#intersectionnalité

  • De la nécessité d’articuler #Féminisme et anti-racisme - intersectionnalité
    http://www.alsacelibertaire.net/spip/spip.php?article108

    Ce sont les militantes du courant Black Feminism, puis du féminisme chicano, qui ont fait émerger cette problématique en remettant en cause la domination blanche sur le mouvement des femmes. En effet, les années 60 aux Etats-Unis ont été le théâtre de mouvements de femmes chicanas et noires, qui ont dénoncé les tendances racistes dans le mouvement féministe et l’invisibilisation de revendications spécifiques des femmes non-blanches. Elles ont mis en avant des différences entre le vécu des femmes (...) (...)

    #Analyses #Intersectionnalité #Antifa #Autocritique #islamophobie
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Black_feminism
    http://en.wikipedia.org/wiki/Kimberl%C3%A9_Williams_Crenshaw
    http://www.cairn.info/revue-cahiers-du-genre-2005-2-page-51.htm
    http://lmsi.net/Antisexisme-ou-antiracisme-Un-faux
    http://www.cairn.info/de-la-question-sociale-a-la-question-raciale--9782707158512-page-230.htm
    http://remi.revues.org/2359
    http://www.cairn.info/revue-cahiers-du-genre-2005-2-page-83.htm


  • De l’#intersectionnalité et de la coalition

    http://2.bp.blogspot.com/-jgy3_ijwXyE/URuTbYrCXrI/AAAAAAAADfk/H8PShUXqjFQ/s1600/intersectionnalit%C3%A9.png

    " Envisageons dans cette optique le scandale Clarence Thomas/Anita Hill. Lors des auditions organisées au Sénat pour confirmer la nomination de Clarence Thomas à la Cour suprême, si Anita Hill, qui accusait Thomas de harcèlement sexuel, s’est vue dépossédée de ses arguments, c’est en partie parce qu’elle s’est retrouvée coincée entre les interprétations dominantes du féminisme et de l’antiracisme. Prise entre deux tropes narratifs concurrents - d’un côté le viol, mis en avant par les féministes, de l’autre le lynchage, mis en avant par Thomas et ses partisans -, elle ne pouvait rien dire des dimensions raciale et genrée de sa position. On pourrait présenter ce dilemme comme la conséquence de l’essentialisation de l’« être noir » par l’antiracisme et de l’« être femme » par le féminisme.

    Cela ne nous mène cependant pas assez loin, car le problème n’est pas simplement de nature linguistique ou philosophique. Il est spécifiquement politique : ce qui est dit du genre l’est à partir de l’expérience des bourgeoises blanches ; ce qui est dit de la race l’est à partir de l’expérience des Noirs de sexe masculin. La solution ne passe pas simplement par une défense de la multiplicité des identités ou une remise en cause de l’essentialisme en général. Dans le cas de Hill, par exemple, il aurait au contraire fallu affirmer ces aspects fondamentaux de sa position (ou de sa « localisation ») qui précisément étaient gommés, y compris par ses défenseurs. En d’autres termes, il aurait fallu préciser quelle différence faisait sa différence.

    Si, comme je l’affirme, l’histoire et le contexte déterminent l’utilité de la politique de l’identité, comment comprendre cette politique aujourd’hui, notamment à la lumière de la reconnaissance des multiples dimensions de l’identité ? Plus précisément, qu’entendons-nous lorsque nous avançons que les discours antiracistes occultent les identités de genre de même que les discours féministes occultent les identités de race ? Est-ce que cela signifie que nous ne pouvons pas parler de l’identité ? Ou que tout discours s’y rapportant doit reconnaître que la construction de nos identités passe par l’intersection de dimensions multiples ? Pour commencer à répondre à ces questions, il faut au préalable reconnaître que les groupes identitaires organisés dans lesquels nous nous retrouvons sont en fait des coalitions, ou à tout le moins des coalitions potentielles qui attendent de se former.

    Dans le contexte de l’antiracisme, ce n’est pas parce que nous reconnaissons que la politique de l’identité telle qu’elle est couramment comprise marginalise les expériences intersectionnelles des femmes de couleur que nous devons pour autant renoncer à essayer de nous organiser en tant que communautés de couleur. L’intersectionnalité nous offre au contraire une base pour reconceptualiser la race comme une coalition entre hommes et femmes de couleur. Dans le cas du viol, par exemple, elle nous permet d’expliquer pourquoi les femmes de couleur doivent laisser tomber l’argument général qui, au nom des intérêts de la race, recommande d’éviter tout affrontement sur la question du viol intraracial. Elle nous donne aussi les moyens de réfléchir à d’autres formes de marginalisation. Ainsi la race peut-elle être au départ d’une coalition d’hétérosexuels et d’homosexuels de couleur, et servir de la sorte de point d’appui à une critique des églises et des institutions culturelles qui reproduisent l’hétérosexisme."

    (#Kimberlé Williams #Crenshaw)

    http://bougnoulosophe.blogspot.be/2013/02/de-lintersectionnalite.html

    #feminisme #Minorité #Racisme


  • Enjeux et défis de l’intersectionnalité. Entretien avec Sirma Bilge | Contretemps
    http://www.contretemps.eu/fr/interventions/enjeux-d%C3%A9fis-lintersectionnalit%C3%A9-entretien-sirma-bilge

    Sirma Bilge est l’auteur de Communalisations ethniques post-migratoires : le cas des « Turcs » de Montréal. Elle a codirigé deux numéros thématiques de Journal of Intercultural Studies sur « Women, Intersectionality and Diasporas » (2010) et « The New Politics of Racialized Sexualities » (à paraître en mai 2012). Elle a aussi publié plusieurs articles dans les revues scientifiques. Professeure agrégée au département de sociologie de l’université de Montréal, et fondatrice-directrice du pôle de recherche « Intersectionnalité » (aujourd’hui défunt) au sein du Centre d’études ethniques des universitaires montréalaises (CEETUM), ses présents travaux portent sur les intersections des formations sociales de race, d’ethnicité, de genre et sexualités et de classe et s’efforcent d’examiner comment les notions d’identité et d’altérité nationales/ethniques/raciales s’articulent par le truchement des normativités de genre et de sexualité. Plus largement, ils visent à saisir l’imbrication des politiques de genre, de sexualité et de race dans le contexte des nationalismes contemporains « occidentaux » (dont le terrain spécifique est la société québécoise) à partir de l’angle d’approche critique de gouvernementalité racialisée et orientaliste qui se trouve au cœur de la construction de la modernité occidentale. Ce faisant, ils problématisent les déploiements contemporains des politiques de genre et sexualités et des mouvements féministes et LGBTIQ pour patrouiller sur les frontières matérielles et symboliques des nations occidentales.

    #intersectionnalité