• Les mères d’élèves en foulard veulent pouvoir accompagner leurs moutards (Libération.fr)
    http://www.liberation.fr/societe/2013/05/17/les-meres-d-eleves-en-foulard-veulent-pouvoir-accompagner-leurs-moutards_

    Ces mères demandent au gouvernement le retrait de la circulaire Chatel qu’elles estiment « discriminatoire » contre les femmes musulmanes et source « d’arbitraire et d’inégalité ». De fait, ce texte ne fixe pas d’interdiction, mais il recommande aux établissements d’inscrire ces dispositions dans leurs règlements intérieurs. Ainsi Nadia, qui a aussi deux enfants scolarisés en primaire, peut être accompagnatrice dans l’école de ses plus grands, mais pas à la maternelle du petit dernier. Elle fait remarquer, avec une pointe d’amertume, que son voile « ne gêne personne quand il s’agit de tenir les stands ou de faire des gâteaux pour les fêtes de l’école ».

    #éducation #parents #islamophobie #laïcité


  • Laïcité : doit-on discriminer ceux qui ne discriminent pas ? | Causeur
    http://www.causeur.fr/laicite-baby-islam,22396

    Je n’ai jamais demandé la disparition des manifestations religieuses de l’espace civil ; je trouve juste et normal qu’un croyant ait la possibilité de faire valoir sa foi publiquement, juste et normal aussi qu’il puisse fonder une entreprise confessionnelle pratiquant la discrimination à l’embauche. Mais les citoyens n’ont-ils pas le droit symétrique de faire valoir la neutralité (laquelle, à la différence des entreprises de tendance, n’exclut personne) dans leurs entreprises privées et de penser qu’elle est nécessaire à l’éducation des petits enfants ? N’ont-ils pas aussi le droit à la même liberté d’entreprendre lorsqu’il s’agit de préserver ladite neutralité dans des domaines où elle est justifiée ?
    Telles sont les questions que je me pose à l’issue de cet arrêt de la Cour de cassation qui me semble révéler une inégalité de principe non seulement entre les entreprises et les associations, mais aussi entre les individus. Il y a là deux poids et deux mesures qui me semblent contraires à l’égale liberté d’entreprendre et à l’égale liberté de conscience. C’est aussi le droit du travail qui présente des lacunes à ce sujet. Il n’appartient pas à la Cour de cassation de faire la loi, mais en la disant, en la rappelant et en l’interprétant elle en révèle les lacunes. De ce fait le législateur est interpellé.

    #entreprises-de-tendance #droit #laïcité



  • Loubia Connection : Objet de fantasme
    http://loubiaconnection.blogspot.fr/2013/04/objet-de-fantasme.html

    A partir de maintenant, grâce à ta gueule d’Arabe, on va se demander pourquoi tu portes un bonnet, un bandeau, un foulard quand il pleut. On va se demander si ta jupe est longue parce que tu es musulmane. On va se demander si ton chignon et tes cheveux tirés sont dictés par le caractère strict de ta religion, et quand même tu serais tellement plus mignonne et libérée si tu laissais sortir quelques cheveux. On va fantasmer sur le caractère religieux de ta veste trois boutons, fermée jusqu’au col.

    Sérieusement, ça va s’arrêter où ?

    #laïcité #exclusion


  • Principe de #laïcité (Art. 1er Constitution) : Quand le Conseil constitutionnel veut éviter toute discorde sur le front alsacien-mosellan | La Revue des Droits de l’Homme
    http://revdh.org/2013/03/29/principe-de-laicite-conseil-constitutionnel-discorde-front-alsacien-mosellan

    Du point de vue de sa propre jurisprudence, le juge constitutionnel ne reprend pas expressément le PFRLR qu’il a dégagé en 2011. Mais la démarche heuristique du juge constitutionnel visant à se référer à la volonté du constituant procède d’un même constat ultime : la persévérance du droit local des cultes à défaut d’une abrogation ou d’une harmonisation avec le droit commun, qu’il soit de valeur législative ou constitutionnelle.

    Au-delà de ce « précédent », le Commentaire au Cahiers de cette décision s’attache à témoigner longuement de l’apport jurisprudentiel relatif au principe de laïcité réalisé par la Haute-juridiction constitutionnelle, essentiellement sur la question du financement public de l’enseignement privé sous contrat d’association (Commentaire aux Cahiers, p. 15 à 18. Exception faite de la décision n° 2004-505 DC également citée et relative au Traité établissant une Constitution pour l’Europe qui s’attache à donner un contenu substantiel au principe de laïcité, un contenu qui s’avère pour le moins alambiqué et posant davantage de questions qu’elle n’en résout). Il en ressort que l’aide publique à des activités à connotations plus ou moins cultuelles est possible « dans un cadre approprié […] [lorsqu’] il s’agit de ne pas priver de garanties légales une exigence de caractère constitutionnel » (Commentaire aux Cahiers, page 18), à l’instar de la liberté d’enseignement. Ainsi le soutien financier public d’activités en lien plus ou moins ténus avec des activités à coloration cultuelle est possible, mais encadré, avec vigilance, par le juge. Celui-ci peut vérifier alors la contribution à un service public ou l’intérêt public porté par l’opération ou l’activité soutenue, mais aussi la fixation de critères objectifs encadrant cette aide, voire encore la nécessité d’un tel soutien en vue de la concrétisation d’une liberté ou d’un droit constitutionnellement reconnu.

    Cette politique jurisprudentielle ne se restreint toutefois pas au seul Conseil constitutionnel qui, « baigne » effectivement dans un environnement juridique imprégné de la philosophie politique libérale et pragmatique de la loi du 9 décembre 1905 : une loi ou un corpus consolidé et envisagé, dès le début, comme une loi de pacification et de compromis, pour ne pas dire de concorde. Cet esprit habite ainsi les jurisprudences les plus récentes du juge administratif. Celui-ci a ainsi jugé en 2005 que le « le principe constitutionnel de laïcité, […] n’interdit pas, par lui-même, l’octroi dans l’intérêt général et dans les conditions définies par la loi de certaines subventions à des activités ou équipements dépendant des cultes » (CE, 16 mars 2005, n° 265560). L’emploi de l’expression « par lui-même » dénote bien cette autonomie du principe par rapport à la loi de 1905. Toutefois, il ne faudrait pas exagérer un tel constat dans la mesure où la loi de 1905 prévoit, en son sein de multiples exceptions au principe d’interdiction de financement public du culte (aumônerie, entretien et conservation des biens immobiliers non dévolus et réparation des biens dévolus…).

    Peut être ajoutée à cet ensemble, l’œuvre jurisprudentielle de l’été 2011, par laquelle le Conseil d’Etat est venu préciser les modalités de financement de « lieux de culte » au regard de l’interdiction de principe de financement du culte figurant principalement à l’article 2 de la loi de 1905 (Conseil d’Etat, Ass. 19 juillet 2011, Commune de Trélazé, n°308544 ; Fédération de la libre pensée et de l’action sociale du Rhône et M. P., n°308817 ; Communauté urbaine du Mans – Le Mans Métropole, n°309161 ; Commune de Montpellier, n°313518 ; Mme V., n°320796 – ADL du 21 juillet 2011 ; Voir, à cet égard, notre mémoire de master soutenu publiquement le 6 septembre 2012 à l’Université Panthéon-Sorbonne Paris 1 – « Exemple d’une »juridicisation » continue du principe de laïcité : le Conseil d’Etat, la loi de 1905 et le financement public des lieux de culte », sous la direction de Monsieur le Professeur Etienne Picard. Disponible à la Bibliothèque d’études doctorales juridiques de la Sorbonne). Mais au-delà de ces exigences relatives à une certaine ligne jurisprudentielle, la présente solution semble également pouvoir s’expliquer par la réserve dont ferait preuve le Conseil constitutionnel à l’égard d’une telle question aux implications sociétales multiples.


  • Chasse au #voile : une entreprise de purification nationale | Rue89
    http://www.rue89.com/2013/04/02/haro-voile-entreprise-purification-nationale-241050
    Laurent Bazin | Anthropologue au CNRS pas content

    Par les exclusions qu’il prononce, cet ordre nationaliste du « genre » qui se construit n’est pas moins sexiste et violent que le vieil ordre sexuel qu’il a remplacé ni que le machisme qu’il prétend aujourd’hui combattre en arrachant leur voile aux musulmanes.

    Car derrière le voile, l’islam, mais sous les foulards, les bonnets et les hidjabs, ce sont des femmes. Ce sont des #femmes que l’on regarde de travers, que l’on montre du doigt, que l’on érige en menace, en souillure dont il faut préserver les enfants, des femmes dont on restreint chaque jour un peu plus les droits.

    Ce sont des femmes – et non des hommes – qui sont expressément visées, qui subissent l’opprobre le plus violent et qui se voient interdire l’accès aux espaces publics, de l’école, du travail… et sans doute bientôt des élections.

    Si ce sont des femmes que l’on persécute de la sorte, c’est qu’elles sont perçues comme vulnérables et doublement inférieures parce que femmes et parce que porteuses d’une religion considérée comme étrangère.
    Ne comprennent-elles pas qu’on veut faire leur bien, ces ingrates ?

    #religion #laïcité


  • Un dialogue entre Tariq Ramadan et Jeannette Bougrab qui fait beaucoup parler d’elle en ce moment

    Laïcité : faut-il une nouvelle loi ?
    http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2013/03/29/01006-20130329ARTFIG00536-laicite-faut-il-une-nouvelle-loi.php

    La Cour de cassation a-t-elle ouvert une brèche en annulant la clause générale de laïcité et de neutralité figurant dans le règlement intérieur de la crèche privée Baby Loup, qui avait justifié le licenciement d’une salariée en 2008 ? Jeannette Bougrab et Tariq Ramadan débatent.

    Le Figaro : Comment appréhendez-vous le jugement de la Cour de cassation ?
    Tariq RAMADAN - La Cour de cassation s’en est tenue à la loi qui stipule que des agents de l’Etat ne doivent exprimer aucune affiliation religieuse. La crèche Baby Loup étant dans le registre du privé et non d’une institution qui représenterait l’Etat, on ne saurait imposer le principe de neutralité des employés dans le secteur privé. Les interventions de Mme Bougrab et du ministre de l’Intérieur dans cette affaire sont donc légalement infondées, elles relèvent plus de la prise de position politique, voire politicienne, que de la laïcité telle qu’elle est stipulée par la loi.
    Jeannette BOUGRAB - Le principe de laïcité est inscrit à l’article premier de la Constitution, ce qui marque clairement son importance, et il a vocation à s’appliquer sur l’ensemble du territoire. La Cour de cassation vient de limiter le principe de laïcité au seul service public, comme si ce principe constitutionnel pouvait être à géométrie variable, et renvoie l’affaire devant la cour d’appel de Paris, qui statuera. On se retrouve face aux problèmes de voile de la fin des années 1980, lorsque le règlement intérieur des établissements scolaires avait à définir les limites au port de signes ostentatoires à l’école par les élèves. Que ma réaction ainsi que celle de Manuel Valls, auxquelles il faut ajouter celle de Najat Vallaud-Belkacem, soient qualifiées d’attitude politique est pour le moins surprenant dès lors que la situation a ému l’opinion publique française, laquelle, dans un sondage BVA, vient de se prononcer à 85 % contre l’avis de la Cour de cassation. Quant à l’attitude politicienne, il suffit de rappeler que la porte-parole du gouvernement - qui ne partage assurément pas mes opinions - explique que le législateur va prendre ses responsabilités et appliquer le principe de laïcité qui est inscrit dans l’ordre juridique interne et dans la norme suprême : la Constitution.

    Tariq RAMADAN - Si le principe de laïcité est commun à l’ensemble de la société française, il s’applique évidemment de façon différenciée selon les espaces d’activités. Ce que dit la loi et ce que répète justement la Cour de cassation est qu’on ne peut pas, au nom de la neutralité qui doit s’imposer à l’Etat, passer à une neutralité que l’on imposerait au secteur privé . Les organisations, fondations ou institutions privées jouissent d’une marge de manoeuvre, au nom de la liberté de conscience et de culte, au nom même de la Constitution.
    Jeannette BOUGRAB - Je ne connais pas de principes constitutionnels qui s’appliquent dans les services publics et pas dans les entreprises privées. Partant de votre raisonnement, on pourrait étendre cela à l’égalité entre les femmes et les hommes, laquelle ne vaudrait que dans le public sans avoir droit de cité dans le privé. C’est grave. Les principes constitutionnels d’égalité et de laïcité sont non négociables au nom d’options philosophiques ou religieuses.
    Tariq RAMADAN - Cela n’a rien à voir. La gestion des libertés publiques et privées n’est pas comparable au principe inaliénable d’égalité.
    Jeannette BOUGRAB - Si ! Car il existe en France ce que l’on nomme les « établissements de caractère », d’essence confessionnelle, où le code du travail s’applique de façon spécifique. C’est ainsi que la Cour de cassation a estimé légal le licenciement d’une jeune femme catholique qui se remariait alors qu’elle avait divorcé, en contradiction flagrante avec le dogme professé dans son établissement - cas de figure qui n’est nullement applicable aux établissements non confessionnels. Que l’interdiction de l’abaya et du foulard clairement spécifiée dans le règlement intérieur de la crèche Baby Loup se soit transformée en affaire d’Etat n’est pas acceptable. La laïcité doit être autant protégée que la liberté religieuse. Il n’existe pas de supra-constitutionnalité en droit français.
    Tariq RAMADAN - Mais où allez-vous chercher le supra-constitutionnel ? C’est au nom de la Constitution que la Cour de cassation vous donne tort, car vous voulez limiter la liberté religieuse aux seuls établissements confessionnels. Vous avez une lecture abusive et restrictive, et au fond idéologique, du principe de la laïcité. Quand des institutions ou des entreprises privées étrangères - américaines ou autres - viennent s’établir sur le sol français, elles ont, au nom même de la Constitution, une marge de manoeuvre garantie par la loi. Elles ne peuvent néanmoins limiter la liberté au nom d’un principe qui s’applique uniquement aux agents de l’Etat. Votre démarche est politicienne et vous dicte une lecture de la Constitution infondée qui va jusqu’à invoquer le sentiment populaire pour se justifier. Tous les Français musulmans, à l’exception des littéralistes, reconnaissent la laïcité comme un fondement de l’Etat et demandent son application égalitaire, sans discrimination. Les spécialistes de la laïcité comme le sociologue Jean Boussinesq et les historiens et sociologues Emile Poulat ou Jean Baubérot s’opposent à votre interprétation, qui trahit le fondement de la laïcité. Que Manuel Valls ait suspendu quelques instants son rôle de ministre de l’Intérieur à l’Assemblée nationale pour vous rejoindre dans vos positions met en évidence les tendances populistes qui, chez certains politiques de gauche comme de droite, cherchent à attirer l’électorat du Front national en usant de sa rhétorique qui stigmatise et entretient la peur. A terme, cette démarche est irresponsable.

    Jeannette BOUGRAB - On ne vous a pas attendu pour réfléchir sur l’islam en France : nous avons eu l’émir Abd el-Kader dès le XIXe siècle, chef de guerre redoutable et fin penseur de l’islam, qui a risqué sa vie pour sauver des chrétiens. Des islamologues contemporains tels que Mohammed Arkoun ou Rachid Benzine, par exemple, ne pensent pas comme vous. Avoir une position différente de la vôtre n’équivaut donc pas à stigmatiser les musulmans - je suis moi-même de culture musulmane et n’ai pas de leçons à recevoir. Vous m’accusez d’avoir des idées proches du Front national. Si on a fait une loi sur les signes ostentatoires à l’école, c’est qu’il y avait un flou, une jurisprudence fluctuante de la part du Conseil d’Etat. Les chefs d’établissement n’en pouvaient plus d’être sous la pression des fondamentalistes. Je ne réclame nullement que le principe soit établi dans tous les lieux privés, mais dans un certain nombre d’endroits, tels que les crèches, en vue de préserver les enfants. Il ne s’agit pas d’interdire aux mères de porter le voile ni aux pères de porter le turban sikh s’ils le désirent, mais de dire aux employés qui accueillent des familles de cultures et de religions différentes de laisser les signes ostentatoires à l’entrée. Je vous demande en quoi recevoir des gens sans porter l’abaya serait une atteinte grave et inacceptable à la liberté religieuse ? Au reste, vous semblez considérer que le port du voile serait indissociable de la pratique cultuelle de l’islam, permettez-moi d’en douter.
    Tariq RAMADAN - Ce n’est ni à vous ni à moi d’en décider. Nous n’avons pas ici à aborder l’interprétation de l’islam et je ne vous répondrai pas en tant que théologien. Je ne savais pas par ailleurs que l’émir Abd el-Kader avait pensé l’islam de France. Vous abondez donc dans mon sens puisque vous affirmez vous-même que vous ne réclamez pas « que le principe soit établi dans tous les lieux privés ». Il y a donc bien des applications différenciées, comme le rappelle la Cour de cassation. Vous voulez décider idéologiquement des lieux privés où la liberté s’applique.
    Jeannette BOUGRAB - Comme vous n’êtes ni le constituant ni le législateur, on verra les suites de cette affaire devant la cour d’appel et, peut-être, le Parlement demain. La Cour de cassation a estimé que le principe de laïcité ne s’appliquait pas aux entreprises. C’est cela qui est grave. C’est une atteinte au pacte républicain.
    Tariq RAMADAN - Soyez précise : la Cour n’a pas dit que le principe de laïcité n’était pas applicable, mais que c’était ici le principe de laïcité exigeant la neutralité des agents qui ne l’était pas. Appliquer le principe de neutralité à des employés d’une institution privée est un abus.
    Jeannette BOUGRAB - En se permettant d’intervenir dans le domaine qui relève des juridictions administratives, la Cour de cassation est allée au-delà de sa compétence en estimant que la laïcité ne s’appliquait qu’aux services publics. Les personnes publiques ne gèrent pas toutes des services publics. Si on suit le raisonnement de la Cour de cassation, cela voudrait dire que demain on pourrait avoir dans la même administration des agents voilés et d’autres astreints au principe de neutralité. C’est absurde ! Le Conseil d’Etat reviendra certainement là-dessus.

    Le Figaro : Faudra-t-il une loi pour clarifier la situation ?
    Tariq RAMADAN - La loi est claire. Ce sont les avocats de sa lecture restrictive et exclusive qui veulent, disent-ils, la « clarifier ». Pour mieux stigmatiser et exclure. C’est une impasse.
    Jeannette BOUGRAB - Prendre les musulmans en otage et affirmer qu’on les stigmatise sitôt qu’on débat de laïcité est insupportable.
    Tariq RAMADAN - Ce n’est pas la laïcité, mais l’interprétation que vous en faites qui est stigmatisante. Si la laïcité était appliquée égalitairement dans la lettre et dans l’esprit, il n’y aurait aucun problème. La lecture idéologique que vous proposez pousse le principe jusqu’à l’excès, jusqu’à permettre à certains de considérer qu’il ne faut pas qu’une mère présente de signes distinctifs religieux quand elle va chercher son enfant !
    Jeannette BOUGRAB - Ce n’est pas le problème ! La laïcité doit s’appliquer aux agents. Il n’était absolument pas question des parents dans l’affaire Baby Loup.
    Tariq RAMADAN - Entretenir l’idée qu’on est sous une menace et qu’il faut légiférer en interdisant tout ne peut qu’être contre-productif. En tout cas, cela n’aide pas ! Et pousser le principe de laïcité par le biais de l’obsession du légal est excessif.
    Jeannette BOUGRAB - La menace des fondamentalistes, je la vois tous les jours. Le modèle communautariste à l’anglo-saxonne n’est assurément pas celui dont je rêve. Avoir demain des bobbies, autrement dit des gendarmes, avec un turban, cela me gêne ; avoir la burqa chirurgicale pour les infirmières à l’hôpital, cela m’est insupportable ; qu’au Royaume-Uni des parents tuent leur fille parce qu’ils l’estiment trop occidentalisée, cela me révolte. Avec la charia introduite dans leur code, certains pays du Maghreb permettent de marier une fille à son violeur pour qu’il échappe à la prison ; une femme violée peut être poursuivie pour atteinte aux bonnes moeurs. C’est ainsi qu’en France, loin de stigmatiser les musulmans, la laïcité est un principe émancipateur pour les femmes.
    Tariq RAMADAN J’ai fait la critique du modèle anglo-saxon et j’ai pris une position très ferme sur les situations inacceptables au Maghreb. Ne mélangeons pas tout, nous parlons ici de la laïcité française. La Cour de cassation vient d’exprimer, en droit, que votre interprétation est abusive.
    Jeannette BOUGRAB - Si la cour d’appel nous donne raison, que direz-vous ? Que la justice ne respecte pas le principe de laïcité ? Et que direz-vous face à une nouvelle loi ?
    Tariq RAMADAN - Quand le texte de 2004 sur le foulard a été voté, alors qu’auparavant rien ne s’opposait à ce signe distinctif dans la laïcité française, j’ai pris position en disant aux jeunes filles que la loi avait été votée et qu’entre le foulard et l’école il fallait choisir l’école. Si une nouvelle loi devait passer, je respecterais sa validité tout en n’adhérant pas - et cela est du ressort de la liberté intellectuelle du citoyen - à son esprit restrictif.
    Jeannette BOUGRAB - Je ne vois dans votre recommandation aux jeunes filles que du paternalisme. C’est vous qui avez une vision restrictive en souhaitant une application « différenciée » du principe de laïcité selon les communautés, vision contraire à l’essence même de notre modèle républicain.
    Tariq RAMADAN - Il n’y a là aucun paternalisme, je ne fais que répondre à votre question sur ma position. Ce qui est restrictif, et abusif, est de vouloir contrôler les institutions et les espaces privés au nom d’une lecture politique de la laïcité. C’est cela qui est contraire à l’essence du modèle républicain.
    Jeannette BOUGRAB - Votre méthodologie dans l’interprétation de la Constitution est dangereuse. Elle laisse se profiler l’idée qu’à l’intérieur de structures privées on pourrait écarter les principes fondamentaux de la République au nom d’un dogme religieux. Les Français savent parfaitement bien ce qu’est le modèle républicain ; ils n’ont besoin de personne pour qu’on le leur explique - et ils entendent le préserver ! On a vu leur avis par sondage : 85 % se prononcent contre le voile dans les crèches. Rendez-vous en appel !

    #laïcité #crèche-Baby-Loup #Tariq-Ramadan #Jeannette-Bougrab


  • Une révolution conservatrice dans la laïcité - Les mots sont importants (lmsi.net)
    http://lmsi.net/Une-revolution-conservatrice-dans

    Après la loi anti-niqab, après les « apéros saucisson-pinard » et les « Assises contre l’Islamisation de l’Europe », après la campagne contre les « prières de rue », après le « grand débat sur l’Islam », après l’offensive initiée par Luc Chatel contres les mères d’élèves voilées – et parfaitement relayée par l’actuel pouvoir socialiste – et après l’ubuesque et répugnante chasse aux « robes longues unies » du lycée Blanqui de Saint Ouen, Marine Le Pen relançait les hostilités en septembre dernier, en proposant une interdiction du foulard dit islamique dans l’ensemble de l’espace public – une proposition que la police commença à appliquer, le jour même, au Trocadéro à Paris... Et il aura suffit, cette semaine, qu’une cour de cassation rappelle le droit pour qu’en huit jours, sous l’irrésistible pression d’un ministre de l’Intérieur, de deux philosophes médiatiques et d’une soeur Caroline, le président de la république, François Hollande, annonce une nouvelle chasse aux voilées.

    #voile #féminisme #islam #laïcité


  • Altermondialisme et islam politique : la gauche face aux conservatismes - Page 3 | Mediapart
    http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/290313/altermondialisme-et-islam-politique-la-gauche-face-aux-conservatismes?page

    Qu’on le veuille ou non, l’islam est une référence incontournable dans toutes les sociétés musulmanes. La question est donc de savoir sur quelles bases, avec qui, et pour quel objectif on peut bâtir des partenariats. Mais il me semble aussi limité de penser que l’islam est la solution que d’affirmer que la laïcité est cette solution, parce qu’il existe des laïcités exclusives, stupides et racistes. »

    #FSM #laicité #islam #gauche


  • La #charia_laïque : quand le #voile_islamique remplace le foulard
    http://reflets.info/la-charia-laique-quand-le-voile-islamique-remplace-le-foulard

    (En l’espace de 10 ans, la défense de la laïcité a basculé dans une forme d’#islamophobie non assumée, relayée par des média de plus en plus abrutis au point de déformer l’objet du délit et nier la culture d’origine d’une partie de la population…) En 2003, il y eut le grand débat sur le port [...]

    #A_la_Une #France #Tribunes #contrôle_social #Débat_sur_la_place_de_l'islam_dans_la_république #featured #france_islamophobe #Journalistes #Laïcité #musulmans #xénophobie


  • Laïcité et illicéité du règlement intérieur d’une entreprise ne gérant pas un service public - Rupture du contrat de travail | Dalloz Actualité
    http://www.dalloz-actualite.fr/essentiel/laicite-et-illiceite-du-reglement-interieur-d-une-entreprise-ne-ger

    La #laïcité n’a donc jamais eu pour vocation, contrairement à certaines croyances populaires, de régir les relations des personnes privées entre elles sur les questions religieuses, notamment la relation de travail entre un employeur de droit privé et ses salariés (V. A. Supiot, La religion au travail, in Mélanges Jean Hauser, LexisNexis/Dalloz, 2012 ; F. Gaudu, La religion dans l’entreprise, Dr. soc. 2010. 65 ). On peut regretter que la Cour affirme aussi catégoriquement que l’association Baby Loup ne gère pas un service public. C’est bien évidemment vrai au regard des critères définissant l’existence d’un service public (CE 16 nov. 1956, Union syndicale des industries de l’aéronautique, Lebon p. 434 ; S. 1957. 38, concl. Laurent ; D. 1956. 759, concl. Laurent ; JCP 1957. II. 9968, note Blaevoet ; AJDA 1956. II. 489, chron. Fournier et Braibant) mais la question aurait pu se poser de savoir si la crèche n’assumait pas néanmoins une mission de #service-public qui, à ce titre, lui aurait permis d’emprunter l’apparence du service public et donc sa neutralité. C’est, en tout cas, l’évolution souhaitée par le haut conseil à l’intégration dans son avis du 1er septembre 2011 « Expression religieuse et laïcité dans l’entreprise » (V. Dalloz actualité, 15 sept. 2011, obs. C. Dechristé ), et par Françoise Laborde, qui a déposé une proposition de loi au Sénat le 25 octobre 2011, « visant à étendre l’obligation de neutralité aux structures privées en charge de la petite enfance et à assurer le respect du principe de laïcité ».


  • En #Tunisie, les islamistes au pied du mur
    http://www.monde-diplomatique.fr/2013/03/HALIMI/48807

    Suite à l’assassinat d’un militant de gauche en Tunisie, le nouveau gouvernement au pouvoir va devoir se consacrer d’urgence au rétablissement de l’ordre public et à la réduction du #Chômage. / Tunisie, Économie, #Islam, Laïcité, #Mouvement_de_contestation, #Parti_politique, Pauvreté, #Politique, #Religion, (...) / Tunisie, Économie, Islam, Laïcité, Mouvement de contestation, Parti politique, Pauvreté, Politique, Religion, #Syndicalisme, #Fondamentalisme, Chômage, Réveil arabe 2011- - (...)

    #Économie #Laïcité #Pauvreté #Réveil_arabe_2011- #2013/03


  • ReSPUBLICA » Décision du Conseil Constitutionnel sur la #laïcité : entretien avec Gwénaële Calvès, professeur de droit public
    http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/decision-du-conseil-constitutionnel-sur-la-laicite-entretien-avec-gwenaele-calves-professeur-de-droit-public/6040

    Le principe d’égal traitement des cultes n’apparaît pas, mais manque, surtout, le principe de non-subventionnement public des cultes qui était invoqué par les requérants. Comme le Conseil d’État avant lui, le Conseil constitutionnel refuse donc de hisser au niveau constitutionnel l’interdiction posée par l’article 2 de la loi de 1905 : « la République ne subventionne aucun culte ».

    Or cette question de la #subvention – directe ou indirecte – est aujourd’hui au cœur de nombreuses revendications, et fait l’objet d’une myriade de contentieux que le juge administratif s’efforce de canaliser en développant une jurisprudence qu’il qualifie lui-même de « libérale ». Faut-il s’en satisfaire ? La balle, ici encore, est dans le camp du législateur.


  • Les « sages » valident le financement public des cultes en Alsace-Moselle
    http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/02/21/les-sages-valident-le-financement-public-des-cultes-en-alsace-moselle_183674

    Le Conseil constitutionnel a tranché, l’Etat peut – malgré son statut laïc défini dans la Constitution – continuer à rémunérer prêtres, pasteurs et rabbins en Alsace-Moselle, un statut spécifique de ces départements .
    Saisis par une association de défense de la laïcité qui dénonçait le principe de cette rémunération, les « sages » ont considéré qu’aussi bien en 1946 qu’en 1958, les constituants n’avaient « pas entendu remettre en cause » la rémunération des ministres du culte dans les départements alsaciens du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, ainsi qu’en Moselle.

    #laïcité


  • Laïcité, le triomphe de l’équivoque
    http://www.monde-diplomatique.fr/2012/03/KHALDI/47478

    Parmi les soixante propositions du candidat socialiste à l’élection présidentielle française figure l’inscription dans la Constitution de la loi de 1905 instaurant la séparation des Eglises et de l’Etat… mais aussi du concordat en Alsace-Moselle. Alors que l’#Islam focalise l’attention, les Eglises (...) / #France, #Christianisme, #Droit, Éducation, État, Islam, #Judaïsme, Laïcité, #Parti_politique, #Politique, #Racisme, #Religion, #Service_public - (...)

    #Éducation #État #Laïcité #2012/03


  • Bataille d’experts autour de la « tête » d’Henri IV - France / Science - RFI
    http://www.rfi.fr/science/20130212-experts-tete-henri-iv-saint-denis-empreintes-genetiques-adn-philippe-ca

    Plus de 400 ans après la mort d’Henri IV, des experts se querellent autour de l’authentification de la tête du souverain français décapité par Ravaillac en 1610.

    Je crois qu’on peut dire #FAIL là...

    • Effectivement ! :-D

      Sur le sujet, ça chauffe. À qui se fier ?…

      France 2 1/01/13 : Henri IV a bien retrouvé sa tête, http://blog.francetvinfo.fr/objectif-sciences/2013/01/01/henri-iv-a-bien-retrouve-sa-tete.html

      Le Point 2/01/13 : L’authentification de la tête d’Henri IV contestée par un historien, http://www.lepoint.fr/culture/l-authentification-de-la-tete-d-henri-iv-contestee-par-un-historien-02-01-20

      Il faut dire que la référence pour la dernière « identification » est assez improbable.

      Quant au sang attribué à Louis XVI, il a été récupéré dans une sorte de gourde possédée par une famille aristocratique italienne. Cette gourde aurait contenu un mouchoir qui avait trempé dans le sang royal, le jour où Louis XVI fut guillotiné, le 21 janvier 1793.

      Le Point

      Quant au Comte de Paris, il est sceptique http://www.lefigaro.fr/culture/2013/02/11/03004-20130211ARTFIG00360-tete-d-henri-iv-le-comte-de-paris-sceptique.php

      LE COMTE DE PARIS. - Cette affaire me semble plus proche du roman que de la vérité scientifique ou historique. Ce qui me gêne, c’est que soit toujours le même homme (le Pr Philippe Charlier, NDLR) qui sorte des preuves tirées par les cheveux, si je puis dire, tel un prestidigitateur avec sa baguette

      Il en profite pour régler quelques comptes familiaux (heureusement qu’il reste quelques royalistes au Figaro pour être au courant des prétentions au trône de France et lui poser la question…)

      Cette tête a été remise au duc d’Anjou et, donc, à la branche des Bourbons d’Espagne qui vous dispute l’héritage du trône de France. Cette affaire ne ravive-t-elle pas cette querelle ?

      En s’accaparant les oripeaux de l’Histoire, on peut toujours essayer de prouver qu’on existe…

      Mais on finit quand même par apprendre que, finalement, sa (re)conversion au catholicisme marque les débuts de la laïcité en France…

      Henri IV fut un grand roi, qui a réconcilié la France, l’a sortie des guerres de religion. C’était la première forme de laïcité.

    • Mais on finit quand même par apprendre que, finalement, sa (re)conversion au catholicisme marque les débuts de la laïcité en France…

      #cestpasfaux dans la mesure où, historiquement, la #laïcité promue en France est une laïcité tolérante, acceptant toutes les religions sans en promouvoir aucune, d’où la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Des préceptes que l’on a pas mal oubliés depuis quelques années...

      Mais revenons-en à notre vert galant : qui donc qui c’est qui lui a coupé la tête en fin de compte ? Personnellement, j’en étais resté au sac de l’Abbaye de Saint Denis par les révolutionnaires en 179... [Wikipédia priez pour nous] où le gaillard était encore entier. Est-ce à ce moment là qu’il perd la boule ?


  • Fiasco islamiste en #Tunisie
    http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2013-02-11-Tunisie

    L’assassinat devant son domicile du dirigeant #Politique de gauche Chokri Belaïd a provoqué un vigoureux mouvement de mobilisation populaire contre le régime. Le 8 février, une manifestation géante à Tunis s’est doublée dans l’ensemble du pays d’une grève générale à l’appel de l’UGTT, la puissante (...) / #France, Tunisie, Économie, #Islam, #Justice, Laïcité, #Mouvement_de_contestation, #Parti_politique, Politique, #Religion, #Syndicalisme, #Fondamentalisme, #Dictature - La valise (...)

    #Économie #Laïcité #La_valise_diplomatique


  • Bibliothèque interdite aux femmes voilées

    http://islamophobie.net/temoignages/2013/02/07/femme-voilee-hijab-bibliotheque-discrimination-islamophobie-ccif

    Nous sommes deux amies, doctorantes en didactique du FLE (Français Langue Etrangère). Le 11 décembre, nous nous sommes rendues à la médiathèque, que nous fréquentons régulièrement car elle est riche en documentation dans notre domaine de recherche. L’une de nous deux portait un voile, et l’autre une écharpe et un bonnet couvrant les cheveux.

    Ce jour-là, à notre arrivée nous nous sommes d’abord dirigées vers l’accueil, mais les trois personnes qui tenaient l’accueil nous ont refusé l’accès à la médiathèque, sous prétexte que nous portions le voile. Elle nous ont informé que nous ne pourrions accéder à la bibliothèque qu’à condition de découvrir notre tête et de retirer notre voile. Interloquées par ce refus inhabituel et discriminatoire, nous avons refusé catégoriquement de nous soumettre à cette condition, et avons contesté le motif pour lequel elles nous refusaient l’accès. Elle nous ont alors affirmé que c’était « la loi », et nous ont invitées à consulter le règlement affiché sur la porte d’entrée. Nous avons donc lu le document, sur lequel était surligné en rose l’article de la loi du 15 mars 2004 qui interdit le port de signes religieux ostensibles aux collégiens et lycéens inscrits dans des établissements scolaires publics. N’étant pas des élèves, nous leur avons expliqué que ce texte de loi ne s’appliquait pas à la situation.

    Elles ont alors fait venir une responsable, qui a cette fois invoqué la loi de 2010 sur la dissimulation du visage dans l’espace public. Nous leur avons rappelé que cette loi ne s’appliquait pas non plus à nous puisque nous ne portons pas un voile intégral mais un simple hijab, mais elles n’ont rien voulu entendre. Nous leur avons également demandé pourquoi l’accès nous était refusé aujourd’hui pour la première fois, alors que nous avions pu rentrer dans la médiathèque avec nos voiles lors de nos précédentes visites sans problèmes. La « responsable » (qui finalement s’est révélée plus tard ne pas être une responsable du tout) a maintenu sa position, affirmant que nous n’avions « pas le choix » et que si nous n’avions jusqu’à présent pas rencontré ce problème, c’est peut-être que les autres n’avaient « pas osé » nous rappeler à l’ordre.

    Nous étions complètement ahuries par tant d’amalgames. Nous sommes sorties complètement déboussolées, choquées, les larmes aux yeux, et nous sommes dirigées vers la mairie. Nous avons raconté aux dames du personnel municipal la discrimination que nous venions de subir. Elles en ont été surprise, et ont téléphoné à la médiathèque pour les informer du fait que nos tenues étaient parfaitement conformes. Mais les agents d’accueil de la médiathèque ont refusé de tenir compte de ce que leur disaient celles de la mairie.

    Nous avons donc déposé une main courante, et grâce au service juridique du CCIF nous avons pu obtenir une réponse claire :

    « La loi du 15 mars 2004 encadrant, en application du principe de laïcité, le port de signes ou de tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics, est applicable aux élèves de l’enseignement public. Les étudiants ne sont pas soumis à cette interdiction légale. Mmes X et X doivent pouvoir accéder [à la médiathèque] sans restriction autre, le cas échéant, que celle de la loi n° 2010-1192 du 11 octobre 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public. »

    #islamophobie #France #voile #laïcité


  • Face à l’enseignement catholique : Peillon tance, mais c’est toujours nous qui payons ! - le Blog d’Alexis Corbière
    http://www.alexis-corbiere.com/index.php/post/2013/01/06/Face-%C3%A0-l%E2%80%99enseignement-catholique-:-Peillon-tance,-mais !

    Enfin, le Ministre, dans sa mise au point, aborde une question sensible : « N’oublions jamais que nous avons affaire à des adolescents et que les tentatives de suicide sont cinq fois plus fréquentes chez les jeunes qui se découvrent homosexuels que chez les autres. » Il a raison. Mais, là encore, les propos de Peillon manque de précision. Pense-t-il que l’enseignement catholique développe une éducation incapable de lutter contre l’homophobie ? C’est possible et si il le pense, il doit le dire clairement et prendre les mesures nécessaires, car c’est intolérable. Je rappelle que cela concerne tout de même près de 2 millions d’élèves. Le Ministre déclare également : « Il ne me semble pas opportun d’importer dans l’école le débat sur le mariage pour tous. » Ah oui ? Et pourquoi ? Cela se discute. Selon la circulaire publiée dans le Bulletin officiel du 5 août 1999, il est précisé à propos du « débat argumenté », méthode pédagogique qui accompagne notamment l’enseignement de l’ECJS (l’Education Citoyenne Juridique et Sociale) qui s’adresse à des lycéens, que ce dernier « doit satisfaire à la demande exprimée par les lycéens… de pouvoir s’exprimer et débattre à propos de questions de société ». Dans cette circulaire, il est précisé que le débat argumenté « doit mettre en évidence toute la différence entre arguments et préjugés… et doit donc reposer sur des fondements scientifiquement construits ». Selon beaucoup de sites internets d’enseignants, les sujets sur lesquels les inspecteurs pédagogiques invitent à faire débattre les élèves sont par exemple « Faut-il dépénaliser le cannabis ? », « Comment lutter contre le racisme ? », « Pourquoi interdire la peine de mort ? », etc…On voit mal comment, au sein de l’école publique, on pourrait éviter le débat, avec des lycéens, sur le mariage pour tous. La circulaire indique toujours sur « le débat argumenté » : « Il est une occasion d’apprendre à écouter et discuter les arguments de l’autre et à le reconnaître dans son identité ». Une fois de plus, comment, tout en respectant cette circulaire, ne pas aborder le débat sur le mariage pour tous ? Cela peut être l’occasion de faire une éducation contre les préjugés homophobes. Pourquoi se l’interdire ? Au nom de l’existence de l’enseignement privé catholique semble nous répondre M. Peillon ? Pour un laïque républicain, ce n’est pas tolérable, chacun le comprendra.

    #laïcité #écoles-privées #mariage-pour-tous

    Oui, je ne sais trop. En même temps, comme le rappelait récemment Samuel Tomeï

    On en revient à l’idée de Condorcet selon laquelle l’école de la République doit obéir à une triple séparation : d’avec les dogmes religieux, d’avec les idéologies politiques, d’avec le bruit de la société... Sans quoi l’école n’instruit plus, n’émancipe plus, mais adapte à un ordre extérieur (religieux, politique ou social).


  • Petite histoire de la #laïcité française... en #Alsace-Moselle | Un peu de droit
    http://www.unpeudedroit.fr/droit-local-alsacien-mosellan/petite-histoire-de-la-laicite-francaise-en-alsace-moselle

    La laïcité s’applique sous une forme dérogatoire en Alsace-Moselle, voire elle n’existe pas au sein de ces lointaines contrées. En tout état de cause, cette situation est le fruit d’anciennes mais non abrogées dispositions allemandes, du temps où lesdits territoire étaient encore sous la domination du Deutsches Kaiserreich (l’Empire allemand). Tel est le genre des commentaires parfois laissés par d’anonymes internautes sur les sites des grands médias français. Plus inquiétant, tel était également le ton d’une chronique (journalistique !) parue dans le journal Le Monde en date du 27 janvier. Le tout faisant bien évidemment suite à la proposition d’un candidat déclaré à l’élection présidentielle d’intégrer, dans notre Constitution, la loi de 1905. Sans aucunement prétendre prendre position sur un programme, encore moins quant à un parti, quelques précisions s’imposent cependant.


  • Pour en finir avec la #laïcité - Journal d’un avocat

    Le Conseil d’État a eu l’occasion de rappeler le sens et la portée de la laïcité, à la suite de la controverse dite du “foulard islamique”, qu’on appelait à l’époque du terme persan Tchador. Cette affaire est à mon sens emblématique. Elle est une défaite de la laïcité, non parce qu’on n’a pas réussi à empêcher ces jeunes filles de porter le #hidjab, mais précisément parce qu’on a fait tout ce que les auteurs de la #loi_de_1905 voulaient éviter.

    http://goo.gl/aNk4B


  • Port du #voile dans le football : un député UMP et le FN critiquent la décision de la FIFA, le PRG demande une consultation
    http://www.huffingtonpost.fr/2012/07/06/voile-football-fifa-douillet-fn-ump_n_1654109.html

    Le Parti radical de gauche (PRG) a exprimé quant à lui ce vendredi 6 juillet son étonnement après la décision de la Fifa. Le parti a déploré un « nouveau recul du principe de la #laïcité » et a réclamé du gouvernement une « consultation » d’ici fin 2012.

    « Les Radicaux de gauche s’étonnent de la décision de la Fifa qui se soumet, de fait, à une exigence religieuse étrangère aux principes universels du sport qui a pour conséquence d’accepter l’idée d’une #différence fondamentale entre les hommes et les femmes », souligne le PRG dans un communiqué. Surtout, cette décision qui marque un « nouveau recul » du principe de laïcité « ne doit pas ouvrir la voie, en France, à une communautarisation de la pratique sportive », affirme Pascal-Eric Lalmy, secrétaire national à la laïcité au sein du parti.


  • Nouvelle preuve du libéralisme du #Conseil_d'Etat en matière d’édifice affecté au #culte. Il ne s’agissait pas de subvention cette fois-ci, mais de la possibilité, pour une commune, sans l’accord de l’association diocésaine affectataire, d’organiser des visites payantes d’un toit terrasse de l’église fortifiée des Saintes Maries de la Mer, dont elle est propriétaire.
    Voici ce que répond le Conseil d’Etat :

    Considérant que l’affectation résultant de la combinaison des dispositions citées ci-dessus s’applique à l’ensemble d’un édifice cultuel, y compris ses dépendances nécessaires, fonctionnellement indissociables de l’édifice cultuel ; que, dès lors, la toiture d’un édifice cultuel, en tant qu’elle est nécessaire au bon déroulement des célébrations cultuelles organisées dans l’édifice qu’elle protège, est affectée au culte en vertu de ces mêmes dispositions ; que, toutefois, il en va autrement d’aménagements qui, alors même qu’ils sont situés sur le toit de l’édifice cultuel, doivent être regardés, compte tenu notamment de leurs caractéristiques propres et de la possibilité d’y accéder sans entrer dans l’édifice cultuel, comme fonctionnellement dissociables de cet édifice ; que la commune peut, sans avoir à recueillir l’accord préalable du desservant de l’église, organiser des visites de tels aménagements ; qu’il lui appartient de veiller à ce que les modalités d’organisation de celles-ci ne conduisent pas à perturber l’exercice du culte à l’intérieur de l’édifice et soient compatibles avec l’affectation de l’édifice sur lequel les aménagements visités sont situés ;

    #laïcité

    On trouvera l’arrêt à l’adresse suivante http://arianeinternet.conseil-etat.fr/arianeinternet/getdoc.asp?id=194743&fonds=DCE&item=1


  • L’utopie réalisée de la Commune | Christophe Voilliot
    http://www.monde-diplomatique.fr/2011/12/VOILLIOT/47055

    Changer la politique, instaurer l’égalité entre hommes et femmes, inventer un nouveau mode de gouvernement, faire participer les citoyens... En 1871, le peuple parisien insurgé donnait à ces mots d’ordre une signification concrète. / #France, #Art, Citoyenneté, #Culture, #Démocratie, #Droit, #Histoire, (...) / France, Art, Citoyenneté, Culture, Démocratie, Droit, Histoire, #Inégalités, Laïcité, Mouvement de contestation, Protection sociale, #Travail, #Socialisme, Socialisme libertaire, Droits des femmes - 2011/12

    #Citoyenneté #Laïcité #Mouvement_de_contestation #Protection_sociale #Socialisme_libertaire #Droits_des_femmes #2011/12


  • Liberté, Libertés chéries : Laïcité, neutralité, et subventions
    http://libertescheries.blogspot.fr/2012/05/laicite-neutralite-et-subventions.html

    La qualification d’association cultuelle

    Dans le cas de l’arrêt du 4 mai 2012, le #Conseil_d'Etat fait un pas de plus dans le raisonnement. Il se déclare en effet compétent pour qualifier la nature du groupement que la ville de Lyon a subventionné. Il fait ainsi observe que « les seules circonstances qu’une association se réclame d’une confession particulière ou que certains de ses membres se réunissent, entre eux, en marge d’activités organisées par elles, pour prier, ne suffisent pas à établir que cette association a des activités cultuelles ». Une association de fidèles, dès lors qu’elle n’a pas pour mission d’organiser le culte, n’est donc pas une association cultuelle. En l’espèce, ce groupement se bornait à organiser un colloque réunissant des participants de différentes confessions. Quand bien même quelques « personnalités religieuses » figuraient parmi les participants, quand bien même les travaux étaient quelquefois interrompus pour permettre à chacun de remplir ses devoirs religieux, le groupement n’était pas une association cultuelle. La ville de Lyon pouvait donc parfaitement subventionner le colloque, sans violer la loi de 1905. 

    Certains pourront penser que cet arrêt confère au juge la possibilité d’admettre ou non la légalité d’une #subvention à partir de la qualification d’association cultuelle qu’il délivre lui-même. D’autres estimeront qu’une telle jurisprudence exprime une #laïcité apaisée, une relation sereine entre les autorités publiques et religieuses.

    #religions