#peine_capitale

  • « La soif de vengeance détruit les familles »
    http://www.letemps.ch/Page/Uuid/8809c112-7ac3-11e2-b199-ff30256d26e6|0

    Vicki Schieber a les mots qui butent sur une émotion passagère quand elle décrit l’horreur du crime dont a été victime sa fille. Mais elle n’est pas animée par la haine ou la colère : « Ce n’est pas ce qui vous arrive dans la vie qui importe, assène-t-elle, c’est ce que vous en faites. La soif de vengeance peut vous détruire et le système exacerbe ce sentiment. On dit aux familles des victimes qu’une condamnation à mort va les apaiser. C’est tout le contraire. Elles attendent dix ou vingt ans avant une éventuelle exécution. En ce qui me concerne, un criminel a tué ma fille, je ne le laisserai pas détruire ma famille. » Des partisans de la peine de mort lui ont souvent posé une question offensante : « Tu aimes toujours ta fille ? » Le cas était emblématique : une jeune étudiante blanche tuée par un jeune Afro-Américain. Il aurait été tentant d’en faire un exemple.

    Plus trivial

    L’argument économique de la peine de mort pèse aussi sur les débats. Selon Richard Dieter, si l’on prend en compte l’incarcération et tous les recours devant la justice sur une période de vingt ans, « une condamnation à mort coûte 3 millions de dollars ».

    #peine_capitale

    • Pour 3 millions de dollars ils pourraient éduquer, héberger, soigner, nourrir pas mal de leurs pauvres des ghettos criminogènes... Mais c’est quand même bien plus marrant pour eux de faire un gros doigt d’honneur à leur Dieu qui leur a interdit de tuer. Ces gens n’ont pas lu La généalogie de la morale, de Nietzsche, qui démontait brillamment l’idée comme quoi la justice pénale corrige le crime. C’est évident que rien ne peut corriger le crime. Les victimes doivent faire avec (si elles survivent) et on peut juste mettre les auteurs hors d’état de nuire. (Pas en prison bien sûr, qui est un autre ghetto criminogène. Perso j’avais pensé à les mettre dans des villages surveillés, avec tous les droits sauf ceux liés à leur crime. Communiquer, aimer, baiser, créer, travailler. La prison à perpétuité en France est aussi une peine de mort - sociale, économique, artistique, intellectuelle. Le criminel incarcéré à vie perd quasiment tous ses droits humains. La barbarie continue, administrée par notre ami l’État.)

    • oui, je suis d’accord, la prison est un concept moyenâgeux qui ne permet pas de remettre sur les rails des comportements déviants. Et le manque d’éducation en est la première cause. Plus d’écoles, moins de prisons. Hélas, de plus en plus les prisons sont un business juteux, notamment aux Etats-Unis où tout un pan de son édifice est confié au secteur privé dans un pur cynisme : les taulards construisent les prisons de leurs concitoyens à venir à peu de frais !

    • Je me demande ce qu’on peut faire. Action Directe et la RAF et les Brigades Rouges n’ont pas fonctionné. Comment empêcher l’État démocratique de faire des milliers de victimes ? Il s’est auto-attribué, cet enfoiré, le monopole de la répression du crime et du délit. On ne peut plus gérer nos conflits nous-mêmes, ou bien ce tueur physique ou moral qui a tous les droits nous traite en criminels. Et lui, quand il traite des criminels, il les maltraite systématiquement - du cachot médiéval aux Baumettes en passant par le bagne guyanais. Je ne vois pas comment en sortir, tu as une idée ? Et lui, l’État, il n’écrit pas « artiste » sur ses profils, car lui, il n’a aucune créativité, il expérimente peu, il se pose peu de questions. Il est en échec sur le crime, sur les drogues, sur la sexualité, sur la violence, sur la finance, sur l’industrie, il est le dernier de la classe en tout et pourtant c’est lui le maître qui nous fait cours. La situation des prisonniers m’ulcère, me fait honte - car c’est en notre nom qu’il tue l’humanité des criminels ! - et pourtant une fois de plus, que faire, à part hurler dans le silence de nos pauvres petites têtes ? Je suis convaincu que si on donnait 100 criminels à 100 artistes, au bout de quelques années on obtiendrait 200 artistes. Mais l’État ne veut pas ça, il met 10 fois plus de thune dans des machines de guerre que dans la culture. Que faire ???

    • Nous sommes dans une démocratie de façade. Faire police nous mêmes ? Je suis opposées aux milices, ce serait pire encore. Ce qui est triste c’est que les gens ne se bougent pas. Les conditions de vie se sont terriblement dégradés, les services publics sont en déliquescence mais, malgré leurs « déclassement » dans les strates de la société, les « classes moyennes » s’accrochent à leur statut de pacotille et tentent d’y croire encore. S’ajoute à cela les messages anxiogènes que les médias balancent à longueur de journée qui les maintiennent dans un immobilisme absolu.
      Je crois que le système éducatif est à revoir en profondeur et plutôt que de donner d’avantage de moyens à la « Culture » telle qu’elle s’organise aujourd’hui, je pense qu’il faut réellement accorder une place importante aux pratiques artistiques et culturelles à l’école et de permettre aux enfants de se développer à leur rythme et dans le sens qu’ils souhaitent. En attendant, il y a des initiatives citoyennes comme le Sistema, un orchestre vénézuélien qui recrute les jeunes élèves dans les quartiers pauvres où la violence règne. D’une part, ces enfants évitent de sombrer à leur tour dans la violence, d’autre part cela leur donne une chance de se développer et de se construire un avenir tout à fait satisfaisant.

    • C’est pas gagné, si on compte sur l’éducation nationale franchouille... perso j’ai détesté cette éducation tout du long et mon intelligence et ma créativité ont sans cesse dû s’imposer contre eux ou sans eux... J’étais un de ces gamins pauvres en milieu violent que tu viens d’évoquer, quand y’avait des gamins perturbés et bordéliques dans des classes - ça montrait clairement que ces enfants avaient des problèmes à la maison, qu’ils se faisaient taper ou violer ou insulter ou négliger - les profs les excluaient, les punissaient, les rappelaient à l’ordre - c’était une sorte d’initiation à la prison, d’ailleurs un de ces profs m’avait prédit que je finirais en taule (0/20 à sa copie). Je suis devenu musicien à 32 ans, j’ai tjs adoré la musique, mais l’école me mettait 0 ou 4/20 en musique parce que je refusais de jouer des trucs stupides à la flûte à bec, instrument totalement étranger à ma culture populaire. En histoire j’étais déjà choqué qu’on nous apprenne les Gaulois sans rien nous dire des Arabes, il y en avait pourtant ptet 10% dans les classes, eux n’avaient aucune histoire ? Ecole nationalo-nationaliste. Etudiant très ouvert d’esprit, j’aurais voulu participer à des activités culturelles à la fac mais à Grenoble, Montpellier, Lille, Nancy, la fac n’en proposait quasiment pas... Tout ça pour dire : idéalement, oui, on pourrait compter sur l’éducation... SISTEMA : ça fait penser à un super groupe populaire colombien, le SISTEMA SOLAR, une musique d’une incroyable gaïté, très très dansante ! (tiens, la danse aussi, encore un truc vital que l’école ignore superbement : 15 ans passés le cul sur un chaise !!)

    • Ah et puis cette éducation « nationale », « égalitaire », avec ses programmes équalisés sur tout le territoire, niant toute préférence locale, toute différence sociale, imposant les mêmes cours à tous, excluant tout le reste, de telles structures c’est le contraire de l’éducation, on enferme au lieu d’ouvrir, on ramène tout le monde à un socle médiocre en niant toutes les énormes différences d’aptitude. Des tas de dyslexiques géniaux, qui n’aiment pas écrire mais dessinent, peignent, dansent, fabriquent, bougent comme des dieux, eux aussi se font laminer par le système de normalisation de l’intelligence. Je viens de Haute-Marne, pays de forêts : tu crois qu’ils nous auraient appris le nom des arbres ? Je me promenais dans les bois et je constatais que les arbres étaient très différents, je me demandais pourquoi. Ma famille n’a pas su me répondre et l’école a évacué le sujet. On nous a parlé de tas de choses à quoi on ne pouvait pas nous sentir reliés par l’expérience, tandis que notre expérience concrète était éliminée du champ de l’étude. N’importe quelle culture dite primitive aurait au moins fait le boulot de nommer les plantes autour de moi, de me faire connaître mon monde et pas celui de purs inconnus, comme les Grecs et les Romains, présentés comme modèles et origines, en oubliant carrément à quel point ils ont fondé le racisme, l’antisémitisme, le colonialisme, le sexisme, l’idéalisme... Tout est à revoir dans la copie de l’école.

    • Les classes moyennes croient encore à la méritocratie dont elles s’imaginent le summum. Du coup, les inégalités et la fonte du service public les arrangent en ce qu’elles pensent qu’elles limitent les capacités de pauvres à entrer en concurrence avec elles. Elles trouvent avantageux de payer pour ce que l’on veut, ça permet d’éliminer ceux qui n’ont plus les moyens, parce que, fondamentalement, pas assez... travailleurs, formés, intelligents, etc.

    • La marchandisation de la sphère sociale (éducation, santé, etc.) leur laisse penser qu’à chacun selon ses priorités et tant pis pour les autres, les pauvres, pour lesquels les classes qui s’imaginent moyennes ne veulent plus payer.
      Le mensonge, c’est qu’elles sont aussi dans le colimateur et que par le simple effet de ciseau, leur salaire leur permettra de moins en moins d’accéder aux services les plus fondamentaux. Mais à ce moment, ce sera trop tard pour elles.


  • Série blême | Dominique Autrand
    http://www.monde-diplomatique.fr/2012/08/AUTRAND/48047

    Andrew Dominik a réalisé en 2007 une adaptation cinématographique très réussie d’un des livres les plus connus de Ron Hansen, L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, avec Casey Affleck et Brad Pitt. Le dernier roman de Hansen pourrait s’intituler : L’Assassinat d’Albert Snyder par Judd (...) / États-Unis, États-Unis (affaires intérieures), Criminalité, #Femmes, #Histoire, #Justice, Société, Peine capitale - 2012/08

    #États-Unis #États-Unis_(affaires_intérieures) #Criminalité #Peine_capitale #2012/08


  • Série blême | Dominique Autrand
    http://www.monde-diplomatique.fr/2012/08/AUTRAND/48047

    Andrew Dominik a réalisé en 2007 une adaptation cinématographique très réussie d’un des livres les plus connus de Ron Hansen, L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, avec Casey Affleck et Brad Pitt. Le dernier roman de Hansen pourrait s’intituler : L’Assassinat d’Albert Snyder par Judd (...) / États-Unis, États-Unis (affaires intérieures), Criminalité, #Femmes, #Histoire, #Justice, Société, Peine capitale - 2012/08

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  • Mise à mort aux Etats-Unis
    http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2011-09-22-Troy-Davis

    Emprisonné depuis vingt-deux ans en Géorgie, dans le sud-est des Etats-Unis, Troy Davis a été exécuté par injection létale le 21 septembre 2011. Cet Afro-américain des quartiers pauvres de Savannah, condamné pour le meurtre d’un policier blanc en 1989, n’a jamais cessé de clamer son innocence, et ses (...) / États-Unis (affaires intérieures), Criminalité, #Afro-Américains, #Prison, #Racisme, Peine capitale, Justice pénale - La valise diplomatique

    #États-Unis_(affaires_intérieures) #Criminalité #Peine_capitale #Justice_pénale #La_valise_diplomatique