person:frédéric lordon

  • De la domination allemande (ce qu’elle est, et ce qu’elle n’est pas), par Frédéric Lordon - Les blogs du Diplo
    http://blog.mondediplo.net/2013-06-18-De-la-domination-allemande-ce-qu-elle-est-et-ce

    Et d’abord que veut dire « l’#Allemagne » ? Car ce ne sont pas toujours les mêmes entités qui se trouvent engagées dans les divers énoncés auxquels peuvent donner lieu l’idée de « domination de l’Allemagne ». Parle-t-on de domination industrielle ? Ce n’est pas la domination de l’Allemagne-nation, c’est la domination de l’Allemagne-capital, comprendre : du capital allemand – et ça n’est pas tout à fait pareil. En proie à leurs élans de puissance caractéristiques, et en cela semblables à leurs homologues de tous les autres pays, les entreprises allemandes s’efforcent d’éliminer leurs concurrents, luttent pour la capture de la plus grande part de marché et, conformément à la pure et simple logique (en tant que telle a-nationale) du capital, cherchent systématiquement l’avantage compétitif susceptible de leur assurer la suprématie économique. Il n’est besoin d’aucune hypothèse supplémentaire pour rendre raison de ce fait, besoin d’invoquer aucune pulsion nationale de domination, puisque en l’occurrence la pulsion de domination est inscrite au cœur même de la logique du capital et, portée par les entités privées du capital, se suffit amplement à elle-même. Aussi peut-on dire qu’il y a assurément projection de puissance des pôles capitalistes allemands, mais hors de tout projet national de puissance.

    #Union_européenne #Banque #Capitalisme #Économie #Crise_financière

    Voir aussi :
    http://blog.mondediplo.net/2013-05-25-Pour-une-monnaie-commune-sans-l-Allemagne-ou-avec
    http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2013-05-05-allemagne

    • Ce qui m’échappe, c’est en quoi la discours de Lordon ne s’applique pas en France ou au Royaume Uni.

      Certes, en France, les patrons français font des allers et retours entre administration et industrie pour mieux favoriser la coordination de l’action du Capital et des services publics, mais alors à quoi bon pointer quoi que ce soit de spécifique à l’Allemagne ? La subordination de l’état au Capital est une caractéristique transatlantique, fondatrice de l’Union Européenne depuis la communauté du charbon et de l’acier, qui n’avait rien d’une institution populaire.

    • Selon vous, de quoi la monnaie est-elle la contrepartie qu’on propose à qui ? Que croyez-vous que feraient les énarcopatrons français ou anglais s’ils en étaient tout simplement capables plutôt que consanguins ?

      Pourquoi vouloir absolument teinter de culturalisme le phénomène d’exploitation ?


  • S’il vous plaît, ne vous ruez pas chez Virgin Megastore : vous n’avez absolument pas besoin d’un iPad / Kindle / autre gadget certifié capitaliste à -50% pour profiter de la nouvelle sortie des nouvelles éditions Fakir : "Vive la banqueroute !" sous la direction de Thomas Morel et François Ruffin.

    Tout ce fatalisme, là réside leur habileté, se déguise en « leçon de réalisme ». Ainsi pédagogise chaque matin « l’édito-éco » sur ma radio, France Inter : face aux « chiffres durs de la réalité économique », face aux « principes de réalité » qui « s’imposent à tous », aux ministres socialistes, aux ouvriers de Peugeot-Aulnay, aux sidérurgistes de Florange, face à « une réalité économique incontournable », nous devons renoncer. Sans quoi nous voilà rejetés parmi les irréalistes, autant dire les rêveurs, les utopistes, les démagogues.

    (...)

    « Regardons la réalité en face », répètent-ils.
    Tel un miroir, le réel ne renvoie plus qu’au réel.
    La pensée en devient interdite, face à cette réalité posée là, comme un gros bloc solide, qu’il serait impossible de modeler, de transformer, de bouger, de contourner, de briser. Ne reste plus qu’à l’accepter et se taire. Jusqu’au « c’est comme ça » final, suprême tautologie : qu’on le prononce, et ils ont gagné. Que de découragement, que de démission, elle contient, cette expression passe-partout, « c’est comme ça », que de renoncement à la lutte, au changement, au progrès, « c’est comme ça », combien on les devine, les épaules baissées, le dos voûté, la voix désemparée « c’est comme ça », l’espoir évanoui, l’avenir rétréci, les lendemains qui ressemblent au présent, mais en pire.

    Eh bien non, ça n’est pas comme ça.
    Qu’on regarde la réalité ailleurs, en Équateur, en Islande, en Argentine, et c’est autrement, pas forcément le paradis mais autrement.
    Qu’on regarde la réalité au passé, et il en existe « des alternatives au désendettement de l’État ».
    Ce qui est n’a pas toujours été.
    Et pourrait donc bien, demain, ne plus être.
    L’histoire est une arme contre ces perroquets.

    http://www.fakirpresse.info/L-histoire-comme-arme,573.html

    • PERE UBU : J’ai l’honneur de vous annoncer que pour enrichir le royaume je vais faire périr tous les Nobles et prendre leurs biens.
      NOBLES : Horreur ! A nous, peuple et soldats !
      PERE UBU : Amenez le premier Noble et passez-moi le crochet à Nobles. Ceux qui seront condamnés à mort, je les passerai dans la trappe, ils tomberont dans les sous-sols du Pince-Porc et de la Chambre-à-Sous, où on les décervèlera. (Au Noble) Qui es-tu, bouffre ?
      LE NOBLE : Comte de Vitepsk.
      PERE UBU : De combien sont tes revenus ?
      LE NOBLE : Trois millions de rixdales.
      PERE UBU : Condamné !

      Alfred Jarry, Ubu Roi


  • Le champ intellectuel français aujourd’hui | Revue du Mauss permanente
    http://www.journaldumauss.net/spip.php?article976

    Vers la fin du XXe siècle, dix ans après la fin de la Guerre froide et la victoire planétaire du libéralisme économique, l’intellectuel – qui s’était dédié à la critique savante du scientisme comme cause d’une dérive dangereuse – est lui-même critiqué comme ennemi du progrès. Le règne de l’expert spécialisé s’impose. Cependant, depuis les années 2000 et sa série de crises mondiales aggravées par la puissance technique – et non prévues par les experts –, l’intellectuel est de nouveau sollicité pour « comprendre » et « proposer »

    #intellettuale #francia


  • Bon, ça suffit ! – #Communs / #Commons
    http://paigrain.debatpublic.net/?p=6947

    - La capacité à se coaliser.
    – L’identification d’un ensemble minimum de propositions de réforme radicale portées sans relâche.
    – Le refus tenace de la #violence et la continuation du débat avec les acteurs institutionnels.
    – Un style d’action compatible avec une #vie bonne.
    – L’exploration quotidienne d’alternatives concrètes.

    5 conditions développées là : http://paigrain.debatpublic.net/?p=7002
    En lien notamment avec : http://blog.mondediplo.net/2013-04-12-Le-balai-comme-la-moindre-des-choses
    Deux billets repris et commentés là : http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-aigrain/150413/bon-ca-suffit-les-conditions-dun-mouvement-social-de-reforme-politiq


  • Comment les politiciens français fabriquent l’argent qui a son tour sécrète les politiciens.

    les placements de la famille Fourtou en 2002 ne méritent un commentaire politique que parce que dans la période qui a suivi, le groupe Vivendi-Universal dirigé par Monsieur Fourtou a obtenu le statut fiscal du bénéfice mondial consolidé (un petit cadeau de 3,8 milliards d’euros) et Madame Fourtou a été la rapporteur et négociatrice avec le Conseil européen de la directive sur le « respect des droits de propriété intellectuelle » au parlement européen.

    De la même façon, l’affaire Cahuzac et celles qui vont suivre ne sont que les effets de bord de pratiques détestables dans l’accès et l’exercice du pouvoir.

    L’acceptation par François Rebsamen d’accueillir les rencontres cinématographiques de l’ARP à Dijon après que celle-ci les ai retirées à Beaune dont le maire Alain Suguenot avait eu le malheur de défendre la licence globale, acceptation qui permit ensuite à François Rebsamen d’amener François Hollande annoncer à ces rencontres pendant les primaires qu’il n’abrogerait pas l’HADOPI,

    la réécriture clandestine par Pierre Moscovici de l’engagement 45 de François Hollande pendant la campagne ou la désignation de Pierre Lescure pour concevoir les politiques publiques en matière de culture et internet sont beaucoup plus significatives (pour ne parler que du « petit » domaine couvert dans ce blog).

    Le grand mouvement pour « moraliser la vie politique » et la résistance majeure à toute réforme d’ensemble qui atténuerait la corruption systémique ne nous laissent aucun espoir que cela va changer sans que nous l’imposions.

    http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-aigrain/150413/bon-ca-suffit-les-conditions-dun-mouvement-social-de-reforme-politiq


  • Le balai comme la moindre des choses - Les blogs du Diplo
    vendredi 12 avril 2013, par Frédéric Lordon
    http://blog.mondediplo.net/2013-04-12-Le-balai-comme-la-moindre-des-choses

    Sans vouloir empiler les paradoxes, il se pourrait pourtant que cette continuité-là recouvre un « changement qui est maintenant », bien réel celui-là, un changement non pas d’orientation de la politique publique — puisque de ce point de vue, c’est bien le même qui prolonge le même ! —, mais un changement plus profond et plus lourd, qui précisément rend possible que la « gauche » poursuive la politique de la droite à ce point d’indistinction : un changement d’alliance de classes. Sans doute l’issue d’une trajectoire historique de long terme qui l’aura vu se déporter tendanciellement, et irréversiblement, vers la droite, le socialisme de gouvernement, après avoir abandonné la classe ouvrière pour se vouer aux dites « classes moyennes », puis « moyennes-supérieures », mais, formellement, toujours « dans le salariat », a maintenant fait, un cran plus loin, le choix de l’alliance… avec le capital.

    Intervention des salariés de PSA au conseil national du PS
    Michel Soudais http://www.politis.fr/Les-PSA-Aulnay-s-invitent-au-PS,21725.html
    http://www.youtube.com/watch?v=hf0CtFWhBFQ&feature=player_embedded#

     !

    Larmes de Filoche contre larmes de crocodile
    Par PIERRE MARCELLE, 11 avril 2013
    http://www.liberation.fr/politiques/2013/04/11/larmes-de-filoche-contre-larmes-de-crocodile_895519

    La même amorale et systémique incompétence éclate au grand jour de ceux qui font des affaires, prétendent le faire au nom d’un bien public, et gouvernent, en nom propre ou en prête-nom. Leur objectif proclamé, risible, obscène et oxymoresque, serait aujourd’hui, si l’on a bien compris, de moraliser le profit. Mais voyez Maurice Lévy, notre Warren Buffet de Publicis, se proposant avant-hier de payer plus d’impôts (et puis finalement, non) ; voyez l’ineffable Jean-Marie Messier qui, après avoir plombé les comptes de Vivendi, emballa vingt millions d’euros d’indemnités conventionnelles ; voyez Pierre Richard qui, ayant planté Dexia, prétendit à une retraite-chapeau de 6 000 000 euros annuels ; voyez Didier Lombard, PDG de France Télécom qui enterra avec le service public une trentaine de salariés suicidés, en déplora la « mode » et conserva encore après sa démission un salaire d’un demi-million d’euros annuels au titre de « conseiller spécial ».


  • Une Thérapie De Patrick Artus, par Sébastien Fontenelle
    http://www.bakchich.info/blogs/sebastien-fontenelle/une-therapie-de-patrick-artus

    Pour le dire autrement (et plus précisément) : pendant que l’ouvrier de l’industrie automobile françousque, par exemple, continue de bénéficier du versement, tous les mois, d’un salaire somptuaire (et d’une série presque infinie de facilités sociales) pour construire la Twingo –je te demande un peu -, Helmut – l’humble Helmut – sait se contenter, lui, de l’autre côté du Rhin, d’un modeste émolument délesté de toute CSG, alors qu’il fabrique des bagnoles qui passent de 0 à 100 kilomètres/heure en moins d’une nanoseconde.



    • Le style me fait un peu penser à un forum de graaand quotidien, mais sans les pseudos ni les fioritures. Juste le principe de base : un paragraphe, une merde. A la louche. Et je ne suis pas un fan absolu du diplo pourtant, promis.

      Bon je reconnais que je suis énervé ce soir. Pardon et bonsoir :-)


  • Frédéric Lordon, La régulation bancaire au pistolet à bouchon

    http://blog.mondediplo.net/2013-02-18-La-regulation-bancaire-au-pistolet-a-bouchon

    Mais au fond de quoi s’agit-il ? Trois fois rien : la race des seigneurs de la finance globalisée a perdu aux alentours de 2 000 milliards de dollars dans l’une des crises les plus retentissantes de l’histoire du capitalisme ; les banques françaises, pas feignantes, ont tenu à figurer dignement et à prendre toute leur part du bouillon. Car, pour toutes ses fanfaronnades, le système bancaire français aurait purement et simplement disparu sans les concours massifs de la Banque centrale européenne (BCE) et les aides d’Etat apportées par véhicules ad hoc interposés [4]. Sans doute les montants mobilisés en France sont-ils moindres qu’aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni — il a fallu tout de même que ces véhicules lèvent 97 milliards d’euros [5] pour nos chères banques. Les banquiers se croient dégagés de tout arriéré au motif qu’ils ont remboursé les aides d’Etat. On leur rappellera donc d’abord que les contribuables français et belges plongent — pour l’heure — de 12 milliards pour le compte de Dexia. On leur rappellera surtout que le remboursement en question ne les exonère de rien du tout, et notamment pas de l’effondrement de croissance qu’ils ont laissé derrière eux, où nous sommes encore pour un moment, avec les dizaines de milliers de chômeurs supplémentaires qui vont avec.
    Il était question d’historiens à l’instant, gageons qu’un de leurs motifs d’ébahissement tiendra à l’extravagante indulgence dont le groupe social de la finance aura pu jouir relativement à l’ampleur de son pouvoir de destruction avéré. Car cinq ans après le désastre : rien ! — et la « loi de séparation et de régulation bancaire » est à peine mieux que rien. L’idée de départ était pourtant simple : les marchés sont intrinsèquement instables, les activités de marché sont donc intrinsèquement déstabilisantes. Pas seulement pour elles-mêmes mais pour l’économie tout entière quand l’accident franchit des seuils critiques. Par conséquent, de deux choses l’une : ou bien l’on en prend son parti et l’on s’habitue par avance à devoir régulièrement repasser par des épisodes semblables, avec récession et mobilisation du corps social tout entier pour sauver la finance ; ou bien on choisit d’y mettre un terme, c’est-à-dire de cantonner la nuisance au cordon sanitaire. Dans un mélange de candeur et de parfaite sûreté de soi, Frédéric Oudéa, le patron de la Société générale, en effet « pas gêné » (au sens de Karine Berger), a cependant fini par lâcher le morceau en avouant que la loi de « séparation » n’allait le séparer que de 1,5 % du total de ses activités…
    Pour avoir, donc, quelque chose qui ne soit pas rien, il aurait fallu au texte de loi, en dépit de toutes ses dénégations, ne pas se laisser complètement intoxiquer par les jérémiades de l’industrie financière qui jure que chacune de ses opérations, même des plus scabreuses, est une « contribution au financement de l’économie ». Mais les esprits socialistes ont été dévastés par l’idée que le financement par le marché est d’une incontestable modernité — « et donc » toutes les activités connexes qui vont avec : couverture, fourniture de liquidité, financement du shadow banking system etc. Reste 1,5 %.

    #régulation_financière


  • « Le Grand Retournement » : la crise en alexandrins | Rue89 Culture
    http://www.rue89.com/rue89-culture/2013/01/23/le-grand-retournement-la-crise-vue-la-dynamite-et-en-alexandrins-238776

    Frédéric Lordon, en utilisant ce qui est par excellence la langue du théâtre classique, a trouvé un outil efficace pour mettre en cause la novlangue néolibérale qui nous étouffe, ainsi que ses applications et ses conséquences.


  • Le Grand Retournement de Gérard Mordillat

    En salle le 23 janvier 2013

    http://www.youtube.com/watch?v=2T88Jg4Dneg

    C’est la crise, la bourse dégringole, les banques sont au bord de la faillite, le crédit est mort, l’économie se meurt… Pour sauver leurs mises les banquiers font appel à l’État. L’État haï est soudain le sauveur ! Les citoyens paieront pour que le système perdure, que les riches restent riches, les pauvres pauvres. C’est tragique comme du Racine, comique comme du Molière…

    D’après la pièce de Frédéric Lordon, D’un retournement à l’autre, comédie sérieuse sur la crise financière.

    http://image.toutlecine.com/photos/l/e/0/le-grand-retournement-le-grand-retournement-23-01-2013-7-g.jpg

    #PUB #Mais_c'est_pour_ton_bien


  • Frédéric Lordon invité dans l’émission D@ns le texte sur Spinoza et Marx présentée par Judith Bernard le 30/09/2010

    http://youtu.be/GY8TH9ceyI0

    [durée 1h30]

    Il n’y a pas de société sans violence. L’utopie de la société sans violence est le passeport pour la société la plus violente qui soit (...) Les utopies ont toujours pour charge de penser la violence et de penser ses mises en forme les meilleures, les plus socialement vivables.

    Frédéric Lordon / Capitalisme, désir et servitude ; Marx et Spinoza, La Fabrique, 2010, 213 p.

    http://www.librairielalinea.fr/9782358720137-capitalisme-desir-et-servitude-marx-et-spinoza-freder

    #lordon #marx #spinoza #travail #économie



  • Je vous écris du bureau / N° 6 : « Privilèges » (Article11)
    http://www.article11.info/~~themedata~~/?Je-vous-ecris-du-bureau-No-6

    « Le rapport salarial est un rapport médiéval. » Ainsi parlait l’économiste Frédéric Lordon en une interview accordée au mensuel CQFD en 20091. Il est des petites phrases comme ça qui vous trottent dans la tête et prennent soudain tout leur sens au hasard des évènements.


  • Peugeot, choc social et point de bascule | Frédéric Lordon (Le Monde diplomatique)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2012/08/LORDON/48034

    Plusieurs centaines de milliers de manifestants ont défilé dans toute l’Espagne, en juillet, pour dénoncer le durcissement de l’austérité. Au point d’inquiéter le président du Parlement européen, M. Martin Schulz. « Une explosion sociale menace », a-t-il prévenu. En France, la crise se rappelle brutalement au bon souvenir du monde politique, jusqu’ici accaparé par les échéances électorales, avec une vague de fermetures d’usines. Le gouvernement, qui a fait de la réindustrialisation l’une de ses priorités, se trouve désormais dos au mur. (...) Source : Le Monde diplomatique


  • Peugeot, choc social et point de bascule | Frédéric Lordon
    http://www.monde-diplomatique.fr/2012/08/LORDON/48034

    En #France, la crise se rappelle brutalement au bon souvenir du monde politique, jusqu’ici accaparé par les échéances électorales, avec une vague de fermetures d’usines. Le gouvernement, qui a fait de la réindustrialisation l’une de ses priorités, se trouve désormais dos au mur. / France, #Automobile, (...) / France, Automobile, Économie, #Entreprise, #Finance, #Industrie, Protection sociale, #Travail, #Chômage, Crise économique - 2012/08

    #Économie #Protection_sociale #Crise_économique #2012/08


  • l’#Europe est la figure même de la nullité
    extrait d’une interview de Frédéric Lordon dans Médiapart

    Êtes-vous tout de même d’accord pour dire que certaines lignes commencent à bouger à Bruxelles ? Le récent rapport Liikanen, publié par un groupe d’experts de la Commission, plaide pour en finir avec le principe de la « banque universelle » et propose d’isoler les activités bancaires les plus risquées.

    « Des lignes commencent à bouger »… Nous ne sommes jamais que quatre ans après le déclenchement de la crise du siècle et les lignes viennent de considérer qu’elles pouvaient « commencer » à bouger. Il faudrait juste que les lignes se grouillent un peu si elles veulent que leur début de mouvement ne finisse à l’état de chiffon. Qui ne voit pourtant qu’en matière de régulation, il n’y a aucune volonté politique, nulle part, de dépasser le simple stade de la pantomime : le Dodd-Frank Act d’Obama est méthodiquement vidé de sa substance par le lobbying de l’industrie financière ; le rapport Vickers, supposé préconiser (pour le Royaume-Uni) la séparation banque d’investissement/banque de détail a été réduit à un filet d’eau tiède.

    Quant à son équivalent français défendu par François Hollande pendant sa campagne, Pierre Moscovici a déjà rectifié la pauvre petite « ligne » qui commençait à peine à « bouger » – et « l’ennemi sans visage » se tient les côtes de rire. Ne parlons même pas de l’Europe : en cette matière, elle est la figure même de la nullité. Ou plutôt du parfait mauvais vouloir, à peine accompagné de gesticulations verbales.

    Le Conseil européen espère également obtenir l’aval des chefs d’État et de gouvernement pour « explorer » deux pistes nouvelles. La première porte sur la « contractualisation » des politiques économiques menées par les États, en dialogue avec la Commission, pour une meilleure coordination. Qu’en pensez-vous ?

    « Contractualisation », « semestre européen », TSCG, règle d’or : autant de variantes navrantes du même profond contresens à propos de la crise européenne présente. Qui est une crise de configuration politique. La zone euro a tenté d’explorer une configuration intermédiaire entre les solutions nationales et une union complète, cette tentative a échoué. Le #fédéralisme incomplet, simplement monétaire, comme beaucoup d’économistes hétérodoxes l’avaient fait remarquer dès le départ, est intenable. Il est économiquement inefficace et politiquement odieux. C’est le problème constitutif de cette configuration qui la voue à ses tares irrémédiables, or c’est un problème tout à fait objectif !

    Dès lors en effet qu’elles se donnent un destin commun, en l’occurrence monétaire, il est impossible que des politiques économiques soient conduites hors de toute pré-coordination par des règles, sauf à laisser se développer des problèmes de free riding (passager clandestin – ndlr) et d’aléa moral (en encourageant les prises de risque parce qu’on sait qu’il existe une assurance contre ce risque – ndlr).

    Or des règles, dans leur principe même, ont le double inconvénient, d’une part de supprimer toute marge de manœuvre stratégique pour une action discrétionnaire requise en cas de choc exceptionnel, et d’autre part d’attenter directement au principe de souveraineté. Seule l’europhilie béate peut rester ignorante des effets de ces dépossessions de souveraineté populaire. Il est vrai que, devenue entièrement adepte de la raison technocratique, seule à même de dépasser les « archaïsmes nationaux », la démocratie lui semble une question tout à fait subalterne, quand elle n’est pas un obstacle à faire sauter pour de bon.

    La « contractualisation » et tous ses avatars persistent dans la logique de ce problème aussi objectif qu’insoluble : on continuera donc d’acheter la « coordination » au prix de la dé-démocratisation européenne, calcul désastreux à tous points de vue, aussi bien politique qu’économique d’ailleurs.


  • Faut-il jeter le Diplo avec l’eau du complot ? - Le blog de luftmench
    http://luftmenschen.over-blog.com/article-faut-il-jeter-le-diplo-avec-l-eau-du-complot-1097666

    A Frederic Lordon

    Intellectuel de gauche

    Journaliste de gauche

    Chercheur de gauche

    Copie à : ensemble des « intellectuels » auto-proclamés du Monde Diplo et d’Attac et autres.

    Cher Monsieur Lordon,

    C’est avec un étonnement certain, que nous avons lu votre récente tribune intitulée « Conspirationnisme, la paille et la poutre ». Si nous avions été du genre Indignés, nous vous le disons sans ambages, nous aurions été indignés.

    Le titre nous avait alléché : eu égard aux errements récents du Monde Diplomatique et de l’extrême-gauche souverainiste, nous pensions qu’il s’agissait d’une auto-critique. Il y avait en effet matière à un article aussi long que celui que vous avez rédigé. Vous auriez commencé par dire qu’il ne suffisait pas de blâmer les gens qui succombent aux sirènes du conspirationnisme d’extrême-droite, dans la mesure où la plus grande faute venait bien évidemment des intellectuels , des experts et des journalistes étiquetés « gauche alternative » qui avaient diffusé et repris des thématiques conspirationnistes et néo-fascistes dans leur propre presse.

    Rien qu’avec Le Monde Diplo, vous aviez du lourd : par exemple Alain Gresh prenant la plume pour faire de la publicité à Paul Eric Blanrue, présenté par Faurisson comme son successeur, les conférences des Amis du Monde Diplo avec comme invité d’honneur Etienne Chouard, passé depuis longtemps à la mouvance souverainiste d’extrême-droite et qui accueille des néo-nazis sur son mur Facebook.

    Au vu de vos nombreuses activités dans la sphère souverainiste « de gauche », vous auriez pu élargir : par exemple, vous appartenez au collectif des Economistes aterrés, auquel collabore également Thomas Coutrot. Ce dernier participera en septembre à un colloque organisé par René Balme , le maire de Grigny, et sera également présent le président d’ATTAC Pierre Khalfa. Cet élu anciennement du Parti de Gauche, soutient officiellement l’association d’extrême-droite Reopen 911, à qui peut être légitimement attribuée une bonne part de la diffusion des thèses antisémites et complotistes à grande échelle depuis dix ans. Monsieur Balme publiait également de la propagande négationniste sur son site Oulala.net.

    bon alors les gens du diplo conspi ou pas conspi ? C’est quoi ces histoires ?

    • Pour Alain Gresh et Blanrue, on se fera une idée de l’éloge en le lisant : http://blog.mondediplo.net/2009-08-27-Sarkozy-Israel-et-les-Juifs (le texte ne parle que du livre) ; sur les Amis, le journal ne fait pas systématiquement la police des conférences qu’ils organisent indépendamment de lui… Quant à ce genre d’accusations :

      « Au vu de vos nombreuses activités dans la sphère souverainiste « de gauche », vous auriez pu élargir : par exemple, vous appartenez au collectif des Economistes aterrés, auquel collabore également Thomas Coutrot. Ce dernier participera en septembre à un colloque organisé par René Balme »

      , il me semble qu’elles sont un peu tirées par les cheveux. Il me parait délirant de demander au membres d’un collectif de surveiller les pérégrinations de tous les autres membres afin de se distancer immédiatement du collectif si ceux-ci côtoient à un instant donné une personne suspecte.
      Qu’on soit vigilant sur les dangers du complotisme, c’est sain et nécessaire, mais dans le cas d’espèce, c’est un peu acrobatique. En revanche, Lordon me semble effectivement à côté du sujet quand il attribue le complotisme au « peuple », comme le mentionne ce texte.

    • C’est bien luftmensch ? Parce que là, cette prose là, j’ai pas pu. Après 111 lignes ma main gauche s’est mise à frénétiquement taper Ctrl-W. Mais si c’est bien je peux peut-être aller me faire soigner ?



  • En sortir | Frédéric Lordon (Les blogs du Diplo)
    http://blog.mondediplo.net/2012-09-26-En-sortir

    Il faut lire le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG). Il faut le lire non pas tant pour en découvrir les dispositions puisque celles-ci ont déjà fait l’objet d’abondantes présentations, mais pour être frappé par sa langue. Terrible novlangue où les grands principes des considérants, supposés apporter à un texte le souffle d’une vision historique, ne sont plus qu’une écœurante bouillie, où l’idéologie à peine travestie et présentée comme force d’évidence (...) Source : Les blogs du Diplo


  • L’austérité, mais dans le calme, par Frédéric Lordon
    http://blog.mondediplo.net/2012-09-19-L-austerite-mais-dans-le-calme

    Le « jeu de la mauviette » (chicken game) est un jeu de con : deux voitures se précipitent l’une vers l’autre, le premier conducteur qui dévie de la ligne pour éviter la collision est la « mauviette ». Il existe cependant une version « Fureur de vivre » plus stupide encore : les deux voitures parallèles fonçant vers un précipice, le dernier qui s’éjecte de la voiture pour ne pas faire le grand saut a gagné. On notera que dans cette version-là, les deux voitures sont perdues à coup sûr et le cas échéant un conducteur (ou deux) avec – death without a cause.

    C’est à cette merveille d’intelligence que la zone euro semble avoir décidé de s’adonner depuis trois ans – en tout cas jusqu’à la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) du 6 septembre. Les pays en détresse n’ont même pas à appuyer sur l’accélérateur, ils roulent tout seuls vers l’abîme et à tombeau ouvert. A leur côté, la BCE, qui peut les sauver, roule en parallèle mais en les regardant sans rien faire tant qu’elle n’aura pas la certitude que les « assistés » s’engagent irrévocablement dans un programme d’austérité – c’est-à-dire à souffrir mort et passion… A ce compte-là, les pays en difficulté entraînent toute la zone euro dans l’effondrement, le seul moyen qu’aient trouvé les institutions européennes de les « aider » les tuant plus sûrement. La BCE quant à elle ne bouge pas, tétanisée par les querelles byzantines de définition de son mandat, et prête à n’intervenir inconditionnellement qu’au tout dernier moment – c’est-à-dire trop tard. Pendant ce temps le bord du gouffre se rapproche gaillardement…




  • Le “modèle de propagande” d’Herman et Chomsky (La Fabrique du consentement)
    http://danielquerry.wordpress.com/2012/09/12/modele-de-propagande

    L’un comme l’autre, politisés très jeunes par leur environnement familial et leur fréquentation des milieux radicaux, sont assez naturellement amenés à se rencontrer lors de leur engagement commun contre la guerre du Vietnam à la fin des années 60. De leur collaboration qui débute alors sont nés, au cours de la décennie suivante, plusieurs épais ouvrages, précis et très documentés sur diverses questions de politique étrangère [1]. Ces études de cas leur ont donné l’occasion de mettre en évidence une orientation quasi-systématique de l’information diffusée par les grands médias dans le sens des intérêts des pouvoirs politiques et financiers dominants. (...) Source : La Fabrique du consentement