person:georges corm


  • La Première Guerre mondiale et ses conséquences sur le Moyen-orient - Georges Corm
    http://www.georgescorm.com/personal/download.php?file=art%20politique%20%C3%A9trang%C3%A8re.pdf

    La Première Guerre mondiale a eu des conséquences tragiques pour le Moyen-Orient. Elle a conduit au dépècement de l’Empire ottoman et à une balkanisation de la région. La France et la Grande-Bretagne ont semé les graines de conflits futurs en faisant des promesses contradictoires aux dif- férentes communautés. L’instabilité que l’on observe aujourd’hui au Moyen- Orient puise ses racines dans les découpages qui ont fait suite à la Grande Guerre. Une nouvelle conflagration régionale est à craindre.


  • Regarder la conférence de Georges Corm à l’Iremmo :
    http://www.youtube.com/watch?v=hsYFyuTHlzA

    Avec une conclusion comme ça, on ne s’étonnera pas qu’il se place en opposition totale avec une grande part de l’intelligentsia médiatique et académique française :

    Je pense que la bataille qui est engagée entre “mouvances islamiques” – pour les appeler comme cela – et toute l’opinion du monde arabe qui ne partage pas les vues théologico-politiques du wahhabisme est la bataille qui va décider du sort du monde arabe pour les prochains siècles.


  • Georges Corm et Régis Debray : le profane, le religieux et le choc des ignorances
    http://www.afrique-asie.fr/component/content/article/70-points-chauds/4643-georges-corm-et-regis-debray.html

    Face-à-face Le xxie siècle sonne-t-il vraiment le grand « retour au religieux ». Pour en débattre, nous avons convié l’historien et économiste Georges Corm et le philosophe Régis Debray. Le premier démontre que la religion est instrumentalisée pour des desseins profanes, le second acquiesce, mais en précisant : instrumentaliser n’est pas inventer des clivages confessionnels.

    (...)

    G. C. C’est la différence entre un intellectuel parisien de très haut vol et l’enfant que je suis de la diversité des communautés, vécue de l’intérieur, et qui donc a une autre vision de ces « tribus » et communautés religieuses. À partir de ce vécu, il y a beaucoup de séquences que je ne trouve pas opératoires dans l’analyse que vous faites de l’importance du fait religieux et que vous faites remonter à 50 000 ans en arrière. En revanche, il est intéressant de voir qu’on ne peut pas mettre toutes les religions dans le même sac. Le monothéisme est le plus dangereux, car on l’instrumentalise plus facilement avec ce paradoxe que l’islam est la religion de la compassion et de la miséricorde, le christianisme de l’amour, du pacifisme et de l’universalisme.

    Vous parlez des religions comme si c’était des entités vivant par elles-mêmes. Ce sont les hommes qui font les religions. La pratique des premiers siècles du christianisme est complètement différente de celle de l’Empire byzantin, laquelle est différente du christianisme des xviiie et xixe siècles en Europe. Pareil pour l’islam. Ce que je vis et j’observe dans les milieux communautaire, c’est la grande diversité d’opinion et de comportement à l’intérieur de chacune d’elle … C’est pourquoi je trouve peu opératoire le concept de communauté comme entité compacte, dont tous les membres auraient la même psychologie et le même comportement. Aussi parler aujourd’hui dans l’abstrait de « sunnites » et de « chiites » comme clé d’explication des conflits ne me paraît guère pertinent. Ce sont les Turcs et les Perses qui ont un énorme contentieux et non pas les Arabes et les Perses. Car ce qui a épuisé ces deux grands empires musulmans (l’Ottoman et le Séfévide), ce sont les guerres qu’ils se sont faites entre eux. L’Empire séfévide a fait venir au XVIè siècle des hommes de religion chiites du Liban pour aider à développer le chiisme afin d’essayer d’arrêter l’expansion de l’Empire ottoman. Les Arabes – toutes tribus et toutes confessions religieuses confondues - n’ont rien à voir là-dedans : ils sont sortis de l’Histoire à peu près au xe siècle et sont toujours dehors. Aussi analyser la politique de l’Iran à travers le prisme sunnite-chiite ou le prisme Arabes et perses ne fait guère de sens.




  • Pour une analyse profane des conflits, par Georges Corm
    http://www.monde-diplomatique.fr/2013/02/CORM/48760

    En règle générale, la présentation d’un conflit fait abstraction de la multiplicité des facteurs qui ont entraîné son déclenchement. Elle se contente de distinguer des « bons » et des « méchants » et de caricaturer les enjeux. Les protagonistes se verront désignés par leurs affiliations ethniques, religieuses et communautaires, ce qui suppose une homogénéité d’opinions et de comportement à l’intérieur des groupes ainsi désignés.

    Les signes avant-coureurs de ce type d’analyse sont apparus durant la dernière période de la guerre froide. C’est ainsi que dans le long conflit libanais, entre 1975 et 1990, les divers acteurs ont été classés en « chrétiens » et « musulmans ». Les premiers étaient tous censés adhérer à un regroupement dénommé Front libanais, ou au parti phalangiste, formation droitière de la communauté chrétienne ; les seconds étaient réunis dans une coalition dénommée « palestino-progressiste », puis « islamo-progressiste ». Cette présentation caricaturale ne s’embarrassait pas du fait que de nombreux chrétiens appartenaient à la coalition anti-impérialiste et anti-israélienne, et soutenaient le droit des Palestiniens à mener des opérations contre Israël à partir du Liban, alors que bien des musulmans y étaient hostiles. En outre, le problème posé au Liban par la présence de groupes armés palestiniens, et par les représailles israéliennes violentes et massives que subissait la population, était de nature profane, sans relation aucune avec les origines communautaires des Libanais.


  • #Georges_Corm
    C’est une bataille titanesque qui se joue aujourd’hui, principalement en #Syrie

    ...
    Dans les deux cas, l’impression donnée est celle d’une guerre entre sunnites et chiites qui cache, en réalité, la lutte entre deux axes géopolitiques : celui qui défend la prépondérance américano-israélienne, saoudienne et turque au Moyen-Orient, d’un côté, et celui qui conteste cette prépondérance et qui, aujourd’hui, regroupe l’Iran, la Russie, la Chine, le régime syrien et le Hezbollah libanais et ses alliés locaux qui se recrutent dans toutes les communautés libanaises, de l’autre côté. C’est une bataille titanesque qui se joue aujourd’hui principalement en Syrie, plus accessoirement en Irak et au Liban.
    ...

    http://new.humanite.fr/monde/georges-corm-c-est-une-bataille-titanesque-qui-se-548401


  • Sélection d’archives sur le #takfirisme et les #takfiristes :

    L’unité retrouvée des peuples arabes, par Georges Corm - Avril 2011
    http://www.monde-diplomatique.fr/2011/04/CORM/20368

    Et l’Irak accouche d’une nouvelle génération de djihadistes, par Vicken Cheterian - Décembre 2008
    http://www.monde-diplomatique.fr/2008/12/CHETERIAN/16617

    Al-Qaida contre les talibans, par Syed Saleem Shahzad - Juillet 2007
    http://www.monde-diplomatique.fr/2007/07/SHAHZAD/14902

    Une idéologie messianique, le takfirisme, par Syed Saleem Shahzad - Juillet 2007
    http://www.monde-diplomatique.fr/2007/07/SHAHZAD/14907

    Misère et djihad au Maroc, par Selma Belaala - Novembre 2004
    http://www.monde-diplomatique.fr/2004/11/BELAALA/11654

    Merci @Nidal de faire le travail à notre place. #ebook ?


  • Avril 2011 - L’unité retrouvée des peuples arabes, par Georges Corm (Le Monde diplomatique)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2011/04/CORM/20368

    D’autres événements majeurs ont fait peser une chape de plomb sur les sociétés arabes. Les idéologies identitaires basées sur l’islam ont remplacé le nationalisme anti-impérialiste et laïque. Leur source est à rechercher dans la promotion très active du salafisme par les monarchies pétrolières du Golfe et plus particulièrement le wahhabisme saoudien. Le nationalisme arabe a été accusé de tous les maux et la solidarité panislamique promue comme l’unique solution. C’est ce que tentera de réaliser, au cours des années 1970, l’Organisation de la conférence islamique (OCI), créée sous la houlette de l’Arabie saoudite et du Pakistan et qui éclipsera le Mouvement des non-alignés, ainsi que la Ligue des Etats arabes, paralysée par les querelles. A la fin de la décennie, Riyad et Islamabad parviennent à mobiliser des pans de la jeunesse dans le djihadisme contre les troupes soviétiques en Afghanistan. Ce djihadisme sera ensuite transféré en Bosnie, puis en Tchétchénie et enfin au Caucase. Une partie de ce mouvement devient takfiriste : il va s’exercer à l’encontre d’autres musulmans jugés impies. Son héros intellectuel sera Sayyed Qotb (1) ; son héros militaire et guerrier, M. Oussama Ben Laden.

    #takfiristes


  • Interview de Georges Corm par El Watan, 28 juillet 2013:
    http://www.georgescorm.com/personal/download.php?file=assafir%20august%202013.pdf

    En tous cas, le résultat de cette épreuve de force entre partis laïcs et partis à référent religieux en Egypte déterminera largement l’avenir du Monde arabe. Pour faire diminuer d’intensité ce conflit, il n’y a, à mon sens, qu’une direction à prendre : s’occuper de mettre en place un modèle alternatif de développement économique et social, inspiré des expériences des tigres asiatiques. Le clivage actuel entre partis laïcs et partis à référent religieux dans le Monde arabe est le résultat d’un vide abyssal de pensée économique nouvelle. Il faut rapidement faire émerger une telle pensée qui, sortant des sentiers battus des recettes néolibérales prônées par les institutions financières internationales, trouve des solutions radicales aux énormes problèmes économiques et sociaux : chômage massif des jeunes, exclusion, inégalités sociales et régionales monstrueuses, méfaits de la persistance de l’économie de rente, de la concentration de richesses aux mains de milliardaires proches des pouvoirs, échec enfin à intégrer l’univers de la science et des technologies modernes.

    Ce sont ces facteurs qui ont provoqué les manifestations populaires géantes dans tout le Monde arabe au printemps 2011 – suite aux deux révolutions tunisienne et égyptienne. Malheureusement, aucun des gouvernements issus de ces mouvements n’a pris ces problèmes à bras le corps, ni les partis laïcs ni ceux à référent religieux n’ayant le moindre programme économique différent des politiques mises en œuvre depuis des décennies. Tant que ces questions vitales n’occuperont pas le devant de la scène, faisant passer au dernier plan la querelle monotone et sans horizons sur le rôle du religieux dans la vie politique, nous resterons enfermés dans l’instabilité, l’insécurité, et nous n’aurons ainsi que des horizons bouchés pour toute les jeunes générations.

    • Georges Corm a beaucoup plus longuement développé cette question économique dans deux récents éditoriaux du Safir : l’occasion perdue des révolutions arabes (5 et 7 août 2013).
      http://www.assafir.com/Article.aspx?EditionId=2532&ChannelId=61112&ArticleId=339
      http://www.assafir.com/Article.aspx?ArticleId=565&EditionId=2534&ChannelId=61164

      الغياب المفجع لأية رؤية بديلة
      للمسار التنموي العربي الفاشل

      أريد هنا أن أذكر سبباً أعتبره أيضاً رئيساً في تعثر الموجة الثورية العربية وقلَّما نتحدث عنه، ألا وهو غياب أي تصوّر لنموذج تنموي بديل من التنمية المشوّهة التي تتميز بها سلباً الاقتصادات العربية جميعها، وهي اقتصادات ريْعية الطابع واحتكارية تركّز الثروات في أيادٍ قليلة تجني أرباحاً طائلة وسهلة، لا تستثمرها في بناء قدرات إنتاجية في مجالات العلم والتكنولوجيا، تُوَظَّف في نشاطات اقتصادية ذات القيمة المضافة العالية. هذه هي الطريقة الوحيدة التي يمكن بدورها أن تؤمِّن فرص العمل اللائقة للعنصر الشاب العربي وترفع من مستويات المعيشة لدى الفئات الفقيرة والمهمَّشة وهي تعيش حياةً يومية صعبة للغاية بحثاً عن لقمة العيش في بحر من الثراء الذي تكوَّم لدى القيادات السياسية ومحاسيبها من بعض رجال «الأعمال». ولْنتذكر أنَّ أهم شعار قد رُفع من المحيط إلى الخليج هو الكرامة. والحقيقة هذا ما يذكّرني بمؤلَّف قيِّم للغاية كتبه منذ عقود المرحوم الدكتور يوسف صايغ بعنوان «الخبز والكرامة». وفي نظري أنَّ ما جمع الجماهير العربية من المحيط إلى الخليج في آذار 2011 هو مطلب الخبز والكرامة، أيْ المجتمع الإنتاجي الذي وحده يوفر فرص العمل اللائقة ويحقق الكرامة الوطنية في كل قطر عربي وعلى مستوى المجموعة العربية جمعاء، للتخلّص من كل الهيْمنات الخارجية ولإعادة الحق إلى أصحابه في فلسطين المحتلة التي لن تحرَّر إلا بالقوة الجماعية العربية تساندها قدرة إنتاج فعالة.

      لكنَّ الإعلام العربي والدولي حول الثورات قد ركّز حصراً على قضية الديموقراطية والحريات الشخصية، سواءً من وجهة نظر الليبرالية أم من وجهة النظر الإسلامية الداعية إلى ضرورة إقامة أنظمة إسلامية في الحكم، وهي حتماً تؤدي إلى الحد من الحريات الشخصية جوهرياً. وقد غاب عن تحليل مجريات الأمور الثورية أية إشارة إلى طرق ووسائل الوصول إلى نمط تنموي متجدد، مستقل عن النموذج النيوليبرالي الذي تفرضه مؤسسات التمويل الدولية، كما الإقليمية العربية أو الإسلامية. وهذا ليس بالقضية السهلة نظراً لعمق تجذر الاقتصاد الريْعي غير المنتج في كل أنحاء الوطن العربي، بالإضافة إلى اتكال الاقتصادات العربية إما على زيادة أسعار النفط وإما على التحويلات المالية التي يقوم بها الملايين من المغتربين العرب لذويهم في الوطن، وكذلك المساعدات الغربية، سواء بشكل قروض أو هبات، والمساعدات الآتية من الدول النفطية في شبه الجزيرة العربية. وحسب علمنا فلم نرَ حزباً سياسياً، إسلامياً كان أم مدنياً، قد ركّز في برامجه وشعاراته على هذه القضية المركزية لكي تصل الثورات العربية إلى بر الأمان. ما شهدناه هو فقط وعود بتحسين مستويات المعيشة، تجسدت بشكل مجزأ وفوضوي بزيادات أجور هنا وهناك تحت ضغط العمال ونقاباتهم، دون أن تقابلها أية خطة للنهوض الإنتاجي بغية كسر حلقة الاقتصاد الريْعي. إنَّ هذه الحلقة السلبية الأثر، هي التي تحول منذ عقود دون الدخول في عالم الإنتاج والعلم والمعرفة، وبالتالي في نموذج اقتصادي على غرار دول شرق آسيا يمكن أن يوفّر فرص العمل الكافية لاستيعاب كل العاطلين من المساهمة في الإنتاج لكي تدخل الاقتصادات العربية في حالة تنافسية حقيقية في الأسواق الدولية.


  • Georges Corm, ancien ministre libanais des Finances : « Je ne crois pas à un embrasement du Liban » - Liban / Entretien - RFI
    http://www.rfi.fr/moyen-orient/20130723-georges-corm-je-crois-pas-embrasement-liban?ns_campaign=google_choix_re

    Souhaiter la disparition d’une organisation qui a un arsenal militaire bien plus important que celui de son propre Etat, et qui de surcroît l’utilise chez ses voisins, cela peut paraître concevable ?

    Oui, présenté sans prise en compte du contexte historique complexe, cela peut apparaître légitime. Mais si vous ajoutez au tableau les interventions externes intensives dans le conflit syrien et l’envoi de milliers de combattants de toutes nationalités - y compris européennes - pour obtenir l’effondrement du régime ; et si vous prenez en compte le fait que le régime syrien a facilité de tout temps l’approvisionnement du Hezbollah en armes en provenance d’Iran - ce qui a permis au Liban de se débarrasser de 22 ans d’occupation israélienne au sud du Liban -, alors la question devient moins simple. Tant qu’Israël demeurera aussi puissant, et l’armée libanaise aussi insignifiante, les armes du Hezbollah seront légitimes. Certes, l’idéologie religieuse de ce parti ne pourra jamais faire consensus au Liban, mais tant qu’il ne cherche pas à l’imposer à la population, on ne peut la lui reprocher. En tout cas, on ne peut lui en vouloir de nous avoir libérés de l’occupant israélien.

    • ... Dans cette dynamique, la partie pro-occidentale veut déstabiliser l’armée, puisque la doctrine militaire de l’armée désigne Israël comme le plus grand danger pour le Liban et, en conséquence, soutient la résistance du Hezbollah. Je crois que l’on assiste surtout à une tentative d’impliquer le Hezbollah dans des combats internes pour l’affaiblir fortement et assurer le succès d’une éventuelle nouvelle intervention militaire. ...

    • Lors du dernier « salon du livre » de Beyrouth G. Corm était l’un des invités. A la fin de son intervention, dans laquelle il avait abordé la question des problèmes économiques du Liban- et à aucun moment le Hezbollah-, un petit malin dans l’assistance avait cru bon se saisir de l’occasion pour, sourire en coin, suggérer à Corm que le Hezbollah et ses armes étaient la principale cause desdits problèmes.

      Avec un calme olympien et pince sans-rire, Georges Corm lui a répondu qu’au contraire, en défendant le pays contre Israël avec ses propres armes le Hezbollah faisait économiser un argent fou au Liban.


  • Entretien avec Georges Corm – Panorama du Moyen-Orient - Les clés du Moyen-Orient
    http://www.lesclesdumoyenorient.com/Entretien-avec-Georges-Corm.html

    ... pour ce qui est de la transition vers la démocratie, le problème qui se pose aujourd’hui est essentiellement celui de la nature des mouvances islamiques sur lesquelles les milieux européens et américains ont misé depuis bien des années. Ces mouvances, trop souvent idéalisées, ont désormais montré leur vrai visage, celui d’un autoritarisme et d’un désir de contrôle des libertés individuelles.

    • ... est-ce que les mouvances de type modernistes, laïques ou attachées aux libertés individuelles et qui refusent le référent religieux dans le fonctionnement d’un système politique vont pouvoir s’affirmer face aux mouvances islamiques ? On peut être inquiet si l’on prend en compte le fait que ces dernières jouissent jusqu’ici de l’appui total de l’Occident et qu’elles bénéficient en outre de très importants financements en pétrodollars, en provenance des royautés et émirats pétroliers alliés des Etats-Unis et de l’Europe...


  • Alors ça y est, tu as compris, maintenant, pourquoi les intellectuels libanais qui depuis des mois dénoncent les salafistes armés comme illégitimes et dangereux, ne sont pas automatiquement des suppôts de Bachar ?

    Ou c’est encore trop subtile pour toi et tu préfères continuer à prétendre que René Naba et Georges Corm sont de méchants baasistes ?

    • Ben alors Nidal, on se lâche ? Gardes-en sous le mied, car ce n’est que le début, hélas... As-tu noté au passage le silence assourdissant de nos médias ordinaires, au sens très fort de l’adjectif, qui n’en rate pas une en Syrie mais qui semblent totalement aveugles à l’assassinat d’une presque vingtaine de soldats de l’armée régulière libanaise (et au risque de voir le Liban, la région, partir dans un délire difficilement prévisible) ?...


  • L’évolution de l’économie libanaise en débat
    Lebanon’s economy needs a ‘major shock’ to see growth | Business , Lebanon | THE DAILY STAR
    http://dailystar.com.lb/Business/Lebanon/2013/May-31/218932-lebanons-economy-needs-a-major-shock-to-see-growth.ashx#axzz2Ux

    Face aux indicateurs économiques alarmants et aux discours catastrophistes de l’élite financière, Georges Corm tient à calmer le jeu.

    former Finance Minister and economist George Qorm maintains that the Lebanese economy remains resilient despite security incidents sweeping the country.

    “Despite the fact that the wealth and prosperity is concentrated in the hands of few affluent people and some luxury districts in the capital, the Lebanese economy is managing with or without a government,” he said.

    Playing down the significance of some worsening economic indicators, Qorm accused the media of highlighting negative numbers to push political agendas forward, which was weighing negatively on confidence.

    “The economy is part of what is said in the media and while indicators remain mixed, the numbers look good compared to regional countries in crisis,” Qorm added.

    Son discours va dans le même sens que l’économiste Charles Abdallah lors d’une intervention remarquée à Lyon en février dernier, qui devrait être publiée prochainement. C. Abdallah faisait remarquer que la soi-disant croissance des dernières années était une bulle due à des transferts de capitaux très politiques, au bénéfice du secteur immobilier de la capitale et, en 2009, destinés aux achats de voix lors des élections législatives. Bref, pas vraiment un développement économique mais plutôt une mise sous perfusion / dépendance des pays du Golfe.
    Inversement, même si la situation présente, en raison de l’instabilité et de l’arrivée de plus d’un million de réfugiés est alarmante et lourde de risque, et que ces gens-là vivent majoritairement dans un très grand dénuement, leur présence et la guerre en Syrie stimule néanmoins l’économie (surtout informelle) à travers la contrebande (armes, diesel...) mais aussi l’agriculture locale, la construction, etc. Au total, se basant sur des indicateurs indirects sur les deux dernières années, comme les quantités de ciment ou l’analyse détaillées des importations (en bonne partie réexportées illégalement), C. Abdallah nuançait fortement les discours catastrophistes et pointait surtout les spécificités de l’économie libanaise, entre dépendance et économie informelle.
    #Liban
    #informel


  • Entretien de 5 pages avec #Georges_Corm dans la revue #Rébellion n°57 février 2013 : http://www.georgescorm.com/personal/download.php?file=1853520.pdf

    Georges Corm, est économiste de profession, spécialiste du Moyen-Orient et de la Méditerranée, consultant au près d’organismes internationaux et d’institutions financières. Il a été ministre des finances du #Liban durant les années 1999 – 2000. Depuis 2001, il est professeur à l’Université Saint Joseph de Beyrouth où il enseigne les « politiques publiques dans le monde arabe » et la « coopération économique internationale », ainsi que « la pensée politique arabe contemporaine » et la « dynamique des conflits au Moyen-Orient », dans le cursus de sciences politiques.

    Article de 7 pages de Georges Corm sur « Les conflits du #Moyen-Orient : un état des lieux » dans la revue #Diplomatie février-mars 2013 : http://www.georgescorm.com/personal/download.php?file=diplomatie%20_feb2013.pdf

    L’instrumentalisation du fait religieux à des fins de puissance n’est pas une nouveauté au Moyen-Orient. Mobilisée par un nombre croissant d’acteurs, elle tend toutefois à le transformer en une véritable « poudrière », comparable aux Balkans d’avant 1914.




  • Interview de #Georges_Corm au journal #La_Croix (10/09/2012) :

    Pour l’historien Georges Corm, l’ancien ministre des finances du #Liban, le communautarisme, fondé sur l’institutionnalisation politique des appartenances ethniques ou religieuses, n’est pas une solution d’avenir.

    http://www.la-croix.com/Religion/S-informer/Actualite/Georges-Corm-Le-systeme-libanais-n-est-pas-un-modele-d-avenir-_NG_-2012-09

    Interview #La_Vangardia (11/09/2012) :

    Georges Corm, historiador, economista y exministro libanés, afirma que las cadenas de TV y los periódicos árabes están a sueldo de #Arabia_Saudí y #Qatar. En #Siria detrás de cada kalashnikov hay una potencia extranjera

    http://www.lavanguardia.com/internacional/20120911/54348852294/georges-corm-siria-kalashnikov-potencia-extranjera.html

    • Sur la sainte alliance entre réactionnaires wahhabites et impérialistes occidentaux :

      Or, nous assistons à une reconstitution de l’alliance des diplomaties occidentales avec les mouvances fondamentalistes, avec toute la puissance qui est derrière, à travers des financements saoudiens, qatariens… Ces mécanismes privent les révoltes de leurs fruits.

      […]

      Malheureusement, ce patrimoine a été totalement enseveli par le déversoir du wahhabisme saoudien, alors qu’il avait été largement intégré par les sociétés arabes jusque dans les années 1960-1970.


  • Il faut absolument lire la contribution de Georges Corm au colloque Frantz Fanon d’Alger (juillet 2012) : Pourquoi la pensée de Fanon reste-t-elle pertinente ?
    http://www.georgescorm.com/personal/download.php?file=frantz%20_fanon.pdf

    Nous assistons ici à une involution de la conscience nationale dans un nationalisme vestimentaire et de l’apparence physique se réclamant non plus d’un peuple et de ses coutumes, mais des prescriptions transethniques de certains prédicateurs religieux musulmans. Ceux-ci s’imaginent naïvement pouvoir reconstituer dans le temps présent la société musulmane idéale, telle qu’elle aurait existé au VIIè siècle à Médine et à la Mecque du temps du prophète. En ce sens, une telle « mésaventure de la conscience nationale » illustre fort bien le pressentiment de Fanon sur les risques d’involution de la conscience nationale dans une rétractation identitaire stérile et anémiante. Ce succédané de conscience nationale empêche pour Fanon toute possibilité de régénérescence de la société colonisée qui demeure alors exposée à toutes les formes de domination néocoloniale, ce qui est bien le cas de la plupart des sociétés musulmanes, embrigadées dans le développement d’un islam dit « salafiste » transnational et soumis à l’influence de l’Arabie saoudite qui, depuis des décennies, forte de sa richesse pétrolière et financière, a répandu dans le monde arabe et musulman la doctrine wahhabite d’islam puritain et exclusiviste.

    En même temps, ces sociétés sont politiquement, militairement et économiquement soumises à l’influence hégémonique des Etats-Unis, de l’Union européenne et de l’OTAN. Cependant que l’altérité ainsi créé artificiellement par la « folklorisation » transnationale de la religion musulmane donne apparemment raison aux thèses du colonisateur qui lui aussi voit dans l’indigène une espèce humaine différente de celle des colonisateurs. Les images diffusées en boucle d’Oussama ben Laden durant deux décennies confirment cette totale « exotisation » de l’autre musulman […].

    A la fin du XXè siècle, Samuel Huntington donnera une nouvelle vigueur intellectuelle aux postures racistes des colonisateurs par son ouvrage sur les « choc des civilisations » qui aura un retentissement exceptionnel, en dépit de sa nullité conceptuelle et argumentaire. Ce qui donnera de la consistance aux thèses de Huntington sera cette altérité créée par l’extension de l’islam salafiste et de ses prescriptions vestimentaires. De la sorte, nous assistons aujourd’hui à la perpétuation du rapport colonisateur/colonisé, destructeur de la conscience nationale, que Fanon avait si bien décrit et dénoncé.

    En fait, le seul changement par rapport à l’époque où écrivait Fanon est celui de la globalisation économique et de l’émergence d’un pouvoir politique mondialisé concrétisé par les décisions du G8 et plus accessoirement du G20 et sa délégation en matière économique et financière au FMI ; un pouvoir qui est aussi celui des « marchés », des agences de notation, des grandes banques multinationales. […] Ainsi, la conscience nationale disparaît, ce qui permet au néocolonialisme moderne, incarné dans la globalisation économique néolibérale et transnationale, de devenir dominant.


  • Pourquoi la pensée de #Fanon reste-t-elle pertinente ? Par #Georges_Corm lors du Colloque Frantz Fanon – Alger, 2 au 7 juillet 2012

    ...
    La pensée de Fanon et son langage permettent de mieux analyser et de mieux comprendre comment et pourquoi, en dépit des indépendances, on a assisté au développement d’un redoutable néocolonialisme, celui là même contre lequel Fanon a mis en garde les élites des pays décolonisés.
    ...
    Les élites arabes vont-elles enfin se mettre à l’écoute de leurs peuples ou n’auront-elles d’oreilles, encore une fois, que pour la domination « blanche » du monde qui s’est efforcé par tous les moyens de récupérer les révoltes arabes à leur profit ? Ces dernières ont même eu l’insolence la plus grotesque de se déclarer « partenaires » des révolutions, lors du sommet du G8 tenu en France à Deauville en mai 2011 et d’y convoquer les nouveaux dirigeants égyptiens et tunisiens.
    Relire Fanon aujourd’hui c’est se vacciner contre les sirènes du nouveau néocolonialisme qui désormais s’étend à toute la planète, mais dont l’hégémonie sur le monde arabe a le caractère le plus accentué et le plus choquant. Les mouvements altermondialistes qui tentent aujourd’hui de contester la toute puissance du néocolonialisme dominant peuvent trouver en Frantz Fanon un maître à penser pour mieux organiser la lutte contre la coalition d’élites mondialisée qui asservit la planète et hypothèque son avenir.

    http://georgescorm.com/personal/download.php?file=frantz%20_fanon.pdf


  • Georges Corm : « L’instrumentalisation du religieux, poison récurrent du Moyen-Orient » (L’Humanité)
    http://www.humanite.fr/tribunes/georges-corm-%C2%ABl%E2%80%99instrumentalisation-du-religieux-poison-recurr

    Aujourd’hui, il n’y a pas de solution au problème syrien  ! Vous avez une guerre médiatique, une guerre des images qui est presque sans précédent dans l’histoire des médias où l’on n’a que la thèse du Qatar, de l’Arabie saoudite, des États-Unis, de la France et des autres pays européens. Ce que peut dire le régime politique n’est pas entendu du tout. Bien sûr, même si l’on n’a pas de sympathie pour le régime syrien, ce que je comprends parfaitement, il faut quand même, dans une situation qui est déjà une guerre civile ouverte, écouter ce que disent toutes les parties et pas une seule, si on veut aller vers l’apaisement. J’ai dit déjà qu’il fallait distinguer les plans local, régional et international concernant le problème syrien. Au niveau local, vous avez deux types d’oppositions qui sont très différentes l’une de l’autre et qui s’écartent de plus en plus. Vous avez l’opposition dite de l’intérieur, qui est constituée de très nombreux militants de la première heure opposés au régime, qui ont pu faire parfois plus de dix ans, quinze ans ou vingt ans de prison, tel l’ancien dirigeant communiste Riad Al Turk qui a passé dix-huit ans en isolement. Cette opposition intérieure ne se laisse pas prendre dans les filets des diplomaties occidentales, comme le fait l’opposition de l’extérieur. (...) Source : (...)

    • Les peuples acteurs du printemps arabe se trouvent maintenant confrontés à une contre-révolution dans laquelle s’investissent le triptyque Arabie saoudite-Qatar, États-Unis-
Union européenne et les mouvances islamistes. C’est ce qu’explique Georges Corm, spécialiste de la région. L’économiste et historien libanais revient aussi sur la complexe situation syrienne.


  • L’impossible manuel d’histoire unifié
    http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/03/17/l-impossible-manuel-d-histoire-unifie_1671441_3218.html

    C’est un signe supplémentaire, s’il en fallait encore, de la fracture libanaise. Un livre devient un sujet hautement sensible dans un pays pluriel et meurtri par quinze années de guerre : le manuel d’histoire unifié, qui doit permettre aux élèves d’apprendre un passé commun. Le ministre de l’éducation qui parviendra à introduire dans les écoles du Liban un texte jugé consensuel passera à la postérité, tant les essais ont jusqu’ici été infructueux.

    Article assez mauvais. Comme d’habitude, l’excitation communautaire est présentée comme le moteur des actions, alors que l’excitation communautaire par les politiciens libanais est avant tout un alibi pour détourner le débat d’autres questions plus fondamentales. Par exemple, Georges Corm décrit le néolibanisme comme l’association du néolibéralisme, imposé grâce à l’alibi confessionnaliste ; traiter les sujets sur le mode purement confessionnel, ça n’est pas intéressant.


  • Georges Corm : Arabs Stuck in a Guantanamo of Thought (Al Akhbar English)
    http://english.al-akhbar.com/content/georges-corm-arabs-stuck-guantanamo-thought

    Antoine Fleyfel (AF): Geopolitics is present in most of your work, can you define it for us? Georges Corm (GC): Geopolitics is a compound word meaning: an approach to situations that are often conflictual in nature having to do with the geographical location of a nation-state and with the essence of its body politic. It combines, therefore, a geographical approach with a political approach. (...) Source: Al Akhbar English


    • C’est intéressant d’un bout à l’autre : beaucoup d’idées, parfois un peu lapidaires (normal, c’est une interview)…

      It is sad to say that the side which had declared war on the armed Palestinian groups back then is ready today for a permanent settlement of Palestinian refugees in Lebanon. They are also ready for the entire Western-Saudi or “moderate Arab” approach to the Palestinian cause.