressantes de Patrick :
    https://unige.academia.edu/PatrickNaef

    Et la page web de Patrick :
    http://www.unige.ch/ecohum/Collaborateurs/Naef/pp.html

    https://0.academia-photos.com/196032/90877/1721094/s200_patrick.naef.jpg

    #ex_Yougoslavie #Balkans #Bosnie


  • @simplicissimus : une mission pour toi, qu’@albertocampiphoto n’ose pas te proposer !
    Alberto est en train de faire un travail sur les spomenik (monuments) en ex-Yougoslavie (dont en voici un extrait : http://blog.albertocampiphoto.com/?p=1716). On est à la chasse de ces monuments. On en a déjà trouvés pas mal (@reka en est témoin), mais est-ce que tu aurais des sites secrets où les trouver ? Ou une méthodologie particulière ?
    Pour l’instant on fouille les sites internet, et on en trouve toujours de nouveaux, mais peut-être tu peux nous suggérer une recherche plus systématique (merci de ne pas suggérer de tout faire via GoogleEarth, car l’ex-Yougoslavie est grande !!)

    Attention, c’est une mission « secrète »... ;o


  • Nouvelles révélations par un militaire sur l’intervention française au Rwanda
    http://www.franceculture.fr/2014-04-07-nouvelles-revelations-sur-l-operation-humanitaire-francaise

    20 ans jour pour jour après le début du génocide des Tutsi au Rwanda, et alors que le président Kagame vient de mettre en cause la France, un ancien officier de l’armée française apporte un nouvel éclairage sur l’opération Turquoise (23 juin-22 août 1994). Des frappes aériennes avaient été programmées sur Kigali.

    @rezo

    • Guillaume Ancel explique qu’il était parti en juin 1994 pour le Rwanda où des frappes aériennes étaient prévues. Il devait être au sol, près des cibles, pour guider précisément ceux qui devaient bombarder. Il explique qu’il ne partait en mission que quand c’était vraiment nécessaire, en Afrique ou en Yougoslavie. Il dit "il est nécessaire d’avoir quelqu’un au sol près des cibles pour éviter de bombarder l’ambassade de Chine".

      Il semble donc qu’à Belgrade en 1999, soit le militaire de service était en retard pour prendre son poste, ou alors vraiment incompétent.

    • Il faut écouter ce qu’il raconte de sa mission (it’s a must) surtout les 4 minutes sous sa photo.

      France-culture :

      Si elles sont avérées, ces révélations sont de nature à remettre en cause la version « officielle » qui circule depuis 20 ans maintenant.

      Elles apportent en tout cas de l’eau au moulin de l’association Survie, qui dénonce depuis des années « la complicité » de l’Etat français avec le Rwanda des génocidaires.

      L’ONG réclame notamment la création d’une commission d’enquête parlementaire qui étudierait l’ensemble des éléments sur la politique menée par l’Etat français au Rwanda, ainsi que la déclassification de tous les documents.

    • Je viens de tout écouter plusieurs fois. Guillaume Ancel aborde trois points qui mettent à mal la version officielle française. Ces points ne sont pas nouveaux, ils sont décrits et analysés par les associations, mais ce qui est très nouveau, c’est que ce discours est tenu pour la première fois par un militaire français de haut niveau ayant participé à l’opération Turquoise. Et ce qu’il dit est proprement hallucinant.

    • On m’a demandé d’occuper la presse pendant qu’on embarquait les armes confisquées dans des conteneurs pour les rendre à ceux qui étaient dans les camps des FAR.

      ... Pour éviter que les soldats ds FAR se retournent contre l’armée française qui a aussi payé ces soldats pour les « apaiser »...



  • Ukraine. La Crimée demande son rattachement à Moscou - Monde - Le Télégramme
    http://www.letelegramme.fr/monde/ukraine-le-premier-ministre-accuse-la-russie-d-accroitre-la-tension-06-

    Dominé par des pro-russes, le Parlement local de Crimée a demandé, ce jeudi, à Vladimir Poutine le rattachement à la Russie, ainsi que l’organisation d’un référendum le 16 mars pour le valider.

    Des années que les Russes préviennent les occidentaux que les aventures en dehors du droit international sont dangereuses... Les Chinois aussi ont tenu ce discours. Pour la Yougoslavie, l’Irak, pour la Libye, pour la Syrie... Et là, on a cru que pour l’Ukraine, on pouvait aussi procéder de même... en oubliant un peu vite la distance (historique) entre l’Ukraine et Moscou.

    Maintenant, imaginez, l’assemblée régionale Bretonne qui décide d’elle même de son indépendance... La Corse... L’Ecosse, qui va le faire sous peu... Et toutes les situations limites dans ce genre dans le monde. Combien de partitions, sur simple référendum ? Combien d’assemblées prises d’assaut par des manifestants suffisamment décidés ? Oserais-je évoquer les états des Etats-Unis ?

    Comme le dit Poutine, avec ses mots, il y a un certain nombre de précédents, validés par les occidentaux, et qui ne demandent qu’à sortir du chapeau... pour accentuer le désordre.


  • Retour de Bosnie
    http://dndf.org/?p=13356

    L’existence de la Bosnie Herzégovine sous la forme que nous lui connaissons aujourd’hui, comme construction politique inextricablement bancale, est le résultat direct de la défaite des luttes sociales des années 80 en Europe dans le cours des restructurations économiques qui se sont imposées à l’économie mondiale lors de cette période. Il fut plus précisément le résultat de la déconstruction de la Yougoslavie dont ce bricolage multiethnique a été une condition nécessaire. Cette question fut ainsi résumée par un prolo qui répondait, dans le Plenum de Mostar, à une intervention précédente valorisant la multiethnicité du pays : « Tes histoires multiethniques ont en a rien à foutre, avant la guerre on ne savait pas qui était quoi et on se portait mieux. »

    #Bosnie


  • Srpski Rock : les années 1990 | Balkanophonie, la webradio francophone des Balkans
    http://www.balkanophonie.org/srpski-rok-les-annees-1990

    Tandis que plusieurs artistes et musiciens de toute l’ancienne Yougoslavie sont emportés par la dérive nationaliste, le collectif anti-guerre Rimtutituki se forme à Belgrade en 1992 autour de trois groupes : Ekatarina Velika, Električni Orgazam et Partibrejkers. Retrouvez ici certains de leurs succès. Et notre garantie anti-Turbofolk !

    http://www.balkanophonie.org/smrt-fasizmu-mort-au-fascisme

    « Smrt fašizmu, sloboda narodu ! », Mort au fascisme, la liberté au peuple. Le slogan des Partisans de Tito guide la compilation Zajednička borba, le combat commun, initiée par les Antifascistes balkaniques. Elle réunit des groupes venus des pays issus de la Yougoslavie qui clament ensemble leur attachement aux valeurs de tolérance et se battent contre les dérives nationalistes qui agitent les sociétés post-yougoslaves. - See more at : http://www.balkanophonie.org/smrt-fasizmu-mort-au-fascisme#sthash.qfup8E4L.dpuf

    http://www.balkanophonie.org/hrvastska-block-party-le-hip-hop

    Beats lourds, flow incandescent, cordes ou vents aériens pour faire passer la pilule, le hrvatski rap puise d’abord son influence dans le East Coast américain. Les textes traitent du malaise social, du marasme économique et montrent la défiance de la jeunesse vis-à-vis d’un monde politique corrompu et qui ne leur offre aucune perspective. Sans oublier une rhétorique anti-nationaliste et anti-guerre qui va à l’encontre du discours dominant : « on n’a pas de héros, mais des criminels de guerre ». - See more at : http://www.balkanophonie.org/hrvastska-block-party-le-hip-hop#sthash.I6pVgcIw.dpuf

    http://www.balkanophonie.org/balkans-block-party-marcelo-rap-potache-et-militant-venu-de-serbie

    Le rappeur Marko Šelić, plus connu sous le nom de Marčelo, est un artiste engagé. Né en 1983 en Serbie, cet enfant de la transition écume les scènes post-yougoslaves avec son rap qui brocarde avec une verve insolente les travers de sociétés perdues entre nationalisme, ultra-libéralisme et culte de l’individu. - See more at : http://www.balkanophonie.org/balkans-block-party-marcelo-rap-potache-et-militant-venu-de-serbie#st

    http://www.balkanophonie.org/balkans-block-party-frenkie-le-rap-politique-de-bosnie

    Frenkie a grandi avec la guerre en toile de fond, et a même dû fuir un temps la Bosnie, direction l’Allemagne, où il a découvert la culture hip-hop. De retour chez lui en 1998, il crée le collectif Disciplinska Komisija avec Edo Maajka, HZA, Mire & Dj Soul. Choqué par la déliquescence de la Bosnie, il dénonce dans ses textes la corruption, le chômage, l’incompétence des responsables politiques et l’absence de perspective pour la jeunesse. - See more at : http://www.balkanophonie.org/balkans-block-party-frenkie-le-rap-politique-de-bosnie#sthash.OBoAThh

    #Balkans #musique

    • Sans oublier cet excellent blog :

      Yougosonic : ANTIFASCISME EN FREE DOWNLOAD
      http://yougosonic.blogspot.fr/2013/06/antifascisme-en-free-download.html

      En ces temps troublés, entre le pavé stambouliote où des milliers de manifestants se battent pour sauver leur cadre de vie de la spéculation, au pavé parisien où des milliers de manifestants se sont battus pour « limiter » le cadre de vie d’une partie de leurs compatriotes homosexuels (cherchez l’erreur), en passant par Prijedor où les vivants de la « mauvaise ethnie » sont priés de ne pas honorer leurs morts victimes de la purification ethnique, il est intéressant de relayer l’initiative qui a vu la mouvance « antifa » (=antifasciste) d’ex-Yougoslavie, et différents groupes de ce territoire éditer la compilation « Zajednicka borba » (prononcer « Zayédnitchka borba »). Ce « combat commun » qui donne son nom à la compilation, c’est le combat contre le fascisme qui domine aujourd’hui les sociétés post-yougoslaves, et que ce blog dénonce régulièrement.


  • Citations tirées du #livre de #David_ALBAHARI,

    L’homme de neige


    http://ecx.images-amazon.com/images/I/41W2K6PTN1L._SL160_.jpg

    Résumé :

    Le narrateur de L’homme de neige a une idée fixe : boire du jus d’orange. Venu de l’#ex-Yougoslavie, il est invité comme écrivain en résidence dans une université nord-américaine. Mais sa nouvelle vie, confortable et bien réglée, dont il note minutieusement les moindres détails, ne fait tout simplement pas sens pour lui. Ses quelques cours et conférences, ses obligations sociales et ses conversations avec les professeurs et étudiants, tout est envahi par un sentiment d’échec et d’ennui - sentiment auquel il échappe seulement grâce à l’idée de boire du jus d’orange. Puis, cet équilibre fragile se fissure. Le narrateur a de plus en plus l’impression de flotter, voire de se désagréger. La découverte d’une armoire fermée à clef au sous-sol tourne vite à l’obsession, et lorsqu’il cède à la tentation de l’ouvrir pour y trouver des cartes et des plans de toute sorte, il ne peut s’empêcher de les placarder sur les murs de son appartement en pleine nuit. Entouré ainsi de cartes qui illustrent les déchirures de l’Histoire et la fragilité des identités et des frontières, il sent les choses se brouiller de plus en plus autour de lui. Jusqu’à ce que les premières neiges tombent sur la ville.

    http://www.babelio.com/livres/Albahari-LHomme-de-neige/120981

    Citations :

    « La #géographie est un état, un moment plus ou moins bref ou long d’un acquis ; l’#histoire, c’est un diagnostic, c’est la nuit. […] L’histoire est déboîtement, déraillement du cours habituel des choses, quelque chose comme un disque rayé, sa répétition perpétuelle, souvent absurde, parfois claire et précise comme une prédiction. […] L’histoire n’a rien à voir avec la parole, elle se produit dans un espace autre que celui des mots, espace parfois exigu, parfois insaisissable, auquel l’individu en tant que tel n’a pas accès. La parole est un phénomène collectif, mais qui se réalise au niveau individuel, alors que l’histoire est individuelle, mais se réalise sur le plan collectif. La parole jaillit, gicle comme un jet d’eau, alors que l’histoire happe comme un gouffre de rivière souterraine »

    David ALBAHARI, L’homme de neige, Gallimard, 2004, p.64.

    « ’De même qu’une #bibliothèque est un cimetière de récits morts, les #cartes sont des cimetières de l’histoire morte, me suis-je dit. Seul est vivant un récit qui ne se livre pas au langage, comme seule est vivante une histoire une histoire qui ne se livre pas aux cartes. Il est vain d’écrire, comme il est vain de dessiner une carte. Les mots ne sont qu’un écho, la résonance d’un creux, des cavaliers fantômes dans le ciel, tout comme les frontières ne sont que des gribouillages sans réalité, des obstacles invisibles. Un récit n’existe pas plus sur le papier, entre les pages d’un livre, qu’une véritable #frontière n’existe sur une carte ou dans un #atlas ».

    David ALBAHARI, L’homme de neige, Gallimard, 2004, p.100.

    « Seuls les prestidigitateurs, me suis-je dit, utilisent encore l’abri d’une toile ou le réconfort d’une caisse dont ils resurgissent transfigurés, victorieux de la nature, porteurs de la promesse que le monde peut, malgré tout, être meilleur. A condition, me suis-je dit, que le monde ne soit pas une carte et que nous ne voulions pas être des #cartographes »

    David ALBAHARI, L’homme de neige, Gallimard, 2004, p.105.

    « Le professeur de sciences politiques a bu une gorgée de bière, essuyé la mousse sur ses lèvres. ’L’homme, les humains, a-t-il dit, forment un cercle à part, non pas sur la croûte, comme on pourrait le croire, mais entre la croûte et l’atmosphère, un cercle qui, véritablement, n’appartient à personne. Ce cercle, a-t-il poursuivi en retournant encore une fois la serviette, est également divisé en nombreuses parties, avec leurs points de rencontre, avec leurs frontières exerçant des frictions les unes contre les autres, et avec des rebords qui empiètent les uns sur les autres’. Il nous a regardés. Personne n’a ouvert la bouche. ’C’est là, à ces endroits, a-t-il dit, que surviennent les guerres, de la même manière, justement, que se produisent les tremblements de terre, lesquels se répètent aussi longtemps que les anomalies géologiques ne sont pas corrigées. A la seule différence près qu’ici il n’est pas question de géologie, mais de l’esprit humain’. […] ’De la même manière, a dit le professeur de sciences politiques, les #guerres se répètent jusqu’à ce que les anomalies de l’esprit humain soient corrigées, jusqu’à ce que les différences soient aplanies, la compréhension établie, ou jusqu’à ce que quelqu’un soit anéanti ».

    David ALBAHARI, L’homme de neige, Gallimard, 2004, p.78.

    « J’ai feuilleté lentement l’Atlas historique de l’Europe centrale et orientale. Des empires se muaient en royaumes, des comtés s’unissaient en provinces, des provinces devenaient républiques, des monarchies se querellaient, des régions autonomes se repliaient sur elles-mêmes, des fédérations aspiraient à devenir des confédérations, mais les frontières, au sens plus large, les vraies, celles qui relevaient vraiment de l’esprit et non des modifications militaires ou politiques, restaient les mêmes, toujours le long des mêmes #délimitations_géographiques. Certains fleuves sont simplement restés infranchissables, certaines falaises insurmontables. Peu importait où se trouvait une frontière, frontière justifiée par une guerre, une #conquête ou un compromis : la vraie frontière pouvait être quelque part ailleurs. Parfois, une rivière qui traversait depuis des siècles un Etat, bien à l’intérieur de son territoire, n’avait pourtant jamais servi de lien, n’avait toujours fait que séparer, au contraire, que confirmer les différences, montrant que le monde peut avoir mille masques mais un seul vrai visage »

    David ALBAHARI, L’homme de neige, Gallimard, 2004, pp.90-91.

    #lecture



  • Monumenti
    http://www.interdisciplinaire.ch/Site%20hors%20expo/images_site/MONUMENTI_Fly1.jpg

    MOnuMENTI, Les mutations de la mémoire yougoslave
    Vernissage de l’exposition vendredi 24 janvier 2014 ---18:00

    Inédite en Suisse, l’exposition photographique MOnuMENTI met en lumière la construction et l’implosion de la Yougoslavie au XXe siècle. Les clichés de Marko Krojač évoquent l’histoire d’un pays déchiré et présentent les monuments qui ont modelé, au gré des transitions politiques, une identité nationale et multiple. Constructions mutilées, mémoriaux abandonnés et sculptures reconfigurées témoignent tant des traces encore vivaces de la guerre que de la place centrale de la mémoire, de l’histoire et de la commémoration dans la gestion post-conflit. L’exposition MOnuMENTI offre une occasion originale, par le prisme des monuments, de mesurer l’ampleur et la virulence des usages publics du passé propres à la région. Cette manifestation constitue un accès privilégié vers une meilleure compréhension de l’histoire des Balkans, grâce à des photographies qui documentent les transformations et les usages successifs de ces divers lieux de mémoire. L’exposition, dont le calendrier coïncide avec le programme de la Journée de la mémoire du 27 janvier, comprend un volet pédagogique qui s’appuie sur des légendes explicatives, une série de cartes géographiques de la région ainsi qu’un programme de médiation culturelle. Une exposition incontournable pour mieux saisir les enjeux politiques et culturels de la mémoire dans les Balkans occidentaux.
    http://www.interdisciplinaire.ch
    http://www.interdisciplinaire.ch/Site%20hors%20expo/images_site/MONUMENTI_Fly2.jpg

    Catalogue ---> http://www.interdisciplinaire.ch/Site%20hors%20expo/images_site/MOnuMENTI_Catalogue.pdf

    #monument #Yugoslavia #ex-yugoslavie #exposition #photographie #document #tito #mémoire #Marko Krojač @reka #genève


  • Article11 - Vukovar – mitraillette Thompson et montée brune - Timothée Demeillers
    http://www.article11.info/?Vukovar-mitraillette-Thompson-et

    Vingt-deux ans après la chute de la ville, les lieux n’évoquent rien de très « glorieux ». Et surtout, Vukovar n’est plus que l’ombre de ce qu’elle a été : avant 1991, elle était florissante. Lovée le long du Danube, elle abritait la prestigieuse usine de Borovo, qui employait 17 000 ouvriers et chaussait toute la Yougoslavie. Vukovar était alors encore située au cœur d’une des régions les plus riches du pays, à la vie culturelle foisonnante. En ce temps-là, tous vivaient côte à côte, sans véritables distinctions ethniques ou religieuses, avec un nombre record de mariages mixtes entre voisins serbes et croates.

    C’est un tout autre paysage qui s’offre aujourd’hui au visiteur : ruines fantomatiques, maisons désertées, routes délabrées. Les traces de la guerre sont partout, chaque façade dévoilant son tableau d’impacts de balles et d’obus. D’ailleurs, beaucoup murmurent que l’absence de rénovation de ces vingt dernières années ne serait pas seulement due à un manque de moyens, mais correspondrait à une véritable volonté politique de conserver la ville dans un état de délabrement suffisamment photogénique pour l’œil des journalistes. Quel meilleur mythe fondateur que « Vukovar la martyre » pour un jeune État croate cherchant à asseoir son autorité ?

    #guerre #nationalisme #peste_brune


  • Quatre-vingt quatre heures de train - Mon blog sur l’écologie politique
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/84-h-de-train

    Alors que les trains de nuit disparaissent et rendent plus compliqués que jamais des voyages continentaux sans passer par la catastrophe écologique que constitue l’avion, il fait bon le rappeler : prendre un train de nuit, c’est la meilleure façon de voyager, ça fait arriver dès le matin en ville sans se lever aux aurores, ça fait souvent économiser une nuit d’hôtel aux voyageurs/ses et c’est plus écologique qu’un TGV. A 40 ou 50 euros le Paris-Berlin ou le Paris-Venise pris cinq ou six semaines à l’avance, c’est l’Europe centrale qui s’offre à vous, la Pologne et la Tchéquie, l’ex-Yougoslavie. Sans avion. Un train de nuit qui est supprimé, comme c’est le cas en ce moment de Paris vers l’Italie, et c’est le monopole de l’avion qui en sort renforcé : jamais des conditions aussi faciles ne seront réunies à des prix aussi accessibles, et surtout pas avec les TGV. De quel progrès parle-t-on, si dans les années 1970 nous pouvions accéder à un réseau de trains à basse vitesse plus étendu, moins cher et pas beaucoup moins rapide ?

    Il n’empêche que le Toronto-Vancouver, c’est aussi trois journées à faire passer...

    #train #TGV #transports
    Voir http://seenthis.net/messages/209767 qui m’a donné envie d’écrire enfin sur ce voyage.


  • Je viens de commencer ce #livre, ça promet...
    L’HIVER DES HOMMES

    #Lionel_DUROY

    Reclus dans la petite république ethniquement « pure » pour laquelle ils ont combattu leurs voisins croates et bosniaques, les Serbes de Bosnie sont pourtant aujourd’hui les gens les plus désespérés qui soient. Un voyage aux confins de l’Europe et une méditation sur la #guerre et l’inaptitude au bonheur.

    http://www.julliard.fr/site/l_hiver_des_hommes_&100&9782260019169.html

    http://extranet.editis.com/it-yonixweb/IMAGES/JUL/P3/9782260019169.JPG

    #lecture #ex-Yougoslavie #enfants_de_bourreaux

    • Des citations de ce livre sur les #montagnes :

      - « Expliquez-nous pourquoi, Karadzic a choisi Pale, qui n’était alors qu’un petit village de montagne, pour installer le gouvernement des Serbes de Bosnie, plutôt qu’une ville digne de ce nom, comme Banja Luka par exemple. Que ce village de montagne soit devenu une ville, c’est incompréhensible.
      – Avant la guerre, Karadzic avait déjà des affaires, ici, à Pale. Des affaires un peu louches. Dans une entreprise de Sarajevo où il intervenait comme médecin, il avait donné des congés maladie fictive à des ouvriers, en échange de quoi les ouvriers lui avaient construit gratuitement une maison à Pale. Il avait pas mal de choses, ici, c’est pourquoi il a choisi Pale plutôt que Banja Luka »

      Lionel Duroy, L’hiver des hommes, Editions Julliard, 2012, p.138

      - « Oui. Nous avons prétendument gagné la guerre, mais pendant que les Musulmans vivent tranquillement à Sarajevo dans les maisons des Serbes, nous, les vainqueurs, nous mourons de faim et froid sur notre montagne »

      Lionel Duroy, L’hiver des hommes, Editions Julliard, 2012, p.144.

      - « Les oustachis ne sont pas seulement ’venus’, ils ont occupé Pale durant quatre ans.
      – Pardonnez-moi, je savais que les Allemands étaient présents dans tout le massif montagneux, autour de Sarajevo, mais je ne savais pas que les oustachis étaient à Pale précisément.
      – Ici, ce sont eux qui ont commis tous les massacres. Les Allemands et les Italiens étaient présents, dans des forteresses, mais ils étaient plutôt corrects. Il est même arrivé qu’ils interviennent pour nous défendre contre les oustachis. C’est un officier italien qui a sauvé la vie de ma mère alors qu’un groupe d’oustachis s’apprêtait à l’emmener.
      De nouveau, je songe à Malaparte, officier italien engagé au côté de la Wehrmacht, sur le front de l’Est, comme correspondant de guerre, et sauvant quelques familles juives à Jassy, en Moldavie, avec l’aide du consul d’Italie, tandis que débute le pogrome. Un instant, je suis tenté de demander à notre hôte s’il a lu Malaparte, mais il reprend, sortant soudain de sa méditation :
      – L’esprit de la guerre animait les Allemands, mais les Croates poursuivaient un objectif différent. Les Croates avaient en tête d’exterminer les Serbes. Vous comprenez cela ?
      – Je vous écoute.
      – Ils menaient à l’intérieur de la guerre une autre guerre. Une guerre indigne, criminelle.
      Puis il se tait et m’observe, comme s’il doutait encore que je puisse comprendre. Mais j’acquiesce.
      – J’avais trois ans en 1941, reprend-il, je n’ai donc aucun souvenir de mon père ni de sa disparition. Je sais que le plus âgé des quatre frères, mon oncle Jovo, a été tué dans les heures qui ont suivi l’arrivée des Oustachis. Le lendemain, ou le jour même, mon père et ses deux frères ont rejoint la Résistance dans les montagnes ».

      Lionel Duroy, L’hiver des hommes, Editions Julliard, 2012, pp.166-167.

      - « Le siège du parti serbe était à l’Holiday Inn de Sarajevo. Nous avons senti monter le danger. Les bérets verts musulmans étaient partout dans les rues, et nous savions que parmi eux figuraient beaucoup de criminels, des détenus qui avaient été libérés parce qu’ils connaissaient le maniement des armes. Quand les premières barricades sont apparues, Karadzic a décidé de déménager le siège du parti de Sarajevo à Pale. C’était plus sûr. Ici, nous serions entre Serbes, protégés par les montagnes et les forêts »

      Lionel Duroy, L’hiver des hommes, Editions Julliard, 2012, p.172.

      « ’Je suis chez les fous furieux [des Serbes de la Republique serbe de Bosnie], Hélène, des gens qui s’imaginent nous protéger des Musulmans depuis un plateau perdu de haute montagne. Je ne leur ai pas dit que nous habitions Belleville, au-dessus d’une mosquée, et que nous ne souhaitons pas être protégés des Musulmans’ »

      Lionel Duroy, L’hiver des hommes, Editions Julliard, 2012, p.178.

      - « Elle le pense, oui. Je me souviens qu’un jour elle a dit une drôle de phrase, du genre : ’Nous, les Serbes, prétendons avoir gagné la guerre, mais pendant que les Musulmans vivent tranquillement à Sarajevo, nous mourons de faim et de froid sur notre montagne »

      Lionel Duroy, L’hiver des hommes, Editions Julliard, 2012, p.182.

      - "Nous sommes dans les montagnes de Romanija, remarque-t-il avec une solennité voulue et tandis qu’on entend le vent siffler sous le plancher de tôle. On dit que c’est ici qu’est née l’âme serbe aux premiers jours du monde.
      – Dans cette immense solitude.
      – Oui, confirme-t-il, la solitude est destin. Chaque fois, dans l’histoire, que nous avons cru pouvoir compter sur un ami, cet ami nous a trahi. Le dernier en date est Mitterand, votre Président. Pendant la guerre, j’étais stationné sur l’aéroport de Sarajevo et j’ai été témoin du jour où les Français ont décidé de faire alliance avec les Musulmans.

      Lionel Duroy, L’hiver des hommes, Editions Julliard, 2012, p.197.

      - « Il [Ratko] était très intelligent, très doué. Il était la fierté de l’instituteur. Nous, les montagnards, sommes plus intelligents que les gens des villes. La montagne nous oblige à être plus perspicaces pour survivre, tandis que dans la plaine ils n’ont pas besoin de développer leur intelligence, ils ont tout le confort sous la main »

      Lionel Duroy, L’hiver des hommes, Editions Julliard, 2012, p.252.

      - « Si les Serbes veulent se priver de Sarajevo, ça les regarde. Qu’ils restent sur leur montagne, ou à Lukavica. Après tout, nous vivons très bien sans eux »

      Lionel Duroy, L’hiver des hommes, Editions Julliard, 2012, p.347.

      #montagne #République_serbe_de_Bosnie #Republika_Srpska #guerre #conflit #Sarajevo #oustachis

    • Des citations sur la #religion et les #Musulmans :

      - "Comment avez-vous pris que la capitale de votre république, née de la guerre, soit finalement Banja Luka, plutôt que Pale, où avait siégé le gouvernement pendant les combats ?
      – Ce déménagement de la capitale de Pale à Banja Luka a été orchestré de l’extérieur pour tenter de créer une scission entre les Serbes de Bosnie. Mais la manœuvre a échoué, nous avons accepté la chose sans protester.
      – On dit tout de même que Pale serait resté favorable à Karadzic, tandis que Banja Luka soutiendrait Dodik.
      – Dodik est parvenu, avec l’aide des Américains, à chasser du pouvoir le parti de Karadzic. Je préférais Karadzic à Dodik, mais aujourd’hui je soutiens Dodik car son but est le même que le mien : protéger nos frontières contre les Musulmans. Nous, les Serbes de Bosnie, sommes aujourd’hui en première ligne contre l’Islam. Nous gardons les frontières et protégeons ainsi l’Ouest, mais l’Ouest ne nous en est aucunement reconnaissant car il n’a pas encore conscience du danger qui le menace.

      Lionel Duroy, L’hiver des hommes, Editions Julliard, 2012, p.175.

      - « Pardonnez-moi, dis-je, je ne suis pas sûr d’avoir bien compris. Vous estimez avoir perdu la guerre le jour où les Musulmans ont quitté Pale ? C’est bien ça ?
      – C’est un divorce. Pensez-vous qu’un divorce soit une victoire ? Avez-vous jamais entendu une personne divorcée se réjouir et se vanter d’avoir gagné quoi que ce soit dans la rupture de son mariage ? Un divorce est un échec, mais ici les gens ne voient pas les choses comme moi, ils continuent de se féliciter d’avoir gagné la guerre, d’avoir chassé les Musulmans »

      Lionel Duroy, L’hiver des hommes, Editions Julliard, 2012, p.187.

    • Des citations sur la #guerre :

      « - Parce que trois mois plus tard, reprend-il, au terme des accords de paix, les Croates ont dû nous rendre Mrkonjic Grad. Ils étaient si furieux qu’ils nou sont tout détruit avant de partir. Quand nous sommes revenus, le 4 février 1996, avec ma mère et tous les habitants qui avaient pu fuir, la ville était un champ de ruines. Toutes les maisons avaient été incendiées, et la nôtre aussi évidemment. Je n’ai pu m’empêcher de pleurer en voyant ce qu’ils avaient fait de notre ville. C’était quelque chose d’inimaginable, tout était détruit, brûlé, pillé. Ils avaient même démonté les machines des usines pour les emporter. Sur les rares maisons encore debout, ils avaient écrit : ’Maison croate’. Ils s’imaginaient donc qu’ils pourraient revenir, en dépit de ce massacre, en déptit de tout le mal qu’ils nous avaient fait »

      Lionel Duroy, L’hiver des hommes, Editions Julliard, 2012, p.116

      « -C’est ça, la logique de la guerre, dit-il après un silence : même pour ceux qui ne veulent pas la faire, elle devient indispensable »

      Lionel Duroy, L’hiver des hommes, Editions Julliard, 2012, p.117

      « Ici aussi, les gens ont cru qu’ils pourraient échapper à leur histoire, ils se sont aimés, ils ont eu des enfants, mais soudain ils se sont souvenus qu’ils avaient des raisons de craindre, de trembler à la vue l’un de l’autre. Ils ont été troublés, puis emportés petit à petit par la mémoire de tout le mal qu’ils se sont fait, autrefois, au temps de leurs parents, de leurs grands-parents, et bientôt ils se sont découverts ivres de haine et de peur, et alors ils n’ont plus vu d’autres issues que de recommencer à se jeter les uns contre les autres »

      Lionel Duroy, L’hiver des hommes, Editions Julliard, 2012, p.181.

      - Pavlusko Vuskovic dit aux Serbes ce qu’ils veulent entendre, il leur fait croire qu’ils se sont sauvés en chassant les Musulmans et les Croates, alors qu’en vérité ils se sont condamnés à mourir d’isolement et de chagrin

      Lionel Duroy, L’hiver des hommes, Editions Julliard, 2012, p.191.

      - "Il me semble qu’à chaque rencontre je comprends un peu mieux combien ce qu’ils vivent est effrayant. Ils ont obtenu les frontières qu’ils souhaitaient des accords de paix, mais ces frontières les condamnent à un isolement qui les précipite dans le malheur et la dépression. Néanmoins, ils sont condamnés à défendre cet isolement, ces frontières, et même à en vanter les mérites pour ceux qui ont le plus souffert de la haine des autres. Comment Pavlusko pourrait-il tenir un autre discours, lui dont ils ont tué l’enfant ? Et Slobodan Jasnic, le père de Jelica, dont la famille a été anéantie par les oustachis, que pourrait-il souhaiter de mieux pour ses enfants et petits-enfants que ces frontières ? Après toutes ces guerres, ils savent bien qu’ils ne réussiront jamais qu’à s’entretuer. Comment vont-ils survivre à cette folie ?

      Lionel Duroy, L’hiver des hommes, Editions Julliard, 2012, p.240.


  • Série “Meilleurs voeux de #Mostar” (1) : Introduction : Mostar et les espaces de la #nostalgie

    Le 9 novembre 1993, l’artillerie croate détruisait le #pont de Mostar, pendant la guerre de Bosnie-Herzégovine. Ce haut-lieu de la multiculturalité de la ville de Mostar, mais aussi de toute la Yougoslavie en décomposition, était détruit avec acharnement, ne laissant plus que quelques pierres au fond de la rivière Neretva. En 2004, Stari Most (le “Vieux pont”, qui a donné son nom à la ville de Mostar – littéralement “la ville du pont”) était reconstruit “à l’identique”. Pourtant, la ville a profondément changé, et l’efficacité géographique de la #guerre dans la ville se lit dans la #géographie_du_peuplement. Beaucoup d’habitants se sont déplacés à l’intérieur de leur ville, parce que devenus des “#autochtones_étrangers” dans leur propre espace de vie (Stéphanie ROLLAND, 2004, “Autochtones étrangers : les #déplacés à Mostar après la guerre de #Bosnie-Herzégovine“, Balkanologie, vol. 8, n°1, juin 2004, pp. 189-209). D’autres ont quitté la ville, voire le pays.

    Parmi eux, #Frano_Petruša qui a passé son adolescence à Mostar dans la période de l’immédiat avant-guerre. En 1987, orphelin de sa mère, cet adolescent croate vient s’installer chez sa grand-mère à Mostar. Les 5 années avant le déclenchement de la guerre, il arpentera les collines environnant la ville, découvrira le “rituel du plongeon” sur le pont de Mostar, et deviendra ami avec Goran (un adolescent serbe) et Amra (une adolescente bosniaque), amitié rythmée par le basket-ball, alors sport très populaire en Yougoslavie. 20 ans plus tard, il revient pour la première fois à Mostar.

    Sa #bande_dessinée Meilleurs voeux de Mostar (Dargaud, 2012) est la deuxième dans lequel l’auteur revient sur son adolescence, après Guerre et match (Dargaud, 2010), elle aussi rythmée par le #basketball et la guerre (mais dans le contexte de l’immédiat après-guerre, alors que Meilleurs voeux de Mostar se situe juste avant). Cette bande dessinée de non-fiction, où l’auteur livre son histoire personnelle, est l’occasion de discuter de la représentation de la ville dans la bande dessinée, comme “terrain de jeu” pour des adolescents qui la perçoivent avant tout comme un espace de vie “ordinaire”, là où les adultes y voient déjà entrevoir un espace politique disputé.

    http://f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/1357/files/2013/11/Meilleurs_voeux_de_Mostar_couverture-225x300.jpg

    http://f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/1357/files/2013/11/Meilleurs_Voeux_de_Mostar_Planche1-379x500.jpg

    http://labojrsd.hypotheses.org/1047

    #biographie #BD


  • Tout savoir sur les écoutes téléphoniques
    http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-13127.html

    Pendant des décennies, au début des années 1950, la société suisse Crypto AG a vendu la technologie de cryptage la plus sophistiquée et sécurisée au monde. La société a basé sa réputation et apaisé les préoccupations en matière de sécurité de ses clients sur sa neutralité dans la Guerre froide ou toute autre guerre. Les nations acheteuses, environ 120 d’entre elles - y compris les cibles du renseignement américain de premier plan telles que l’Iran, l’Irak, la Libye et la Yougoslavie -, convaincues que leurs communications étaient protégées, ont envoyé des messages de leurs capitales à leurs ambassades, missions militaires, bureaux commerciaux, et tanières d’espionnage à travers le monde, par télex, radio et fax.

    Et pendant ce temps, en raison d’un accord secret entre cette société et la NSA, ces gouvernements auraient tout aussi bien pu simplement livrer en main propre les messages non codés à Washington. Parce que leurs machines de Crypto AG avaient été truquées avant de leur être vendues, de sorte que quand ils les ont utilisées, leurs clés de cryptage aléatoire pouvaient automatiquement et clandestinement être transmises avec le message chiffré. Les analystes NSA pouvaient lire ces messages aussi facilement que le journal du matin.


  • Les nationalismes, source de l’implosion de la Yougoslavie
    http://www.taurillon.org/Les-nationalismes-source-de-l-implosion-de-la-Yougoslavie,06083

    Plus de 20 ans après les guerres qui ont durablement marqué les Balkans, la Yougoslavie n’est plus qu’un lointain souvenir. Il parait pourtant intéressant, alors que les Balkans s’intègrent progressivement à l’Union européenne, de revenir sur l’expérience que fut la Yougoslavie. C’est en particulier sa dissolution et les dynamiques nationalistes qui en sont la source qu’il est important d’expliquer. De la Yougoslavie de Tito à l’échec d’une réforme Lorsque Josip Broz Tito finit la libération de la (...)

    #Elections_européennes #Croatie #Fédéralisme


  • La Fédération balkanique : une vieille idée qui ne meurt jamais - Le Courrier des Balkans

    http://balkans.courriers.info/article23473.html

    Plus de vingt après la décomposition guerrière de la Yougoslavie et alors que la Croatie vient de rentrer dans l’Union européenne, une nouvelle fédération balkanique est-elle envisageable ?

    http://balkans.courriers.info/IMG/jpg/image-11.jpg

    Peut-elle constituer un prélude ou une alternative à l’intégration européenne ? Le journaliste Omer Karabeg donne la parole à Ivo Banac et à Vladan Jovanović.

    #balkans #yougoslavie #ex-yougoslavie


  • Conflit en Syrie : les éditocrates s’habillent en kaki
    http://www.acrimed.org/article4143.html

    http://rezo.net/local/cache-vignettes/L120xH90/arton205456-5b929.jpg

    Comme les escargots lorsque tombent les premières gouttes de pluie, à chaque projet de guerre humanitaire et à chaque intention de lâcher quelques bombes, les va-t-en guerre sont de sortie. Guerre du Golfe, Yougoslavie, Kosovo, Afghanistan, guerre du Golfe la suite, Lybie, les médias aiment donner la parole au GI-Joe de la pensée géopolitique. Avec le conflit en Syrie, ils sont particulièrement nombreux… et particulièrement en forme. (....) Source : (...)

    • Bon exemple d’éditocratie (cette manière de passer un Grand O par jour en prétendant être spécialiste en tout) dans cet article, la mauvaise foi qui le dispute à la méconnaissance au sujet de la balance commerciale de la Russie :

      Dans ses péripéties médiatiques, Lévy dit aussi n’importe quoi. Il explique par exemple que « la Russie est un pays malade. La Russie est un pays exsangue dont le commerce extérieur, par exemple, est l’équivalent de celui des Pays-Bas. » (Le Point, 29 août) Si la Russie a une balance commerciale de 81,3 milliards de dollars, proche de celle des Pays-Bas (77 milliards), elle se classe tout de même en cinquième position mondiale. Loin devant des pays comme la France (188e), la Grande Bretagne (187e) et les États-Unis (bon dernier, avec une balance commerciale négative de – 487 milliards de dollars).

      Les pays avec la plus grosse balance commerciale sont souvent exportateurs d’énergie : http://www.actualitix.com/balance-commerciale-par-pays.html. BHL n’a pas de pétrole, mais il a plein d’idées.


  • Carla del Ponte hostile à une intervention militaire en Syrie - rts.ch - info - monde
    http://www.rts.ch/info/monde/5197144-carla-del-ponte-hostile-a-une-intervention-militaire-en-syrie.html

    Une intervention militaire en Syrie provoquerait « plus de victimes et plus de morts » et rendrait plus difficile la recherche d’une solution politique, a affirmé lundi Carla del Ponte, membre de la commission d’enquête de l’ONU sur les violations des droits de l’homme en Syrie.

    L’ex-procureur du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie Carla del Ponte, invitée du Club suisse de la presse, s’est exprimée sur la Syrie lundi à Genève : « La négociation est la seule solution possible pour les Syriens. Je souhaite que très tôt, parce que c’est déjà trop tard, on arrive à négocier ».

    « Je vois très mal une intervention militaire, mon expérience dans les Balkans me dit que ce serait plus de victimes et plus de morts et rendrait encore plus difficile une solution politique », a-t-elle affirmé devant les journalistes.

    Elle a estimé que la commission d’enquête sur la Syrie dont elle fait partie « pour le moment est surtout un alibi pour la communauté internationale qui ne fait rien ». « C’est une longue liste de crimes incroyables qui s’ajoutent chaque jour ».

    Carla del Ponte a encore souligné que ces crimes sont commis par les deux camps : « Il n’y a pas les bons et les méchants, tous sont mauvais. Les forces gouvernementales et les rebelles commettent des crimes aussi graves et incroyables ».

    ats/pym

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    Rappel de sa déclaration du 06/05/2013 :
    https://www.youtube.com/watch?v=6QcBGfpQWBo


  • Syrie : pour en finir avec la BHLisation des esprits

    http://www.marianne.net/Syrie-pour-en-finir-avec-la-BHLisation-des-esprits_a231756.html

    On se croirait revenu plusieurs années en arrière, au temps de l’éclatement de l’ex Yougoslavie ou du conflit au Kosovo. Comme à cette époque, les médias sont investis par deux sortes de personnages : des « experts » de la chose militaire transformés en commentateurs, et des éditorialistes prompts à chausser leurs rangers pour régler un conflit complexe au moyen de solutions simplifiées à l’extrême. Le « Moyen Orient compliqué »(De Gaulle) ? Foutaises. « Y’a qu’à » bombarder Assad et tout sera réglé.

    C’est la forme supérieure de la BHLisation des esprits. Elle consiste à ériger l’émotion en guide suprême, à vider l’ONU de son contenu et à faire de quelques va-t-en guerres les shérifs attitrés d’une nouvelle police internationale autoproclamée. Bernard-Henri Lévy écrit dans sa dernière chronique du « La force est le dernier recours pour faire entendre raison aux assassins ». Au nom de quoi il faut « faire bloc autour du chef des armées ». A vos ordres, mon général. Ces paroles viriles sont dignes des chambrées nationalistes de 1914.