Rires et embrassades devant les caméras, mais colère en coulisse. Quelques jours après son apparition sur le plateau de Cyril Hanouna sur #D8 pour une dénonciation (chaleureuse et conviviale) des baisses de salaires des #intermittents, Sophie Tissier, opératrice de prompteur sur l’émission, a été convoquée aujourd’hui par la direction des ressources humaines de la chaîne. La chaîne a renvoyé toute décision sur la direction du groupe #Canal+, son propriétaire. Toutefois afin de prévenir tout nouvel éclat, un retardateur a été installé en régie pour diffuser les émissions en léger différé. Et la séquence incriminée, et la réaction de l’invité du jour, Jean-Luc Mélenchon, ont été supprimées de l’émission en Replay.
(...)
La direction des ressources humaines de D8 a reçu Sophie Tissier. "L’ambiance était plutôt à la temporisation et à la détente", raconte l’intéressée à @si. "On m’a fait comprendre que ce genre de comportement n’était pas vraiment acceptable mais que l’on allait étudier mon dossier", ajoute-t-elle, dans l’attente d’une revalorisation de son salaire. Pendant ce temps, elle n’a plus accès aux émissions diffusées en direct et se contentera des émissions enregistrées. Dans un souci de temporiser, la chaîne a tout de même accepté que Tissier reste sur le planning global. Toutefois, selon nos informations, et ayant vraiment peur d’un nouveau coup d’éclat, la chaîne a fait installer en régie un retardateur de trois à quatre minutes qui permet la diffusion de l’émission dans un léger différé. Ainsi, plus besoin d’expurger les séquences pour les mettre sur le replay. Malin !
Tissier a appris mi-avril qu’elle ne toucherait plus la même somme qu’auparavant. La faute à un changement de convention collective. Chez Direct 8 version Bolloré, la convention collective "production audiovisuelle" âprement négociée en interne est plus avantageuse que la convention collective de Canal + qui est celle de la télédiffusion. "J’ai subi une baisse de salaire à partir de mai de 22 %. Je l’ai appris seulement quinze jours avant de façon informelle. Quand j’ai demandé à mon directeur technique de pouvoir négocier avec la DRH, il m’a ri au nez et m’a dit : “ici on ne négocie pas. C’est à prendre ou à laisser", détaille Tissier.
Plus largement, l’opératrice-prompteur dénonce le #mépris dans lequel sont tenus les intermittents du spectacle et la façon dont la négociation salariale n’a pas pu avoir lieu. "Ils nous ont mis devant le fait accompli et n’ont pas voulu nous entendre. Cela m’a fait péter un câble et j’ai profité de la présence de Mélenchon sur le plateau pour prendre mon courage à deux mains et y aller", souligne-t-elle. Un coup d’éclat risqué pour Tissier, qui peut aujourd’hui perdre son travail et espère que la chaîne a enfin entendu ses arguments. "Pour la première fois je les ai senti à l’écoute" confie-t-elle. Mais du côté de D8 on lui a tout de même fait comprendre que cela dépendait du bon vouloir de la maison mère, Canal+. Contactée, la direction de Canal+ n’a pas retourné nos appels.