• De la cosmologie à l’intelligence artificielle
    http://www.internetactu.net/2013/05/15/de-la-cosmologie-a-lintelligence-artificielle

    L’intelligence artificielle (IA) avance en général à coup de progrès locaux : on apprend à une machine à se déplacer, à jouer à Jeopardy, à repérer les occurrences d’un texte ou à reconnaître les visages. Mais jusqu’ici, l’idée d’une théorie générale de l’intelligence susceptible de prendre en compte l’ensemble des phénomènes mentaux nous a toujours échappé. Depuis quelques semaines circule…

    #Articles #Technologies


  • #STRASS - Syndicat du Travail Sexuel » Blog Archive » Ne nous libérez pas, on s’en charge !
    http://site.strass-syndicat.org/2013/04/ne-nous-liberez-pas-on-s%e2%80%99en-charge%c2%a0

    Sous couvert de multiples bonnes intentions affichées, les membres d’#Abolition_2012 organisent une « journée d’abolition citoyenne du système prostitueur ».

    Or, vouloir abolir la #prostitution, c’est vouloir abolir les putes.

    Ils / elles assènent que la prostitution ne peut jamais constituer un choix, qu’il s’agit forcément d’une violence, du fruit de contraintes, directes – violences physiques et/ou psychologiques – ou indirectes – contraintes socio-économiques.

    Le travail, en général, est rarement un choix enthousiaste, d’autant moins dans nossociétés qui favorisent l’exploitation des travailleurSEs, d’autant moins pour les catégories les plus opprimées de la population : les femmes, les trans, les migrantEs.

    • Et encore un article de plus qui justifie ça en comparant avec le travail « en général » qui blablabla... Toujours la même de la part de ce « syndicat » médiatique qui doit représenter 0,01% des prostituées.

      Ça devrait justement être l’inverse si on est cohérent. Si on est contre le travail en général, on devrait d’autant plus être contre le fait de devoir échanger de l’argent contre un acte sexuel. Non pas de justifier de toujours plus libéraliser.

    • Bah les coco-staliniens ont buter le POUM et se sont fait buter a leur tour par les Franquistes. La courte période anarchiste a Barcelone est très enthousiasmante mais très courte. Orwell est enchanté par ce moment de libération général(chapitre 1) mais déplore (le mot est faible) que les socialistes (qui s’en prennent donc aux Anars, désarmés) réinstallent un climat de soumission (chapitre8) visible par exemple par le retour de la prostitution. J’ai pas mon exemplaire sous la main, désolé de ne pas être plus précise.

    • Sur l’express il y l’extrait dont je parle
      http://www.lexpress.fr/culture/livre/hommage-a-la-catalogne_805564.html

      Et surtout il y avait la foi dans la révolution et dans l’avenir, l’impression d’avoir soudain débouché dans une ère d’égalité et de liberté. Des êtres humains cherchaient à se comporter en êtres humains et non plus en simples rouages de la machine capitaliste. Dans les boutiques des barbiers, des « Avis au public », rédigés par des anarchistes - les barbiers étaient pour la plupart anarchistes -, expliquaient gravement que les barbiers n’étaient plus des esclaves. Dans les rues, des affiches bariolées conjuraient les prostituées de ne plus se prostituer . Pour qui venait juste de quitter les durs à cuire sarcastiques et cyniques des pays anglo-saxons, c’était assez pathétique de voir ces Espagnols idéalistes prendre à la lettre les clichés révolutionnaires les plus rebattus. A cette époque, on vendait dans les rues, pour quelques centimes, des romances révolutionnaires des plus naïves, célébrant toutes la fraternité prolétarienne et honnissant la méchanceté de Mussolini. Maintes fois j’ai vu un milicien presque illettré acheter une de ces chansons, en épeler laborieusement les mots, et, lorsqu’il en avait saisi le sens, se mettre à la chanter sur l’air approprié.

      Ici je trouve ceci :
      http://jresistance.blogspot.fr/2008/12/hommage-la-catalogne-george-orwell-1938.html

      Le général et le simple soldat, le paysan et le milicien continuaient à s’aborder en égaux, tous touchaient le même solde, étaient vêtus et nourris de même, s’appelaient « camarade » et se tutoyaient. Il n’y avait pas de classe de patrons ni de classe de domestiques, il n’y avait plus de mendiants, de prostituées, d’hommes de loi, de prêtres, de lécheurs de bottes, plus de saluts militaires obligatoires. Je respirais l’air de l’égalité…

      En cherchant ces extraits, je suis surtout tomber sur les règlements de comme mafieux en Catalogne autour des gigantesques bordels qui se sont crée dans la région.
      http://sisyphe.org/spip.php?article4345
      Il me semble que le Strass milite pour l’ouverture en France de bordels. C’est très pratique pour le client, il y a même des promos et des soldes, le rêve libéral.

      Je suis aussi tombé sur ça ce matin
      http://claudeguillon.internetdown.org/article.php3?id_article=412
      Il y a dans la conclusion cette phrase qui me semble proche du sujet

      Les « besoins sexuels » impliquant le recours légitime à autrui sont une construction idéologique, partie intégrante nécessaire de l’arsenal idéologique de la domination masculine.

    • Oui enfin, le Strass a le mérite d’être une structure d’#auto-organisation et d’#auto-défense des prostitué-e-s. Et même s’il ne représentait que 0,01%, ce que je ne sais pas, ce serait très bien que ces 0,01% parlent pour elles/eux-mêmes plutôt qu’ils/elles soient représentés par des orgas qui parlent à leur place. Il y a à Toulouse des putes qui s’auto-organisent, par exemple, et qui ont participé à des émissions sur #Canal_Sud pour parler de leur démarche, c’était franchement très bien. Elles sont les premières à aider les nanas qui sont sous la coupe de macs ou autres.

      C’est contre le #capitalisme qu’il faut lutter, la transformation viendra de là. Fin des rapports #marchands, oui, et des rapports de #domination, on est bien d’accord, et la prostitution en fait pleinement partie. En attendant [EDIT : et l’ « attente » peut durer très longtemps...], il y a des collectifs qui à mon sens ont leur fonction dans l’état actuel des choses.

    • Je ne sais pas pour l’asso toulousaine, mais le strass semble agir uniquement médiatiquement, pour l’aide aux prostituées face aux macs je n’ai jamais entendu parlé d’eux. Sinon je ne doute pas que des prostituées puissent s’associées, mais comment savoir ce qui est de l’auto-organisation ou auto-défense ou un organe diriger par des proxénètes comme ce fut le cas pour les prostituées lyonnaises qui manifestaient dans les années 1975 sur ordre ?

      Comment avez-vous pu me croire ?

      http://8mars.info/ulla

    • Le Strass fait du lobbying, ça c’est clair et net. C’est un mode de « militantisme » avec lequel j’ai personnellement un peu de mal, mais ce syndicat veut intervenir sur le plan législatif.

      Après, dans les assos de terrain, à Toulouse, c’est une « asso de santé communautaire », Grisélidis. Je ne sais plus si c’est elle ou Cabiria qui avait participé à un documentaire très intéressant sur leur manière de s’organiser.
      http://griselidis.com

      Cabiria c’est à Lyon, et elle fait du soutien, de la prévention, etc..
      http://www.cabiria.asso.fr/article/le-soutien-propose

      A Marseille aussi, il y a un collectif, qui a d’ailleurs dû faire face à toute une période bien trash récemment, avec des violences de clients sur des prostituées isolées, allant jusqu’au meurtre dans un cas.

      Et comment savoir si c’est bien auto-organisé ? Déjà, on peut aussi douter des motivations et de la « pureté d’intentions » de certain-e-s abolitionnistes. Ensuite, eh bien en allant discuter avec les prostituées concernées par exemple.


  • La #dictature des Mass- #médias
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article1713
    D’où la #mutation vers : des médias de #masses .

    Les mass-médias sont pour lui ce que l’ #oxygène est pour l’ #être #humain : si cet #élément vital venait en effet à manquer, ce dernier risquerait à coup sûr de mourir. Or chez nous, c’est le #règne exclusif des mass-médias : Le #pouvoir ne respire que lorsqu’il sent qu’il a sous sa #domination ces puissants #instruments ...


  • La construction des inégalités entre filles et garçons à l’école maternelle (Observatoire des inégalités)
    http://www.inegalites.fr/spip.php?article1751

    Dans les débats scientifiques, sociétaux et les politiques éducatives relatifs à l’égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes, l’école maternelle fait l’objet de bien peu d’attention. Dans la Convention interministérielle pour l’égalité entre les filles et les garçons, les hommes et les femmes dans le système éducatif (2013-2018) signée le 7 février dernier, trois axes d’action sont définis : « acquérir et transmettre une culture de l’égalité entre les sexes ; renforcer l’éducation au respect mutuel et à l’égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes ; s’engager pour une plus grande mixité des filières de formation à tous les niveaux d’étude ». Mais ces axes concernent surtout les collégiens et les lycéens. Pourtant, l’école maternelle constitue un lieu de socialisation [1] central dans la construction des inégalités entre les filles et les garçons : d’une part, parce qu’elle véhicule et transmet aux enfants des normes liées aux rôles et aux attentes de l’institution scolaire en matière de comportements et d’aptitudes des filles et des garçons ; d’autre part, parce que dans le même temps où il découvre l’institution scolaire et apprend le « métier » d’élève, le jeune enfant construit son identité sexuée et affirme son appartenance à un groupe de sexe.



  • Thématique "Devenir #homme" dans Sur les docks (France Culture) cette semaine

    1. « Junior, tu seras un homme mon fils »
    http://www.franceculture.fr/emission-sur-les-docks-devenir-homme-14-%C2%AB-junior-tu-seras-un-homm

    http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10177-25.03.2013-ITEMA_20462995-0.mp3

    J’ai eu envie d’interroger la transmission de la #virilité. Est-ce que l’injonction Tu seras un homme, mon fils, a encore un sens aujourd’hui ? Que veulent transmettre les pères à leurs fils ? Comment les guident-ils dans leur devenir masculin ? Sont-ils préoccupés à l’idée d’avoir un fils ? Jouent-ils un rôle déterminant dans l’apprentissage du monde viril ? Quelle masculinité ont-ils à cœur d’incarner ? Comment parlent-ils de #sexe, des #femmes, du travail, de la vie, à leurs fils ?

    2. « Masculinités homosexuelles »
    http://www.franceculture.fr/emission-sur-les-docks-devenir-homme-24-%C2%AB-masculinites-homosexuel

    http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10177-26.03.2013-ITEMA_20463377-0.mp3

    A travers ces témoignages se posent les questions suivantes : qu’est-ce que la masculinité ? Est-ce une construction sociale ou culturelle ? Peut-on être féminin et #homosexuel ? Quel est le poids de la famille ? Y a-t-il des codes de la culture « gay » derrière lesquels se protéger ? Que sont les performances de masculinité ? Le coming out est-il significatif dans l’acceptation de sa masculinité ? La masculinité englobe-t-elle une façon d’être et de penser ?

    3. « Masculin féministe : des hommes pour l’égalité » / @syntone
    http://www.franceculture.fr/emission-sur-les-docks-devenir-homme-34-%C2%AB-masculin-feministe-des-

    http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10177-27.03.2013-ITEMA_20463748-0.mp3

    Nous allons à la rencontre d’hommes qui ne se reconnaissent pas dans le modèle de #domination_masculine, des messieurs tout-le-monde ou des militants pour l’égalité. Tous ces hommes font le constat que leurs choix de vie sont en contradiction avec la société et que le projet d’égalité femmes-hommes les rend plus libres.

    Qui sont-ils ? Quelle a été leur prise de conscience et leur cheminement ? Comment se posent à eux les enjeux de l’identité, de la parentalité, du pouvoir masculin en société, au travail et dans la religion ? Si souvent ces hommes s’accordent sur une réserve à garder – celle de ne pas prendre le pouvoir dans la lutte des femmes – ils croient en leur capacité d’influer positivement sur les comportements masculins.

    4. « La maison des hommes »
    http://www.franceculture.fr/emission-sur-les-docks-devenir-homme-44-%C2%AB-la-maison-des-hommes-%C

    http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10177-28.03.2013-ITEMA_20464149-0.mp3

    A Arras, le Home des Rosati accueille des hommes, tous ont levé la main sur leur femme : ils sont médecin, policier, au chômage ou à la retraite. Pendant quelques mois ou quelques semaines, ils sont interdits de tout contact avec leur compagne et doivent vivre avec d’autres hommes violents.

    122 femmes mortes des suites de #violences_conjugales en 2011. Tel est le chiffre avancé par le dernier rapport de l’Observatoire national de la délinquance. C’est la justice qui décide de les éloigner du domicile conjugal soit dans le cadre d’un classement sous condition, soit par un placement sous contrôle judiciaire en attendant leur jugement. Pour éviter de nouvelles violences, plusieurs associations les prennent en charge : certaines les hébergent, d’autres organisent des groupes de parole.

    #genre #radio #audio #documentaires_radiophoniques


  • Villepinte. Une femme abattue de deux coups de feu à son domicile - Actualités Aude (11) : Ladepeche.fr
    http://www.ladepeche.fr/article/2013/03/27/1592577-villepinte-un-femme-abattue-de-deux-coups-de-feu-a-son-domicile.ht

    « Je sais qu’elle avait déposé une plainte un jour contre lui, se souvient une amie. Mais elle en avait peur, alors elle l’avait retirée ». Mais à force d’insister ses proches avaient fini par la convaincre de ne rien céder. « Elle a déposé une autre plainte… »

    Au québec*, la prise en charge et l’encadrement sont immédiats lorsqu’une femme se plaint de violence, personne n’attend sans rien faire qu’elle soit totalement terrorisée ou qu’elle se fasse tuer, oui, au québec, pas en france.

    * cf http://seenthis.net/messages/60358

    #violence #femmes #assassinat #domination_masculine

    • Pour une fois ils ne parlent pas de « crime passionnel » c’est assez rare pour être salué. Le nom de la victime est cité, Raymonde Cheboun, elle n’est pas présenté comme Mme Ahmed Jeffali, on progresse tout doucement, au moins à la dépêche.
      J’ai une amie qui a des problèmes très grave avec son ex, malgrés plusieurs plaintes la justice ne fait strictement rien. C’est totalement désespérant.


  • Un article à venir de B. Preciado dans la revue Vacarme n°63.
    Brillant.

    « Prenons par exemple l’artéfact gouvernemental phare de la raison occidentale : la famille hétérosexuelle. Pour tout vous dire, j’en ai une vision complètement dystopique : pour moi, l’hétérosexualité, c’est un père souverain porteur des techniques de la mort, accouplé à un corps biopolitique pensé en tant qu’utérus reproductif de la vie. C’est un agencement intenable ! Ça ne peut pas fonctionner. On appelle ça mariage, famille, tout ce que vous voulez. Mais c’est fonda- mentalement impossible ! Cela donne les histoires de femmes battues, de violences conjugales, de normalisation du genre... Forcément ! on met dans une cage Alien et Robocop, et on dit : faites des bébés ! Mais ça ne peut pas marcher ! Même à plusieurs degrés d’excentricité, ou de déviance, ou de décalage par rapport à la norme, on se sent beaucoup mieux que dans ces processus d’assujettissement dont on nous dit qu’ils fonctionnent. »

    #genre #domination_masculine #Preciado #Foucault


  • Parait qu’être une femme libérée c’est pas si facile
    http://www.crepegeorgette.com/2013/02/24/parait-quetre-une-femme-liberee-cest-pas-si-facile

    J’ai du avoir affaire à un exhibitionniste 5 ou 6 fois dans ma vie. La plupart du temps, soit il s’exhibait, soit il se masturbait en plus. J’avais 9 ans la première fois.
    Même si juridiquement ce ne sont pas, je crois, des agressions sexuelles, c’est bien ainsi que je les ai vécues.

    Dans le texte « Tu seras violée ma fille« , j’avais expliqué combien les injonctions sociales conditionnaient les femmes à avoir peur alors que les hommes courent également des risques dans l’espace public, risques d’ordre différent – ils sont beaucoup plus agressés physiquement mais beaucoup moins sexuellement –

    #viol #femmes #violence #domination #peur

    • Quand vous êtes une jeune femme et que vous souhaitez partir seule en voyage, les mauvais fées se penchent immédiatement sur votre projet pour vous prévenir que vous allez évidemment vous faire violer. Il faut effectivement braver ces interdits sans cesse pour vivre comme on l’entend, et souvent ce sera compris comme une provocation. Donc, oui, tu vas devoir calculer entre les vrais risques et ton sentiment de peur et peut-être adopter un look de mec qui permet d’échapper à l’image de la proie féminine.


  • Je signale la parution aux éditions de La Roue (Séparation crée par une partie des participants de l’Encyclopédie des Nuisances) : « LE GOUVERNEMENT PAR LA PEUR AU TEMPS DES CATASTROPHES ; réflexions anti-industrielles sur les possibilités de résistance ».
    Douce ironie, j’ai numérisé la lettre de présentation de l’ouvrage :
    http://www.mediafire.com/view/?q569sesgigx48ya


  • Les cultures enclines au viol et les cultures sans viol. Le cas de la culture occidentale | Sexisme et Sciences humaines - Féminisme
    http://antisexisme.wordpress.com/2013/02/17/les-cultures-enclines-au-viol

    Dans la plupart des #cultures enclines au #viol, les relations sociales sont marquées par la violence interpersonnelle, conjuguée avec une idéologie de la domination masculine. En effet, la dynamique du viol n’est pas seulement la conséquence de certaines dispositions psychologiques des agresseurs : le différentiel de pouvoir entre groupes d’individus détermine qui viole et qui est violé⋅e. Ainsi, en France, plus de 90% des victimes de viols sont des femmes et environ 96% des agresseurs, des hommes selon une enquête du Collectif Féministe contre le Viol. Outre la #domination masculine, d’autres types d’oppression peut entrer en compte, comme ceux basés sur la race, la classe sociale ou encore l’orientation sexuelle. Le viol apparait être ainsi la conséquence d’un emboîtement de systèmes oppressifs.

    Les femmes handicapées ont trois fois plus de chances d’être violées que les femmes valides.

    Les personnes qui ont le moins de pouvoir dans la #société seront les plus pauvres ou encore celles qui seront les moins crues dans un tribunal. Elles ont donc moins la possibilité de se défendre. Par exemple, les migrantes en situation irrégulières sont particulièrement vulnérables : non seulement, elles sont dans une situation économiques particulièrement précaires, mais en plus, elles risquent d’être expulsées. Aux Etats-Unis, les femmes afro-américaines sont plus blâmées quand elles ont été victimes de viol que les femmes blanches. Pour ces femmes, le viol survient par ailleurs dans un contexte historique bien particulier, puisqu’à l’époque de l’esclavage, les maîtres blancs avaient parfaitement le droit de violer leurs femmes esclaves. Enfin, d’autres exemples montrent que le viol dépend de différentiels de pouvoir : les femmes handicapées ont trois fois de chances d’être violées que les femmes valides et les femmes très pauvres, quatre fois plus de chances que les autres femmes 23

    • Oui, @rastapopoulos, les mots sont importants, quel discrédit sur ce texte du coup ! on ne sait pas si il est (mal) écrit par une femme ou un homme, mais c’est le genre d’erreurs qui passent très mal en tant que lectrice ! Tout comme « crues », qui pourrait avantageusement être remplacé par « crédibles » !

      Ceci dit, ce qui est soulevé est intéressant, même si (encore une fois) parler de « milieux socio-culturels » et non de « cultures » éviterai de tomber dans la stigmatisation de communautés culturelles.

      Bref, le viol comme punition, j’ai failli le vivre jeune adulte, j’ai heureusement su courir très vite pour échapper à 3 hommes qui voulaient « m’apprendre à être libre », pas cool du tout de croiser ce genre de connards.

    • Les cultures enclines au viol et les cultures sans viol. Les études interculturelles | Sexisme et Sciences humaines - Féminisme
      http://antisexisme.wordpress.com/2013/01/09/cultures-du-viol-1

      Un des facteurs qui puissent expliquer que les sociétés matrilinéaires soient souvent des cultures sans viol est le fait que les hommes y jouent deux rôles bien distincts dans la continuité sociale : celui de père et celui d’oncle maternel5. Les pères doivent subvenir aux besoins de leurs enfants, et doivent s’en occuper, mais n’ont aucun contrôle sur eux. Chez les Minangkabau, les pères jouent ainsi un rôle très important dans la vie de leurs enfants ; la relation père-enfant est avant tout émotionnelle6. A l’inverse, ce sont les oncles maternels qui exercent l’autorité sur les enfants. Ainsi, les enfants d’une société matrilinéaire ont fréquemment un père, affectueux, et un oncle, autoritaire. La sexualité masculine et l’autorité sont donc dissociées en deux personnes, le père d’une part, l’oncle d’autre part. L’enfant apprend que l’homme qui est le partenaire sexuel de sa mère ne représente pas l’autorité. Ainsi, l’interaction hétérosexuelle n’est pas associée avec la dominance, comme en Occident5.

      Je trouve très intéressant de souligner la différence donnée au rôle du père suivant sa culture (suis allée trop vite dans le post précédent), cette position occidentale (réhaussée par Freud) de la dominance paternel en devient du coup assez criminelle.

    • Ils sont vraiment super bien faits ces deux articles d’anthropologie du viol.
      Pour info : j’ai publié sur mon site une lettre publique aux violeurs, en constatant que le viol côté victime est répétitivement décrit comme « tabou », tandis que le point de vue et l’expérience de l’agresseur est, elle, complètement passée sous silence. On ne se sortira pas de l’épidémie culturelle sans entendre la parole de la moitié du duo forcé qu’implique le viol : les agresseurs.


  • La domination adulte - Les mots sont importants (lmsi.net)
    http://lmsi.net/La-domination-adulte

    Une domination sociale n’est jamais aussi efficace que lorsqu’elle
    nous apparaît comme « naturelle » et demeure en grande partie
    invisible. Les multiples rapports de domination qui structurent notre
    vie sociale sont visibles à des degrés divers : certains sont connus
    et reconnus (la domination masculine par exemple), d’autres ont été
    mis en évidence mais restent en partie cachés (on pourra citer la
    domination culturelle et symbolique). On sait aussi que mettre au jour
    un rapport de domination ne suffit en rien à le faire disparaître,
    mais c’est pourtant une étape nécessaire : il faut prendre conscience
    de quelque chose pour pouvoir commencer à lutter contre. Or il existe au moins un type de domination qui reste aujourd’hui presque totalement invisible, que nous côtoyons pourtant tous les jours, et pour lequel nous avons tous été à la fois dominé et dominant : il s’agit de la domination exercée par les adultes sur les enfants.

    #enfants #domination


  • La domination adulte - Les mots sont importants (lmsi.net)
    http://lmsi.net/La-domination-adulte

    Une domination sociale n’est jamais aussi efficace que lorsqu’elle nous apparaît comme « naturelle » et demeure en grande partie invisible. Les multiples rapports de domination qui structurent notre vie sociale sont visibles à des degrés divers : certains sont connus et reconnus (la domination masculine par exemple), d’autres ont été mis en évidence mais restent en partie cachés (on pourra citer la domination culturelle et symbolique). On sait aussi que mettre au jour un rapport de domination ne suffit en rien à le faire disparaître, mais c’est pourtant une étape nécessaire : il faut prendre conscience de quelque chose pour pouvoir commencer à lutter contre. Or il existe au moins un type de domination qui reste aujourd’hui presque totalement invisible, que nous côtoyons pourtant tous les jours, et pour lequel nous avons tous été à la fois dominé et dominant : il s’agit de la domination exercée par les adultes sur les enfants.

    • Ah là là, les ravages de Bourdieu.... La sociologie réduite à la dimension verticale de la domination.... Quand on pense à la richesse de la pensée de gauche avant les usurpateurs (Bourdieu, Foucault....), qui ont mis de grands mots et surtout de l’inconscient sur des phénomènes autrefois bien plus simples à comprendre, où l’économique était quand même, la plupart du temps, à la source de toutes les causalités... La domination des adultes sur les enfants est la dernière énorme connerie qui permet de jeter le bébé avec l’eau du bain. Comme si l’utopie devait absolument se réaliser maintenant et qu’éduquer des mômes pouvait éviter les contraintes. La centralité de l’"épanouissement" est une belle connerie. L’appauvrissement intellectuel exercé par cette « pensée »-là est sans limite, et nous conduit pas mal à ce que l’on connaît aujourd’hui... Un monde de consommateurs, pourtant critiqué autrefois, mais par des penseurs d’une autre trempe, Vance-Packard par exemple, et tant d’autres. Il faut vraiment oublier nos penseurs français....

    • Je n’entre vraiment plus dans le jeu du on/off intellectuel. Je suis moi-même une mère sévère parce que mon job est d’éduquer ma fille à entrer dans la société des humains, quoi que je puisse penser de cette société par ailleurs.
      Par contre, il se trouve que je me questionne aussi tout le temps par les modalités mêmes de mon éducation, par l’usage d’une forme de violence que je n’ai déjà vraiment jamais tolérée pour moi-même et qu’il me semble suspect de tolérer pour les autres.
      C’est juste un axe de pensée, le creusement d’une réflexion sur le sens de la relation que l’on établit avec ses proches et la manière dont on construit les liens. Si je balance un lien ici, c’est toujours pour alimenter mon débat interne et pas forcément parce que je souscris, tout ou en partie, aux idées développées par l’auteur.

      Je n’aime pas la chosification des gosses, la manière aussi dont d’autres parents se projettent dans leur progéniture pour transcender leurs propres échecs, les parents parfaits me gonflent, les agendas de ministre des mouflets me tétanisent et j’oscille en permanence entre la négociation bienveillante et le totalitarisme le plus arbitraire avec ma fille, pour des raisons que je m’efforce souvent de comprendre après coup.
      Je lutte contre des généralités réductrices quand j’en croise au fil des discussions, du genre : « je ne suis pas inquiet pour l’adolescence de mon fils, mais je ne supporte pas l’idée qu’un petit con va coucher avec ma fille ».

      Après, je ne goûte que modérément aux grilles de lecture uniquement tirées des trucmuches freudiens, nous sommes tous le fruit de multiples influences plus ou moins déclarées comme notre milieu, notre trajectoire, nos lectures et réflexions, nos expériences, nos échanges avec les autres, la normalisation à l’œuvre dans les médias (avec l’espèce de super coaching du monde par les M6 and co qui prétendent « éduquer » les masses à chaque geste et pensée de la vie quotidienne : comment acheter une maison, la décorer, faire la bouffe, élever ton gosse, niquer, etc., comme tout le monde !). Ce qui est certain, c’est qu’on si on ne prend jamais le temps de questionner nos certitudes, on finit forcément à vivre et à penser comme des porcs !

    • Tribune intéressante et troublante, même si elle peut donner l’impression que rien n’a été pensé depuis Libres enfants de Summerhill.
      Autant sur l’aspect « Comme si la société n’aidait pas déjà les hétérosexuel-les à avoir des enfants quand ils/elles ne le peuvent pas. Comme si, surtout, les enfants des familles hétérosexuelles étaient protégés de toute violence. Parce que, au moins aussi urgent que le débat sur l’homoparentalité, un vrai débat sur l’hétéroparentalité - ses normes, ses violences, ses tragédies - s’impose […] », j’adhère. Autant le développement de l’argumentation me laisse perplexe. L’auteur semble évacuer le fait que l’enfant est un individu en construction particulier contrairement aux autres dominés. Ce n’est pas un hasard, si l’auteur ne pousse pas le parallèle avec les autres dominations sur la question des luttes et des voies d’émancipation possibles, par exemple. De même, on vient bien les fondements et les objectifs des revendications d’égalité pour les autres dominés - les minorités ou les femmes (qui n’en sont pas une) -, autant ils paraissent moins évidents pour ce qui est des enfants. Et ce point qui indique aussi un peu les limites de l’analogie n’est pas développé non plus dans la tribune.

      Plus humoristiquement :

      [L’enfant] n’est jamais totalement maître de son temps et de ses activités car c’est en général toujours l’organisation et la volonté des adultes qui l’emportent (« on doit partir, tu joueras plus tard »).

      Hé, ce gars n’a pas d’enfants ! :)

      Sinon, ça me rappelle un livre sur des questions éducatives lu lorsque j’ai passé le concours d’instit’, qui résumait les principaux débats, dont celui de "l’enfant-citoyen". Ci dessous, ma prise de notes (à la hache donc) (je grasseye certains passages) :

      L’enfant peut-il être considéré comme un citoyen ? L’enfant possède des droits et jouit d’une existence juridique, attestés par la Convention des droits de l’enfant (adoptée par les Nations-Unies en 1989, ratifiée par la France en 1990), aboutissement d’une histoire des droits de l’enfant. Le débat porte sur le sens de ces droits : valeur réelle ou formulation de principe ?
      – Les droits de l’enfant sont une imposture. Il s’agit d’une déclaration de pure forme sans effets réels. En donnant des droits à l’enfant comme s’il était un adulte, la spécificité de l’enfance est paradoxalement niée. L’idée d’éducation, nécessité et droit, se fonde sur le fait que l’enfant n’a pas le même statut que l’adulte (censé être un individu libre, responsable et raisonnable). D’où cet autre paradoxe : « Le droit à l’éducation signifie que l’enfant a le droit de devenir un citoyen et, par conséquent, qu’il ne l’est pas encore ».
      – Les droits de l’enfant ne sont pas une imposture. Les droits de l’enfant ont le même caractère formel que les Droits de l’homme et du citoyen. Les droits de l’enfant ne nient pas l’enfance mais au contraire affirment l’existence d’enfants, être complets à défaut d’être achevés . De même, l’enfant peut être considéré comme un citoyen dès que le processus d’apprentissage est en cours : « refuser à l’enfant toute existence juridique sous le prétexte de son droit à l’éducation, c’est mal comprendre l’idée même d’un être en devenir : un être en devenir est en puissance ce qu’il deviendra ».

      En conclusion les auteurs s’interrogent sur les conditions d’émergence des droits de l’enfant dans leur sens juridique et sur les conséquences néfastes résultantes.
      Les auteurs observent que l’émergence des droits de l’enfant est la résultante d’une double logique : celle d’une « logique démocratique d’égalité » fondée sur la remise en cause de la hiérarchie des âges de la vie et de la crise de l’autorité (notamment parentale) ; et celle d’une idéalisation de la jeunesse, âge enviable, état idéal, et finalement norme sociale.
      L’enfant devient personnalité juridique parce que la réalité sociale est celle de l’enfant-roi (acteur de la société civile, consommateur, prescripteur, etc.). Il est certes important de défendre « cette exigence tant affirmée en éducation que l’enfant doit être écouté, respecté, en somme qu’il est un sujet humain » et qu’à ce titre il est dangereux de lui dénier tout droit. Néanmoins, il ne faut pas que l’enfant devienne l’otage d’une « inflation du droit » qui reviendrait à le responsabiliser trop tôt, déresponsabilisant du même coup les adultes, et à « oublier que l’enfant a peut-être d’abord le droit à l’innocence, à l’irresponsabilité, au jeu, à tout ce qui peut retarder sa vie d’adulte et de responsabilité de citoyen ».

      #enfants #domination #violence #droits #éducation

    • Ouh là là, mon #grosse_fatigue. La domination, n’est pas elle verticale, voire pyramidale ? Des phénomènes autrefois bien plus simples à comprendre (ont-ils — les usurpateurs — invalidé Marx) ? Moi, ça fait 58 novembre(s) que j’essaie de comprendre le bordel dans lequel on baigne et je me coltine (systématiquement) notre petit Bourdieu depuis 2 ou trois années, et je dois dire qu’il m’aidé, que j’ai trouvé un ou deux «mots de vérité» (comme disait l’autre). Et là, te voilà que tu arrives en pissant partout de ton baume éclairant et je me trouve comme un con postmoderne. Dis-moi, mon gros, qu’est-ce qu’il faut lire. Tu ne peux pas oblitérer nos «penseurs français» sans expliquer en détail ta lecture, sinon c’est trop facile. Je m’explique : à mon fils, je lui ai toujours dit qu’il fallait tout connaître, qu’il fallait tout lire, tout expérimenter. Qu’il y avait toujours quelque chose à apprendre, soit l’auteur un soufi, un Golden Boy, Guevara, Malatesta ou autre. Non, mais, te sens-tu pisser ? Faudrait-il que je lui conseille d’oublier des auteurs ? Questa vita e’ una catena. Qualche volta fa un po’ male.

      Attenti al lupo ‡-]

      http://youtu.be/LF9sKqZkevo

      C’e’ una casetta piccola cosi’
      con tante finestrelle colorate
      E una donnina piccola cosi’
      Con due occhi grandi per guardare
      E c’e’ un omino piccolo cosi’
      che torna sempre tardi da lavorare
      E ha un cappello piccolo cosi’
      con dentro un sogno da realizzare
      E piu’ ci pensa,
      piu’ non sa aspettare
      Amore mio non devi stare in pena
      questa vita e’ una catena
      qualche volta fa un po’ male
      Guarda come son tranquilla io
      anche se attraverso il bosco
      con l’aiuto del buon Dio
      stando sempre attenta al lupo,
      attenti al lupo
      attenti al lupo...
      living together
      living together...
      Laggiu’ c’e’ un prato piccolo cosi’
      con un gran rumore di cicale
      e un profumo dolce e piccolo cosi’
      Amore mio e’ arrivata l’estate
      Amore mio e’ arrivata l’estate
      E noi due qui distesi a far l’amore
      in mezzo a questo mare di cicale
      questo amore piccolo cosi’ ma tanto
      grande che mi sembra di volare
      E piu’ ci penso
      piu’ non so aspettare
      Amore mio non devi stare in pena
      questa vita e’ una catena
      qualche volta fa un po’ male
      Guarda come son tranquilla io
      anche se attraverso il bosco
      con l’aiuto del buon Dio
      stando sempre attenta al lupo
      Attenti al lupo
      attenti al lupo
      Living together...
      Living together...

    • Lis Boudon, Raymond Boudon. L’anti-Bourdieu. Il est libéral, mais on peut le lire sans être libéral. Ça demande du boulot, de la lecture, c’est assez loin du cliché « dominant/dominé » (et encore, Bourdieu, ça n’était pas que ça, mais c’est tellement plus simple de ne retenir que ça), tu peux lire « Raison, bonnes raisons », par exemple. On en reparlera. Je me sens pisser, no problemo.

    • Boudon était mon prof en socio et on s’est bien pris la tête d’un point de vue conceptuel pendant l’année que j’ai passé avec lui, mais je dois lui reconnaître une certaine honnêteté intellectuelle ainsi que quelques bons apports qui ont été amoindris, effectivement, par la vague bourdieusienne. Sa vision de l’intériorisation des normes et des règles, en particulier, me semble effectivement plus pertinente que la formule de la « boîte noire » de son ennemi intime.
      J’ai toujours pensé qu’il était un peu le Salieri de la sociologie française.

    • Encore un argument qui me fait dire que l’analyse de l’auteur ne fonctionne que partiellement et que la domination adulte/enfant est spécifique : la capacité du corps social à reconnaître en tant que victime.
      Lors de violences ou crimes contre les Noirs ou de violences ou crimes (sexuels notamment) contre les femmes, dans un contexte de domination, les réactions de l’ensemble du corps social vont en porter la marque : difficulté à porter plainte, enquête peu zélée, jugement biaisé, sanction allégée, et regard compréhensif du corps social et des médias (« il a tué un Noir mais ça aurait pu être un cambrioleur », « il a violé une femme mais elle l’avait bien cherché »).
      Dans le cas d’un crime (y compris sexuel) sur un enfant, c’est exactement l’inverse : le corps social est vent debout contre "le(s) monstre(s)", l’enfant est aussi un des derniers tabous de nos sociétés.
      Donc le « statut inférieur accordé aux enfants » (et sa stigmatisation dans le langage, par exemple) n’a pas les mêmes conséquences sociales que pour les autres dominations : on n’entendra jamais dire d’un enfant mort sous les coups d’un proche ou victime d’un pédophile, qu’en définitive "il l’a bien cherché".

      (Sauf peut-être si l’enfant est une fille noire…)

    • Je me permets de réagir vu qu’en l’occurrence je suis l’auteur du texte. C’est d’ailleurs grâce à Seenthis que je découvre que LMSI vient de le republier.

      Un mot sur le texte en lui-même : je n’ai aucune compétence particulière sur les questions qu’il aborde, et le texte n’a évidemment aucune prétention à être complet ou même approfondi sur le sujet. En fait, c’est après avoir eu des enfants (oui, j’ai des enfants !) que j’ai réalisé leur état profondément « dominé », chose dont je n’avais pas conscience jusque-là (ça m’a fait un peu le même effet que quand j’ai découvert la « domination culturelle » en lisant la Distinction de Boudieu. Oui, j’ai un peu lu Bourdieu). L’idée du texte était seulement d’attirer l’attention sur ce rapport de domination et sur la position sociale globalement occupée par les enfants, sans autre prétention.

      Ce qui a pu m’étonner dans certaines réactions au texte, c’est que beaucoup portaient plus sur des projections que sur le contenu du texte lui-même. Certains y ont par exemple lu qu’il ne fallait rien imposer aux enfants, alors qu’il ne s’agit pas de cela : il s’agit de dire qu’on doit considérer les enfants à l’égal des adultes, notamment en ce qui concerne leurs besoins, l’expression de leurs sentiments, et qu’aujourd’hui ça n’est globalement pas le cas.

      L’idée du texte était de montrer que le rapport adulte/enfant est un rapport de domination au même titre que d’autres rapports de domination. Ça peut paraître banal pour certains, mais pour moi ça ne l’était pas il y a encore peu de temps, et je ne dois donc pas être le seul. Mais il ne s’agissait pas de dire (et je ne pense pas l’avoir écrit) que ce rapport de domination est identique aux autres (qui ne sont de toutes manières pas identiques entre eux) : il y a effectivement des différences et des spécificités. Mais il y a aussi pas mal de points communs.

      De même revendiquer l’égalité entre adultes et enfants ne revient pas à considérer qu’ils sont « identiques » ou que leurs besoins sont les mêmes ou s’expriment de la même manière. Enfants et adultes ont tous besoin d’être protégés des dangers extérieurs par exemple, mais ça ne signifie évidemment pas que les enfants n’ont pas besoin d’une vigilance spécifique.

      La question de l’enfant comme « être en construction » est intéressante. Si elle me semble vraie par certains aspects, je pense qu’elle est souvent dévoyée pour justifier des choses qui n’ont pas forcément lieu d’être. Je pense qu’on pourrait très tôt considérer l’enfant comme un citoyen à part entière, notamment pour les questions qui le concernent assez directement. Je pense que les pédagogies nouvelles ont pu montrer que c’était vrai dans le cas de la vie de classe, par exemple. Et je pense aussi que la perception des adultes comme « citoyens » à part entière, y compris parmi ceux considérés comme les plus « éclairés », pourrait être pas mal remise en question.

      Voilà pour une réaction rapide. Et juste pour finir, autant j’apprécie
      beaucoup les commentaires et critiques argumentés qui portent sur le fond, autant les rejets globaux se contentant de renvoyer vers des écoles de pensée me laissent perplexes.

    • Ce qui m’a intéressé dans ce texte, c’est que le fait de repenser nos relations avec les enfants en général et les nôtres en particulier pose la question éminemment cruciale de l’usage de la violence et de sa légitimation.
      Quand ma fille était très jeune et que la discussion était, de fait, assez limitée, il m’arrivait d’user de la force pour obtenir un résultat/conditionnement efficace et immédiat. Un peu sur le modèle du chat : un grand bruit au moment de l’acte que l’on souhaite empêcher marche assez bien, surtout quand l’urgence (les doigts qui vont dans la prise) évacue les autres moyens.
      Ensuite, il y a tout ce qui est de l’ordre du dressage, c’est à dire de tous ces moments où la volonté de l’enfant et celle de l’adulte s’oppose frontalement. L’usage de la violence, réelle (comme la fessée) ou symbolique (comme la punition, la confiscation ou l’engueulade) a pour objet d’imposer par la force la volonté de l’adulte. De ce point de vue-là, on est bien dans un rapport de domination, non ? Qu’on lui trouve des justifications ou non.

      Plus ma fille grandit et plus je tente d’obtenir ce que je veux par la discussion, l’adhésion volontaire (la fameuse intériorisation des règles et de leurs bienfaits supposés de Boudon, @grosse_fatigue) mais aussi, dans certains cas, par la menace ou la coercition. Mais cela me met mal à l’aise, surtout que j’ai une vieille tendance anarchiste pas bien digérée, que dans ma vie quotidienne, je tente toujours d’échapper aux hiérarchies, aux contraintes, aux rapports de force et aux dominations de toutes sortes... y compris celle que ma fille tente aussi de mettre en place (chantage affectif, ruses, omissions, contre-vérité, etc.)
      Du coup, élever un gosse est pour moi assez dissonant.

      Et de repenser les rapports avec les enfants sous l’angle de la domination est une approche intéressante qui permet justement d’éclairer certains comportements et de nous remettre en question.

    • La question « dominant/dominé » pollue l’ensemble des questions sur l’éducation (et les autres, mais bon). Les enfants sont égaux en droit avec les adultes, on est bien d’accord. Mais l’on confond - comme toujours avec les bourdieuseries - l’autorité et l’autoritarisme. L’autorité parentale, c’est la force de l’expérience, c’est ce qui permet aux enfants de devenir, parfois souvent, libres eux aussi. Donner des limites aux enfants, c’est les protéger. Leur raconter que Dieu existe, c’est de la domination. Mais personne n’en parle. La croyance au rôle central de l’épanouissement de l’enfant fait disparaître l’importance de l’exigence vis-à-vis du gamin, et de tout ce que l’on peut lui apporter d’immatériel.
      La plupart des gens que je connais me disent que j’ai obligé mes enfants à faire de la musique. J’assume. La plupart des gens que l’on n’a pas obligé à continuer à faire de la musique le regrettent. Les gens que l’on a obligé bêtement à faire de la musique n’en font plus (autoritarisme). Les gens que l’on a obligés dans la joie et l’intelligence continuent d’en faire. (Autorité). La musique est un bon exemple : on ne peut pas faire semblant. Et l’on ne peut pas s’y épanouir sans une P...... de volonté que les enfants n’ont pas sans quelqu’un derrière. Après, il y a un niveau d’exigence qui peut être peu ou prou intégré par le gamin, selon des tas de paramètres qui m’échappent encore. Mais ce que je sais, dans ce cas-là, c’est qu’avec mes gamins, on joue de la musique en famille (j’ai des preuves...), et que c’est un grand plaisir, même si ça râle souvent. Au bout du compte, inutile de parler de dominant/dominé. Il est évident qu’en tant que père, je « domine » mes enfants, et heureusement. Un enfant peut vite devenir un monstre s’il ne reçoit pas de limites. L’important, c’est la générosité absolue des parents (ou des profs), vers les enfants....

      Allez, je vais jouer un blues.

    • Vérifier de quelle manière on utilise le cadre dominant/dominé ne signifie pas démissionner de son job de parent et de s’en remettre à un certain laisser-faire joyeusement à la mode actuellement, y compris et surtout dans la sphère sociale. C’est une grille de lecture, mais pas la seule.
      En ce moment, je m’interroge beaucoup sur la question de l’intentionnalité. Quand j’use de mon autorité d’adulte ou de parent (encore un truc qui s’use surtout quand on ne l’utilise pas), je pense que ce qui importe, c’est la raison pour laquelle je le fais : parce que je veux que mon gosse me foute la paix ou parce que je veux qu’il apprenne quelque chose, par exemple ?
      Je refuse de faire entrer bonbons et sodas à la maison. Ce que fait mon conjoint. Mais forcément en contrebande plutôt que de manière massive si je coopérais. J’ai expliqué mes motivations à ma fille : la question du sucre-addiction lourde, l’impératif de santé à long terme. La nécessité d’éduquer son goût à une alimentation très variée (élargir la palette alimentaire !) et à des saveurs subtiles et non pas d’obtenir un shoot gustatif immédiat, tout de suite satisfaisant mais terriblement délétère à long terme. Bien sûr, le long terme, ça ne parle pas des masses à un gosse : il y a déjà une éternité entre maintenant et la fin de la semaine.
      Bref, pendant longtemps, malgré l’argumentation, j’étais plutôt en mode retranchée et dogmatique. Et puis, coup de bol, la fille adulte d’une amie est passée chez le dentiste. Elle n’a plus d’émail. Bouffé par un certain soda hégémonique dont elle s’est abreuvée exclusivement pendant son adolescence, sa mère dans le job du dealer. Histoire affreusement vraie qui a provoqué une sorte de déclic alimentaire chez la gosse. Elle vient de comprendre le fondement de nos règles alimentaires, elle mesure les conséquences à longs terme de la transgression. Bref, elle coopère.

      Cela dit, j’ai été ravie qu’elle laisse tomber le foot au bout d’un an (une activité ne peut être abandonnée pendant l’année).

    • Notez que je n’ai jamais écrit qu’il ne fallait pas donner de limites aux enfants. Phrase parfaitement absurde d’ailleurs, puisqu’il n’est pas possible de ne pas leur donner de limites. La question étant évidemment de savoir où on les pose et comment on les pose.

      Bien sûr qu’à certains moments une forme d’autoritarisme ou de violence est nécessaire : si mon enfant se met en danger ou s’il en frappe un autre par exemple, je ne vais pas rentrer dans une forme de négociation. J’interromps la situation de la manière que je peux et le dialogue viendra après. Mais il n’empêche qu’on accepte bien des fois des comportements vis-à-vis d’enfants qu’on n’accepterait pas vis-à-vis d’adultes. La situation des élèves dans certaines classes (charge de travail très élevée, compétition et évaluation permanentes, interdiction d’aller aux toilettes...), si elle se retrouvait dans certaines entreprises ou institutions, entraînerait des mouvements de grève et autres protestations bien légitimes. C’est notamment en cela que je pense que parler de rapport de domination se justifie.

      Quant à la question de l’autorité et de l’autoritarisme, c’est évidemment très délicat. Personnellement je passe mes journées à imposer des choses à mes enfants (d’aller à l’école, de se laver, de ne pas se coucher trop tard, etc.). Certaines sont sans doute légitimes, d’autres pourraient être remises en question (si je rentre le soir fatigué notamment, mon comportement de parent est loin d’être exemplaire).

      L’exemple de la musique est sans doute un bon exemple. Après je ne suis pas d’accord avec tout : les enfants sont parfaitement capables de faire preuve d’une putain de volonté quand ils en trouvent la motivation. Ils sont tout à fait à même de faire du sport ou de jouer à certains jeux par exemple, pendant très longtemps, même si les taches en question peuvent sembler tout à fait répétitives. Peut-être que dans l’idéal on pourrait trouver des formes d’apprentissage dans d’autres domaines qui pourraient davantage motiver les enfants à produire les efforts nécessaires pour certaines acquisitions. Quand je lis la description du fonctionnement de ce que Bernard Collot appelle des « écoles du troisième type », par exemple, ça fait réfléchir :

      http://b.collot.pagesperso-orange.fr/b.collot/index2.htm

      Évidemment au quotidien on n’est pas dans l’idéal et on fait de notre mieux avec le contexte qui nous est donné.

    • L’oppression à la quelle on expose nos enfants pour les aider à « réussir dans la vie », la mauvaise (in)conscience après les moments où on s’est « imposé », les réussites qui ne le sont pas en réalité, tout ça a des conséquences bizarres pour notre conscience, pour nos idées. Voici un exemple de ce phénomène, une des chansons à succès les plus importantes des années 80. Elle s’appelle Kinder an die Macht (Les enfants au pouvoir !). Herbert Grönemeyer, que vous connaissez peut-être comme acteur dans le rôle d’officier de sous-marin allemand dans le Film Das Boot , a réussi à faire chanter ces paroles idiotes à des stades entiers remplis de jeunes gens très bien.

      https://www.youtube.com/watch?v=mllS-X4HP1g


      http://de.wikipedia.org/wiki/Herbert_Gr%C3%B6nemeyer

      J’ai dit plus haut que les paroles de la chanson sont idiotes, alors il faut que je le prouve par des arguments, au moins un peu, pas de discours peudo-scientifique ici.

      Après avoir regardé la vidéo vous savez qu’il s’agit du genre de musique conçu afin que tout le monde se sente bien, c’est une sorte se sauce sucrée et collante qui réunit bien les esprits de fans qui ont dépensé 100 euros pour voir leur star.

      Die Armeen aus Gummibärchen
      Die Panzer aus Marzipan
      Kriege werden aufgegessen kindlich genial

      J’avoue qu’ici il est aussi question de goût personnel, mais je permets de supposer que l’image des enfants qui bouffent des chars en pâte d’amande pour terminer les guerres est pour le moins bizarre.

      Es gibt kein gut, es gibt kein böse
      Es gibt kein schwarz, es gibt kein weiß
      Es gibt Zahnlücken
      Statt zu unterdrücken
      Gibt’s Erdbeereis auf Lebenszeit
      Immer für ’ne Überraschung gut

      Dans cette strophe l’auteur prétend que les enfants ne font la différence entre ce qui est méchant ou gentil, parce qu’ils ne s’intéressent qu’á la glace aux fraises, et pour leurs les parents on mentionne à quel point ils sont mignons avec avec leur trous dans la denture.

      Gebt den Kindern das Kommando
      Sie berechnen nicht, was sie tun
      Die Welt gehört in Kinderhände
      Dem Trübsinn ein Ende
      Wir werden in Grund und Boden gelacht
      Kinder an die Macht

      On arrive á la conclusion. A cause de tous ces qualités positives il faut donner le pouvoir aux enfants. Ainsi le monde serait plus gai ; les petits gagneraient contre tous (ou leurs parents) simplement en riant.

      Sie sind die wahren Anarchisten
      Lieben das Chaos, räumen ab
      Kennen keine Rechte, keine Pflichten
      Ungebeugte Kraft, massenhaft
      Ungestümer Stolz

      Ensuite on nous rappelle les nombreux moments quand on a traité les morveux d’anarchistes parce qu’ils avaient encore réussi à laisser leur chambre dans un état chaotique. L’auteur prétent que ces enfants seraient fiers, plein de force et ne connaitraient ni droits ni devoirs.

      Gebt den Kindern das Kommando
      Sie berechnen nicht, was sie tun
      Die Welt gehört in Kinderhände
      Dem Trübsinn ein Ende
      Wir werden in Grund und Boden gelacht
      Kinder an die Macht

      Et rebelotte, il faut mettre les enfants au pouvoir et tout est bon.

      Sans le vouloir Herbert Grönemeyer décrit précisément l’état d’esprit des parents de gauche allemands dans les années 1980, aujourd’hui je remarque que la plupart aimerait bien se permettre une telle attitude mais a trop peur pour l’avenir de leur gosses pour ne pas être sévère.

      Et moi là dedans ? J’avoue qu’après le temps nécessaire pour digérer les nombreux échecs lors des tentatives d’imposér ma vision des choses aux gamins, je suis fier des « petits » parce qu’ils ont tous eu raison, parce que finalement j’ai appris que je peux leur faire confiance.

      J’évite ici de parler de conceptions politiques ou idéologiques parce que d’après mes observations il faut de l’amour, de la disponibilité d’esprit, un peu de temps, un peu d’argent et beaucoup de confiance pour faire des enfants heureux qui réussissent leur vie comme ils l’entendent.

      Apparamment en Autriche on est assez nostalgique pour apprécier la chanson encore aujourd’hui. La jeune chanteuse Christina Stürmer l’a interprétée récemment devant un public enthousiaste.
      https://www.youtube.com/watch?v=O70V4LARXOM

      Mais bon, tout ça est beaucoup mieux que les idée sur l’éducation dont nos parents et grand parents ont été les victimes.
      https://www.youtube.com/watch?v=D8bCuNiJ-NI


      Ce film est l’oeuvre d’exilés qui on précisément observé comment le fascisme est né.

    • Je confesse que j’impose lourdement les lego à la maison, plutôt que les playmobil. Sans autoritarisme aucun. Juste un peu d’autorité. Ouf. Et désormais, il en convient que j’ai eu totalement raison, pour son bien : « Les lego, c’est mieux que les playmobil, parce que quand on en a marre d’un modèle, on peut construire autre chose de différent avec. »



  • Les profits du travail pornographique - Les mots sont importants (lmsi.net)
    http://lmsi.net/Les-profits-du-travail

    La #pornographie comme forme extrême de la marchandisation des corps et de l’oppression des femmes ? Ou au contraire expérience ultime de la libération sexuelle ? Parce qu’il repose sur une longue enquête de terrain, le livre de Mathieu Trachman offre une autre vision du milieu de la pornographie. Suivre les trajectoires des pornographes, des acteurs et des actrices permet de comprendre les rétributions et les formes de plaisir qu’ils/elles peuvent y trouver, ainsi que les rapports de #domination particuliers qui caractérisent cet univers. C’est à une enquête sociologique passionnante que l’on a accès en lisant ce livre, qui éclaire d’une manière particulièrement fine les liens entre questions sexuelles, domination masculine et capitalisme.

    #sociologie #film


  • Mathieu Rigouste, La violence policière n’a rien d’accidentel
    http://www.lesinrocks.com/2012/12/11/actualite/rigouste-11330655

    Ce n’est pas de la rhétorique, l’#impérialisme est un stade de développement du #capitalisme et de l’#Etat, qui arrive à un moment déterminé dans l’histoire de la lutte des classes. Il s’agit d’un rapport de #domination à différentes vitesses et qui s’inscrit dans l’espace : c’est le processus d’expansion d’un Etat-nation partant à la conquête de territoires, de ressources et de populations en dehors de ses frontières et mettant en place des formes de dominations et de ségrégations basées sur la classe, le sexe et la race. Les géographes radicaux anglo-saxons expliquent que nous sommes entrés dans une nouvelle phase de développement de l’impérialisme qui ressemble très étrangement à la phase d’accumulation primitive qui avait donné naissance au capitalisme et qui fonctionne par la dépossession des ressources, des territoires, des cultures et des formes de vie autonomes. Je tente de montrer que les campagnes de conquête menées par les grands Etats impérialistes dans le « monde Arabe » (Irak, Afghanistan, Egypte, Syrie…) se combinent avec une dimension intérieure sur leurs propres territoires : l’expansion des mégalopoles urbaines (Grand Paris, Grand Toulouse, Nantes Métropole…). Cette expansion est supportée directement par la #tension policière et vise la conquête puis la #restructuration petite-bourgeoise des quartiers populaires, le renforcement du socio-apartheid, l’industrialisation de l’enfermement et la massification du néo-esclavage en #prison. La #police est le fer de lance de cette croisade intérieure.


  • Réduire le coût du travail ?, par Patrick Mignard

    Cette question est aujourd’hui posée comme une évidence, un passage obligé, un impératif économique catégorique.

    Ce qui sont pour l’affichent clairement. Ceux qui sont contre prennent des chemins tortueux, et pas évidents à suivre pour exprimer une idée dont on n’est pas toujours sûr qu’elle soit claire.

    Avant d’aller plus loin quelques rappels utiles.

    TRAVAIL ET FORCE DE TRAVAIL

    Parler de coût du #travail est en fait un abus de langage. En effet, le travail ne coûte pas… l’activité travail crée la valeur… et ceci quel que soit le système économique.

    Ce qui « coûte », c’est ce qui effectue ce travail, c’est-à-dire celle ou celui qui travaille. Et quel est son coût ? Ce dont il a besoin pour exister en tant que producteur de valeur… autrement dit travailler et vivre socialement..

    Dans le système de l’esclavage, le maître est tenu d’entretenir son esclave, dans le système féodal, le serf se débrouille seul, ou en communauté, et doit une partie de sa production au seigneur qui le « protège ». Dans le cas du salariat, si le chef d’entreprise veut une force de travail, il va la louer sur le marché dit « du travail »,… en fait de la force de travail.

    Le #salaire est à la fois le coût que doit supporter l’employeur pour disposer d’une force de travail dont il a besoin pour son #entreprise, mais c’est aussi un #revenu, indispensable pour le salarié pour assurer sa #subsistance.

    La force de travail, et non le travail, est donc une marchandise. Valeur d’usage pour l’employeur qu’il la paie à sa valeur et la consomme. Valeur d’échange pour le salarié qui, en échange de sa force, acquière les moyens de sa subsistance.

    Le #marché de la force de travail apparaît comme parfaitement équitable. Le contrat de travail entérine l’accord entre l’employeur et le salarié. L’usufruit de l’utilisation de la force de travail est le profit, propriété de l’acheteur de la force.

    Sauf que… l’employeur a tendance à « louer » le moins cher possible cette force de travail, et le salarié, la céder le plus cher possible.

    Les luttes des salariés pour améliorer leurs conditions de rémunération : salaire minimum, conventions collectives, limitation de la durée du travail, surpaiement des heures supplémentaires, charges patronales,… sont des conquêtes importantes qui ont fait perdre de vue l’essentiel – et qui réapparaît aujourd’hui –

    Revenons maintenant à la question initiale.

    FAUT-IL RÉDUIRE LE « COÛT DU TRAVAIL » ?

    On comprendra qu’il faut entendre, en fait, le « coût de la force de travail ».

    Pour l’employeur c’est une évidence. D’ailleurs l’essentiel des conflits depuis que le salariat existe porte sur cette question : si, à la limite, le chef d’entreprise pouvait se passer totalement de salariés, il n’hésiterait pas une seconde. Or, cela il ne le peut pas, simplement parce que c’est le travail, et lui seul, qui crée la valeur. Notons que même, le #capital technique (les machines), n’est socialement, qu’un produit du travail. Autrement dit, seul le travail est créateur de valeur.

    Le problème, si l’on peut dire, c’est que le progrès technique, rend de plus en plus efficace l’acte de travail au point que l’on a besoin de moins en moins de force de travail pour produire,… et que celle que l’on utilise doit être, d’abord déqualifiée, puis du fait de l’automatisation généralisée, de plus en plus qualifiée.

    On comprend donc la logique de l’employeur qui, entre financer un progrès technique qui accroîtra sa productivité, donc sa capacité de concurrence, et continuer à payer des salaires… a vite fait le choix.

    S’ils ne peuvent pas, l’employeur, et l’Etat garant de ce système, pour des raisons de paix sociale, licencier massivement et ne garder qu’un petit nombre de salariés, ils vont donc être obligé d’agir sur le niveau des salaires.

    Or, nous l’avons vu, le salaire est la valeur d’échange de la #marchandise force de travail. C’est lui qui assure la subsistance et l’existence du salarié.

    Inutile de détailler les conséquences de la réduction du salaire pour le salarié.

    On peut objecter qu’une diminution des salaires directement, ou indirectement (réduction de la contribution sociale des entreprises qui obligera les salariés à compenser), entraînant, dans tous les cas, une baisse de pouvoir d’achat, va porter atteinte à l’intérêt de ces mêmes entreprises… les consommateurs étant les salariés.

    Ceci est vrai, ou plutôt était vrai, lorsque nous fabriquions l’essentiel des produits manufacturés que nous consommions. Or ce ne plus tout à fait le cas aujourd’hui. Beaucoup de produits manufacturés sont des produits d’importation… Une politique de la demande relancerait donc les importations, aggravant le déséquilibre de la balance commerciale, tout en accroissant les coûts de production intérieurs, faisant baisser la compétitivité des produits intérieurs et exportables.

    C’est donc tout à fait logiquement que le #MEDEF et le gouvernement optent pour une politique de l’offre (réduction des coûts de production, relance de l’investissement, allègement des charges des entreprises) qui ne dit pas son nom.

    Le problème à résoudre est : comment faire passer une telle politique de manière indolore ?

    « PACTE » ou « CHOC » DE COMPÉTITIVITÉ ?

    Les mots ont leur importance car, à défaut d’innover en matière de politique économique-« tendance austérité », les différences se font plus sur la forme que sur le fond.

    Pour la Droite, ce n’est pas compliqué, elle assume parfaitement. Pour la Gauche c’est, en principe et politiquement, plus délicat car, traditionnellement elle opte pour une politique de la demande ; or, nous venons de le voir, celle-ci ne fonctionne plus dans le cadre du capitalisme mondialisé actuel. Il faut donc, cette fois, sans faux semblants, assurer, et assumer, un total changement d’orientation.

    Pour ce faire, rien de tel qu’un « bon rapport », fait par un « expert compétent » qui explique en long et en large qu’il n’y a pas d’autres solutions.

    La mesure phare du dispositif actuel – suite au rapport Gallois - résume bien la problématique économique du Gouvernement.

    « Crédit d’impôts » plutôt que « réduction des charges sociales » des entreprises (préconisée par le rapport ). Pas de différence sur le fond, mais le « crédit d’impôt » donne moins l’impression d’un cadeau aux entreprises. Au total ceci équivaut à une baisse de 6% du « coût du travail ». On ne touche donc pas directement, par cette mesure, au niveau des salaires. Dans les faits, ce dispositif est financé par une hausse modulée de la #TVA (que le PS avait juré ne pas toucher), ce qui porte atteinte au pouvoir d’achat des salariés et chômeurs.

    Pour en revenir à nos concepts de départ, la valeur de la force de travail est indirectement dévalorisée, non pas au niveau du salaire (sa valeur), mais du fait de la réduction du pouvoir d’achat de ce salaire. Nous avons ici une baisse implicite déguisée du salaire. De la rémunération du capital (dividendes) il n’en ai nullement question et pour cause… gestion du système oblige !

    La cerise sur le gâteau est incontestablement la mesure qui consiste à « introduire des représentants des salariés dans les conseils d’administration ou de surveillance des entreprises de plus de 5000 salariés ». Mesure qui va aboutir à une cogestion du système, autrement dit à faire assumer – cas de l’Allemagne – par les salariés les contraintes imposées par un système dont ils sont les principales victimes.

    Le rapport social salarial demeure, la force de travail demeure une marchandise, l’intérêt du système passe par la #domination des banques, de la finance, le pouvoir réel est toujours entre les mains des actionnaires,… et les salariés vont être conviés à accepter les mesures de limitation des salaires, précarisation de l’emploi, réduction de leur protection sociale et tout cela au nom de… la défense de leur emploi ( ?).

    S’il y a un « vrai changement maintenant », c’est celui de l’adhésion parfaite, par le Gouvernement socialo-écologiste, et sans réserve, aux règles du #libéralisme économique. Désormais, la boucle est bouclée.

    • Toute cette réflexion autour du travail, de la présence des machines, de l’absence de compensation du travail réalisé par les machines par un autre travail, cette histoire d’opensource qui ne crée pas forcément d’emploi et précarise... Ca ne cesse de me ramener à Matrix et à l’état idéal que l’être humain pourrait atteindre : un tas de chair branché sur des tuyaux de nourriture... à rêver sa vie. Sans salaire en échange, évidemment. A part ça, quoi d’autre ?

    • Je pense que l’humanité arrive plus ou moins à accomplir l’un de ses rêves : se libérer du travail tout en assurant plus que sa subsistance. Mais ce que l’on fait de cette libération est un choix de société. On pourrait donc tous travailler un peu et vivre beaucoup et au lieu de cela, nous avons des gens qui bossent comme des malades pour compenser le sous-emploi de tous les autres. Et tout le système d’exploitation des gens et de spoliation de l’ensemble de la population des fruits de son travail ne tient qu’au maintien artificiel de deux classes de prolétaires : les inclus et les exclus et de la peur que tous ont de tomber dans la trappe à misère des seconds.


  • #Casserolades commémorant l’an-1 d’ #Occupy

    http://goo.gl/dauFJ

    Le bruit des assiettes vides de #GlobalNoise 1 an

    Il y a un an le #mouvement Occupy a démuselé une nouvelle catégorie des populations principalement occidentales, leur donnant une motivation tranchante et décidée de combattre la #domination des #riches. C’était autour de #WallStreet que les choses, en contestation des prédations #boursières, se sont le mieux exprimées. La place spéculative américaine parlait de 1% contre 99%...



  • Romney grand vainqueur du débat - Great America
    http://washington.blogs.liberation.fr/great_america/2012/10/romney-grand-vainqueur-du-d%C3%A9bat.html

    Un tout premier sondage, à chaud, de CNN confirme cette première impression de Romney superstar du jour : 67% des téléspectateurs y déclarent Romney vainqueur du débat, 25% seulement ont vu Obama l’emporter. Tout cela ne fait bien sûr pas encore un Président : il reste à voir si cette bonne performance de Romney peut vraiment se traduire en intentions de vote et s’il tient aussi la distance aux deux prochains débats, le 16 et 22 octobre.

    Ca veut dire quoi sortir vainqueur d’un débat ? Comment un sondage publique peut-il évaluer qui sort vainqueur du débat ? Si sortir vainqueur d’un débat c’est avoir convaincu le plus d’auditeurs, pourquoi demander à ces derniers qui est sorti vainqueur du débat et non pas qui les a convaincu ? La réponse me semble-t-il est la suivante : on demande non pas ce que les citoyens en pensent mais ce qu’ils présument de ce que les autres citoyens en pensent. Il y a là un sophisme politique incroyable : les citoyens ne doivent pas juger en fonction de leur conviction politique mais en fonction d’une opinion publique imaginaire qu’ils contribuent à créer grâce à ces outils démagogiques de premier ordre que sont les sondages. Ce sondage (« qui est sorti vainqueur du débat ? ») est sans doute le sondage le plus révélateur à la fois du rôle des sondages en général et de la forme que prennent les démocraties contemporaines et qui pourrait se résumer dans la maxime suivante : « ne jamais se décider en fonction de la volonté générale mais toujours en fonction d’une opinion publique fantasmatique intériorisée par chaque citoyen ». Les sondages contribuent à cette intériorisation « de la voix des autres en moi ».

    Pour conclure on peut se demander si les démocraties n’ont pas trop bien compris le message rousseauiste au point de pouvoir le retourner contre son auteur : Rousseau cherchait un moyen de faire naitre dans le coeur des citoyens la voix de la volonté générale. « Ainsi donc le législateur ne pouvant employer la force ni le raisonnement, c’est une nécessité qu’il recoure à une autorité d’un autre ordre, qui puisse entrainer sans violence et persuader sans convaincre »( Contrat Social , Livre II chapitre VII). Ils ont trouvé le moyen de faire naitre dans le coeur des citoyens la voix de la soumission et de l’obéissance : le sondage.

    #sondage #domination #obéissance #democratie


  • La nuit et le danger (1979) (SISYPHE)
    http://sisyphe.org/spip.php?article4285
    J’ai souvent pensé à ce couvre-feu implicite qui reste en vigueur de nos jours. Quand la joggeuse a été tuée à Toulouse, plein d’esprits chagrins avait fait remarquer qu’elle n’avait pas à faire son jogging à 4 ou 5 heures du mat... Pour bosser en 3x8 à l’usine, on peut braver le couvre-feu, mais pour profiter de la fraîche pour faire du sport, c’est à nos risques et périls.

    Nous, les #femmes, sommes censées particulièrement avoir peur de la nuit. La nuit est une promesse de préjudices pour les femmes. Marcher dans la rue la nuit pour une femme n’est pas seulement risquer d’être violentée mais également – selon les valeurs de la #domination masculine – courir après ce risque. La femme qui transgresse les frontières de la nuit est une hors-la-loi qui enfreint une loi élémentaire du comportement civilisé : une femme convenable ne sort pas la nuit – certainement pas seule, certainement pas seulement avec d’autres femmes. Une femme à l’extérieur dans la nuit, qui n’est pas en laisse, est considérée comme une salope ou comme une chienne arrogante qui ne sait pas rester à sa place. Les policiers de la nuit – les violeurs et autres hommes en maraude – sont en droit de faire respecter les lois de la nuit : de traquer la femme et de la punir. Nous avons tous été chassées, et beaucoup d’entre nous ont été attrapées. Une femme qui connaît les règles de la société civilisée sait qu’elle doit se cacher de la nuit. Mais même lorsque la femme, en bonne fille, s’enferme à l’intérieur, la nuit risque de faire intrusion.


  • A woman who was sexually assaulted by a cop in a bar and was told by the judge in the case that she “learned a lesson.”

    Bad things can happen in bars, Hatch told the victim, adding that other people might be more intoxicated than she was.

    “If you wouldn’t have been there that night, none of this would have happened to you,” Hatch said.

    Hatch told the victim and the defendant that no one would be happy with the sentence she gave, but that finding an appropriate sentence was her duty.

    “I hope you look at what you’ve been through and try to take something positive out of it,” Hatch said to the victim in court. “You learned a lesson about friendship and you learned a lesson about vulnerability.”

    Hatch said that the victim was not to blame in the case, but that all women must be vigilant against becoming victims.

    “When you blame others, you give up your power to change,” Hatch said that her mother used to say.

    http://manboobz.com/2012/09/10/arizona-judge-to-sexual-abuse-victim-i-hope-you-look-at-what-youve-been-th

    Arizona Judge to sexual abuse victim: “I hope you look at what you’ve been through and try to take something positive out of it. …You learned a lesson about friendship and you learned a lesson about vulnerability.”


  • EMPATHIE – « Un véritable viol provoque rarement une grossesse », affirme un candidat républicain au Sénat | Big Browser
    http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/08/20/empathie-un-veritable-viol-provoque-rarement-une-grossesse-affirme-un-candidat-republicain-au-senat/#comment-121860
    #viol #femme #dominationmasculine

    Interrogé sur l’opportunité de légaliser l’avortement en cas d’agression sexuelle, Todd Akin, qui a été élu six fois au Congrès américain, a déclaré que, selon ce que lui en avaient dit des médecins, il était "très rare" qu’une femme tombe enceinte après un viol. "Si c’est un véritable viol, le corps féminin a des moyens d’empêcher la fécondation", a-t-il affirmé, sans s’étendre sur ce que signifiait à ses yeux un "véritable" viol.


  • Agacinski : « Nul n’est sexuellement neutre » - Le Point
    http://www.lepoint.fr/culture/agacinski-nul-n-est-sexuellement-neutre-26-07-2012-1492713_3.php

    Le #féminisme est né d’une révolte contre la longue subordination des femmes. Je m’efforce de montrer dans mon livre que cet assujettissement repose sur l’appropriation masculine du corps des femmes (famille patriarcale, prostitution, marché des mères porteuses). Si l’on dit avec Butler que les femmes n’ont « rien en commun », on ne peut expliquer l’histoire de la #domination masculine et la possibilité d’en comprendre les ressorts et les motivations. Le féminisme perd tout sens.


  • Grenseløse foreldre ødelegger barna

    http://www.aftenposten.no/nyheter/iriks/--Grenselose-foreldre-odelegger-barna-6821413.html

    Source : Aftenposten, le 5 mai 2012
    Critique du livre « Oppdragelse mellom frihet og grenser. Barns selvfølelse – voksnes ansvar » av Tone Strømøy

    [« L’éducation entre la liberté et les limites. Accompagner l’enfant dans son estime-de-soi : la responsabilité des adultes »] par Tone Strømøy

    par Joakim Slettebak Wangen et Sophie Bergersen Moen

    –—

    Les parents qui ne savent pas poser des limites à leurs enfants provoquent de grave dommages

    "Ils obtiennent tout ce qu’ils veulent, si les parents résistent, ils hurlent pendant des heures... Lorsque les parents passent tout, les enfants deviennent vite insupportables"

    "Tone Strømøy, professeur à l’université d’Oslo, spécialisée dans le domaine de la pédagogie estiment que les enfants à qui l’on ne pose aucune limite deviennent vite des enfants qui souffrent. Elle va même plus loin et ajoute qu’on est, dans ce contexte, à la limite de la maltraitance"

    "Ces enfants peuvent rapidement perdre une partie de leur identité, et leur capacité à être empathique. Dans son livre, elle décrit ces enfants "sans limites" comme très auto-centrés, égoïste, et dans l’incapacité de réfléchir".

    "Ce sont souvent ces parents qui par ailleurs prennent tout en charge pour leurs enfants et finissent par les déresponsabiliser. Tone Strømøy donne en exemple ces parents qui s’occupent d’inscrire leurs enfants de 20 ans en fac, de faire toutes les démarches à leur place : elle les appelle les "parents hélicoptères"...

    Pédagogie Education Norvège

    • Cette histoire de l’absence de limites est un vieux serpent de mer réactionnaire qui permet de justifier la domination adulte avec le classique « c’est pour leur bien ».

      De ce que je peux observer en général (et qui n’a donc qu’une portée très limitée), ça n’est pas l’absence de limites le problème, c’est surtout l’absence d’attention.

      #éducation #enfants #domination_adulte