Ce n’est pas la critique de la droite allemande qui est « germanophobe », c’est la politique allemande qui est antieuropéenne http://lev.lhommeau.de/la-politique-allemande-antieuropeenne
En tant que franco-allemand de gauche installé à Berlin, je me sens obligé de réagir au débat sur l’Allemagne qui fait rage en France. François Fillon accuse le PS de « dérive stupide aux relents germanophobes ». Daniel Cohn-Bendit accuse Arnaud Montebourg de « faire du FN à gauche ». L’année dernière, ce même Daniel Cohn-Bendit avait déjà fustigé les propos de Jean-Luc Mélenchon : « quand on voit son livre, ce qu’il dit sur l’Allemagne, quand il parle de la grande France, ce qu’il dit sur les Boches, c’est insoutenable, intolérable ». À les écouter, je devrais être outré par ces propos. En tant que franco-allemand de gauche serais-je donc orphelin d’une certaine gauche française ?
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Une politique de régressions sociales en Allemagne…
Force est de constater que les gouvernements allemands successifs – qu’ils se disent de gauche ou de droite – ont mené une politique de régression sociale
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…exacerbant les déséquilibres au détriment des partenaires européens
Cette politique n’a pas seulement exacerbé les inégalités en Allemagne, mais aussi entre les pays de la zone Euro. L’excédent de la balance commerciale allemande bat tous les records au détriment des autres pays européens qui sont submergés par les produits allemands. Les « partenaires » européens ne peuvent plus se protéger contre le dumping allemand par la dévaluation de leurs monnaies. Ils le payent doublement : par l’augmentation du chômage et de la dette qu’ils contractent – notamment auprès des banques allemandes.
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Car si la France, seul pays de la zone Euro capable de constituer un contrepoids à l’Allemagne, s’aligne sur la position allemande, l’Europe court à sa perte. Les seules issues alors possibles : suivre la politique de régression sociale allemande ou quitter la zone euro.
