person:alain badiou

  • Par #Yvan_Najiels

    Etre juif, c’est être propalestinien (contre le monde à l’envers)

    http://blogs.mediapart.fr/blog/yvan-najiels/210714/etre-juif-cest-etre-propalestinien-contre-le-monde-lenvers

    L’antienne gouvernementale alignée sur le consensus siono-fasciste est insupportable, insultante mais aussi foncièrement mensongère et à visée raciste sur le territoire national.

    Crier à l’antisémitisme alors que dans la manif parisienne de samedi, interdite par le pouvoir CRIF-LDJ-PS, il n’y a pas eu d’incidents de ce genre et alors que, aujourd’hui davantage qu’auparavant, de nombreuses autres voix juives, antisionistes ou à tout le moins critiques sur Israël se font entendre, c’est en vérité souhaiter ce que le fin et mesuré Cukierman appelle des « pogroms » ou une nouvelle « Nuit de Cristal » (ce qui, je le redis, est une insulte aux juifs allemands persécutés et/ou assassinés par les nazis). Sans l’antisémitisme, sans « le coup de l’antisémitisme » comme dirait Alain Badiou qui l’a, ici en France, abondamment subi pour avoir critiqué Israël, l’Etat d’Israël et sa politique répugnante seraient traités comme les fascistes qu’ils sont. Israël a beau mépriser le juif faible, diasporique, c’est sur la souffrance épouvantable de celui-ci qu’il fait son beurre. C’est la raison pour laquelle Israël tient à l’antisémitisme (et à des gens comme Dieudonné et Soral) comme le névrosé à son symptôme. Par ailleurs, se penser - comme de nombreux Israéliens - victimes absolues permet d’aller assez loin dans la folie criminelle puisque celle-ci, à leurs yeux, ne pourra jamais égaler Auschwitz.

    Notre gouvernement de gauche - n’est-il pas temps, vraiment, d’en finir avec la gauche et de trouver d’autres noms pour l’émancipation politique ? - reprend donc ce discours. Nous avons au pouvoir d’opiniâtres relais de l’establishment israélien qui soufflent tant qu’ils peuvent sur les braises d’une passion triste, criminelle et mortifère, mais largement affaiblie par le bilan épouvantable du nazisme dont Bernanos pouvait dire qu’il « (avait) deshonoré l’antisémitisme ».

    Pour ce qui est du PS qui confond à dessein politique et histoire (au sens où la politique est un ici-maintenant et l’histoire, le passé), le discours qui fait des propalestiniens des pronazis ou des héritiers politiques de Vichy (car crier à l’antisémitisme, c’est renvoyer exclusivement à cela) est scandaleux à plusieurs titres. C’est une insulte à la face de celles et ceux qui militent contre le calvaire sans fin des Palestiniens devenus victimes expiatoires du Crime de l’Occident. De la part d’un PS dont la majorité des députés (alors SFIO), en 1940, vota les pleins pouvoirs à Pétain et dont le héros éternel, Mitterrand, vichyste jusqu’à ce que le vent tourne, protégea son ami René Bousquet jusqu’à ce que celui-ci soit descendu par un idéaliste trop exalté, l’injure « antisémite ! » est proprement obscène. Ainsi, s’agissant de la mémoire de la rafle du Vel’ d’Hiv’, si cet épisode hautement sinistre de l’histoire de la République a à voir avec des gens d’aujourd’hui, c’est au PS de balayer devant sa porte puisque René Bousquet appartenait à cette gauche-là.

    L’accusation d’antisémitisme proférée par le pouvoir PS n’a donc aucun fondement réel et constitue exclusivement une insulte et un souhait qui justifierait l’existence de l’Etat ségrégationniste israélien et le soutien de la France à cet état et cette politique. Alors, oui, des synagogues ont été attaquées hier à Sarcelles et on peut le déplorer. Mais, inutile de se cacher derrière son petit doigt, si de telles attaques ont lieu, c’est parce que les institutions officielles juives - religieuses et/ou communautaires - soutiennent la politique israélienne et les bombardements épouvantables sur Gaza faisant suite à presque 70 ans de crimes contre le peuple palestinien. Si l’Etat d’Israël et ses relais hexagonaux passent leur temps à exhiber le nom « Juif » pour justifier leur politique, on ne s’étonnera guère qu’ils soient parfois pris au mot. De ce point de vue, une organisation valeureuse comme l’UJFP fait beaucoup plus contre l’antisémitisme que la nébuleuse sioniste. Que des gens s’émeuvent, parfois violemment, de cet état de fait est prévisible car voulu par la clique CRIF-LDJ-Likoud. Les traiter d’antisémites ne relève pas moins de l’outrage absolu, a fortiori pour le parti de Laval, Déat et Mitterrand. Antisémitisme renvoie au nazisme alors que, dans la situation présente, c’est l’insulte que le gouvernement et les sionistes jettent à la figure de gens révoltés par une injustice flagrante et criminelle. En cela, mêler notre époque à celle de l’hitlérisme est une injure grave y compris à l’encontre de gens comme Marek Edelman ou Henri Krasucki qui, eux, étaient des opprimés alors qu’on accuse aujourd’hui d’antisémitisme celles et ceux qui contestent la mise à genoux sans fin d’un peuple sans défense par un état surarmé et choyé par l’Occident blanc impérialiste. Traiter d’antisémites les manifestants de samedi à Paris, c’est insulter le Shtetl. C’est en ce sens que comme le disait l’UCFml au moment des massacres de Sabra et Chatila : être juif, c’est être propalestinien (du côté de l’opprimé, contre l’oppresseur).

    L’obstination du pouvoir « socialiste » à traiter d’antisémites celles et ceux que révoltent les bombardements israéliens a cependant aussi à voir avec notre pays, la France. Le soutien néoconservateur de Hollande et du gouvernement Valls aux crimes israéliens dit aussi quelque chose sur le peuple multinational de ce pays et cet aspect n’est pas à négliger. C’est, purement, la dimension finkielkrautienne du discours gouvernemental.

    Dans les manifestations propalestiniennes s’exprime aussi une solidarité arabe aux opprimé-e-s de Palestine et il n’y a, évidemment, rien à redire à cela. Dès lors, traiter d’antisémites les manifestants de samedi à Paris ou d’hier à Sarcelles, c’est endosser l’antienne de Finkielkraut ou Riposte laïque contre les Arabes et/ou les musulman-e-s présentés comme les nouveaux barbares qui, pour reprendre Finkielkraut, sous couvert d’antiracisme seraient de fieffés antisémites, des « racailles ». Comme le dit du reste le lumineux Bruckner qui a compris là beaucoup de choses bien que n’entendant rien à rien : le racisme anti-blanc, c’est l’antisémitisme. Antienne qui mène d’ores et déjà au fascisme comme l’illustre ici Jacques Kupfer, représentant du Likoud en France.

    Le discours du PS actuel est donc, pour ce qui concerne la France, un pas supplémentaire franchi dans le consensus islamophobe. Par l’utilisation de l’insulte écarlate « antisémite », c’est la population arabe et/ou musulmane que l’on stigmatise violemment et qu’on autorise à pourchasser au nom de bons sentiments « démocratiques » comme l’Occident blanc sait faire depuis si longtemps. Au juif mangeur d’enfants succède, sous la houlette du PS, l’Arabe fanatique et antisémite. À l’antisémitisme usé et désormais de l’ordre exclusif de la psychopathologie politique succède une islamophobie consensuelle et « démocratique » pleine d’avenir : l’Occident a trouvé, une fois le shtetl à jamais détruit, ses nouveaux « barbares » (d´où le tournant « philosémite » du FN). Le PS, on le voit, prépare avec talent le soixantième anniversaire du gouvernement dirigé par Guy Mollet. La police française a plus que jamais quartier libre.

    Et, aujourd’hui comme hier, le PS épouse comme toujours l’oppression - bien qu’il s’en défende.


  • ▶ « Contre-courant » : Alain Badiou face à Michel Onfray - Vidéo Dailymotion
    http://www.dailymotion.com/video/x1nrryt_contre-courant-alain-badiou-face-a-michel-onfray_news

    Pour cette nouvelle édition de « Contre-courant », Alain Badiou et Aude Lancelin reçoivent Michel Onfray, fondateur de l’Université populaire de Caen, auteur de nombreux ouvrages de philosophie depuis le Ventre des philosophes, paru en 1989 aux éditions Grasset. Figure désormais très médiatique du paysage intellectuel français, auteur de best-sellers controversés comme le Traité d’athéologie ou Le Crépuscule d’une idole, brûlot consacré à Freud en 2010, Michel Onfray se réclame aussi, on le sait, d’une gauche libertaire, anti-antiautoritaire et autogestionnaire.

    Au programme de la discussion du jour : la nomination de Manuel Valls comme premier ministre, l’avenir de l’internationalisme, la question de l’individu face au capitalisme mondialisé, la vitalité de l’Islam face à un monde occidental en plein doute, la guerre continuée à travers les époques de figures intellectuelles comme Sartre et Camus. Autant de questions politiques et philosophiques conflictuelles évoquées au cours de cette heure d’entretien.

    #Contre-courant
    #çafaitdubien



  • Petit conseil de lecture
    Pornographie du temps présent d’Alain Badiou

    « ...Nous devons comprendre, ce qui est pour nous très difficile, que la vraie critique du monde, aujourd’hui, ne saurait se ramener à la critique académique de l’économie capitaliste. Rien n’est plus facile, rien n’est plus abstrait, rien n’est plus inutile, que la critique du capitalisme réduite à elle-même. Ceux qui mènent grand bruit sur cette critique en viennent toujours à de sages réformes de ce capitalisme. Ils proposent un capitalisme régulé et convenable, un capitalisme non pornographique, un capitalisme écologique et toujours plus démocrate. Ils exigent un capitalisme confortable pour tous, en somme : un capitalisme à visage humain. Rien ne sortira de ces chimères.
    La seule critique dangereuse et radicale, c’est la critique politique de la démocratie. Parce que l’emblème du temps présent, son fétiche, son phallus, c’est la démocratie. Tant que nous ne saurons pas mener à grande échelle une critique créatrice de la démocratie d’État, nous resterons, nous stagnerons, dans le bordel financier des images. Nous serons les serviteurs du couple formé par la patronne du bordel et le chef de la police : le couple des images consommables et du pouvoir nu. »

    « C’est peut-être la meilleure définition de la classe moyenne contemporaine : participer naïvement à la formidable corruption inégalitaire du capitalisme, sans avoir même à le savoir. D’autres, en très petit nombre, et placés plus haut, le sauront pour elle. »



  • Alain BADIOU « Contre le négationnisme »
    http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=2923

    En lien avec les émissions du 20 et 21 janvier 2014 consacrées au « malaise Dieudonné », nous vous proposons la lecture d’un texte d’Alain Badiou, « Contre le négationnisme ».

    Ce texte est issu d’une intervention d’Alain Badiou lors d’une journée contre le négationnisme, organisée dans le cadre du Collège international de philosophie le 14 octobre 1996. Il est paru en 2005 dans le chapitre V de Circonstances 3. Portées du mot « juif », aux éditions Ligne et Manifeste.

    Lire le texte en cliquant ici


  • Théâtre, quand tu nous tiens ! | AR...

    http://www.scoop.it/t/artpol/p/4009179985/theatre-quand-tu-nous-tiens?hash=802a8ecf-9d7f-42c8-881b-7a4077727b88

    http://www.nonfiction.fr/prximgsrv/rsz/195/x/x/repo/f/2/f29f6663c839be7fac00251516b18112-0.jpg

    "Une interview du philosophe Alain Badiou sur le théâtre et les liens entre théâtre et politique, par l’intermédiaire d’une réflexion sur le spectateur.

    (...)

    "L’articulation du propos se manifeste dans cinq parties de dialogue : “Défense d’un art menacé”, “Théâtre et philosophie, histoire d’un vieux couple”, “Entre la danse et le cinéma”, “Scènes politiques”, “La place du spectateur”. Ce découpage tient à de nombreuses raisons, mais surtout il est construit pour faciliter la compréhension de la position de Badiou, relativement au théâtre. Elle est résumée ainsi : “Ce que nous devons aimer et soutenir, c’est un théâtre complet, qui déploie dans le jeu, dans la clarté fragile de la scène, une proposition sur le sens de l’existence, individuelle et collective, dans le monde contemporain.” (...)"

    #art #théâtre #politique #représentation #engagement #création #activisme #artivisme #culture #sens #Artpol #vangauguin


  • Derrière la « loi foulardière », la peur - par Alain Badiou
    http://felina.pagesperso-orange.fr/doc/laic/badiou.htm

    Au demeurant, n’est-ce pas la vraie religion massive, celle du commerce ? Auprès de laquelle les musulmans convaincus font figure de minorité ascétique ? N’est-ce pas le signe ostentatoire de cette religion dégradante que ce que nous pouvons lire sur les pantalons, les baskets, les tee-shirts : Nike, Chevignon, Lacoste,... N’est-il pas plus mesquin encore d’être à l’école la femme sandwich d’un trust que la fidèle d’un Dieu ? Pour frapper au cœur de la cible, voir grand, nous savons ce qu’il faut : une loi contre les marques. Au travail, Chirac. Interdisons sans faiblir les signes ostentatoires du Capital.

    11. Qu’on m’éclaire. La rationalité républicaine et féministe de ce qu’on montre du corps et de ce qu’on ne montre pas, en différents lieux et à différentes époques, c’est quoi ? Que je sache, encore de nos jours, et pas seulement dans les écoles, on ne montre pas le bout des seins ni les poils du pubis, ni la verge. Devrais-je me fâcher de ce que ces morceaux soient « dérobés aux regards » ? Soupçonner les maris, les amants, les grands frères ? Il y a peu dans nos campagnes, encore de nos jours en Sicile et ailleurs, les veuves portent fichus noirs, bas sombres, mantilles. Il n’y a pas besoin pour cela d’être la veuve d’un terroriste islamique.

    12. Curieuse, la rage réservée par tant de dames féministes aux quelques filles à foulard, au point de supplier le pauvre président Chirac, le soviétique aux 82 %, de sévir au nom de la Loi, alors que le corps féminin prostitué est partout, la pornographie la plus humiliante universellement vendue, les conseils d’exposition sexuelle des corps prodigués à longueur de page dans les magazines pour adolescentes.

    13. Une seule explication : une fille doit montrer ce qu’elle a à vendre. Elle doit exposer sa marchandise. Elle doit indiquer que désormais la circulation des femmes obéit au modèle généralisé, et non pas à l’échange restreint. Foin des pères et grands frères barbus ! Vive le marché planétaire ! Le modèle, c’est le top modèle. 14. On croyait avoir compris qu’un droit féminin intangible est de ne se déshabiller que devant celui (ou celle) qu’on a choisi (e) pour ce faire. Mais non. Il est impératif d’esquisser le déshabillage à tout instant. Qui garde à couvert ce qu’il met sur le marché n’est pas un marchand loyal.

    #laicité #islamophobie #loi_sur_le_voile @rezo @mad_meg @touti

    • L’argument important, c’est aussi l’emprise sociale sur les corps, lesquels doivent se montrer pour exposer leur « normalité ». Parce que sans parler forcément de burqa sociale, la grosse qui exhibe ses jambons ou la poilue son pelage de terre-neuve, est vite sommée de remballer toutes ces choses insupportables au regard, alors que, pour l’instant, le gras du bide ou le velu sont encore assez tolérés dans l’espace public.
      Je remarque que la dictature vestimentaire/corporelle pèse très fortement sur les femmes.

      Ensuite, effectivement, tout cela participe très bien à la #marchandisation du corps féminin.

    • c’est vrai que le point 13 rejoint ce qui est évoqué ici, à savoir l’obligation plus forte chez la femme que chez l’homme, de se « mettre en valeur », pour être gratifiée socialement (et professionnellement..)
      http://seenthis.net/messages/157286
      Ce qui, de fait, confine la femme dans l’image, l’encourage à se spécialiser dans un rôle d’utilité « visuelle » à ne jamais négliger ses atouts visuels, ou y consacrer une énergie non négligeable, tandis que le mâle lui est tranquille pour occuper le terrain organisationnel, décisionnel...
      Je pense que ce phénomène tend à se réduire, une femme n’est plus obligée de se mettre en tailleur pour aller bosser, et elle peut y aller sans se maquiller, cela ne doit plus trop lui nuire. Par contre ce faisant elle s’expose fortement : son apparence « brute de fonderie » sera une circonstance aggravante, au moindre reproche, une allusion perfide sur son apparence physique sera rajoutée...

    • Tout à fait d’accord avec toi @monolecte
      Les femmes sont des territoires, annexables, violable, apprenants aux uns et aux autres mais ne s’appartenant pas à elles mêmes (sinon la patriarquie est en péril comme dirait Zemmour et Soral). Dans le meilleur des cas il faut protéger le territoire, ca donne la version prince charmant.
      En patriarquie les femmes sont des médailles, des titres de noblesses qui prouvent la virilité de leurs propriétaires masculins vis à vis des autres hommes. Un homme viril doit avoir plusieurs « conquêtes », il doit « prendre » des femmes, en « pénétrer » le plus possible, les « niquer » (je me demande toujours si cette expression est en rapport avec Athéna Niké, victorieuse. Niqué voulant dire ici vaincre en fait).
      Il y a même des gros crétins misogynes qui déclarent fièrement « se les faire toutes », j’en ai vu un de mes yeux il y a peu.

      L’avis des femmes dans tout ceci importe peu, l’autre wiki1000 et ses conseils d’élégance en est une nouvelle illustration. Depuis quant on consulte les territoires avant de se les appropriés ?

      C’est comme si il n’y avait pas de tête sous les voile pas plus qu’au sommet des décolletés.

    • La peur ?

      Quel joli greenwashing de ce qu’on devrait plus simplement nommer de la xénophobie. Et tant qu’à faire aller chercher des arguments dans le catalogue des causes en vogue de l’instant, dans l’espoir d’une invitation sur France Culture, l’ami du pacte social ?

      Enième splendide illustration du rôle des intellectuels dans la cohésion sociale : surtout éviter de nommer un chat un chat, et laisser chacun ronronner lové dans ses préjugés.

    • @bp314 : qu’est-ce qu’une phobie, sinon une réaction de rejet essentiellement déclenchée par la peur ?

      Je ne suis pas d’accord avec toi. Le travail de l’intellectuel est d’essayer de comprendre. Dépasser le jugement et la condamnation, le réflexe de chacun d’entre nous, quand nous n’adoptons pas une démarche d’analyse.
      Comprendre n’est pas disculper. C’est aller au delà du procès. Car les procès n’ont jamais trop réussi à élever la conscience humaine...

    • @bp314 Le rôle de l’intellectuel est sans aucun doute de nommer. Mais la nomination a plusieurs fonctions. En l’occurrence, elle sert à donner une cause. Parler de peur ne vise pas à occulter la xénophobie mais à affirmer qu’elle repose sur un affect passif, négatif.


  • Les fondements politico-économiques du fémonationalisme | Contretemps
    http://www.contretemps.eu/interventions/fondements-politico-%C3%A9conomiques-f%C3%A9monationalisme

    Les femmes migrantes, cependant, sont aussi des marchandises, puisque l’on exige d’elles qu’elles se comportent conformément aux valeurs supposées des femmes occidentales émancipées. Ici, en considérant le fémonationalisme contemporain comme une construction idéologique éclairant les processus de marchandisation des femmes non-européennes, je considère que nous avons besoin de poursuivre la logique proposée par Alain Badiou il y a quelques années. Après le vote de la loi contre le hijab dans les écoles publiques en France – une loi qui a concentré le débat sur l’équation entre l’Islam et l’oppression des femmes –, le philosophe français l’avait définie comme « une loi capitaliste pure ». Pour que la féminité opère sous le capitalisme, le corps féminin doit être exposé pour pouvoir circuler « sous un paradigme marchand »43. Une fille musulmane doit donc montrer « ce qu’elle a à vendre ». En d’autres mots, elle doit accepter et soutenir activement sa propre marchandisation. L’insistance sur le dévoilement des musulmanes en Europe combine donc à la fois le rêve durable des hommes occidentaux de « découvrir » la femme de leurs ennemis, ou des colonisés, ainsi que la demande d’en finir avec l’incongruité du corps féminin caché en tant qu’exception à la règle générale selon laquelle elles devraient circuler comme des « valeurs franches »44.

    #femonationalisme #féminisme #migration #islamophobie @mona



  • Deux mises en ligne sur #Ubuweb qui devraient intéresser @pariaurbain si je n’me trompe :

    Une conférence (en français) d’#Alain_Badiou, « #Mathématique, #esthétique, #art »
    http://ubu.com/sound/badiou.html

    Recorded at IRCAM, Paris, June, 2011

    Eminent figure of contemporary thought, playwright, politically committed intellectual, controversial polemicist, Alain Badiou is one of the rare philosophers today that maintains an intense and constant relationship with mathematics, using the theory of ensembles inherited from Georg Cantor to build his own system of logic.

    Beginning in 1988, the founding axiom of his philosophy was explained in his work, L’être et l’événement (lit. The Being and The Event): mathematics are the ontology, the philosophy produces a discourse that reveals it to itself. Under what conditions does a creative oddity become a part of the need to formalize mathematics? Does a history of the work-theorems—from Mondrian to Stockhausen—exist? Only a philosophy of the event with strict concepts, such as that of Alain Badiou, can shed light on this collection of relationships.

    http://ubumexico.centro.org.mx/sound/badiou_alain/Badiou-Alain_MathematicsAestheticsArts_2011.mp3

    Et diffusions de pièces de #théâtre de #Beckett sur #France_Culture
    http://ubu.com/sound/beckett_france-culture.html

    1. [listen] L’IMAGE par Denis Lavant (11’46)
    2. [listen] MALONE MEURT par Jérôme Kirchen (11’57)
    3. [listen] LE DEPEUPLEUR par Serge Martin (22’57)
    4. [listen] CENDRES (40’21)
    Réalisation Jean-Jacques Vierne
    avec
    Delphine Seyrig : Ada
    Roger Blin : Henry
    Jean Martin : Maître
    Ariel Seminoff : Addie
    1ère diffusion 08/05/1966

    5. [listen] L’expulsé (Roger Blin)
    6. [listen] Actes sans paroles, 01.10.63 (Roger Blin)
    7. [listen] Bing, 1965 (Roger Blin)

    #audio #radio




  • Sur le site de l’hebdomadaire Marianne en date du 7 octobre 2012, un débat entre Alain Badiou et Jean-Claude Milner dont voici le résumé de leur position-notamment sur le conflit entre les Palestiniens et l’Etat d’Israël.

    http://www.marianne.net/Badiou-et-Milner-les-meilleurs-ennemis_a223161.html

    et

    http://www.marianne.net/Badiou-et-Milner-les-meilleurs-ennemis_a223161_2.html

    Jean-Claude Milner :

    Je reprends volontiers la formule d’Alain Badiou : le XXe siècle a eu lieu. Mais ce qui a eu lieu, pour moi, c’est d’abord la découverte progressive que le nom ouvrier avait cessé de diviser. Il avait été le diviseur par excellence au XIXe siècle. Il cesse de l’être. Pourquoi ? A cause de la guerre de 1914. Les ouvriers, dans les nations industrielles, acceptent la mobilisation et l’union dans la guerre. Lénine porte sur ce point le juste diagnostic, mais il se trompe en pensant qu’il pourra ranimer la force de division du nom ouvrier, en passant par l’édification d’un Etat ouvrier. Le nom ouvrier, loin de diviser, va réunir ; il devient l’un des multiples synonymes de la cohérence sociale.

    Si le XXe siècle a eu lieu, c’est pour une seconde raison : le nom juif est redevenu un nom politique. C’est-à-dire un nom diviseur. Il l’avait été déjà. Je pense à l’affaire Dreyfus, qui d’un certain point de vue a appris la politique à une génération.

    Hitler a rouvert la question de la capacité de la politique à empêcher la mise à mort de l’adversaire. Il l’a rouverte principalement à propos du nom juif. Il a fait céder la politique ; la fin de la guerre a rétabli la politique, mais elle n’a pas refermé la question. Le nom juif est encore aujourd’hui le diviseur majeur, celui qui convoque la politique à sa limite.

    Cet ensemble de propositions affirmatives me conduit à émettre des critiques. 1) Je considère qu’Alain Badiou a sous-estimé la force imaginaire de l’antijudaïsme, aussi bien en France que hors de France. 2) Symétriquement, je considère qu’il a surestimé la portée politique du nom palestinien.

    Je m’explique. Selon moi, le nom palestinien ne divise qu’en apparence. Au contraire, il crée du consensus : au sein des honnêtes gens (je m’y inclus), qui considèrent tous que les Palestiniens sont dans le malheur ; au sein de ce qu’on appelle encore le « tiers-monde » ; de plus en plus au sein de la gauche euro-atlantique (Europe occidentale et Amérique). En tant qu’il divise en apparence, le nom palestinien promeut une apparence de politique. La question politique réelle apparaît avec le nom qui divise réellement : le nom juif.

    Alain Badiou :

    C’est bien à une mode intellectuelle que se rattachent des thèses comme « le nom ouvrier est mort, le retour du nom juif est notre événement ». Cette vision du siècle n’est-elle pas le fruit quelque peu sec d’un petit groupe de l’intelligentsia française entre 1974 et aujourd’hui ? N’est-ce pas Benny Lévy et ceux qui l’ont suivi, au nombre desquels Jean-Claude Milner, qui, déçus que les proclamations matamoresques de la Gauche prolétarienne ne les aient pas portés au pouvoir, se sont mis à critiquer férocement la « vision politique du monde » et le « progressisme », à jeter aux orties le mot « ouvrier », et bien d’autres avec lui, à faire de « juif » un nom hyperbolique, et de farouchement propalestiniens qu’ils étaient se sont, avec la même certitude d’être la fine fleur du temps, convertis au sionisme le plus intransigeant ? De tels revirements ont l’avantage de transformer un échec patent en lucidité supérieure, et d’être toujours dans le vent.

    Mais voyons les termes précis du litige. Pour commencer par les critiques les plus factuelles, je tiens à redire une fois de plus que je n’ai aucunement sous-estimé ou dénié l’existence, y compris aujourd’hui, y compris dans notre pays, de l’antisémitisme. Je renvoie à mes textes et aux actions auxquelles j’ai participé sur ce point. Mais ce que Jean-Claude Milner, lui, sous-estime de façon quasi monstrueuse, en fait nie, purement et simplement, c’est la puissance presque consensuelle, en France, en Europe sans doute, de l’hostilité aux Arabes et aux Africains noirs, sous le nom convenu d’« immigrés ». Je lui demande raison de cette dissymétrie. En ce qui concerne précisément les agissements de l’Etat d’Israël, ceux-là ne sont pas plus identifiables aux « juifs » que ne l’étaient ceux de Pétain ou de Sarkozy aux « Français », et même moins encore.

    Ensuite, au bas mot, dans ce conflit, le rapport entre les morts violentes de Palestiniens sous les coups des Israéliens et les morts d’Israéliens juifs sous les coups des Palestiniens est de cent pour un. Ceux qui ont dû fuir, abandonner leur terre, assister à la destruction de leurs maisons, être enfermés dans des ghettos et dans des camps, passer des heures pour aller d’un village à un autre, franchir des murs, ce sont les Palestiniens. On s’étonne que le sensible Milner ne soit pas, cette fois, du côté des corps parlants qu’on tue, qu’on humilie ou qu’on enferme. Dans de telles conditions, la question est de savoir par quels chemins passe la seule solution juste : un Etat moderne, c’est-à-dire un Etat dont la substructure n’est pas identitaire, mais historique. Un Etat qui solde cette guerre civile atroce en réunissant les deux parties.

    Ces remarques factuelles nous préparent à dire ceci : il est tout bonnement faux qu’un mot de la politique soit important (soit un « nom », admettons cette convention) à proportion de ce qu’il divise. Autant dire qu’en Amérique aujourd’hui le vrai nom de la politique est le « mariage gay ». Quant à chez nous, il serait plus justifié aujourd’hui que Jean-Claude Milner tienne pour des noms éminents les noms « Arabe » ou « Noir », pour ne rien dire d’« islam » et « islamisme », lesquels à l’évidence infiniment plus que le prédicat « juif », lequel est devenu consensuel au point que Marine Le Pen elle-même n’ose plus y toucher, à la différence de son papa. C’est que ledit papa avait des faiblesses pour les seules politiques que l’on connaisse dans lesquelles le mot identitaire « juif » divise absolument, nommément les fascismes, plus singulièrement le nazisme. On peut même dire que le mot « juif » n’a été un nom politique éminent, selon les critères de Milner, et donc au vu de ses pouvoirs de division, que dans le nazisme et ses succursales. Mais peut-être Milner considère-t-il désormais que toute politique s’apparente au nazisme ? Je reviendrai sur ce qui conduit sa pensée à un antipolitisme radical. Un nom est politique, dirais-je quant à moi, s’il inscrit une idée du bien, dans l’ordre de l’action collective, du mouvement historique réfléchi dans une organisation de cette action. En ce sens, du reste, il n’y a aujourd’hui que deux mots politiques fondamentaux (deux noms) : la démocratie, qui prétend unifier le monde de la vie collective sous la loi extérieure du capitalisme concurrentiel, et le communisme, qui prétend l’unifier sous la loi immanente de la libre association.

    Mais Jean-Claude Milner, comme Glucksmann, ne pense qu’à partir du mal. Il est comme ce parlementaire, M. de Mun, à qui Jaurès lançait : « Vous aimez les ouvriers, monsieur de Mun, vous les aimez saignants ! ». Sa pensée s’alimente aux désastres. Il nous l’a dit : la seule chose qu’on puisse, qu’on doive espérer, c’est de mettre fin aux massacres, c’est de condamner les mises à mort. En matière de pensée « politique », Jean-Claude Milner a grandement besoin de victimes, d’ouvriers saignants, de peuples martyrs.

    Malheureusement, les massacres trouvent leurs racines non dans l’abstraction de « la mise à mort des êtres parlants », mais dans des politiques précises, dont on sait qu’elles ne sont combattues efficacement que par d’autres politiques. S’opposer aux massacres n’a aucune consistance si cette opposition n’est pas nourrie par l’idée d’une politique absolument différente, idée qui seule peut proposer une forme d’existence collective dans laquelle le recours au massacre est exclu.

    Je crois qu’au bout du compte la thèse de Milner, c’est que la politique n’existe pas, ou même qu’elle est toujours nuisible, et que la seule chose qui compte est la morale de la survie des corps.

    Voici par contraste ma position résumée : ce qui a commencé au XIXe siècle, c’est le mot « communisme ». Il a expérimenté au XXe sa possible surpuissance, sous la forme d’une fusion entre politique (communiste) et Etat (de dictature populaire). Il faut revenir à la séparation des deux, ce qui exige une sorte de recommencement politique. Toute autre orientation, singulièrement le moralisme de la survie des corps, revient à entériner la domination, sous le mot clé « démocratie », du capitalisme déchaîné dont nous expérimentons le déploiement planétaire, prenant ainsi l’entière mesure de son infamie. Communisme ou barbarie. Jean-Claude Milner confirme, en tant que « professeur par l’exemple négatif », que nous en sommes bien là.

    Le mot de la fin est accordée à Jean-Claude Milner. Pour lui, les Palestiniens se font tuer pour que « les Etats voisins se maintiennent ». On pourrait lui poser la question suivante : "Pourquoi ces Etats ont fait la guerre à Israël en 1947-1948, durant l’expédition de Suez en 1956, la guerre des six jours en 1967, la guerre d’octobre 1973,l’annexion du Golan syrien en décembre 1981 (alors qu’aucune menace n’était perceptible), l’invasion du Lban en 1982, la guerre du Liban de juillet 2006, la guerre de Gaza décembre 2008-janvier 2009 et la toute dernière encore contre Gaza en novembre 2012 ?

    Dans tous les cas y compris en 1947-1949 Israël avait mené des guerres de type préventive. Le problème avec Jean-Claude Milner c’est que le référent « Etats-voisins » n’est pas clairement désigné. Il n’y a aucune référence au projet colonial qu’est le sionisme qui nie purement un simplement (négationnisme) le peuple palestinien et son passé en rasant toute trace et tout vestige historique.

    Je rappelle la décision de Ysrael Katz, ministre israélien des Transports, de juillet 2009 de judaïser tous les noms arabes des villages palestiniens occupés des panneaux indicateurs pour garder uniquement les termes hébreu.

    Jean-Claude Milner

    [...]

    Je ne veux pas m’attarder sur l’éventuelle superposition entre le refus d’un tel Etat et un antijudaïsme. Cette superposition existe, mais je ne ferai pas l’injure à Badiou de la lui imputer. Que la naissance de cet Etat ait été immédiatement suivie d’une guerre, qui le niera ? Cette guerre dure encore. Qu’elle provoque des morts nombreuses, qui en doute ? Il ne peut en être autrement. Les Palestiniens qui meurent sont persuadés qu’ils meurent à cause de l’existence d’Israël. Qu’ils en soient persuadés, c’est indubitable. Mais rien ne prouve qu’ils aient raison.

    Aujourd’hui, les Palestiniens se font tuer pour que les régimes en place, dans les Etats voisins, se maintiennent. C’est pourquoi je juge que la division induite par les Palestiniens ramène à un consensus, dont la majorité automatique de l’ONU est une expression parmi d’autres. Le nouveau pouvoir en Egypte annonce – vrai ou faux – qu’il se chargera lui-même de la destruction ; du même coup, le nom palestinien est effacé. Preuve que les Palestiniens ne meurent pas pour eux-mêmes. Ils meurent pour que leurs prétendus alliés et leurs prétendus chefs continuent d’être indifférents à leur sort.

    Puisqu’on me demande un certificat de sensibilité, j’avouerai que cet état de choses me touche parce qu’il est de part en part habité par le mensonge. Ce mensonge qui fait que le Palestinien se murmure, en mourant, qu’Israël l’a tué. Non, ce qui tue le Palestinien, c’est ce mensonge même. Parallèlement, l’Israélien s’imagine souvent qu’il meurt à cause des Palestiniens. C’est évidemment faux. Il meurt parce qu’il est identifié à un juif et parce que certains puissants ont besoin qu’un juif ne sache jamais si sa survie est assurée.

    Face à cela, Badiou appelle de ses vœux un Etat moderne dont la substructure ne soit pas identitaire mais historique. A mes yeux, la proposition a le même statut de fiction rationnelle que l’hypothèse communiste. Elle n’a de sens que si on accorde à Badiou la totalité de son système. Ce que je ne fais pas. Qui peut imaginer que puisse subsister un tel îlot d’exception dans une zone faite d’Etats dont la substructure est identitaire, où l’historique et l’identitaire entrent en constante intersection ?

    Qui peut imaginer que quoi que ce soit puisse se stabiliser entre Israéliens et Palestiniens, alors que la Syrie, l’Egypte, l’Iran, l’Irak et j’en passe sont pris dans les rets de l’instabilité ? Nulle part dans le monde on ne peut faire mieux que des bricolages ; dans cette zone du monde, les bricolages ne peuvent pas aller au-delà de l’armistice. Est-ce une allégeance à une doctrine du mal ? J’admets que je tiens le cours du monde pour voué au désordre indéfini, mais la mise en équation du désordre et du mal, c’est du platonisme. Or, je ne suis pas platonicien.


  • Merci, Monsieur Badiou
    Secular fanaticism must be exposed for its own hatred and xenophobia, and get over the old cliches of #East and #West.

    New York, NY - In a powerful new essay for Le Monde [Fr], Alain Badiou, arguably the greatest living French philosopher, pinpoints the principal culprit in the success of the far-right in the recent French presidential election that resulted in the presidency of Francois Hollande.

    At issue is the evidently not-so-surprising success of the French #far-right, #anti-immigration, #Islamophobe nationalist politician #Marine Le Pen - to whom the French electorate handed a handsome 20 per cent and third place prestige.

    As Neni Panourgia has recently warned, “the phenomenon of Golden Dawn (Chrysi Avgi in Greek), the #neo-Nazi organisation that received almost seven per cent of the vote in the Greek elections of May 6” is a clear indication that this rise of the right is not limited to France. The gruesome mass murderer Anders Breivik signalled from Northern Europe a common spectre that hovers over the entirety of the continent - most recently marked by the trial of the Bosnian Serb mass murderer General Ratko Mladic - accused of 11 counts of war crimes and crimes against humanity, including orchestrating the week-long massacre of more than 7,000 Muslim boys and men at Srebrenica in 1995 during the Bosnian war.

    http://www.aljazeera.com/indepth/opinion/2012/05/2012521133112754351.html


  • Pourquoi Alain Badiou ne vote plus par Bernard GENSANE
    http://www.legrandsoir.info/pourquoi-alain-badiou-ne-vote-plus.html

    Pour Badiou, les élections sont toujours biaisées parce qu’elles sont à l’image d’un paysage politique tout en illusions. Que fait la gauche, demande-t-il ? Dans le meilleur des cas, de Mauroy à Jospin, elle ne vient au pouvoir que pour « assumer les besognes qu’impose la crise de la propriété. » Dans le moyen-haut, elle réprime (Clemenceau casse un mouvement de mineurs, Jules Moch invente les CRS et les lance contre les ouvriers). Dans le pire des cas, elle est sanglante : Mollet, Lacoste, Mitterrand pendant la guerre d’Algérie. Avant eux, Gustav Noske s’était vanté du meurtre – par les corps francs – de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht : « Il faut que quelqu’un fasse le chien sanglant : je n’ai pas peur des responsabilités ».

    Dans l’idéal, ce à quoi il faut parvenir, propose Badiou, c’est à une pensée de la politique dont le vote est purement et simplement absent. Pour ce qui concerne les pays occidentaux dans leur majorité, la démocratie électorale n’est rien d’autre que du capitalo-parlementarisme.

    #politique #démocratie #livre


  • Le racisme des intellectuels, par Alain Badiou
    http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/05/05/le-racisme-des-intellectuels-par-alain-badiou_1696292_1471069.html

    Honte aux gouvernements successifs, qui ont tous rivalisé sur les thèmes conjoints de la sécurité et du « problème immigré », pour que ne soit pas trop visible qu’ils servaient avant tout les intérêts de l’oligarchie économique ! Honte aux intellectuels du néo-racialisme et du nationalisme bouché, qui ont patiemment recouvert le vide laissé dans le peuple par la provisoire éclipse de l’hypothèse communiste d’un manteau d’inepties sur le péril islamique et la ruine de nos « valeurs » !

    #politique #extrême_droite


  • Le racisme des intellectuels | Alain Badiou (Le Monde)
    http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/05/05/le-racisme-des-intellectuels-par-alain-badiou_1696292_1471069.html

    L’importance du vote pour Marine Le Pen accable et surprend. On cherche des explications. Le personnel politique y va de sa sociologie portative : la France des gens d’en bas, des provinciaux égarés, des ouvriers, des sous-éduqués, effrayée par la mondialisation, le recul du pouvoir d’achat, la déstructuration des territoires, la présence à leurs portes d’étranges étrangers, veut se replier sur le nationalisme et la xénophobie. Source : Le Monde


  • Le #racisme des #intellectuels
    LE MONDE | 05.05.2012 à 14h46

    Par Alain Badiou

    Badiou, sur l’importance du vote pour Marine Le Pen, rappelle que le PS a aussi contribué à renforcer ses thèses. Et ensuite il met en relief l’importance du rôle des « intellectuels » dans la montée de la #xénophobie, du racisme et de #l'islamophobie, en France.

    Et derrière tout cela, de longue date, depuis plus de vingt ans, qui trouve-t-on ? Qui sont les glorieux inventeurs du « #péril_islamique », en passe selon eux de désintégrer notre belle société occidentale et française ? Sinon des intellectuels, qui consacrent à cette tâche infâme des éditoriaux enflammés, des livres retors, des « enquêtes sociologiques » truquées ? Est-ce un groupe de retraités provinciaux et d’ouvriers des petites villes désindustrialisées qui a monté patiemment toute cette affaire du « conflit des civilisations », de la défense du « pacte républicain », des menaces sur notre magnifique « laïcité », du « féminisme » outragé par la vie quotidienne des dames arabes ?

    N’est-il pas fâcheux qu’on cherche des responsables uniquement du côté de la droite extrême - qui en effet tire les marrons du feu - sans jamais mettre à nu la responsabilité écrasante de ceux, bien souvent - disaient-ils - « de gauche », et plus souvent professeurs de « philosophie » que caissières de supermarché, qui ont passionnément soutenu que les Arabes et les Noirs, notamment les jeunes, corrompaient notre système éducatif, pervertissaient nos banlieues, offensaient nos libertés et outrageaient nos femmes ? Ou qu’ils étaient « trop nombreux » dans nos équipes de foot ? Exactement comme on disait naguère des juifs et des « métèques » que par eux la France éternelle était menacée de mort.

    http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/05/05/le-racisme-des-intellectuels-par-alain-badiou_1696292_1471069.html#xtor=AL-3


  • Ces intellectuels qui ne voteront pas
    http://www.marianne2.fr/Ces-intellectuels-qui-ne-voteront-pas_a216669.html

    Dans son livre, le philosophe se moque allégrement de cette « foule des nigauds » qui scandait « on a gagné ! » sur la place de la Bastille, un soir de mai 1981. A cette époque, il est déjà depuis longtemps vacciné contre le vote et n’a même « pas eu la tentation » de glisser dans l’urne un bulletin estampillé « Mitterrand ». Tout comme le sociologue Pierre Bourdieu et le philosophe Jean Baudrillard, qui ne votèrent pas davantage en 1981, et soutinrent même un temps, par dérision, la candidature de Coluche. Aujourd’hui, Badiou se félicite de son choix, car lui, au moins, n’eut pas à « avaler » le tournant de 1983 et son cortège de « dérégulation financière, d’hostilité ouverte aux grandes grèves, […] d’éloge, via Tapie, de l’“esprit d’entreprise”, j’en passe et des meilleures ». Que l’on trouve encore des gens pour se dire « de gauche » et voter PS est, pour Alain Badiou, une « énigme », car il a beau chercher, il ne trouve pas « une seule mesure progressiste véritable et promise à quelque avenir sur laquelle la gauche, lorsqu’il lui est arrivé d’en décider une – ce qui est rarissime –, ne soit pas revenue ensuite en tremblant de peur et pleine de repentir ». Et n’allez pas lui parler de l’abolition de la peine de mort : elle a été décrétée dans toute l’Europe à la même époque, « tant par les démocrates chrétiens rancis que par les socialistes rangés des voitures depuis des siècles ».

    • dans une émission du jour sur francecult Salem a dit qu’il votera Mélenchon au premier tour à reculons (d’ailleurs je pense que ça les a surpris les journaleux, parce que du coup ça verse son temps de parole au décompte du csa (peut-être que le « à reculons » divise la note par deux)). Enfin bon, le titre est trompeur. Et c’est assez amusant de voir à la fin de l’article que les deux « habituels défenseurs de la non-participation au vote » qui vont se fourvoyer pour cette fois, vont le faire pour Hollande


  • Sur « L’antisémitisme partout » d’Eric Hazan et Alain Badiou ou comment dissimuler les acquis d’un siècle de débats sur le sionisme
    http://www.mondialisme.org/spip.php?article1809

    L’anti­sio­nisme est une idéo­logie par­fois res­pec­ta­ble, lorsqu’elle repose sur des argu­ments his­to­ri­ques soli­de­ment fondés (1) déf­endus par des mili­tants ou des intel­lec­tuels qui ne s’atta­quent pas à d’insi­gni­fiants épouv­antails réacti­onn­aires ou à des mou­lins à vent.


  • Badiou cerné par l’anarchisme

    AutreFutur.org
    http://www.autrefutur.org/Badiou-cerne-par-l-anarchisme

    Alain Badiou a défrayé la chronique, en 2007, avec son pamphlet De quoi Sarkozy est-il le nom ?, sur la lancée, L’Hypothèse communiste, en 2009, reçut un certain écho. Le Réveil de l’histoire qui vient de paraître est passé presque inaperçu. Badiou serait-il passé de mode ? C’est possible mais ses travaux, caricaturés tant par la réaction que par la gauche radicale, méritent mieux qu’un anathème grossier.

    Une étude de Pierre Bance.

    Antonio Negri pourrait décourager la lecture d’Alain Badiou. Il qualifie « “l’extrémismeˮ badiousien » d’« utopie entretenant un rapport schizoïde avec l’histoire », en particulier l’histoire du socialisme réel, et le condamne comme « négation de la lutte des classes » [1]. Le lecteur familier des échanges entre philosophes radicaux ne s’arrêtera pas à ce jugement [2]. Il perdrait à ne pas lire ce Badiou habitué à recevoir des coups plus injustes encore. Si sa philosophie est obscure pour les non-philosophes et probablement pour quelques philosophes, sa théorie politique est plus abordable que celle d’un Rancière ou d’un Žižek [3].

    Jusqu’en 2007, l’œuvre philosophique d’Alain Badiou l’avait maintenu dans un cercle limité de professeurs, d’étudiants et de quelques militants à la recherche des voies régénératrices du marxisme [4]. Mais la parution du livre, De quoi Sarkozy est-il le nom ? a fait connaître Badiou au-delà des cénacles intellectuels [5]. L’ouvrage n’est pas qu’un pamphlet contre Nicolas Sarkozy et son idéologie associée au pétainisme, on y trouve, en conclusion, l’annonce de l’hypothèse communiste comme alternative au capitalisme symbolisé par l’actuel président de la République. Ce succès de librairie, inespéré aux dires de l’éditeur, Michel Surya [6], s’est accompagné d’une manipulation politico-médiatique dans le but de discréditer l’idée communiste. Pas plus que Slavoj Žižek, Alain Badiou n’est ce stalinien primaire, ce philosophe de la terreur, ce gauchiste dogmatique, ce maoïste attardé que l’on dit pour ne l’avoir pas lu, l’avoir mal lu ou par un anticommunisme résultant de la réduction, consciente ou non, du communisme au stalinisme [7]. Malheureusement, les provocations et les coquetteries de Badiou facilitent ces contrefeux et compliquent le rôle de l’exégète [8]

    Philosophe marxiste, Alain Badiou ne s’aventure pas à décrire le communisme. Le communisme est une hypothèse heuristique c’est-à-dire qu’elle est toujours provisoire et n’avance que par évaluations successives, rectifications, en se référant à des invariants : égalité, abolition de la propriété privée, antiétatisme [9]. Ces invariants communistes « synthétisent l’aspiration universelle des exploités au renversement de tout principe d’exploitation et d’oppression. Ils naissent sur le terrain de la contradiction entre les masses et l’État » [10]. Pour aller au communisme, il convient d’abord de montrer que l’histoire n’est pas finie, que le capitalisme n’a pas gagner une fois pour toutes. Ce n’est qu’en ayant compris que l’économie libérale et le parlementarisme ne sont ni naturels ni fatals qu’on pourra imaginer d’autres possibilités, envisager l’idée communiste qui est l’hypothèse de l’émancipation [11], « l’idée d’une société dont le moteur ne soit pas la propriété privé, l’égoïsme et la rapacité » [12]. Il conviendra alors de réinstaller l’hypothèse communiste, la faire exister dans le champ idéologique et militant en contrant le terrorisme intellectuel qui amalgame le communisme au socialisme d’État, associe à toute représentation ou expérience communistes des déviances staliniennes. Badiou s’attelle à cette tâche par ses articles, ses livres, en organisant des rencontres telle la Conférence de Londres de mai 2009 [13]. Il fait de la politique et en donne une définition qui ne déplairait pas à Jacques Rancière :

    « L’action collective organisée, conforme à quelques principes, et visant à développer dans le réel les conséquences d’une nouvelle possibilité refoulée par l’état dominant des choses » [14].


  • Les habits neufs d’Alain Badiou (2/2) - Lieux Communs
    http://www.magmaweb.fr/spip/spip.php?article552

    L’« oeuvre » de Badiou n’est qu’une illustration supplémentaire de cette « confusion mentale » qui se donne libre cours dans le post-modernisme philosophique : « La confusion philosophique a ceci de diabolique qu’elle est attirante. La rhétorique philosophique a maints atouts. L’un des principaux est de donner le sentiment d’appartenir à un petit groupe de gens éclairés qui combat bravement les superstitions des masses. Au coeur de la pire confusion, ce sentiment est souvent décuplé. La confusion intellectuelle est généralement arrogante. La volonté de surprendre, d’être original, brillant, voire de choquer, joue un rôle déterminant en philosophie. Mais c’est aussi parfois le désir de se couler dans la pensée ambiante, tout en se présentant comme subversif, qui encourage à adopter certaines thèses. [...] Le plaisir pris à se gausser de ceux qui ne sont pas parvenus à s’élever à un niveau de pensée supposé supérieur n’est pas non plus sans encourager des attitudes dans lesquelles le désir de vérité ne joue plus qu’un rôle mineur » (107). Il serait tentant, pour finir, de retourner une icône badioulienne contre Badiou lui-même : « Prenez garde qu’il ne se trouve quelqu’un pour vous réduire en esclavage par le vain leurre de la "philosophie" » (108).


  • Le lieu et le milieu — autour de Fûdo de Watsuji Tetsurô | Régis Poulet (La Revue des Ressources)
    http://www.larevuedesressources.org/spip.php?article2189

    La question du lieu est de celles qui concernent aussi bien la philosophie, les mathématiques, la géographie que la poésie. Des Présocratiques à Heidegger, la question du lieu dans son rapport à l’être a connu une césure avec Aristote et Platon – qu’Alain Badiou présente ainsi : Source : La Revue des Ressources