#Brice_Parain : Radio et solitudes (1930), sur @syntone
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Alors, pourquoi ne pas imaginer qu’il y aura des hommes qui, simplement, comme autrefois on attendait (comme disaient les paysans, on “espérait”), écouteront tout ce qui viendra du monde, parleront au monde et lui diront tout ce qu’ils ont à dire, jusqu’au moment peut-être où ils entendront une #voix qui répondra ?
C’est une sorte de civilisation qu’on pourrait presque appeler primitive, puisqu’il n’y aura plus toute cette vie de société par laquelle les hommes sont tous demi-présents les uns aux autres. Il y aura dans cette #solitude une sorte d’appel plus pressant, plus vrai, et peut-être une possibilité de réponse venant de loin, d’un endroit où la personne qui parle n’aurait peut-être pu aller.
C’est en cela qu’il existe peut-être dans la #radio la possibilité d’une sorte de nouvelle civilisation ou de nouvelle littérature, c’est-à-dire la littérature qui accepterait ce qu’il y a d’absence en elle, qui n’aurait pas besoin de faire d’effort, cet effort dans lequel est contenu la rhétorique, la littérature qui serait plus proche de l’inspiration, qui n’aurait pas besoin de se soumettre à des règles d’expression qui font qu’il faut dire une chose avant une autre, selon un ordre qu’il est nécessaire de calculer pour que les gens vous comprennent ou vous suivent, mais qui se laisserait aller beaucoup plus à une sorte d’#inspiration spontanée, de #rêve naturel.
Belle réflexion, qui fait écho à celle, à la même époque (quelques années plus tard), de #Günther_Anders sur la radio comme "livraison à domicile" du #fantôme du monde (L’Obsolescence de l’homme, tome 1). Mais chez Anders, point de salut dans ou par la radio, analysée comme une #machine strictement néfaste.




















