Camarades féministes, je vous rends hommage | A contrario
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Et être féministe, c’est ne pas avoir peur. Ni d’être seule, ni d’être plusieurs, ni d’être avec, ni d’être contre, ni d’être trop, ou pas assez, ou pas correctement.
C’est refuser d’agir en fonction du droit des autres à nous prescrire la signification symbolique de nos actes. C’est s’affranchir de leur regard et en être plus heureuse, plus sereine, plus forte, plus égale en somme, même sous un déluge de haine.
J’accueille aujourd’hui cette haine avec une indifférence si totale que j’ai presque du mal à me souvenir de ce que je ressentais, il y a encore 5 ans, quand on me promettait de me saigner comme une truie, ou de me violer parce que c’était tout ce que je « méritais ». Quand après une intervention publique je recevais des mails orduriers. Quand suite à un article on m’insultait copieusement. Quand ma famille me regardait avec horreur parce que j’avais repris mes études en laissant à mon mari le soin de s’occuper de nos enfants pendant que j’étais à la fac, après une journée/semaine de boulot. Quand certains de mes amis ont préféré se détourner de moi parce que j’étais devenue « pas marrante ».
Aujourd’hui tout cela me laisse froide. On me traite toujours de grosse pute, de salope, de pourriture, de connasse, de mal baisée, et dans un registre plus calme, on m’explique toujours à quel point le féminisme c’est de la merde, à quel point je me fourvoie, à quel point nous avons toutes tort, à quel point « nous exagérons ». Je ne fais même plus semblant de m’en préoccuper, j’en ai fini avec le regard des autres. Il ne m’intéresse pas.



















