Cote d’Ivoire : bifurquer avant l’abîme | le carnet de Colette Braeckman
http://blog.lesoir.be/colette-braeckman/2010/12/23/cote-divoire-bifurquer-avant-labime
Au cours des dernières décennies, on ne compte plus les chefs d’Etat africains qui ont pris le pouvoir par la force, se sont ensuite réhabilités par des parodies d’élections ou ont tout simplement bénéficié de l’indulgence ou de l’impuissance de la communauté internationale face à leur pouvoir de fait. Dire cela, et s’étonner de la soudaine unanimité qui se forge autour de Laurent Gbagbo, qui ne bénéficie pas du même traitement que les Deby, Compaoré, Sassou Nguesso, dos Santos et autres Mugabe, des hommes qui ont eu le temps de se racheter une légitimité ou qui ont réussi à s’accrocher au pouvoir, cela ne règle rien : les turpitudes du passé ne justifient pas les fraudes du présent. Ce qui compte aujourd’hui, c’est que le peuple ivoirien, qui a voté dans le calme et la dignité, a droit à la paix et au respect des choix exprimés par son suffrage. A condition que le vote se soit déroulé dans des conditions correctes et que ses conclusions soient incontestables…
Un court billet qui a le mérite de remettre les pendules un peu à l’heure ; bien sûr, on y lit que la communauté internationale pourrait s’accorder sur un troisième larron (Bédié...), néanmoins, ça nous change de « président élu »/"président autoproclamé" qu’on entend à la radio (France Info) ou ailleurs. Bien malin qui saurait dire qui a gagné (grosses tricheries partout), où est la « légalité internationale » dont on nous parle (la légalité constitutionnelle interne semble bien du côté de Gbagbo) ; et surtout, où ont-ils vu que Ouattara (plus grosse montre en or que lui, c’est Public Enemy) était un bon gars ?
Ah tiens Survie, assez d’accord, non ? :
http://survie.org/francafrique/cote-d-ivoire/article/cote-d-ivoire-la-france-pyromane
Malgré ce que prétendent l’ONU et les puissances occidentales, les conditions n’étaient pas réunies pour éviter une large fraude, particulièrement au Nord du pays. La seule issue semble désormais l’apaisement entre les deux camps et non l’affirmation de la victoire de l’un sur l’autre. La France doit procéder au retrait de son opération militaire au profit de troupes internationales sous commandement onusien.
La suite, du même acabit, à lire aussi.
#afrique #élections #côte_d_ivoire