• #BD collective repérée via un article du @cqfd de ce mois-ci : Désobéisseurs du service public (éditions Vide Cocagne, mars 2013)
    http://videcocagne.fr/boutique/soudain/48-service-public.html

    Huit auteurs de bande dessinée ont rencontré des salariés en résistance de l’#éducation_nationale, de #pôle_emploi, de la #SNCF, d’#EDF, de l’#ONF, de #la_poste, un #infirmier_psychatrique et des #travailleurs_sociaux.

    A travers leurs portraits, ils constatent de multiples attaques contre les services publics qui ne peuvent plus remplir leur mission, mais cherchent également à montrer que des #alternatives restent possibles.

    Avec : Benjamin Adam, Damien Roudeau, Nicolas de la Casiniere, Don pedro de la Vega, Fabien Grolleau, Terreur Graphique, Pat Ryu et Camille Burger.

    A feuilleter sur
    http://issuu.com/videcocagne/docs/desobeisseursliseuseweb?mode=embed&layout=http%3A%2F%2Fskin.issuu.com%2Fv%2Fl

    #service_public #management


  • François Dubet : « L’école est en péril »
    http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20130513trib000764314/francois-dubet-l-ecole-est-en-peril-.html

    « En panne de projet moral et éducatif ». Voilà, selon le sociologue spécialiste de l’enseignement, la principale explication à la déliquescence du système français. Un système perclus d’incohérences, sclérosé par la machine administrative, les revendications corporatistes et la rhétorique doctrinaire, ébranlé par les bouleversements sociétaux, scellé dans son immobilisme, son rejet de l’innovation, et l’indifférence pour ses meilleurs éléments. Un système que particularisent un intellectualisme inapproprié, l’abandon des devoirs, la reproduction des élites, un ostracisme inepte pour le capitalisme et l’entreprise, in fine la relégation au second rang de l’objet même de ce qui fut une vocation : donner aux jeunes les armes de se construire, de trouver une place dans la société, d’être acteurs de la démocratie.

    Une longue et très intéressante tribune de François Dubet. Même si on peut ne pas partager son positionnement politique très "gauche réformiste", ce texte incisif a le mérite de pointer clairement les questions essentielles, celles que la #Refondation aurait dû traiter en priorité et sur le long terme, loin des polémiques stériles sur l’#école qui nous passionnent tant…

    L’école semble appartenir aux professionnels de l’école, attachés en premier lieu à défendre leur double sort professionnel et personnel. C’est sur ce mur que les grands élans réformistes du monde enseignant se sont épuisés ces dernières décennies.
    […]
    Mais l’incapacité à réformer n’est pas seule coupable. Le système éducatif est prisonnier d’un dogme : la société française confie sans limite à l’école la responsabilité de définir le destin social des individus. Presque nulle part ailleurs on observe une telle emprise scolaire, une telle indexation du devenir personnel sur l’envergure du diplôme. Dans ce contexte, la problématique des inégalités et des injustices scolaires devient un enjeu essentiel, et d’autant plus considérable que la situation ou l’opinion des vaincus sont reléguées.
    […]
    Pourquoi les grandes confédérations syndicales interprofessionnelles défendant la classe ouvrière et a priori tout à fait légitimes sur le sujet de l’école, se taisent, considérant que ce dernier « appartient » aux enseignants et donc relève des compétences des organisations corporatistes ? C’est incompréhensible, surtout quand l’école ne traite pas très bien les enfants de la classe ouvrière.
    […]
    Les causes de cette mutation sont multiples : l’autorité de l’institution s’est épuisée, on ne croit plus avec la même innocence ni à la nation ni au progrès ni à la science, le mécanisme de promotion sociale des catégories des élites populaires vers l’enseignement a décliné au profit de classes moyennes qui se « recasent » dans l’appareil éducatif. Résultat, l’enseignant ne se sent plus empli du même devoir et des mêmes investissements à l’égard de la société.
    […]
    Chacun revendique une école équitable, juste, productrice de bons professionnels, mais personne n’est en mesure de dessiner l’essentiel : le « type d’individu » que l’on souhaite faire éclore. La communauté juvénile est confrontée au monde des savoirs et des évaluations. Le corps enseignant dénonce avec raison la décomposition des liens familiaux, la bêtise médiatique, une anomie généralisée ; mais, dépourvu de projet éducatif, concentré sur la performance et l’apprentissage des enfants, il contribue in fine à ce qu’il dénonce !
    […]
    L’école a vocation à résister, mais aussi à former des résistants. Il ne s’agit, bien sûr, pas d’isoler les jeunes des désordres et des passions du monde, mais simplement de les rendre plus intelligents pour comprendre le monde et y trouver, à partir de raisonnements autonomes, une place. Que voulons-nous que nos enfants sachent et maîtrisent ? Savoir être et savoir penser : voilà à quoi l’école doit former en premier lieu. Il est capital d’apprendre aux enfants à devenir de futurs acteurs de la démocratie. Or comment y parvenir dans un système éducatif à ce point non démocratique et qui n’accorde ni droit ni leçon de vie collective aux apprentis ?
    […]
    Les parents attendent énormément de l’école, et notamment qu’elle soit capable de dire ce qu’elle fait. Et on ne peut qu’y souscrire. Parce qu’il paie des impôts qui financent l’éducation, chaque citoyen est en droit de savoir ce que le système produit, si les enfants progressent et ce qu’ils apprennent, etc. Le monde éducatif doit rendre des comptes, non seulement à l’institution qui l’héberge mais aussi aux citoyens qui le rétribuent et lui confient leurs enfants.
    […]
    Cette dimension permettrait aussi de développer une solidarité entre professeurs, trop souvent anémique. Comment ne pas me remémorer ces collègues rentrant en larmes d’un cours et qui s’isolaient au fond de la salle des professeurs sans que personne ne vienne les secourir... Le monde de l’enseignement est d’une solitude absolue au nom de l’autonomie de chaque enseignant. L’enseignant perfectible ou fragile ne sera jamais aidé ; ses collègues feront en sorte de ne pas placer leurs enfants dans sa classe. A toutes ces conditions, la fonction éducative pourrait être activée, et chacun pourrait se sentir pleinement « responsable ».
    […]
    Le monde enseignant ne manque pas, loin s’en faut, de sujets qui entreprennent. Malheureusement, l’administration constitue un obstacle, souvent rédhibitoire. Toute tentative d’innover, de proposer des modes alternatifs d’enseignement davantage adaptés au profil des enfants, est une épreuve. Enfin, n’oublions pas le dogme, si spécifique au système français et source de ses blocages : le faux conflit syndicats - administration. Tous deux forment en réalité un couple et se contrôlent mutuellement, dissuadant tout - et notamment les initiatives nouvelles et audacieuses - ce qui peut remettre en question les habitudes et les convictions, aussi dépassées ou inopérantes soient-elles. Ils s’accordent à maintenir le système dans la pesanteur et l’immobilisme. Et ainsi, toute expérimentation réussie est étouffée au lieu d’être essaimée.
    […]
    La rhétorique antilibérale et anti-entreprise au sein du corps enseignant est une réalité, parfois incohérente quand on sait combien l’univers de l’école, obsédé par les classements, soumis aux diktats de l’hyper sélection et de l’hyper compétition, opposé aux choix de carrière des élèves et capable de délaisser les plus vulnérables, est lui-même d’une extraordinaire brutalité ! […] Cet univers de l’école a, pendant longtemps, revendiqué une sorte de havre de paix, même une leçon de sagesse et d’exemplarité en riposte à la « brutalité » de la société, notamment économique. Ce temps est révolu parce que l’école elle-même est devenue brutale et dénonce la brutalité réelle du capitalisme pour cacher sa propre violence.
    […]
    Seules solutions : d’une part que l’école soit davantage éducative, c’est-à-dire qu’elle s’intéresse aux individus, à leur personnalité, à leurs champs singuliers, de réalisation ; d’autre part que les diplômes occupent une place moins importante dans la vie sociale.
    […]
    Pour l’essentiel, les inégalités scolaires sont le produit des inégalités sociales, et donc diminuent ou progressent proportionnellement à la réduction ou à l’accroissement de ces dernières. Or en France […] l’envergure des inégalités scolaires est bien supérieure à celles que laissent supposer les inégalités sociales. En cause : une culture scolaire sélective, et la perception qu’il n’existe aucune autre opportunité de réussite que l’école. Ce qui par ailleurs enjoint de taire définitivement les chimères dorées et récurrentes qui confèrent à l’école un levier d’ascenseur social ou la responsabilité de résoudre tous les maux de la société et de l’individu.
    […]
    La fiction du mérite est utile, mais elle ne doit pas devenir fantasme. La compétition méritocratique est la seule manière d’allouer des individus à des positions sociales inégalitaires. Mais ce mécanisme juste a priori peut engendrer de très grandes inégalités. Il faut donc être méritocratique sans aller au bout de cette logique et ce soucier surtout du sort de ceux qui n’ont pas de mérite.

    #éducation #système_scolaire #inégalités

    • Bravo : la plus grosse contradiction de l’école républicaine, ce « double-bind » qui la bloque et qui la mine, est ici pointée du doigt.

      Comme me disait un prof d’anglais au lycée sans se rendre compte de l’absurdité de son propos :
      « pour réussir il faut être dans la première moitié. Et ça, en bossant un peu, tout le monde peut y arriver ».
      Oui, mais pas en même temps. Ou bien il faut se serrer et partager les place que tout le monde dans la première moitié. Bref, que fait-on de la deuxième moitié ?

      L’école est empêtrée dans ses aspirations d’égalitarisme et d’élitisme, et ne s’en sort pas. A l’image de la société (capitaliste).
      Pour moi le problème, c’est notre attachement à la vision hiérarchique qui assurent les schémas de domination. Acceptons de sortir de l’élitisme sans pour autant renoncer à nos ambitions de performance sociale, technique, humaine. On verra que chaque individu pourra trouver une place utile et performante pour les autres, et gratifiante pour lui même..

      La rhétorique antilibérale et anti-entreprise au sein du corps enseignant est une réalité, parfois incohérente quand on sait combien l’univers de l’école, obsédé par les classements, soumis aux diktats de l’hyper sélection et de l’hyper compétition, opposé aux choix de carrière des élèves et capable de délaisser les plus vulnérables, est lui-même d’une extraordinaire brutalité ! […] Cet univers de l’école a, pendant longtemps, revendiqué une sorte de havre de paix, même une leçon de sagesse et d’exemplarité en riposte à la « brutalité » de la société, notamment économique. Ce temps est révolu parce que l’école elle-même est devenue brutale et dénonce la brutalité réelle du capitalisme pour cacher sa propre violence.

      […]

      La fiction du mérite est utile, mais elle ne doit pas devenir fantasme. La compétition méritocratique est la seule manière d’allouer des individus à des positions sociales inégalitaires.

      Et sinon ici aussi j’applaudis :

      Cette dimension permettrait aussi de développer une solidarité entre professeurs, trop souvent anémique. Comment ne pas me remémorer ces collègues rentrant en larmes d’un cours et qui s’isolaient au fond de la salle des professeurs sans que personne ne vienne les secourir... Le monde de l’enseignement est d’une solitude absolue au nom de l’autonomie de chaque enseignant. L’enseignant perfectible ou fragile ne sera jamais aidé ; ses collègues feront en sorte de ne pas placer leurs enfants dans sa classe. A toutes ces conditions, la fonction éducative pourrait être activée, et chacun pourrait se sentir pleinement « responsable ».

      #management


  • « Sevelnord, licenciements tranquilles » (La Brique n°30, janvier-février 2012)
    http://labrique.net/numeros/numero-30-janvier-fevrier-2012/article/sevelnord-licenciements

    Le groupe #PSA se partage avec #Fiat l’usine nordiste de véhicules utilitaires. Mi-novembre, il annonce 4000 #suppressions_de_postes en France en 2012. Le tout sans « plan social » ni grèves ni effusions de sang. « C’est un plan machiavélique » nous dit Franck, salarié à Sevelnord. Méthode.

    http://labrique.net/IMG/jpg/Sevelnord.jpg

    #licenciements #management


  • Si tu n’y arrives pas, c’est que tu es un incapable (loser, fainéant, etc ...)

    Danièle Linhart « La responsabilité de la souffrance au travail ne revient pas aux individus » | Humanite
    http://www.humanite.fr/social-eco/daniele-linhart-la-responsabilite-de-la-souffrance-517315

    Pour la sociologue Danièle Linhart, le management s’emploie à désarmer les 
salariés. Dans les services publics, l’enjeu est de les convertir aux idéaux du commerce.

    • En ce sens, la stratégie du management n’a pas changé. Elle tente toujours de passer en force en créant une emprise sur eux, ayant pour fin de créer le salarié idéal disponible pour la guerre économique.

      (..)

      En substitution de cette politique managériale à l’œuvre dans les entreprises privées comme publiques, il faudrait renverser la tendance et prendre comme point de départ l’intelligence collective des salariés

      Voilà qui résume bien mon angle de vue. Le #management n’est ni le problème, ni la solution. Ce n’est qu’un outil.
      Un outil à perfectionner et à maitriser, mais qui ne compense pas le fardeau de l’homo economicus, à savoir le capitalisme. Autoritaire ou libéralisé, peu importe.
      Le problème c’est la guerre économique, et toutes les doctrines qui font de l’humain de la chair à pognon.

    • La guerre économique est inhérente aux dogmes de la concurrence libre et non faussée sauf que, dans cette « guerre », bon nombres de belligérant trichent. Dans les pays d’Asie, les états interviennent pour soutenir tel ou tel secteur d’activité. Aux États-Unis, ce sont les barrières douanières qui pénalisent les importations ce qui permet de relocaliser certaines productions. Et comme d’habitude, les Eurocrates et leurs gouvernements nationaux respectifs font du zèle pour faire allégeance aux Marchés.
      @petit_ecran_de_fumee : tu crois que les dirigeants européens sont vraiment bouchés ou qu’ils le font exprès ?


  • Il serait temps de mettre la France au télétravail
    http://korben.info/mettre-la-france-au-teletravail.html

    Y’a un mois, j’ai vu passer cette news qui expliquait que la SNCF encourageait les entreprises parisiennes à décaler les horaires de leurs employés pour éviter que les transports soient bondés.
    Bonne idée… pour la SNCF. Mais idée à la con sur le long terme.
    Alors allons plus loin …

    Source : Korben - Site d’actualité geek et tech

    • D’une manière générale, j’ai pu observer que les gens sont sérieux quand ils bossent. Ils veulent bien faire leur boulot et s’ils sont motivés, pas stressés et s’ils se sentent appréciés, ils ne comptent pas leurs heures. Faites confiance à vos collaborateurs et à leur intelligence. Les tire-au-flan sont en réalité peu nombreux et ne feront pas illusion très longtemps même en « travaillant » de chez eux.

      Voilà qui résume bien tout le problème : pour envisager des journées de travail moins saturées en temps de transport, il n’y a pas de barrière technologique ni logistique, mais une énorme barrière psychologique, qui est notre fébrilité en matière de #management. Pas étonnant, le management réclame un climat de confiance. Or la société capitaliste prédatrice et compétitive a toujours privilégié le bon ordre de fonctionnement par le rapport de force et la surveillance plutôt que par la mise en confiance et la responsabilisation des travailleurs. La #défiance nous paralyse et nous coûte un pognon fou, en temps perdu, en énergie gaspillée. Tant pis pour elle. Tant pis pour nous...

    • Le télétravail sera sûrement une manière d’asservir un peu plus les salariés une fois que la législation permettra de mieux surveiller lesdits télétravailleurs. Les réflexions sous-jacentes de cet article (et de pas mal de défenseurs du télétravail) ont de quoi faire peur en vantant le fait de supprimer tout ce qu’il y a « d’humain » dans le travail, à savoir les rapports entre collègues qui ne sont vus que comme des contretemps improductifs. Qui plus est, le télétravail n’est absolument pas écologique : au lieu d’alimenter en chauffage, eau et électricité une seule entreprise, ce sont des dizaines, voire des centaines de lieux à alimenter toute la journée. Un beau gaspillage d’énergie en perspective... Quant au co-working c’est une bonne idée mais ça ne concerne pas les salariés.

    • Comme je bosse en télétravail depuis pas mal d’années, je peux répondre aux différents points soulevés par @alexcorp.

      L’asservissement existe déjà dans les entreprises incorporées, grâce à l’outil informatique. J’ai bossé pour un grand institut de sondage il y a bientôt 20 ans et nos temps de connexion au système informatique permettait de nous payer à la seconde et de sortir les pauses pipi du salaire : si, si, c’était déjà un laboratoire de précarité comme j’en ai rarement vu. On cumulait les désavantages des deux systèmes : aucune sécurité de l’emploi grâce au statut de vacataire qui permet de payer les gens à la tâche et de leur faire signer un contrat pratiquement pour chaque tâche, sans aucune obligation de durée ou de rémunération, mais tout de même subordination complète à une hiérarchie pléthorique et flicarde. Une horreur économique qui s’est bien développée depuis et qui devient la norme.

      Les collègues... il y a tout de même toujours un bon gros ramassis de connards, de pantouflards, de plaqués, de lèche-culs de la direction, petits traîtres et carriéristes salopards dans les entreprises, des têtes de cons que tu ne fréquenterais jamais dans la vie normale alors que là, tu dois te les taper chaque semaine plus de temps que tu ne peux voir ta famille et tes amis réunis, c’est à dire les gens que tu as vraiment envie de voir. Quelques uns étaient vraiment des gens biens et d’ailleurs, ce sont de rares relations qui perdurent bien après la vie dans l’entreprise.
      Quand tu es en télétravail, tu peux aménager tes horaires et choisir plus facilement les gens que tu souhaite côtoyer, tu peux faire chaque jour la sieste que ton corps réclame et que la société productiviste réprouve très bêtement, tu peux participer à des activités sociales autour de chez toi, peut-être t’investir aussi dans la vie locale : vous avez remarqué combien il y a peu de travailleurs élus en dehors des professions libérales ?

      Trajets et écologie : comme le faisait remarquer un de mes anciens collègues, c’est un peu absurde d’imposer une heure de trajet (ici, c’est un peu la norme en trajet travail-domicile) pour demander à des gens d’aller dans une pièce se connecter à un ordinateur, chose qu’ils font déjà parfaitement à la maison. De toute manière, ma maison je dois quand même la chauffer, l’éclairer et l’hydrater, ma présence de jour n’y change pas grand chose. Le matin, je mets 30 secondes pour me rendre à mon poste de travail, ce qui me donne un très bon bilan carbone. Pour ce trajet, il n’a fallu bitumer aucune route, construire aucun rail, bus, aéroport, métro, tram, RER. Comme ma salle informatique est petite, je n’allume pas 200m² de néons pour éclairer un seul poste (ce qui peut arriver en open desk), je n’ai d’ailleurs pas empiété sur des terres arables pour construire de nouvelles surfaces de bureaux. Les bureaux, d’ailleurs, sont chauffés 24/24 et 7/7 alors que, finalement, ils ne fonctionnent que 160 heures par mois et peuvent être désertés à certaines périodes...

      Le co-working impose déjà plus de trajets, d’infrastructures et de dépenses, mais dans mon coin, plusieurs pépinières réparties un peu partout, proposent des locaux aux télétravailleurs. Fort pratique pour des réunions de travail : les salles sont mutualisées et, surtout, ce n’est pas réservé aux indépendants. J’ai justement dans mes lecteurs et relations de proximité un jeune ingénieur salarié d’une boite de métropole régionale qui a son bureau en co-working au bled : simplicité, efficacité et qualité de vie !

    • De la même façon qu’on ne peut pas tous devenir autoentrepreneur, on ne peut pas tous devenir télétravailleurs. J’ai un salarié, quand je lui dis « bosse chez toi ce jour là », il revient de faire le bilan de sa journée et me dit très honnêtement « j’ai pas bossé plus de 2 heures ». Il préfère de lui même avoir un cadre de travail, prévu pour cela et rien que cela : il a le boulot d’un côté, sa vie personnelle de l’autre, et en l’état, ne veut pas télétravailler.
      Alors ensuite, on retrouve toute la palette des gris, et les espaces mutualisés au bled sont des solutions satisfaisantes pour ceux qui apprécient. Et ceux qui parviennent à une productivité satisfaisante à domicile tout en parvenant à séparer d’une façon satisfaisante boulot et vie privée, tant mieux pour eux.
      Quant aux 2 ou 3 heures de déplacements quotidiens, c’est totalement absurde. Mais dans la mesure où le boulot est rare et concentré dans certaines zones, je ne vois pas de solution simple... ... ... Sauf à rendre le boulot moins rare, à inciter les gens à quitter leur domaine initial si ce domaine est concentré à des dizaines de km de leur domicile... Pas de solution miracle en tout cas. Ou alors ils déménagent... :-)
      Autre truc amusant : sur les deux salariés que j’ai là, cette année, ils ont eu l’opportunité de déménager n’importe où sur la ville. Ils ont préféré le centre ville, plutôt que d’aller vers l’ouest là, où est situé ma boite. C’était identique dans la boite précédente. Les jeunes qu’on embauchait s’installaient tous dans le centre ville. Du coup, de leur fait, ils s’imposent tous 1h à 1h30 de déplacement quotidien. « Mais c’est tellement plus vivant dans la ville ».

    • Évidemment mon message était simplificateur, je ne nie pas que le télétravail puisse convenir à certaines personnes pour certains métiers (de quels métiers on parle aussi, ça me semble important de le préciser). Et attention, je parle bien de télétravail en tant que salarié, pas de freelance. Le fait est que pour le bilan écologique (même si je trouve moi aussi absurde les longues heures de transport) c’est pas fameux (si on en croit une étude de Berkeley), que les gens se rendent comptent qu’ils font plus d’heures (heures supp non payées évidemment) et qu’en plus toute solidarité avec les collègues (déjà difficile en présentiel), qu’on les aime ou pas, est quasi impossible : autant dire qu’on n’est pas près de voir la moindre revendication collective ou un mouvement de grèves de télétravailleurs au sein d’une entreprise. Le seul frein au télétravail du point de vue patronal, c’est la productivité (c’est d’ailleurs en partie pour ça que yahoo est partiellement revenu au présentiel), chose qui pourrait être réglée par une surveillance accrue comme je le précisais dans mon premier message. Bon j’ai un peu simplifié mon argumentaire, il faudrait que j’étaye un peu plus mon propos dans un article à part si j’en ai le courage, mais ceci dit un papier intéressant a déjà été écrit sur le sujet : http://technogeo.hypotheses.org/484


  • Comment Alcatel-Lucent augmente les débits d’Internet - 2
    http://www.oezratty.net/wordpress/2013/comment-alcatel-lucent-augmente-debits-internet-2

    Après un interlude de quelques semaines, reprenons le fil de cette petit visite aux limites du possible dans la fibre optique que j’avais démarrée ici. Nous avions fait un tour d’horizon des potentialités techniques des communications à ultra-haut débit en fibre optique et découvert comment on franchissait les barrières de fréquence d …

    http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/Alcatel_D8EF/Tests-composants-photonique-2_thumb.jpg

    Source : Opinions Libres, le blog d’Olivier Ezratty

    #Blog #Olivier_Ezratty #Stratégie #Innovation #Startups #France #Medias_Numériques #Home_Theater #Canon #WordPress #Microsoft #Google #Apple #Télévision_numérique #Photo_numérique #Financement #Communication #Marketing #Entrepreneuriat #Management



  • Non, chers parents d’élèves, vous ne m’emmerdez pas !
    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/853174-non-chers-parents-d-eleves-vous-ne-m-emmerdez-pas.html

    Savez-vous, chère collègue, que dans nombre d’établissements de la maternelle au lycée, des enseignants voudraient se plaindre comme vous de l’hyper présence des parents dans la scolarité, voire dans la vie de leurs enfants ?
    Savez-vous combien nous sommes à espérer avoir plus de trois parents à une rencontre parents-profs ? À espérer voir une connexion sur le cahier de textes en ligne, pendant le weekend ? À réclamer un rendez-vous ou au moins un appel avec un parent ?
    Savez-vous combien nous sommes à ne plus souhaiter de « bonnes vacances » à des élèves qui ne sont jamais partis en vacances, qui ne quitteront pas leur quartier ou leur village ?

    « Vos » parents d’élèves sont hyper-protecteurs ? Quelle chance ont vos élèves, quelle chance ont ces enfants ! Parce que s’il y a bien une chose qu’un enseignant sait, c’est que sans sa famille, l’enfant a peu de chances d’y arriver seul. C’est le triangle d’or de la réussite scolaire et sociale : élève-parent(s)-enseignant. Quand l’un des sommets est défaillant, le triangle s’écroule. […]

    Nous avons une charge qui implique chacun dans la société. C’est à nous que pendant 15 ans, chaque matin, le parent confie son enfant pour espérer lui donner le meilleur avenir possible.

    […]

    Expliquons, ouvrons, déployons patience, réflexion… et surtout RESPECT. C’est épuisant ? Oui. Mais c’est aussi tellement valorisant d’exercer un métier avec une telle responsabilité. J’en tire une grande fierté. Je sais à quoi je sers chaque jour. Même si ce n’est pas simple.

    Le « nous » que vous avez employé dans ce billet, que bon nombre de médias ont déjà relayé, « nous » fait mal. Nous qui ne pensons pas comme vous, c’est nous qui allons le prendre en pleine figure : « Alors comme ça on vous emmerde, nous les parents ? ».

    #éducation #parents #enseignants

    • Bien vu !
      Le billet initial sur rue89 me dérangeait, je comprend mieux pourquoi en lisant ceci. Oui bcp de parents voient l’éducation nationale comme un prestataire de service à qui ils externalisent l’éducation de leur enfant, et beaucoup de parents se comportent comme des clients infantiles et capricieux. C’est un fait l’instituteur n’est plus une icône sacrée de la république, tout comme la république n’a plus rien de sacré dans le monde individualiste du client-roi actuel. C’est vrai, et c’est pas pour autant qu’il faut jouer les #chouineurs à son tour. Oui, il faut éduquer les enfants ET leurs parents, oui, c’est épuisant, mais c’est aussi la noblesse de cette mission et de ce métier..
      Voilà typiquement à quoi peut mener une organisation sans #management humain, dans l’EN comme dans d’autres secteurs de la fonction publique. Quel que soit son salaire et les attraits du métier, quand on perd le sens de sa mission, quand on ne voit plus la noblesse de son métier, on souffre au boulot, on subit, on se plaint, et on s’enfonce..

    • Le billet original suintait l’aigreur, la réaction et l’approche « pédagogique » hyper-traditionnelle. Lecture énervante à la fin de laquelle on avait surtout envie de conseiller à l’auteure une reconversion professionnelle le plus tôt possible pour le bien de tou(te)s.
      Ce type de témoignage pose aussi la question du travail éditorial (! ?) de la rédaction de Rue89. Un média en ligne doit-il publier n’importe quelle poussée de bile sous forme de « témoignage ». Une telle tribune donne une résonance et une portée à des propos sans pensée. Et c’est dommageable pour tout le monde…

    • J’interviens assez peu dans le processus scolaire pour deux raisons :
      la première, c’est que j’ai confiance dans le personnel éducatif, mais c’est facile, vu que dans le bled, tout le monde se connait et que nos instits sont très bien cotées.
      la seconde, c’est que la participation aux parents d’élèves pendant 2 ans m’a dégoûtée à vie de ce genre de démarche. Là où je pensais trouver un organe collectif de facilitation de la vie scolaire, j’ai trouvé des trajectoires hyper-individualistes de valorisation de sa progéniture.

      Cela dit, je prends généralement le temps de discuter une fois par trimestre avec la maîtresse, laquelle m’a expliqué qu’en fait, le problème, c’est qu’elle voit toujours trop les parents des bons élèves et pas assez ceux des enfants qui sont à la peine.

    • Dire merde aux parents, c’est dire merde à l’école
      http://www.rue89.com/2013/05/09/dire-merde-parents-cest-dire-merde-a-lecole-242187

      On le prendra comme on veut, et Lulu C. aura beau s’en désoler ou s’en énerver, enseigner à nos élèves, c’est aussi tenter de faire équipe avec les parents pour donner du sens à ce qui est enseigné, et amener leur enfant vers la curiosité, la connaissance, l’envie de comprendre le monde dans sa complexité et d’y participer. Le savoir et les règles de vie enseignés à l’école n’ont de sens que mis en relation avec ce que l’enfant vit au dehors.
      […]
      Cette « ingérence pédagogique » dénoncée par Lulu C., on peut la lire plutôt comme la frustration de ne pas parvenir à aider son enfant dans la réalisation des tâches scolaires, avec l’angoisse qui y est forcément associée.
      […]
      Leur enfant s’ennuie, disent des parents à Lulu C.. C’est bon à savoir, peut-être pourrait-elle discuter avec lui, varier sa pédagogie, lui trouver une façon de s’intéresser au cours ? Parce que décider de ne pas entendre cette parole-là c’est aussi se priver de la possibilité de réparer un peu de ce qui dysfonctionne dans la classe.
      […]
      Publié sur un site très fréquenté, un témoignage qui oppose de manière aussi caricaturale deux acteurs essentiels du système éducatif n’améliorera pas l’ambiance au sein des établissements scolaires, ni n’incitera les parents à « cesser de nous casser les pieds ». Il semble plutôt de nature à construire une « société de la défiance » […]. Car ce témoignage, dans sa forme plus que dans son contenu, construit une image d’Epinal du prof à laquelle les parents ne peuvent que s’opposer avec une violence au moins égale.
      […]
      Par ce billet, nous ne souhaitons pas nous poser en donneurs de leçon, ni dispenser des conseils qui ne fonctionneraient que dans le monde merveilleux d’une école fantasmée. Nous souhaitons seulement rappeler une éthique de l’enseignant, quelques principes essentiels qu’il convient de continuer à respecter contre vents et marées, malgré la fatigue d’un métier qui est, nous en convenons, un métier souvent difficile.

    • On peut décider de voir l’école comme une boite noire bourdieusienne, en observant ce qui y entre et ce qui en sort. De ce point de vue-là, il s’agit effectivement d’une entreprise de formatage et de tri des enfants. Ceux qui se soumettront aux règles internes sortiront avec des trajectoires d’intégration dans le corps social. Les autres seront éjectés ou devront s’agglutiner autour des quelques strapontins que l’on voudra bien leur concéder.

      Du coup, on peut voir l’école comme une formalité sociale, de la même manière qu’à une époque, il convenait de se montrer à la messe le dimanche pour que le corps social nous foute la paix le reste de la semaine. Une sorte de mal nécessaire dont on doit intégrer les règles et les finalités pour s’en servir au mieux de ses objectifs réels.

    • Parents et enseignants : loin des caricatures grossières
      http://www.rue89.com/2013/05/13/parents-enseignants-loin-caricatures-grossieres-242280

      D’une part, dans beaucoup de lieux, et notamment dans les zones les plus en difficulté, les parents sont trop éloignés de l’école. Alors que les discussions sont nécessaires, les contacts y sont rares, ce qui ne favorise guère la réussite des enfants.
      D’autre part, s’il existe certes des parents consuméristes – au même titre qu’il existe des enseignants renfermés, qui se vivent comme exerçant dans une citadelle assiégée –, aucune généralisation n’est possible. « Les » parents comme « les » enseignants, ça n’existe pas !
      […]
      Les enseignants doivent accepter (et beaucoup d’entre eux le font, sans problème) que les parents viennent les voir, leur posent des questions, quitte à les bousculer parfois dans leurs habitudes, quitte à ce que le dialogue dissipe peu à peu les malentendus et permette une meilleure compréhension dans l’écoute de la logique de chacun. Cela fait partie de leur mission.
      Les parents ne viennent pas, la plupart du temps, à l’école pour « emmerder » l’enseignant, mais bien pour le bien et la réussite de leur enfant. D’ailleurs, les relations que les parents entretiennent avec les enseignants ne sont pas – bizarrement – de même nature que les relations qu’ils peuvent entretenir avec leur garagiste et leur coiffeur.
      Ils leur confient leurs enfants tous les matins, pendant plus d’une dizaine d’années consécutives. Un enfant n’est pas une voiture ou une coupe de cheveux.


  • L’emploi à l’épreuve des algorithmes
    http://www.internetactu.net/2013/05/03/lemploi-a-lepreuve-des-algorithmes

    L’analyse des grandes quantités de données – le #big_data – est appelée à révolutionner bien des domaines. L’emploi et les ressources humaines pourraient même devenir l’un de ses premiers terrains d’application. Bien sûr, rappelle Steve Lohr dans Bits, le blog techno du New York Times, “la science de la force de travail” – comme on commence à l’appeler –…

    #algorithmie #digiwork #identités_actives #intelligence_des_données #privacy #prospective #réseaux_sociaux #vie_privée


  • La théorie du MacDo
    https://medium.com/what-i-learned-building/9216e1c9da7d

    I use a trick with co-workers when we’re trying to decide where to eat for lunch and no one has any ideas. I recommend McDonald’s.

    An interesting thing happens. Everyone unanimously agrees that we can’t possibly go to McDonald’s, and better lunch suggestions emerge. Magic!

    It’s as if we’ve broken the ice with the worst possible idea, and now that the discussion has started, people suddenly get very creative. I call it the McDonald’s Theory: people are inspired to come up with good ideas to ward off bad ones.

    Cette méthode créative a ses limites : parfois, la première idée est la bonne ; pire, parfois, la première idée est la pire et elle plaît et on se la traîne comme un boulet pour longtemps.


  • J’adhère à priori à ces propos émanant de l’Express.
    http://www.lexpress.fr/emploi-carriere/emploi/comment-rendre-les-salaries-plus-libres-et-plus-efficaces_1244673.html
    Je sais que ça peut faire bondir ici, par son style « j’aime-ma-boite.com », mais pour moi c’est l’avenir.
    On a tendance à considérer le #management comme la manipulation du salarié pour lui faire accepter sa soumission au patron, pour lui rendre son exploitation supportable.
    De mon côté je veux croire qu’un bon management ne permettra pas l’acceptation du capitalisme. Un bon management ne renforcera pas le capitalisme, il l’affaiblira au contraire.
    La logique du management n’est pas compatible avec la logique capitaliste du privilège de captation de la richesse produite par le travailleur.
    Le management permet de faire prendre conscience que l’émancipation et l’épanouissement de chacun est plus rentable pour tout le monde que le rapport de force, la domination, et la prédation des richesses.
    C’est selon moi le chemin le plus pertinent à emprunter pour sortir du capitalisme, car l’addiction à la logique de profit prédateur est trop importante chez la plupart des humains pour rendre une rupture brutale viable même à court terme.
    Il faut passer par une phase de sevrage qui passe par la longue « métamorphose » idéologique de toute la population active, salariés et patronat, qui passe par la responsabilisation de tous, sans exception.

    Mettre fin aux symboles et aux privilèges, responsabiliser plus que contrôler

    Les principales caractéristiques de ce management plus participatif sont simples. Il s’agit de mettre fin aux symboles et aux privilèges -en terme de restauration, de bureaux, de parking- pour instaurer un sentiment d’égalité entre les salariés ; de faire confiance aux salariés, les responsabiliser plus que les contrôler -en supprimant les pointeuses ou en laissant le matériel en libre service par exemple.

    Il est aussi nécessaire d’avoir une démarche de bottom up, c’est-à-dire commencer par remonter les suggestions d’amélioration des salariés jusqu’à, à terme, mettre en place un environnement qui leur permette de s’autodiriger. L’idéal étant que si, dans l’entreprise, un salarié a la solution à un problème, il l’applique naturellement, sans attendre ni autorisation, ni récompense.

    Enfin une des clés qui n’est pas citée ci-dessus, c’est aussi l’abandon de la croyance de l’émulation « saine » par la concurrence, terriblement dévastatrice y compris au sein d’une entreprise, pour lui substituer l’approche coopérative, meilleure et plus humaine à tout angle de vue. Mais la remise en cause de la concurrence est sans doute ce qu’il est le plus dur d’envisager, tant c’est sur ce concept que le capitalisme s’appuie pour exercer son hégémonie...


  • « La seule issue c’est de s’en sortir - Extraits de L’état des sentiments à l’âge adulte, de Noémi Lefebvre » (CIP-IDF)
    http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=6130

    http://www.cip-idf.org/IMG/mp3/L_eI_tat_des_sentiments_aIEUR_l_age_adulte_extraits_.mp3

    Nous publions cet extrait de L’état des sentiments à l’âge adulte, de Noémi Lefebvre (éd. Verticales) et l’enregistrement d’un montage d’extraits lus par l’auteure car ce livre offre un contrepoint à la fois désillusionné et joyeux à la litanie des #bobards cyniques et creux de la campagne électorale en cours et aux tombereaux de discours autorisés des #experts, représentants et spécialistes sous lesquels on cherche à enterrer toute dissension, et nous avec, parce qu’ils sont destinés à conduire nos vies, ajoutant ainsi à l’ #absurde, maximisant et la #barbarie et l’insignifiance.

    http://www.editions-verticales.com/fiche_ouvrage.php?id=343

    Et on me signale dans l’oreillette que, pour les Parigot-e-s, « ce 8 avril à 19h : choix de textes et lecture de Noémi Lefebvre et Gaëlle Obiégly par Stéphanie Béghain, au Théâtr’ouvert’icales, 4 bis, cité Véron, 75018 PARIS, Métros : Blanche, Place de Clichy »

    #audio #livre #libéralisme #management #emploi #précarité


  • Les employés les plus nuls sont les plus heureux | C’est plutôt que les cadres sont des débiles !
    http://www.slate.fr/lien/69999/employes-performance-au-travail?goback=.gde_2079034_member_227422824

    Le plus amusant est que ces mauvais élèves ne savent pas qu’ils le sont. Au contraire, les résultats de l’étude semblent montrer qu’ils se sentent à l’aise et performants. Pourquoi ?

    Parce que les managers les félicitent pour leur travail, alors qu’ils ne donnent pas beaucoup de retours positifs aux salariés performants, dévoués et consciencieux... Et ces derniers « se sentent stressés et sous-évalués », explique Mark Murphy.

    • C’est pas faux.

      Dans le monde du travail, il semble que seule l’insatisfaction contraint les managers à se préoccuper des personnes... On a l’impression que la satisfaction est assez taboue, en tous cas elle rend peu expressif.

      Je me risque à quelques hypothèses pour creuser ce qui est résumé dans l’idée que « les cadres sont des débiles ».

      Le manager n’a pas intérêt à trop montrer à quelqu’un qu’il est satisfait de lui, ni de le faire savoir aux autres.
      D’une part parce qu’en général on est dans un monde si concurrentiel, si hanté par la prédation et la loi de la jungle, que le manager peut se sentir menacé par ses subalternes performants.
      Et par ailleurs parce que la gratification du subalterne lui donnera à ce dernier la légitimité de devenir gourmand et revendicatif.

      De plus, l’énergie du management est plus souvent orientée vers la neutralisation des moins performants, pour contenir leur pouvoir de nuisance involontaire.
      Et c’est une activité qui ne déplait pas au manager, car celui ci peut maintenir son rang, se sentir considéré, compétent, en traitant avec un subordonné moins autonome, voire dépendant. Une sorte de satisfaction paternaliste en quelque sorte..

      #management #paternalisme

    • Puisque même la majorité des lecteurs de seenthis semble encore vouloir fonder la société sur l’emploi, que faire d’autre des improductifs que de les employer ?

      @petit_ecran_de_fumee a raison de remarquer que la présence d’improductifs dans une équipe génère des tensions, provoque des catastrophes et nuit au travail des autres. Nous avons tous connus de ces personnes qu’on préfèrerait voir payées à rester chez elles. Certaines ont même obtenu d’enviables pré-retraites. On s’est même habitués, bon an, mal an, à avoir des bataillons de comptables, juristes et qualiticiens payés à entraver l’action des productifs.

      L’idéologie de l’emploi contraint l’appareil productif à accepter en son sein un quota d’autant plus élevé d’improductifs que les exigences de production de la survie économique augmentent (élevant encore la barre de la viabilité économique), augmentant encore la pression sur les productifs.

      Les managers intermédiaires, qui d’ailleurs sont eux mêmes peu productifs directement, font ce qui leur semble utile au maintien de ce état de fait en appliquant les prescriptions de l’idéologie de l’emploi : employer tout le monde est une question d’organisation, par exemple en faisant faire à chacun ce qu’il peut faire plutôt qu’en appliquant une certaine équité.

      Gageons que tout ceci ne fonctionnera pas éternellement.

    • @bp314 : je dois encore réfléchir à ce que tu dis mais sinon je voulais nuancer mon propos. Le maternage des moins performants n’est quand même pas une norme en entreprises.
      Le harcèlement existe pour les faire partir. Et les grosses boites ont trouvé la solution pour contourner le CDI et leur dilemmes de management : le recours aux prestataires, flexibles, dociles car précaires et interchangeables si non performants.

    • @petit_ecran_de_fumee Je me permets donc de vous contredire : ceux qu’on materne en entreprise ne sont pas nécessairement ou particulièrement improductifs. Ce qui les caractérise est d’être maternés, et on constate avec un certain amusement que la plupart d’entre eux sont improductifs.

      Comme se fait-ce ?

      Vous souvenez-vous de Raymond Barre ? L’homme qui, il y a trente-quarante ans, estimait que tant qu’à payer les chômeurs, il fallait les employer. Il mit sa conviction à l’épreuve des moeurs de l’époque en recrutant massivement dans la fonction publique.

      Etait-il fou ? Aucunement.

      L’erreur à ne pas commettre est de croire que la profitabilité des entreprises françaises dépend de leur productivité. C’est parfaitement inexact dans une économie réglementée comme la France.

      La profitabilité d’une entreprise en France dépend de ce que les économistes nomment « pouvoir de marché » c’est à dire sa capacité à fixer les prix de ce qu’elle vend, produits ou services.

      Le meilleur moyen d’obtenir du pouvoir de marché dans une économie règlementée est de servir les puissants dans l’espoir de renvois d’ascenseurs : législatifs (entretien des ascenseurs, normes bâtiments en évolution permanente), règlementaires (éthylotests), sous forme de commandes publiques (Rafales). Pour ce faire, le plus simple est d’employer les enfants de la riche bourgeoisie, celle qui peut vous renvoyer l’ascenseur. Puisque les études supérieures sont socialement discriminantes, il suffit d’embaucher des Bac+5 de spécialités universitaires inutiles et innovantes, telles la médiation culturelle, les TIC, ou tout autre fadaise 2.0 pour être certain de taper dans les bonnes CSP. Et qu’importe que ceux-là soient improductifs pourvu qu’ils soient heureux, et le fassent bien savoir à l’élite consanguine, pour qu’elle augmente le pouvoir de marché de leurs employeurs.

      La presse fonctionne ainsi depuis la libération, ça n’a jamais ému personne. Ce fonctionnement s’est juste généralisé.

      poke @monolecte : Ce n’est donc pas, comme l’aurait facilement affirmé Ayn Rand parce qu’ils sont inutiles qu’ils sont heureux. C’est parce qu’ils sont riches qu’ils sont improductifs, employés quand même, et donc heureux.

    • @bp314 :

      la majorité des lecteurs de seenthis semble encore vouloir fonder la société sur l’emploi, que faire d’autre des improductifs que de les employer ?

      c’est vrai qu’en ce qui me concerne, je crois que l’emploi est la base du ciment social. Je ne vois pas autre chose. Mais je veux bien qu’on me donne d’autres pistes.

      Je ne vois pas d’autre lien possible avec la collectivité que cette réciprocité par l’échange de travail. Il y a bien sûr les rentes, certaines justifiées (retraites, invalidité, maladie) et d’autres pas du tout, à combattre (le parasitage capitaliste).
      Les rentes injustifiées sont une horreur sociale, y compris les indemnisations qui nous font tolérer le chômage structurel. Une société vivable ne peut pas considérer qu’une partie de la population est superflue ou doit être confinée dans la passivité. L’humanité doit s’assumer si elle veut mériter le respect, si elle ne sait pas fonctionner sans exclure, ça reste une société barbare dans lequel le mot performance n’a pas lieu d’être..



  • La technique est-elle responsable de l’accélération du monde ?
    http://www.internetactu.net/2013/03/19/la-technique-est-elle-responsable-de-lacceleration-du-monde

    Le sociologue et philosophe allemand Harmut Rosa a été remarqué en France depuis la traduction en 2010 d’Accélération : une critique sociale du temps, complété depuis par une synthèse et mise à jour de ce livre dans Accélération et aliénation… Pour Hartmut Rosa, le temps a longtemps été négligé dans les analyses des sciences sociales sur la modernité au profit…

    #_alléger_la_ville_ #économie_de_l'attention #déconnexion #digiwork #management #politiques_publiques #prospective #temps_réel


  • At Google, a Place to Work and Play - NYTimes.com
    http://www.nytimes.com/2013/03/16/business/at-google-a-place-to-work-and-play.html?pagewanted=all
    http://graphics8.nytimes.com/images/2013/03/16/business/16stewart-web/16stewart-web-articleLarge.jpg
    autres photos impossibles à copier ici je sais pas ce qui bloque dans les URL :
    http://www.nytimes.com/slideshow/2013/03/16/business/16stewart-ss.html

    In keeping with a company built on information, this seeming spontaneity is anything but. Everything has been researched and is backed by data. In one of the open kitchen areas, Dr. Welle pointed to an array of free food, snacks, candy and beverages. “The healthy choices are front-loaded,” he said. “We’re not trying to be mom and dad. Coercion doesn’t work. The choices are there. But we care about our employees’ health, and our research shows that if people cognitively engage with food, they make better choices.”

    #travail et #management chez #google / #néocapitalisme #capitalisme_cognitif
    http://seenthis.net/sites/30027
    http://seenthis.net/messages/110973


  • #Conforama, le pays où les salariés rebelles sont fichés | Rue89 Eco
    http://www.rue89.com/rue89-eco/2013/03/15/conforama-le-pays-ou-les-salaries-rebelles-sont-fiches-240562

    A côté du nom des vendeurs qui n’ont pas atteint leurs objectifs, un smiley, le front perforé d’une balle. Le tableau, affiché dans le couloir du personnel d’un magasin Conforama, a été pris en photo en mars 2012. Force ouvrière a porté plainte contre le numéro 2 du meuble en France. Un de ses délégués syndicaux, David Malesieux, est encore choqué par cette image :

    « Quand vous arrivez le matin et que vous voyez vos performances affichées avec ce genre de symbole très violent, c’est très difficile à vivre. Ces mauvais outils de management sont forcément générateurs de risques psychosociaux. »

    http://www.rue89.com/sites/news/files/styles/asset_img_full/public/assets/image/2013/03/envoye_special_tableau_smiley_0.jpg

    Les alliés en vert, les rebelles en rouge foncé

    Cette méthode de #management consiste à classer les salariés selon un code couleurs :

    http://www.rue89.com/sites/news/files/styles/asset_img_full/public/assets/image/2013/03/slide_15_strategie_des_allies.jpg

    La pratique de cette cartographie des salariés n’est pas propre à Conforama. Benoît Pommeret, consultant du cabinet de conseil Cegos, assure avoir enseigné la stratégie des alliés à des cadres de la distribution essentiellement, mais aussi de compagnies d’assurances, et même de Pôle emploi.

    #travail

    • Ils encouragent les mauvais salariés à se tirer une balle, c’est vraiment desgueu ce système. Conforama, le magasin ou même les smileys se suicident.

    • Les alliés : « qui ont su garder un esprit critique sur le projet ».

      « rebelles » et « opposants », j’ai envie de dire que ce n’est pas forcément la même chose.

      Et que quand on manage de bonne foi, on n’est pas forcément contre un peu de rebellitude. Pour avoir eu à gérer des « pies », comme ils évoquent, je vois tout à fait ce qui est déclaré comme « opposants » : des gens qui se sont trompés d’endroit... ou qui s’opposent pour ne pas avoir à rendre des comptes sur leur incompétence. Par exemple. Et pour ce qui concerne mon vécu.

      Une vraie difficulté est de savoir si on manage (est managé) de bonne foi... ou pas.

      Je me souviens avoir reçu à plusieurs entretiens d’affilés, des personnes issues de la même société. A chaque fois la même histoire : super chef de projet parti, nouveau chef arrivé, harcèlement, objectifs sans queues ni têtes, démissions à la chaîne. Je crois qu’il y avait un management « de mauvaise foi », où la notion de projet commun n’avait plus d’objet. Ils étaient tous tellement dépressifs qu’on en a pris aucun... spirale négative...


  • HBS study reveals that Harvard’s MBA alumni perceive management as high-quality if it succeeds in meeting quarterly numbers and getting stock prices up, even if it fails wider and longer term competitive goals - http://www.forbes.com/sites/stevedenning/2013/03/10/the-surprising-reasons-why-america-lost-its-ability-to-compete #finance #management


  • Yahoo ordonne à ses télétravailleurs de revenir au bureau - NYTimes.com
    http://www.nytimes.com/2013/02/26/technology/yahoo-orders-home-workers-back-to-the-office.html?nl=todaysheadlines&emc=ed

    La nouvelle patronne de Yahoo, Marissa Mayer vient de demander aux nombreux télétravailleurs de Yahoo de revenir au bureau, sous prétextes que s’ils seraient plus productifs, ils seraient moins innovants. Mais la vraie raison est certainement à chercher ailleurs. La directive serait un moyen pour se libérer d’un surcroit de personnel et de reprendre la main sur l’organisation et le #management de la firme. Tags : internetactu fing (...)

    #entreprises #travail&tic #travail #télétravail


  • L’explosion des données remet-elle en cause la place du DSI ? - Zdnet.fr
    http://www.zdnet.fr/actualites/l-explosion-des-donnees-remet-elle-en-cause-la-place-du-dsi-39787635.htm

    L’importance croissante des données en entreprise conduit-elle à une nouvelle répartition des rôles entre le directeur technique, le directeur des données (CDO) et le DSI ? Pour l’analyste Gartner, Douglas Laney, c’est en tout cas une perspective au sein des grands groupes. Tags : internetactu fing internetactu2net #management (...)

    #entreprises


  • Agile, l’entreprise de demain ?
    http://www.internetactu.net/2013/02/22/agile-lentreprise-de-demain

    Petites et grandes entreprises doivent s’adapter à des cycles d’innovation de plus en plus courts, qui se succèdent de plus en plus rapidement tout en apprenant à rester souples. Sachant cela, à quoi doit ressembler l’entreprise agile de demain ? Telle était la question posée aux orateurs de cette session de la conférence #lift : faut-il repenser le sens du…

    #économie #lift13 #management


  • Le futur entre résilience et résistance
    http://www.internetactu.net/2013/02/19/le-futur-entre-resilience-et-resistance

    A l’heure de l’incertitude permanente, le futur n’est pas aussi tracé qu’on le croit ? Comment nous adapter à ce qui arrive ? Telle était le sujet d’une session d’interventions de la dernière conférence #lift qui se tenait à Genève du 6 au 8 février 2012. La parabole du renard et du hérisson Venkatesh Rao (@vgr) est l’auteur de Tempo,…

    #complexité #innovation_sociale #lift13 #management #Participation #prospective


  • La loi et l’ordre – La « stupidité fonctionnelle » | Big Browser
    http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2013/02/14/la-loi-et-lordre-la-stupidite-fonctionnelle-a-lorigine-de-la

    Selon cette théorie de la « stupidité fonctionnelle » [ou #bêtise systémique], le monde de la #finance serait dicté par le « fais d’abord, réfléchis après ». Une attitude qui tend à écarter les questions gênantes, et les longues réflexions sur les actions des salariés – alors même qu’on attend d’eux de grandes compétences.
    http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1467-6486.2012.01072.x/abstract


  • 10 Reasons Development Teams Don’t Communicate
    http://blog.smartbear.com/software-quality/bid/218711/10-Reasons-Development-Teams-Don-t-Communicate

    Nowadays, a lot of software development takes place across organizational boundaries. Communication between these boundaries is essential if you want to deliver a reliable application within the required time frame and with the fewest usability issues possible …

    http://blog.smartbear.com/Portals/175832/images/B5_ivanova.jpeg

    Source: Software Quality Matters - From SmartBear Software

    #teamwork #communication #process #management


  • #Google : les secrets de son département des ressources humaines - Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/67685/google-la-boite-bonheur

    Frahad Manjoo nous amène au coeur du fonctionnement du département de ressources humaines de Google, le People Operation (Pops) dont le fonctionnement s’appuie sur un logiciel sophistiqué destiné au traitement des statistiques recueillies auprès des salariés. L’ambition ici est de dégager des certitudes empiriques sur chaque aspect de la vie des employés de Google –pas uniquement le niveau de salaire ou de prestations approprié mais également des détails d’apparence triviale, comme la taille ou la (...)

    #management

    • Il serait toutefois erroné de penser que Google distribue les bienfaits dans le seul but d’être sympa. POPS surveille attentivement des quantités de statistiques relatives à la façon dont les employés réagissent aux avantages octroyés : apparemment, l’entreprise ne jette pas l’argent par les fenêtres.

      Le congé maternité de cinq mois, par exemple, a permis à l’entreprise d’en gagner. Une fois mis en place, le taux de départs de Google chez les jeunes mères a rejoint la moyenne de l’entreprise. « Une baisse de 50 % –c’était énorme ! »

      #femmes #maternité #travail

    • Bien sûr, Google n’est pas sympa. Mais en matière de management, il a visiblement compris depuis longtemps qu’il faut donner une relative liberté à ses employés - une liberté bien contrôlé, nous sommes d’accord - ce qui est encore loin d’être le cas dans le management. Bien sûr, Google ne met pas en place toutes ces métriques pour rien. Le but c’est que cela lui rapporte, et le papier de Manjoo, le montre très bien.

    • Le fait que les femmes désertent l’entreprise n’était pas uniquement un problème de parité, mais surtout un souci pour le bénéfice net de l’entreprise. Contrairement à beaucoup de secteurs de l’économie, dans les hautes technologies, le marché du travail est extrêmement tendu, et encore plus sur le segment des employés de qualité.

      #femmes-du-web (un jour existeront des rencontres web avec un maximum de 7% d’hommes, triés sur le volet, cela va sans dire, et personne n’aura intérêt à demander pourquoi il y a autant de femmes !)

    • POPS s’appuie sur un #logiciel sophistiqué destiné au traitement des statistiques recueillies auprès des salariés. L’ambition ici est de dégager des certitudes empiriques sur chaque aspect de la #vie des employés de Google –pas uniquement le niveau de salaire ou de prestations approprié mais également des détails d’apparence triviale, comme la taille ou la forme optimale des tables de la cafétéria, ou la longueur de la queue à l’heure du déjeuner.