Les commandes ayant reçu l’imprimatur de la Maison Blanche concernent des capacités militaires stratégiques au profit d’Israël, mais aussi de l’Arabie saoudite et des Emirats, trois Etats menacés à des degrés divers par les projets iraniens. Leur montant total s’élèverait à 10 milliards de dollars (7,67 milliards d’euros), dont près de la moitié consacrée à l’achat par les Emirats de vingt-cinq avions de chasse F-16, un marché incluant la formation de pilotes émiratis aux Etats-Unis.
Alors que Riyad (qui avait déjà bénéficié d’un faramineux contrat d’armement de plus de 29 milliards de dollars en 2010) pourra notamment acquérir des missiles sophistiqués, le type d’armes fournies à Israël est particulièrement significatif, puisqu’il comprend, selon M. Hagel, « des missiles antiradiation et des radars perfectionnés pour les chasseurs, des avions de ravitaillement en vol KC-135 et surtout des appareils de transport V-22 Osprey, que les Etats-Unis n’ont fourni à aucun autre pays ».
Cela fait plusieurs années qu’Israël réclamait en vain de pouvoir acheter des KC-135 – le président américain George Bush s’y était opposé en 2008 – afin de renouveler sa flotte vieillissante de Boeing 707 modifiés en avions ravitailleurs. La question du ravitaillement en vol des chasseurs bombardiers israéliens F-15 et F-16, qui auraient pour éventuelle mission d’aller détruire des sites iraniens, est l’un des principaux défis que doit relever Israël, même si l’option aérienne n’est pas la seule.
De même, en acceptant de livrer des avions hybrides V-22 à Israël – l’Osprey, à la fois avion de transport et hélicoptère, est un appareil adapté aux opérations spéciales lointaines, comme celles menées par les Etats-Unis en Irak, en Afghanistan et en Libye –, Washington manifeste sa volonté, comme l’a souligné Chuck Hagel, de fournir à l’Etat juif « tout le soutien qui lui sera nécessaire pour maintenir sa supériorité militaire et aérienne face à tout Etat, coalition d’Etats ou acteurs non étatiques ».
Il n’en demeure pas moins que, comme le souligne le New York Times, Washington n’a toujours pas accepté de fournir à Israël les bombes ultrapuissantes GBU-57 AB, seules capables de détruire les installations profondément enfouies de l’usine d’enrichissement nucléaire iranienne de Fordow, située près de la ville sainte de Qom.