250 élèves, 10 enseignants, à Angers rien ne semble différencier le groupe scolaire de l’Isoret des autres établissements. Pourtant, ici les cours se terminent à 15h30, on travaille le mercredi, et on ne s’en porte pas plus mal. L’idée : concentrer les cours théoriques, comme les mathématiques ou le Français, le matin. Et réserver l’après-midi aux activités pratiques.
« Les bénéfices qu’on en tire ont dépassé la simple question de l’aménagement horaire, c’est toute la question du mieux être de l’enfant qui s’est trouvée posée » assure au HuffPost Dominique Bruneau, le directeur de l’établissement. « Les enfants sont moins fatigués et plus disponibles. Il est plus utile d’avoir une matinée supplémentaire que de retourner en cours l’après-midi après 16 heures », précise-t-il.
Ateliers pratiques
Pour autant, pas question d’exiger des parents de récupérer leurs bouts de choux à 15h30. L’après-midi est consacré à des activités pratiques grâce aux nombreux ateliers mis en place par la ville. Robotique, danse, lecture, chorale ou encore poterie sont autant d’enseignements qui ont lieu dans l’école ou à proximité de l’établissement.
« C’est un réel plus pour les enfants qui sont plus détendus le reste de la journée sachant qu’ils auront une activité pratique l’après-midi » explique Dominique Bruneau. « 80% des enfants restent à l’école jusqu’à la fin de la journée » se réjouit Frédéric Beatse, le maire (PS) de la municipalité, qui espère bien voir ce mode de fonctionnement se généraliser à l’issue de la grande concertation voulue par le gouvernement.
Parents satisfaits
« On se lève tous les jours à la même heure, c’est plus simple pour tout le monde, ma fille va à l’école avec plaisir, mon fils adore les activités auxquelles il s’est inscrit, c’est une vraie réussite » assure Cécile Guillard-Jubeau, dont les deux enfants sont scolarisés dans l’établissement.
De son côté, Jasmine Maubussin, a pu observer l’effet du passage de la semaine de quatre jour à quatre jours et demi sur sa fille de 7 ans, et son fils de 10 ans. Suite à un déménagement, ils ont changé d’école il y a un an. « Il n’y a que des bénéfices, ils sont plus sereins, plus épanouis. Ils attendent la rentrée avec impatience » s’enthousiasme la mère de famille qui ne souhaite désormais plus revenir en arrière.
Un coût pour la commune
« On fait partie des privilégiés », tempère Jasmine Maubussin, consciente que le coût de ces aménagements est assumé par la ville.
L’adjoint au maire d’Angers en charge de l’éducation, Luc Belot, a détaillé au Monde le coût de cette expérience : 90 000 euros pour le groupe scolaire de l’Isoret seul.
Si la semaine de quatre jours et demi et la fin des cours à 15h30 devaient être généralisées à l’ensemble de la municipalité, l’addition pour la commune s’élèverait à un demi million d’uros. « C’est un choix qu’on est prêt à assumer. Il faut le faire » conclut Frédéric Béatse, le maire de la ville.
Une expérience menée dans dix établissements
Le groupe scolaire de l’Isoret est l’un des dix établissements à avoir reçu une dérogation officielle pour prendre part à cette expérience unique en France. Objectif : évaluer scientifiquement si la semaine de quatre jours et demi a un réel impact sur l’apprentissage.
Dirigée par la chronobiologiste Claire Leconte, l’expérience a lieu dans dix villes, aux profils différents, parmi lesquelles Lyon, Nevers, Brest ou encore La Roche sur Yon.