• Serious reading takes a hit from online scanning and skimming, researchers say - The Washington Post
    http://www.washingtonpost.com/local/serious-reading-takes-a-hit-from-online-scanning-and-skimming-researchers-say/2014/04/06/088028d2-b5d2-11e3-b899-20667de76985_story.html

    To cognitive neuroscientists, Handscombe’s experience is the subject of great fascination and growing alarm. Humans, they warn, seem to be developing digital brains with new circuits for skimming through the torrent of information online. This alternative way of reading is competing with traditional deep reading circuitry developed over several millennia.

    #lecture


  • Pas encore lu, mais ça promet...
    #livre #lecture L’invention de l’#immigré
    de #Hervé_Le_Bras

    Comment naît la #crainte récurrente de l’#immigration perçue
    comme une #invasion ? Comment intègre-t-on, ou plus
    exactement, comment assimile-t-on des étrangers ? Et quels
    étrangers ? Pourquoi l’attitude vis-à-vis du sol et du sang, et
    donc la conception de l’#appartenance_nationale, a-t-elle été
    modifiée ? Cet ouvrage intègre et élargit le propos du Sol et du
    Sang, qu’André Burguière qualifia de « petit essai plein de
    verve » dans le Nouvel Observateur, et qui était, pour Le
    Canard enchaîné, un texte "stimulant qui invite à repenser
    sérieusement la nationalité.

    http://ecx.images-amazon.com/images/I/31EqzXWHl0L._SY445_.jpg

    http://www.amazon.fr/Linvention-limmigr%C3%A9-Herv%C3%A9-Le-Bras/dp/2815904543

    #assimilation #intégration #étrangers


  • #Livre, #lecture :
    Vidosav STEVANOVIC, « La même chose »
    http://ecx.images-amazon.com/images/I/412EDT8RZAL._SY445_.jpg

    Ils sont onze, exilés à Paris ou survivants là-bas, perdus dans les décombres d’une ville fantôme de l’est de l’Europe. Simon est un petit garçon agile comme un chat, les yeux grands ouverts sur le souvenir des cadavres de ses parents assassinés. Sela est seule au monde, dans une ville qui n’est plus une ville, avec un bébé dans le ventre - et la faim, la soif, les balles et la mort qui l’attendent à la sortie. Mais il y a aussi le peintre aveugle, qui n’a pas toujours été aveugle, qui palpe et qui entend au fond de lui ce vide obscur, parfois tonitruant, qui l’étreint. Et le Professeur, que des rhumatismes paralysent - souvenir d’enfance et de guerre du temps où sa famille fut massacrée et jetée dans une fosse. Et le sniper, appelé « le Sixième », l’œil rivé au viseur, et qui se gave de mille-feuilles avec l’argent que lui rapportent ses crimes. Et, surtout, il y a l’écrivain, qui n’a pas de nom, qui vit dans une ville rayée des cartes et de l’Histoire et qui raconte l’horreur et la mort, la rage et le désir de vengeance.« Ici l’on ne survit que si l’on meurt. » Avec une violence rarement atteinte et une grande maîtrise littéraire, Vidosav Stevanovic raconte, après les tourbillons d’une guerre qui ont anéanti un peuple, des êtres dont il ne reste plus que des chairs béantes et des consciences torturées avec, à la bouche, un goût de mort, de vengeance et de haine.

    http://www.amazon.fr/La-m%C3%AAme-chose-Vidosav-Stevanovic/dp/2715219261

    3 #citations sur la #guerre, les #soldats, l’ #altérité, l’ #extermination la #vie_en_commun, les #frontières, les #murs :
    « Les soldats sont eux aussi des hommes, mais d’autres hommes, différents, les mêmes de l’extérieur, différents de l’intérieur. Ce qui tue, ce ne sont pas les fusils, les canons et les obus, ce sont les soldats »
    Vidosav Stefanovic, La même chose, Mercure de France, 1999, p.32.

    « Il voit cet enfant errer dans les rues qui ne sont plus des rues, cherchant une nourriture inexistante dans des maisons qui étaient autrefois des maisons, ce sont maintenant des ruines où vivent des gens affamés qui mourront bientôt »
    Vidosav Stefanovic, La même chose, Mercure de France, 1999, p.69.

    « La vie en commun est malgré tout indispensable. Autrement la haine n’est pas possible, la vengeance n’est pas possible. Autrement l’extermination mutuelle n’est pas possible. Si nous nous séparions, nous divisions, si nous élevions des murs entre nous, dressions des frontières et des obstacles, une trentaine de visages sur ces photographies resteraient figés, à regarder dans le vide et sans sourire, sans aucune expression, pâlis, invengés.
    Les uns sans les autres nous deviendrions des autres, et ces autres ne pourraient rien faire contre cuex-mêmes »
    Vidosav Stefanovic, La même chose, Mercure de France, 1999, p.139.

    Une citation sur le #masque et le #visage :
    « ’Ce n’est pas un vrai visage, dit Simon. C’est un masque que cet homme a revêtu comme on revêt un uniforme, un masque qui s’est collé à son visage. Si je lui arrachais son masque, dessous je ne trouverais rien’ »
    Vidosav Stefanovic, La même chose, Mercure de France, 1999, p.97.

    Une citation sur les #viols, la #guerre et les enfants nés de viols :
    « ’Chassez ce monstre de mon ventre, dit Sela. Aidez-moi à être de nouveau légère et seule ; que ma peau soit claire et propre. Pourquoi vous taisez-vous ? Si vous ne savez plus parler, sautez, agitez les bras, battez-vous, frappez ce monstre en moi pour que je sois à nouveau fraîche et belle et que ma peau soit claire et pure’ »
    Vidosav Stefanovic, La même chose, Mercure de France, 1999, p.99.

    3 citations sur les #montagnes :
    « ’Mon peuple est en petit nombre, il y a bien des nôtres aussi dans les plaines et dans les villes, mais nous ne reconnaissons que ceux des montagnes, ceux qui descendent pour exterminer ceux de la plaine, détruire les villes »
    Vidosav Stefanovic, La même chose, Mercure de France, 1999, p.119.

    « Tout est dans ma tête de même que tout l’argent est sur mon compte, tous mes tableaux sur mes murs dans le séjour, je n’ai plus besoin de rien sauf de prendre chaque après-midi le thé sur la terrasse, avec devant moi la vue sur Paris qui m’appartient comme jadis les montagnes, si ce n’est qu’il est plus beau que les montagnes »
    Vidosav Stefanovic, La même chose, Mercure de France, 1999, p.139.

    « Le Professeur ne sera plus ni professeur ni docteur. Ce sera un vieillard qui ne peut pas mourir, c’est en vain qu’il restera là assis à attendre la mort, il n’aura ni encre ni plume, ses deux amis ne viendront pas, la nuit, de la montagne qui se dresse vers le nord, ils ne lui enverront plus d’obus avant-coureurs. ’Revenez’, dira le Professeur. Mais personne ne viendra. ’Je veux vivre’, dira le Professeur. Mais il ne vivra pas tant qu’au nord il y aura des montagnes »
    Vidosav Stefanovic, La même chose, Mercure de France, 1999, p.164.

    #ex-Yougoslavie #exil #réfugié


  • Pourquoi brûle-t-on des bibliothèques ? (Questions de classes)
    http://www.questionsdeclasses.org/?Pourquoi-brule-t-on-des,1314

    Entre 1996 et 2013, 70 bibliothèques ont été incendiées, toutes dans des quartiers populaires. C’est la découverte, un peu par hasard, de cette statistique oubliée qui a conduit Denis Merklen à soulever la question placée en couverture de son ouvrage Pourquoi brûle-t-on des bibliothèques ? Mais, derrière ce questionnement inaugural, c’est aussi une autre interrogation qu’il nous invite à explorer : pourquoi cette volonté de faire silence autour de ces incendies et comment parvenir à entendre ce qu’ils auraient à nous dire ?
    […]
    Quant aux bibliothèques, elles s’érigent telles des emblèmes dans des territoires où les personnels, y compris ceux qui y habitent, se définissent comme des « intervenants ». Symboles assumés et revendiqués de l’action politique et sociale, les bibliothèques se refusent pourtant à se penser en terme politique, c’est-à-dire comme des espaces traversés eux-aussi par des conflits.
    […]
    Pourquoi et comment la sincère ambition émancipatrice revendiquée par les bibliothécaires se heurte-t-elle à ces résistances ? Là encore, c’est autour des pratiques de lecture, autour du livre - « objet de l’individu, individualiste et individualisant » - que les choses semblent se jouer, dans l’opposition entre l’individu et le collectif, le « dedans » et le « dehors », les élites et les dominés, le pouvoir et la révolte.
    […]
    Dans le combat contre la culture marchande, note Denis Merklen, les bibliothèques, même relookées en médiathèques, sont en position de faiblesse. Si leur disparition ne pourrait d’ailleurs que renforcer leur adversaire et accentuer les conflits, à l’origine des incendies, « elles n’ont d’autre choix, note-t-il, que de se rapprocher des classes populaires pour agir avec elles » non plus en « donnant accès » ou en « important » une culture extérieure mais en travaillant les pratiques culturelles du quartier et en dépassant l’action désocialisante qui sépare l’individu du groupe par une mise en avant, par exemple, des pratiques collectives de la lecture ou en transformant une politique de consommation culturelle en politique de production.

    Se pose alors la question de la place des contestations de la langue et de la culture légitime par une reconnaissance d’une culture des quartiers, d’un savoir à la fois populaire et savant, dont l’existence est avérée par un certain nombre de productions passées en revue par l’auteur. Une vitalité, souvent explosive, qui témoigne incontestablement d’une aspiration à se constituer en force collective et qui invite à transformer les bibliothèques en véritables institutions de la culture populaire.

    #éducation #bibliothèque #médiathèque #lecture


  • Shailene Woodley : Twilight, ’une relation toxique, très malsaine’
    http://www.actualitte.com/cinema/shailene-woodley-twilight-une-relation-toxique-tres-malsaine-48777.htm

    La critique contre les livres n’est pas nouvelle. On doit probablement la plus dure à John Boyne, pour qui Twilight n’était qu’un « tas d’ordures ». Pour l’écrivain, la situation est simple : « Nous devrions encourager les enfants à lire seulement des bons livres ». Pas Twilight par exemple. Car pour les enfants qui lisent la saga de Stéphanie Meyer, « c’est une perte de temps ». « C’est mal écrit, il n’y a pas de bonne histoire, et cela donne un très, très mauvais message aux jeunes lecteurs, particulièrement aux jeunes filles ».

    #Bullshit. Les mauvaises lectures, ce sont toujours celles des autres. Prescrire des livres aux gamins, sur l’air du « ça c’est bien, ça c’est pas bien ; tu devrais lire ça ; lis pas ça c’est mal écrit », pourra, au mieux, les conforter dans leur désir de lire les amourettes de vampires gominés, au pire, leur faire rejeter totalement la #lecture.


  • What You Think You Know About the Web Is Wrong

    http://time.com/12933/what-you-think-you-know-about-the-web-is-wrong

    http://i2.wp.com/flowingdata.com/wp-content/uploads/2014/03/Reading-and-social-activity.png?fit=625%2C9999

    Les articles les plus partagés ne sont donc pas forcément les plus lus. Qu’en est-il de #seenthis ? Est-ce mesurable ?

    En passant, je partage parce que l’illustration est attirante, mais je n’ai pas vraiment lu tout l’article en détail :)


  • Tests et mesures des productions interactives (1/2) : des sciences cognitives aux tests d’interfaces
    http://www.internetactu.net/2014/03/11/tests-et-mesures-des-productions-interactives-12-des-sciences-cognitiv

    Comment un outil technologique interagit-il avec notre #cognition ? Question complexe, mais éminemment pratique et concernant au premier chef designers, concepteurs de jeux et chercheurs en sciences cognitives. C’est donc au problème des “tests et mesures des productions interactives” qu’à été consacrée la journée d’études PraTIC du 13 février, conçue et organisée par Etienne-Armand Amato et Etienne Perény pour Gobelins,…

    #économie_de_l'attention #IHM #lecture #neuroscience #réalité_virtuelle


  • This Insane New App Will Allow You To Read Novels In Under 90 Minutes | Elite Daily
    http://elitedaily.com/news/technology/this-insane-new-app-will-allow-you-to-read-novels-in-under-90-minutes

    The reading game is about to change forever. Boston-based software developer #Spritz has been in “stealth mode” for three years, tinkering with their program and leasing it out to different ebooks, apps, and other platforms.

    (…)

    However, what Spritz does differently (and brilliantly) is manipulate the format of the words to more appropriately line them up with the eye’s natural motion of reading.

    The “Optimal Recognition Point” (ORP) is slightly left of the center of each word, and is the precise point at which our brain deciphers each jumble of letters.

    The unique aspect of Spritz is that it identifies the ORP of each word, makes that letter red and presents all of the ORPs at the same space on the screen.

    In this way, our eyes don’t move at all as we see the words, and we can therefore process information instantaneously rather than spend time decoding each word.

    #lecture #logiciel



  • L’Inde est le pays où on lit le plus | Slate.fr
    http://www.slate.fr/life/84113/inde-pays-lecture

    Les Indiens sont les plus gros lecteurs du monde. Avec 10 heures et 42 minutes par semaine à bouquiner, ils arrivent en tête du classement établi sur la base de l’étude World Culture Index publiée en juin 2013.

    Même si l’étude n’est pas toute récente, elle reste d’actualité. Vendredi, @Amazing_Maps a d’ailleurs partagé la carte qui permet de voir en un clin d’œil les pays où on lit le plus. Une infographie sympa à (re)découvrir, réalisée par Russia Beyond the Headlines.

    Les pays d’Asie sortent grands gagnants de ce classement : après l’Inde, on retrouve en effet la Thaïlande, la Chine et les Philippines.

    http://nl.media.rbth.ru/web/en-rbth/images/2013-06/extra/ebook-MAINITI-1-big.jpg

    Et les résultats de l’étude pas récente ici
    http://www.prnewswire.com/news-releases/nop-world-culture-scoretm-index-examines-global-media-habits-uncovers-wh
    #lecture #cartographie


  • Et voilà, après les #pirates de L’île au trésor l’année dernière [1], nous avons terminé #Arsène-Lupin, gentleman cambrioleur [2], le premier du nom. Avec explication sur l’origine et sur Alexandre #Marius-Jacob à la clé !

    Je voulais alterner pour changer, et lui faire commencer le #Disque-monde de #Terry-Pratchett [3], mais il voulait absolument continuer Lupin. N’ayant pas le deuxième (Arsène Lupin contre Herlock Sholmes), on a dû commencer directement L’aiguille creuse. Je me rappelle avoir été marqué à son âge par la fin très triste : j’espère que ça ira.

    Si avec tout ça mon fils devient un honnête travailleur capitaliste, on aura vraiment foiré son #éducation !

    #lecture #livre #enfant #CP :)

    [1] Cette édition-là, avec belles illustrations et vraie traduction non simplifiée (super dur de lire les paroles des pirates à l’oral !) :
    http://pmcdn.priceminister.com/photo/703437692.jpg

    [2] Un vieux poche que j’ai depuis ma primaire :
    http://www.renaud-bray.com/ImagesEditeurs/PG/18/18156-gf.jpg

    [3] L’Atalante, bon papier, avec les dessins tordus de Josh Kirby, que je préfère à ceux de Paul Kidby :
    http://p6.storage.canalblog.com/67/56/262874/36126313.gif


  • « Le Monde » bouscule l’école en six questions - LeMonde.fr
    http://www.lemonde.fr/education/visuel/2014/02/07/le-monde-bouscule-l-ecole-en-six-questions_4361743_1473685.html

    « L’apprentissage de la lecture n’est ni de droite ni de gauche. Le cerveau des #enfants fonctionne d’une seule et même façon. Pour délivrer un enseignement adapté, les profs doivent simplement connaître ce fonctionnement. » Stanislas Dehaene. Tags : internetactu internetactu2net fing #éducation enfants



  • Nouvelle rubrique de la « #Revue_de_géographie_alpine » #RGA :
    Montagnes en fictions

    Cette rubrique propose de courts commentaires (3 à 5000 signes) portant sur des oeuvres de fictions ou sur des #documentaires non universitaires : #textes, #films, #images, pour enfants ou adultes, documents audio, audiovisuels, etc., pour leur évocation de la #montagne.

    La montagne peut ne pas constituer le personnage central mais être un élément de la composition. Elle reste au centre de la réflexion. On peut y faire référence à des ouvrages scientifiques sans que cela soit une obligation. Enfin, un ensemble de plusieurs oeuvres réunies dans une optique particulière peut faire l’objet d’un seul article.

    http://rga.revues.org/docannexe/file/2147/vide_univers_grande-small235.jpg

    http://rga.revues.org/2146?lang=fr

    Première contribution parue :

    La montagne au féminin dans La source des femmes

    Le film La source des femmes, réalisé par Radu Mihaileanu et sorti en novembre 2011, nous parle des montagnes du Sud de la Méditerranée et de la vie de leurs habitant(e)s. Il a été tourné dans un village du Haut Atlas marocain, à proximité de Moulay Brahim, au sud de Marrakech. Mais l’intrigue est située quelque part entre l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient y et est présentée comme un conte. Le film veut donc avoir une portée plus générale. Il raconte l’histoire de femmes qui décident de faire la grève du sexe tant que les hommes n’auront pas trouvé de solution pour qu’elles n’aient plus à assurer la corvée qui consiste à aller chercher l’eau à une source située en haut de la montagne. L’histoire est inspirée d’une comédie d’Aristophane, Lysistrata, dans laquelle des femmes athéniennes décident de se refuser à leurs maris pour mettre fin à la guerre les opposant aux hommes de Sparte. Elle est également inspirée d’un fait réel : en 2001, dans un village de Turquie, des femmes avaient fait une grève de l’amour pour que les hommes raccordent les maisons à l’eau courante. L’intervention du gouvernement suite au retentissement de l’affaire y avait mis fin.

    http://rga.revues.org/docannexe/image/2148/img-1-small480.jpg

    http://rga.revues.org/2148

    Amis #cinéphiles (mais aussi amis de la #lecture et des #livres)... à vos plumes !

    cc @wizo @albertocampiphoto @fil


  • Stanislas Dehaene : « On observe souvent un déni de la réalité scientifique » (LeMonde.fr)
    http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/02/03/stanislas-dehaene-on-observe-souvent-un-deni-de-la-realite-scientifique_4358

    Parce que quand un enfant apprend à lire, son cerveau effectue trois étapes. La première consiste à identifier la séquence de lettres. La deuxième, le décodage de leur prononciation. Et c’est seulement en dernier qu’intervient le sens. Il faut attendre plusieurs années avant que la lecture devienne un automatisme. Seul un lecteur expert passe directement des chaînes de lettres à leur signification. C’est pourquoi le déchiffrage des lettres, qui ne devient automatique qu’au bout de deux ou trois ans chez un enfant, est une étape extrêmement importante. Penser qu’on peut la court-circuiter afin d’accéder directement au sens des mots, à leur signification, est une grave erreur. C’est néanmoins ce que proposent certaines méthodes mixtes.

    #éducation #école #lecture #apprentissage #neurosciences #méthode_syllabique

    • Hihi, +1000. :)

      J’avais lu une expérience sur adultes qui, je crois, combinait neurologie et mouvement des yeux, et qui montrait qu’en fait, même adulte, le cerveau regarde lettre par lettre : seulement il le fait à une vitesse monstrueusement rapide.

      Ce qui signifierait que même les lecteurs experts ne court-circuitent pas la phase d’identification, seulement ils ont entraîné leur cerveau (au fil d’années de lecture) à faire cette opération de plus en plus rapidement.

      Chaque chose en son temps…

      #syllabique

    • Ah, je savais que ça te plairait… :)
      Quant à moi, j’utilise une méthode que d’aucuns qualifieraient de mixte, même si je n’aime pas ce terme.
      Je ne suis pas convaincu par les certitudes de Dehaene (j’ai parfois l’impression qu’il nous refait le coup de la « bosse des maths ») même si je trouve ses travaux intéressants. Je crois à l’importance du sens, de la compréhension et de la mise en lien dès le plus jeune âge. Je ne suis pas convaincu par les théories « du simple au compliqué » parce que j’ai l’intuition qu’elles passent à côté du « complexe ». D’ailleurs quand on dit que x% d’élèves ne savent pas lire au collège, on oublie de dire que l’évaluation se fait sur la compréhension et non sur une restitution oralisée d’un texte.
      Enfin, dans une autre vie, j’ai fréquenté des labos de neurosciences et j’en ai gardé un intérêt pour cette approche scientifique pluridisciplinaire mais le sentiment qu’elle doit restée à sa place.
      Comme enseignant, je suis ouvert à la controverse scientifique, mais l’impossibilité de tout débat pédago-éducatif en France parce qu’il faudrait in fine choisir entre Finkielkraut et Meirieu me fatigue :)

    • Je pensais que l’on arriverait à un large consensus au sein de l’institution quant aux méthodes de lecture. Dans les années 80, les thèses de Jean Foucambert suscitaient l’intérêt de nombreux pédagos qui se penchaient un tant soit peu sur l’enseignement de la lecture. Force m’est de constater qu’il n’en est rien puisque Darcos sous le lobbying de quelques officines de l’enseignement supérieur (Sauver-les-lettres pour ne citer que celle-là) tente d’imposer aux instits la « bonne-vieille » méthode syllabique. Et je m’aperçois que dans notre « bonne-vieille » France rance et ultraconservatrice, on ressasse en boucle les mêmes débats stériles sans avancer d’un iota.

      http://www.charmeux.fr/foucambert.html

      En clair, c’est ce qu’il comprend du message qui lui permet d’aller voir comment fonctionne le code jusqu’à pouvoir enfin le considérer isolément. Contrairement à l’approche que proposent les méthodes en usage à l’école dans la continuation de l’alphabétisation, on ne peut entrer dans un nouveau langage que par l’usage qui en est fait en tant qu’outil de pensée et de communication. Peu désireux d’investir économiquement dans les conditions de la lecture pour la partie des forces productives que la division du travail devait exclure d’un rapport expert à l’écrit, le corps social a fait au siècle dernier le choix d’une entrée par le code afin de parvenir au message par transcodage du système linguistique indigène, en l’occurrence l’oral. Choix réaliste qui n’est possible que dans les systèmes d’écriture à dominante phonographique, mais réduisant la définition de la lecture à cette opération enseignée jusqu’à en oublier ce qu’il en est des opérations communes au traitement de tous les systèmes écrits par leurs lecteurs experts. Cette réduction de la lecture permet à des enseignants de bonne foi de rester à distance d’une réflexion sur les conditions d’un apprentissage linguistique de l’écrit au prétexte que l’oral serait naturel (donc relèverait bien des conditions d’un apprentissage linguistique) mais l’écrit serait social donc justifierait un apprentissage non linguistique. C’est pour prendre à revers cette idée reçue que Freinet inventait l’expression de méthode “naturelle” pour aborder l’écrit et qui consiste simplement à recréer les conditions sociales d’un apprentissage linguistique.

    • @sombre je trouve ton « argument » ridicule. De ce que j’entends des gentils-progressistes, il s’agit exactement, presque mot pour mot, des mêmes mécanismes d’argumentation utilisée par les anti-écolos.

      Pour faire vite : on confond telle technique particulière, avec une époque entière. Et l’on critique alors ceux qui promeuvent, parfois très rationnellement (et non par nostalgie de l’époque !) la méthode syllabique, comme s’ils voulaient tous revenir à l’Ancien Régime.

      Exactement donc, comme ceux qui disent immédiatement qu’on va revenir à la bougie et au cheval (et à un temps où on était moins libres, où les femmes blablabla) dès que l’on critique le nucléaire et les voitures. Même assimilation et même croyance en une histoire linéaire, où l’on serait obligé de tout prendre vers l’avant ou de tout revenir en arrière.

      Je ne vois pour ma part aucune contradiction à défendre farouchement le départ syllabique (qui ne dure même pas longtemps en plus, aucune coercition fasciste !), tout en promouvant des relations d’apprentissages issues de Montessori ou autre. Entre autre parce que le « départ syllabique » n’est pas une méthode en soi, mais seulement un processus de base, sur lequel on peut tout à la fois appliquer une méthode réac (du genre toute la classe répète B-A-BA sur le tableau en même temps), ou des méthodes plus modernes et « autonomisantes » (Syllamots/Syllathèmes en est un très bon exemple, où les enfants apprennent à s’auto-corriger, avec l’aide bienveillante d’un adulte).

    • @rastapopoulos qui dit que :

      Pour faire vite : on confond telle technique particulière, avec une époque entière. Et l’on critique alors ceux qui promeuvent, parfois très rationnellement (et non par nostalgie de l’époque !) la méthode syllabique, comme s’ils voulaient tous revenir à l’Ancien Régime.

      Tout d’abord, mon « argument » était plus une constatation qu’autre chose. Je ne fais pas la promotion de la méthode mixte ni (et encore moins) celle de la méthode globale. Ce que je voulais montrer, c’est le management déplorable auquel sont soumis les enseignants. En 2002, retour de la droite aux manettes : on vient à peine de digérer la réforme de J. Lang précédent ministre de l’EN que voilà-t-y pas qu’on remet en cause les méthode d’apprentissage de lecture avec en apothéose, le ministre Darcos qui affirme péremptoirement que la méthode syllabique, ça c’est une méthode qu’elle est bien. Quelle légitimité a-t-il pour imposer cette méthode plutôt qu’une autre (à part celle d’avoir un portefeuille ministériel) ?
      Donc tout à fait d’accord avec l’article du monde (qui bouscule l’école en 6 questions) :
      l’apprentissage de la lecture n’est ni de droite, ni de gauche,
      les enseignants sont tenus à l’écart des travaux scientifiques sur les processus d’apprentissage un peu comme si chaque patron de Bercy tenait à les garder dans l’ignorance pour mieux les fidéliser à sa cause (clientélisme).

      En attendant qu’on fasse une synthèse objective de tous les travaux concernant de près ou de loin l’apprentissage de la lecture qui suppose également un apprentissage de l’orthographe française qui est loin d’être la plus simple du point de vue linguistique, je souhaite que les gamins du primaire ne soit pas obligé de lire des phrases du type :
      « La pipe de papa pue le tabac. » ce qui présuppose qu’on ait vu que souvent le graphème « e » est muet, que souvent une consonne en final d’un mot ne se prononce pas sinon on aura un énoncé oral du type :
      « la-pi-pe-de pa-pa-pu-e-le-ta-bak ». pas terrible pour motiver l’apprentissage et pour la communication.
      Sinon, l’apprentissage de la lecture ne se fait pas qu’au CP, il se poursuit tout au long de la scolarité élémentaire et il est complété par des apprentissages sur les interrelations entre oral et écrit comme la grammaire, l’orthographe, la conjugaison des verbes, le vocabulaire etc ...
      Voili, voiloù ...


  • Une évaluation des méthodes de lecture | Revue du Mauss permanente
    http://journaldumauss.net/spip.php?article1041

    La mise en œuvre d’un modèle de régression linéaire multiple (qui permet de mesurer la contribution des facteurs « toutes choses égales par ailleurs) les amène à identifier trois variables impactant significativement la maîtrise de la langue écrite en fin de CP. Il s’agit d’abord, de façon attendue, des indicateurs décrivant le milieu socioculturel de la famille : comparés aux autres, les élèves dont au moins un des deux parents est titulaire d’un bac obtiennent un moyenne MLE supérieure de 17 points sur 100 ; et ceux qui lisent à la maison des ouvrages non scolaires obtiennent une moyenne supérieure de 15 points par rapport aux autres (mais ce dernier résultat est à double sens : l’usage de littérature enfantine est aussi bien effet que facteur d’une bonne capacité de lecture). Moins attendu, et spectaculaire, est l’effet du manuel d’apprentissage : les élèves qui ont appris à lire avec le manuel qui s’avère le plus efficace, le manuel syllabique-2, ont obtenu une moyenne MLE supérieure de 19 points sur 100 à la moyenne obtenue par ceux qui ont appris avec le manuel le moins efficace, le manuel mixte-1. On voit ainsi que l’impact du support pédagogique utilisé, l’impact donc de la façon de conduire les apprentissages dans la classe, est du même ordre de grandeur que l’impact de l’héritage culturel familial. C’est un résultat considérable.

    #école #éducation #étude #apprentissage #lecture


  • Citations tirées du #livre de #David_ALBAHARI,

    L’homme de neige


    http://ecx.images-amazon.com/images/I/41W2K6PTN1L._SL160_.jpg

    Résumé :

    Le narrateur de L’homme de neige a une idée fixe : boire du jus d’orange. Venu de l’#ex-Yougoslavie, il est invité comme écrivain en résidence dans une université nord-américaine. Mais sa nouvelle vie, confortable et bien réglée, dont il note minutieusement les moindres détails, ne fait tout simplement pas sens pour lui. Ses quelques cours et conférences, ses obligations sociales et ses conversations avec les professeurs et étudiants, tout est envahi par un sentiment d’échec et d’ennui - sentiment auquel il échappe seulement grâce à l’idée de boire du jus d’orange. Puis, cet équilibre fragile se fissure. Le narrateur a de plus en plus l’impression de flotter, voire de se désagréger. La découverte d’une armoire fermée à clef au sous-sol tourne vite à l’obsession, et lorsqu’il cède à la tentation de l’ouvrir pour y trouver des cartes et des plans de toute sorte, il ne peut s’empêcher de les placarder sur les murs de son appartement en pleine nuit. Entouré ainsi de cartes qui illustrent les déchirures de l’Histoire et la fragilité des identités et des frontières, il sent les choses se brouiller de plus en plus autour de lui. Jusqu’à ce que les premières neiges tombent sur la ville.

    http://www.babelio.com/livres/Albahari-LHomme-de-neige/120981

    Citations :

    « La #géographie est un état, un moment plus ou moins bref ou long d’un acquis ; l’#histoire, c’est un diagnostic, c’est la nuit. […] L’histoire est déboîtement, déraillement du cours habituel des choses, quelque chose comme un disque rayé, sa répétition perpétuelle, souvent absurde, parfois claire et précise comme une prédiction. […] L’histoire n’a rien à voir avec la parole, elle se produit dans un espace autre que celui des mots, espace parfois exigu, parfois insaisissable, auquel l’individu en tant que tel n’a pas accès. La parole est un phénomène collectif, mais qui se réalise au niveau individuel, alors que l’histoire est individuelle, mais se réalise sur le plan collectif. La parole jaillit, gicle comme un jet d’eau, alors que l’histoire happe comme un gouffre de rivière souterraine »

    David ALBAHARI, L’homme de neige, Gallimard, 2004, p.64.

    « ’De même qu’une #bibliothèque est un cimetière de récits morts, les #cartes sont des cimetières de l’histoire morte, me suis-je dit. Seul est vivant un récit qui ne se livre pas au langage, comme seule est vivante une histoire une histoire qui ne se livre pas aux cartes. Il est vain d’écrire, comme il est vain de dessiner une carte. Les mots ne sont qu’un écho, la résonance d’un creux, des cavaliers fantômes dans le ciel, tout comme les frontières ne sont que des gribouillages sans réalité, des obstacles invisibles. Un récit n’existe pas plus sur le papier, entre les pages d’un livre, qu’une véritable #frontière n’existe sur une carte ou dans un #atlas ».

    David ALBAHARI, L’homme de neige, Gallimard, 2004, p.100.

    « Seuls les prestidigitateurs, me suis-je dit, utilisent encore l’abri d’une toile ou le réconfort d’une caisse dont ils resurgissent transfigurés, victorieux de la nature, porteurs de la promesse que le monde peut, malgré tout, être meilleur. A condition, me suis-je dit, que le monde ne soit pas une carte et que nous ne voulions pas être des #cartographes »

    David ALBAHARI, L’homme de neige, Gallimard, 2004, p.105.

    « Le professeur de sciences politiques a bu une gorgée de bière, essuyé la mousse sur ses lèvres. ’L’homme, les humains, a-t-il dit, forment un cercle à part, non pas sur la croûte, comme on pourrait le croire, mais entre la croûte et l’atmosphère, un cercle qui, véritablement, n’appartient à personne. Ce cercle, a-t-il poursuivi en retournant encore une fois la serviette, est également divisé en nombreuses parties, avec leurs points de rencontre, avec leurs frontières exerçant des frictions les unes contre les autres, et avec des rebords qui empiètent les uns sur les autres’. Il nous a regardés. Personne n’a ouvert la bouche. ’C’est là, à ces endroits, a-t-il dit, que surviennent les guerres, de la même manière, justement, que se produisent les tremblements de terre, lesquels se répètent aussi longtemps que les anomalies géologiques ne sont pas corrigées. A la seule différence près qu’ici il n’est pas question de géologie, mais de l’esprit humain’. […] ’De la même manière, a dit le professeur de sciences politiques, les #guerres se répètent jusqu’à ce que les anomalies de l’esprit humain soient corrigées, jusqu’à ce que les différences soient aplanies, la compréhension établie, ou jusqu’à ce que quelqu’un soit anéanti ».

    David ALBAHARI, L’homme de neige, Gallimard, 2004, p.78.

    « J’ai feuilleté lentement l’Atlas historique de l’Europe centrale et orientale. Des empires se muaient en royaumes, des comtés s’unissaient en provinces, des provinces devenaient républiques, des monarchies se querellaient, des régions autonomes se repliaient sur elles-mêmes, des fédérations aspiraient à devenir des confédérations, mais les frontières, au sens plus large, les vraies, celles qui relevaient vraiment de l’esprit et non des modifications militaires ou politiques, restaient les mêmes, toujours le long des mêmes #délimitations_géographiques. Certains fleuves sont simplement restés infranchissables, certaines falaises insurmontables. Peu importait où se trouvait une frontière, frontière justifiée par une guerre, une #conquête ou un compromis : la vraie frontière pouvait être quelque part ailleurs. Parfois, une rivière qui traversait depuis des siècles un Etat, bien à l’intérieur de son territoire, n’avait pourtant jamais servi de lien, n’avait toujours fait que séparer, au contraire, que confirmer les différences, montrant que le monde peut avoir mille masques mais un seul vrai visage »

    David ALBAHARI, L’homme de neige, Gallimard, 2004, pp.90-91.

    #lecture


  • Like, share, comment… : nos pratiques de partage n’ont pas toutes le même sens
    http://www.internetactu.net/2014/01/31/like-share-comment-nos-pratiques-de-partage-nont-pas-toutes-le-meme-se

    Le 19 décembre 2013, le Social Media Club France a dévoilé les noms des trois lauréats du concours SMC Research Awards, un concours destiné à soutenir les jeunes chercheurs pour rapprocher le monde économique du monde académique.

    Dans le cadre du partenariat que nous avons tissé avec le SMC nous sommes engagé à publier l’un des articles de recherche des…

    #analyse_des_réseaux #économie_de_l'attention #communauté #journalisme #lecture #Participation #réseaux_sociaux #Usages


  • « Douze ans d’esclavage » de Solomon Northup chez Entremonde (Lausanne, Suisse)
    http://www.20minutes.fr/article/1272063/ynews1272063?xtor=RSS-176

    1) Qui êtes-vous ? !
    L’éditeur, travailleur précaire attaché aux livres, de « Douze ans d’esclavage » de Solomon Northup.

    2) Quel est le thème central de ce livre ?
    Ce qu’il advient de la liberté et des batailles qu’elles suscitent dans la noirceur de l’esclavage aux États-Unis.

    3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
    « Quoiqu’il en soit, l’idée d’une insurrection n’était pas nouvelle parmi la population du Bayou Boeuf » (p.191).

    4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
    Sans aucun doute la magnifique chanson « who’ll pay reparations ? » de Gil Scott-Heron.

    5) Qu’aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
    Une passion pour l’émancipation et pour les livres que l’on espère racailles de papier et missiles d’actions dans la vaste question sociale.

    http://www.entremonde.net/client/gfx/photos/produit/16RUPTURE2_47.jpg

    #histoire #esclavage #États-Unis

    • http://www.youtube.com/watch?v=i4CChz4DjQE

      Who’ll pay reparations on my soul ?

      Many suggestions
      And documents written.
      Many directions
      For the aid that was given.
      They gave us
      Pieces of silver and pieces of gold.
      Tell me,
      Who’ll pay reparations on my soul?

      Many fine speeches (oh yeah)
      From the White House desk (uh huh)
      Written on the cue cards
      That were never really there. Yes,
      But the heat and the summer were there
      And the freezing winter’s cold. Now
      Tell me,
      Who’ll pay reparations on my soul?

      Call my brother a junkie ’cause he ain’t got no job (no job, no job).
      Told my old man to leave me when times got hard (so hard).
      Told my mother she got to carry me all by herself.
      And now that I want to be a man (be a man) who can depend on no one else (oh yeah).
      What about the red man
      Who met you at the coast?
      You never dig sharing;
      Always had to have the most.
      And what about Mississippi,
      The boundary of old?
      Tell me,
      Who’ll pay reparations on my soul?

      Call my brother a junkie ’cause he ain’t got no job
      Told my old man to leave me when times got hard (so hard).
      Told my mother she got to carry me all by herself.
      Wanna be a man that can depend on no one else (oh yeah).
      What about the red man,
      Who met you at the coast?
      You never dig sharing;
      Always had to have the most.
      And what about Mississippi,
      The boundaries of old?
      Tell me,
      Who’ll pay reparations on my soul?

      Many fine speeches (oh yeah)
      From the White House desk (uh huh)
      Written on the cue cards
      That were never really there. Yes,
      But the heat and the summer were there
      And the freezing winter’s cold.
      Tell me,
      Who’ll pay reparations on my soul?
      Who’ll pay reparations,
      ‘Cause I don’t dig segregation, but I
      can’t get integration
      I got to take it to the United Nations,
      Someone to help me away from this nation.
      Tell me,
      Who’ll pay reparations on my soul?


  • Lecture streaming : le piratage à foison n’épargne pas la France
    http://www.actualitte.com/legislation/lecture-streaming-le-piratage-a-foison-n-epargne-pas-la-france-47463.htm

    Les innovations numériques entraînent de nécessaires ajustements, qui viennent avec le temps. C’est en substance que de répond le fondateur de Scribd, alors que la Science Fiction and Fantasy writers of America vient d’épingler gentiment son service. Andrew Weinstein est contraint de le reconnaître : on trouve des contenus uploadés illégalement, et qui sont accessibles pour les personnes qui ont souscrit à une offre d’abonnement. En somme, on paye, et on pirate. Qui a dit Megaupload ?

    #lecture #streaming #piratage


  • L’institutrice qui savait écrire… mais plus lire | Passeur de sciences
    http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2014/01/09/cerveau-institutrice-qui-savait-ecrire-mais-plus-lire

    Racontée le 7 janvier dans la revue Neurology, son histoire commence un jeudi d’octobre 2012, en classe, devant ses jeunes élèves de maternelle. Comme tous les matins, l’enseignante doit faire l’appel. Mais à sa grande surprise, la liste de présence dont elle se sert tous les jours est couverte de signes mystérieux auxquels elle ne comprend goutte. Ainsi qu’elle se le rappelle, la feuille « aurait pu aussi bien être couverte de hiéroglyphes ». Les notes qu’elle a préparées pour faire sa classe s’avèrent elles aussi incompréhensibles...

    M. P. croit d’abord que la zone lésée s’est juste remise à zéro et qu’avec les outils qu’elle connaît bien, elle va pouvoir réapprendre à lire. Et elle ne veut pas laisser sa passion pour les mots écrits s’envoler sans se battre. Mais la porte est fermée et pour de bon : M. P. ne peut pas faire du « b-a ba », tout simplement parce qu’elle ne « voit » ni les « b », ni les « a ». Le message que ses yeux lui envoient à la vue des lettres arrive bien à son cerveau mais il ne passe pas la douane des mots. Toutefois, M. P. est tenace. Elle s’aperçoit qu’un autre sens que la vue peut venir à sa rescousse et c’est probablement ce qui fait la beauté de son cas, si l’on met de côté l’ironie cruelle qu’il y a à voir une spécialiste de l’apprentissage de la lecture frappée d’#alexie.

    #AVC #langage #lecture

    • Ca me rappelle ce texte de François Matheron :
      L’homme qui ne savait plus écrire
      http://www.cairn.info/revue-multitudes-2007-2-page-121.htm

      Un jour de novembre 2005, c’était un samedi, je me souviens très bien, ma vie a changé, radicalement. Je ne sais pas comment définir ce moment, par commodité on peut appeler cela l’accident. L’accident donc, a de multiples facettes mais c’est d’abord une révolution, un retour au point de départ de mon rapport au langage. Dans la mesure où j’ai encore beaucoup de mal à conjuguer les verbes, mon récit sera surtout écrit au présent.


  • Des scientifiques montrent qu’un livre change la vie, biologiquement
    http://www.actualitte.com/societe/des-scientifiques-montrent-qu-un-livre-change-la-vie-biologiquement-4723

    Durant quelques jours après la lecture d’un roman, une sorte de rémanence persiste dans le cerveau, ont découvert les chercheurs de l’université d’Emory. Leurs conclusions sont simples : la lecture peut provoquer des changements dans les connexions neuronales, lors de périodes de repos, après une lecture, tout en augmentant l’activité de certaines régions du cerveau. Une persistance qui a été analysée et dont les résultats sont publiés dans la revue Brain Connectivity.

    #livre #lecture

    • L’effet papillon du mental - Ce qui est troublant avec les scientifiques, c’est qu’ils expliquent laborieusement avec des dizaines d’années de recul ce que chacun(e) a expérimenté soi-même. Qui n’a pas changé (ou eu l’intention) de changer sa vie après la lecture d’un certain livre, la vision d’un certain film, etc... ? Merci la psychophysiologie... #parlamatêtemonculestmalade

    • @picabraque : il y a une différence entre ressentir quelque chose et savoir ce qui se passe au niveau neurologique, physique, hormonal, sanguin quand « l’on ressent ». etc. Je ne comprends pas vraiment ce qui te trouble. Oui, c’est « laborieux » d’arriver à comprendre les différents mécanismes du vivant... mais personnellement, je préfère qu’on travaille même lentement à comprendre les mécanismes physiologiques des émotions et psychologies humaines plutôt que l’on continue de croire que les épileptiques ou les gens ayant eu des AVC sont possédés par des démons.

    • @Supergéante : « trouble » était un euphémisme. On nous dit dans le texte que les scientifiques ont « découvert », comme si les non-scientifiques, gens ordinaires et naturellement stupides, ignoraient ce genre d’expérience. J’aurais préféré lire quelque chose comme « les scientifiques expliquent... » où leur apport, quant à la connaissance du mécanisme du phénomène, serait évident, sans pour autant faire passer les autres pour des neuneu ou des simplets n’évoluant qu’à la surface des choses en y entravant que couic :-) Bonne année, avec ou sans démons ;-)

    • @picabraque : l’expérience est une chose, la réalité mesurable en est une autre. Dans la tradition scientifique platonicienne puis chrétienne, il y a l’idée que l’âme, l’esprit, sont des choses non-matérielles. Dire le contraire, évoquer le fait que des modifications « spirituelles » ont un effet mécanique sur nos connexions neuronales, ça ne me semble pas inintéressant, bien au contraire.
      Le principe de la science c’est justement de ne pas s’en tenir au « sens commun » ni aux préjugés.
      Bien sûr, la méthode scientifique n’est pas la garantie d’échapper aux préjugés. J’ai été surpris d’apprendre par exemple que les scientifiques n’ont étudié (et en fait, observé) le dimorphisme de la couleur de la peau des hommes et des femmes qu’à la fin des années 1970, alors que les peintres, eux, l’ont toujours vu ! (et souvent, exagéré)
      http://hyperbate.fr/voir/files/2011/11/peinture_peau_2.jpg
      http://hyperbate.fr/voir/2011/11/06/dimorphisme-de-la-peau

    • @Jean-no : ce serait cependant présomptueux de la part des scientifiques de vouloir faire croire, à moins de se reprendre pour des créateurs, ce qu’ils ne sont pas, qu’ils « découvrent » ce qu’ils ne font qu’expliquer.

    • @picabraque : découvrir, ça signifie précisément révéler, montrer, enlever ce qui recouvre quelque chose. Donc la distinction n’a pas vraiment lieu d’être.
      Ceci dit, la science crée aussi, quand elle fabrique une molécule qui n’existe pas dans la nature, par exemple.
      Et la description du monde que fait la science est elle-même une création, car le monde existe sans être expliqué.

    • @ Jean-no : la distinction découvrir et créer a au contraire tout à fait lieu d’être et ne l’est sans doute pas assez d’ailleurs, ce qui laisse à trop de scientifiques des illusions de docteurs Frankenstein et de démiurges, le XXe siècle en est hélas trop le témoin, et le XXIe ne promet hélas guère mieux

    • @Picabraque : je fais une distinction entre « découvrir » et « créer » (quoique à la réflexion, ça se discute), mais vous faisiez une distinction entre « découvrir » et « expliquer », ce qui me semble erroné.
      Le mythe du savant fou qui, pour l’amour de la science, provoque des catastrophes, est bien ancré dans les consciences depuis l’accélération scientifique du second tiers du XIXe siècle, et le Frankenstein de Mary Shelley en est effectivement la première occurrence.
      Personnellement, ce ne sont pas les scientifiques qui m’inquiètent, mais plutôt le fait que ceux qui les financent et utilisent leurs merveilles restent les chimpanzés agressifs qu’étaient leurs ancêtres d’il y a quelques centaines de milliers d’années. On trouve aujourd’hui des gens qui croient que le Soleil tourne autour de la Terre ou que l’humain n’a jamais posé ses pattes postérieures sur la Lune que ça n’empêche pas d’utiliser des armes dont le guidage repose sur des technologies qui n’existeraient pas si c’était le cas.

    • Une critique de l’étude :
      Reading a Novel Alters Your Brain Connectivity — So What ?
      http://www.wired.com/wiredscience/2014/01/reading-a-novel-alters-brain-connectivity-so-what

      It’s important to note that the researchers didn’t ask the participants to do any psychological tests after the book reading, so they don’t know the functional significance of these brain changes. Other issues to bear in mind: We don’t know what the participants were doing with their minds while they were in the scanner (more criticism of resting-state scans here); we don’t know what they were getting up to during the 19 days of the study when they weren’t at the lab or reading the book; it’s very hard to tell what influences on resting brain connectivity were due to reading per se and which were due to the quizzes conducted just before the scans. There’s also no information in the paper on the size of the connectivity changes. There’s no control group, so we don’t know if spending time in a bar with friends (or any other activity) each evening prior to the scan would have had a larger or different effect than reading a novel. We also don’t know much about the participants – whether they read regularly or if this was the first novel they’d read in years.

      Despite all these unknowns, the researchers speculated that the connectivity changes they observed may have optimized their participants’ brains for reading stories and understanding other people’s perspectives. This is plausible (in fact, behavioural research by others has shown such benefits of reading; although this research has been criticized), but not exactly revelatory – we already know that practice at almost anything brings improvement, and it would be astonishing if this wasn’t accompanied by brain changes.

      In the Indy news report, lead author Berns says: ““We already knew that good stories can put you in someone else’s shoes in a figurative sense. Now we’re seeing that something may also be happening biologically.” This comment is amusingly similar to Jerry Fodor’s dry observation in his classic 1999 neuroskeptical essay: “… [W]e always sort of knew that there’s a difference between nouns and verbs, or between thinking about teapots and taking a nap, we didn’t really know it till somebody found them at different places in the brain. Now that somebody has, we know it scientifically.”



  • #Tiny_Typo, une #CSS de #base pour la lisibilité
    http://romy.tetue.net/pourquoi-tiny-typo?lang=fr

    « Essentiellement typographique, la mise en forme de ces éléments #HTML utiles à la rédaction web, est ce qui rend le texte intelligible. Or de nombreux sites web restent difficiles à lire. J’ai voulu rendre visible la sémantique HTML. Et améliorer la lisibilité. » Tags : #typographie CSS HTML #styles Tiny Typo base #lecture


  • Je viens de commencer ce #livre, ça promet...
    L’HIVER DES HOMMES

    #Lionel_DUROY

    Reclus dans la petite république ethniquement « pure » pour laquelle ils ont combattu leurs voisins croates et bosniaques, les Serbes de Bosnie sont pourtant aujourd’hui les gens les plus désespérés qui soient. Un voyage aux confins de l’Europe et une méditation sur la #guerre et l’inaptitude au bonheur.

    http://www.julliard.fr/site/l_hiver_des_hommes_&100&9782260019169.html

    http://extranet.editis.com/it-yonixweb/IMAGES/JUL/P3/9782260019169.JPG

    #lecture #ex-Yougoslavie #enfants_de_bourreaux

    • Des citations de ce livre sur les #montagnes :

      - « Expliquez-nous pourquoi, Karadzic a choisi Pale, qui n’était alors qu’un petit village de montagne, pour installer le gouvernement des Serbes de Bosnie, plutôt qu’une ville digne de ce nom, comme Banja Luka par exemple. Que ce village de montagne soit devenu une ville, c’est incompréhensible.
      – Avant la guerre, Karadzic avait déjà des affaires, ici, à Pale. Des affaires un peu louches. Dans une entreprise de Sarajevo où il intervenait comme médecin, il avait donné des congés maladie fictive à des ouvriers, en échange de quoi les ouvriers lui avaient construit gratuitement une maison à Pale. Il avait pas mal de choses, ici, c’est pourquoi il a choisi Pale plutôt que Banja Luka »

      Lionel Duroy, L’hiver des hommes, Editions Julliard, 2012, p.138

      - « Oui. Nous avons prétendument gagné la guerre, mais pendant que les Musulmans vivent tranquillement à Sarajevo dans les maisons des Serbes, nous, les vainqueurs, nous mourons de faim et froid sur notre montagne »

      Lionel Duroy, L’hiver des hommes, Editions Julliard, 2012, p.144.

      - « Les oustachis ne sont pas seulement ’venus’, ils ont occupé Pale durant quatre ans.
      – Pardonnez-moi, je savais que les Allemands étaient présents dans tout le massif montagneux, autour de Sarajevo, mais je ne savais pas que les oustachis étaient à Pale précisément.
      – Ici, ce sont eux qui ont commis tous les massacres. Les Allemands et les Italiens étaient présents, dans des forteresses, mais ils étaient plutôt corrects. Il est même arrivé qu’ils interviennent pour nous défendre contre les oustachis. C’est un officier italien qui a sauvé la vie de ma mère alors qu’un groupe d’oustachis s’apprêtait à l’emmener.
      De nouveau, je songe à Malaparte, officier italien engagé au côté de la Wehrmacht, sur le front de l’Est, comme correspondant de guerre, et sauvant quelques familles juives à Jassy, en Moldavie, avec l’aide du consul d’Italie, tandis que débute le pogrome. Un instant, je suis tenté de demander à notre hôte s’il a lu Malaparte, mais il reprend, sortant soudain de sa méditation :
      – L’esprit de la guerre animait les Allemands, mais les Croates poursuivaient un objectif différent. Les Croates avaient en tête d’exterminer les Serbes. Vous comprenez cela ?
      – Je vous écoute.
      – Ils menaient à l’intérieur de la guerre une autre guerre. Une guerre indigne, criminelle.
      Puis il se tait et m’observe, comme s’il doutait encore que je puisse comprendre. Mais j’acquiesce.
      – J’avais trois ans en 1941, reprend-il, je n’ai donc aucun souvenir de mon père ni de sa disparition. Je sais que le plus âgé des quatre frères, mon oncle Jovo, a été tué dans les heures qui ont suivi l’arrivée des Oustachis. Le lendemain, ou le jour même, mon père et ses deux frères ont rejoint la Résistance dans les montagnes ».

      Lionel Duroy, L’hiver des hommes, Editions Julliard, 2012, pp.166-167.

      - « Le siège du parti serbe était à l’Holiday Inn de Sarajevo. Nous avons senti monter le danger. Les bérets verts musulmans étaient partout dans les rues, et nous savions que parmi eux figuraient beaucoup de criminels, des détenus qui avaient été libérés parce qu’ils connaissaient le maniement des armes. Quand les premières barricades sont apparues, Karadzic a décidé de déménager le siège du parti de Sarajevo à Pale. C’était plus sûr. Ici, nous serions entre Serbes, protégés par les montagnes et les forêts »

      Lionel Duroy, L’hiver des hommes, Editions Julliard, 2012, p.172.

      « ’Je suis chez les fous furieux [des Serbes de la Republique serbe de Bosnie], Hélène, des gens qui s’imaginent nous protéger des Musulmans depuis un plateau perdu de haute montagne. Je ne leur ai pas dit que nous habitions Belleville, au-dessus d’une mosquée, et que nous ne souhaitons pas être protégés des Musulmans’ »

      Lionel Duroy, L’hiver des hommes, Editions Julliard, 2012, p.178.

      - « Elle le pense, oui. Je me souviens qu’un jour elle a dit une drôle de phrase, du genre : ’Nous, les Serbes, prétendons avoir gagné la guerre, mais pendant que les Musulmans vivent tranquillement à Sarajevo, nous mourons de faim et de froid sur notre montagne »

      Lionel Duroy, L’hiver des hommes, Editions Julliard, 2012, p.182.

      - "Nous sommes dans les montagnes de Romanija, remarque-t-il avec une solennité voulue et tandis qu’on entend le vent siffler sous le plancher de tôle. On dit que c’est ici qu’est née l’âme serbe aux premiers jours du monde.
      – Dans cette immense solitude.
      – Oui, confirme-t-il, la solitude est destin. Chaque fois, dans l’histoire, que nous avons cru pouvoir compter sur un ami, cet ami nous a trahi. Le dernier en date est Mitterand, votre Président. Pendant la guerre, j’étais stationné sur l’aéroport de Sarajevo et j’ai été témoin du jour où les Français ont décidé de faire alliance avec les Musulmans.

      Lionel Duroy, L’hiver des hommes, Editions Julliard, 2012, p.197.

      - « Il [Ratko] était très intelligent, très doué. Il était la fierté de l’instituteur. Nous, les montagnards, sommes plus intelligents que les gens des villes. La montagne nous oblige à être plus perspicaces pour survivre, tandis que dans la plaine ils n’ont pas besoin de développer leur intelligence, ils ont tout le confort sous la main »

      Lionel Duroy, L’hiver des hommes, Editions Julliard, 2012, p.252.

      - « Si les Serbes veulent se priver de Sarajevo, ça les regarde. Qu’ils restent sur leur montagne, ou à Lukavica. Après tout, nous vivons très bien sans eux »

      Lionel Duroy, L’hiver des hommes, Editions Julliard, 2012, p.347.

      #montagne #République_serbe_de_Bosnie #Republika_Srpska #guerre #conflit #Sarajevo #oustachis

    • Des citations sur la #religion et les #Musulmans :

      - "Comment avez-vous pris que la capitale de votre république, née de la guerre, soit finalement Banja Luka, plutôt que Pale, où avait siégé le gouvernement pendant les combats ?
      – Ce déménagement de la capitale de Pale à Banja Luka a été orchestré de l’extérieur pour tenter de créer une scission entre les Serbes de Bosnie. Mais la manœuvre a échoué, nous avons accepté la chose sans protester.
      – On dit tout de même que Pale serait resté favorable à Karadzic, tandis que Banja Luka soutiendrait Dodik.
      – Dodik est parvenu, avec l’aide des Américains, à chasser du pouvoir le parti de Karadzic. Je préférais Karadzic à Dodik, mais aujourd’hui je soutiens Dodik car son but est le même que le mien : protéger nos frontières contre les Musulmans. Nous, les Serbes de Bosnie, sommes aujourd’hui en première ligne contre l’Islam. Nous gardons les frontières et protégeons ainsi l’Ouest, mais l’Ouest ne nous en est aucunement reconnaissant car il n’a pas encore conscience du danger qui le menace.

      Lionel Duroy, L’hiver des hommes, Editions Julliard, 2012, p.175.

      - « Pardonnez-moi, dis-je, je ne suis pas sûr d’avoir bien compris. Vous estimez avoir perdu la guerre le jour où les Musulmans ont quitté Pale ? C’est bien ça ?
      – C’est un divorce. Pensez-vous qu’un divorce soit une victoire ? Avez-vous jamais entendu une personne divorcée se réjouir et se vanter d’avoir gagné quoi que ce soit dans la rupture de son mariage ? Un divorce est un échec, mais ici les gens ne voient pas les choses comme moi, ils continuent de se féliciter d’avoir gagné la guerre, d’avoir chassé les Musulmans »

      Lionel Duroy, L’hiver des hommes, Editions Julliard, 2012, p.187.

    • Des citations sur la #guerre :

      « - Parce que trois mois plus tard, reprend-il, au terme des accords de paix, les Croates ont dû nous rendre Mrkonjic Grad. Ils étaient si furieux qu’ils nou sont tout détruit avant de partir. Quand nous sommes revenus, le 4 février 1996, avec ma mère et tous les habitants qui avaient pu fuir, la ville était un champ de ruines. Toutes les maisons avaient été incendiées, et la nôtre aussi évidemment. Je n’ai pu m’empêcher de pleurer en voyant ce qu’ils avaient fait de notre ville. C’était quelque chose d’inimaginable, tout était détruit, brûlé, pillé. Ils avaient même démonté les machines des usines pour les emporter. Sur les rares maisons encore debout, ils avaient écrit : ’Maison croate’. Ils s’imaginaient donc qu’ils pourraient revenir, en dépit de ce massacre, en déptit de tout le mal qu’ils nous avaient fait »

      Lionel Duroy, L’hiver des hommes, Editions Julliard, 2012, p.116

      « -C’est ça, la logique de la guerre, dit-il après un silence : même pour ceux qui ne veulent pas la faire, elle devient indispensable »

      Lionel Duroy, L’hiver des hommes, Editions Julliard, 2012, p.117

      « Ici aussi, les gens ont cru qu’ils pourraient échapper à leur histoire, ils se sont aimés, ils ont eu des enfants, mais soudain ils se sont souvenus qu’ils avaient des raisons de craindre, de trembler à la vue l’un de l’autre. Ils ont été troublés, puis emportés petit à petit par la mémoire de tout le mal qu’ils se sont fait, autrefois, au temps de leurs parents, de leurs grands-parents, et bientôt ils se sont découverts ivres de haine et de peur, et alors ils n’ont plus vu d’autres issues que de recommencer à se jeter les uns contre les autres »

      Lionel Duroy, L’hiver des hommes, Editions Julliard, 2012, p.181.

      - Pavlusko Vuskovic dit aux Serbes ce qu’ils veulent entendre, il leur fait croire qu’ils se sont sauvés en chassant les Musulmans et les Croates, alors qu’en vérité ils se sont condamnés à mourir d’isolement et de chagrin

      Lionel Duroy, L’hiver des hommes, Editions Julliard, 2012, p.191.

      - "Il me semble qu’à chaque rencontre je comprends un peu mieux combien ce qu’ils vivent est effrayant. Ils ont obtenu les frontières qu’ils souhaitaient des accords de paix, mais ces frontières les condamnent à un isolement qui les précipite dans le malheur et la dépression. Néanmoins, ils sont condamnés à défendre cet isolement, ces frontières, et même à en vanter les mérites pour ceux qui ont le plus souffert de la haine des autres. Comment Pavlusko pourrait-il tenir un autre discours, lui dont ils ont tué l’enfant ? Et Slobodan Jasnic, le père de Jelica, dont la famille a été anéantie par les oustachis, que pourrait-il souhaiter de mieux pour ses enfants et petits-enfants que ces frontières ? Après toutes ces guerres, ils savent bien qu’ils ne réussiront jamais qu’à s’entretuer. Comment vont-ils survivre à cette folie ?

      Lionel Duroy, L’hiver des hommes, Editions Julliard, 2012, p.240.