En discutant avec @mvuninn, on s’est rendu compte qu’on faisait tout pour que nos enfants respectifs ne fassent pas du foot.
Pourtant en ce qui me concerne le foot est le sport que j’apprécie le plus de pratiquer. Mais depuis que je suis ado j’ai préféré d’autres sports. Aujourd’hui je fais du judo, mes gamins aussi.
Pourquoi ?
A cause de l’état d’esprit. L’embrigadement des vestiaires est sans doute ce qu’on fuit. On fuit l’homophobie, le machisme, l’esprit cocardier et la brutalité véhiculée par ce sport.
Ça ne date pas d’hier. La baston entre villages lors de matches de foot, les brimades sur les mecs plus faiblards ou les comportements de petits coqs pas toujours élégants avec les filles, ça me semble très ancien jusqu’au fin fond de la campagne.
Ce n’est pas spécialement lié au fric je pense.
Plutôt à l’effet de meute masculine. Les vestiaires de foot, c’est comme un compartiment de permissionnaires dans un train le vendredi soir. C’est un horrible formatage de l’identité masculine. Et un cauchemar pour les filles qui y sont confrontées.
Ensuite il est clair que le foot actuel au niveau professionnel, ça fait penser à la culture du rap américain : la réussite ostentatoire, à coup de grosses bagouses en or, Ferrari à 18 ans, et des nuées de filles en short moulant qui leur tournent autour... Forcément, ça ne tire pas la jeunesse vers le haut..
Le foot, c’est un condensé de sociologie. Les footballeurs issus de milieux instruits sont des « anomalies », des extra-terrestres, comme Arnaud Le Lan, un breton, refoulé à son arrivée à l’entrainement à cause de sa voiture :
Surtout, il y a cette anecdote culte, qui fait partie de sa légende, son premier jour à Rennes et son arrivée en Citroën AX : « Je me suis fait refuser à l’entrée de La Piverdière la première fois. J’ai dû expliquer que j’étais un joueur pro ! »
http://www.cahiersdufootball.net/article.php?id=3894#lelan