Extraits choisis du dernier lien ci-dessus. Décidémment, cette nana a l’air très bien.
En plus d’être contestataire, êtes-vous politisée ? [#uh_uh cc @james & @touti ;)]
Ce n’est pas « en plus ». Quoi que tu fasses, tu es politisé. Soit tu suis le flux sans te poser de questions, et tu es politisé dans le sens d’un système, soit tu décides d’être contestataire, et tu es alors politisé contre un système. Ensuite, on ne peut pas contester sans croire en quelque chose. Sinon, on est nihiliste. Et j’ai tout sauf une éducation qui me pousserait à ça. Mon parcours me prouve tous les jours qu’il y a des choses à espérer, mais qu’il faut se les arracher. On ne peut pas attendre qu’elles tombent du ciel.
Que reflète votre rap de votre double héritage suisse et libanais ?
Les textes que j’écris, c’est ce que je suis. Quand tu es enfant d’#immigré, quand tu es né ailleurs, que tu t’y retrouves mal et qu’on te reproche tes origines, tu te poses beaucoup de questions. C’est mon cas : je rappe ce que je suis. Tous, on rappe sa propre merde. Du coup, mon rap reflète mes origines, mais aussi tous les autres aspects de ma personnalité. Comme quelqu’un qui ferait de la peinture. Chez #Frida_Kahlo, il y a une dimension politique, une dimension de genre, une dimension psychopathologique suite aux accidents qu’elle a subis, une dimension géographique puisqu’elle a été influencée par l’art de sa région. Pour moi, c’est pareil.
Vous êtes proche des rappeurs du Moyen-Orient, notamment #palestiniens. Racontez !
A une certaine période, j’ai eu envie d’aller découvrir ce qu’il y a avait du côté d’où je viens. J’avais envie de mettre mon propre pied dans ces lieux, de faire mes propres rencontres. Forcément, j’ai été amenée à rencontrer des gens dans le domaine du rap, mais aussi d’autres milieux. Certains événements tragiques pour cette région du monde m’ont donné l’impulsion de créer des projets qui parlent de ce qui se passe sur place. Par exemple à #Gaza. On avait rencontré le groupe Dark Team via le cinéaste Nicolas Wadimoff. Il avait le souhait qu’on monte un projet ensemble, en nous laissant complètement carte blanche. On a fait des demandes de fonds, on a enregistré l’album à distance, ils sont venus : on vit dans l’instantané, et on rebondit rapidement sur l’actualité.
(...) Comment vous situez-vous par rapport aux autres (rares) femmes rappeuses ?
Je ne suis pas de l’école qui prend le parti du genre. Tu fais du bon rap ou tu fais de la merde que tu sois fille ou garçon. J’ai même un problème avec le fait de mettre plein de #femmes ensemble parce qu’elles « savent faire des trucs super ! ». Je ne connais rien de plus infantilisant que l’idée du quota. Le #patriarcat est partout, le #sexisme aussi, c’est un fait, pas plus dans le rap qu’ailleurs. Ça ne sert à rien de créer des plages spéciales femmes. On sait se les arroger nous-mêmes quand tel contexte nous pousse à le faire. Je ne pense pas que ce soit une bonne démarche que de rallier le rap sous un giron féminin. Je suis solidaire du bon rap, qu’il soit masculin, féminin ou #alien.