@ari : dans ma cambrousse, beaucoup d’ouvriers agricoles n’ont pas Internet, ça les fait marrer cette « mode ». Parmi les gens qui ont Internet, beaucoup n’ont pas de familiarité technique. Parmi les gens qui utilisent Internet avec facilité, beaucoup (et j’en fais partie) se retrouvent largués même quand ils pensaient comprendre quelque chose. C’est comme si l’échelle s’agrandissait à mesure que les outils se développent. Les outils intimident ou découragent autant qu’ils rassemblent.
Le travail de #veille que tu fais est précieux et important, j’insiste là-dessus, et mes commentaires viennent le confirmer plutôt que l’inverse. Ca te donne en quelque sorte un rôle de passeur entre ces différentes catégories d’usages (sauf le premier). Il y a des outils très bien, qui vaudront le coup qu’on apprenne à s’en servir (peut-être que livedesk sera de ceux-là, je ne sais pas). Mais il faut voir à qui on veut s’adresser, donc, avec ces outils : aux militants geeks curieux, aux usagers des fils de news, aux gens connectés ou à tout le monde.
La radio, pour te répondre là-dessus (mais je ne veux pas me faire l’avocate exclusive de la radio), ça n’a pas changé depuis un bout de temps : on règle sa station et on écoute avec le même poste qu’il y a vingt ans, on prend le téléphone et on appelle quand il y a libre-antenne. Donc question « appropriation », un outil stable et simple me semble plus efficace. Le problème, c’est que la radio ne joue quasiment plus ce rôle dans les luttes, donc il faut soit réfléchir à la manière de le lui redonner (c’était en partie la réflexion de http://www.sonsenluttes.net), soit se tourner vers d’autres outils, et on revient au début de ce message.
Mais là, on s’est déplacés de la question du temps, qui me semble beaucoup plus importante, à celle de l’outil lui-même, du flux des outils.