• La voiture sans conducteur, la Chimère
    http://transportsdufutur.typepad.fr/blog/2014/04/m%C3%A9tanote-20-la-voiture-sans-conducteur-la-chim%C3%A8r

    Et si l’objectif de Google était déjà atteint ?

    Faire travailler les autres dans le développement de l’objet « véhicule autonome », des multiples technologies à produire en grande quantité répondant aux standards automobiles, mais également produire de nouvelles réglementations (tout en faisant un lobbying - lire cet article sur ce sujet), pour capturer plus tard la valeur ? Car dans la chaîne de valeur qui s’annonce, il est probable qu’elle ne soit pas dans le véhicule, mais dans le dispositif algorithmique qui permettent de gérér plusieurs milliers de véhicules autonomes sur un territoire pour maximiser l’usage de l’énergie, des infrastructures, des temps de parcours. Dans ce scénario, la valeur sera dans la carte « enrichie », nous y reviendrons.

    #Chimère_(mythologie) #Automobile #Mobilité #Numérique #Innovation #Google #Voiture_sans_conducteur_de_Google


  • Les iPads menacent la santé mentale des enfants
    http://fr.myeurop.info/2014/04/16/les-ipads-menacent-la-sante-mentale-des-enfants-13650

    http://cdn3.myeurop.info/sites/default/files/imagecache/third_thumbnail/media/images/sipa_00667863_000004.jpg

    Ludovic Clerima

    Dès la maternelle les jeunes Anglais, accros aux tablettes et smartphones, sont incapables de se reconnecter au monde réel. Manque d’attention, troubles obsessionnels : les #professeurs au #Royaume-Uni tirent la sonnette d’alarme.

    Outre-Manche, les professeurs sont inquiets. lire la suite

    #REVUE_DU_WEB #Société #école #enfant #enseignants #Ipad #maternelles #numérique #smartphone #tablette


  • Tribune : l’innovation en santé, c’est maintenant !
    http://www.rue89strasbourg.com/index.php/2014/04/11/tribune/tribune-innovation-sante-maintenant

    Du 28 au 30 mars, s’est tenu à Strasbourg le DigitalHealthCamp, une première dans l’univers de la santé : faire cohabiter des développeurs et des professionnels de santé. [...]
    On le sait tous, notre système de santé coûte cher et n’est pas très efficace. Après avoir passé 10 ans à équiper des hôpitaux en logiciels et à avoir côtoyer des médecins, je peux affirmer que le numérique est très loin d’être la panacée dans le secteur de la santé. [...]
    En 54h, les équipes ont montré qu’il était possible de concevoir des solutions simples et efficaces répondant à des problématiques de terrain.

    #Strasbourg #Santé #Innovation_disruptive #Numérique #Hackathon #DigitalHealthCamp


  • #politique et internet : mais que s’est-il donc passé ?
    http://www.internetactu.net/2014/04/10/politique-et-internet-mais-que-sest-il-donc-passe

    C’est pour témoigner que Pierre Mounier (@piotrr70) était invité au séminaire de l’Institut rhône-alpin des systèmes complexes (Ixxi) sur la gouvernance politique à l’heure du numérique. Témoigner de son expérience, non pas en tant que directeur adjoint du Centre pour l’édition électronique ouverte, ni comme animateur du blog Homo-numericus, mais en tant que militant politique et candidat aux élections législatives…

    #Participation

    • “Et si le comploteur, le dominant, le bourreau, n’était nul autre que moi-même ? Ne me suis-je pas abandonné à ma propre #servitude volontaire ? Et si plutôt que d’être émancipatrices, les #technologies étaient l’instrument de ma propre #domination, avec mon propre consentement ?” Et Mounier de faire référence au livre de Fred Turner, si souvent cité, Aux sources de l’utopie numérique , qui souligne combien l’évolution mercantile du #net n’est pas une trahison des idéaux originels, mais était déjà à l’œuvre dans les #contrecultures des années 60. L’#individualisme est consubstantiel à la dérégulation et à l’auto-organisation collective des pionniers. Et Pierre Mounier de faire référence également à un texte d’Habermas intitulé _La #science et la #technique comme #idéologie_ où Habermas explique comment la #rationalité instrumentale de la technologie envahit le système social lui-même pour se constituer en idéologie et finit par asservir l’homme comme objet de cette rationalité. En 1968, pour Habermas, cette intention technocratique n’est pas réalisée… Mais n’est-ce pas à ce mouvement, au début de cette mise en œuvre, auquel nous assistons aujourd’hui par l’intégration par les technologies #numériques en réseau dans tous les secteurs de la vie sociale jusqu’au niveau de nos relations interpersonnelles ?

    • Puis, comme beaucoup d’autres, il rencontre Spip, le logiciel (Wikipédia). Et plus qu’un logiciel, il rencontre une communauté où se mélange développeurs et utilisateurs, anciens et nouveaux, experts et newbies… Une communauté d’entraide et d’information partagée, sans organisation centralisée ou centrale, où les gens font les choses ensemble… Et cette expérience est avant tout une expérience politique, explique Pierre Mounier. “Ce n’est pas pour ses qualités techniques que ce logiciel m’a plu et que je l’ai adopté. C’est bien plutôt la qualité de la communauté humaine constituée par l’ensemble de ses utilisateurs et développeurs qui m’a séduit”. C’est un apprentissage politique dont il fait l’expérience. “Contrairement à ce que l’on dit mécaniquement, l’expérience de la citoyenneté ne se vit pas dans le secret de l’isoloir – c’est une expérience anecdotique – mais bien plutôt dans la “mise en commun des paroles et des actes” selon la belle expression d’Annah Arendt, que constitue l’insertion au sein de collectifs humains”. Alors que l’expérience des collectifs des partis politiques et des associations était demeuré peu engageante, toujours décevante, celle des listes de discussion de Spip était un véritable espace public, dynamique, vivant, discutant autant de trucs et astuces pratiques que des orientations du développement logiciel ou de la régulation d’internet. C’est dans cette communauté, cette “Cyber-Genève”, accueillante, intégrante, que Pierre Mounier a fait son éducation politique, l’inverse de ce qu’on expérimente dans les espaces politiques traditionnels. C’est dans cette expérience politique de proximité qu’a été fondée ce que pourrait être, ce que devrait être la citoyenneté numérique…

      Voilà, merci, c’est exactement ce que je voulais dire :)


  • Moi ministre du #numérique, par Benjamin Bayart : reprendre tout dans le bon sens | Slate
    http://www.slate.fr/tribune/85725/benjamin-bayart-moi-ministre-du-numerique-tribune

    Quel serait mon programme si on me demandait de devenir ministre du Numérique ? Le premier point qu’il faut comprendre, c’est que ça ne serait possible que dans un contexte bien particulier.

    Bien entendu, il faudrait que mon programme soit porté par le reste du gouvernement, mais surtout il faudrait un environnement #politique très différent de ce qu’il est aujourd’hui. Au moins sur deux directions. La première est qu’il faudrait du courage politique, c’est-à-dire tout le contraire de ce qu’on a vu avec l’« affaire des pigeons » –une décision mal réfléchie et une reculade très rapide. La seconde direction serait une analyse plus pragmatique du contexte économique, et en particulier ne pas suivre la voie sans issue de la rigueur.

    • #fibre_optique :

      Ce projet majeur d’aménagement du territoire est identifié depuis déjà longtemps. Les travaux réglementaires ont commencé au milieu des années 2000. On trouvait dans les réponses à une consultation de 2006 de l’Arcep [Autorité de régulation du secteur des télécommunications] déjà beaucoup d’informations et de sujets de réflexion. Pourtant, la couverture en fibre optique de la France commence à peine, et on est en train de la faire dans le mauvais sens.


  • L’image conversationnelle Les nouveaux usages de la #photographie #numérique | L’Atelier des icônes
    http://culturevisuelle.org/icones/2966
    https://farm4.staticflickr.com/3137/2301043581_dda17ca272_z.jpg

    Cette #évolution fait du #smartphone un appareil photo universel. Se munir d’une caméra impliquait autrefois l’anticipation d’une occasion de prise de vue. Au contraire, le téléphone qu’on emporte avec soi pour ses fonctions communicantes ou ludiques rend la photographie disponible en permanence. L’occasion photographique correspond à une gamme codifiée d’événements, en-dehors desquels la prise de vue est mal tolérée. Seule la situation d’exception du touriste et la justification de l’exotisme autorisent un recours intensif à l’outil photographique. En étendant à chaque instant de la vie la capacité d’enregistrement, le mobile transforme chacun de nous en touriste du quotidien, prêt à faire image dans n’importe quelle situation. Cette nouvelle compétence se manifeste notamment par la publication dans la #presse de photos ou de vidéos amateur de drames ou d’accidents majeurs (attentats de Londres en 2005 ; fusillade sur le campus de Virginia Tech en 2007 ; crash d’un avion de ligne sur l’Hudson River en 2009, etc…).


  • « Comment le #numérique invente ses utilisateurs » par Benjamin Thierry
    http://vimeo.com/90478364

    Des premières interfaces apparues durant les années 1960 aux #tablettes actuelles, en passant par les écrans du vénérable Minitel, le numérique n’a cessé de rendre la frontière entre l’utilisateur et la machine plus aisée à traverser. La diva de plusieurs tonnes emprisonnée dans sa salle climatisée s’est peu à peu transformée en outil du quot#idien. Pour réussir ce tour de force, le numérique n’a cessé d’inventer de nouveaux #usages, de susciter des manières de faire inédites pour inventer son #public. Vous pensez utiliser votre machine ? Et si c’était l’inverse ? […]


  • “Apocalypse”, une modernisation de l’#histoire qui tourne à la #manipulation, selon l’historien Laurent Véray
    http://television.telerama.fr/television/apocalypse-une-modernisation-de-l-histoire-qui-tourne-a-la-manip

    Depuis quelques années, on assiste à une multiplication de #documentaires historiques à la #télévision. Il est vrai qu’à l’ère du tout-#numérique, l’accès aux images d’archives est beaucoup plus facile qu’auparavant. Mais, simultanément, les nouvelles technologies permettent des modifications formelles (colorisation, passage au 16/9e et sonorisation) adaptées au nouveau dispositif télévisuel. Ces « attractions » (la stratégie promotionnelle des chaînes met d’ailleurs l’accent sur ces effets) marquent un changement de paradigme dans la #représentation de l’histoire. L’actualisation de celle-ci devient l’enjeu essentiel. Il y a eu 14-18, le bruit et la fureur (2008) de Jean-François Delassus, puis Apocalypse, la Deuxième Guerre mondiale (2009), Apocalypse, Hitler (2011), et maintenant Apocalypse, la Première Guerre mondiale de Daniel Costelle et Isabelle Clarke. A partir de ce dernier exemple en date, je voudrais montrer comment les manipulations numériques constituent une menace pour la nature des #images et leur historicité. Pour cela j’ai choisi quelques extraits de la série et des discours publicitaires qui l’accompagnent.


  • L’administration de la preuve en histoire à l’ère numérique | Frédéric Clavert
    http://www.clavert.net/ladministration-de-la-preuve-a-lere-du-numerique-et-du-reseau-suites-du-sem

    Jean-Philippe Genet a rappelé mercredi dernier que paraphraser le document, et, au-delà, considérer l’historien comme médiateur entre l’archive et le lecteur, était une pratique qui, avec l’ère numérique, la numérisation massive d’archives et leur mise en réseau, arrivait à son terme. En effet, pourquoi résumer longuement un document quand on peut renvoyer directement le lecteur à l’archive en question, publiée en ligne ? En outre, la pratique de la citation, est très contestable. Potentiellement, citer un extrait de document n’a aucune valeurs de preuve : l’auteur choisit son extrait, celui qui lui convient pour appuyer son raisonnement, sans que ses lecteurs ne puissent savoir si d’autres passages du document cité contredisent l’argumentaire déployé.

    #histoire #numérique #preuve #historiographie



  • #Strasbourg s’apprête à lancer son espace #numérique collaboratif
    http://www.wedemain.fr/Strasbourg-s-apprete-a-lancer-son-espace-numerique-collaboratif_a479.html


    Makers, co-workers, start-ups et artistes peupleront dès 2015 les 2000 m2 du Shadock, future « fabrique du numérique » soutenue par la #ville du Bas-Rhin.



    À #Strasbourg, les travaux battent leur plein pour transformer l’entrepôt Seegmuler en grand temple du numérique. Construit dans les années 1930, mais désaffecté depuis 2000, le bâtiment de brique sera bientôt changé en « Shadok ». « On a choisi le nom de ces oiseaux cultes […]


  • L’Europe succombe aux MOOCs : l’ENS et Cambridge en pantoufles
    http://fr.myeurop.info/2014/03/27/MOOCs-europe-centrale-cours-13475

    http://cdn3.myeurop.info/sites/default/files/imagecache/third_thumbnail/media/images/MOOC_poster_mathplourde.jpg

    Marco Bertolini Effy Tselikas Marie-Line Darcy Christelle Granja

    De l’Espagne à la Grèce, l’Europe se lance dans l’aventure des MOOCs, ces cours #en_ligne ouverts à tous. Ou comment suivre les cours de Polytechnique ou de Cambridge depuis votre canap.

    Importés des Etats-Unis, les MOOCs se généralisent en #Europe. lire la (...)

    #Étudiants #INFO #éducation #Mooc #numérique #université


  • L’informatique et les divorces difficiles
    http://zythom.blogspot.fr/2014/03/linformatique-et-les-divorces-difficiles.html

    Exemple : Daenerys et Cersei, qui vivaient ensemble avant de gagner récemment le droit de divorcer, se livrent toutes les deux une bataille terrible, avec coup bas, dénigrements et stratégies de haine meurtrière. Daenerys accuse Cersei d’avoir installé sur son ordinateur personnel un keylogger lui permettant d’avoir eu accès à tous ces mots de passe, et de surveiller à distance toute sa correspondance. Il faut dire que Cersei est plutôt calée en informatique, la preuve, c’est elle qui a configuré le Facebook de Daenerys.

    #expertise #numérique



  • le tiers livre, web & littérature : réflexions pensives sur l’économie du livre
    http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3894

    le black-out mis sur un fait essentiel : depuis 2 ans, l’effondrement soudain des poches, et d’un facteur frôlant les 20% pour certaines des maisons.

    @fbon revient sur le refus des milieux de l’édition d’ouvrir leurs catalogues au numérique. Et ils se retrouvent piégés aujourd’hui par l’effondrement des poches, qui leur fait les poches, littéralement.

    Il y a 5 ans, 6 ans, on a été nombreux (le « on » étant ceux qui se mouillaient les mains dans le web, et il faut en rendre d’abord hommage à Hubert Guillaud) à alerter : amorcer la mise en place d’une offre numérique large, créative, attractive. On s’est surtout pris des coups de bâton dans la figure, et le bouclier s’est levé de l’ensemble des instances, édition, librairie, presse. J’ai tenté de me frayer chemin dans cette direction avec mon petit labo, beaucoup appris, mais il m’a manqué aussi un maillon essentiel : les auteurs de l’édition imprimée, sauf tout petit noyau. Mais ce qu’on nous rétorquait, à l’époque, c’est précisément que la réticence au numérique c’était pour laisser vivre l’industrie du poche. Cet axiome en France a été un consensus : l’offre numérique s’est constituée, mais toujours commercialisée au-dessus du prix du poche. [...]

    Est-ce que c’est rattrapable aujourd’hui ? Sans doute, les chiffres de l’édition numérique progressent, mais « arithmétiquement ». Des chiffres qui commencent à compter dans le chiffre d’affaire global des éditeurs, mais entre 1,8 et 2,3% (si on s’en tient aux maisons de littérature générale).

    [...]

    — Quelque chose qui bloque dans le monde de l’édition lui-même. L’économie d’Internet (et c’est passionnant de scruter pour cela la musique) est de plus en plus basée sur la recommandation. Amazon n’y est pas grand maître (une fois par mois, ils me proposent régulièrement de lire mes propres livres, remarque c’est peut-être délibéré ?), mais ils ont une longueur d’avance. Ils y parviennent à partir de leurs propres data, commandes, consultations, statistiques. Mais ce qui me semble complètement incroyable, c’est comment le monde de l’édition, en France, reste encore complètement étanche à la notion de big data. Un monde quasi fossile, avec des circuits parallèles gérant eux-mêmes des données extrêmement restreintes, par rapport à celles qu’on peut associer au moindre morceau de musique.[...] Je n’ai pas le droit de donner des exemples concrets, mais ça me semble une sorte de déni suicidaire : vraie caricature à force de refuser la pensée web, et pourtant il y en a, chez eux, des compétences… Un des éditeurs historiques, et des plus dynamiques, de la place parisienne, d’un de nos plus grands groupes sans citer personne, n’a droit qu’à la métadonnée « littérature générale » pour tout son catalogue. Idem les années qu’il a fallu, alors que le Kindle existe depuis 8 ans, pour que la CLIL accepte de se doter d’un système de classement digne de ce nom, et que le classement BISAC est une transposition de valeurs culturelles américaines qui sont risibles par rapport au nôtre.Ce dont aurait besoin le poche pour redevenir l’outil culturel bon marché de qualité, au centre de la transmission et de l’éveil, c’est des outils de recommandation big data qu’a été incapable de prévoir l’appareil industriel de l’édition – là aussi, par ignorance du web, s’en remettre à leur plus gros libraire papier, Amazon, comme ils espèrent s’en remettre à Orange pour le numérique ?

    Corollaire : la bascule majeure qu’est une innovation technologique dans le fil même de l’évolution des techniques d’imprimerie, le Print On Demand. Les mêmes machines qu’on utilise pour les réassorts des best-sellers sont couplées à un système informatique qui peut changer le titre à l’unité, sans rupture de la chaîne d’impression.

    Je n’en met pas plus, courrez le lire, c’est passionnant.
    #édition #print_on_demand #poche #numérique



  • Cultures numériques : travaillerons-nous encore demain ?
    http://www.internetactu.net/2014/03/07/cultures-numeriques-travaillerons-nous-encore-demain

    Lundi 10 mars à 19h nous vous convions à la neuvième édition du Cycle Cultures numériques organisé en partenariat avec Chroniques de la Rentrée littéraire, InternetActu.net, l’Institut de recherche et d’innovation du Centre Pompidou (Iri) et la Bibliothèque publique d’information. Cette soirée s’intéressera à la manière dont le travail s’est transformé avec le numérique. Comment l’autonomie et la désintermédiation, mais…

    #Eclairage_pour_le_21e_siècle



  • #Google, #finance, #NSA : peut-on encore échapper aux #algorithmes ?
    http://www.franceculture.fr/emission-continent-sciences-google-finance-nsa-peut-on-encore-echapper

    Tout d’abord, un chiffre. Quelques 90 % des informations transmises ou archivées dans le monde le sont sous forme #numérique. A partir du moment où l’ensemble de nos activités est informatisé, beaucoup plus de données sur chacun de nous sont disponibles. Elles ne pourront jamais être effacées, rendues anonymes, ou même détruite dans leur totalité. Par ailleurs, la masse des « révélations » sur les programmes de surveillance électronique, déclenchée par l’affaire Edward #Snowden, montre l’ampleur des informations misent, automatiquement, à disposition des officines de surveillance politique ou d’intelligence économique. Sommes nous maintenant dans un monde où nos libertés civiles disparaissent, de facto, dans les réseaux de fibre optique, ou les ondes émises par les antennes-relais de nos portables ou encore dans les serveurs des gigantesques datacenters ? Plus encore, que ce soit pour l’activité de renseignement de la police ou pour le #marketing des entreprises, il n’est même plus nécessaire d’agir à l’insu des gens. En analysant les réseaux sociaux, on peut savoir, sans violer l’intimité de chacun d’entre nous, qui préfère telle #marchandise et pourquoi, ou qui professe telle #opinion. Enfin, d’un tout autre point de vue, les algorithmes mobilisés, par exemple, pour automatiser les systèmes de cotations boursières ne représentent-ils pas une dangereuse prise de pouvoir par la machine ? Ainsi le couple, base de données et algorithmes qui les traitent, ne forme-t-il pas la figure actuelle de notre #asservissement ?

    Via @Recriweb


  • #Photos d’#ados. À l’ère du #numérique

    C’est bien connu : la #jeune génération d’aujourd’hui est la première à avoir grandi sous l’œil de l’#appareil_numérique avec autant d’intensité, mais aussi avec un appareil personnel dans les mains. D’ailleurs, il semble que rien n’échappe à l’œil de ces appareils numériques manipulés par les jeunes : ni les relations sexuelles, ni les épisodes de défonces, pas plus que les bagarres ou les agressions... Or, avant de comprendre les risques liés aux usages de l’appareil numérique, il importe de saisir comment il joue un rôle dans la vie des plus jeunes depuis déjà quelques années. À partir du discours de jeunes adultes au sujet de leur #adolescence, cet ouvrage montre comment les usages de cet appareil s’inscrivent dans le contexte plus large d’une #jeunesse_hypermoderne aux prises avec des questionnements relativement traditionnels : comment s’autonomiser ? comment rencontrer l’autre ?

    http://www.pulaval.com/media/books/thumb_L97827637188111.jpg

    http://www.pulaval.com/produit/photos-d-ados-a-l-ere-du-numerique

    #livre #photographie

    Découvert lors de cette émission radio (en présence de l’auteur de l’étude : #Jocelyn_Lachance ) :
    www.rts.ch/audio/la-1ere/programmes/medialogues/5594882-les-photos-d-ados-sur-le-net-01-22-02-2014.html

    cc @albertocampiphoto


  • En #Turquie, le pouvoir met #internet sous surveillance
    http://fr.myeurop.info/2014/02/19/en-turquie-le-pouvoir-met-internet-sous-surveillance-13194

    http://cdn3.myeurop.info/sites/default/files/imagecache/third_thumbnail/media/images/sipa_ap21509766_000001.jpg

    Camille Guillot

    Le président #Abdüllah_Gül a promulgué hier la loi qui renforce le contrôle d’internet en #Turquie. Première conséquence : en quelques heures, il avait déjà perdu 80.000 followers sur #Twitter. Le début d’une e-mobilisation ? Myeurop décrypte la situation.

    Après de longues semaines de discussion et malgré de vives protestations, le président turc Abdüllah Gül a donc finalement promulgué hier soir la loi tr&egrave lire la (...)

    #INFO #censure #internet #Liberté_d'expression #loi_liberticide #numérique #Recep_Tayyip_Erdogan #web


  • Frisco versus techies

    La traduction en exclusivité du communiqué de CounterForce et du tract distribué à l’occasion du blocage d’Anthony Levandowski :

    http://sniadecki.wordpress.com/2014/02/17/frisco-vs-techies

    Lors de la préparation de notre manifestation, nous avons pu observer Levandowski sortant de chez lui. Il avait des Google Glasses [les lunettes connectées à Internet, dont les verres servent d’écran] sur les yeux, portait son bébé dans un bras, et une tablette dans sa main libre. En descendant l’escalier avec son enfant, ses yeux étaient fixé sur la tablette à travers les verres de ses Google Glasses, pas sur la vie contre sa poitrine. Il apparaissait alors exactement comme le robot qu’il admet être. [...]

    L’aveugle qui va à Taco Bell et le consommateur qui sauve son père sont les héros de cette utopie technologique. Les mineurs sont ignorés et les travailleurs des usines oubliés. Tant que le capitalisme fonctionne, tout ce qui lui est liée sera empoisonné par sa maladie. Des gens comme Levandowski participent à l’embourgeoisent des quartiers, inondent le marché avec des produits nuisibles, et créent les infrastructures d’un totalitarisme inimaginable. Ce sont toutes ces nuisances que nous voulons chasser de nos vies.

    (A quoi ça sert Internet si on doit tout faire soi-même ?)

    #Google_bus, #Google_shuttle, #anti-techies, #Silicon_Valley, #numérique, #critique_techno, #anti-indus, #anti-industriel, #lutte_des_classes.

    That’s all folks !


  • Des tablettes dès la maternelle pour préparer les élèves à l’économie numérique

    http://tours.mediaslibres.org/des-tablettes-des-la-maternelle.html

    Depuis maintenant un an, la mairie de Tours a mis en place des tablettes numériques dans plusieurs écoles au nom de l’expérimentation. (...) Les petits cobayes, âgés de 3 à 6 ans, ont la grande joie de pouvoir être placés devant un écran dès leur plus jeune âge, même à l’école ! (...) En grande section, il s’agit de travailler « sur la compréhension du langage oral, de l’explicite à l’implicite. Les élèves ont découvert sur les tablettes des histoires racontées oralement. » Quelle avancée pédagogique phénoménale ! Le lien social du récit se résume à un lien ... avec une tablette. De plus, vu le « retard » de la France en matière de vente de livres numériques pour les industriels, briser le lien entre le livre et la lecture dès le plus jeune âge semble une bonne stratégie commerciale. (...) De la même manière, alors que les enfants sont amenés à être dépendants des outils informatiques dès le plus jeune âge, les défenseurs de la pédagogie numérique défendent « une grande autonomie par cet outil ». Il est plus facile de mettre une tablette dans les mains d’un enfant, comme on le pose devant la télé à la maison, que de l’amener à travailler sa concentration, son autonomie et le libre choix à travers, par exemple, des outils pédagogiques inspirés des travaux de Maria Montessori ou Célestin Freinet.

    https://tours.mediaslibres.org/chroot/mediaslibres/ml-tours/ml-tours/public_html/local/cache-vignettes/L500xH581/illu_tablettes-d4e45.jpg

    #école #numérique


  • Numérique : le retour de bâton | Meta-media | La révolution de l’information (v Nicolas Voisin)
    http://meta-media.fr/2014/02/09/numerique-le-retour-de-baton.html

    Raffa

    Numérique : le retour de bâton | Meta-media | La révolution de l’information (v Nicolas Voisin) - http://meta-media.fr/2014...

    19 minutes ago

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    "Mais c’est surtout l’ouvrage du scientifique américain Jaron Lanier, (« Who owns the future »), qui a lancé un appel l’an dernier pour avertir de l’impact destructeur et déflationniste d’Internet sur les classes moyennes, de la disparition progressive des usines et des banques, et de l’enrichissement faramineux d’une poignée de géants du web qui contrôlent désormais les machines quasi-autonomes qui sont en train progressivement de prendre le pouvoir." - (...)

    http://meta-media.fr/wp-content/blogs.dir/33/files/2014/02/41-600x400.jpg

    • Le web se finkielkrautiserait-il à vitesse grand V ? Eric Scherer, le patron de la stratégie #numérique de France Télévisions – qu’on ne peut pas trop soupçonner d’antitechnologisme primaire – fait part de ses inquiétudes.

      L’inexorable essor du numérique dans nos sociétés fait désormais l’objet d’une légitime et croissante inquiétude sur la menace qu’il fait peser sur les emplois des classes moyennes.

      Le problème est bien plus vaste que le seul Google. Tous les géants du numérique, forts de leurs immenses fermes de serveurs, sont aujourd’hui engagés dans une course vers l’intelligence artificielle, l’automatisation, via les algorithmes, qui non seulement digèrent et traitent des milliards de données, mais sont désormais capables d’apprendre (« machine learning »), d’anticiper et de remplacer de plus en plus de fonctions humaines pour un coût très réduit.

      Que l’automatisation concerne les tâches subalternes n’était pas jusqu’à présent un trop gros souci. Mais voilà que…

      Le problème est qu’elles seront en mesure de remplacer non seulement des tâches humaines manuelles, mais aussi les tâches intellectuelles, avertit ce vétéran de la Silicon Valley.

      Cette phrase est tellement violente par le monde qu’elle décrit…

      Le problème, non seulement, mais aussi

      C’est aussi ça l’arrivée de la #lutte_des_classes sur le web : les questions d’automatisation ne concernent plus uniquement ceux que la technique passe son temps à déclasser, depuis des décennies, ceux qui doivent tous les quatre ou cinq ans apprendre un nouveau métier parce qu’un génial inventeur a mis au point un nouveau robot ou un nouveau logiciel. Ceux pour lesquels on considérait jusqu’à présent que ça ne posait pas vraiment de problème.

      Sinon y’a pas mal de liens qui ont l’air bien intéressants à explorer dans ce billet pas super novateur, mais synthétique sur la question.

      #critique_techno #mépris_de_classe


  • Surtout n’allez pas sur notre site internet !

    http://www.lepostillon.org/Surtout-n-allez-pas-sur-notre-site.html

    Pour tout vous dire, je suis un peu gêné. Le Postillon vient de mettre en ligne un site internet, qui archive tous les articles et brèves de nos anciens numéros. Avant on pouvait seulement trouver nos PDF sur internet, sur le site des Renseignements généreux ( [1]). Maintenant, on a un vrai site à nous. Cela nous a pris beaucoup de temps. Deux amis sachant parler l’informatique ont passé des heures, bénévolement, à créer l’architecture du site, assurer sa fonctionnalité, régler une multitude de petits détails. Rien de passionnant dans ce travail, qui mérite plus que des remerciements. Ensuite, nous avons passé des heures à publier article par article (à vrai dire, moi j’ai presque rien fait). Un gros boulot chiant comme une campagne d’élections municipales. Et pour saluer ce dur labeur, je ne trouve rien de mieux à faire que de la contre-publicité pour ce site. Ce n’est même pas de l’ingratitude, c’est de la goujaterie. Laissez-moi vous expliquer.

    Lorsque je vends Le Postillon à la criée, certaines remarques m’énervent particulièrement : celles des gens qui ne veulent pas l’acheter « pour ne pas utiliser de papier », « parce que ce n’est pas écologique », « parce que maintenant je lis tout sur l’ordinateur ». Encore l’autre fois, au concert des Ogres de Barback - ou je suis allé par pur opportunisme commercial pensant naïvement que les jeunes et vieux baba-cools se rueraient sur un journal papier indépendant -, cinq personnes m’ont répondu « Non merci, le papier ça tue des arbres ».
    Voilà pourquoi j’écris ce texte : pour expliquer à tous ceux qui croient qu’ils sauvent la planète en s’informant uniquement via Lemonde.fr, Rue89.com, grenews.com qu’ils sont en fait de parfaits nigauds. Non seulement j’assume entièrement d’être un « tueur d’arbre », mais en plus j’accuse les autres d’être bien plus criminels.

    Les aficionados du numérique sont parvenus à faire croire que le monde virtuel est totalement propre, sans aucun impact environnemental. Foutaises. De plus en plus d’études et d’écrits critiques ( [2]) s’attaquent à ce mythe : une récente étude de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) nous apprend qu’ « un mail avec une pièce jointe nécessite 24Wh, soit une ampoule allumée pendant une heure. Sans pièces jointes, c’est 5 Wh. Chaque heure, 10 milliards d’e-mails sont envoyés dans le monde, soit en moyenne 50 GWh. C’est l’équivalent de la production électrique de quinze centrales nucléaires pendant une heure, ou quatre mille allers retours Paris-New-York en avion. Tout ça pour une heure d’échange de mails sur le réseau, sans compter tout ce qu’on peut faire d’autre » ( [3]). Si ces chiffres et ces comparaisons sont contestés, certains affirmant qu’ils sont exagérés ou peu pertinents, ils évoquent une réalité indéniable : se servir d’internet pompe beaucoup d’électricité. Avec l’énergie que j’ai engloutie pour rechercher des infos sur le Web pour écrire ce foutu texte, j’aurais pu éclairer mon appartement pendant de longues heures. Pour la peine, puissent ces lignes éclairer votre lanterne.

    Un journal papier n’a pas d’obsolescence programmée

    Permettez-moi de passer rapidement sur quelques éléments importants, mais peu visibles dans la cuvette grenobloise : les dizaines de milliers de kilomètres de câble installés chaque année au fond des océans pour permettre au réseau de fonctionner, les matériaux rares, sources de graves tensions géopolitiques, nécessaires à la fabrication du matériel informatique, les « 40 millions de tonnes par an » de déchets électriques et électroniques qui une fois « chargés sur des camions de 40 tonnes et de 20 mètres de long représenteraient une file de 20 000 kilomètres de long » ( [4]). Remarquons simplement la supériorité technologique d’un journal comme Le Postillon, qui à la différence de ces ordinateurs que l’on doit changer tous les deux ans, n’a pas de problème d’obsolescence programmée : si vous le conservez bien au sec, vous pourrez le lire à vos petits-enfants dans cinquante ans. Et même si – ô sacrilège – vous voulez vous en débarrasser, vous n’alimenterez pas les grandes poubelles électroniques qui polluent l’Inde et d’autres pays pauvres : il pourra être recyclé ou vous servir d’emballage, pour sécher vos chaussures ou allumer un feu.

    Les éléments physiques les plus visibles de la débauche d’énergie que représente internet sont ce qu’on appelle les data centers, ou « centres de traitement de données » dans cette langue un peu has been qu’est le français. Regroupant les équipements électroniques d’une seule ou plusieurs entreprise, ces espaces peuvent occuper une pièce, un étage ou un immeuble entier.
    Le problème, c’est que les serveurs entreposés à l’intérieur ne vivent pas d’amour et d’eau fraîche, mais d’électricité. Ils équivalent donc à des radiateurs qui chauffent sans arrêt. Pour évacuer cette chaleur, on doit installer des compresseurs et autres appareils énergivores qui font péter le score de la facture EDF. Résultat : « En France, les data centers consommeraient 9 % de l’électricité du pays. Et la consommation électrique des data centers va augmenter de 10 % chaque année » (France Culture, 25/12/2012).
    Bernard Boutherin est un scientifique grenoblois et il mène des travaux intéressants (oui, c’est assez rare pour être souligné) : il s’intéresse notamment aux impacts environnementaux des data centers dans le cadre d’un groupe de travail nommé Ecoinfo ( [5]). Dans son bureau du LPSC (Laboratoire de physique subatomique et cosmologique), il m’explique par exemple que « Google consomme avec ses data centers plus de 2,6 GWh/an soit l’équivalent d’une ville d’un million d’habitants. Et Google représente 1 % de la consommation des data centers dans le monde. Cette consommation représente elle-même seulement le tiers de l’énergie qu’il faut pour faire fonctionner le “Web”, le second tiers étant les infrastructures de réseau avec les bornes Wifi qui consomment énormément du fait de leur grand nombre (il y a 2,4 milliards d’internautes), et le troisième tiers étant la consommation des ordinateurs des internautes. Pour être complet sur le plan énergétique, il faut ajouter l’énergie qui a été utilisée pour fabriquer tous les ordinateurs et les tablettes. Selon Wikipedia, si le Web était un pays, il arriverait au cinquième rang des consommateurs d’énergie ».

    Un green data center = une roue carrée

    Dans notre bonne vieille cuvette, il y a quelques dizaines de data centers. La plupart sont de taille modeste et accueillent les serveurs d’une seule entreprise. Ceux de Bull, Cogent ou HP sont plus importants. Et puis il y a Eolas.
    [Début de la digression] Fondée en 1991 par Gérald Dulac - un ingénieur-informaticien-entrepreneur comme on en rencontre trop dans la cuvette - Eolas a été rachetée en 2000 par un groupe répondant au doux nom de Business & Decision. Occupant initialement le créneau du « conseil en conception de systèmes d’informations », Eolas a su habilement prendre la vague internet pour vendre un maximum de services, comme la « création du premier système d’information territorial français ». Aujourd’hui elle emploie cent quinze salariés, a réalisé un chiffre d’affaires de dix millions d’euros en 2012 et propose trois types d’offres : « digital services », « hébergement » et « développement d’applications ». Précisons que Gérald Dulac a été adjoint municipal à l’économie sous Destot I (1995 – 2001) et président du « Conseil de développement de la Métro », organe pseudo-participatif censé embellir le délire métropolitain. Des jobs intéressants qui lui ont permis de rencontrer plein de monde et de remplir son carnet d’adresses. Simple coïncidence : Eolas, qui est maintenant dirigée par son fiston Frédéric Dulac, a pour clients - entre autres - presque toutes les institutions locales (la Métro, le Conseil général, la région Rhône-Alpes, etc). Par exemple, la ville de Grenoble a également payé l’entreprise pour « accroître sa visibilité sur les réseaux sociaux » et permettre à son compte Facebook de passer en trois mois de 4000 à 40 000 fans (le nombre de fans sur Facebook étant une politique prioritaire de l’équipe municipale). Des échanges gagnant-gagnant qui révèlent tous les bienfaits du fameux tryptique grenoblois conseil municipal – business – industrie. [Fin de la digression]

    Outre quelques locaux de bureaux remarquables en plein centre-ville, Eolas possède le premier « green data center » de France, rue Général Mangin.
    Un « green data center », c’est un oxymore transformé en opération de communication. Si le bâtiment, qui ressemble à un bunker orné d’au moins six caméras de vidéosurveillance, est effectivement « green », c’est-à-dire peint en partie en vert, ce centre de traitement de données n’a rien à voir avec l’écologie. Pour se glisser dans le moule hypocrite du « développement durable » - et également pour réduire sa facture d’électricité -, Eolas a énormément communiqué sur quelques détails, comme la pose de panneaux solaires sur le toit du bâtiment, l’utilisation d’électricité d’origine « 100 % renouvelable » ou l’exploitation de l’eau de la nappe phréatique pour le refroidissement. Cela ne l’empêche pas de consommer énormément d’électricité, même s’il est impossible de connaître le chiffre exact. En me faisant passer pour un étudiant, j’ai demandé poliment à Eolas, qui au début n’a pas voulu me répondre par soi-disant manque de temps (« Notre direction n’a pas de disponibilité pour vous répondre, leur temps est largement occupé par leur activité. Vous comprendrez lorsque vous travaillerez que chaque minute compte »). Après de multiples relances, le directeur m’a répondu que « nous ne diffusons pas ce type d’informations puisqu’elles font partie de notre processus industriel et à ce titre sont confidentielles ».
    Avant l’ouverture de ce bâtiment en 2011, les projections avançaient une consommation de 1 300 000 KWh par an. En se basant dessus, et en sachant qu’un habitant consomme environ 2000 KWh par an, il apparaît que cet unique « green data center » engloutit autant d’énergie que 6 000 grenoblois - même s’ils tâchent de bien éteindre la lumière quand ils sortent des toilettes. Pour alléger sa facture salée, Eolas a-t-elle réussi à bien négocier avec GEG, qui fait également partie de ses gros clients ?

    Voulant croître à tout prix, Eolas, dont la devise est « Run your Internet » n’a pas pour but de faire baisser la consommation d’électricité. Pour faire du business, elle souhaite que le « réseau » s’agrandisse toujours pour avoir toujours plus de clients.

    L’informatique fait augmenter la consommation de papier

    Ce cas est symptomatique de la stratégie des acteurs du numérique. Comme les nuisances bien réelles du virtuel commencent à être documentées, les stratèges-geeks mettent un peu de vert dans leur monde électronique et s’en enorgueillissent. Ces efforts sont très rapidement annulés par le développement incessant des applications numériques, qui envahissent peu à peu toutes les sphères de la vie sociale, faisant grimper en flèche le « bilan carbone » et les autres indices éco-technocratiques. Bernard Boutherin pense qu’il y a actuellement « un gros problème avec l’émergence du “cloud” [concept qui consiste à accéder à des données et services sur un serveur distant]. De plus en plus de données sont stockées en permanence donc consomment en permanence de l’énergie et imposent une connexion réseau permanente aux internautes. C’est une fuite en avant. » Et puis contrairement aux croyances, et pour revenir à notre sujet initial, utiliser internet ne fait pas baisser la consommation de papier, bien au contraire. « Dans les dix dernières années, note Bernard Boutherin, la consommation de papier a augmenté de 6 à 10 % par année. C’est en grande partie dû à la multiplication des imprimantes personnelles qui font que les gens impriment beaucoup plus qu’il y a vingt ans, où il fallait aller au bureau de tabac ou chez l’imprimeur pour faire une photocopie. Finalement, on se rend compte que l’informatique augmente la consommation de papier ». Remarquons simplement que la lecture de journaux (hormis les pages high-tech de Libération et du Monde) n’augmente pas, elle, la consommation d’informatique.

    « On ne peut nier les énormes progrès accomplis en terme d’efficacité énergétique sur les appareils pris un à un. Mais en ne disant que cela, on fait totalement abstraction de la dynamique exponentielle de production des données et de multiplication des écrans » analysent les auteurs de La face cachée du numérique ( [6]). En likant ses potes sur Facebook, on pompe une électricité qu’on n’utilisait pas quand on allait simplement dehors pour les voir in real life. En commentant tout et n’importe quoi sur Twitter, on fait tourner les data centers, qui n’étaient pas du tout utiles quand les discussions politiques se tenaient au comptoir d’un bistrot ou sur la place du marché. Oui, je sais, je suis un vieux con, mais j’ai tellement de bonnes raisons.

    Prenez Muséomix, par exemple. Ce « makeathon culturel international » a permis au musée dauphinois de Grenoble d’être un « laboratoire de nouvelles expérimentations numériques » lors du week-end du 11 novembre dernier. Concrètement, une flopée de geeks, dont des membres d’Eolas, se sont retrouvés pendant trois jours pour essayer d’inventer des « dispositifs inédits de visite du musée ». Je m’y suis rendu, j’ai vu, j’ai été déçu. Voire énervé. Les gadgets présentés, tous plus ou moins « fun » (une « machine à conter », une table tactile numérique pour jouer à vivre dans un village de montagne, etc.) n’ont pour moi pas leur place dans un musée, qui est un lieu devant servir la connaissance et non le divertissement. Pour découvrir une exposition, en quoi a-t-on besoin d’un « passeport numérique », c’est-à-dire un badge avec une puce RFID, pour naviguer dans le musée en suivant des parcours ou en se « faisant surprendre », et en « likant » ses espaces préférés ? Ça vous fait rêver, vous, cet extrait du document de présentation : « un récapitulatif hebdomadaire et/ou mensuel sera proposé sur les différents médias sociaux du musée dauphinois : cette semaine, la chapelle est l’espace du musée le plus apprécié, avec 250 “like” » ? Une des salariées du musée m’a expliqué que le but était de « tester des nouvelles manières de faire visiter grâce aux nouveaux outils numériques, parce qu’il faut qu’on soit moderne, qu’on sorte de l’image vieillotte des musées ». Et voilà comment le musée dauphinois, lieu de transmission de la mémoire du patrimoine local, se transforme en show-room pour les vendeurs de camelote électronique.

    La banalité de l’innovation numérique

    Si deux ou trois bricoleurs fous, plus ou moins allumés, proposaient dans leur coin des jeux pour agrémenter une visite de musée, je pourrais trouver ça sympathique. Le problème aujourd’hui c’est que la course à l’échalote numérique est devenue tellement banale. On ne bricole plus, on programme. Les nouvelles technologies sont en train d’uniformiser les métiers quand elles ne les détruisent pas. Les bibliothèques municipales de Grenoble passent « en mode numérique » et dépensent des millions d’euros pour acheter des liseuses et des Ipad (voir Le Postillon n°20). Les rencontres-i, organisées par l’Hexagone de Meylan, proposent chaque année des créations artistiques truffées de capteurs et de gadgets co-réalisées avec des chercheurs du CEA (Commissariat à l’énergie atomique). La ministre Fioraso vient de lancer un grand plan « France universités numériques » pour que les étudiants apprennent derrière un écran plutôt qu’avec un professeur. En filigrane, tout le monde est censé comprendre qu’aujourd’hui, pour faire n’importe quelle activité, les puces électroniques sont devenues indispensables, pour le plus grand bonheur des gérants des data centers.
    Vous devez vous dire que je m’éloigne de mon sujet, et vous avez raison. Mais la presse n’échappe pas à cette déferlante. L’avenir de l’information est annoncé sur des tablettes, avec des articles interactifs, des « web-documentaires », des sites graphiques en perpétuelle animation, et le cerveau branché en permanence sur Facebook et sur Twitter. Une foire d’empoigne permanente à l’innovation qui ne contribue pas à rehausser la qualité des articles et qui omet qu’un des seuls journaux rentables en France est Le Canard Enchaîné, sans site internet ni publicité et avec une maquette inchangée depuis la Seconde Guerre mondiale.
    Je suis attaché aux journaux papier car je n’aime pas les sites internet. Ils me font perdre un maximum de temps. Autant j’aime lire au bistrot Le Monde, L’Équipe et Le Daubé (non pas que ces journaux soient de qualité, mais parce que les parcourir reste un moment agréable et des fois instructif), autant je déteste être pendu aux informations du monde.fr, de lequipe.fr et du dauphine.com. Pendant que j’essaye d’écrire ce papier, je suis sans cesse tenté par la grande fuite que représente la navigation sur le Web. Comment rester concentré pour trouver un enchaînement de mots convenable alors que, d’un seul clic, on peut aller voir dans le monde virtuel s’il n’y a pas quelque chose de nouveau ? Est-ce que Saint-Étienne a marqué un but face à Lyon ? Quel est le nouveau record d’impopularité d’Hollande ? Est-ce que machin a répondu au mail que je lui ai envoyé il y a cinquante minutes ? Pendant toutes ces heures, je me débats pathétiquement pour sortir de ce zapping permanent entre une information et une autre. Combien de centaines d’heures ai-je perdues comme ça, à moitié honteux d’errer sans but dans ce dédale virtuel ? Mais pourquoi n’arrivé-je pas à débrancher ce satané câble et à écrire tranquillement, sans cette fascination pour ce flux énorme d’informations qui ne m’apprennent presque rien ? Pourquoi ?

    À Échirolles, on bosse pour la surveillance générale

    Le pire c’est que mes clics frénétiques ne tombent pas dans l’oubli. Promu comme un « grand espace de liberté », Internet est surtout un gigantesque espace de flicage, comme l’ont démontré les révélations fracassantes de l’ex-consultant pour la NSA (l’agence de sécurité nationale américaine), Edward Snowden. Potentiellement la NSA tout comme ses homologues européens, peuvent lire presque n’importe quel mail et tout savoir des usages d’un ordinateur connecté à Internet. Ils s’en servent pour réaliser un gigantesque fichage, surveiller les échanges entres personnes importantes, repérer les individus potentiellement subversifs, connaître leurs habitudes. En allant sur le site internet du Postillon, votre intérêt pour tel ou tel sujet pourra être fiché par les grandes oreilles des services de renseignements. Si vous achetez notre journal au tabac-presse, votre lecture restera secrète et personnelle. À notre connaissance, aucun buraliste ne tient de fiche sur ses clients.

    Pour traiter cette somme considérable d’informations, il faut des machines capables de calculer une énorme quantité d’informations très rapidement. On appelle ça des supercalculateurs. Des machines comme en fabrique Bull, une des plus anciennes entreprises françaises informatiques, « en partenariat avec le CEA-DAM (direction des entreprises militaires du CEA) ». Le dernier-né, un certain Tera-100, est capable de calculer « un million de milliards d’opérations en virgule flottante par seconde », ce qui sert à « simuler le fonctionnement d’une arme nucléaire » mais aussi au renseignement : il est en effet utilisé à la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure), équivalent français de la NSA américaine, depuis plusieurs années (selon Le Nouvel Observateur, 30/10/2013). C’est grâce à ce genre de machines qu’ils peuvent placer entièrement le réseau sous surveillance.
    Pour améliorer ce supercalculateur et pour « en tirer pleinement parti » Bull a inauguré en mars dernier tout près de Grenoble, à Échirolles et sous les applaudissements de la ministre Geneviève Fioraso, le « Centre d’excellence en programmation parallèle », « le premier centre européen d’excellence technique et industrielle dans ce domaine ». « Il a pour vocation d’aider les ingénieurs et les scientifiques des Centres de recherche et du secteur de l’industrie à franchir l’étape technologique cruciale de la parallélisation des applications de calculs intensifs. Concrètement ce centre leur offre un service d’analyse, de conseil et d’optimisation de leurs applications » (L’essor, 28/03/2013). Et voilà comment le laboratoire grenoblois, ce « formidable écosystème de l’innovation » selon ses promoteurs, participe activement aux recherches technologiques pour perfectionner encore la surveillance généralisée.

    Oui je sais, je m’éloigne encore. Et surtout une question vous brûle les lèvres depuis le début : pourquoi alors avoir fait un site internet ?
    Non, ce n’était pas simplement pour trouver une bonne accroche pour cet article. Mais parce qu’on aimerait que les premiers concernés, ceux qui ont peur de toucher du papier de peur d’être accusés de complicité de génocide de la forêt amazonienne, lisent ce texte. Internet étant devenu le domaine de recherche exclusif de beaucoup d’étudiants, journalistes ou simples citoyens, nous mettons nos articles en ligne pour que ceux qui ne lisent plus la presse papier puissent tomber dessus s’ils s’intéressent à des sujets qu’on a traités. En espérant avoir convaincu les autres de ne pas taper www.lepostillon.org et de continuer à avoir le plaisir d’aller chez le buraliste chercher leur Postillon, sentir la bonne odeur de l’encre, le parcourir sous la couette ou en terrasse au soleil, le laisser traîner dans le salon et puis le ranger sur l’étagère, là-haut, sur la pile où il y a tous les autres.
    Notes

    [1] Avant on pouvait seulement trouver nos PDF sur internet, sur le site des Renseignements généreux. Maintenant, on a un vrai site à nous.

    [2] Voir notamment : Fabrice Flipo, Michelle Dobré et Marion Michot, La Face cachée du numérique, Editions l’Echappée, 2013.

    [3] Relayée dans l’émission « La Tête au carré » du 4 novembre 2013, sur France Inter.

    [4] Voir notamment : Fabrice Flipo, Michelle Dobré et Marion Michot, La Face cachée du numérique, Editions l’Echappée, 2013.

    [5] Voir notamment : Groupe Ecoinfo, Les impacts écologiques des technologies de l’information et de la communication, éditions EDP sciences, 2012.

    [6] Voir notamment : Fabrice Flipo, Michelle Dobré et Marion Michot, La Face cachée du numérique, Editions l’Echappée, 2013.