• Je hais les algorithmes | Page 42 : le site de Neil Jomunsi
    http://page42.org/je-hais-les-algorithmes

    Je déteste profondément les algorithmes : ces formules mathématiques, qui n’ont de la logique que l’apparence mécanique, font pousser les crises économiques plus vite que des mauvaises herbes et pourrissent mes écrans de publicités aussi ineptes qu’impromptues. Je hais particulièrement les algorithmes de recommandation, et notamment celui d’Amazon, qui, quand il ne me conseille pas d’acheter mes propres livres, se contente de me suggérer d’acquérir les livres dont j’ai simplement visité la page, quelquefois par erreur, ou ceux que d’autres clients ont achetés dans la foulée de ceux-ci. J’aime bien les histoires qui mettent en scène des robots, mais laissez-moi vous dire que, jusqu’à présent, je trouve qu’ils ont des goûts littéraires de chiotte et la cohérence d’un chat bourré devant une balle rebondissante.

    #algorithme #goûts #déshumanisation #technicisme #lecture


  • #Lebanese_University #lecturers to protest Thursday for contracts
    http://english.al-akhbar.com/content/lebanese-university-lecturers-protest-thursday-contracts

    Lebanese University (LU) lecturers renewed calls Wednesday for full-time contracts and the appointment of new deans to the state-run university in a statement carried by the National News Agency. The striking faculty members also announced a protest outside the Grand Serail — the prime minister’s headquarters — to urge the government to respond to their demands. read more

    #Beirut #Lebanon


  • #livre #lecture:
    Paremos los vuelos. Las deportaciones de inmigrantes y el boicot a Air Europa

    Cada año, el Estado español fleta más de cien vuelos de deportación para la expulsión de miles de personas migrantes. Las compañías aéreas Air Europa y Swift Air han firmado con el Ministerio del Interior un contrato de 24 millones de euros para la realización de los vuelos de deportación entre los años 2013 y 2015. La Campaña Estatal por el Cierre de los CIE y otros colectivos contra las fronteras hacemos un llamamiento al boicot a estas dos compañías aéreas y a todo el grupo empresarial Globalia, al que pertenece #Air_Europa.
    Nos negamos a naturalizar los vuelos de deportación, nos negamos a que formen parte de nuestra normalidad. La lucha por evitar que dispositivos represivos tan atroces se conviertan en normales va mucho más allá de la política de extranjería. Frente a un universo de relaciones económicas, sociales y políticas que permite encontrarle un lugar –aunque oscuro y tenebroso– a los Centros de Internamiento y a los vuelos de deportación; frente a una realidad sociopolítica en la que se han hecho posibles, a la luz del día, las redadas racistas y las alambradas, debemos construir las condiciones para que cada uno de estos actos –y con cada uno de ellos el conjunto de la política migratoria– sean, directamente, inimaginables.

    http://www.localcambalache.org/libros/imagenes/paremos_los_vuelos.jpg

    http://www.localcambalache.org/libros/comentarios_libros/paremos_los_vuelos.htm

    #renvoi #déportation #expulsion #CIE #Espagne #campagne #boycott #avion


  • Mardi prochain, nouvel épisode de L’Esthétique de la résistance de Peter Weiss http://www.imagine3tigres.net/spip.php?article287
    Octobre 1937, Espagne, à l’arrière du front, avec les blessés des Brigades internationales - ils veulent comprendre les conflits qui opposent mortellement communistes, anarcho-marxistes du POUM, trotskystes, etc. Comment le Parti communiste, d’abord force insignifiante, devient le parti hégémonique.
    Chaque fois que je prépare ces lectures, une fois par mois, j’essaie de comprendre, je dois comprendre d’où vient la puissance de ce texte - puissance à la fois angoissante et libératrice.
    #PeterWeiss #résistance #lecturevoixhaute


  • Pour en finir avec l’histoire du soir lue aux enfants | Slate.fr
    http://www.slate.fr/culture/87699/pour-en-finir-avec-histoire-du-soir
    #éducation #lecture #enfants #paternité #partage

    La vérité, c’est que si les pères veulent participer davantage à la vie de l’enfant et cesser de se comporter comme des « idiots » en évitant de s’acquitter des tâches, ça n’est certainement pas par l’histoire du soir qu’il faut commencer. Participer davantage aux tâches ménagères, prendre les journées enfants malades, préparer les repas, emmener l’enfant chez le pédiatre sont autant d’activités qui permettront aux hommes de s’impliquer davantage. Lire un livre n’est en aucun cas à ranger du côté des soins à apporter à l’enfant. Le nourrir, l’habiller, oui... lui lire 12 fois la même histoire de « Petit Ours brun », non.

    Toute activité contrainte avec un gosse n’est pas une très bonne idée. Par exemple, je n’aime pas beaucoup jouer. Je sais, c’est moche, mais je ne retire pas de plaisir dans le jeu. Du coup, j’ai très peu joué avec la fille en lui expliquant que ça m’emmerdait trop pour que ce soit sympa pour elle. Mais son père adore... Par contre, je partage mon goût de la lecture et de l’escalade avec ma fille... ce qui arrange aussi bien son père.
    Après faire le ménage fait chier tout le monde à la maison, donc on s’y colle ensemble, avec de gros trémolos dans la voix.

    L’idée générale est que dans le partage des tâches, chacun prend une option sur ce qu’il préfère ou qui lui est le moins pénible. Ensuite, les tâches orphelines ou survalorisées sont partagées collectivement.


  • #livre #lecture : Confessioni di un trafficante di uomini

    Per la prima volta parlano gli uomini che controllano il traffico dei migranti. Un sistema criminale che gli autori di questo libro hanno potuto raccontare dopo aver percorso le principali vie dell’immigrazione clandestina, dall’Europa dell’Est fino ai paesi che si affacciano sul Mediterraneo. Ecco cosa si muove dietro la massa di disperati che riempiono le pagine dei giornali. Una montagna di soldi, un network flessibile e refrattario alle più sofisticate investigazioni. La testimonianza dei protagonisti conduce dentro un mondo parallelo che nessuno conosce. Ora finalmente possiamo vedere in presa diretta la più spietata agenzia di viaggi del pianeta.

    http://ecx.images-amazon.com/images/I/41XJvuyS%2BmL._SY445_.jpg

    –-> Je n’aime pas du tout ce résumé du livre, mais je n’ai pas encore lu le livre pour en faire une critique...
    Ce que je n’aime pas :
    – on parle d’immigration « clandestine » —> le terme que je n’aime pas du tout ! Et en plus, certains migrants qui utilisent les passeurs pour passer la frontière sont des réfugiés, et donc pas « clandestins »
    – on met l’accent sur le « système criminel » des passeurs... mais la réalité est bien plus complexe et différenciée (v. notamment ce livre que je suis en train de lire : http://www.oapen.org/search?identifier=340140)
    – Le résumé parle de « masse de désespérés ». Les migrants ne sont pas des « désespérés ». Certains ont décidément la vie plus dure que d’autres, mais, ils ont toujours des choix (même si très limités parfois). Et des gens qui quittent leur pays car ils fuient une guerre, eh bhein, certains ont de l’argent (et beaucoup). Ils sont tous dans une situation difficile, ils ont tous besoin d’aide, mais certains peuvent ne pas être du tout « désespérés ».

    Quelques citations du livre de #Van_Liempt (http://www.oapen.org/search?identifier=340140) :

    As Zhang and Chin (2003) argue, it is not necessary to have largescale criminal organisations involved in smuggling; the practice is a consensual affair and migrants are willing to let themselves be smuggled, simply because there are no alternatives. For the smugglers, it is important that people are transported successfuUy not only to earn money, but also to preserve their good reputation (Bilger et al. 2006, Van Liempt 2006b). Smugglers depend on stories of their successes to keep the business going. Another interesting point is that a link to the mafia or involvement in organised crime is not necessarily an advantage; it is even better for smugglers to have the reputation of ’helper’, not criminal. Who would deliberately want to migrate through a violent criminal organisation? Usually people try to avoid smugglers who are only in the business for money; they deliberately look for smugglers who have other reasons for being involved, or at least make it seem so. (Van Liempt 2007: 46)

    Involvement in smuggling does not necessarily mean ’business’. For example, family members, political parties, and churches may be involved in helping people cross borders as an alternative to legal travel options. In sorne studies, smugglers are seen as being part of, or as extensions and substitutes to, migrants’ social networks (Koser 1997; Staring 2001). (Van Liempt 2007: 44)

    Economie hardship, poverty, and the lack of work opportunities are believed to produce economic migrants, while political violence, human rights violations, and war produce refugees. In reality, it is more often a combination of motives that finally leads to the decision to migrate. The degree of choice people have differs. No doubt the decision to migrate is harder to make under conditions of extreme stress, but ’forced’ migrants also actively make choices regarding migration. As Van Hear observes, almost all migration involves sorne compulsion, as well as sorne choices, so that forced migrants make choices, albeit within a narrower range of possibilities (1998: 42). Thus, the same decision-making process is at hand for economic migrants as for political asylum seekers. In reality, there exists a continuum that is anchored on one side by those who have sorne freedom of choice - whether, when, and where to move - and on the other, by those who see no other option than to migrate and have little to say in the process. Involuntary migration is therefore an extreme situation in which the decision to leave is more self-evident, but the need to decide when and where to move nonetheless exists. (Van Liempt 2007: 74)

    http://www.chiarelettere.it/libro/reverse/confessioni-di-un-trafficante-di-uomini-9788861903746.php

    #migration #frontière #trafiquant #smuggling #passeur #stéréotype

    cc @reka

    • Et puis il y a les termes de « #trafiquant » et « #passeur », qui ne sont pas si faciles à distinguer (mais bien sûr, on parle ici de « trafficante » car c’est certainement plus vendeur).
      Encore Van Liempt :

      → Smuggling and trafficking are mostly distinguished by the fact that the latter implies the involvement of victims, but smuggling does not. In terms of smuggling, emphasis is placed on the ’illegal’ movements of migrants across international borders. For trafficking, border crossing is not, by definition, necessary; the focus falls instead on coercion and exploitation. Smuggled migrants are considered more or less free to enter the process, while trafficked migrants are not. As such, definitions of smuggling and trafficking are based on the assumption that there is a clear-cut demarcation between voluntary and involuntary processes of migration. (Van Liempt 2007: 41)

      In practice, however, the distinction between smuggling and trafficking is not always easy to make. There are clear cases of smuggling in which a fee has been mutually agreed upon, and there are clear cases of trafficking in which someone is kidnapped and trafficked completely unwillingly. But the majority of migration strategies, being much more complex, defy easy categorisations. For example, it is very probable that sorne trafficked prostitutes leave their country of origin in full self-consent, as a strategic action to improve their situation (Andrijasevic 2004). It is therefore not helpful to view trafficked migrants exclusively as having migrated against their own wills and smuggled migrants as the opposite. Migrants, in general, often face few choices when fleeing persecution and/or social and economic insecurity. Smuggled migrants may be punished, tortured, or taken hostage by their smugglers while in transit, thus defying the demarcation of what would otherwise be considered voluntary in this category (Gallagher 2002). (Van Liempt 2007: 41)

      Involvement in smuggling does not necessarily mean ’business’. For example, family members, political parties, and churches may be involved in helping people cross borders as an alternative to legal travel options. In sorne studies, smugglers are seen as being part of, or as extensions and substitutes to, migrants’ social networks (Koser 1997; Staring 2001). (Van Liempt 2007: 44)



  • Un jeune sur dix en difficulté en lecture et en calcul (Peut mieux faire)
    http://lemonde-educ.blog.lemonde.fr/2014/04/25/un-jeune-sur-dix-en-difficulte-en-lecture-et-mathematiques

    Appliquer un pourcentage, trouver une proportion, manier les virgules entre les chiffres… un jeune sur dix est incapable de se sortir de ces calculs simples. Il en va de même en lecture. En la matière, près de 10 % des jeunes comprennent mal, voire pas du tout, ce qu’ils lisent.

    […]

    En lecture, 9,6 % des jeunes rencontrent des difficultés, dont une partie – 4 % – peut être considérée comme illettrée. Cette population ne recouvre pas forcément les déficients en mathématiques : « 54 % des jeunes qui sont en difficulté en lecture ne le sont pas en numératie », indiquent les statisticiens du ministère.

    Ces derniers ont identifié cinq profils de lecteurs. Les 4% qui rencontrent les difficultés les plus criantes ont un champ lexical très restreint et n’ont pas intégré les mécanismes permettant de comprendre un texte. Il y a, ensuite, les « lecteurs aux très faibles capacités de lecture » (5,5 %) et les « lecteurs aux acquis limités » (8,6 %), qui parviennent à compenser leurs lacunes de vocabulaire par une compréhension minimale des textes. Pour eux, la lecture reste une activité laborieuse. Par exemple, ils n’ont reconnu, en moyenne, qu’une dizaine de mots parmi ceux qui leur ont été présentés dans une liste mélangeant des « vrais » et des « pseudos » mots, quand les lecteurs « efficaces » (81,8 %) en reconnaissent en moyenne 17.

    […]

    Il y a aussi des constantes d’une année sur l’autre. Par exemple, le fait que les garçons sont plus souvent en difficulté que les filles en lecture (11% d’entre eux en grande difficulté contre 8,1% des filles). C’est l’inverse en « numératie » (8,7% des garçons en difficulté contre 10,7% des filles). Dans les deux cas, les résultats sont moins bons dans le Nord de la France : Picardie, Nord-Pas-de-Calais, Champagne-Ardenne…, et meilleurs en Bretagne et en Rhône-Alpes. Enfin, la grande majorité (80 % en lecture) des jeunes en difficulté n’ont pas dépassé le collège ou un cursus professionnel en lycée (CAP ou bac pro).

    #éducation #échec_scolaire #lecture #calcul #compréhension_écrite #numératie #illettrisme


  • The Mechanic Muse - What Is Distant Reading? - NYTimes.com
    http://www.nytimes.com/2011/06/26/books/review/the-mechanic-muse-what-is-distant-reading.html?amp;_r=0

    “Ars longa,” the ancient saying goes, “vita brevis.” Art is long, life short, and the problem is intensifying. As the literary ars lurches exponentially more longa — accommodating the printing press, “Gravity’s Rainbow,” Google Books — our collective TBR pile towers ever more vertiginously overhead. Which raises a question: What are we mortal beings supposed to do with all these books?

    #littérature #digital_humanities #lecture


  • Serious reading takes a hit from online scanning and skimming, researchers say - The Washington Post
    http://www.washingtonpost.com/local/serious-reading-takes-a-hit-from-online-scanning-and-skimming-researchers-say/2014/04/06/088028d2-b5d2-11e3-b899-20667de76985_story.html

    To cognitive neuroscientists, Handscombe’s experience is the subject of great fascination and growing alarm. Humans, they warn, seem to be developing digital brains with new circuits for skimming through the torrent of information online. This alternative way of reading is competing with traditional deep reading circuitry developed over several millennia.

    #lecture


  • Pas encore lu, mais ça promet...
    #livre #lecture L’invention de l’#immigré
    de #Hervé_Le_Bras

    Comment naît la #crainte récurrente de l’#immigration perçue
    comme une #invasion ? Comment intègre-t-on, ou plus
    exactement, comment assimile-t-on des étrangers ? Et quels
    étrangers ? Pourquoi l’attitude vis-à-vis du sol et du sang, et
    donc la conception de l’#appartenance_nationale, a-t-elle été
    modifiée ? Cet ouvrage intègre et élargit le propos du Sol et du
    Sang, qu’André Burguière qualifia de « petit essai plein de
    verve » dans le Nouvel Observateur, et qui était, pour Le
    Canard enchaîné, un texte "stimulant qui invite à repenser
    sérieusement la nationalité.

    http://ecx.images-amazon.com/images/I/31EqzXWHl0L._SY445_.jpg

    http://www.amazon.fr/Linvention-limmigr%C3%A9-Herv%C3%A9-Le-Bras/dp/2815904543

    #assimilation #intégration #étrangers


  • #Livre, #lecture :
    Vidosav STEVANOVIC, « La même chose »
    http://ecx.images-amazon.com/images/I/412EDT8RZAL._SY445_.jpg

    Ils sont onze, exilés à Paris ou survivants là-bas, perdus dans les décombres d’une ville fantôme de l’est de l’Europe. Simon est un petit garçon agile comme un chat, les yeux grands ouverts sur le souvenir des cadavres de ses parents assassinés. Sela est seule au monde, dans une ville qui n’est plus une ville, avec un bébé dans le ventre - et la faim, la soif, les balles et la mort qui l’attendent à la sortie. Mais il y a aussi le peintre aveugle, qui n’a pas toujours été aveugle, qui palpe et qui entend au fond de lui ce vide obscur, parfois tonitruant, qui l’étreint. Et le Professeur, que des rhumatismes paralysent - souvenir d’enfance et de guerre du temps où sa famille fut massacrée et jetée dans une fosse. Et le sniper, appelé « le Sixième », l’œil rivé au viseur, et qui se gave de mille-feuilles avec l’argent que lui rapportent ses crimes. Et, surtout, il y a l’écrivain, qui n’a pas de nom, qui vit dans une ville rayée des cartes et de l’Histoire et qui raconte l’horreur et la mort, la rage et le désir de vengeance.« Ici l’on ne survit que si l’on meurt. » Avec une violence rarement atteinte et une grande maîtrise littéraire, Vidosav Stevanovic raconte, après les tourbillons d’une guerre qui ont anéanti un peuple, des êtres dont il ne reste plus que des chairs béantes et des consciences torturées avec, à la bouche, un goût de mort, de vengeance et de haine.

    http://www.amazon.fr/La-m%C3%AAme-chose-Vidosav-Stevanovic/dp/2715219261

    3 #citations sur la #guerre, les #soldats, l’ #altérité, l’ #extermination la #vie_en_commun, les #frontières, les #murs :
    « Les soldats sont eux aussi des hommes, mais d’autres hommes, différents, les mêmes de l’extérieur, différents de l’intérieur. Ce qui tue, ce ne sont pas les fusils, les canons et les obus, ce sont les soldats »
    Vidosav Stefanovic, La même chose, Mercure de France, 1999, p.32.

    « Il voit cet enfant errer dans les rues qui ne sont plus des rues, cherchant une nourriture inexistante dans des maisons qui étaient autrefois des maisons, ce sont maintenant des ruines où vivent des gens affamés qui mourront bientôt »
    Vidosav Stefanovic, La même chose, Mercure de France, 1999, p.69.

    « La vie en commun est malgré tout indispensable. Autrement la haine n’est pas possible, la vengeance n’est pas possible. Autrement l’extermination mutuelle n’est pas possible. Si nous nous séparions, nous divisions, si nous élevions des murs entre nous, dressions des frontières et des obstacles, une trentaine de visages sur ces photographies resteraient figés, à regarder dans le vide et sans sourire, sans aucune expression, pâlis, invengés.
    Les uns sans les autres nous deviendrions des autres, et ces autres ne pourraient rien faire contre cuex-mêmes »
    Vidosav Stefanovic, La même chose, Mercure de France, 1999, p.139.

    Une citation sur le #masque et le #visage :
    « ’Ce n’est pas un vrai visage, dit Simon. C’est un masque que cet homme a revêtu comme on revêt un uniforme, un masque qui s’est collé à son visage. Si je lui arrachais son masque, dessous je ne trouverais rien’ »
    Vidosav Stefanovic, La même chose, Mercure de France, 1999, p.97.

    Une citation sur les #viols, la #guerre et les enfants nés de viols :
    « ’Chassez ce monstre de mon ventre, dit Sela. Aidez-moi à être de nouveau légère et seule ; que ma peau soit claire et propre. Pourquoi vous taisez-vous ? Si vous ne savez plus parler, sautez, agitez les bras, battez-vous, frappez ce monstre en moi pour que je sois à nouveau fraîche et belle et que ma peau soit claire et pure’ »
    Vidosav Stefanovic, La même chose, Mercure de France, 1999, p.99.

    3 citations sur les #montagnes :
    « ’Mon peuple est en petit nombre, il y a bien des nôtres aussi dans les plaines et dans les villes, mais nous ne reconnaissons que ceux des montagnes, ceux qui descendent pour exterminer ceux de la plaine, détruire les villes »
    Vidosav Stefanovic, La même chose, Mercure de France, 1999, p.119.

    « Tout est dans ma tête de même que tout l’argent est sur mon compte, tous mes tableaux sur mes murs dans le séjour, je n’ai plus besoin de rien sauf de prendre chaque après-midi le thé sur la terrasse, avec devant moi la vue sur Paris qui m’appartient comme jadis les montagnes, si ce n’est qu’il est plus beau que les montagnes »
    Vidosav Stefanovic, La même chose, Mercure de France, 1999, p.139.

    « Le Professeur ne sera plus ni professeur ni docteur. Ce sera un vieillard qui ne peut pas mourir, c’est en vain qu’il restera là assis à attendre la mort, il n’aura ni encre ni plume, ses deux amis ne viendront pas, la nuit, de la montagne qui se dresse vers le nord, ils ne lui enverront plus d’obus avant-coureurs. ’Revenez’, dira le Professeur. Mais personne ne viendra. ’Je veux vivre’, dira le Professeur. Mais il ne vivra pas tant qu’au nord il y aura des montagnes »
    Vidosav Stefanovic, La même chose, Mercure de France, 1999, p.164.

    #ex-Yougoslavie #exil #réfugié


  • Pourquoi brûle-t-on des bibliothèques ? (Questions de classes)
    http://www.questionsdeclasses.org/?Pourquoi-brule-t-on-des,1314

    Entre 1996 et 2013, 70 bibliothèques ont été incendiées, toutes dans des quartiers populaires. C’est la découverte, un peu par hasard, de cette statistique oubliée qui a conduit Denis Merklen à soulever la question placée en couverture de son ouvrage Pourquoi brûle-t-on des bibliothèques ? Mais, derrière ce questionnement inaugural, c’est aussi une autre interrogation qu’il nous invite à explorer : pourquoi cette volonté de faire silence autour de ces incendies et comment parvenir à entendre ce qu’ils auraient à nous dire ?
    […]
    Quant aux bibliothèques, elles s’érigent telles des emblèmes dans des territoires où les personnels, y compris ceux qui y habitent, se définissent comme des « intervenants ». Symboles assumés et revendiqués de l’action politique et sociale, les bibliothèques se refusent pourtant à se penser en terme politique, c’est-à-dire comme des espaces traversés eux-aussi par des conflits.
    […]
    Pourquoi et comment la sincère ambition émancipatrice revendiquée par les bibliothécaires se heurte-t-elle à ces résistances ? Là encore, c’est autour des pratiques de lecture, autour du livre - « objet de l’individu, individualiste et individualisant » - que les choses semblent se jouer, dans l’opposition entre l’individu et le collectif, le « dedans » et le « dehors », les élites et les dominés, le pouvoir et la révolte.
    […]
    Dans le combat contre la culture marchande, note Denis Merklen, les bibliothèques, même relookées en médiathèques, sont en position de faiblesse. Si leur disparition ne pourrait d’ailleurs que renforcer leur adversaire et accentuer les conflits, à l’origine des incendies, « elles n’ont d’autre choix, note-t-il, que de se rapprocher des classes populaires pour agir avec elles » non plus en « donnant accès » ou en « important » une culture extérieure mais en travaillant les pratiques culturelles du quartier et en dépassant l’action désocialisante qui sépare l’individu du groupe par une mise en avant, par exemple, des pratiques collectives de la lecture ou en transformant une politique de consommation culturelle en politique de production.

    Se pose alors la question de la place des contestations de la langue et de la culture légitime par une reconnaissance d’une culture des quartiers, d’un savoir à la fois populaire et savant, dont l’existence est avérée par un certain nombre de productions passées en revue par l’auteur. Une vitalité, souvent explosive, qui témoigne incontestablement d’une aspiration à se constituer en force collective et qui invite à transformer les bibliothèques en véritables institutions de la culture populaire.

    #éducation #bibliothèque #médiathèque #lecture


  • Shailene Woodley : Twilight, ’une relation toxique, très malsaine’
    http://www.actualitte.com/cinema/shailene-woodley-twilight-une-relation-toxique-tres-malsaine-48777.htm

    La critique contre les livres n’est pas nouvelle. On doit probablement la plus dure à John Boyne, pour qui Twilight n’était qu’un « tas d’ordures ». Pour l’écrivain, la situation est simple : « Nous devrions encourager les enfants à lire seulement des bons livres ». Pas Twilight par exemple. Car pour les enfants qui lisent la saga de Stéphanie Meyer, « c’est une perte de temps ». « C’est mal écrit, il n’y a pas de bonne histoire, et cela donne un très, très mauvais message aux jeunes lecteurs, particulièrement aux jeunes filles ».

    #Bullshit. Les mauvaises lectures, ce sont toujours celles des autres. Prescrire des livres aux gamins, sur l’air du « ça c’est bien, ça c’est pas bien ; tu devrais lire ça ; lis pas ça c’est mal écrit », pourra, au mieux, les conforter dans leur désir de lire les amourettes de vampires gominés, au pire, leur faire rejeter totalement la #lecture.


  • What You Think You Know About the Web Is Wrong

    http://time.com/12933/what-you-think-you-know-about-the-web-is-wrong

    http://i2.wp.com/flowingdata.com/wp-content/uploads/2014/03/Reading-and-social-activity.png?fit=625%2C9999

    Les articles les plus partagés ne sont donc pas forcément les plus lus. Qu’en est-il de #seenthis ? Est-ce mesurable ?

    En passant, je partage parce que l’illustration est attirante, mais je n’ai pas vraiment lu tout l’article en détail :)


  • Tests et mesures des productions interactives (1/2) : des sciences cognitives aux tests d’interfaces
    http://www.internetactu.net/2014/03/11/tests-et-mesures-des-productions-interactives-12-des-sciences-cognitiv

    Comment un outil technologique interagit-il avec notre #cognition ? Question complexe, mais éminemment pratique et concernant au premier chef designers, concepteurs de jeux et chercheurs en sciences cognitives. C’est donc au problème des “tests et mesures des productions interactives” qu’à été consacrée la journée d’études PraTIC du 13 février, conçue et organisée par Etienne-Armand Amato et Etienne Perény pour Gobelins,…

    #économie_de_l'attention #IHM #lecture #neuroscience #réalité_virtuelle


  • This Insane New App Will Allow You To Read Novels In Under 90 Minutes | Elite Daily
    http://elitedaily.com/news/technology/this-insane-new-app-will-allow-you-to-read-novels-in-under-90-minutes

    The reading game is about to change forever. Boston-based software developer #Spritz has been in “stealth mode” for three years, tinkering with their program and leasing it out to different ebooks, apps, and other platforms.

    (…)

    However, what Spritz does differently (and brilliantly) is manipulate the format of the words to more appropriately line them up with the eye’s natural motion of reading.

    The “Optimal Recognition Point” (ORP) is slightly left of the center of each word, and is the precise point at which our brain deciphers each jumble of letters.

    The unique aspect of Spritz is that it identifies the ORP of each word, makes that letter red and presents all of the ORPs at the same space on the screen.

    In this way, our eyes don’t move at all as we see the words, and we can therefore process information instantaneously rather than spend time decoding each word.

    #lecture #logiciel



  • L’Inde est le pays où on lit le plus | Slate.fr
    http://www.slate.fr/life/84113/inde-pays-lecture

    Les Indiens sont les plus gros lecteurs du monde. Avec 10 heures et 42 minutes par semaine à bouquiner, ils arrivent en tête du classement établi sur la base de l’étude World Culture Index publiée en juin 2013.

    Même si l’étude n’est pas toute récente, elle reste d’actualité. Vendredi, @Amazing_Maps a d’ailleurs partagé la carte qui permet de voir en un clin d’œil les pays où on lit le plus. Une infographie sympa à (re)découvrir, réalisée par Russia Beyond the Headlines.

    Les pays d’Asie sortent grands gagnants de ce classement : après l’Inde, on retrouve en effet la Thaïlande, la Chine et les Philippines.

    http://nl.media.rbth.ru/web/en-rbth/images/2013-06/extra/ebook-MAINITI-1-big.jpg

    Et les résultats de l’étude pas récente ici
    http://www.prnewswire.com/news-releases/nop-world-culture-scoretm-index-examines-global-media-habits-uncovers-wh
    #lecture #cartographie

    • C’est la lecture, mais pas forcément la lecture de livres, si ? Je me rappelle avoir lu que l’Afrique du Sud (ici classée dans la moyenne) est un pays où les gens ne lisent aucun livre et où il n’y a plus de librairie digne de ce nom...
      Par ailleurs, il manque des tas de pays, notamment en Scandinavie.

    • Oui mais attention, le temps de lecture par individu n’est pas forcément lié à la capacité d’achat des livres, les livres se prêtent entre amis et s’empruntent à la bibliothèque. Moi aussi j’ai lu beaucoup de bouquins à la bibliothèque parce que j’étais fauchée.

    • Pour Egypte selon les données d’unicef
      http://www.unicef.org/french/infobycountry/egypt_statistics.html
      Taux net de scolarisation à l’école primaire (%) 2008-2011* 97.8
      Taux d’alphabétisation des jeunes (15-24 ans) (%), 2008-2012*, hommes 92.4
      Taux d’alphabétisation des jeunes (15-24 ans) (%), 2008-2012*, femmes 86.1
      Taux total d’alphabétisation des adultes (%) 2008-2012* 73.9

      Pour l’Inde
      http://www.unicef.org/french/infobycountry/india_statistics.html
      Taux net de scolarisation à l’école primaire (%) 2008-2011*
      98.6
      Taux d’alphabétisation des jeunes (15-24 ans) (%), 2008-2012*, hommes 88.4
      Taux d’alphabétisation des jeunes (15-24 ans) (%), 2008-2012*, femmes 74.4
      Taux total d’alphabétisation des adultes (%) 2008-2012* 62.8

      Y’a pire :)

    • L’étude est effectivement un peu ancienne (juin 2005) pour une enquête menée entre décembre 2004 et février 2005.

      Ce que l’on sait de la méthodo, c’est un entretien en face à face.

      The Culture Score Index Series is based on further analysis of the NOP World Report Reports WorldwideTM survey, which includes in-depth personal interviews with more than 30,000 people age 13 and older in 30 countries between December 2004 and February 2005. The data are weighted to the sampled population in each country.

      http://www.marketresearchworld.net/index.php?option=com_content&task=view&id=102

      NOP World a été racheté fin 2005 par GfK. L’enquête marketing est toujours menée mais sous une forme différente (online survey) et les résultats sont réservés aux abonnés…

      Ce que l’on peut savoir de la dernière vague (publié le 17/10/2013) ressemble à cela :

      Malaysians are second most avid weekly readers of newspaper across Asia Pacific : GfK
      http://www.gfk.com/news-and-events/press-room/press-releases/Pages/Malaysians-are-second-most-avid-weekly-readers-of-newspaper-across-Asia-Pacific

      “Around 82 percent of respondents from Malaysia read newspapers on a weekly basis as compared to the Asia Pacific average of only 62 percent, and an even lower global average of 59 percent,” highlighted Selinna Chin, Managing Director for GfK in Malaysia. “In fact, listening to music is the most popular activity of global consumers, where an average of 76 percent said they do it weekly or more, followed by shopping for groceries (70%) then reading newspaper (59%).”
      GfK polled over 40,000 consumers aged 15+ across 28 countries, including 11 from Asia Pacific - Australia, China, India, Indonesia, Japan, South Korea, Taiwan, Thailand and the latest additions of Singapore, Malaysia and Vietnam. Approximately 1,500 respondents per market were surveyed on their attitudes, behaviors and values across a range of topics.

      The survey also revealed some differences between consumers across the globe.

      Etc. yawn…

    • Nous avons traité ces données pour un atlas du diplo, celui de 2003 ou de 2006, je ne me souviens plus mais c’est facile de retrouver (juste un peu fainéant ce soir). Dans mes souvenirs, la Norvège est le premier pays du monde - et de loin - pour la lecture des journaux (pour un pays de moins de 5 millions d’habitants, il y a un nombre incalculable de titres, et je n sais pas comment ça peut-être rentable) et l’Islande pour la lecture des livres (je ne sais pas si il y a plus d’auteurs que de lecteurs, mais les stats montraient qu’ils lisaient énormément plus que la moyenne).

      Nous avions produits une série de graphiques que nous n’avons pas tous publié faute de place, je recherche et je publie ici si je trouve.

    • Tiens c’est marrant, en faisant des recherches je retombe sur une série de graphiques que j’avais fait en 1999 pour un bouquin chez Gallimard sur la presse

      https://dl.dropbox.com/s/jqegi7yochwl6ff/tiragequotidiens.jpg

      et surtout

       https://dl.dropbox.com/s/lthre31kivwit3n/nombreslecteurs.jpg

      où on voit que déjà en 1999 la Norvège est en tête, et depuis, l’écart s’est accentué.

      Alors si mes souvenirs sont bons, le premier journal français à l’époque était Ouest-France avec 800 000 exemplaires et quelques. A côté de l’Asahi Shimbun (14 millions) ça fait petit bras.

    • D’ailleurs, je vois que le WPT a une base de données :

      WPT Database - WAN-IFRA World Press Trends Database

      http://www.wptdatabase.org

      WPT Database

      World Press Trends is the primary and most authoritative source of data on the newspaper industry worldwide. The new World Press Trends Database is now available!

      The database will save you time searching for data and figures. You can follow the trends from 2006 onwards by countries and worldwide with detailed tables and charts. The database not only includes the summary tables previously found in the print and digital editions of the World Press Trends reports, but allows users to produce their own, customized reports, which can be exported to PDF or to Excel format. The dynamic database is continuously updated with additional countries and more historical comparison data.

      Et que les graphiques du dessus peuvent-être mis à jour facilement


  • Et voilà, après les #pirates de L’île au trésor l’année dernière [1], nous avons terminé #Arsène-Lupin, gentleman cambrioleur [2], le premier du nom. Avec explication sur l’origine et sur Alexandre #Marius-Jacob à la clé !

    Je voulais alterner pour changer, et lui faire commencer le #Disque-monde de #Terry-Pratchett [3], mais il voulait absolument continuer Lupin. N’ayant pas le deuxième (Arsène Lupin contre Herlock Sholmes), on a dû commencer directement L’aiguille creuse. Je me rappelle avoir été marqué à son âge par la fin très triste : j’espère que ça ira.

    Si avec tout ça mon fils devient un honnête travailleur capitaliste, on aura vraiment foiré son #éducation !

    #lecture #livre #enfant #CP :)

    [1] Cette édition-là, avec belles illustrations et vraie traduction non simplifiée (super dur de lire les paroles des pirates à l’oral !) :
    http://pmcdn.priceminister.com/photo/703437692.jpg

    [2] Un vieux poche que j’ai depuis ma primaire :
    http://www.renaud-bray.com/ImagesEditeurs/PG/18/18156-gf.jpg

    [3] L’Atalante, bon papier, avec les dessins tordus de Josh Kirby, que je préfère à ceux de Paul Kidby :
    http://p6.storage.canalblog.com/67/56/262874/36126313.gif


  • « Le Monde » bouscule l’école en six questions - LeMonde.fr
    http://www.lemonde.fr/education/visuel/2014/02/07/le-monde-bouscule-l-ecole-en-six-questions_4361743_1473685.html

    « L’apprentissage de la lecture n’est ni de droite ni de gauche. Le cerveau des #enfants fonctionne d’une seule et même façon. Pour délivrer un enseignement adapté, les profs doivent simplement connaître ce fonctionnement. » Stanislas Dehaene. Tags : internetactu internetactu2net fing #éducation enfants



  • Nouvelle rubrique de la « #Revue_de_géographie_alpine » #RGA :
    Montagnes en fictions

    Cette rubrique propose de courts commentaires (3 à 5000 signes) portant sur des oeuvres de fictions ou sur des #documentaires non universitaires : #textes, #films, #images, pour enfants ou adultes, documents audio, audiovisuels, etc., pour leur évocation de la #montagne.

    La montagne peut ne pas constituer le personnage central mais être un élément de la composition. Elle reste au centre de la réflexion. On peut y faire référence à des ouvrages scientifiques sans que cela soit une obligation. Enfin, un ensemble de plusieurs oeuvres réunies dans une optique particulière peut faire l’objet d’un seul article.

    http://rga.revues.org/docannexe/file/2147/vide_univers_grande-small235.jpg

    http://rga.revues.org/2146?lang=fr

    Première contribution parue :

    La montagne au féminin dans La source des femmes

    Le film La source des femmes, réalisé par Radu Mihaileanu et sorti en novembre 2011, nous parle des montagnes du Sud de la Méditerranée et de la vie de leurs habitant(e)s. Il a été tourné dans un village du Haut Atlas marocain, à proximité de Moulay Brahim, au sud de Marrakech. Mais l’intrigue est située quelque part entre l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient y et est présentée comme un conte. Le film veut donc avoir une portée plus générale. Il raconte l’histoire de femmes qui décident de faire la grève du sexe tant que les hommes n’auront pas trouvé de solution pour qu’elles n’aient plus à assurer la corvée qui consiste à aller chercher l’eau à une source située en haut de la montagne. L’histoire est inspirée d’une comédie d’Aristophane, Lysistrata, dans laquelle des femmes athéniennes décident de se refuser à leurs maris pour mettre fin à la guerre les opposant aux hommes de Sparte. Elle est également inspirée d’un fait réel : en 2001, dans un village de Turquie, des femmes avaient fait une grève de l’amour pour que les hommes raccordent les maisons à l’eau courante. L’intervention du gouvernement suite au retentissement de l’affaire y avait mis fin.

    http://rga.revues.org/docannexe/image/2148/img-1-small480.jpg

    http://rga.revues.org/2148

    Amis #cinéphiles (mais aussi amis de la #lecture et des #livres)... à vos plumes !

    cc @wizo @albertocampiphoto @fil


  • Stanislas Dehaene : « On observe souvent un déni de la réalité scientifique » (LeMonde.fr)
    http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/02/03/stanislas-dehaene-on-observe-souvent-un-deni-de-la-realite-scientifique_4358

    Parce que quand un enfant apprend à lire, son cerveau effectue trois étapes. La première consiste à identifier la séquence de lettres. La deuxième, le décodage de leur prononciation. Et c’est seulement en dernier qu’intervient le sens. Il faut attendre plusieurs années avant que la lecture devienne un automatisme. Seul un lecteur expert passe directement des chaînes de lettres à leur signification. C’est pourquoi le déchiffrage des lettres, qui ne devient automatique qu’au bout de deux ou trois ans chez un enfant, est une étape extrêmement importante. Penser qu’on peut la court-circuiter afin d’accéder directement au sens des mots, à leur signification, est une grave erreur. C’est néanmoins ce que proposent certaines méthodes mixtes.

    #éducation #école #lecture #apprentissage #neurosciences #méthode_syllabique

    • Hihi, +1000. :)

      J’avais lu une expérience sur adultes qui, je crois, combinait neurologie et mouvement des yeux, et qui montrait qu’en fait, même adulte, le cerveau regarde lettre par lettre : seulement il le fait à une vitesse monstrueusement rapide.

      Ce qui signifierait que même les lecteurs experts ne court-circuitent pas la phase d’identification, seulement ils ont entraîné leur cerveau (au fil d’années de lecture) à faire cette opération de plus en plus rapidement.

      Chaque chose en son temps…

      #syllabique

    • Ah, je savais que ça te plairait… :)
      Quant à moi, j’utilise une méthode que d’aucuns qualifieraient de mixte, même si je n’aime pas ce terme.
      Je ne suis pas convaincu par les certitudes de Dehaene (j’ai parfois l’impression qu’il nous refait le coup de la « bosse des maths ») même si je trouve ses travaux intéressants. Je crois à l’importance du sens, de la compréhension et de la mise en lien dès le plus jeune âge. Je ne suis pas convaincu par les théories « du simple au compliqué » parce que j’ai l’intuition qu’elles passent à côté du « complexe ». D’ailleurs quand on dit que x% d’élèves ne savent pas lire au collège, on oublie de dire que l’évaluation se fait sur la compréhension et non sur une restitution oralisée d’un texte.
      Enfin, dans une autre vie, j’ai fréquenté des labos de neurosciences et j’en ai gardé un intérêt pour cette approche scientifique pluridisciplinaire mais le sentiment qu’elle doit restée à sa place.
      Comme enseignant, je suis ouvert à la controverse scientifique, mais l’impossibilité de tout débat pédago-éducatif en France parce qu’il faudrait in fine choisir entre Finkielkraut et Meirieu me fatigue :)

    • Je pensais que l’on arriverait à un large consensus au sein de l’institution quant aux méthodes de lecture. Dans les années 80, les thèses de Jean Foucambert suscitaient l’intérêt de nombreux pédagos qui se penchaient un tant soit peu sur l’enseignement de la lecture. Force m’est de constater qu’il n’en est rien puisque Darcos sous le lobbying de quelques officines de l’enseignement supérieur (Sauver-les-lettres pour ne citer que celle-là) tente d’imposer aux instits la « bonne-vieille » méthode syllabique. Et je m’aperçois que dans notre « bonne-vieille » France rance et ultraconservatrice, on ressasse en boucle les mêmes débats stériles sans avancer d’un iota.

      http://www.charmeux.fr/foucambert.html

      En clair, c’est ce qu’il comprend du message qui lui permet d’aller voir comment fonctionne le code jusqu’à pouvoir enfin le considérer isolément. Contrairement à l’approche que proposent les méthodes en usage à l’école dans la continuation de l’alphabétisation, on ne peut entrer dans un nouveau langage que par l’usage qui en est fait en tant qu’outil de pensée et de communication. Peu désireux d’investir économiquement dans les conditions de la lecture pour la partie des forces productives que la division du travail devait exclure d’un rapport expert à l’écrit, le corps social a fait au siècle dernier le choix d’une entrée par le code afin de parvenir au message par transcodage du système linguistique indigène, en l’occurrence l’oral. Choix réaliste qui n’est possible que dans les systèmes d’écriture à dominante phonographique, mais réduisant la définition de la lecture à cette opération enseignée jusqu’à en oublier ce qu’il en est des opérations communes au traitement de tous les systèmes écrits par leurs lecteurs experts. Cette réduction de la lecture permet à des enseignants de bonne foi de rester à distance d’une réflexion sur les conditions d’un apprentissage linguistique de l’écrit au prétexte que l’oral serait naturel (donc relèverait bien des conditions d’un apprentissage linguistique) mais l’écrit serait social donc justifierait un apprentissage non linguistique. C’est pour prendre à revers cette idée reçue que Freinet inventait l’expression de méthode “naturelle” pour aborder l’écrit et qui consiste simplement à recréer les conditions sociales d’un apprentissage linguistique.

    • @sombre je trouve ton « argument » ridicule. De ce que j’entends des gentils-progressistes, il s’agit exactement, presque mot pour mot, des mêmes mécanismes d’argumentation utilisée par les anti-écolos.

      Pour faire vite : on confond telle technique particulière, avec une époque entière. Et l’on critique alors ceux qui promeuvent, parfois très rationnellement (et non par nostalgie de l’époque !) la méthode syllabique, comme s’ils voulaient tous revenir à l’Ancien Régime.

      Exactement donc, comme ceux qui disent immédiatement qu’on va revenir à la bougie et au cheval (et à un temps où on était moins libres, où les femmes blablabla) dès que l’on critique le nucléaire et les voitures. Même assimilation et même croyance en une histoire linéaire, où l’on serait obligé de tout prendre vers l’avant ou de tout revenir en arrière.

      Je ne vois pour ma part aucune contradiction à défendre farouchement le départ syllabique (qui ne dure même pas longtemps en plus, aucune coercition fasciste !), tout en promouvant des relations d’apprentissages issues de Montessori ou autre. Entre autre parce que le « départ syllabique » n’est pas une méthode en soi, mais seulement un processus de base, sur lequel on peut tout à la fois appliquer une méthode réac (du genre toute la classe répète B-A-BA sur le tableau en même temps), ou des méthodes plus modernes et « autonomisantes » (Syllamots/Syllathèmes en est un très bon exemple, où les enfants apprennent à s’auto-corriger, avec l’aide bienveillante d’un adulte).

    • @rastapopoulos qui dit que :

      Pour faire vite : on confond telle technique particulière, avec une époque entière. Et l’on critique alors ceux qui promeuvent, parfois très rationnellement (et non par nostalgie de l’époque !) la méthode syllabique, comme s’ils voulaient tous revenir à l’Ancien Régime.

      Tout d’abord, mon « argument » était plus une constatation qu’autre chose. Je ne fais pas la promotion de la méthode mixte ni (et encore moins) celle de la méthode globale. Ce que je voulais montrer, c’est le management déplorable auquel sont soumis les enseignants. En 2002, retour de la droite aux manettes : on vient à peine de digérer la réforme de J. Lang précédent ministre de l’EN que voilà-t-y pas qu’on remet en cause les méthode d’apprentissage de lecture avec en apothéose, le ministre Darcos qui affirme péremptoirement que la méthode syllabique, ça c’est une méthode qu’elle est bien. Quelle légitimité a-t-il pour imposer cette méthode plutôt qu’une autre (à part celle d’avoir un portefeuille ministériel) ?
      Donc tout à fait d’accord avec l’article du monde (qui bouscule l’école en 6 questions) :
      l’apprentissage de la lecture n’est ni de droite, ni de gauche,
      les enseignants sont tenus à l’écart des travaux scientifiques sur les processus d’apprentissage un peu comme si chaque patron de Bercy tenait à les garder dans l’ignorance pour mieux les fidéliser à sa cause (clientélisme).

      En attendant qu’on fasse une synthèse objective de tous les travaux concernant de près ou de loin l’apprentissage de la lecture qui suppose également un apprentissage de l’orthographe française qui est loin d’être la plus simple du point de vue linguistique, je souhaite que les gamins du primaire ne soit pas obligé de lire des phrases du type :
      « La pipe de papa pue le tabac. » ce qui présuppose qu’on ait vu que souvent le graphème « e » est muet, que souvent une consonne en final d’un mot ne se prononce pas sinon on aura un énoncé oral du type :
      « la-pi-pe-de pa-pa-pu-e-le-ta-bak ». pas terrible pour motiver l’apprentissage et pour la communication.
      Sinon, l’apprentissage de la lecture ne se fait pas qu’au CP, il se poursuit tout au long de la scolarité élémentaire et il est complété par des apprentissages sur les interrelations entre oral et écrit comme la grammaire, l’orthographe, la conjugaison des verbes, le vocabulaire etc ...
      Voili, voiloù ...


  • Une évaluation des méthodes de lecture | Revue du Mauss permanente
    http://journaldumauss.net/spip.php?article1041

    La mise en œuvre d’un modèle de régression linéaire multiple (qui permet de mesurer la contribution des facteurs « toutes choses égales par ailleurs) les amène à identifier trois variables impactant significativement la maîtrise de la langue écrite en fin de CP. Il s’agit d’abord, de façon attendue, des indicateurs décrivant le milieu socioculturel de la famille : comparés aux autres, les élèves dont au moins un des deux parents est titulaire d’un bac obtiennent un moyenne MLE supérieure de 17 points sur 100 ; et ceux qui lisent à la maison des ouvrages non scolaires obtiennent une moyenne supérieure de 15 points par rapport aux autres (mais ce dernier résultat est à double sens : l’usage de littérature enfantine est aussi bien effet que facteur d’une bonne capacité de lecture). Moins attendu, et spectaculaire, est l’effet du manuel d’apprentissage : les élèves qui ont appris à lire avec le manuel qui s’avère le plus efficace, le manuel syllabique-2, ont obtenu une moyenne MLE supérieure de 19 points sur 100 à la moyenne obtenue par ceux qui ont appris avec le manuel le moins efficace, le manuel mixte-1. On voit ainsi que l’impact du support pédagogique utilisé, l’impact donc de la façon de conduire les apprentissages dans la classe, est du même ordre de grandeur que l’impact de l’héritage culturel familial. C’est un résultat considérable.

    #école #éducation #étude #apprentissage #lecture