• « Les tailles XL interdites chez Abercrombie font polémique aux Etats-Unis »
    http://www.leparisien.fr/laparisienne/mode/les-tailles-xl-interdites-chez-abercrombie-font-polemique-aux-etats-unis-

    La polémique a émergé la semaine dernière quand le site internet Business Insider a révélé que la marque ne constituait aucun stock de vêtements de tailles XL et XXL. L’auteur de la pétition, un certain Benjamin O’Keefe, dénonce le fait qu’Abercrombie « ne veut pas que des jeunes en surpoids portent sa marque ». Il explique qu’Abercrombie doit « des excuses formelles à des milliers de jeunes gens » et il demande que la marque fabrique des vêtements « pour toutes les morphologies ».

    En consultant la grille des tailles en vigueur chez la marque, on constate que le XL et le XXL sont absents chez les femmes. Concernant la France, une cliente ne peut ainsi pas dépasser la taille 40 pour porter un top ou une robe. Niveau pantalon, le 42-44 est la limité autorisée. Pour le tour de poitrine, la marque voit un peu plus large, puisqu’en France on peut trouver des exemplaires taillant 90D / 95C. En résumé : taille de guêpe impérative, mais formes autorisées... à la plage seulement et juste pour les seins. Chez les hommes, le maintien des tailles XL et XXL permettrait d’attirer les sportifs musclés dont l’image est valorisée, et donc valorisante pour la marque.

    Un homme se retrouve sous le feu des critiques dans cette affaire : Mike Jeffries, le PDG de la marque. Sur internet, il est la cible de nombreuses attaques, notamment en raison d’une interview donnée en 2006 et vers laquelle la pétition de Benjamin O’Keefe renvoie. Jeffries y détaillait la politique de sa marque. « Dans chaque école il y a des enfants cools et populaires, et d’autres qui ne sont pas si cools que ça. Franchement, nous nous adressons aux enfants cools, qui ont une attitude super et qui ont plein d’amis. Plein de gens ne rentrent pas dans ce cadre et ne pourront pas y rentrer. Sommes-nous exclusifs ? Complètement. »

    cc @beautefatale (au cas où)
    #mode #femmes #normes

    • En vrai, la logique est purement économique : la variable explicative de l’obésité, c’est essentiellement la classe sociale et donc le pouvoir d’achat des gens. Plus ils sont riches, plus ils dépensent d’argent pour se nourrir correctement et rester minces, ce qui est aujourd’hui la distinction sociale affichées dans les corps, de la même manière que le bourgeois était gras au XIXe siècle, quand les prolos crevaient la dalle.
      Autrement dit : la marque se revendique marque pour riches (donc vous allez payer plus cher pour vos sapes, ce qui est tout bénef pour la marque !) et donc déstocke les fringues pour gros qui n’auront qu’une toute petite clientèle dans le segment visé.
      Voilà, voilà !

    • @monolecte : logique économique certes, mais sur 2 tableaux.
      La niche marketing est essentielle. Un peu comme l’Oreal qui s’occupent des femmes qui le « valent bien », et La City qui « habille les femmes nues », « Abercrombie n’habille pas les thons » est le slogan en creux qui va attirer les femmes qui sont prêtes à payer pour avoir un look qui flatte leur image, qui les classe dans la bonne catégorie...
      #marketing_de_la_honte

    • Pas besoin d’aller si loin faire de la pub à un magasin qui fabrique de l’exclusion de grosses. En france, la liste des magasins avec des fringues au-delà du 42 n’est pas bien longue, de là à en interdire la vente, c’est pas loin. A part taper un scandale invivo, vaut mieux éviter. Il y a même des magasins que des mômes de 13 ans ont déjà repéré comme étant réservés aux anorexiques…

      #parole_d_expert #formatage

    • Au delà des très justes remarques d’@monolecte, on peut pousser le raisonnement plus loin : l’apparence qu’on se choisit « librement » en décidant d’acquérir tels ou tels oripeaux est toujours une manière de revendiquer une appartenance à une classe sociale généralement favorisée.

      S’offusquer qu’une entreprise s’étant choisie un nom aussi risible du point de vue prolétarien qu’ « Abercrombie & Fitch » décide de ne pas avoir à supporter la coûteuse présence de gros non-rentables dans leurs magasins me semble faire preuve d’une immense hypocrisie qui consiste à prétendre qu’il y eut un moment où ils y auraient été bienvenus. Ce qui revient à refuser de constater que l’espace n’est désormais plus simplement privatisé, mais de plus en plus souvent accaparé par les classes dominantes, qui s’y réservent des quartiers, des villes et des régions entières. Alors, bien entendu, il se trouvera toujours de bonnes âmes pour prétendre qu’il en est autrement dans la loi. A ceci près que le détenteur du monopole exclusif de son application, l’état, se contentera toujours en pratique de consacrer par inaction l’accaparement, c’est à dire l’expropriation, tout en socialisant l’essentiel des coûts d’entretien de cette privatisation de fait.

    • « Franchement, nous nous adressons aux enfants cools, qui ont une attitude super et qui ont plein d’amis. Plein de gens ne rentrent pas dans ce cadre et ne pourront pas y rentrer. Sommes-nous exclusifs ? Complètement . »
      C’est la méchanceté incarnée ce type !

    • @monolecte
      On est d’accord que le corps formaté par le modèle dominant a le devoir de faire jeune donc beau et frêle. Mais non parce qu’il est signe de bonne santé des riches, la maigreur n’étant surement pas un signe de bonne santé.
      Par contre, il est beaucoup moins cher et plus rentable en mètres de tissus d’habiller du 34 que du 42, là, oui, les classes dominantes y trouvent leur compte, main d’oeuvre et transport compris.
      Et plus on déshabille, plus on vend !
      A preuve, on ne va pas blâmer vraiment l’obésité qui touche les plus démunis, il y a pour ces gros là des magasins spécialisés qui rapportent. Ici, c’est l’exclusion des « moyens gros », des… non anorexiques, car grossir en vieillissant et faire du 42 est plutôt commun au-delà de 40 ans. C’est cette classe là qu’il faut culpabiliser pour qu’elle consomme plus.
      Les vieux et donc les « gros » ne sont pas vecteurs directs de désirs, donc ils ne feront pas vendre plus. En ne leur fournissant pas de vêtements, ces magasins vont vendre uniquement à des jeunes « maigres », et faire perdurer leur image publicitaire dans la rue, je ne sais plus comment on nomme ce phénomène, chaque acheteur devient une sorte de #mannequin ambulant et gratuit pour la marque.
      Cette guerre culturelle du désir formaté enjoint 95% de la population (et pas seulement des pauvres mais tout ceux qui ne sont pas du modèle prôné) à de terribles frustrations qui elles, sont vecteurs d’économie.
      Ceux qui n’entrent pas dans ce moule de jeunes maigres sont priés de consommer des glaces, des graisses et des sucres devant leurs écrans pour se consoler.


  • Lettre ouverte à « Monsieur le Président de la République », du Collectif des 39 contre la nuit sécuritaire
    http://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=6811

    Il a été décidé que nous devrions nous plier à des #protocoles imposés par « des experts » bien souvent étrangers aux réalités plurielles de la pratique.
    Monsieur le Président, pouvez-vous accepter l’embolisation de ces pratiques par des tâches administratives aussi stériles qu’ubuesques ? Croyez-vous qu’il soit possible de coter avec des petites croix la valeur d’une relation, d’un comportement, d’un sentiment ?

    Pouvez-vous tolérer que l’on ait confisqué aux citoyens leur possibilité de construire les outils éthiques d’appréciation de leur travail, de leur façon de soigner, d’enseigner, d’éduquer, de faire de la recherche ? De leur imposer des #normes opposables et opposées à tout travail de créativité ?
    Pouvez-vous cautionner la victoire de la hiérarchie qui écrase, de la #bureaucratie qui règne, de la soumission imposée qui s’étend ?
    Enfin, élément le plus préoccupant, ces protocoles qui excluent la dimension relationnelle de la pratique prétendent s’appuyer sur des bases scientifiques, contestées au sein même de la communauté ! Comme s’il fallait s’exproprier du terrain de la rencontre à l’autre.

    (...)

    Ainsi par exemple, à propos de l’#autisme, de quel droit la #HAS peut-elle affirmer que ce qui n’entre pas dans ses codes d’évaluation est non scientifique donc non valable, alors que des milliers de professionnels, loin des caricatures et des polémiques, travaillent en bonne intelligence avec les familles et des intervenants divers, que cela soit sur le plan éducatif, pédagogique ou thérapeutique ? De quel droit la HAS dénie t-elle la validité de pratiques reconnues, que des associations de patients, de soignants, de familles, défendent pourtant humblement ? Au nom de quels intérêts surtout, la HAS a-t -elle imposé une « recommandation » dont la revue Prescrire, reconnue pour son indépendance, vient tout récemment de démontrer les conditions totalement partiales et a-scientifiques de son élaboration ?
    Comment enfin, lors de la parution du dernier plan Autisme, Madame Carlotti, Ministre aux personnes handicapées, ose t-elle menacer sans réserve aucune, les établissements qui ne se plieraient pas à la méthode préconisée par la HAS, de ne plus obtenir leur subvention de fonctionnement ?

    Nonobstant les questions rhétoriques et le fait que oui, un président de la république accepte, tolère, cautionne, croit et impose parfaitement tout ça. Enfin, je suppose que c’est ce qu’on appelle le « jeu républicain » ou « démocratique », de rappeler que précisément ce ne devrait pas être des évidences.

    #psychiatrie #santé #médecine


  • Un message pour l’internet des objets - NYTimes.com
    http://bits.blogs.nytimes.com/2013/04/25/a-messenger-for-the-internet-of-things

    Un ensemble de sociétés technologiques (dont Cisco, IBM, Red Hat, Tibco...) ont lancé un nouveau standard ouvert via l’organisme de standardisation Oasis intitulé Message Queuing Telemetry Transport Protocol (MQTT), un protocole qui pourrait jouer pour l’internet des objets le rôle qu’a joué l’HTTP pour le web. Imaginé par Andy Stanford-Clark voilà plus de 10 ans pour faire fonctionner sa domotique personnelle, le standard est déjà utilisé par de nombreuses applications, notamment dans celles de (...)

    #internetdesobjets #normesetstandards



  • On agite un enfant (Yann Diener - Éditions La Fabrique)
    http://www.lafabrique.fr/catalogue.php?idArt=594

    L’État, les psychothérapeutes et les psychotropes
    Un enfant qui continue à faire pipi au lit est-il un handicapé ? Celui qui refuse d’ouvrir ses livres est-il un dyslexique ? Le gamin turbulent est-il atteint de #TDAH (trouble-déficit de l’attention avec hyperactivité) ? Faut-il lui prescrire une cure de #Ritaline ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles répond ce livre. Grâce à une langue médico-sociale (LMS) très élaborée, en s’appuyant sur une version totalement dévoyée de la psychanalyse, l’État normalise et évalue à tout-va tandis que l’industrie pharmaceutique invente des maladies et des molécules pour les traiter. Ces deux forces conjuguées, si on les laisse faire, finiront par abattre les lieux, créés après la Libération, où un enfant peut encore parler de son symptôme.

    #éducation #enfants #répression #normes

    • Agités de tous les pays, fermez vos gueules !
      http://www.article11.info/?Agites-de-tous-les-pays-fermez-vos

      Il s’agit aussi du moment où l’institution scolaire impose une pression croissante sur l’enfant. Il y a toujours eu une pression scolaire (il faut être bon à l’école) mais elle s’exprime aujourd’hui d’une autre manière, par la transposition du langage et des techniques entrepreneuriales dans le milieu scolaire. Les analystes ont pour hypothèse l’idée selon laquelle le contexte familial – et plus largement, institutionnel – participe de l’élaboration du symptôme qui peut être, dans ce cas, l’agitation. L’enfant, en choisissant d’exprimer certains symptômes, réagit à l’emprise de sa famille ou de l’école, refuse la place qui lui est assignée, se fait porte-parole de malaises qui le dépassent (familiaux, par exemple), malaises qu’on lui enjoint de ne surtout pas formuler en lui disant de « tenir en place ».
      Un certain nombre d’instituteurs et de pédopsychiatres pensent que la maladie de l’enfant « agité » (le #TDAH, soit trouble déficit de l’attention/hyperactivité) existe et qu’il faut donc trouver le bon médicament pour le soigner. […] Il s’est opéré un glissement significatif entre « cet enfant souffre d’un trouble de la concentration » et « il est agité, il est comme ça ». Le remplacement de « symptôme » par « handicap » revient à nier l’expression et l’autonomie du sujet. […] Dans les formations, les instits sont incités à détecter, à diagnostiquer le TDAH. Là, le mot est utilisé. La conséquence est simple : il faut de la #Ritaline .

      #école #CMPP #TCC #TOC #DSM

    • Lettre du 13 avril 1959 au Dr Ben GABER
      http://www.clinamen.org/article106.html

      Notre diagnostic est que ce garçon est un enfant psychoneurotique doué et particulièrement extraverti, présentant possiblement une légère encéphalopathie nuisant à son contrôle émotionnel. Nous estimons qu’il devrait suivre un traitement neurochimique afin d’aider à contrôler son impulsivité et son hyperactivité. Si cela ne marche pas, nous nous pencherons à nouveau sur la possibilité d’une hospitalisation. Je recommande la médication suivante, dont nous avons constaté l’efficacité dans de nombreux cas similaires. Le nom du médicament est vespérine, du groupe des phénothiazines. […] Quelques effets secondaires ne manqueront pas de se manifester : somnolence, faiblesse et parfois troubles visuels. Ils peuvent passer au bout de quelques jours. Comme avec toutes les phénothiazines, des analyses sanguines devront être effectuées régulièrement pour détecter un éventuel granulocyte. […]