person:paul jorion

    • Il faut dire que le panorama dessiné par « la #crise », les compromissions étalées au grand jour, de politiques de droite et de gauche, socialistes et communistes compris, de syndicats socialistes et communistes, objets de scandales sans fin, pris la main dans le sac, les destructions des différents aspects de l’état de bien-être que les #élites, discréditées au plus haut point, ont perpétré, n’ont laissé aux citoyens qu’un sentiment d’#écœurement profond (la notion de ciudadanos est continuellement invoquée, en Espagne, mais en France l’utilisation du mot « #citoyen » classe la personne qui l’utilise. Ici, je l’emploie dans le sens espagnol, sans préjuger de ce que j’en pense dans le contexte français). Le #mécontentement est généralisé et des signes de fermeté sont en train d’apparaître (Les marches du 22 mars… le quartier du Gamonal à Burgos, à Barcelone..). L’on sent, de manière palpable que les gens ne veulent plus se laisser faire… d’où le succès des différents aspects de réponse qui apparaissent




  • Le Pentagone se prépare à contrer les mouvements de rupture de la société civile - Paul Jorion
    http://alireailleurs.tumblr.com/post/89534469572

    Sur son blog, Paul Jorion propose la traduction d’un article du Guardian signé Nafeez Ahmed qui revient sur le programme Minerva du département de la #défense américaine visant à étudier, via les sciences sociales, les mouvements de protestation pour comprendre quand ils deviennent dangereux. "Le département de la Défense amércaine considère-t-il les mouvements de protestation et le militantisme social en différents points du monde comme une menace pour la sécurité nationale des États-Unis ? Si oui, pourquoi ? Militantisme, contestation, “mouvements politiques”, et bien sûr ONG, sont des éléments essentiels à la bonne santé de la société civile et de la démocratie ; pourquoi le département de la Défense subventionne-t-il de la recherche autour de tels enjeux ?" s’inquiète Nafeez Ahmed. Nous sommes tous des (...)

    #surveillance


  • À ne pas vouloir se sortir les doigts du cul, nous nous préparons à cautionner toutes les infâmies.

    Blog de Paul Jorion » Darius massacré, ou la désaffection des citoyens par l’Etat, par Jeanne Favret-Saada
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=66245

    http://jeanzin.fr/2014/06/16/les-trous-noirs-de-la-gauche

    Deux textes révélateurs du délitement de la société : Un état et des institutions qui ne peuvent plus garantir la sécurité de ses citoyens, la justice et la protection des plus faibles face au capitalisme et ses avatars : nous sommes condamnés à l’auto-défense, à l’auto coaching, à l’auto-promotion, etc ...


  • Blog de Paul Jorion » L’économie pour les neuneus : Chapitre 2 : La compétitivité, par Jean-Baptiste Auxiètre et Paul Jorion
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=64671
    http://0.gravatar.com/avatar/e9d73a7b825d826716e5a25df85c1c8a?s=92&d=identicon&r=G

    On rabâche aujourd’hui qu’il faut être plus compétitif. Pour cela, il faut offrir de meilleurs produits et de meilleurs services pour moins cher afin de pouvoir les exporter. Or pour la plupart des entreprises, leur marché est de fait national et leur périmètre est constant, de même que leurs moyens : il n’existe pas de « nouveau marché » et la dépense possible pour les clients est elle aussi constante : la part des moyens dont disposent les ménages pour tel ou tel besoin demeure constante. Ce qui fait qu’une entreprise plus compétitive ne fait qu’en remplacer une autre qui l’est devenue moins et on ne crée à l’arrivée aucun emploi, on en détruit au contraire puisqu’on aura remplacé tant de personnes par moins de personnes, pour effectuer la même opération de manière optimisée.

    Le souhait serait bien sûr que ces entreprises (après avoir supprimé beaucoup d’emplois au niveau national) finissent par en créer dans un élan irrépressible d’exportation. C’est nier l’évidence que même une entreprise nationale qui exporte à l’étranger fait travailler aussi des personnes dans ces autres pays, il s’agit même d’une contrepartie exigée par ceux-ci dans pratiquement tous les cas. Donc non seulement on utilise moins de main-d’oeuvre dans le pays de départ mais aussi dans les pays clients où là aussi on remplace pour le même marché un nombre X de personnes par un autre nombre Y moins élevé.

    La notion de « nouveau marché » n’existe que par rapport à une entreprise donnée, mais en fait son « nouveau marché » est le plus souvent celui qui était auparavant celui de sa voisine ou, si ce n’est pas le cas, comme pour un nouveau produit technologique, elle ira raboter les moyens dont disposent les clients potentiels sur les autres marchés, puisque ceux-ci n’ont pas accès globalement à davantage de moyens.....

    #économie
    #compétitivité
    #productivité
    #robotisation
    #Paul-Jorion


  • Blog de Paul Jorion » UKRAINE : ATMOSPHÈRE, ATMOSPHÈRE !
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=62814

    Vous vous souvenez ? cela date du 6 février, une fuite nous permettait d’entendre une sous-ministre américaine, Mme Victoria Nuland, dire à propos de la situation en Ukraine : « L’Union européenne, qu’elle aille se faire foutre ! »

    Qui était à l’origine de cette fuite ? Une nation probablement qui voulait semer la zizanie entre Européens et Américains.

    Nous avons aujourd’hui droit à une autre fuite (c’est formidable la technologie : on a l’impression de les entendre causer au milieu de son propre salon !), une conversation entre Catherine Ashton, représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères, et Urmas Paet, ministre estonien des Affaires étrangères. Et ce que Paet nous apprend, c’est que tous les morts de Maïdan, soldats d’un côté, révolutionnaires de l’autre, ont été tués par les mêmes snipers. Oui : selon une personnalité ukrainienne hautement respectée, le médecin Olga Bogomolets, ce serait la même fine équipe qui tirait sur les deux camps. Le gouvernement ne serait pas chaud selon Paet pour lancer une enquête sur ce qui s’est véritablement passé.

    Qui est à l’origine de cette fuite ? Une nation probablement qui cherche à attirer notre attention sur le fait que quelqu’un a monté les uns contre les autres les rebelles et les forces de l’ordre et se trouve sans aucun doute bien représenté aujourd’hui à Kiev dans la coalition dirigeante.

    http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=ZEgJ0oo3OA8

    ❝P.S. : Dans un entretien publié par le Daily Telegraph, Olga Bogomolets réfute l’interprétation de ses propos par Urmas Paet, le ministre des Affaires étrangères estonien.

    Our correspondent, Damien McElroy, has spoken to the doctor at the centre of the claims that snipers that shot people in Kiev were hired by Maidan leaders:

    Olga Bogomolets said she had not told Mr Paet that policemen and protesters had been killed in the same manner.

    « Myself I saw only protesters. I do not know the type of wounds suffered by military people, » she told The Telegraph. « I have no access to those people. »

    But she said she had asked for a full forensic criminal investigation into the deaths that occurred in the Maidan. « No one who just sees the wounds when treating the victims can make a determination about the type of weapons. I hope international experts and Ukrainian investigators will make a determination of what type of weapons, who was involved in the killings and how it was done. I have no data to prove anything.

    « I was a doctor helping to save people on the square. There were 15 people killed on the first day by snipers. They were shot directly to the heart, brain and arteries. There were more than 40 the next day, 12 of them died in my arms.

    « Our nation has to ask the question who were the killers, who asked them to come to Ukraine. We need good answers on the basis of expertise. »

    Mr Paet’s assertion that an opposition figure was behind the Maidan massacre was not one she could share.

    « I think you can only say something like this on the basis of fact, » she said. « Its not correct and its not good to do this. It should be based on fact. »

    She said the new government in Kiev had assured her a criminal investigation had begun but that she had not direct contact with it so far.

    « They told me they have begun a criminal process and if they say that I believe them. The police have not given me any information on it..... »

    #Géopolitique
    #Ukraine
    #Catherine-Ashton #Union-européenne pour les Affaires étrangères
    #Urmas-Paet, ministre estonien des Affaires étrangères
    #Kiev


  • Blog de Paul Jorion » « Une nouvelle fantastique », par Julien Alexandre
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=62081

    Interrogé sur un chiffre extrait du rapport – les 85 personnes les plus riches au monde possèdent autant que les 3,5 milliards les plus pauvres -, celui-ci accueille la nouvelle de façon extatique. En substance, pour les non-anglophones (la vidéo a été partiellement sous-titrée ici) : « C’est une nouvelle fantastique, cela inspire tout le monde pour trouver la motivation, en regardant les 1 % (les plus riches) et en se disant « je veux être l’un d’entre eux, je vais me battre de toutes mes forces pour parvenir au sommet ». Qu’y-a-t-il de mal à cela ? Je glorifie le capitalisme ! Et ne me dites pas que vous voulez redistribuer la richesse de nouveau, ça n’arrivera jamais ».

    Quand la journaliste lui fait remarquer gentiment qu’ils sont en train de parler de gens dans une pauvreté abjecte et extrême, Kevin O’Leary lui répond : « Absolument pas, on était en train de parler des riches ».

    Avec des amis comme Kevin O’Leary, le capitalisme n’a pas besoin d’ennemis.


  • Blog de Paul Jorion » Une nouvelle/un conte à faire peur : Le pays des poissons malades, par Fatima Ftaich
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=61603

    « Voilà mon ange, c’est fini »
    « Dis maman, c’est pour de faux tout ça, hein ? »
    « Bien-sûr mon poussin »
    « Tu promets, ça n’arrivera jamais en vrai, dis–moi ? »
    « Jamais mon ange, jamais, endors-toi maintenant »
    « Maman… j’ai peur… »



  • Blog de Paul Jorion » Le libre-échange vaut-il qu’on lui sacrifie la démocratie ?, par Jean-Paul Vignal
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=61512
    http://0.gravatar.com/avatar/e9d73a7b825d826716e5a25df85c1c8a?s=92&d=identicon&r=G

    .....

    Elle intervient en effet dans un contexte où l’argent devient la mesure de toute chose. Cette évolution n’a pu avoir lieu que par un affaiblissement systématique des institutions traditionnellement garantes des valeurs et de l’intérêt communs, au profit des entreprises qui sont, elles, uniquement et légitimement centrées sur la promotion et la défense des intérêts particuliers de leurs actionnaires. Ce n’est pas le glissement vers l’attribution de plus de pouvoir aux organisations centrées sur la réalisation de projets qui est un mal en soi, car il permet quand il est réalisé avec discernement d’obtenir des résultats plus facilement mesurables et de compartimenter la complexité des systèmes politiques, sociaux et économiques en unités plus faciles à gérer. Mais, dans un contexte très tendu de concurrence de tous contre tous où l’optimum collectif ne peut pas être la somme des optima individuels, il devient extrêmement dangereux quand le « chacun pour soi » est la seule valeur véritablement commune, à défaut d’être partagée, comme c’est de plus en plus le cas. Pour reprendre une analogie biologique, nous ne survivrions pas plus de quelques minutes si chacun des organes qui compose le corps humain cherchait à optimiser sa performance individuelle sans se soucier de ses voisins. Heureusement, le cerveau est doté de mécanismes de régulation, automatiques et inconscients pour l’essentiel, – conscients dans les cas exceptionnels -, qui permettent une survie harmonieuse. Il n’y a regrettablement plus de cerveau garant de l’intérêt collectif dans nos sociétés modernes : chassé par les grands prêtres du néolibéralisme, il a cédé la place à la main magique du marché.....

    #économie
    #Démocratie
    #finance
    #libre-échange
    #Traité-transatlantique


  • Blog de Paul Jorion » * L’Allemagne réclame un droit de veto dans la future Union bancaire *L’actualité de demain : LA CORDE AUTOUR DU COU, par François Leclerc
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=60353

    Le traité de coalition allemand prévoit certes que « les moyens budgétaires affectés au sauvetage des banques ne seront pas comptabilisés dans les critères des 3% de déficit du Pacte de stabilité », mais la recapitalisation des banques se réalisera au détriment de la diminution de la dette, en cas d’excédent primaire comme annoncé en Grèce, et rendra encore plus inévitable sa restructuration ultérieure. Ce ne sera pas la même barque qui sera chargée.

    #économie
    #Allemagne
    #Europe
    #finance
    #BCE


  • Blog de Paul Jorion » EMPRUNTS « TOXIQUES » : LE COMMERCE DES INDULGENCES POLITIQUES, par Zébu
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=60034
    http://0.gravatar.com/avatar/e9d73a7b825d826716e5a25df85c1c8a?s=92&d=identicon&r=G

    Arguties spécieuses, car si le gouvernement actuel ne fait qu’endosser l’héritage du gouvernement passé, rien ne l’y obligeait en vérité à le faire tel quel, a fortiori en créant un fonds de compensation financé à moitié par l’État et ne couvrant que 45 % des IRA (Indemnités de Remboursement par Anticipation) calculés pour les emprunts dits ‘structurés’, et encore, uniquement ceux les plus ‘toxiques’, le restant étant payé par des collectivités locales qui auraient pu faire valoir leurs droits en justice.

    Arguties spécieuses, car l’État aurait très bien pu imposer de créer un fonds de compensation financé à 100 % par les banques, qui aurait permis de lever la reprise de l’aléa moral des banques par l’État et éviter ainsi à l’État de se retrouver piégé dans ce type de situation. En prenant pour base le fait que la Taxe sur les Risques Systémiques (TRS) passe de 0,50 % à 0,539 % pour répondre au financement du fonds de compensation pour les emprunts toxiques, soit 750 millions d’euros (50% x 100 millions x 15 ans), on obtiendrait donc 750 millions financés par 0,039 %. En multipliant cette même augmentation par 10, on obtiendrait donc logiquement une capacité de financement de 7,5 milliards d’euros sur 15 ans, le tout pour une taxe passant non pas de 0,50 % à 0,539 % mais bien de 0,50 % à 0,89 %, soit moins qu’un doublement de cette même taxe. Cette ‘TRS’ a-t-elle fait naître des faillites bancaires lors de son institution il y a 2 ans déjà ? Aucunement.

    #DEXIA
    #emprunt-toxiques
    #économie
    #finance
    #banksters
    #Caisse-des-dépôts-et-consignations
    #CNP-Assurances
    #SFIL Société de Financement Local
    #TEG (Taux Effectif Global)
    #BNP #Crédit-Agricole , ainsi que des banques étrangères, notamment anglo-saxonnes)
    #CAFFIL CAisse française de Financement Local
    #CDC (CAFFIL, créée pour pallier la disparition de la filiale DMA de DEXIA ..)
    #article_[60] revient à blanchir des banques ayant commis une faute,,,


  • « Après l’économie de marché ? », débat entre Anselm Jappe et Bernard Friot [Enregistrement audio]
    http://palim-psao.over-blog.fr/article-apres-l-economie-de-marche-debat-contradictoire-entre-a

    Il s’agit ici de faire passer par dessus-bord la superficialité de l’analyse de la crise que l’on retrouve chez tous les économistes de gauche qui sont soit marxistes traditionnels, régulationnistes ou keynésiens, et dont les élucubrations se retrouvent à longueur de colonnes dans Le Monde Diplomatique, Libération, Alternatives Economiques, la Revue des Livres, L’Humanité, Politis, Alternative Libertaire, etc. Pour toute la radicalité bourgeoise de gauche, des économistes attérés à Frédéric Lordon, en passant par Paul Jorion, Bernard Friot, Bernard Marris, Michel Aglietta ou Cédric Durand, les problèmes de la crise sont toujours définis quasi spontanément en fonction de la logique intériorisée du système dominant, c’est-à-dire toujours en termes d’une redistribution des catégories capitalistes à chaque fois transhistorisées par ces auteurs. Pour le populiste Friot, bien sûr, dans sa déclaration d’amour au capitalisme, il s’agit toujours de débarasser le capitalisme (comme le pensaient déjà les nazis dans les années 1930 en parlant du « capital-rapace »), de ses méchants spéculateurs, de ses horribles banquiers et de ses rapaces actionnaires, afin de libérer les gentils-travailleurs véritables créateurs de valeur : l’utopie du gentil-capitalisme qui fonctionnerait pour tout le monde, l’espoir d’une gestion alternative d’un capitalisme enfin à visage humain. Sortir du capitalisme ne sera pourtant jamais le fait de redistribuer autrement la valeur, c’est-à-dire l’argent sous la forme du salaire ou des retraites. Afin de dépasser la fausse conscience de cet anticapitalisme tronqué de la gauche, on retrouvera dans l’intervention de Jappe une présentation de quelques éléments de base propres au courant allemand de la critique de la valeur, notamment une présentation de la critique des catégories/formes capitalistes que sont le travail, la valeur, l’argent, la marchandise, le rapport-capital comme « Sujet automate » (Marx) et l’Etat. Pour comprendre la crise actuelle il s’agit de véritablement changer le cadre de pensée, de commencer à redéfinir complètement les traits fondamentaux du noyau du capitalisme comme jamais la gauche n’a su le saisir depuis deux siècles.

    #critique_de_la_valeur


  • « Dette : 5000 ans d’histoire. Entretien avec David Graeber »
    http://www.radiogrenouille.com/actualites-2/dette-5000-ans-dhistoire-entretien-avec-david-graeber-2

    #David_Graeber (l’un des intellectuels les plus influents selon le New York Times) est anthropologue et initiateur du mouvement Occupy Wall Street

    Radio Grenouille l’a reçu le temps d’un entretien exceptionnel d’une heure à propos de l’ouvrage déjà culte aux USA (100 000 ex vendus), Dette : 5000 ans d’histoire qui vient tout juste d’être publié en France aux éditions « Les liens qui libèrent ».

    L’auteur propose une grande fresque, à la fois érudite, radicale et passionnante sur les origines de la #monnaie, le mythe du #troc, la manière dont le marché se construit avec l’appui de la force militaire, et le rôle de la dette, dans tout cela, comme système de pouvoir, poids moral, etc. ; fresque qui se termine par un plaidoyer pour l’abolition de toutes les dettes, publique comme privée.

    Allez, passe donc sur la présentation toute en choses cultes, influentes et exceptionnelles comme sur BFM, et prends 52 minutes pour écouter ce qui est en fait du bon #Radio_Grenouille :

    http://media.radiogrenouille.com/david_greaber_entretien_dettes_5000_ans_histoire-web.mp3

    #audio #radio

    • Une lecture critique du bouquin par Vincent Présumey sur le blog de Paul Jorion, relevée par @uston
      http://seenthis.net/messages/192236

      Il ne s’agit pas seulement ici de reprocher à David Graeber une sorte de désinvolture envers des apports qu’il connait et utilise à sa façon, ceux de Marx, de Polanyi, de Mauss, et j’ajouterai J.G.A. Pocock à propos du crédit et de l’inquiétude des intellectuels anglais envers la dette publique au XVIII° siècle (il est, lui, absent de la bibliographie). Après tout, chacun a le droit de traiter les grands apports de la pensée comme des icônes, comme des chiens crevés, ou comme de grands apports de la pensée. Mais nous avons affaire ici à un ouvrage présenté et se présentant comme subversif, et il l’est en un certain sens puisqu’il propose de ne pas payer la « dette publique ». C’est là une position politique que je partage, mais manifestement pas pour les mêmes raisons. Dans la perspective très large de D. Graeber, nous sommes en train de changer de temps historique et de paradigme, et il serait bon que de nouvelles idéologies spiritualistes imposent un peu plus de bonté dans cette vallée de larme, en apurant les dettes régulièrement. De mon point de vue, je dirai que la question de l’émancipation humaine et celle de la défense des rapports humains, sociaux et naturels fondamentaux contre l’accumulation sans limite du capital ne faisant aujourd’hui qu’une, et la dette publique étant devenue, ou redevenue, un mécanisme d’accumulation prédatrice du capital, sa dénonciation devrait devenir, ou il faudrait combattre politiquement pour qu’elle devienne, un des tout premiers éléments d’un programme démocratique d’urgence, aux échelles nationale, européenne et mondiale. D. Graeber serait peut-être d’accord, mais il n’empêche que sa démarche globale est tout à fait différente. Faisant fi de toute spécificité sociale et historique des rapports sociaux capitalistes, il fait du même coup fi du rôle contradictoire des conquêtes et constructions démocratiques dans les ruptures qualitatives des époques historique.


  • Blog de Paul Jorion » Dette, 5000 ans d’histoire, de David Graeber, par Vincent Présumey
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=59642

    Dette, 5000 ans d’histoire, de David Graeber, paraît en français aux éditions Les liens qui libèrent, deux ans après sa parution aux États-Unis où le livre a connu un succès significatif, accompagnant le mouvement Occupy Wall Street. L’auteur est un universitaire londonien qui s’inscrit dans le courant de pensée anarchiste entendu au sens large. Une bonne partie de ce succès d’édition, sans aucun doute un signe des temps et certainement un bon signe, s’explique par la préconisation faite en conclusion : ne plus payer la « dette publique ». Il s’explique aussi par le fait que c’est un livre agréable à lire et fourmillant d’informations et d’anecdotes toujours signifiantes et bien placées. Malgré ses près de 500 pages on peut donc l’avaler assez vite, après quoi, passé le goût sucré et stimulant de ce plat, on se demande qu’est-ce que l’auteur a voulu formuler exactement, comme explications théoriques, historiques et sociales des problèmes majeurs auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés. Et l’on réalise qu’une certaine légèreté, pour ne pas dire une certaine inconsistance, est ici présente. Les mêmes caractères qui concourent au charme de l’ouvrage : le recours illimité à l’analogie comme méthode dans l’analyse et la description des sociétés humaines en tous lieux et toutes époques, fondé sur une tendance manifeste à considérer que tout se répète toujours et qu’il n’y a pas beaucoup de nouveautés sous le soleil, apparaissent alors comme ses points faibles.

    L’auteur, après un chapitre d’entrée en matière, s’attache pourtant à nous présenter les grilles d’analyse qui ne sont pas les siennes et qu’il récuse. Au chapitre II il dénonce à juste titre le calamiteux « mythe du troc » qui est toujours enseigné dans les facultés d’économie et invoqué dans les écoles de commerce, qu’a formulé, excellemment, Adam Smith en 1776 dans sa Wealth of Nations : déjà les hommes préhistoriques pratiquaient le troc individuel, flèches contre poisson par exemple, et il a fallu inventer la monnaie pour que les échanges puissent prendre de l’ampleur, l’État arrivant en bout de course pour garantir que la monnaie n’est pas fausse et que tout un chacun respecte les contrats. David Graeber se gausse de ces représentations mythiques dépourvues de tout fondement historique, plus exactement complétement démolies par tout ce que l’on sait tant par l’histoire que par l’ethnographie. Il faudrait tout de même préciser ici qu’il n’invente rien : bien des auteurs, et en particulier, de manière centrale et centrée sur ce sujet, Karl Polanyi ont démonté ce mythe et établi que des échanges non marchands ont dominé les sociétés anciennes. Cette non référence à l’occasion d’une convergence apparente (alors que Polanyi figure dans la bibliographie) peut surprendre, mais quand, poursuivant le parcours des nombreux exemples et anecdotes narrés par D. Graeber, il apparaît que pour lui des marchés au sens moderne, avec marchandises et monnaie circulant de manière autonome dans de grandes sphères géographiques, existaient en Grèce ancienne, ou que les temples assyriens pratiquaient le grand commerce et son financement, on comprend mieux : le troc est un mythe, certes, mais seulement le troc ; des formes d’échanges ne présentant pas de différences spécifiques, qualitatives, par rapport aux relations de crédit les plus modernes, semblent avoir existé dés la haute Antiquité. Autres mythes que, précisément, Polanyi a largement déconstruits (voir dans le recueil Essais de Karl Polanyi, Seuil 2002, plusieurs articles sur ces questions). Il semblerait donc que D. Graeber s’amuse d’autant plus du mythe du troc qu’il partage par ailleurs, sous la forme d’évidences indiscutées, les autres mythes des économistes libéraux sur l’existence éternelle de rapports de crédit et de relations contractuelles reposant, ouvertement ou de manière cachée, sur l’inégalité et la domination....

    #économie
    #dette
    #David-Graeber
    #Karl-Polanyi
    #Marcel-Mauss


  • Blog de Paul Jorion » DEXIA : C’EST LA RÉPUBLIQUE QUI EST POIGNARDÉE…, par Zébu
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=59631

    Peut-on tout à la fois sauver des banques en faillite qui ont spéculé et perdu, respecter l’indépendance de la justice et garantir l’application des fondamentaux de la Constitution française, comme par exemple se protéger de l’arbitraire du pouvoir politique ou de l’intérêt privé ? C’est à une question à plusieurs milliards d’euros que l’article 60 du projet de Loi de Finances 2014 se propose de répondre, car celui-ci ne propose rien moins que de « sécuriser » légalement certains contrats de prêts dits toxiques pour des collectivités locales : plus clairement, de modifier rétroactivement la loi pour permettre d’éteindre un risque juridique que la justice – cette aveugle ! – fait porter non seulement à certaines banques mais aussi à l’État.

    Pour savoir de quoi il s’agit, il faut remonter au 8 février 2013, jour où le Tribunal de Grande Instance de Nanterre se prononça sur les plaintes du Conseil général de Seine-Saint-Denis concernant des contrats d’emprunts toxiques de DEXIA et de sa filiale spécialisée dans le crédit aux collectivités (DMA, Dexia Municipal Agency). Le juge, bien qu’il statua en faveur de DEXIA (contrat de prêt et non produit dérivé, non défaut de conseil) prononça aussi un manquement sur l’affichage du TEG (Taux Effectif Global) sur les fax des contrats définitifs, comme doit le stipuler tout contrat de prêt. Ce faisant, il requalifia cette absence de TEG en taux légal, soit à 0,04 % d’intérêt et une perte sèche potentielle pour DEXIA de plusieurs millions d’euros, mais pas seulement pour la banque.

    #économie
    #bankers
    #banksters
    #DEXIA
    #République
    #constitution
    #interdiction-des-paris-sur-les-fluctuations-de-prix
    #loi-de-finance-2014
    #constitutionnalité
    #P-Jorion
    #Julien-Alexandre


  • Blog de Paul Jorion » Compte-rendu de la conférence-débat de Thomas Piketty – « Vers une société de rentiers ? », par Julien Alexandre
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=59018

    Billet invité. Il s’agit du compte-rendu de la conférence annoncée ici et qui s’est tenue le 11 octobre à Bruxelles.

    Thomas Piketty était donc à Bruxelles vendredi 11 octobre, et un économiste qui confesse préférer le terme « économie politique » à celui de « science économique » mérite assurément que l’on s’intéresse à son propos, ce qui ne surprendra personne parmi les lecteurs réguliers d’un blog qui se fait fort de mettre systématiquement entre guillemets les prétentions scientifiques de la discipline. L’interrogation dans l’intitulé « Vers une société de rentiers ? » aurait pu laisser planer un doute, mais force est de reconnaître que le suspense n’était pas de mise. La réponse devait apparaître comme une évidence dès le début de l’exposé de Thomas Piketty : la société de rentiers, nous y sommes déjà. Autant aller à l’essentiel de toute façon : impossible de résumer une somme de plus de 1.000 pages en quarante minutes… Aussi, les graphiques qui devaient se succéder adressaient davantage la question des métamorphoses du capital, au cœur de l’analyse de l’ouvrage de Piketty, « Le capitalisme au XXIème siècle ».

    http://www.pauljorion.com/blog/wp-content/uploads/G3.2.png?e2acd0

    La plus évidente de ses métamorphoses, c’est celle qui voit le capital essentiellement agricole se transformer notamment en patrimoine immobilier. Alors que tout au long du 18ème siècle et jusqu’à la moitié du 19ème siècle, le patrimoine agricole valait 3 à 4 années de revenu national, on constate son effondrement complet au 20ème siècle. En soi, ce n’est pas forcément négatif, puisque cela signifie la croissance qualitative et quantitative du parc de logements, et qu’il vaut mieux en général que les gens aient un toit sur la tête plutôt que pas du tout. Cependant, cette métamorphose s’avère négative du point de vue de la répartition, renforçant la bascule de l’échelle méritocratique du patrimoine accumulé par le travail à celui accumulé par l’héritage. « Mieux vaut hériter que mériter ».

    http://www.pauljorion.com/blog/wp-content/uploads/G10.1.png?e2acd0

    .......

    #inégalités
    #Thomas_Piketti
    #rentiers
    #société


  • Blog de Paul Jorion » À QUELQUE CHOSE MALHEUR EST BON
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=58767

    La haine viscérale des libertariens du Tea Party pour une machination du Nouvel Ordre Mondial aussi condamnable qu’une assurance-maladie a donc débouché aux États-Unis sur une fermeture partielle de l’administration. Une assurance-maladie pour tous « ralentirait l’économie davantage qu’une fermeture de l’administration », à déclaré Martin Stutzman, parlementaire républicain de l’Indiana.

    Ont été renvoyés dans leurs foyers jusqu’à nouvel ordre, parmi les 800.000 sur 2,9 millions de fonctionnaires touchés, en sus des employés de la NASA et des inspecteurs des impôts, ceux impliqués dans la négociation du Grand Traité transatlantique. Le regretteront certainement ceux des Européens qui jugent impératif de se mettre sous l’aile protectrice d’une nation où une majorité parlementaire considère une assurance-maladie pour tous comme une effroyable abomination.

    N.B. : la fermeture ne durera peut-être pas longtemps, l’instance supérieure du pays depuis plusieurs siècles (victoire de Hamilton sur Jefferson), The US Chamber of Commerce, est contre.

    #Etats-Unis
    #fermeture de l’ #administration #américaine


  • Blog de Paul Jorion » Le Travail : un modèle à repenser ?, par FOD
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=33164

    Un constat s’impose donc : plus la productivité augmente, plus le temps de travail se réduit. Processus apparemment normal dans la mesure où sous l’effet conjugué des progrès techniques et numériques et à niveau de demande identique, un bien ou un service peut être produit plus rapidement. Il est bon de rappeler à ce propos que selon un document officiel du ministère de l’Economie et des Finances, La désindustrialisation en France (1), 65 % des destructions d’emplois entre 2000 et 2007 sont liées directement à des gains de productivité.

    Mais alors pourquoi persister à vouloir augmenter la durée de travail alors même que nous avons déjà atteint des records en termes de productivité horaire ?

    Plein de beaux chiffres et de belles corrélations intéressantes et une conclusion qui mérite d’être relayée...

    Quoi qu’il en soit, la réduction du temps de travail s’est amorcée depuis 30 ans. Certes, nous sommes encore loin de la société libérée du travail rêvée par Marx et Keynes, et franchement, je ne sais pas si une telle société serait vraiment désirable. Mais une chose est certaine : si les gains de productivité continuent à détruire autant d’emplois, et faute d’innovations entraînant un « déversement », nous serons dans l’obligation tôt ou tard, de façon à permettre à tous une vie décente, de repenser, à l’instar de Dominique Méda et de Pierre Larrouturou, le partage du travail et/ou la relation entre revenus et emplois.

    #rtt #chômage #emploi #statistiques #travail #travail_partagé #encoreuneffort


  • Blog de Paul Jorion » SLOW SCIENCE – LA DÉSEXCELLENCE, par Olivier P. Gosselain*
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=27864

    Il y avait loin, en effet, entre ces valeurs et les injonctions de productivité, de rentabilité et d’immédiateté inlassablement ressassées par nos managers académiques.

    Frappés par ce décalage et convaincus que notre façon de procéder était humainement et scientifiquement plus satisfaisante, nous avons esquissé l’idée d’un mouvement Slow Science – sorte de doigt d’honneur académique à ce Nouvel Ordre de la recherche. La filiation avec Slow Food était d’autant plus évidente que deux des valeurs qui nous tenaient à cœur étaient le plaisir et la créativité. Ici encore, rien de révolutionnaire. Retirez ça de la recherche : que reste-t-il ?


  • Blog de Paul Jorion » TODD OU#_Stiegler, OU LES DEUX ?, par zébu
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=52662

    Annotations :

    la question, centrale, du besoin, de la volonté de croire, et ce quelles qu’en soient les idées, n’est pas traitée dans la version ‘optimiste’ de Todd quand Stiegler en fait son angle d’attaque : la question n’est pas d’étudier les idées du #FN (leurs cohérences, leurs natures, leurs origines, …) pour dessiner son avenir mais bien plutôt ce que celles-ci masquent, à savoir l’idéologie, soit le système qui porte ces idées. C’est d’ailleurs, (...)

    #_Emmanuel_Todd #Politique


  • Blog de Paul Jorion » Audition de #Paul_Jorion sur les paradis fiscaux, centres off-shore et juridictions non coopératives – #Assemblée_nationale, mardi 26 mars
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=51791

    Les mieux nantis au sein de chaque nation se perçoivent comme non-bénéficiaires de la redistribution de la richesse qu’autorise l’impôt et ils cherchent à s’y soustraire. Pourtant, depuis 2007, les États et leur banque centrale, en honorant toutes les reconnaissances de dette, même lorsque celles-ci résultaient de simples paris spéculatifs, ont fait de ces nantis les principaux bénéficiaires de la solidarité nationale.


  • Pris dans la toile des technologies numériques

    http://www.cqfd-journal.org/Pris-dans-la-toile-des

    Ne penses-tu pas cependant qu’il puisse y avoir un usage subversif des nouvelles technologies. Ne peut-on pas détourner ces outils ?

    Je n’y crois pas. Même si c’est un discours qu’on peut comprendre. Depuis les débuts de l’Internet, les hackers et une mouvance « libertoïde » soutiennent que l’on va pouvoir se passer des médias traditionnels – le fameux « deviens toi-même le média » – et court-circuiter les structures hiérarchiques. Depuis vingt ans, le discours de l’Internet a été construit à partir de ces mouvements émancipateurs, même si aujourd’hui, beaucoup de ces pionniers ne se font plus d’illusion. Il y a quelque temps, vous avez interviewé Paul Jorion, qui est totalement là-dedans, dans une sorte de techno-messianisme, de théorie de la libération grâce à la technologie. Ces gens pensent que la technologie est neutre et qu’il y a moyen d’en faire un usage très subversif. Moi je pense que ces technologies fabriquent une société qui détruit tout ce qui peut permettre une vie décente. À mesure qu’elles se développent, on voit le monde plonger dans le libéralisme avec une détérioration de nos conditions de vie. Ne pas faire le lien entre les deux relève soit d’une malhonnêteté intellectuelle soit d’une grande naïveté.

    Dans certaines manifs, on a pu dire aux badauds accoudés à leurs fenêtres : « Jetez vos télés par la fenêtre et descendez avec nous dans la rue ! » À ton avis, si on remplace « télés » par « ordinateurs », est-ce qu’un tel slogan fait sens ?

    J’aimerais bien qu’on le dise, parce que ça serait une vraie rupture avec le discours dominant. Sauf qu’aujourd’hui, on aurait plutôt tendance à dire : « Vite, prenez des photos partout et mettez-les sur votre ordinateur ! » Ou même : « N’allez plus dans la rue, mais faites circuler l’information au maximum, c’est le plus important, il faut que les gens sachent. » On ne changera pas une société avec des actions menées par cinq personnes dans un coin, même si elles sont spectaculaires et circulent sur tous les réseaux sociaux du monde.

    À lire : http://www.mediatheque-martigues.fr/opacwebaloes/index.aspx?phrase=RE=cedric%20biagini

    #emprise_numerique #cedric_biagini #cqfd


  • Blog de Paul Jorion » LE SPECTRE DE NÉRON, par Un Belge
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=50255

    Au fil des billets parus ici depuis de nombreuses années, chacun est amené à prendre conscience de l’extraordinaire énergie dépensée par les élites dirigeantes pour dissimuler et se dissimuler ce qui est à l’œuvre, moins par malveillance que par ignorance et aveuglement.

    Bien sûr, nous assistons en ce moment (et ce blog y contribue de manière décisive) à l’effondrement des mythes fondateurs du capitalisme… mais le capitalisme n’est lui-même que l’avatar tardif d’un rapport au monde délirant. L’agonie du capitalisme n’est que le symptôme d’un mal plus profond. Ce que nous vivons en réalité, c’est l’extinction d’un récit fondateur de l’espèce humaine toute entière, récit porté très haut par la civilisation occidentale. Non pas que cette civilisation soit promise à la destruction, au contraire… Elle est promise à la guérison, ce qui est bien pire.

    Quel est ce mythe, ce récit fondateur ? C’est celui qui fait de l’Homme un héros, et de l’Homme de l’Ouest, singulièrement, son plus brillant héritier, porteur (tour à tour et selon les époques) de Salut, de Paix, de Progrès, de Culture, de Liberté, de Démocratie. Sans doute, toutes les civilisations ont développé un comportement de « colonisateur opportuniste ». Mais aucune n’a, comme l’Occident, masqué sa barbarie sous tant d’atours raffinés et fleuris : philosophiques, théologiques, juridiques, moraux ou, aujourd’hui, économiques. Et c’est ce refoulement de sa propre barbarie qui désormais n’est plus possible.

    Osons regarder en face l’Homme Occidental véritable : c’est Néron, ému aux larmes en jouant suavement de la lyre, cependant que le monde incendié par ses soins brûle dans le lointain… Insouciante et délirante cruauté qui se transmettra à travers les âges…