Hommage à la télévision publique grecque (qui est désormais pirate, mais relayée de plus en plus - cf ►http://ertlive.gather8.com - et palabre toute la journée en montrant des images de manif - un espace de liberté surréaliste)
Elle avait fini par devenir une Arte du pauvre, avec des documentaires, de la musique pas branchée pour un sou, des reprises à n’en plus finir et des émissions folkloriques minables. Mais c’était là que la mémoire collective populaire s’y retrouvait avec des films de l’âge d’or du cinéma grec, avec des discussions littéraires surannées mais donnant la part du lion à la littérature et al poésie grecque, que bien entendu cette bête féroce que l’on nomme néo-grec ne regardait jamais, aimanté par les ragots et les tenues provocatrices des bimbos-présentatrices, anges gardiens de l’insignifiance. Et sans doute, si la télévision publique avait eu les moyens, elle ne se serait pas privée de faire pareil. Cependant, l’ensemble des programmes, et surtout les JT avaient au moins l’avantage de coller à la réalité de la Grèce d’aujourd’hui, c’est à dire à refléter la crise, sans doute par humilité forcée.
La décadence esthétique, morale, éthique, la soumission non pas au gouvernement mais à tous ceux qui sont au dessus de lui (hommes d’affaires, armateurs, escrocs de tous genre qui possèdent par ailleurs la plus part des chaînes) est telle qu’il suffit de regarder quelques heures la télé dite privée pour en être écœuré d’une part, d’autre part de penser qu’elle parle d’un autre pays, imaginaire de préférence. Enfin, comme me disait Berlusconi il y a plus de vingt ans, leurs films sont conformes à la pub. Non seulement ils sont charcutés par des pages interminables de publicité, mais surtout ils ne peuvent pas casser l’ambiance consumériste par des sujets et des images trop sérieuses.
Bref, les chaines publiques, loin d’être idéales, et encore moins performantes, paraissaient comme un ailleurs grec, parlant non pas aux grecs, mais à ce qu’ils étaient et ce qui sont devenus.
Les chaines publiques étaient et sont la mémoire d’un peuple qu’on essaie de toute part de le rendre amnésique, afin de lui imposer la dictature de l’instant.