person:charles dickens

  • The Ends of Time, in Art and Science - Facts So Romantic
    http://nautil.us/blog/the-ends-of-time-in-art-and-science

    http://static.nautil.us/2484_b4baaff0e2f11b5356193849021d641f_314x177.jpg

    In Gallery 919, in New York’s Metropolitan Museum of Art, there is a giant breathing machine. Its creator, William Kentridge, calls it “the elephant,” after Charles Dickens’s description of factory machines that move “monotonously up and down, like the head of an elephant in a state of melancholy madness.” On the walls surrounding the elephant are five different video channels, full of metronomes, maps, springs, people in white coats, stars. The installation, called The Refusal of Time, is a collaboration between Kentridge and historian of science Peter Galison. Both men are fascinated by time—how we’ve measured it, how it works, and whether it’s real at all. In a related essay, also titled “The Refusal of Time,” Galison recounts Einstein’s relationship with Friedrich Adler—a student who quit (...)


  • [Econosphères] Les flexi-jobs, le retour de Dickens ?
    http://www.econospheres.be/spip.php?article405

    L’objectif déclaré du texte de loi est d’autoriser des contrats de travail très flexibles dans certains secteurs à haute intensité de main-d’œuvre (par exemple la construction et le transport). Les employeurs pourraient y avoir recours en cas de surcroît de travail. Mais, contrairement à un contrat de travail classique, cette forme de contrat ne mentionne pas de temps de travail précis. L’employeur peut donc faire appel au travailleur à tout moment selon ses besoins. Les heures de travail sont par la suite communiquées à l’ONSS. Selon les auteurs de la proposition de loi, “Ce système est plus simple que le recours à du travail intérimaire”, et il serait plus attractif que les heures supplémentaires. “ Les travailleurs rechignent souvent à faire des heures sup parce qu’ils ne gagnent pas tellement plus.”

     Les contrats zéro heure britanniques comme source d’inspiration

    Malgré une économie stagnante, le Royaume-Uni maintient un taux de chômage relativement bas (8 %) en comparaison avec d’autres pays européens. En creusant un peu, ce relatif succès s’explique par un appel croissant à des contrats de travail très flexibles dont les contrats « zéro heure ».

    Le Royaume-Uni connait déjà un marché du travail extrêmement flexible, les contrats « zéro heure » constituent une nouvelle étape dans la dérégulation des rapports entre employeurs et travailleurs, au détriment de ces derniers. Les contrats « zéro heure » existent depuis longtemps en Grande-Bretagne. Ils découlent des lois sur l’emploi et les salaires de 1996 et 1998. Ces deux textes stipulent qu’un salarié est lié par un contrat à son employeur, mais que ce dernier ne lui fournit aucun horaire fixe ni aucune garantie quant au nombre d’heures travaillées.

    Dans un cas de figure idéal, les entreprises fournissent à leurs travailleurs un planning de travail avec une ou deux semaines d’avance. Ils ne sont cependant pas à l’abri de modifications de dernière minute ou s’il n’y a pas assez de travail ce jour-là d’être renvoyés chez eux – sans salaire bien entendu. L’idée à l’origine de ces contrats était de permettre à des entreprises qui connaissent des pics d’activité, ou qui sont confrontées à une demande ponctuelle, d’y répondre sans avoir recours à l’embauche de salariés permanents.

    .................................................
    Notes

    [1] En Allemagne, les « mini jobs » sont des emplois rémunérés à 400 euros par mois, non-imposables et exonérés de charges sociales. Entrés en vigueur en 2003, durant le gouvernement de Gerhard Schroeder, ils correspondent à des emplois à temps partiel dont le salaire maximum mensuel est de #400_euros.

    [2] Charles Dickens : romancier de l’époque victorienne et infatigable défenseur du droit des enfants, de l’éducation pour tous, de la condition féminine et de nombreuses autres causes, dont celle des prostituées

    [3] UNISON est le plus grand syndicat professionnel du Royaume-Uni, avec plus de 1,3 million de membres .Il s’est formé en 1993 lorsque trois anciens syndicats professionnels du secteur public, le National and Local Government Officers Association (NALGO), le National Union of Public Employees (NUPE) et la Confederation of Health Service Employees (COHSE) ont fusionné.

    [4] Dans la tradition juridique anglo-saxonne de la common law, la jurisprudence est une source importante du droit, et elle lie les juges dans l’avenir.

    Les #flexi-jobs, le retour de #Dickens ?
    #contrats_zéro_heure (Royaume-Uni)
    #mini_jobs ( allemands )


  • http://myboox.f6m.fr/images/livres/reference/0002/39/de-grandes-esperances-charles-dickens-9782246115144.jpg

    « Le nom de famille de mon père étant Pirrip, et mon nom de baptême Philip, ma langue enfantine ne put jamais former de ces deux mots rien de plus long et de plus explicite que Pip. C’est ainsi que je m’appelai moi-même Pip, et que tout le monde m’appela Pip. »

    "De Grandes Espérances" peut être à juste titre envisagé à part dans l’ensemble de l’oeuvre de Dickens. Il se distingue aussi bien des longs romans, par son format et sa relative concision, que des autres livres parus en magazine hebdomadaire, dont il évite la sécheresse excessive.
    Dans les années 1950, un jury d’homme de lettres français l’a élu meilleur roman étranger du XIXème siècle devant « Guerre et Paix » et « Crime et Châtiment », et aujourd’hui encore on le cite fréquemment comme le meilleur livre de son auteur. Fait significatif : même les critiques peu favorables à Dickens lui concédent des qualités particulières, un peu comme ceux qui, n’aimant ni
    « L’Education sentimentale », « Ni Salammbô », ni « Bouvard et Pécuchet », reconnaissent les mérites de « Madame Bovary ». En somme, le « classicisme », la maîtrise formelle des « Grandes Espérances », s’ils ne déchaînent pas toujours l’enthousiasme, forcent au moins le respect."

    Ce passage est extrait de la passionnante biographie de Jean-Pierre Ohl, « Charles Dickens » qui vient de paraître dans la collection Folio-biographies.

    Charles Dickens finit d’écrire « Les Grandes Espérances » en 1861.
    C’est l’un des derniers romans de l’auteur. Il meurt en 1870.

    L’œuvre est publiée pour la première fois sous forme de feuilleton de décembre 1860 à août 1861, dans le magazine créé et dirigé par Dickens « All the Year Round », et paraît ensuite en trois volumes chez l’éditeur londonien Chapman and Hall, en 1861.

    Non, Dickens n’est pas un auteur réservé aux enfants !

    Dickens c’est Kafka, Dostoïevski ou Beckett avant l’heure.
    C’est une « substance fluide et composée » (Chesterton), un romancier de génie, un « transmutant » du réel.

    C’est l’histoire du petit Pip, élevé « à la main » par sa soeur. Une sorte de biographie fictionnelle de cet enfant qui va grandir avec nous.
    http://www.cosmovisions.com/images/LondresManifestationTravailliste.jpg
    Ce roman fourmille de personnages hauts en couleur comme souvent chez Dickens : Abel Magwitch le forçat, l’étrange Miss Havisham et sa fille Estella.
    Dickens sera malheureux en amour (malgré 11 enfants !) tout comme son héros Pip qui dit à propos d’Estella :

    « Je n’ai jamais connu une seule heure de bonheur en sa compagnie, et pourtant, je ne cessais d’espérer le bonheur de vivre avec elle jusqu’à sa mort. »

    Le gentil et le méchant, le sage et le fou, le riche et le pauvre, la belle et le laid. Les archétypes à la Dickens sont là.
    http://www.actualitte.com/images/actualites/dickens_2.jpg
    L’héritage mystérieux d’une immense fortune (l’expression « grandes espérances » désigne une promesse d’héritage) va bouleverser sa vie...jusqu’aux plus belles espérances...jusqu’aux plus cruelles désillusions...Des manoirs lugubres, une campagne anglaise magique, un Londres sombre :

    « Londres. Le Grand Four. Le Coin des fièvres. Babylone. La Grande Verrue. La lanterne magique...remplie de plus de merveilles et de plus de crimes que toutes les cités de la terre. »

    Si vous voulez visiter le Londres industriel et miséreux de cette fin du 19ème siècle, n’allez pas vous perdre dans un savant, démonstratif et ennuyeux livre d’Histoire, suivez le guide romanesque, suivez Dickens.

    Des dialogues hilarants et cinglants...La misère et l’hypocrisie. Aventures et trahisons. Des larmes et des rires...
    Ah ! L’humour féroce de Dickens : inimitable !
    Tout Dickens : magnifique !

    Dickens, c’est la vie...dure et tendre, triste et joyeuse !
    A lire absolument !

    John Irving écrit :

    « D’ailleurs c’est le propre des grands romanciers, qu’il s’agisse de Dickens, de Hardy, de Tolstoï ou de Hawthorne et Melville. On parle toujours de leur style, mais en fait, ils exploitent tous les styles, n’en refusent aucun. Pour eux, l’originalité de l’expression est un phénomène de mode qui passera. Les questions plus vastes et plus importantes, celles qui les préoccupent, leurs obsessions, resteront au contraire : l’histoire, les personnages, le rire, les larmes. »


  • « Quelques bonnes raisons pour se libérer du travail » , par Anselm Jappe - Ecologie et émancipation

    Que veut dire : « se libérer du travail » ? « Comment pourrait-on bien vivre sans travail ? » Il faut travailler pour gagner sa vie, à moins d’exploiter les autres.

    [..]

    Il est significatif que le mot « travail », au sens moderne du terme, n’existait ni en grec, ni en latin, ni en d’autres langues. L’origine du mot « travail » dérive du latin « tripalium », un instrument à trois pieds utilisé à la fin de l’Antiquité pour torturer les serfs en révolte qui ne voulaient pas travailler. À l’époque, il y avait beaucoup de personnes qui ne travaillaient que si on les y forçait par la torture. Ce mot « travail », qui n’est pas du latin classique mais qui est apparu au Moyen Âge, ne signale pas encore l’activité en tant que telle, utile aux productifs, et encore moins l’épanouissement ou la réalisation de soi, mais indique déjà comment quelque chose de pénible est obtenu par la force, et quelque chose qui n’a pas un contenu précis. Il en est de même pour le mot latin « labor », qui désigne à l’origine un poids sous lequel on trébuche et indique tout genre de peine ou de fatigue, y compris la douleur de la femme qui accouche, et non pas une activité utile. En allemand, « Arbeit » désigne l’activité de l’orphelin, celui dont personne ne prend soin, astreint qu’il est aux activités les plus pénibles pour survivre. J’ai appris hier que le mot basque qui traduit l’idée de travail évoque également la fatigue, la peine. Il ne s’agit pas là d’une excursion gratuite dans l’étymologie (déjà significative), mais cela démontre que la notion de travail, comme nous le concevons aujourd’hui, est relativement récente. Il en découle que le travail en tant que catégorie sociale, concept d’activité dans la société, n’est pas quelque chose de si naturel, de si évident, de si consubstantiel à l’être humain, mais plutôt une invention sociale.

    [..]

    On peut donc dire que le travail est une catégorie typiquement capitaliste, qui n’a pas toujours existé. Avant l’apparition du capitalisme, et jusqu’à la révolution française, un jour sur trois était un jour férié ; même les paysans, s’ils travaillaient beaucoup à certains moments de l’année, travaillaient beaucoup moins à d’autres.

    Avec le capitalisme industriel, le temps de travail a doublé ou triplé en quelques décennies. Au début de la révolution industrielle, on travaillait 16 à 18 heures par jour, comme le rapporte Charles Dickens dans ses romans.

    Une société dans laquelle le travail est le bien suprême est une société aux conséquences catastrophiques, notamment sur le plan écologique. La société du travail est fort peu agréable pour les individus, pour la société et pour la planète entière. Mais ce n’est pas tout. Puisque la société du travail, après plus de deux cents ans d’existence à peu près, déclare à ses membres mis en demeure : « Il n’y a plus de travail. » Voici une société de travail où pour vivre il faut vendre sa force de travail si on n’est pas propriétaire du capital, mais qui ne veut plus de cette force de travail, qui ne l’intéresse plus. Donc, c’est la société de travail qui abolit le travail. C’est la société de travail qui a épousé son besoin de travail en faisant du fait de travailler une condition absolument nécessaire pour accéder à la richesse sociale.

    [..]

    Par exemple, le nombre de personnes employées dans l’industrie dans les grands pays européens a presque diminué de moitié par rapport aux années soixante-dix : dans le même temps, la productivité s’est accrue, je crois, de soixante-dix pour cent, selon les chiffres divulgués. Vous savez tous que ces nouveaux procédés technologiques ont permis de réduire le nombre de travailleurs productifs parce qu’ils permettaient en même temps d’augmenter la productivité. À ce stade, on peut faire une ou deux remarques : il n’est pas vrai que le travail industriel productif diminue, qu’il se soit seulement délocalisé dans d’autres endroits, par exemple en Asie. On peut ici en discuter longuement mais il me semble assez évident que ces délocalisations en général ne regardent que certains secteurs, surtout le secteur textile, et dans certains pays pour une période de temps assez limitée.

    http://ecologie-et-emancipation.over-blog.com/article-quelques-bonnes-raisons-pour-se-liberer-