« La soif de vengeance détruit les familles »
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Vicki Schieber a les mots qui butent sur une émotion passagère quand elle décrit l’horreur du crime dont a été victime sa fille. Mais elle n’est pas animée par la haine ou la colère : « Ce n’est pas ce qui vous arrive dans la vie qui importe, assène-t-elle, c’est ce que vous en faites. La soif de vengeance peut vous détruire et le système exacerbe ce sentiment. On dit aux familles des victimes qu’une condamnation à mort va les apaiser. C’est tout le contraire. Elles attendent dix ou vingt ans avant une éventuelle exécution. En ce qui me concerne, un criminel a tué ma fille, je ne le laisserai pas détruire ma famille. » Des partisans de la peine de mort lui ont souvent posé une question offensante : « Tu aimes toujours ta fille ? » Le cas était emblématique : une jeune étudiante blanche tuée par un jeune Afro-Américain. Il aurait été tentant d’en faire un exemple.
Plus trivial
L’argument économique de la peine de mort pèse aussi sur les débats. Selon Richard Dieter, si l’on prend en compte l’incarcération et tous les recours devant la justice sur une période de vingt ans, « une condamnation à mort coûte 3 millions de dollars ».



