Exode urbain, exil rural, par Gatien Elie, Allan Popelard et Paul Vannier (Le Monde diplomatique)
►http://www.monde-diplomatique.fr/2010/08/ELIE/19531
Le repeuplement des espaces ruraux n’est pas le monopole des classes moyennes et supérieures, de ces jeunes cadres à la recherche d’un mode de vie plus agréable qui accèdent à la propriété pavillonnaire avec leur famille. Il existe aussi un exode urbain des classes populaires qui a contribué à modifier la sociologie des campagnes, si bien que leur population est actuellement constituée à 60 % d’ouvriers et d’employés (3). Jadis, l’exode rural, précipité par la révolution industrielle, avait donné naissance au prolétariat urbain en chassant des campagnes le peuple des petits paysans et des petits artisans. Désormais, c’est le prolétariat urbain — notamment les ménages les plus pauvres (4) — qui est relégué hors des agglomérations en raison de l’augmentation des prix du foncier. L’institutionnalisation de la politique de la ville dans les années 1970, en réduisant la question sociale à la question urbaine, a masqué ces évolutions. Or, dans quatre-vingt-dix départements sur quatre-vingt-q
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