Un filibuster du mois dernier.
Un événement assez rare pour qu’on s’y attache particulièrement a eu lieu au Sénat des États-Unis, les 6 et 7 mars 2013. Le sénateur du Kentucky Rand Paul, fils de Ron, prit la parole pour exercer, selon une décision individuelle et nullement approuvée par son parti, la fameuse technique du filibuster, – tenir le plus longtemps possible à la tribune du Sénat en discourant, parlant, etc., pour empêcher une procédure ou un vote qu’on juge indigne, inacceptable, etc. Rand Paul a ainsi parlé pendant 13 heures d’affilé, rappelant à tous le fameux épisode central du non moins fameux film de Frank Capra Mr. Smith Goes to Washington ; on voit dans ce film James Stewart transformé en sénateur d’occasion, tenir la parole pendant des heures et des heures (autour de 24 heures), se repliant finalement sur la lecture de la Constitution pour avoir quelque chose à dire, pour éviter qu’un vote entérine un achat de terrain relevant d’une corruption caractérisée au profit d’intérêts privés dans l’Etat dont il est l’élu. Dans le cas de Rand Paul, il s’agissait d’obtenir une réponse de l’administration Obama sur le cas de l’assassinat de citoyens américains sur le sol des États-Unis par l’emploi de drone-tueurs dont cette administration est si friande. Son filibuster s’exerça à l’encontre du vote de confirmation du directeur de la CIA, John Brennan (fervent partisan des drones-tueur), qu’il repoussait d’autant par son interminable discours.
Finalement, Rand Paul obtint en partie gain de cause, puisqu’il reçut une lettre du secrétaire à la justice Eric H. Holder (sur Politico.com, le 7 mars 2013), – un texte de 43 lettres… (Nous disons “en partie” parce que la formulation de la question reprise par Holder comprend la restriction “not engaged in combat”) :
« It has come to my attention that you have now asked an additional question : “Does the President have the authority to use a weaponized drone to kill an American not engaged in combat on American soil ?” The answer to that question is no. »