Une lecture de politiques urbaines genrées dans des pays émergents
http://echogeo.revues.org/13145
Par Claire Hancok
Si l’on se réfère à l’idéologie de la « mixité sociale », la coexistence spatiale serait un gage de progrès démocratique et d’égalité de fait entre les membres d’une société : or, les études urbaines montrent bien que ce n’est pas si simple, et que se côtoyer dans les mêmes espaces ne résout en rien les inégalités, et peut même priver les plus modestes de certaines ressources de mobilisation politique (voir par exemple Tissot, Tévanian, 2004). Historiquement, l’entre-soi féminin a fait partie des revendications féministes, comme seul susceptible de garantir une prise de parole féminine autonome ; il reste parfois revendiqué politiquement, dans bien des contextes où il n’est pas suspect d’être religieusement motivé (Tissot, Dupont, 2012). L’existence d’espaces ou lieux non-mixtes n’est donc pas dépourvue de pertinence, et l’on est peut-être en présence d’un des cas de figure où l’espace peut faire figure de ressource susceptible de transformer le social, même s’il importe de distinguer entre « non-mixité subie » (parfois au cœur même des structures qui se prétendent mixtes) et « non-mixité choisie », comme le fait Christine Delphy (Delphy, 2008).

