• Sommet de l’Energie : l’UE dit bye-bye au climat et salue les lobbys industriels

    Les chefs d’Etat et de gouvernement des pays de l’UE viennent de balayer d’un revers de la main toute véritable politique climatique pour adouber les recommandations des lobbies industriels en matière énergétique. Un tournant. Sidérant.

    http://blogs.mediapart.fr/blog/maxime-combes/230513/sommet-de-lenergie-lue-dit-bye-bye-au-climat-et-salue-les-lobbys-ind

    #Business_Europe #Climat #Conseil_européen #énergie #François_Hollande #gaz_de_schiste #lobbye #Nucléaire #Union_européenne

    @fil @rezo



  • Hollande et Merkel : l’#Europe du « je » contre l’Europe du « nous »
    http://fr.myeurop.info/2013/05/17/hollande-et-merkel-l-europe-du-je-contre-l-europe-du-nous-8718

    Ludovic Clerima

    Entre amour et répulsion, les dirigeants européens ne parlent décidemment pas la même langue européenne. Si François Hollande veut « sortir l’Europe de sa langueur », Angela Merkel veut en « assurer la prospérité ». Florilège des déclarations de nos leaders européens.

    Pas si simple les relations de (...)

    #Parti_pris #OPINION #Angel_Merkel #David_Cameron #Francois_Hollande #Mariano_Rajoy #mario_monti


  • Goodbye Hollande !
    http://www.marianne.net/Goodbye-Hollande _a228622.html

    L’Allemagne, nation suicidaire...J’ai souvenir que Heiner Müller tenait des propos semblables dans ses derniers entretiens.

    Nos socialistes veulent croire que le retour des sociaux-démocrates allemands au pouvoir ferait une grosse différence. Karine Berger m’avait déjà fait le coup avant la présidentielle, durant un débat devant une section socialiste. Mais les réformes les plus dures en Allemagne ont été faites par Schröder ! La social-démocratie allemande, historiquement et géographiquement, est dans la continuité du protestantisme, donc du nationalisme. Avec eux, ce serait pire. Donc évidemment, l’Allemagne est le problème. Les politiques français, si durs avec leur population et leurs PME,en sont au stade Bisounours sur l’amitié franco-allemande.

    Mais l’Allemagne, qui a déjà foutu en l’air deux fois le continent, est l’un des hauts lieux de l’irrationalité humaine. Ses performances économiques « exceptionnelles » sont la preuve de ce qu’elle est toujours exceptionnelle. L’Allemagne, c’est une culture immense, mais terrible parce que déséquilibrée, perdant de vue la complexité de l’existence humaine. Son obstination à imposer l’austérité, qui fait de l’Europe le trou noir de l’économie mondiale, nous impose une question : l’Europe ne serait-elle pas, depuis le début du XXe siècle, ce continent qui se suicide à intervalles réguliers sous direction allemande.

    #Allemagne #protestantisme #François_Hollande #PS #SPD #banques #dette #Europe



  • Bourgi, agent de voyages de Fillon
    http://survie.org/billets-d-afrique/2013/224-mai-2013/article/bourgi-agent-de-voyages-de-fillon-4461

    Visiblement, l’ancien Premier ministre #François_Fillon ne s’embarrasse pas de la réputation sulfureuse de #Robert_Bourgi, le conseiller officieux de Nicolas Sarkozy pour les « affaires » africaines. Bien connu des coulisses françafricaines, on se souvient des « révélations » fracassantes de l’avocat à l’été 2011 : il avait été porteur de valises de billets africains pour Chirac mais juré, craché, la pratique s’était arrêtée dès l’entrée de Sarkozy à l’Elysée. La Lettre du continent (n°657) nous apprend que (...)

    #224_-_mai_2013 #Gabon #Brèves_d'Afrique_et_d'ailleurs


  • France-#Mali : les militaires remportent leur guerre d’influence au Parlement et à l’ONU
    http://survie.org/francafrique/mali/article/france-mali-les-militaires-4456

    A l’unanimité et sans réel débat l’Assemblée nationale et le Sénat ont voté lundi 22 avril 2013 la prolongation de l’opération militaire française Serval au Mali. Cette prolongation permettra à la France de continuer son intervention au Mali, de prendre part au commandement de la mission MINUSMA, créée le 25 avril par l’ONU, et de disposer d’une force militaire parallèle à la mission onusienne. Ainsi, la France continuera de peser lourdement sur les choix politiques maliens, comme elle le fait (...)

    #Communiqués_de_presse #Organisation_des_Nations_Unies #Armée_française #François_Hollande


  • Que savez-vous des peuples, Monsieur Védrine ?
    http://fr.myeurop.info/2013/04/25/que-savez-vous-des-peuples-monsieur-vedrine-8013

    #Bernard_Barthalay

    Pour #Hubert_Védrine, l’Europe ne peut pas devenir fédérale. Interrogé par le site spécialisé Euractiv.fr l’ancien ministre des Affaires étrangères du gouvernement Jospin de 1997 à 2002, « le saut fédéral ne veut rien dire ». Bernard Barthalay, président de Puissance Europe, lui répond en dénonçant son "entreprise (...)

    #Parti_pris #Allemagne #Union_européenne #démocratie #Fédéralisme_européen #François_Mitterrand #polémique


  • Le mur des cons français : un « BUZZ » hilarant !
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article1735

    Le Syndicat de la magistrature -SM- affiche les « têtes » à qui faire payer le règne qu’ils ont eu. Dépliés sous les yeux de la France grâce à Antlantico (le site d’informations), sur un mur des locaux d’un syndicat des salariés de la justice, sont placardés les portraits de personnalités qui, se sentant traquées, crient à l’injustice faite par des juges... Ce qui prête à croire que le morveux exécute le réflexe de se moucher ! Tel le potache du collectif de louveteaux-scouts, de la colonie de justiciers ou (...)

    #Régions #France #francophonie #Pays #actualité #censure #presse #dictature #expressions #liberté #Fr #discrimination #racisme #intégration


  • #Espagne : #Franco presionó al Estado francés con el contraterrorismo

    Los cables del Departamento de Estado de los EEUU publicados por #Wikileaks hablan largo y tendido sobre las tensas relaciones entre los Estados español y francés durante los últimos años del franquismo. El conflicto vasco, la negativa francesa a extraditar a activistas vascos y el contraterrorismo alentado por Franco fueron los principales ingredientes de esta difícil relación.

    http://www.naiz.info/eu/actualidad/noticia/20130424/franco-utilizo-el-contraterrorismo-en-iparralde-para-presionar-a-francia-segu


  • Impopularité : Hollande pas seul dans la galère
    http://fr.myeurop.info/2013/04/18/impopularite-hollande-pas-seul-dans-la-galere-7791

    Benjamin Leclercq Marco Bertolini

    L’impopularité de François Hollande après un an à l’Elysée n’a rien d’exceptionnel. Partout en #Europe, les dirigeants sont au plus bas dans les sondages. A deux exceptions notables : Angela Merkel, qui est au zénith, et le socialiste belge (...)

    #Politique #Allemagne #Belgique #Espagne #France #Italie #Portugal #Royaume-Uni #corruption #cote_de_popularité #crise_de_transparence #Francois_Hollande #impopularité #moralisation_de_la_vie_publique


  • Fini le #français à l’école pour les petits espagnols ?
    http://fr.myeurop.info/2013/04/15/fini-le-francais-a-l-ecole-pour-les-petits-espagnols-7733

    http://cdn3.myeurop.info/sites/default/files/imagecache/article_thumbnail/media/images/classe%20enfants%20espagne.jpg

    Christelle Granja

    Dans la région de Valence, l’enseignement du français est délaissé au profit de l’anglais. C’est la première cible des réductions et réorganisations d’effectifs annoncées par le ministère de l’Education. Repéré sur El Pais.

    Les jeunes espagnols auront-ils pour longtemps encore la (...)

    #REVUE_DU_WEB #crise #éducation #enseignants #francophonie #suppression_de_postes


  • Mentir en politique, un péché pas toujours capital en #Europe
    http://fr.myeurop.info/2013/04/10/mentir-en-politique-un-peche-pas-toujours-capital-en-europe-7628

    myeurop

    François Hollande veut moraliser la vie politique, mais peut-on légiférer contre le #mensonge ? Ailleurs en Europe, le simple fait de cacher la vérité implique une condamnation sans appel dans certains pays, dans d’autres ce n’est pas un péché capital. Le « super menteur » en Europe, reste, sans l’ombre d’un (...)

    #EUROFOCUS #Allemagne #France #Italie #Royaume-Uni #Angele_Merkel #Francois_Hollande #Jérôme_Cahuzac #Silvio_Berlusconi


  • Patrimoine des élus : la #France en retard de #transparence
    http://fr.myeurop.info/2013/04/14/patrimoine-des-elus-la-france-en-retard-de-transparence-7672

    Liza KROH Tristan de Bourbon Marco Bertolini

    Les états d’âmes de certains élus français à droite comme à gauche qui dénoncent le « voyeurisme » auquel pourrait donner lieu la publication de leurs patrimoines déconcertent la plupart de nos voisins (...)

    #EUROFOCUS #Politique #Allemagne #Belgique #Norvège #Pays-Bas #Royaume-Uni #David_Cameron #déclaration_de_patrimoine #élus #Francois_Hollande #Jérôme_Cahuzac #norvege #PS #UMP


  • Geneviève #Fioraso, ministre de l’#enseignement_supérieur et de la #recherche (ESR) en bonne voie pour devenir la prochaine titulaire de la déshonorante carpette anglaise avec sa loi autorisant - systématisant- les cours en #anglais sous prétexte d’#internationalisation. On va vers une baisse des taux de réussite et une baisse encore plus importante du #français dans la recherche mais également de manière indirecte dans tous les autres secteurs (commerce par exemple). Cela montre le peu d’attachement à la #francophonie qui est pourtant dynamique démographiquement.

    Professeur au #collège_de_France, Antoine Compagnon, a aussitôt bondi : « Je l’invite à franchir les quelque deux ou trois cents mètres qui séparent son bunker ministériel des amphis du Quartier latin pour découvrir le monde réel, lui répond-il dans nos colonnes. En anglais, on parle de friendly fire pour désigner le genre d’action que vient de mener la ministre. Car Mme Fioraso nous tire dans le dos alors que nous montons au front. »

    [...]

    Les associations de défense de la langue française tempêtent avec leurs petits moyens. Régis Ravat, président de l’association Francophonie avenir, se désole de constater « l’anglicisation progressive de notre pays, encouragée par la droite comme la gauche. La ministre Fioraso dit "langue étrangère" dans sa loi mais c’est d’une totale hypocrisie. Tout le monde sait qu’elle veut dire "anglais". Maintenant, même pour un CAP de carrossier, on impose de parler anglais. Au nom, paraît-il, d’une ouverture vers le monde... Je dirais au contraire qu’on s’enferme. On se tourne vers le seul monde anglosaxon. »

    Même l’#Académie_française s’est offusquée de ce texte rédigé, dit-elle, en des termes trop vagues. « Il ne paraît ni opportun, ni même possible d’adopter pareille disposition de loi dont la valeur symbolique serait d’autant plus grande qu’elle serait plus vague et qui inaugurerait de véritables franchises linguistiques dans les universités françaises », jugent les membres de l’Académie dans une déclaration commune datée du 21 mars. L’article 2 de la loi Fioraso autorise l’enseignement en langue étrangère dans le cadre d’« un accord avec une institution étrangère » ou « d’un programme européen ». L’Académie alerte « sur les dangers d’une mesure qui se présente comme d’application technique, alors qu’en réalité elle favorise une marginalisation de notre langue ».

    Source : http://www.liberation.fr/societe/2013/04/12/l-universite-francaise-va-t-elle-parler-anglais_895729

    • Et dans le même genre avec l’absurdité du tout anglais à la #commission européenne :

      Une maîtrise imparfaite d’une langue peut donc déboucher sur une catastrophe, notamment dans le domaine financier où les marchés sont à l’affut, comme a pu le tester Dijsselbloem. Plus personne n’osant, à Bruxelles, reconnaître qu’il ne maitrise qu’imparfaitement cette langue, c’est un véritable règne de terreur linguistique qui s’est imposé. « Alors que des services entiers de la Commission ne comptent pas un seul anglophone de naissance, on parle et on écrit uniquement anglais, un anglais appauvri qui appauvrit la pensée », reconnaît un fonctionnaire européen. « Il faut voir ce qui sort de nos services », poursuit notre interlocuteur. Et ce, même si une majorité de fonctionnaires desdits services parlent mieux le français que l’anglais, par exemple : « il suffit qu’il y ait une seule personne qui ne parle pas français pour que l’on travaille tous en anglais ». Recourir à un interprète ou à un traducteur est presque devenu une marque de manque de savoir-vivre… Pourtant, les institutions communautaires devraient s’interroger : mal maitriser une langue, qui plus est comprise par une minorité de la population européenne, n’est-ce pas là un des facteurs de l’incapacité de l’Union à communiquer clairement ? N’y a-t-il pas un lien entre l’appauvrissement de la pensée européenne et la réduction à la portion congrue de son dictionnaire linguistique ?

      Au moins, à l’issue de cette chronique, vous aurez tous, moi y compris, appris un nouveau mot : « template ». Thank you, Luke !

      Source : http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2013/04/template-jai-dit-template-comme-cest-template.html


  • La #Politique française, c’est comme le porno
    http://reflets.info/la-politique-francaise-cest-comme-le-porno

    Il faut les voir ces mauvais acteurs qui se pressent pour venir nous montrer leurs miches : tous à poils ! Et après, une fois qu’on se sera bien astiqués sur leurs patrimoines, on fait quoi ? Parce que la politique française, c’est vraiment comme l’industrie du film porno, si, si. Petite démonstration… Le peuple [...]

    #A_la_Une #On_s'en_fout #analyse_de_haut_vol #cahuzac #droite #featured #foutage_de_gueule #François_Hollande #Gauche #Matrice #moralisation_de_la_politique #Oligarchie #on_nous_prend_pour_des_cons_ ? #Porn #Transparence


  • Un petit message de #druc_drac, aka #François_Dumeaux, pour nous faire découvrir son nouvel album, « Retrofuture », et par la même occasion le #netlabel Hymen (l’écoute est gratis, le téléchargement payant)

    Comme son nom l’indique, c’est un album #rétrofuturiste (dans la veine du
    #formica-punk
    http://www.bouletcorp.com/blog/2011/07/07/formicapunk
    inventé par Boulet).
    J’ai imaginé ce « disque » comme une collaboration uchronique entre moi
    enfant (vieux sons de #synthés analogiques inspirés des #dessins_animés et
    des #documentaires_animaliers des 70’s & 80’s), moi post-adolescent
    (psytrance, #electronica, electrodub, etc.) et moi aujourd’hui
    (déconstruction, expérimentation et second degré).

    http://hymen-records.bandcamp.com/album/retrofuture

    http://www.mixcloud.com/druc_drac/retromixture

    (si comme moi, tu as un message d’erreur dans le carré ci-dessus, sache que le content n’a pas du tout été removed, comme tu constateras en cliquant sur le lien - le content ne doit juste pas aimé être posté ailleurs, mais on va pas s’en priver pour autant hein)

    #audio #création_sonore #musique #pixels


  • Les recettes éculées pour sortir du cas Cahuzac
    http://reflets.info/les-recettes-eculees-pour-sortir-du-cas-cahuzac

    Voilà une affaire qui fait couler de l’encre. Faut-il profiter de l’affaire Cahuzac pour donner « un grand coup de balai », faut-il forcer les élus à publier leur patrimoine ? Faut-il remanier le gouvernement ? Faut-il relancer la lutte contre les paradis fiscaux ? Faut-il plus de contrôles fiscaux ? Faut-il… faut-il… ? Mais surtout, ces [...]

    #A_la_Une #Politique #featured #François_Hollande #jérôme_cahuzac


  • Déni linguistique : l’atout négligé de la #francophonie | Le nouvel Economiste
    http://www.lenouveleconomiste.fr/deni-linguistique-latout-neglige-de-la-francophonie-18064

    Aux yeux de certaines élites, souvent les plus médiatiques, le français apparaît ringard et dépassé. Sans doute y a-t-il là un certain parisianisme toujours prompt à l’autodérision et à la collusion avec des modes culturelles étrangères considérées par définition comme supérieures. Sans doute faut-il y voir là aussi cet autodénigrement systématique et mortifère qui prévaut chez nous. Pourtant aujourd’hui la langue française est en plein boom. Une étude récente montre que le nombre de locuteurs de notre langue explose : quelque 150 millions d’hommes et femmes avaient le français pour langue maternelle ou de travail en 1960, le nombre s’élevait à 400 millions au début de notre décennie et il pourrait se situer, en fonction des projections réalisées, entre 850 millions et 1,2 milliard en 2060 ! Il faut y voir là la conséquence de l’émergence démographique de l’Afrique sur la scène mondiale. Vingt-neuf Etats ont le français comme langue officielle ou co-officielle, dont l’immense majorité se situe en effet outre-Méditerranée.


  • #François_Hollande, Pop-Corn, le #Maroc et #Amesys
    http://reflets.info/francois-hollande-pop-corn-le-maroc-et-amesys

    Notre bon président est donc en ce moment même au Maroc. Certains journalistes parlent de choses qui fâchent. Ils se demandent s’il parlera des Droits de l’Homme, bafoués comme il se doit dans ce pays, pas tout à fait une dictature, mais pas loin, pour le moins un Etat policier ? Réponse en fin de [...]

    #A_la_Une #Bienvenue_chez_Amesys #France #Technos #Bull #DaHubbleVisionPowa© #DPI #Eagle #featured #Finger #Pop_Corn #Qatar #Sarkozy


  • Stop l’IP-arnacking !

    Une fois de plus, que fait la CNIL ?
    et Benoit Hamon, tellement mute qu’on en oublie qu’il est Ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des Finances, chargé de l’Economie sociale et solidaire et de la Consommation...

    http://www.pcinpact.com/news/78721-le-gouvernement-somme-mettre-fin-a-l-ip-tracking.htm

    Après l’eurodéputée Françoise Castex, c’est au tour d’un élu de l’Assemblée nationale de s’alarmer des pratiques dites d’#IP-Tracking. Au travers d’une question parlementaire, le député socialiste #Pascal_Cherki vient en effet de demander au gouvernement de se saisir du problème, en vue de « mettre fin » à l’utilisation de cette technique de commercialisation.

    Le député Pascal Cherki vient d’interpeller le ministre de la Consommation, #Benoît_Hamon, au sujet des pratiques dites d’« IP Tracking ». Pour rappel, cette technique de vente en ligne consiste à adapter un tarif en fonction du surf de chaque internaute. Grâce à l’adresse IP d’un visiteur, le commerçant peut ainsi augmenter ses prix. Comment ? Tout simplement en faisant croire à l’acheteur potentiel revenant voir un article que ses ventes explosent et que son stock diminue.

    Toutefois, il s’agit selon le député Cherki d’une technique de commercialisation « qui trompe manifestement l’information des consommateurs ». L’élu explique en effet qu’à partir du moment où l’internaute visite différents sites afin de trouver le meilleur prix possible, « le site Internet garde en mémoire l’adresse IP de l’internaute et propose, le plus souvent, des tarifs supérieurs à ceux précédemment visualisés, forçant l’achat immédiat du produit consulté ».

    Le parlementaire n’est pas le premier à s’inquiéter de telles pratiques. En janvier dernier, l’eurodéputée #Françoise_Castex demandait à la Commission européenne si ces techniques étaient « conformes au droit de l’Union européenne », suggérant au passage qu’une enquête serait nécessaire si tel n’était pas le cas. Mais le 12 mars dernier, Bruxelles a répondu qu’elle ne pouvait rien faire et qu’il fallait saisir les autorités compétentes au sein de chaque État de l’Union. Pour la France, il s’agit de la #CNIL.

    Le député Cherki termine donc en demandant au gouvernement quelles mesures il « envisage pour protéger au mieux les consommateurs », en ce sens pour « mettre fin à l’utilisation du "IP tracking" ». Rappelons que Françoise Castex avait annoncé, suite à la réponse de la Commission europénne, vouloir saisir la CNIL ainsi que le #G29, ce regroupement des « CNIL » européennes.

    #vente_en_ligne #sncf_et_les_autres #marre_de_se_faire_arnaquer


  • La Troïka et le #FMI ne touchent pas aux dépôts des petits épargnants de Chypre. Vraiment ?
    http://reflets.info/la-troika-et-le-fmi-ne-touchent-pas-aux-depots-des-petits-epargnants-de-ch

    Réjouissez-vous foules en folie… L’#Europe est sauvée ! L’#Euro aussi. Pour la énième fois, après plus de 25 sommets de la dernière chance, les (ir)responsables politiques vous le disent : tout va bien. Ah, oui…, on sait, vous avez un peu flippé parce que pour la première fois, les politiques n’ont pas simplement conditionné l’aide [...]

    #A_la_Une #Economie #Angela_Merkel #Christine_Lagarde #Christos_Stylianides #Crise_de_la_dette_souveraine #Espagne #featured #François_Hollande #Grèce #Jeroen_Dijsselbloem #Portugal #swift #UE


  • Débat sur la « défense de la langue française » dans les milieux académiques (Suite)

    Nathalie Lemarchand, Professeure à l’université de Paris 8 a envoyé un extrait du « bilan » linguistique de la réunion de l’Union géographique internationale spécialement écrit pour le Comité National Français de Géographie :

    Les principaux enseignements

    Un constat : l’effacement de la langue française

    Notre candidat à un poste de vice-président, Yves Boquet, n’a pas été élu lors du vote intervenu le mardi 28 après-midi. Vladimir Kolossov est devenu le nouveau président de l’UGI (47 voix sur 48 votants) : ont été élus Dieter Soyez (2ème mandat), Jarkko Saarinen (Finlande), Joose Droogleever-Fortuijn (Pays-Bas), R.-B. Singh (Inde). Ce résultat, qui en a surpris beaucoup dans la salle, nous a évidemment tous déçus.

    [...]

    L’Anglais est devenu la langue hégémonique alors que le Français est la deuxième langue officielle de l’UGI. Lors de la cérémonie d’ouverture, les projections officielles étaient bien dans les deux langues, Dieter Soyez s’est exprimé en Français, comme la collègue japonaise présentant la conférence régionale de Kyoto en 2013 lors de la cérémonie de clôture, mais en quasi-totalité, les papiers et les interventions ont été rédigés et présentés en Anglais.

    Nous devons donc être en mesure d’affronter cette question linguistique. Les collègues francophiles rencontrés (en particulier les Roumains, les Tunisiens, le Polonais, les Italiens, les très rares Africains francophones) ont tous regretté l’effacement de la langue française.

    On comprend l’importance de ce problème : selon des collègues suédois, Yves Boquet n’a pas été élu parce que la géographie française apparaît trop enfermée dans sa langue, isolée du reste de l’actuelle communauté, peu visible voire ignorée. Comme l’a souligné Monique Fort, il faut entendre ces arguments.

    Que faire ?

    D’abord, notre brochure et nos posters auraient dû être présentés aussi en Anglais, la grande majorité des visiteurs ne lisant pas la langue française et ne s’y intéressant pas du tout (les autres comités ont présenté leurs brochures en deux langues ou uniquement en Anglais). A contrario, l’affiche rédigée en Anglais et annonçant la 8ème conférence de géomorphologie, qui aura lieu en France en 2013, a été très appréciée.

    Ensuite nous interroger collectivement, avec nos collègues francophones et francophiles, sur le devenir des géographies francophones. Une piste a été suggérée par Louis Dupont lors de nos tables rondes, distinguer le problème de la production du savoir géographique de celui de la diffusion.

    En termes de diffusion, nous devons faire un effort de visibilité en langue anglaise, faute de quoi nous serons de plus en plus marginalisés. En termes de conditions et de modalités de la production du savoir, il nous faut rapidement mettre en œuvre le projet présenté par Nathalie Lemarchand lors des derniers conseils du CNFG, en nous positionnant non pas comme des Français frileusement repliés sur eux-mêmes mais comme un vecteur de réflexion sur les géographies autres qu’anglophones.

    Ceci suppose que nous agissions avec les Québécois, les Belges et tous ceux pour qui l’hégémonie de l’Anglais (ou plutôt d’un sabir international dérivé de l’Anglais) impose des normes uniformisantes et dangereuses pour toute pensée libre et critique.)

    #francophonie #français #anglais #géographie #ugi


  • Un débat intéressant sur la "défense de la langue française" dans les milieux académiques

    Tout commence par un message tout neutre, tout classique, l’annonce en anglais d’une conférence organisée à Nice, donc en France, sur la liste de géographes [géotamtam]

    Gabriel Vatin, doctorant en géomatique au Centre de recherche sur les Risques et les Crises à Sophia-Antipolis poste cette annonce :

    Dear colleagues,

    The Institute MINES-TELECOM, the University of Nice-Sophia Antipolis and its partners are setting up the next international conference OCOSS (Ocean & Coastal Observation: Sensors and observing systems, numerical models & information Systems), in Nice (French Riviera) on 2013, October, 28th-31st. [...]
    You will find more information about the conference at :

    http://2013.ocoss.org

    Réponse immédiate d’un ancien professeur belge, Michel Vandenbroucke :

    Bande de Schnocks ! Quand vous déciderez-vous à vous exprimer en français devant un lectorat francophone ?! C’est une question de principe mais surtout de bienséance.

    Le message n’est pas très fin, et suppose une posture que nous connaissons bien : le rejet de l’anglais (en particulier) sous prétexte de défendre becs et ongles la langue française. Voilà une position très réductrice, très étroite, et pourquoi ne pas le dire, très rétrograde. Vouloir défendre "notre" langue contre "une autre" langue nous ramène quelques fragrances de la période coloniale. C’est aussi tellement réducteur, à l’heure où nous travaillons presque partout de manière "multiculturelle".

    A Arendal, en Norvège, dans le centre affilié au PNUE où je travaillais, il y avait 40 personnes et 20 nationalités. Nous communiquions indifféremment en anglais, norvégien, espagnol parfois et même en français. On entendait parler le russe, le letton, parfois des langues africaines ou de minorités arctiques. Je me souviens de l’atmosphère comme un beau "ballet de langues". Les cultures, les mentalités, les langues se mélangeaient en un joli bouquet.

    A Goldsmith, d’où je reviens juste, les étudiants qui participaient à notre séminaire venaient de Syrie, de Tunisie, de Norvège, de Zambie, du Canada, de Chine, de Corée, d’Italie, d’Israël... Outre que ce mélange est magnifique et d’une richesse inouïe, il suppose au moins une langue de communication commune. Mais l’expérience montre que tous ces étudiants, en général, parlent au moins couramment trois langues...

    Pour en revenir aux messages postés sur [géotamtam], Il n’en fallait pas plus pour déclencher des réactions que j’ai trouvé très intéressantes et qui méritent d’être portées à la connaissance d’un public plus large. Ces réflexions sont au coeur d’une problématique importante : comment le savoir [la connaissance] peut et doit se transmettre auprès du plus grand nombre. Dans quelle(s) langue(s), dans quelle forme (simplifiée ou synthétisée pour que ce soit accessible aux non-académiques), etc...

    Stéphane Rosière, professeur à l’université de Reims est le premier à tirer :

    Le mal est en la matière très profond. On peut citer Geneviève Fioraso, notre ministre : "si nous n’autorisons pas les cours en anglais, nous n’attirerons pas les étudiants de pays émergents comme la Corée du Sud et l’Inde. Et nous nous retrouverons à cinq à discuter de Proust autour d’une table, même si j’aime Proust…"

    Le mouvement d’anglicisation de nos échanges s’accélère prodigieusement, la langue n’étant considéré que comme un outil, rien de plus. Il y a certainement des moyens de ne pas accélérer ce nivellement.

    Et de poster cette image :

    https://dl.dropbox.com/s/t3ic0ipx6nh4m4a/proust.png

    Kamala Marius-Gnanou, maître de conf à Bordeaux ajoute :

    En tout cas, beaucoup de mes étudiants français (géographes et aménageurs) vont en Inde pour des stages et sont encore confrontés au problème de la langue (anglaise) non maîtrisée. Certes en Inde, l’anglais indien est un outil avant tout ! Mes étudiants se plaignent d’avoir trop peu de cours en anglais en géo (à Bordeaux)... En revanche, les étudiants de l’EHESS, des Ecoles de commerce et de Sciences Po maîtrisent de mieux en mieux l’anglais et soutiennent leur projet (mémoire, projet professionnel etc..) en anglais. Sinon, il y a dix fois moins d’étudiants indiens que d’étudiants chinois en France !!! La ministre a donné de mauvais exemples...

    Maxime Forriez, docteur en géographie précise :

    Ecrire français dans un réseau français ne me semble pas aberrant.
    Ecrire anglais dans un réseau français pour toucher d’hypothétiques relations anglophones me paraît plus surprenant. Il existe d’autres réseaux pour cela, me semble-t-il ?

    A mon tour de vous livrer, une petite méditation sur la magnifique langue de Shakespeare. L’anglais n’est qu’un outil, certes, mais est-ce le bon outil ? Pour des raisons purement historiques, l’anglais s’est imposé en tant que langue vernaculaire internationale, et il n’a toujours pas débouté le français. Question : pourquoi ? La raison est simple ; la langue française est beaucoup plus riche en vocabulaire que la langue anglaise. Nombreuses idées en français sont purement et simplement intraduisibles en anglais.

    Récemment,un juriste m’expliquait que, lors d’un jugement à la cour internationale de la Haye, les juges étaient obligés de rendre plusieurs fois le même jugement. Non pas parce qu’ils sont incompétents, ou qu’il y a eu un appel, mais parce que, par habitude, ils utilisent l’anglais lors d’un premier procès, et que, systématiquement, le jugement rendu est intraduisible dans la langue officielle, le français. Pourquoi ? Simplement parce qu’un mot anglais peut être traduit par trois ou quatre mots en français, parfois même beaucoup plus, les juges, qui maîtrisent les deux langues parfaitement, sont donc obligés, pour trouver le bon terme français, de rendre un second jugement en langue française, donc refaire toute l’analyse de l’affaire jugée.

    La traduction française effectuée, il devient alors très facile de la traduire en n’importe quelle autre langue.

    Cela tend à montrer que l’imprécision de la langue anglaise permet de commercer idéalement, car elle permet de « noyer le poisson » lors d’une négociation, personne ne parlant vraiment de la même chose. On reste dans le flou, et c’est ce qu’il faut pour arriver à un consensus acceptable.

    Cette réflexion me rappelle un problème de traduction (ou d’interprétation) lors de la publication de la résolution 242 du conseil de sécurité des Nations unies en novembre 1967 : il y avait une ambiguïté entre le texte anglais et français qui mentionaient, en français "le retrait « des » territoires occupés" et "from occupied territories (c’est-à-dire "de" territoires occupés)" en anglais. Les israéliens n’ont pris en compte que la version anglaise parce qu’elle leur permettrait (éventuellement) de garder certains territoires acquis et "colonisés".

    Anne-Laure Amilhat Szary, professeure à l’université de Grenoble se scandalise, et avec juste raison :

    Qu’une manifestation scientifique ait lieu en Anglais n’a rien d’exceptionnel si on veut attirer d’autres collègues que nationaux ou québécois, ou membres des cercles de la francophonie ! Il est injuste de discréditer les collègues qui s’engagent sur ce terrain difficile de l’ouverture internationale.

    La discussion sur l’empire de la langue anglaise dégage des relents de regrets du pouvoir que le Français avait pu jouer dans des circonstances analogues par le passé. Personne ne nous empêche de penser en Français. Les Américains tiennent la « pensée française » et autre « French theory » en haute estime d’ailleurs. Il existe d’autres langues qui passent les frontières, l’espagnol en Amérique Latine, l’Arabe .... mais la majorité des publications se font en Anglais, ce qui nous permet de prendre connaissance de la façon dont la science se fait hors de l’Hexagone

    La langue ne doit pas être le véhicule d’un aplanissement de la pensée. C’est difficile du fait des barrières culturelles et des périmètres protégés que nous connaissons moins, dont nos mandarins n’ont pas les codes, mais pas impossible... Ce n’est pas en refusant ce dialogue que nous serons les plus constructifs. Il me semble essentiel de transmettre cette ouverture à nos étudiants.

    Stéphane Rosière tient à préciser ensuite :

    Bien sûr une manifestation en anglais banal et désormais l’utilité de telles manifestations n’est pas à démontrer. j’ai aussi intégré des cours en anglais dans la maquette du diplôme que je dirige.
    Tout l’enjeu me semble-t-il est de savoir à partir de quand nous décidons de faire une croix sur notre langue (le jour où nous disons : à quoi bon un appel à communication en français par exemple ?). C’est ce point d’inflexion, ce « seuil » à partir duquel nous considérons que notre culture n’est plus un vecteur de communication et de culture, qu’elle est inutile (no tool). C’est ce seuil qui me fait réfléchir et m’inquiète, c’est vrai.

    Et si les Américains tiennent la « french theory » en haute estime, c’est uniquement parce qu’elle est traduite en anglais, ils n’ont que faire du texte original.

    J’avais mis en exergue la citation de Fiorasso car elle relève à mon avis d’une pensée qui a passé ce seuil, qui est purement commerciale, c’est une stratégie d’attraction qui est celle d’une entreprise, mais la pensée et la langue ne sont évidemment pas seulement des outils de marketing et de rayonnement.

    Et puis, il y a ce malaise à s’attaquer à Proust, comme autrefois un président dont j’ai oublié le nom qui s’en prenait à la Princesse de Clèves, mais Proust est plus précieux que notre ministre, et son mépris qu’elle étale dans cette phrase haineuse et stupide me rappelle les propos de Goering vis-à-vis des intellectuels (sic !). L’anglais devient là clairement le masque (la justification) de la déculturation et de rien d’autre.

    Virginie Mamadouh, de l’université d’Amsterdam, s’insurge aussi avec juste raison contre l’usage exclusif du français sur une liste prétendument francophone, et s’exprime avec nuance :

    On croit halluciner en lisant certaines des dernières contributions à propos de l’usage de l’anglais sur [géotamtam].

    Les questions de politesse, ça se discute ; et même une police linguistique (plutôt intolérante et contraire aux idées de la libre circulation de l’information scientifique) pourrait se défendre, bien qu’à mon avis on doivent plutôt se réjouir des efforts faits par les géographes francophones ces dernières années pour ouvrir leurs travaux et leurs colloques aux autres (surtout à ceux qui parlent autre chose que le français et l’anglais dans la vie de tous les jours).

    Mais l’appropriation exclusive de [géotamtam] - liste française ? que les francophones hors de France se le disent ! Le statut intouchable du français comme langue des institutions internationales ?
    Ou les qualités intrinsèques du français ? (plus de vocabulaire ? plus précis ? intraduisible ?)

    On aimerait en rire.

    Si vous vous inquiétiez des effets néfastes du « sabir international dérivé de l’anglais » dans lequel vos étudiants prennent l’habitude de s’exprimer, pensez-vous vraiment qu’il serait plus pratique et bénéfique pour les miens de devoir impérativement manier deux langues au lieu d’une pour communiquer avec d’autres géographes dans des rencontres internationales ?

    Tant que les Français ne comprendront pas la différence entre français et francophone, ils auront peu de leçons à donner aux anglophones britanniques ou américain en matière de respect de la diversité linguistique. Celle-ci n’est d’ailleurs ni une condition nécessaire, ni une condition suffisante à la diversité culturelle et à la pluralité de la pensée et des approches géographiques en l’occurrence.

    Cela dit, tout à fait d’accord pour discuter des effets du statut hégémonique de l’anglais dans les échanges internationaux, et pour promouvoir le plurilinguisme, mais nous risquons d’attendre encore longtemps les étudiants de géographie qui se mettraient au néerlandais pour faire un séjour Erasmus chez nous...

    Camille Schmoll, maîtresse de conférences à l’université de Paris VII rappelle :

    Certains d’entre nous travaillent, communiquent, enseignent en anglais, sans être forcément des traîtres à la nation, à la discipline ou à la langue...

    Adrien Mangiavillano, géographe, explique avec beaucoup de toucher :

    Même si on considère le français comme plus précis, ce qui reste à prouver, car il est probable que c’est notre maitrise de l’anglais et de ses subtilités qui nous échappe, une démarche qui consiste à se priver systématiquement de 75% à 90% de l’auditoire scientifique mondial pour exposer des travaux aussi brillants et fondamentaux soient-ils ne peut que résulter d’une stratégie qui évoque une question bien connue de philo :

    peut-on avoir raison tout seul ?

    Sans chercher à y répondre et au delà des questions linguistiques (même en français, il est aisé de se rendre incompréhensible), il me semble tout de même que l’on peut voir ici une forme d’autosatisfaction bien pratique pour générer des vérités, ce qui est tout de même problématique dans une démarche scientifique. Au delà, c’est la relation à autrui, le faire « sans » dont il est question. Mais c’est peut-être, en fait, l’objectif initial.

    Oui, je trouve aussi très infantile et prétentieux de dire que la langue anglaise est moins riche que la langue française, ou telle langue moins riche que telle autre, nous savons bien que chaque langue recèle ses propres trésors, ses propres subtilités, et nous, qui prétendons parler un très bon anglais, n’en connaissons en fait pas un centième. Une simple promenade dans Londres à écouter les gens nous le prouve : parfois, nous n’en comprenons pas un mot.

    Enfin, Frédéric Dobruszkes, maître de conférences à l’Université Libre de Bruxelles (actuellement en poste au Royaume-Uni) termine par trois remarques :

    1. Il n’est guère intéressant d’opposer les langues. Rien n’empêche d’organiser, si cela s’y prête, des événements multilingues (voir email récent annonçant le colloque sur le vin au Brésil, en trois langues) ou de publier dans plusieurs langues selon les contextes. Pour ma part, je publie en français sur la politique des transports urbains, afin de contribuer au débat bruxellois et belge, et en anglais sur les dynamiques spatiales du transport aérien, vu le public scientifique beaucoup plus large intéressé par ces questions.

    2. Que telle ou telle langue soit plus riche qu’une autre, c’est à voir. Je crois savoir qu’il existe tout de même une littérature anglo-saxonne, des prix Nobel de littérature décernés à des Anglo-Saxons, etc. De toute façon, l’anglais scientifique est généralement pauvre et basique. Mais ce n’est pas pour cela que les idées véhiculées ne sont pas potentiellement intéressantes. Je conseille la lecture de quelques articles de Geoforum, Area ou Transactions of the Institute of British Geographers, parmi d’autres, à ceux qui en doutent. De même, il y avait au colloque annuel de l’Association des géographes américains (AAG) 2012 de New York, où j’ai croisé plusieurs géographes français, plus de 5 000 papiers présentés et plus de 8 000 participants. J’ai du mal à penser que malgré une langue supposément moins riche, il n’y avait rien d’intéressant et, surtout, de complémentaire aux approches plus françaises dans tout cela.

    3. A Oxford, la moitié de mes collègues directs ne sont pas britanniques mais viennent de Turquie, Grèce, Brésil, Portugal, Pays-Bas, Emirats Arabes Unis, Canada anglophone, Chine, USA et Japon, sans parler des visiteurs qui défilent du Chili, de Norvège, etc. Jusqu’à preuve du contraire, les élites intellectuelles de ces pays apprennent aujourd’hui l’anglais plutôt que le français. On peut le regretter, et la domination du champ scientifique par quelque langue que ce soit (l’allemand, le français, etc.) est d’office dommage. Il n’empêche, dialoguer avec ces collègues d’horizon divers est enrichissant, comme peut l’être tout événement scientifique où l’on confronte des approches différentes, selon les langues et/ou les orientations épistémologiques.

    Vaste et intéressant débat qu’il faut nourrir...

    #anglais #français #francophonie #monde-académique #science #savoir #connaissance

    • Et voici les dernières contributions, qui ne manquent pas de piquant

      Henri Chamussy, célèbre (et souvent fort drôle) géographe aujourd’hui à la retraite mais qui reste très actif (il est le co-auteur d’un livre sur le Liban qui vient de sortir) :

      Géotamtam qui est un réseau socio-professionnel joue bien son rôle - et de mieux en mieux - comme diffuseur d’information ; mais comme plateforme d’échanges d’idées, malgré une ou deux tentatives timides, il ne joue pas son rôle comme lieu de discussions, voire comme lieu de polémiques ; il faudrait plus souvent qu’il y ait ce que nos ancêtres clercs universitaires médiévaux appelaient une disputatio (mais ils n’avaient pas de querelles linguistiques ; tout se faisait en latin !)

      Cette disputatio sur les langues est assez para-scientifique, mais elle est importante en ces temps d’internationalisation.

      [...]

      J’ai été choqué par le fait que certains parlent de géotamtam comme d’un réseau francophone, voire français. Il serait bon qu’il devienne un réseau international, cela nous apporterait beaucoup, et alors il nous faudra nous faire, résigner, réjouir (rayez la mention inutile...) à ce qu’il soit au minimum bilingue (français et anglais).

      J’ai été, pendant plus de 10 ans, responsable des échanges Erasmus et franco-canadiens à l’IGA. Beaucoup d’étudiants renonçaient à partir à cause de leur nullité en langues, et j’étais obligé de mettre un numerus clausus aux départs au Québec, dont le succès - outre l’exotisme du Canada - résidait en ce que les gens là-bas, comme chacun sait, parlent français. D’ailleurs, preuve par neuf, j’avais peu de demandes pour McGill, comme par hasard.

      [...]

      Confronter plusieurs manières d’exprimer la géographie est un exercice absolument captivant et très instructif. Je me souviens de la réflexion de notre collègue Roy Bradshaw (Nottingham) à qui j’avais donné un article qui abordait des questions épistémologiques et didactiques, que j’avais écrit en anglais, et que je lui demandais de vérifier et de corriger ; sa réponse a été :

      "It’s very difficult, Henri ; anyway, we, french and english, we don’t think in the same way."

      Eh oui , Descartes contre Hume... A Leeds, j’ai organisé avec les collègues un staff seminar sur ce problème et j’y ai découvert des tas de choses, comme par exemple que le mot « problématique » n’existait pas en anglais (il paraît que les choses ont changé), que le mot « informatique » n’existait pas (on disait « computer science », mais ça n’a pas le même contenu conceptuel), qu’il ne faut pas traduire « épistémologie » par « epistemology » (extension du concept plus étroite, plus technique), mais par « philosophy of science », et que, comble et peut-être origine d’une grave méprise, il ne faut pas traduite « artificial intelligence » par « intelligence artificielle », le mot « intelligence » ayant le plus souvent en anglais le vieux sens français d’"information".

      Et plus récemment encore, à l’occasion de la soutenance de thèse d’une étudiante libanaise, nous avons eu une discussion passionnante sur des concepts intraduisibles, prolongée la semaine dernière à Beyrouth : le patrimoine (heritage en anglais, mais pas tout à fait avec la même extension) n’a qu’un équivalent très approximatif en arabe : « tourass », et la discussion a continué sur un autre concept, dont Ibn Khaldoun est peut-être à l’origine, « umran », intraduisible en français, mais dont l"équivalent presque judicieux est le mot anglais « settlement » (essayez de le traduire correctement en français... et dites-moi le résultat !).

      Ces discussions ont été fort enrichissantes, elles ont permis de dégager la charge des concepts derrière les mots, de dégager des mentalités collectives (et soit dit en passant, de m’éloigner définitivement du nominalisme et de régler pour mon compte la Querelle des Universaux ; qui disait du concept que ce n’était qu’un « flatum vocis » ?)

      [...] Il faut être absolument bilingue, si possible trilingue, et nos étudiants ne les sont pas assez (pour le dire politiquement incorrect : les étudiants anglophones non plus, du moins ceux à qui j’ai eu affaire ; ce sont, toujours dans le cadre de mon expérience (mais qui porte sur plusieurs centaines d’étudiants en géographie de 15 nationalités), les Allemands qui maîtrisent le mieux plusieurs langues, ainsi que les Suédois - pour ces derniers, l’anglais, rarement le français !)

      Il serait bon, voire obligatoire que dans tous les Instituts de géographie il y ait un enseignement (d’un module au moins) qui soit fait en anglais, et un autre éventuellement dans une autre langue, allemand, espagnol au choix, et que nos étudiants fréquentent les lieux où l’on apprend des langues (à l’Université Saint Joseph de Beyrouth, il y a un Institut Confucius et des étudiants libanais, tous trilingues, apprennent le mandarin).

      [...]

      Et à tous, salve (c’est du latin...)

      Nous terminerons par un deuxième message du géographe qui a été à l’origine de cette discussion passionnante, Michel Vandenbroucke, cette fois plus modéré même s’il continue de montrer quelques signes d’irritation... :

      Ma mauvaise humeur est venue du fait que l’information véhiculée par Géotamtam était rédigée dans la seule langue anglaise, alors que le lectorat est en majorité francophone. Je pense qu’il y a là quelque chose d’inconvenant et, à la limite, de cuistre.

      Je suis tout à fait d’accord pour que Géotamtam s’exprime aussi en anglais et même, si l’opportunité s’en présente, dans une autre langue par exemple en italien, en espagnol ou en allemand.

      Une des convenances voudrait, à mon avis, que l’on fasse un effort, au sein de l’Union Européenne, pour s’adonner aussi à la pratique des langues de voisinage.

      Je ne rechigne pas à m’attaquer à un texte en anglais que je pense dans l’ensemble maîtriser assez bien. Je ne prône aucunement la primauté du français ni ne prétend à sa supériorité.

      Mais nom d’une pipe ne peut-on tout de même recevoir en France, d’un groupe francophone quelque chose qui soit aussi rédigé en français !

    • En même temps, on peut entendre la crainte (justifiée ou non) de certains chercheurs ? Il y a un paquet de travaux qui ne sont publiés qu’en anglais. Pour reprendre l’exemple du latin cité plus haut, c’était la langue pratiquée par l’Église (et non comprise par les illettrés) pour asseoir son autorité. Pour le dire un peu vite, n’est-ce pas une façon de limiter l’accès au savoir que de le limiter à une seule langue... c’est une question, hein.

    • Les échanges ont continué (un peu) aujourd’hui, avec encore des idées intéressantes : Gabriel Vatin, auteur du « message originel » si je puis dire écrit :

      Comment se retrouver initiateur d’un buzz sans le vouloir ? C’est drôle de recevoir tant de courriels, tous très intéressants, sur un débat auquel je n’avais pas du tout pensé. Et maintenant, on en parle sur la toile :

      http://94.seenthis.net/tag/person:gabriel%20vatin

      [...]

      bravo à toutes et à tous pour vos messages riches en anecdotes et vos points de vue si variés !

      [...]

      Selon moi, une liste de diffusion francophone est un outil de partage d’événements, que ceux-ci soient organisés en français ou dans autre langue. C’est pour cela que j’ai diffusé cette information sur Géotamtam, après tout !

      Je vous promets de faire mes prochaines annonces en français, même si l’évènement organisé est en anglais ! Quitte à ce que l’orateur ait une mauvaise surprise au moment de prendre la parole devant le public...

      Mon point de vue sur le sujet : l’anglais est pour moi, comme pour la majorité des chercheurs, une langue fondamentale pour me faire lire. Certes, le monde de la recherche francophone peut écrire en français, pour écrire, mais si l’on cherche à se faire lire et avoir les échanges les plus intéressants, l’anglais est assez important. Après tout, quelle déception quand je trouve un article qui semble intéressant... mais écrit en russe !

      Jean-Yves Puyo, de l’université de pau ajoute :

      Je suis partisan moi aussi de la diversité linguistique. C’est ce que nous essayons de faire au sein de la commission Histoire de la Géographie de l’UGI, avec mon président (Espagnol) et mon vice-président (Anglais). Ainsi, lors des sessions « régionales » que nous co-organisons, nous prônons bien sûr l’usage les deux langues officielles de l’UGI (l’Anglais mais aussi le Français, si, si) et la langue du pays qui nous accueille.

    • Un lien indirectement lié à cette discussion :

      http://seenthis.net/messages/70221

      Adieu French : comparing English and French Wikipedias

      http://www.zerogeography.net/2012/05/adieu-french-comparing-english-and.html

      ven though there is three times as much content in English than French, one might assume that there are plenty of parts of the world in which people are more likely to annotate or augment space with French content.

    • Une réaction tardive en forme de proposition, qui vient de Charlotte Prieur (enseignante à l’université de paris IV)

      Comment aider nos étudiants géographes à mieux maîtriser la langue anglaise ?

      L’UFR de géographie et aménagement de Paris IV, organise depuis plusieurs années maintenant des cours de géographie en anglais pour les étudiants, plutôt que de laisser ce soin aux UFR d’anglais (la versification shakespearienne retenant peu l’attention de nos étudiants géographes).

      On se doute que la plupart des universités sont désormais fortement incitées à le faire et que les collègues en charge de ces cours rencontrent les mêmes types de difficultés que nous : niveaux très hétérogènes des étudiants, pas de manuel d’anglais de spécialité géographie, développer la pratique orale dans des classes souvent fournies, quête d’une revue de géographie en anglais qui serait accessible à nos étudiants (à Paris Sorbonne, on penche pour Focus on Geography plus que pour Geographical)...

      Il existe en même temps de belles opportunités : magnifiques conférences en ligne de géographes anglophones, manuels de premier cycle anglophones assez époustouflants (Introducing Human Geographies par exemple), et mise à disposition des mooc (massive open online courses) qu’il faut apprendre à sélectionner et utiliser à bon escient.

      Que ceux qui sont intéressés par ces questions n’hésitent pas à s’inscrire en envoyant un message à geographyinenglish@googlegroups.com