person:bernard collot

  • Mais jusqu’où ça va aller toutes ces conneries ? PART TWO
    http://foodamour.free.fr/index.php?post/2012/03/18/Mais-jusqu-ou-ca-va-aller-toutes-ces-conneries-PART-TWO

    « Nous dénonçons depuis longtemps la persistance des #devoirs à la #maison, dont personne n’a jamais prouvé l’utilité et qui ne font qu’accentuer les inégalités entre les enfants selon qu’ils peuvent ou non bénéficier d’aide à la maison. »
    → euh... comment ça PERSONNE n’a jamais prouvé l’UTILITÉ du travail à la maison ? Qu’est-ce que c’est que ces conneries ?! Les devoirs, c’est méga important et utile bordel. Alors, si ça n’est pas encore clair pour tout le monde : Les devoirs permettent de vérifier que l’on sait faire tout seul ce que l’on a fait ensemble, en classe. Les devoirs permettent de rebrasser, répéter, refaire... afin d’assimiler au mieux les connaissances. Quant à cette PUTAIN d’inégalité concernant l’aide à la maison. Mais quand est-ce que les parents vont comprendre qu’on s’en BRANLE de leur savoir et leurs connaissances ? En primaire ou au collège, on ne demande pas aux parents de ré-expliquer au gamin. Si le gamin ne parvient pas à faire ses devoirs, ça signifie qu’il y a quelque chose qui n’a pas été compris pendant le cours et qu’il doit absolument en parler à l’enseignant.

    #éducation (je tente le tag accentué, soyons fous)

    • Sur le fond, oui, je sais... pour autant que dire à l’enseignant qui veut habituer l’enfant à des devoirs du soir ?

      Par ailleurs ma ptiote, grande lectrice, adore les devoirs liés à la lecture. Par contre donne-lui une multiplication et là, crise de nerfs familiale assurée.

      Donc j’ai peur que ce ne soit pas aussi simple, la question se pose encore (en tout cas pour moi)..

    • C’est juste n’importe quoi. Ce texte est d’une stupidité sans nom.

      Quel sens peuvent avoir des devoirs faits le soir après déjà une journée entière passée en classe, contraint à être assis sur une chaise et à faire des trucs qui ne te plaisent pas ? Si on demandait à la plupart des salariés de ramener du boulot à la maison le soir ça ferait un scandale d’enfer (et à juste titre), mais quand ce sont des enfants et que c’est « pour leur bien » alors tout le monde ou presque s’en fout.

      Je suis convaincu que les devoirs n’ont aucune utilité (d’ailleurs ma fille est dans une école où il n’y en a pas, de devoirs). Si les 6 heures passées en classe ne suffisent pas à intégrer les apprentissages, c’est qu’il y a un sérieux problème de moyens et surtout de méthode. Et évidemment que le travail à la maison contribue à creuser les inégalités scolaires, entre ceux qui y arrivent déjà, qui vont y passer moins de temps et pourront se faire aider, et ceux qui sont déjà en difficultés, qui vont devoir subir cette corvée supplémentaire et ce renvoi permanent à leurs « incapacités », vont bien souvent essayer de l’esquiver et se faire sanctionner en retour, etc.

      Comme d’habitude, Bernard Collot dit tout ça très bien :

      http://education3.canalblog.com/archives/2009/11/11/15758246.html

      Le jour où la gauche et les « progressistes » en général comprendront que l’école, y compris l’école publique, est une des institutions les plus disciplinaires qui soient...

      Ça y’est, je suis #énervé. :-)

    • Surtout le texte parle d’une réalité qui n’existe pas.

      Mais quand est-ce que les parents vont comprendre qu’on s’en BRANLE de leur savoir et leurs connaissances ? En primaire ou au collège, on ne demande pas aux parents de ré-expliquer au gamin. Si le gamin ne parvient pas à faire ses devoirs, ça signifie qu’il y a quelque chose qui n’a pas été compris pendant le cours et qu’il doit absolument en parler à l’enseignant.

      Vous avez déjà vu, dans votre scolarité un élève qui n’a pas compris et qui demande vous ? Vous l’avez déjà fait ? Moi jamais. L’institution scolaire est fondée sur la légende que sa méthode est infaillible et que ceux qui ne comprennent pas tout de suite sont des cons (Ils n’écoutent pas, explique l’auteur). Et les parents dotés d’un capital culturel important vont se retenir d’aider leurs enfants quand les autres vont pousser les leurs à aller à l’étude ? C’est bien un monde rpevé ou tout se passe comme il faudrait, mais encore une fois, ça n’existe pas.

    • Retournez donc à l’école, tapez-vous 6h de cours chiants dans la journée, avec un sac sur le dos qui pèse un cinquième de votre poids, et vous verrez si le soir après ça vous avez encore envie de vous taper des devoirs.

      Je ne parle même pas des crétins de profs qui donnent des devoirs à faire du matin pour l’après-midi (si si ça existe) à des élèves de primaires ou collège.

      Ni de ceux qui exigent durant toute la scolarité des tonnes de paperasse. Un grand cahier 200 pages pour l’histoire-géo. Un petit cahier 100 pages pour l’éducation civique. Un grand classeur pour les maths. Un petit classeur pour le français. Etc. Cette mascarade de paperasse se perpétue jusqu’au lycée, alors qu’il serait bien plus simple d’apprendre à se servir d’un trieur et d’expliquer comment classer les cours chez soi une fois ceux-ci terminés. Ça coûterait moins cher aux familles, ça serait moins lourd, mais non. Et je ne parle pas des livres scolaires. Au collège un prof nous punissait si on n’avait pas le livre. Mais on ne l’a jamais utilisé en cours.

      D’ailleurs, si vous retournez à l’école, vous vous rendrez vite compte que vous n’avez même plus le niveau CE2.

      L’école en france est un calvaire pour les gamins, une corvée avilissante qui ne veut que mater les éléments qui ne rentrent pas dans le rang. Alors qu’on pourrait transmettre un vrai plaisir de découvrir et d’apprendre, on ne transmet que frustration et colère. On infantilise à outrance, on rends dépendant. Le système scolaire français est une remarquable machine à fabriquer des crétins.

    • J’ai la très nette impression que ceux qui ont une intelligence scolaire ont adoré l’école, les autres l’ont subie et ceux qui ont une intelligence antiscolaire, si l’on peut dire, haïe. Le problème est que l’école ne s’adresse qu’aux premiers.

    • Je dirais même qu’on apprend surtout en-dehors de l’école.

      Je ne suis même pas certain que ceux qui ont une « intelligence scolaire » aient forcément adoré l’école. Bien sûr si ils en tirent une valorisation, un sentiment de supériorité, c’est toujours plus facile que pour les autres, mais il reste le stress, la pression, la contrainte, le fait qu’on n’est pas forcément bon dans toutes les matières non plus (genre le sport), etc.

      Pour citer à nouveau Bernard Collot :

      http://education3.canalblog.com/archives/2008/09/24/10696873.html

      l’école et le système éducatif dans leur conception, les croyances sur lesquelles ils s’appuient, [...] génèrent ou accentuent ce qui est un mal-être pour tous les enfants ou ados, un gâchis d’êtres humains.

    • Moi je fais partie des adaptés au système donc j’aimais ça. Le stress, il en faut aussi un peu et même si on balise un peu avant d’aller au sport c’est pas bien méchant. En revanche j’ai pas mal discuté avec pas mal de gens moins en phase avec le système scolaire et pour eux c’était clairement l’horreur.

    • @Baroug Quelqu’un a dit le contraire ? Qui a dit qu’on n’apprenait « que » dans l’école ? Ridicule !
      En revanche je vois que certains affirment qu’on n’apprend rien à l’école et qu’il vaut mieux traîner dans la rue.
      Ce qui me laisse dubitative sur la vision des choses réelles... et l’apprentissage de la vie dans laquelle on vit, qu’on l’aime ou pas, qu’on cherche à la changer ou pas.
      Ou bien on va vivre dans des grottes troglodytes en autarcie...
      Mais ce n’est pas le cas de ceux qui écrivent ici < ;-)

    • En revanche si quelqu’un ouvre une sorte de VDM sur l’école au quotidien, je ne serai pas en reste pour participer.
      Élue sur la liste des représentants des parents, j’ai été rayée comme déléguée au conseil de classe par la Principale...
      J’ai, en effet, beaucoup à dire sur la manière dont les enfants sont traités, sur les profs harceleurs, injurieux et terrorisant les enfants. Et ça ne plaît pas que ce soit dit.
      Il est mieux vu de lécher les bottes, comme le font les autres parents élus.
      Mais les grands défenseurs des profs et les associations risquent de ne pas apprécier de se voir mis à nu de cette manière.

    • Je pense que ceux qui parlent de sécher ne veulent pas forcément dire traîner dans la rue : ça peut être aller lire dans une bibliothèque ou que-sais je. Sécher ≠ glander.

    • Le message de @bohwaz ne disait clairement pas cela !
      Par ailleurs, je parlais de situations bien particulière, et aller à la bibliothèque au lieu de l’école et chez soi n’est clairement pas le choix !
      C’est bien beau la théorie, mais dans la vraie vie c’est autre chose.

    • @bohwaz le droit à la paresse n’a rien à voir avec le droit à la fainéantise. Dans la réalité, ceux qui sèche les cours et s’instruise en même temps sont à mon avis une toute petite minorité.

      J’ai l’impression que ceux qui sont les plus virulents, contre les devoirs ou l’école en général, sont des personnes ayant eu elles-mêmes un rapport fortement conflictuel avec l’école et peut-être même avec l’éducation en général (des parents aussi donc).

      Attention à ne pas prendre sa réalité particulière pour la réalité.

    • C’est quoi la différence entre droit à la paresse et à la flemme ?

      Il est logique que les plus virulents soient ceux qui ont eu un rapport conflictuel. Je ne dispose pas de chiffres mais de seules données empiriques, mais il me semble qu’ils sont nombreux. Très nombreux. Majoritaires ?

    • @RastaPopoulos Attention, en ce qui me concerne je parle des devoirs avant 11 ans. Toutes les études montrent qu’un enfant avant cet âge ne PEUT pas travailler plus de 6h par jour (et encore, c’est énorme).
      Donc, il se décourage parce qu’il ne peut pas, donc ne donne pas de résultats. Et en plus est fatigué, et n’a pas sa part, indispensable, de jeu, de ne rien faire, de faire ce qu’il lui plaît, etc.
      C’est détruire totalement les enfants que de leur donner des devoirs avant la 5è, à la rigueur un tout de petit peu en 6è.
      En ce qui me concerne, Bac+19, mes rapports « fortement conflictuels » avec l’école concernent surtout l’ennui, le très gros ennui d’avoir intégré bien avant le cours son contenu... Alors le problème des devoirs à la maison ne sont pas ma réalité particulière... < ;-)

    • @baroug j’ai pas dit « à la flemme » j’ai dit « à la fainéantise », si tu préfères à l’oisiveté. Le droit à la paresse (qui n’a jamais été le droit à la paresse permanente, que ce soit par Lafargue ou d’autres), et bien ce n’est pas le droit à l’oisiveté.
      Pour le rapport conflictuel, majoritaires je ne sais pas... Ya une différence entre avoir eu un conflit avec tel ou tel enseignant (on a tous eu des profs cons !) et avoir un conflit avec l’ensemble de sa scolarité.

      @perline Ah mais je suis tout à fait d’accord avec toi moi. :) Ya plein de trucs qu’on comprend mieux sur le cerveaux des enfants, et pourtant on essaye toujours de leur parler soit trop comme des gogols, soit trop comme des adultes (et trop souvent ce dernier point). On projette sur eux notre vie, notre vision, nos névroses d’adultes.

    • je vois toujours pas la différence. Pourquoi « droit à la flemme », « droit à l’oisiveté » ou « droit à la fainéantise » ce serait permanent ? Droit à un truc c’est à l’exercer à certains moments. Je vois pas en quoi le mot flemme ou oisiveté change quelque chose par rapport à paresse de ce point de vue.

    • Oisiveté : qui ne fait rien. Franchement je vois pas ce que tu reproches aux gens qui ne foutent rien. Pourquoi n’aurait-on pas le droit de ne rien faire ? J’ai du mal à saisir.

      Quand au rapport conflictuel, ce n’est pas un conflit contre l’école en général mais le système scolaire français qui est gravement inutile au mieux, dangereux au pire. Et je n’ai pas eu de rapport conflictuel perso, c’est plutôt le contraire (20 de moyenne, viré de l’école à 17 ans pour avoir eu l’outrecuidance d’avoir un avis personnel et de l’avoir exprimé).


  • Le temps de l’enfant, le temps de sa construction (Café Pédagogique)
    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2012/01/06012012_CollotTemps.aspx

    Il ne vient jamais à l’esprit d’un parent de penser « je lui ai appris à parler ». L’apprentissage dont la source et l’auteur n’est que l’enfant s’effectue dans l’interaction et l’interrelation avec son entourage. Si celui-ci y contribue, c’est également dans un tâtonnement constant d’encouragements, de rectifications, de sollicitations, de propositions… Enfin, sauf cas pathologiques rares, tous les enfants apprennent à parler !
    […] Le découpage du temps c’est aussi celui des espaces et des temps de vie soigneusement cloisonnés. Il brise l’unicité de la personne et la continuité de sa construction. J’entre à l’école, je quitte mon habit d’enfant et j’endosse ma veste d’élève, d’apprenti, et je dois oublier ce qui me constituait avant de franchir la grille. Cognitivement et affectivement, c’est impossible.
    […] Il n’y a pas que le problème des rythmes scolaires qui est insoluble dans la conception de l’école telle elle est encore. Tous ceux évoqués ces dernières décennies relèvent de la même quadrature du cercle : programmes, évaluation, violence, motivation, méthodes… échec… de l’institution. Si on fait l’impasse sur les arrière-pensées politiques qui induisent l’instauration et surtout le maintien des systèmes sociaux, il n’empêche que nous sommes toujours prisonniers de nos représentations, de ce que Castoriadis appelle l’imaginaire collectif et qui nous transforme en individus hétéronomes. Plus qu’une révolution scolaire, c’est un changement de paradigme éducatif que nous devons urgemment réaliser.

    Et une définition de la #simplexité

    C’est ce qu’Alain Berthoz appelle la simplexité : en se centrant sur une conception et une mise en œuvre simples, celle de la construction des langages, on élimine la complication mais on permet la complexité.

    #éducation #temps #école_du_3ème_type #pédagogie #élèves #apprentissages #réforme


  • L’#école, cabane à lapins.
    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2011/11/18112011_Collot.aspx

    Un jour alors que j’intervenais dans un IUFM, nous nous rendions avec les étudiants prendre notre repas dans une cafétéria du coin. Notre trajet nous faisait passer devant la salle d’une cantine scolaire dont les fenêtres, grillagées, étaient ouvertes. Je demandais aux étudiants, futurs profs, de s’arrêter et d’écouter. Puis je leur posais la question : « Si dans ces locaux cela avait été des animaux d’élevage que vous auriez entendus, n’y en aurait-il pas eu un d’entre vous qui aurait téléphoné à la SPA ? » Quelques visages ont blanchi. Certains m’en ont voulu. C’est bien connu, lorsque l’on vit constamment dans l’anormalité, dans l’indécence, cela devient de la normalité et on ne voit plus ce dont nous devrions nous « indigner ». Lorsque je parle d’univers carcéraux à propos de l’école, c’est moi que l’on trouve indécent dans mes comparaisons. Et pourtant !

    #éducation #bernard_collot


  • Bernard Collot - Repenser l’école c’est d’abord repenser soi-même. Changer de paradigme

    Sur la nécessité d’envisager un changement total de paradigme si on veut réellement « changer » l’école.

    http://education3.canalblog.com/archives/2011/04/22/20953715.html

    L’école comme chaîne industrielle :

    L’école est conçue de façon parfaitement identique à une chaîne industrielle, mais curieusement , on refuse de le voir : découpage des processus de fabrication d’un produit (le bac, un diplôme) en une succession chronologique de séquences de fabrication (programmes, progressions, découpage des matières), découpage en maillons dans lesquels doivent passer successivement les objets supposés identiques (les élèves du même âge) sur lesquels des OS (les professeurs) doivent greffer ce que la programmation a établi et leur assigne de greffer (les différentes parties du programme), séparation des opérations de greffage à effectuer par l’OS de chaque maillon (matière), définition du temps qu’il doit y passer (horaires, emplois du temps), évaluation à chaque maillon pour vérifier que la pièce (l’élève) est bien conforme pour passer au maillon suivant...

    Parents et parents d’élève :

    On sait aujourd’hui que le couple parent/enfant est une entité dont les deux membres sont liés matériellement, psychologiquement, affectivement... et même aujourd’hui juridiquement. On peut facilement émettre l’hypothèse que la cognition (la construction des langages) découle de la séparation progressive des deux membres de l’entité parent/enfant jusqu’au terme où le second devient complètement autonome dans le vaste ensemble que constitue une société, c’est-à-dire lorsqu’il devient adulte. C’est donc un fait qu’il est normalement impossible à l’école de ne pas prendre en compte. Elle ne le peut pas parce qu’elle est conçue pour opérer sur des enfants justement isolés de leurs parents et transformés alors en élèves. C’est même ce qu’elle a affirmé dès le début. Dans cette conception, on peut même dire que le chantre des anti-pédagogues, JP BRIGHELLI, a raison quand il veut les éliminer complètement de l’école. Il veut les éliminer quand ils ne peuvent s’empêcher d’être parents. On a donc transformé le parent en parent d’élève ce qui est une aporie linguistique. Tout au plus on pourrait l’appeler responsable de l’élève. Et on cherche donc la place que pourrait avoir le parent d’élève dans l’école, place qui ne gênerait pas et ne modifierait pas le fonctionnement du système tout en le cautionnant.

    Liberté pédagogique :

    Tous les enseignants se cramponnent par exemple à la liberté pédagogique. Le plus curieux c’est que cette liberté pédagogique est absolument nécessaire... à la chaîne industrielle scolaire pour fonctionner ! Le point faible de cette chaîne, c’est que si elle détermine en le pensant rationnel ce qui doit être transmis, quand cela doit être transmis, comment cela doit être découpé, réparti, distribué, les stades et résultats auxquels chacun de ses opérateurs doivent aboutir, elle est bien incapable de leur indiquer quels modes opératoires vont le permettre. D’où la liberté pédagogique mise récemment dans la loi par le ministère le plus réactionnaire ! Ce qui est le plus étonnant, c’est que cette liberté pédagogique arrive à être ce qui conforte ce que l’on peut appeler un totalitarisme absolu puisque ceux qui disposent de cette fausse liberté n’ont à l’assumer devant personne, très peu vis-à-vis de l’Etat patron qui ne demande que des chiffres, pas du tout vis-à-vis des premiers concernés les enfants et leurs parents. Ces derniers étant d’ailleurs d’autant prisonniers qu’ils n’ont aucune liberté de choix, aucun droit de regard.

    Le diplôme comme élément fondamental dans la chaîne industrielle de l’école :

    Quand tout le système éducatif critique son propre baccalauréat, parce qu’il est soi- disant dévalué, parce qu’il y faudrait plus de ceci ou moins de cela, parce qu’il n’a plus la fonction que l’on pensait qu’il avait, pour tout ce qu’il engendre en amont..., il est impossible d’envisager qu’il n’a aucune utilité et que l’on pourrait s’en passer. Impossible parce qu’il faut bien qu’une chaîne aboutisse à un produit, sinon on ne peut plus concevoir la chaîne. Les diplômes n’étant pas, ce qu’ils pourraient être à la rigueur, les marqueurs de capacités puisqu’on admet qu’ils ne marquent pas grand-chose, mais les produits auxquels doivent aboutir les différentes bifurcations de la chaîne scolaire. Si on les supprime, c’est alors tout le reste qui s’écroule : les programmes, les façons de répartir la population enfantine et adolescente, les évaluations...

    Rôle des pédagogies nouvelles :

    Je ne dis surtout pas que ce que les pédagogies modernes et la pédagogie Freinet ne sont pas à défendre, à promouvoir et que leurs militants sont dans l’erreur. Ce sont bien elles qui ont modifié les données dans lesquelles l’école était enfermée. Mais d’une part elles souffrent de la dichotomie dans laquelle elles se trouvent entre une approche rationaliste (activités d’apprentissage dépendant du professeur ou de ses outils) et une approche systémique (activités dépendant des projets personnels). D’autre part elles ne peuvent pas être perçues comme rationnelles, peuvent difficilement être généralisées dans un système qu’elles déstabilisent alors nécessairement. Anne QUERRIEN et d’autres leur ont reproché de ne faire que tempérer les méfaits du système scolaire tout en l’acceptant. Ce n’est pas tout à fait faux, non pas dans la volonté d’un Freinet et de ses compagnons, mais dans le simple mode opératoire qu’elles sont devenues. Il n’empêche que, face à la destruction des enfants, il faut bien agir dans l’urgence. Mais il faudra bien arriver à ne plus les considérer comme une solution à intégrer dans le système mais comme le ferment qui ne peut conduire qu’à une autre conception, faire basculer dans un autre paradigme.

    #éducation #école