Pour Netanyahou, le besoin qu’il perçoit du Président américain de prendre ses distances avec le candidat républicain Mitt Romney dans le credo « j’adore Israël » place Obama face à un dilemme. Personnellement, je pense que c’est la « fenêtre d’opportunité » clé qui prédomine dans les calculs de Netanyahou.
Netanyahou pense qu’il est pratiquement exclu pour Obama de laisser les forces militaires US sur le banc de touche si Israël se laisse entraîner dans de sérieuses hostilités. De mon côté, je pense que le dirigeant israélien est plus inquiet du fait que dans un second mandat Obama se sentirait plus libre de ne pas s’engager militairement aux côtés d’Israël. Un second mandat d’Obama pourrait également servir de levier pour forcer les Israéliens à faire des concessions sur des questions épineuses concernant la Palestine.
Si empêcher Obama d’accéder à un second mandat fait aussi partie des calculs de Netanyahou, alors il sait également que même une prise de bec mineure avec l’Iran, que celle-ci s’intensifie ou non, ferait monter le prix des carburants juste avant l’élection - une perspective qui ne serait pas la bienvenue pour l’Equipe Obama.
Il est évident que les faucons israéliens préfèreraient devoir négocier avec Mitt Romney pendant les quatre prochaines années. L’ancien gouverneur du Massachusetts a été accueilli très chaleureusement lorsqu’il s’est rendu à Jérusalem, accompagné d’un grand nombre de soutiens financiers juifs américains, pour exprimer sa solidarité avec Netanyahou et sa politique.
Dans cet environnement politique aux enjeux très élevés, j’ai trouvé quelques infos anecdotiques que je trouve particulièrement troublantes. Le 30 juillet, le Baltimore Sun a publié mon édito, « Israël truque-t-il les renseignements pour justifier une attaque contre l’Iran ? » Les informations que j’ai obtenues le lendemain même ont accru mes soupçons et mon inquiétude.
D’anciens analystes des renseignements et moi-même avons préparé une proposition pour établir des liens de communication directs entre les marines américaine et iranienne, en vue de prévenir un incident ou une provocation dans le Golfe Persique qui échapperait à tout contrôle. Ayant appris qu’un projet similaire officiel du Pentagone traîne en longueur au Sénat depuis plus d’un mois, cela nous inspire la plus grande inquiétude. (Il est pourtant difficile de comprendre pourquoi quiconque souhaiterait éviter une escalade dans le Golfe Persique retarderait, ou s’opposerait catégoriquement, à de telles mesures de sécurité.)