person:bernard-henri lévy

  • Même la justice française condamne BHL… (Le Monde diplomatique)
    http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2013-04-26-BHL

    Depuis quarante ans, les élucubrations de Bernard-Henri Lévy lui ont valu les réprimandes et les sarcasmes d’intellectuels aussi divers que Raymond Aron, Pierre Vidal-Naquet, Gilles Deleuze, Pierre Bourdieu... Cela n’a nullement empêché le philosophe préféré des médias d’empiler les signes de reconnaissance de la bonne société et de multiplier les propos diffamatoires. Avec un argumentaire plutôt subtil : tous ses ennemis politiques seraient assimilables à des nazis...
    La liste des bourdes et des calomnies de notre intellectuel de parodie est longue et ancienne. Il a pour distinction de s’être à peu près trompé sur tout. Soucieux d’accomplir un travail de mémoire sur les impostures intellectuelles de BHL, Le Monde diplomatique a, il y a quelques années, regroupé et classé toutes ses calembredaines dans un dossier très détaillé.


  • Les gens sont méchants : BHL ne sera pas reçu à Tripoli
    http://www.rue89.com/2013/03/18/bhl-le-juif-ne-fera-pas-le-voyage-tripoli-avec-sarkozy-240661

    Dans un contexte sécuritaire qui reste tendu, la mairie redoutait un incident : Bernard-Henri Lévy est juif, et cela pourrait servir de prétexte aux milices islamistes pour attaquer la mairie, nous expliquait-t-on lundi à Tripoli

    Selon une source proche de BHL, Nicolas Sarkozy a failli annuler le voyage et Lévy l’aurait convaincu d’y aller quand même. Que c’était « effectivement un problème » mais que « leurs amis libyens étaient dans une posture délicate car ils devaient faire attention aux islamistes ».

    Attention, il va forcément y avoir des commentaires totalement à côté de la plaque à ce sujet. Ne pas perdre de vue :
    – que cette histoire se base sur très peu de données factuelles et concerne en premier lieu des manipulateurs professionnels ; les propabilités de montage médiatique sont ici maximales ;
    – que pour un sioniste et un néoconservateur, le fait que les pays arabes soient livrés à l’intolérance islamiste et qu’Israël soit le seul refuge des juifs du monde arabe (tandis que les chrétiens arabes, eux, devraient aller en Europe), ça n’est pas une catastrophe, mais plutôt une sorte de but pratique.


  • Enracinement et universalisme, par Jean-Claude Michéa

    http://ragemag.fr/enracinement-et-universalisme-par-jean-claude-michea

    Tout le problème est ainsi de déterminer dans quelle mesure un monde sans frontière, qui se serait émancipé de toutes les contraintes traditionnelles du don et de l’échange symbolique, pourrait encore être dit véritablement humain. S’il est clair, en effet, que l’expérience locale ne peut jamais constituer que le point de départ de l’aventure humaine, il est non moins clair que c’est le développement dialectique des acquis moraux et culturels liés à cette expérience première – et non leur négation abstraite – qui seul pourra conduire à un monde effectivement commun, autrement dit à un monde dont les valeurs universelles ne seront jamais séparables du cheminement concret qui aura permis à chaque peuple – à partir de ses traditions culturelles particulières – de se reconnaître en elles et de se les approprier (rien n’est donc plus absurde, de ce point de vue, que l’idée qu’on pourrait exporter les « droits de l’homme » par la seule force des baïonnettes).

    À lire de Jean-Claude Michéa : http://www.mediatheque-martigues.fr/opacwebaloes/index.aspx?phrase=RE=jean-claude%20michéa

    À lire de Simone Weil : http://www.mediatheque-martigues.fr/opacwebaloes/index.aspx?phrase=RE=simone%20weil

    À lire de Miguel Torga : http://www.mediatheque-martigues.fr/opacwebaloes/index.aspx?phrase=RE=miguel%20torga

    À lire de Christopher Lasch : http://www.mediatheque-martigues.fr/opacwebaloes/index.aspx?phrase=RE=christopher%20lasch

    Donner, recevoir, rendre - Notes de lecture et bibliographie : http://www.mediatheque-martigues.fr/opacwebaloes/index.aspx?IdPage=448

    #michéa #don #libéralisme


  • Marie-Chantal en Afghanistan, ou le féminisme néocolonial selon "Elle"

    http://cdn-elle.ladmedia.fr/var/plain_site/storage/images/societe/edito/elles-nous-ont-donne-des-ailes-2263672/26349124-1-fre-FR/Elles-nous-ont-donne-des-ailes_mode_une.jpg

    Cette semaine, le magazine "Elle" annonce le départ de deux de ses collaboratrices de longue date, Marie-Françoise Colombani et Michèle Fitoussi. Dans son éditorial, sous le titre "Elles nous ont donné des ailes", Alix Girod de l’Ain raconte le pot de départ :
    http://www.elle.fr/Societe/Edito/Elles-nous-ont-donne-des-ailes-2263672

    A un moment, quelqu’un a lancé : « Mais qui va garder les Afghanes ? » Et c’est vrai que, depuis trente ans, Marie-Françoise et Michèle n’ont pas seulement formé des dizaines de journalistes, elles ont dédié leur force, leur énergie et leur intelligence pour la cause de toutes les femmes. Certes, leur collègue qui signe ces lignes a plus souvent manifesté sa vocation de « clown de bureau » que de figure du combat féministe, mais elle voudrait aujourd’hui se faire la porte-parole de toutes ses consœurs – et confrères ! ce qui est rare nous est cher ! – pour leur dire merci et bravo. Et les assurer, le plus sérieusement, le plus tendrement du monde, d’une chose : promis, Marie-Françoise et Michèle, on gardera les Afghanes.

    Certains ont les bébés phoques ; chez "Elle", on a les femmes afghanes. Seule le "clown de bureau", en effet, pouvait sans doute résumer - avouer - avec une telle ingénuité le regard à la fois spectaculairement ignorant et condescendant qu’elle et ses collègues posent sur leurs "protégées" de prédilection (en 2001, le magazine s’était payé un joli coup de pub en mettant en couverture une Afghane en burqa).

    Dans son hommage à sa collègue, Girod de l’Ain se lamente aussi à l’idée...

    "... de ne plus entendre Marie-Françoise tenter de nous envoyer enquêter chez les femmes opprimées du Kirghoustan inférieur (« 45 heures de voyage en hélico soviétique et 9 vaccins nécessaires, mais c’est un vrai scandale ce qui se passe là-bas »)"

    Bref, le vaste monde qui s’étend au-delà des frontières de Levallois-Perret recèle des contrées exotiques et lointaines dont on se fait une idée si vague et si caricaturale qu’on peut sans problème les fictionnaliser, façon Hergé dans un album de Tintin, en se trouvant très spirituelle. Ces pays ne sont rien d’autre qu’un réservoir de bonnes actions permettant aux bourgeoises occidentales de prendre des poses avantageuses en secourant la veuve et l’orphelin indigènes, victimes de l’arriération et de la barbarie ontologiques de leur civilisation.

    Depuis une dizaine d’années, dans le contexte de l’après-11 septembre, "Elle" a ressuscité avec éclat la grande tradition du féminisme colonial. Il y a une semaine, l’éditorial de Marie-Françoise Colombani, intitulé "Afghanes, la fin de l’espoir", donnait une vision particulièrement lénifiante de l’action de l’armée française en Afghanistan :
    http://www.elle.fr/Societe/Edito/Afghanes-la-fin-de-l-espoir-2258874

    http://cdn-elle.ladmedia.fr/var/plain_site/storage/images/societe/edito/afghanes-la-fin-de-l-espoir-2258874/25931880-1-fre-FR/Afghanes-la-fin-de-l-espoir_mode_une.jpg

    C’est fini. Son départ ayant commencé il y a une dizaine de jours, l’armée française aura bientôt quitté – pour ne pas employer le verbe « fuir » – l’Afghanistan. A ELLE, nous sommes plusieurs à partager une autre image de cette armée : celle de militaires enthousiastes arrivant en 2002 à Kaboul avec, dans leurs avions, des ordinateurs et des imprimantes que nous n’avions pas réussi à acheminer de Paris. Ce matériel était destiné à des journalistes afghanes que nous venions aider sur place à créer leur propre journal. « Roz », « jour » en persan. Un nom qu’elles avaient choisi parce qu’il symbolisait l’espoir.

    Cette couverture d’un numéro de "Roz" permet de préciser le genre d’"espoir" qu’il visait à vendre aux femmes afghanes :

    http://afghalibre.typhon.net/wp-content/uploads/2010/01/page-de-couverture-n%C2%B086-Octobre-20091-231x300.jpg

    En difficultés, le magazine avait bénéficié en 2010 d’une vente aux enchères organisée chez BHL et Arielle Dombasle :
    http://afghalibre.typhon.net/2010/01/11/ils-ont-sauve-le-magazine-roz

    http://afghalibre.typhon.net/wp-content/uploads/2010/01/soir%C3%A9e-vente-aux-ench%C3%A8res-pour-roz-21.jpg

    http://afghalibre.typhon.net/wp-content/uploads/2010/01/soir%C3%A9e-vente-aux-ench%C3%A8res-pour-roz-11.jpg

    Présentées aux lectrices de "Elle" comme charitables et apolitiques, ces bonnes actions s’inscrivent dans la campagne de propagande d’une "guerre pour les femmes", concept qui a tout à voir avec l’idéologie et pas grand chose avec la réalité, comme le résumait un peu brutalement le Feminist Peace Network en 2010, lors de la polémique sur la couverture de "Time" avec la femme au nez mutilé :

    Time Magazine Once Again Trots Out The Tired And Inexcusable ‘We’re In Afghanistan (And Have To Stay) To Protect Women’ Mantra
    http://www.feministpeacenetwork.org/2010/07/29/time-magazine-once-again-trots-out-the-tired-and-inexcusable-w

    http://img.timeinc.net/time/daily/2010/1007/a_time_cover_0809.jpg

    Why we can’t leave Afghanistan – yeah sure, we’ve achieved absolutely nothing, trashed the country and possibly put ourselves in more danger and lost too many of our own in the process as well, but don’t be so selfish as to believe that we can just leave, oh no, we have to stay and protect the poor, pitiful Afghan women (and yes that is the sound of sarcasm you hear dripping off those words).

    Alain Gresh, dans "Mourir pour la liberté (celle des femmes en particulier) en Afghanistan" (Nouvelles d’Orient, 21 août 2008), écrivait :
    http://blog.mondediplo.net/2008-08-21-Mourir-pour-la-liberte-celle-des-femmes-en

    Désormais, l’Afghanistan remplace l’Irak dans le discours américain. Et, pour le gouvernement français, c’est aussi « la bonne guerre ». Or, il est plus que douteux qu’un engagement supplémentaire de l’OTAN aboutisse à des résultats pour l’Afghanistan ; au contraire. D’abord, parce que le gouvernement mis en place à Kaboul est largement inefficace, corrompu, otage de tous les chefs de guerre. Ensuite, parce qu’un engagement occidental accru va faire de l’Afghanistan un aimant pour tous les combattants désireux de s’opposer à l’Occident et servir le discours d’Al-Qaida. Enfin, parce que l’histoire a montré, notamment en Afghanistan (les Britanniques et les Soviétiques en savent quelque chose), mais aussi dans le reste du monde, que l’on n’imposait pas la liberté et la démocratie au bout des baïonnettes.

    D’autre part, M. Sarkozy, dans son discours à Kaboul, a repris un mensonge sur la femme à qui on avait coupé la main parce qu’elle s’était mis du vernis à ongles. Ce mensonge avait déjà été dénoncé par Christian Salmon dans un article publié par Le Monde, « Le paradoxe du sarkozysme », 2 mai 2008.

    « L’histoire circule sur Internet depuis des années dans d’innombrables versions. Parfois la victime est une petite fille de 10 ans. Parfois c’est une femme. Le plus souvent, on rapporte que les talibans se “contentaient”, si l’on ose dire, d’arracher les ongles. Dans la version présidentielle, on a amputé la main. »

    « Il est étrange qu’aucune enquête sérieuse ne soit venue questionner les modes de diffusion d’une telle rumeur. Une source semble en être un rapport d’Amnesty International datant de 1997 dont les conclusions étaient bien plus modestes que les commentaires qu’il a inspirés. “Dans un cas au moins, écrivait l’organisation humanitaire, les châtiments infligés ont pris la forme d’une mutilation. En octobre 1996, des talibans auraient sectionné l’extrémité du pouce d’une femme dans le quartier de Khair Khana à Kaboul. Cette “punition” avait apparemment été infligée à cette femme car elle portait du vernis à ongles.” Sam Gardiner, un colonel de l’armée américaine, qui a enquêté sur la communication de guerre des campagnes en Afghanistan et en Irak, a démontré récemment que “l’histoire des ongles arrachés” avait été choisie par Alastair Campbell, le conseiller de M. Anthony Blair, pour illustrer les violences faites aux femmes par les “étudiants en théologie” et diffusée massivement pour convaincre l’opinion publique et les gouvernements européens qui hésitaient à se joindre à la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis. »

    « La même story fut diffusée à Washington et à Londres, en suivant des scénographies identiques, allant parfois jusqu’à utiliser les mêmes phrases. Dès novembre 2001, a révélé Gardiner, “l’orchestration de la campagne en faveur des femmes afghanes témoignait de similitudes frappantes dans le timing et les scénarios utilisés à Londres et à Washington”. Le 17 novembre 2001, Laura Bush, la première dame des Etats-Unis, déclare : “Seuls les terroristes et les talibans menacent d’arracher les doigts qui ont les ongles vernis.” Et Cherie Blair, son homologue britannique, d’affirmer (à Londres le lendemain) : “En Afghanistan, si vous avez du vernis à ongles, vous pouvez avoir les ongles arrachés.” »

    (...)

    Si la liberté des femmes en Afghanistan préoccupait tellement l’Occident, on se demande pourquoi celui-ci n’a pas soutenu le régime communiste de Kaboul entre 1978 et 1992. A aucune autre période de l’histoire de ce pays, les femmes n’ont disposé d’autant de droits...

    Paternalisme, ignorance et condescendance se retrouvent dans l’attitude de "Elle" à l’égard des minorités visibles en France, comme en a témoigné l’épisode désastreux du « black fashion power », en février 2012 – voir « Quand le magazine ELLE parle des égéries noires et tombe dans le racisme ordinaire », Afrosomething.com, 24 janvier 2012 :
    http://www.afrosomething.com/article/quand-le-magazine-elle-parle-des-%C3%A9g%C3%A9ries-noires-et-tombe-da

    « Après un article polémique, le magazine « Elle » dément tout racisme », Libération, 2 février 2012
    http://www.liberation.fr/medias/01012387546-apres-un-article-polemique-le-magazine-elle-dement-tout-racis

    En 2004, le magazine avait lancé à grand fracas un « appel à Jacques Chirac » pour l’interdiction du voile à l’école – lire Véronique Maurin, « Le magazine « Elle » profite du voile », Acrimed, 5 janvier 2004
    http://www.acrimed.org/article1432.html

    La rédaction pose sur les banlieues françaises le même regard affligé que sur l’Afghanistan, les deux ayant visiblement tendance à se confondre dans son esprit embrumé. Dans son livre « Pour en finir avec la femme », en 2004, la directrice du magazine, Valérie Toranian, racontait en ces termes le choc que lui avait causé la rencontre avec les militantes de Ni putes ni soumises (on ne rit pas) :

    « Il n’y avait plus uniquement Kaboul ou Islamabad, (...) le Kosovo ou le Rwanda pris dans la folie exterminatrice… »

    (Voir « Un féminisme mercenaire », Périphéries, 8 novembre 2004 :
    http://www.peripheries.net/article67.html )

    En dehors de ces "territoires perdus", en revanche, dans la France blanche, républicaine, galante et civilisée, tout allait bien. Avant que l’affaire Polanski, puis l’affaire DSK, viennent sérieusement bousculer cette vision irénique d’une société débarrassée du machisme, et que le renouveau du mouvement féministe français oblige sa rédaction à s’aligner un minimum, l’instrumentalisation sensationnaliste des Afghanes ou des filles des banlieues permettait au magazine de tenir un discours badintérien selon lequel le féminisme avait, à quelques broutilles près, perdu sa raison d’être : les femmes françaises ont toutes les raisons d’être enchantées de leur sort et feraient mieux d’éviter de se plaindre, ou alors on les embarque dans le premier avion pour Kaboul ou le premier train pour Trappes. En attendant, on leur fourgue des crèmes et des fringues par wagons entiers, et on les matraque d’injonctions à les rendre chèvres sur la femme et la mère qu’elles doivent être (voir « Beauté fatale » pour quelques bonnes pelletées d’exemples).

    Alix Girod de l’Ain, auteure de cet édito d’anthologie sur la garde des Afghanes, est d’ailleurs une adepte enthousiaste de la chirurgie esthétique, à laquelle elle a consacré un livre, « Un bon coup de jeune » :
    http://www.anne-carriere.fr/ouvrage_un-bon-coup-de-jeune---162.html

    En mars, elle s’était distinguée par son intervention dans le débat lancé par Osez le féminisme, qui réclamait la disparition du « mademoiselle » sur les formulaires administratifs :
    http://www.elle.fr/Societe/Edito/Apres-vous-Mademoiselle-1769892

    Il faut défendre mademoiselle parce que Mademoiselle Jeanne Moreau, Mademoiselle Catherine Deneuve et Mademoiselle Isabelle Adjani. Il faut défendre mademoiselle parce que quand le marchand de primeurs de la rue Cadet m’appelle comme ça, je ne suis pas dupe, mais je sens que je vais avoir droit à mon basilic gratuit. Il faut défendre « mad-moi-zell’ » parce qu’elle est « chaarmante », la supprimer serait porter un coup fatal aux loulous qui nous interpellent sur les trottoirs : comment on va faire, si ça devient illégal de se faire draguer dans la rue ? Il faut défendre mademoiselle parce que ma fille de 18 ans, avec ses boucles blondes et ses joues roses, n’a pas du tout, du tout, une tête de madame. A la limite, si on doit changer quelque chose sur les formulaires administratifs, il faudrait rajouter une case : « Pcsse ». Mariées ou pas, jeunes ou vieilles, ce qu’il faut revendiquer, c’est notre droit inaliénable à être des princesses.

    Elle s’était attiré quelques réponses cinglantes :

    Non, Alix Girod de l’Ain, nous ne sommes pas des princesses
    http://www.madmoizelle.com/eradiquons-les-princesses-67838

    Cette longue liste d’avanies, à laquelle il faut ajouter l’épisode de « la pipe, ciment du couple », l’été dernier (lire Gaëlle-Marie Zimmermann, « La pipe du magazine « Elle », ciment de la soumission », Le Plus, 21 juillet 2012 :
    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/597199-la-pipe-du-magazine-elle-ciment-de-la-soumission.html ), ou encore les ricanements suscités par un recyclage de camelote éditoriale un peu trop voyant
    http://www.rue89.com/2012/08/18/medias-quand-mamie-elle-radote-son-numero-dete-234705
    , auraient pu inviter à plus de modestie. Mais il faut croire que ce n’est pas si facile, pour les dames patronnesses du 6e arrondissement, de renoncer à se considérer comme l’incarnation de la femme libérée à l’échelle planétaire…

    #femmes #presse_féminine #Afghanistan


  • Libérer les Palestiniens des mensonges de Bernard-Henri Lévy (II) - Les blogs du Diplo
    http://blog.mondediplo.net/2012-11-20-Liberer-les-Palestiniens-des-mensonges-de-Bernard

    L’homme est entré à Gaza sur les tourelles d’un char israélien début 2009, lors de l’opération « Plomb durci ». Il n’a rien vu à Gaza, aucun crime, aucune violation du droit international. Pour justifier une opération qui a fait plus de 1 400 morts du côté palestinien (en majorité des civils), il a utilisé les mêmes arguments, les mêmes mensonges qu’invoquait l’armée française durant la guerre d’Algérie — ces arguments que défendait le général Bigeard, à qui le gouvernement de gauche rend hommage ce 20 novembre, et certains intellectuels de l’époque (oui, il existait des intellectuels affirmant que la torture n’était pas pratiquée en Algérie).


  • Libérer les Palestiniens des mensonges de Bernard-Henri Lévy (II) - Les blogs du Diplo
    http://blog.mondediplo.net/2012-11-20-Liberer-les-Palestiniens-des-mensonges-de-Bernard

    L’homme est entré à Gaza sur les tourelles d’un char israélien début 2009, lors de l’opération « Plomb durci ». Il n’a rien vu à Gaza, aucun crime, aucune violation du droit international. Pour justifier une opération qui a fait plus de 1 400 morts du côté palestinien (en majorité des civils), il a utilisé les mêmes arguments, les mêmes mensonges qu’invoquait l’armée française durant la guerre d’Algérie — ces arguments que défendait le général Bigeard, à qui le gouvernement de gauche rend hommage ce 20 novembre, et certains intellectuels de l’époque (oui, il existait des intellectuels affirmant que la torture n’était pas pratiquée en Algérie).

    J’avais, dans un précédent papier, appelé à libérer les Palestiniens des mensonges de Bernard-Henri Lévy. Il remet cela aujourd’hui, dans une de ses chroniques du Point (22 novembre), intitulée « Obscénités ».

    #Gaza #BHL


  • Sur le site de l’hebdomadaire Marianne en date du 7 octobre 2012, un débat entre Alain Badiou et Jean-Claude Milner dont voici le résumé de leur position-notamment sur le conflit entre les Palestiniens et l’Etat d’Israël.

    http://www.marianne.net/Badiou-et-Milner-les-meilleurs-ennemis_a223161.html

    et

    http://www.marianne.net/Badiou-et-Milner-les-meilleurs-ennemis_a223161_2.html

    Jean-Claude Milner :

    Je reprends volontiers la formule d’Alain Badiou : le XXe siècle a eu lieu. Mais ce qui a eu lieu, pour moi, c’est d’abord la découverte progressive que le nom ouvrier avait cessé de diviser. Il avait été le diviseur par excellence au XIXe siècle. Il cesse de l’être. Pourquoi ? A cause de la guerre de 1914. Les ouvriers, dans les nations industrielles, acceptent la mobilisation et l’union dans la guerre. Lénine porte sur ce point le juste diagnostic, mais il se trompe en pensant qu’il pourra ranimer la force de division du nom ouvrier, en passant par l’édification d’un Etat ouvrier. Le nom ouvrier, loin de diviser, va réunir ; il devient l’un des multiples synonymes de la cohérence sociale.

    Si le XXe siècle a eu lieu, c’est pour une seconde raison : le nom juif est redevenu un nom politique. C’est-à-dire un nom diviseur. Il l’avait été déjà. Je pense à l’affaire Dreyfus, qui d’un certain point de vue a appris la politique à une génération.

    Hitler a rouvert la question de la capacité de la politique à empêcher la mise à mort de l’adversaire. Il l’a rouverte principalement à propos du nom juif. Il a fait céder la politique ; la fin de la guerre a rétabli la politique, mais elle n’a pas refermé la question. Le nom juif est encore aujourd’hui le diviseur majeur, celui qui convoque la politique à sa limite.

    Cet ensemble de propositions affirmatives me conduit à émettre des critiques. 1) Je considère qu’Alain Badiou a sous-estimé la force imaginaire de l’antijudaïsme, aussi bien en France que hors de France. 2) Symétriquement, je considère qu’il a surestimé la portée politique du nom palestinien.

    Je m’explique. Selon moi, le nom palestinien ne divise qu’en apparence. Au contraire, il crée du consensus : au sein des honnêtes gens (je m’y inclus), qui considèrent tous que les Palestiniens sont dans le malheur ; au sein de ce qu’on appelle encore le « tiers-monde » ; de plus en plus au sein de la gauche euro-atlantique (Europe occidentale et Amérique). En tant qu’il divise en apparence, le nom palestinien promeut une apparence de politique. La question politique réelle apparaît avec le nom qui divise réellement : le nom juif.

    Alain Badiou :

    C’est bien à une mode intellectuelle que se rattachent des thèses comme « le nom ouvrier est mort, le retour du nom juif est notre événement ». Cette vision du siècle n’est-elle pas le fruit quelque peu sec d’un petit groupe de l’intelligentsia française entre 1974 et aujourd’hui ? N’est-ce pas Benny Lévy et ceux qui l’ont suivi, au nombre desquels Jean-Claude Milner, qui, déçus que les proclamations matamoresques de la Gauche prolétarienne ne les aient pas portés au pouvoir, se sont mis à critiquer férocement la « vision politique du monde » et le « progressisme », à jeter aux orties le mot « ouvrier », et bien d’autres avec lui, à faire de « juif » un nom hyperbolique, et de farouchement propalestiniens qu’ils étaient se sont, avec la même certitude d’être la fine fleur du temps, convertis au sionisme le plus intransigeant ? De tels revirements ont l’avantage de transformer un échec patent en lucidité supérieure, et d’être toujours dans le vent.

    Mais voyons les termes précis du litige. Pour commencer par les critiques les plus factuelles, je tiens à redire une fois de plus que je n’ai aucunement sous-estimé ou dénié l’existence, y compris aujourd’hui, y compris dans notre pays, de l’antisémitisme. Je renvoie à mes textes et aux actions auxquelles j’ai participé sur ce point. Mais ce que Jean-Claude Milner, lui, sous-estime de façon quasi monstrueuse, en fait nie, purement et simplement, c’est la puissance presque consensuelle, en France, en Europe sans doute, de l’hostilité aux Arabes et aux Africains noirs, sous le nom convenu d’« immigrés ». Je lui demande raison de cette dissymétrie. En ce qui concerne précisément les agissements de l’Etat d’Israël, ceux-là ne sont pas plus identifiables aux « juifs » que ne l’étaient ceux de Pétain ou de Sarkozy aux « Français », et même moins encore.

    Ensuite, au bas mot, dans ce conflit, le rapport entre les morts violentes de Palestiniens sous les coups des Israéliens et les morts d’Israéliens juifs sous les coups des Palestiniens est de cent pour un. Ceux qui ont dû fuir, abandonner leur terre, assister à la destruction de leurs maisons, être enfermés dans des ghettos et dans des camps, passer des heures pour aller d’un village à un autre, franchir des murs, ce sont les Palestiniens. On s’étonne que le sensible Milner ne soit pas, cette fois, du côté des corps parlants qu’on tue, qu’on humilie ou qu’on enferme. Dans de telles conditions, la question est de savoir par quels chemins passe la seule solution juste : un Etat moderne, c’est-à-dire un Etat dont la substructure n’est pas identitaire, mais historique. Un Etat qui solde cette guerre civile atroce en réunissant les deux parties.

    Ces remarques factuelles nous préparent à dire ceci : il est tout bonnement faux qu’un mot de la politique soit important (soit un « nom », admettons cette convention) à proportion de ce qu’il divise. Autant dire qu’en Amérique aujourd’hui le vrai nom de la politique est le « mariage gay ». Quant à chez nous, il serait plus justifié aujourd’hui que Jean-Claude Milner tienne pour des noms éminents les noms « Arabe » ou « Noir », pour ne rien dire d’« islam » et « islamisme », lesquels à l’évidence infiniment plus que le prédicat « juif », lequel est devenu consensuel au point que Marine Le Pen elle-même n’ose plus y toucher, à la différence de son papa. C’est que ledit papa avait des faiblesses pour les seules politiques que l’on connaisse dans lesquelles le mot identitaire « juif » divise absolument, nommément les fascismes, plus singulièrement le nazisme. On peut même dire que le mot « juif » n’a été un nom politique éminent, selon les critères de Milner, et donc au vu de ses pouvoirs de division, que dans le nazisme et ses succursales. Mais peut-être Milner considère-t-il désormais que toute politique s’apparente au nazisme ? Je reviendrai sur ce qui conduit sa pensée à un antipolitisme radical. Un nom est politique, dirais-je quant à moi, s’il inscrit une idée du bien, dans l’ordre de l’action collective, du mouvement historique réfléchi dans une organisation de cette action. En ce sens, du reste, il n’y a aujourd’hui que deux mots politiques fondamentaux (deux noms) : la démocratie, qui prétend unifier le monde de la vie collective sous la loi extérieure du capitalisme concurrentiel, et le communisme, qui prétend l’unifier sous la loi immanente de la libre association.

    Mais Jean-Claude Milner, comme Glucksmann, ne pense qu’à partir du mal. Il est comme ce parlementaire, M. de Mun, à qui Jaurès lançait : « Vous aimez les ouvriers, monsieur de Mun, vous les aimez saignants ! ». Sa pensée s’alimente aux désastres. Il nous l’a dit : la seule chose qu’on puisse, qu’on doive espérer, c’est de mettre fin aux massacres, c’est de condamner les mises à mort. En matière de pensée « politique », Jean-Claude Milner a grandement besoin de victimes, d’ouvriers saignants, de peuples martyrs.

    Malheureusement, les massacres trouvent leurs racines non dans l’abstraction de « la mise à mort des êtres parlants », mais dans des politiques précises, dont on sait qu’elles ne sont combattues efficacement que par d’autres politiques. S’opposer aux massacres n’a aucune consistance si cette opposition n’est pas nourrie par l’idée d’une politique absolument différente, idée qui seule peut proposer une forme d’existence collective dans laquelle le recours au massacre est exclu.

    Je crois qu’au bout du compte la thèse de Milner, c’est que la politique n’existe pas, ou même qu’elle est toujours nuisible, et que la seule chose qui compte est la morale de la survie des corps.

    Voici par contraste ma position résumée : ce qui a commencé au XIXe siècle, c’est le mot « communisme ». Il a expérimenté au XXe sa possible surpuissance, sous la forme d’une fusion entre politique (communiste) et Etat (de dictature populaire). Il faut revenir à la séparation des deux, ce qui exige une sorte de recommencement politique. Toute autre orientation, singulièrement le moralisme de la survie des corps, revient à entériner la domination, sous le mot clé « démocratie », du capitalisme déchaîné dont nous expérimentons le déploiement planétaire, prenant ainsi l’entière mesure de son infamie. Communisme ou barbarie. Jean-Claude Milner confirme, en tant que « professeur par l’exemple négatif », que nous en sommes bien là.

    Le mot de la fin est accordée à Jean-Claude Milner. Pour lui, les Palestiniens se font tuer pour que « les Etats voisins se maintiennent ». On pourrait lui poser la question suivante : "Pourquoi ces Etats ont fait la guerre à Israël en 1947-1948, durant l’expédition de Suez en 1956, la guerre des six jours en 1967, la guerre d’octobre 1973,l’annexion du Golan syrien en décembre 1981 (alors qu’aucune menace n’était perceptible), l’invasion du Lban en 1982, la guerre du Liban de juillet 2006, la guerre de Gaza décembre 2008-janvier 2009 et la toute dernière encore contre Gaza en novembre 2012 ?

    Dans tous les cas y compris en 1947-1949 Israël avait mené des guerres de type préventive. Le problème avec Jean-Claude Milner c’est que le référent « Etats-voisins » n’est pas clairement désigné. Il n’y a aucune référence au projet colonial qu’est le sionisme qui nie purement un simplement (négationnisme) le peuple palestinien et son passé en rasant toute trace et tout vestige historique.

    Je rappelle la décision de Ysrael Katz, ministre israélien des Transports, de juillet 2009 de judaïser tous les noms arabes des villages palestiniens occupés des panneaux indicateurs pour garder uniquement les termes hébreu.

    Jean-Claude Milner

    [...]

    Je ne veux pas m’attarder sur l’éventuelle superposition entre le refus d’un tel Etat et un antijudaïsme. Cette superposition existe, mais je ne ferai pas l’injure à Badiou de la lui imputer. Que la naissance de cet Etat ait été immédiatement suivie d’une guerre, qui le niera ? Cette guerre dure encore. Qu’elle provoque des morts nombreuses, qui en doute ? Il ne peut en être autrement. Les Palestiniens qui meurent sont persuadés qu’ils meurent à cause de l’existence d’Israël. Qu’ils en soient persuadés, c’est indubitable. Mais rien ne prouve qu’ils aient raison.

    Aujourd’hui, les Palestiniens se font tuer pour que les régimes en place, dans les Etats voisins, se maintiennent. C’est pourquoi je juge que la division induite par les Palestiniens ramène à un consensus, dont la majorité automatique de l’ONU est une expression parmi d’autres. Le nouveau pouvoir en Egypte annonce – vrai ou faux – qu’il se chargera lui-même de la destruction ; du même coup, le nom palestinien est effacé. Preuve que les Palestiniens ne meurent pas pour eux-mêmes. Ils meurent pour que leurs prétendus alliés et leurs prétendus chefs continuent d’être indifférents à leur sort.

    Puisqu’on me demande un certificat de sensibilité, j’avouerai que cet état de choses me touche parce qu’il est de part en part habité par le mensonge. Ce mensonge qui fait que le Palestinien se murmure, en mourant, qu’Israël l’a tué. Non, ce qui tue le Palestinien, c’est ce mensonge même. Parallèlement, l’Israélien s’imagine souvent qu’il meurt à cause des Palestiniens. C’est évidemment faux. Il meurt parce qu’il est identifié à un juif et parce que certains puissants ont besoin qu’un juif ne sache jamais si sa survie est assurée.

    Face à cela, Badiou appelle de ses vœux un Etat moderne dont la substructure ne soit pas identitaire mais historique. A mes yeux, la proposition a le même statut de fiction rationnelle que l’hypothèse communiste. Elle n’a de sens que si on accorde à Badiou la totalité de son système. Ce que je ne fais pas. Qui peut imaginer que puisse subsister un tel îlot d’exception dans une zone faite d’Etats dont la substructure est identitaire, où l’historique et l’identitaire entrent en constante intersection ?

    Qui peut imaginer que quoi que ce soit puisse se stabiliser entre Israéliens et Palestiniens, alors que la Syrie, l’Egypte, l’Iran, l’Irak et j’en passe sont pris dans les rets de l’instabilité ? Nulle part dans le monde on ne peut faire mieux que des bricolages ; dans cette zone du monde, les bricolages ne peuvent pas aller au-delà de l’armistice. Est-ce une allégeance à une doctrine du mal ? J’admets que je tiens le cours du monde pour voué au désordre indéfini, mais la mise en équation du désordre et du mal, c’est du platonisme. Or, je ne suis pas platonicien.


  • Laurent Fabius, le grand « facilitateur » | Philippe Leymarie (Les blogs du Diplo)
    http://blog.mondediplo.net/2012-09-25-Laurent-Fabius-le-grand-facilitateur

    Le compte à rebours a commencé. La France tient son nouveau hochet d’intervention, dans un conflit à sa mesure, au sein de son ex-« pré-carré » africain – qui, du coup, le redevient – mais où elle n’apparaîtra pas en première ligne : grandeurs et servitude du « facilitateur », pour reprendre le mot du nouveau chef de guerre à la française, le terrible Laurent Fabius. Dans ce conflit, comme à propos de la Syrie, et avant celle-ci de la Libye, le ministre des affaires étrangères a tendance à chausser les basques de l’inénarrable Bernard-Henri Lévy. Quant à l’armée française, elle n’est donc pas vouée entièrement à la « betteravisation » qui la guette depuis la décision d’évacuer l’Afghanistan : il y a aura, avec cette équipée dans les sables sahéliens, un peu de grain à moudre, d’armes à tirer, et de crédits à consommer... Source : Les blogs du Diplo




  • Le serment de Toto - CQFD, mensuel de critique et d’expérimentation sociales

    http://cqfd-journal.org/Le-serment-de-Toto

    Le serment de Toto

    paru dans CQFD n°101 (juin 2012), rubrique Médias, par François Maliet
    mis en ligne le 27/08/2012 - commentaires

    Le dernier film de Bernard-Henri Lévy (BHL) traite un peu de la Libye et – paraît-il – beaucoup de lui-moi-je. Malgré une campagne médiatique agressive, même les salles obscures fuient ce tout-à-l’ego. Nous ne saurons donc pas si l’œuvre élude certaines questions, comme celle que posent les relations entre le président soudanais – recherché pour génocide – et le Tripoli nouveau.

    En 2009, l’acteur Albert Dupontel avait envoyé paître en direct le journaliste de France 3 qui l’interviewait sans avoir vu son film. Alors, à CQFD, nous étions prêts à grever nos maigres émoluments pour voir Le Serment de Tobrouk, film retraçant les péripéties libyennes, de février à octobre 2011, du philosophe militaire par qui l’intervention de l’Otan est arrivée. Le bombardement promotionnel a été si intensif que l’on mourrait d’envie de guerroyer une heure quarante-six durant en compagnie de ce Davy Crockett germanopratin et sa toque en peau de raton laveur [1]. Toute la presse en a parlé : Le Monde du 26 mai et du 6 juin (BHL étant membre du conseil de surveillance du quotidien, il aurait été maladroit de ne pas), Libé du 25 mai (le quotidien étant partenaire du film, il aurait été maladroit de ne pas), Le Figaro du 25 mai, Les Inrocks du 7 juin, Le Point du 7 juin (BHL tenant son bloc-notes dans cet hebdo, il aurait été maladroit de ne pas)… Le 25 mai, dans Le Nouvel Obs, Laurent Joffrin a même osé évoquer – Laurent Joffrin ose tout – « un film d’action efficace, un thriller philosophique et stratégique ». À cette omniprésence dans la presse écrite, il faut ajouter de longs tunnels publicitaires sur TF1, France 2, France 3, i-télé, Europe 1, Canal Plus, BFM-TV, Arte (BHL étant président du Conseil de surveillance de la chaîne, il aurait été maladroit de ne pas)… N’en jetez plus, nous y allons. Sauf que… Ha. Non. Impossible. Le Serment de Tobrouk n’est pas distribué à Marseille [2] , comme dans d’autres grandes villes françaises.

    Dommage. Nous ne saurons si ce monument de narcissisme omet d’évoquer, par exemple, la relation de franche camaraderie qui lie le président du Conseil national de transition (CNT) libyen, Moustapha Abdeljalil – ancien ministre de la Justice de Kadhafi –, et Omar El-Béchir, le assez peu avenant président du Soudan voisin. « Le peuple soudanais a apporté un soutien, humanitaire mais aussi en armes, qui est parvenu à tous les révolutionnaires libyens à Misrata, dans les montagnes de l’Ouest, à Zawiyah et dans toutes les régions de la Libye », aurait déclaré El-Béchir. Afin de le remercier pour cet élan de solidarité démocratique, Moustapha Abdeljalil a reçu le président soudanais à Tripoli en janvier dernier, lui promettant d’investir dans l’agriculture et l’immobilier de son pays. Simple relation de bon voisinage ? À ceci près que, entre 2003 et 2008, le conflit au Darfour a fait 300 000 morts dans l’est du Soudan selon l’ONU. Et que Omar El-Béchir est recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crime de guerre, crime contre l’humanité et, excusez du peu, génocide. Moi-je le philosophe, qui par le passé a beaucoup glosé sur le Darfour, n’a a priori rien à redire quand le criminel de guerre présumé Omar papote affaires avec son pote Moustapha.

    Au journaliste du Figaro qui l’interrogeait sur l’aspect peu démocratique d’une guerre décidée à deux, avec Nicolas Sarkozy, BHL a eu cette – hallucinante – réponse : « Il y a des situations d’urgence. Il y a des moments où, comme disait Walter Benjamin, il faut appuyer, très fort, et très vite, sur les freins d’une histoire devenue folle. Et là, c’est malheureux à dire, mais on n’a plus le temps de la bonne et belle délibération démocratique [3]. »

    Si notre flamboyant philosophe est aussi soucieux de la justice internationale qu’il l’est de « la bonne et belle délibération démocratique » – qu’il s’évertue pourtant à exporter à grands coups de Rafale –, Omar El-Béchir peut sans problème venir boire un caoua au Café du Flore. BHL apportera les croissants.

    Notes

    [1] Vous dites ? Ce sont ses vrais cheveux ? Ho, pardon.

    [2] La rédaction de CQFD, mensuel (inter)national, est basée à Marseille.

    [3] « Bernard-Henri Lévy : “En Libye, Sarkozy s’est conduit avec grandeur” », Le Figaro, 24 mai 2012.


  • Le serment de Toto par François Maliet
    http://cqfd-journal.org/Le-serment-de-Toto

    Le dernier film de Bernard-Henri Lévy (BHL) traite un peu de la Libye et – paraît-il – beaucoup de lui-moi-je. Malgré une campagne médiatique agressive, même les salles obscures fuient ce tout-à-l’ego. Nous ne saurons donc pas si l’œuvre élude certaines questions, comme celle que posent les relations entre le président soudanais – recherché pour génocide – et le Tripoli nouveau.


  • Parce qu’il est pour nous inconcevable que le nom de féminisme se transforme en gros mot, parce qu’il reste hallucinant, aujourd’hui, de voir que les notions de blasphème ou de valeurs spirituelles d’un pays puissent être des armes de guerre juridiques et politiques pour faire taire un vaste courant d’opinion et de pensée à travers le monde, parce qu’il est tout simplement inadmissible de priver de liberté des femmes pour avoir joué de symboles religieux sans violence aucune, nous demandons, nous qui signons cette pétition, la libération immédiate et sans condition de Maria Alekhina, de Nadejda Tolokonnikova et d’Ekaterina Samoussevitch.

    http://www.bernard-henri-levy.com/pourquoi-nous-soutenons-les-pussy-riot-la-regle-du-jeu-le-16-aou #BHL #Pussy-Riot

    • DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en russe ou dans votre propre langue :

      – faites part de votre inquiétude quant au fait que Nadejda Tolokonnikova, Maria Alekhina et Ekaterina Samoutsevitch soient des prisonnières d’opinion, détenues uniquement pour avoir exprimé pacifiquement leurs opinions, et appelez les autorités à les relâcher immédiatement et sans condition ;

      – demandez-leur de mettre un terme à la persécution dont sont victimes les membres de Pussy Riot et d’abandonner les poursuites à l’encontre des deux autres membres ayant participé à l’action de février dernier ;

      – engagez-les à respecter le droit à la liberté d’expression en Russie.

      http://www.isavelives.be/fr/node/9812

      Pour moi, l’emphase de BHL nuit à la cause.

      <troll>Mais je crois que dans un siècle ou deux le mot emphase sera déprécié au profit de béhachellerie. Ou pas.</troll>


    • les batailles symboliques autour du référent religieux occultent les luttes réelles qui se développent dans ces pays autour des questions économiques, sociales et culturelles. Et elles amènent à mesurer ce qui se passe en Egypte ou en Tunisie à l’aune des discours sur la charia.

    • J’ajouterai qu’elles occultent aussi les différents choix géopolitiques des gouvernments, pourtant d’inspiration idéologique assez proche. Si Marzouki et En-Nahda ont adopté en Tunisie les positions du CCG et de l’Occident sur la crise syrienne, Morsi en Egypte s’est plutôt rapproché de la position russe sur cette question en appelant à une solution politique et en refusant l’ingérence étrangère, et devrait par ailleurs se rendre au somment des Non-alignés à Téhéran... Des choix de politique extérieure quasiment aux antipodes !


  • « Féminisme à la française » | Joan W. Scott (Libération)
    http://www.liberation.fr/politiques/01012342214-feminisme-a-la-francaise

    Dans les débats qu’a ouverts l’affaire DSK, celles et ceux qui ont pris le parti de ce dernier ont insisté (une fois de plus) sur le fait que les Américains confondaient les charmes de la séduction et la violence du viol. Bernard-Henri Lévy, par exemple, a dit de Dominique Strauss-Kahn qu’il était « un séducteur, un charmeur », pas un « violeur ». Parmi les spéculations sur le déroulement exact des faits eux-mêmes, le doute a été jeté sur la véracité du témoignage de la femme qui s’est déclarée être la victime : l’a-t-on payée pour qu’elle porte plainte ? A-t-elle mal interprété - il s’agit après tout d’une musulmane - les signaux qui montraient la nature du manège ? Ou, après y avoir consenti, a-t-elle changé d’avis ? Certains commentaires émis par la défense suggèrent que Dominique Strauss-Kahn plaidera le caractère consensuel de la relation sexuelle : pour des raisons que nous ignorons, cette femme aurait changé d’avis et ensuite menti sur ce qui s’était réellement produit. (...) Source : Libération


  • Pour mémoire : Plenel tel quel | Didier Eribon (Relevé sur le Net...)
    http://didiereribon.blogspot.fr/2012/01/pour-memoire-plenel-tel-quel.html

    Je me souviens de la mobilisation hystérique de tout l’univers journalistique, d’un bout à l’autre de l’espace politique, contre Bourdieu, traîné dans la boue dans des termes que les journaux n’appliquaient même pas à Le Pen. Encore aujourd’hui, il suffit de mentionner Sur la télévision pour provoquer des bouffées délirantes chez les journalistes qui aimeraient pouvoir contrôler qui et ce qui a accès, ou non, à l’espace public, et qui ne supportent pas que ce pouvoir leur ait été contesté par Bourdieu. Source : Relevé sur le Net...



  • vu sur rezo :
    Quel barnum :-(
    Liste éclectique et au final assez drôle

    « Prendront la parole, entre autres, Laurent Fabius, Bertrand Delanoë, Cécile Duflot, François Bayrou, Rama Yade, Fadela Amara, Axel Poniatowski, ainsi qu’André Glucksmann, Bernard Kouchner, Kendal Nezan, Aalam Wassef et Bernard-Henri Lévy.

    L’opposition syrienne s’exprimera par la voix de plusieurs témoins récemment sortis de Damas ou d’autres villes de la Syrie martyre.

    Des témoignages écrits, également venus de l’intérieur de la Syrie, seront lus par les acteurs Xavier Beauvois et Jane Birkin. »

    sic ! Jane Birkin, de mieux en mieux, re-sic !!
    http://blogs.rue89.com/neo-arabia/2011/07/03/des-opposants-syriens-rejettent-le-soutien-encombrant-de-bhl-212044
    #cirque #bonneteau


  • Attali et BHL s’en vont en guerre - Les blogs du Diplo
    http://blog.mondediplo.net/2012-06-05-Attali-et-BHL-s-en-vont-en-guerre

    Le petit club des penseurs-stratèges et des intellectuels se prenant pour des chefs d’état-major s’élargit à mesure que s’aggrave la crise syrienne : à l’instar de Bernard-Henri Levy, auto-auréolé de son épopée libyenne, qui a enjoint ces jours-ci le nouveau pouvoir français de « dépasser le véto sino-russe au Conseil de sécurité » en envisageant une opération armée sans l’aval de l’ONU contre le régime de Bachar El Assad, voici qu’une autre grande conscience, un autre « sémaphore de la pensée », Jacques Attali [1], préconise tranquillement une intervention de l’OTAN… au Sahel, « avant que l’équivalent du 11 septembre 2001 ne vienne l’imposer ».





  • Bernard-Henri Lévy, accompagné par des vétérans libyens et deux opposants clandestins au régime de Damas
    http://www.purepeople.com/media/lors-du-photocall-du-film-documentaire_m859654

    http://static1.purepeople.com/articles/3/10/11/03/@/859654-lors-du-photocall-du-film-documentaire-637x0-1.jpg

    Bernard-Henri Lévy, accompagné par des vétérans libyens et deux opposants clandestins au régime de Damas, lors du photocall du film documentaire Le Serment de Tobrouk au Festival de Cannes le 25 mai 2012

    (1) J’aime comment cette photo fait ressortir, par contraste, le courage physique de l’intellectuel engagé qui, lui, défie le régime syrien à visage découvert. Depuis un photocall sur la Croisette.

    (2) Mais alors, comment sait-on qu’il s’agit d’authentiques opposants syriens, et non de braves jardiniers marocains de la villa de l’intellectuel dépoitraillé ? (Tu as bien conscience que le Spiderman qui était présent à la première du film Spiderman, hé bien ça n’était certainement pas le vrai Spiderman ?)

    (3) Pourquoi ces supposés militants syriens se masquent-ils le visage (alors qu’il n’est pas difficile du tout de rencontrer une quantité fort respectable d’opposants syriens qui militent contre le régime depuis des années à visage découvert) ? Pour ne pas être reconnus par le régime de Bachar Assad, ou pour échapper à la honte d’être les deux seuls syriens au monde capables d’associer le drapeau syrien à l’intellectuel sioniste ?


  • Ooouuuuh la la la la la la !
    Le documentaire de Bernard-Henri Lévy sur la Libye en Séance spéciale au festival de Cannes | Next
    http://next.liberation.fr/cinema/2012/05/04/le-documentaire-de-bernard-henri-levy-sur-la-libye-en-seance-special

    Un documentaire sur la guerre en Libye réalisé l’an passé par le philosophe Bernard-Henri Lévy, sera présenté en Séance spéciale le 25 mai, a annoncé vendredi la direction du Festival de Cannes.

    « Le Serment de Tobrouk montre comment des convictions et des idées peuvent infléchir le cours de l’Histoire et rendre possible une ingérence humanitaire et politique qui semblait jusque-là impensable », écrivent dans un communiqué Gilles Jacob, le président et Thierry Frémaux, le délégué général du Festival. En accueillant la révolution libyenne dans leurs murs, les deux responsables entendent adresser un geste aux Syriens : le film-témoignage de Lévy, expliquent-ils, « rend d’autant plus troublant, et d’autant plus révoltant, le spectacle de la tuerie quotidienne qui se déroule, depuis presque la même date et encore aujourd’hui, dans la Syrie de Bachar El Assad ».

    ah ben oui, ça va en faire des beaux films de guerre tout ça ! Vite, vite, cours chercher ton fusil, tu feras parti de l’Histoire


  • Plus que cet article (bien que cela soit un témoignage, n’est pas HST, qui veut) : « C’est quoi la 3G ? Le lancement de Free mobile raconté de l’intérieur » - Rue 89
    http://www.rue89.com/rue89-eco/2012/04/16/jai-assiste-au-lancement-de-free-mobile-de-linterieur-231223

    à défaut de réaliser un article avec tout ce que cela implique d’objectivité, je peux en faire autant d’une expérience de conseiller client pour EDF, par le biais d’un témoignage en toute subjectivité.

    Bref, lisez la troisième et dernière partie (il est aussi bien de jeter un coup d’œil au première et deuxième partie) de « Xavier Niel, le capitalisme à la cool » - Acrimed
    http://www.acrimed.org/article3807.html