Le chef des rebelles à Tripoli est un militant d’Al-Qaida. (Libération et Le Monde , 26 août 2011)
(« Abdelhakim Belhaj, le retour d’Al-Qaeda », par Jean-Pierre Perrin, Libération , 26 août 2011)
http://www.liberation.fr/monde/01012356209-abdelhakim-belhaj-le-retour-d-al-qaeda
Pour les services secrets américains, l’homme qui a pris Tripoli à la tête des rebelles libyens et en est aujourd’hui le gouverneur militaire de facto, est une vieille connaissance. La CIA l’a pisté, traqué, et, finalement capturé en Malaisie en 2003. Elle l’a ensuite transféré dans le plus grand secret dans l’une de ses « prisons secrètes », celle de Bangkok. A cette époque, Abdelhakim Belhaj, plus connu sous le nom d’Abou Abdallah al-Sadek, né le 1er mai 1966, a déjà derrière lui une belle carrière de jihadiste qui a commencé, comme pour tant d’autres militants, en Afghanistan, en 1988. Mais si la CIA le recherche, c’est d’abord parce qu’il est un des fondateurs et même l’« émir » du Groupe islamique combattant (GIC) libyen, une petite formation ultraradicale qui, dans les années précédant le 11 Septembre, possédait au moins deux camps d’entraînement secrets en Afghanistan. L’un d’eux intéressait au plus haut point la CIA, celui de Shahid Cheikh Abou Yahya, à une trentaine de kilomètres au nord de Kaboul, dans lequel le GIC accueillait des volontaires liés à Al-Qaeda.
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En 2009, le régime libyen, sous l’impulsion de Saïf al-Islam, le fils et le dauphin de Kadhafi, entreprend une inattendue politique de réconciliation avec le GIC.
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Ce n’est sans doute pas un hasard si ce sont les anciens du GIC qui occupent aujourd’hui les postes militaires de premier plan : Belhaj à Tripoli, Ismaël as-Salabi à Benghazi, Abdelhakim al-Assadi à Derna… Au sein du Conseil de transition, on trouve Ali Salabi. C’est lui qui a négocié en 2009 pour le compte de Saïf al-Islam la libération des prisonniers du GIC en échange de leur renoncement à l’action armée. La boucle est bouclée.
http://www.lemonde.fr/libye/article/2011/08/26/le-spectre-d-al-qaida-plane-sur-la-victoire-de-tripoli_1563800_1496980.html#
Et si Al-Qaida faisait son retour à l’occasion de l’insurrection en Libye ? C’est en tout cas ce qu’affirme ce vendredi 26 août le quotidien Libération (article payant). Abdelhakim Belhaj, l’un des chefs militaires rebelles, aujourd’hui gouverneur militaire de Tripoli, serait un djihadiste bien connu des services secrets américains. Une information déjà évoquée dans la presse arabe. « Nous avons remporté la bataille militaire. Ils ont fui comme des rats », assurait-il mercredi.
Plus connu de la CIA sous le nom d’Abou Abdallah Al-Sadek, « il est l’un des fondateurs et même l’émir du Groupe islamique combattant (GIC) libyen, une petite formation ultraradicale qui, dans les années précédant le 11 septembre, possédait, au moins deux camps d’entraînement secrets en Afghanistan », rapporte Libération.
Arrêté par la CIA en 2003, il sera enfermé par le régime de Kadhafi puis relâché après avoir officiellement renoncé à la guerre sainte en Libye. Mais d’après le quotidien, il est difficile de dire à quel point il a pris ses distances avec Al-Qaida.
QUID DU CONSEIL NATIONAL DE TRANSITION ?
A plusieurs reprises, la presse a évoqué les liens de membres du Conseil national de transition avec le réseau islamiste. Libération rappelle que « ce sont les anciens du GIC qui occupent aujourd’hui les postes militaires de premier plan. (...) Au sein du Conseil de transition, on trouve Ali Salabi. »
L’une des raisons sans doute pour laquelle, par exemple, l’Algérie n’a toujours pas reconnu le CNT. Le pouvoir algérien a en effet fait savoir qu’il souhaitait que celui-ci s’engage avec vigueur contre Al-Qaida au Maghreb islamique.
Dans un entretien à La Croix, Kader Abderrahim, chercheur à l’IRIS, s’interroge sur la capacité qu’auront « les Occidentaux (à) négocier avec les islamistes, fort peu mis en avant par le CNT, mais pourtant une composante incontournable et la seule crédible auprès de la population, car ils incarnent historiquement l’opposition. Or une part d’entre eux nourrit l’islamisme le plus radical. On retrouvait le GICL libyen dans toutes les cellules d’Al-Qaida, celui-ci était très présent sur le terrain en Irak en 2003 au moment de l’invasion américaine ».
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