La république des #lobbies - Regards.fr
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Quoi qu’il en soit, les think tanks se sont désormais imposés dans le débat en France et relaient les intérêts de leurs financeurs. L’institut Montaigne, présidé par Claude Bébéar, président d’honneur d’AXA, est financé par 80 grandes entreprises, dont les groupes Bolloré, Bouygues et Dassault ! Terra Nova, présidé par Olivier Ferrand, ancien responsable du PS, est financé par 17 grandes entreprises, notamment Areva, Publicis, Euro RSCG, Microsoft… La Fondation pour l’innovation politique (Fondapol), initialement financée par l’UMP, vit désormais à près de 80 % grâce aux subventions du programme action n° 129 du budget des services du Premier ministre ! Fondapol est dirigée par… le « politologue » Dominique Reynié, et son conseil de surveillance est présidé par le très sarkozyste Nicolas Bazire.
Ces think tanks profitent également de la demande des médias en « experts » et autres « spécialistes » : tribunes dans les journaux, interventions lors de débats télévisés…
Aujourd’hui, à l’échelle de l’Europe, pas un gouvernement, pas une majorité, de droite ou de gauche, ne fait autre chose que cette politique que nous appelons ici la rigueur, pas un pays où l’exercice de l’État ne consiste pas à démonter l’État-providence, à réduire les dépenses publiques, à reprendre à ce qui avait été donné dans les décennies précédentes. Pas une exception. C’est un cycle nouveau. Le mot “rigueur” est mal choisi. Le mot qu’il faudrait utiliser, c’est le mot “révolution”, car c’est une révolution qui commence. Gauche ou droite au pouvoir, nous allons passer les années qui viennent à démonter pièce par pièce ce qui avait été monté depuis la Libération. Ça, c’est fini. Un autre cycle s’ouvre et ça sera très différent.
À commencer par l’#Assemblée_nationale. En septembre, Le Nouvel Observateur rapportait ainsi une étrange passe d’armes entre deux députés lors de l’examen du projet de loi de finance rectificative : « La parole est à M. Jean-Michel Fourgous », annonce alors le président de l’hémicycle. L’élu UMP n’a pas le temps de parler, il est tout de suite interrompu par son collègue communiste Jean-Pierre Brard : « Avec Fourgous, je flaire le piège du Medef ! » Brard n’était pas loin de la vérité. Les deux amendements déposés par Fourgous ont été entièrement rédigés par… deux cadres de la Fédération française des sociétés d’assurances ! « On a souvent besoin d’avoir une aide sur les sujets techniques, justifie le collaborateur de Fourgous au Nouvel Observateur. Tous les lobbies s’entourent de juristes qui savent parfaitement rédiger des amendements. Après, les députés les déposent ou non, en conscience. » À l’Assemblée, l’industrie du tabac s’appuie sur le Club des parlementaires amateurs de havane, créé en 1991 et présidé par le député-maire UDF d’Issy-les-Moulineaux André Santini, qui compte environ 42 parlementaires. Le lobby viticole s’appuie sur l’Association nationale des élus de la vigne et du vin (ANEV), créée en 1999, et qui rassemble environ 115 parlementaires issus de départements et régions viticoles. Bien sûr, les députés et sénateurs amateurs de chasse ont également leur association.
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