person:peter harling

  • Périphéries - Recettes faciles pour une guerre civile
    http://www.peripheries.net/article337.html

    http://www.peripheries.net/IMG/jpg/tumblr_n95suy2fGN1r44q44o1_1280.jpg

    Dans Le Monde diplomatique de juillet, Peter Harling expose les raisons de l’éclatement irakien. Il explique comment le premier ministre Nouri Al-Maliki, personnage falot porté au pouvoir « parce qu’il ne menaçait personne », a travaillé activement à exacerber les divisions de la société. Il a discriminé et persécuté les sunnites ; il a établi un axe chiite avec Damas en prenant parti pour Bachar Al-Assad, et en « ouvrant grand ses frontières aux chiites qui se portaient volontaires pour aller combattre en Syrie ».

    Ce mode de gouvernement, remarque Harling, n’est pas isolé dans la région : Assad, ou le maréchal Sissi en Egypte, y ont eux aussi recours. « Les régimes n’essaient même plus de surmonter les clivages existant au sein de leurs sociétés (...). Ils investissent ces lignes de fracture, les exacerbent et recherchent le conflit. En radicalisant une partie de leur société, ils consolident leur position dans une autre et font l’économie de tout programme constructif : la crainte de ce qui pourrait les remplacer suffit à les maintenir au pouvoir. »

    Je suis embarrassée de l’avouer, et de comparer ainsi un honorable chef d’Etat français à un vulgaire despote oriental, mais c’est à cet article que j’ai pensé en découvrant, le 9 juillet dernier, le communiqué de l’Elysée sur la situation au Proche-Orient, alors que l’on comptait déjà plusieurs dizaines de victimes palestiniennes et aucune victime israélienne : « Le président de la République a eu ce soir un entretien téléphonique avec le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou. Il lui a exprimé la solidarité de la France face aux tirs de roquettes en provenance de Gaza. Il lui a rappelé que la France condamne fermement ces agressions. Il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces. »

    #Israël #Palestine #France


  • Dossier de mars 2013 : bilan d’une intervention occidentale
    Dix ans après, que devient l’Irak ?, par Peter Harling
    http://www.monde-diplomatique.fr/2013/03/HARLING/48806

    Si l’invasion de l’#Irak par les #Etats-Unis avait bien comme objectif le contrôle du pétrole, ainsi que le confirment des documents récemment déclassifiés (lire « Echec d’une guerre pour le pétrole »), elle se solde par un échec cuisant. La guerre a également fait des centaines de milliers de victimes et déstabilisé l’Etat. Sous le masque d’une étonnante normalité persistent à Bagdad les tensions politiques et confessionnelles.
    http://www.monde-diplomatique.fr/2013/03/SERENI/48845

    #Islam #Kurdes #Pétrole #Religion #Violence #Politique #Corruption #Autoritarisme #Minorité_nationale #Guerre_d’Irak #Golfe


  • The Syrian Heartbreak | Middle East Research and Information Project
    by Peter Harling , Sarah Birke

    http://www.merip.org/mero/mero041613

    There was a distinctive sense of national pride in Syria. It flowed from the confidence of a civilization dating back to the times of the earliest alphabets and visible in the country’s wealth of archaeological sites, including some of the oldest continuously inhabited cities in the world. It came from the depth of local culture. It stemmed from the music of Syrian Arabic, the elegance of Syrian manners, the finesse of Syrian cuisine and the sincerity of Syrian hospitality. It proceeded from modern geopolitics, too, as Damascus carved out for itself a role bigger and bolder than its scarce resources should have allowed. In particular, and despite tremendous pressure, Damascus stood firm on the Palestinian cause, which Syrians feel more strongly about than anyone, perhaps, except the Palestinians. The regime may have been a conveniently quiescent foe for Israel, but Syria was, on the map of the Arab world, the only state still “resisting.”


  • Djihadistes en Syrie : une faible présence largement exploitée - L’EXPRESS
    http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-orient/djihadistes-en-syrie-une-faible-presence-dument-exploitee_1146676.html

    Peter Harling, spécialiste de la Syrie à l’International Crisis Group va plus loin : « Une majeure partie des discours djihadistes est motivée par les financements. Des séculiers et des islamistes très modérés rejoignent des groupes salafistes parce que ces derniers ont l’argent et les armes », soutient-il. En effet, la plus grande partie de l’argent envoyé aux combattants l’est par des donateurs privés des pays du Golfe à destination des groupes les plus sensibles aux enseignements salafistes.

    #Syrie
    #jihadistes

    • C’est cette « analyse » que je lis désormais régulièrement (c’est au moins la quatrième fois que je la vois passer) et que je ne comprends vraiment pas : ils combattent sous des drapeaux jihadistes, ils se rasent comme des jihadistes, ils se synchronisent avec d’autres groupes jihadistes, ils tiennent des discours sectaires lourds de conséquences, ils sont financés et armés au motif même qu’ils se déclarent jihadistes, absolument toutes leurs actions conviennent à leurs financiers qui les prennent pour les jihadistes (ils n’attaquent pas Israël, ils détestent le Hezbollah, ils détestent l’Iran, mais ils ne détestent la dictature en Arabie séoudite…), quand ils rencontrent des journalistes étrangers ils se déclarent jihadistes mais mais mais… ce ne sont pas des jihadistes.

      Ce qui revient, je le répète, à juger les gens sur ce qu’on prétend qu’ils ont réellement dans la tête plutôt qu’en fonction de leurs actions. Ce genre d’article revient à affirmer que les syriens des villes et des campagnes soumis à la guerre civile sont eux-mêmes très capables de faire la différence entre un jihadiste-par-intérêt et un jihadiste-par-conviction. Procédé stalinien à mon avis.

      D’habitude, pour un Américain pragmatique, si ça ressemble à un canard, si ça fait coin-coin comme un canard, c’est certainement un canard.

    • j’avoue que leur raisonnement est troublant... un des points de leur argumentation est quand même que tous ces groupes sont extrêmement divers (je parle des groupes islamistes syriens, pas des étrangers), ont des trajectoires idéologiques variées : il ne faut sans doute pas négliger cette variété et les conflits entre eux en en faisant une masse structurée et hiérarchisée prenant ses ordres d’un chef unique. Dans son livre sur l’Ouma en fragments, au sujet des courants salafistes tripolitains et du nord Liban Bernard Rougier montre lui aussi une très grande diversité.

    • Les arguments de Thomas Pierret deviennent tellement tirés par les cheveux que je m’attends à ce qu’il explique que des gens adoptent le drapeau noir pour la seule raison que c’est moins salissant. Cet article n’est pas loin du compte.

      Vu que je suis très méfiant quant à l’existence d’un grand complot jihadiste mondial contrôlé depuis une cave hi-tech en Afghanistan, la question de la « masse structurée et hiérarchisée prenant ses ordres d’un chef unique » ne me semble pas la plus pertinente.

      Ces articles se multiplient soudain depuis qu’il a été impossible de nier l’omniprésence de symboles salafistes sur le terrain. Depuis, Pierret est partout pour expliquer :
      – en fait il y a très très peu de jihadistes,
      – d’accord on croit en voir beaucoup beaucoup, mais c’est parce que vous confondez le drapeau noir omniprésent avec un symbole pacifiste ou un truc qui fait viril (c’est assez bien expliqué dans cet article),
      – d’accord en fait les journalistes passent leur temps à tomber sur des gens qui se déclarent ouvertement jihadistes et pas du tout pacifistes, mais en fait c’est juste parce que les jihadistes (ultra-minoritaires) sont des grandes gueules (alors on les remarque),
      – et en fait, tous ces jihadistes sont très nombreux, mais ils ne sont pas réellement jihadistes dans leur tête, c’est juste pour obtenir des armes (ce qui fait une belle jambe aux gens qui sont du mauvais côté du RPG),
      – de toute façon, la vraie armée libre n’aime pas le jihadistes, elle les tolère un peu pendant les combats, mais après elle les boude (ce qui, à nouveau, fait une belle jambe à ceux qui sont du mauvais côté de la Kalashnikov),
      – et de toute façon, s’il y a autant de jihadistes armés jusqu’aux dents et de mofits parfaitement sectaires, c’est la faute aux occidentaux qui ne soutiennent pas les révolutionnaires laïcs (telle que la bridade « Al Farouk »),
      – et puis même, les jihadistes ne sont dangereux que lorsque 3 conditions que je tire de mon chapeau sont remplies (la condition « petit c » stipulant : « la capitale du pays doit s’appeler Bagdad », ce qui est évidemment une condition que ne remplit par la Syrie).

      Que les jihadistes soient un assemblage hétéroclite de paysans en pantoufles recrutés sous la bannière jihadiste, de lobotomisés ultra-sectaires envoyés depuis le Liban (comparés ici aux volontaires de la guerre d’Espagne) et de mercenaires sur-armés et sur-entraînés de l’Afghanistan à l’Irak et la Libye, et non une grande Armée sous les ordres d’un caliphe unique, ça ne change rien au problème : que devient un pays dont la « lutte pour la démocratie et contre la tyrannie » se fait avec de telles troupes ? Est-ce le système pourri qui va être détruit, ou la société elle-même ?

      Élément de réponse :
      http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/08/20/97001-20120820FILWWW00242-irak-409-morts-au-cours-du-ramadan.php

      Les violences en Irak ont fait au moins 409 morts et 975 blessés au cours du mois de jeûne musulman du ramadan, selon un décompte effectué par l’Agence France-Presse sur la base de sources sécuritaires et médicales.


  • Attention, après les combattants étrangers en Syrie qui ne sont pas tous islamistes, et après les gentils salafistes qui ne sont pas tous des méchants jihadistes qui sont très différents d’Al Qaeda même quand ils brandissent des drapeaux d’Al Qaeda, voici une nouvelle innovation, les salafistes pas salafistes : selon le New York, citant Peter Harling, « Vous avez des laïcs et des islamistes très modérés qui rejoignent des groupes salafistes parce que ce sont eux qui ont des armes et de l’argent. »

    Ce qui donne tout de même cette explication totalement farfelue : « Les groupes salafistes se représentent bien plus composés de salafistes que dans la réalité. » #wtf
    http://www.nytimes.com/2012/07/30/world/middleeast/as-syrian-war-drags-on-jihad-gains-foothold.html

    “You have secular people and very moderate Islamists who join Salafi groups because they have the weapons and the money. There tends to be more Salafi guys in the way the groups portray themselves than in the groups on the ground.”


  • Uncharted Waters : Thinking Through Syria’s Dynamics - International Crisis Group
    http://www.crisisgroup.org/en/regions/middle-east-north-africa/egypt-syria-lebanon/syria/B031-uncharted-waters-thinking-through-syrias-dynamics.aspx

    Many in Syria and abroad are now banking on the regime’s imminent collapse and wagering that all then will be for the better. That is a luxury and an optimism they cannot afford. Instead, it is high time to squarely confront and address the difficulties before it is too late. In the “draft political program” it released on 20 November, the Syrian National Council ‒ an opposition umbrella group – presented the image of an entirely peaceful movement enduring savage repression. The regime and its allies regularly describe the crisis solely as the local manifestation of a vicious regional and international struggle. The two black-and-white narratives are in every way contradictory and mutually exclusive. Both miss a central point: that successful management of this increasingly internationalised crisis depends on a clear-eyed understanding of the grey zone that lies between.

    Le rapport de Peter Harling donne une vision très claire, quoiqu’assez unilatérale et peu substanciée, de la manière dont le régime s’est enfermé dans une dialectique mortifère : agitant le spectre d’une menace qui n’en était pas encore une (l’immixtion des puissances et partis étrangers sur son sol), le régime a consciemment instrumentalisé les oppositions confessionnelles latentes jusqu’à ce qu’elles produisent leurs effets mortifères. Il a transformé la communauté alaouite, pourtant profondément clivée, en son bouclier vivant (et accessoirement aussi les chrétiens). Il a été incapable de changer sa politique économique et sociale pour dissiper les tensions et a au contraire aggravé la crise actuelle, sans se préparer aux sanctions, notamment face à la menace de pénurie énergétique. Enfin, son armée dont il s’est toujours défié, est aujourd’hui déconsidérée par les exactions d’une partie de ses membres, et de plus, apparait aujourd’hui incapable d’assurer le maintien de l’ordre et de la sécurité face à la montée en puissance de l’Armée syrienne libre, à la tentation de la violence d’une partie des contestataires initialement non-violents ou dans les poches sécessionnistes qui commencent à s’organiser en différentes régions du territoire syrien. Des fractions croissantes de la population se détourneraient du régime.
    Il souligne les risques de tensions au Liban, directement par implication des diverses parties et indirectement, par les mutations économiques et géopolitiques qui suivraient un effondrement.


  • Crunch-time for the Syrian regime by Peter Harling | The Middle East Channel
    http://mideast.foreignpolicy.com/posts/2011/04/29/crunch_time_for_the_syrian_regime

    The primary benefit of observing events from the Syrian capital is to measure just how unreliable all sources of information have become. Local media tell a tale of accusations and denials in which, incredibly, security services are the sole victims, persecuted by armed gangs. Where the regime initially acknowledged civilian martyrs and sought to differentiate between legitimate grievances and what it characterized as sedition, such efforts have come to an end.

    For its part, the foreign media, denied access by the regime, relies virtually exclusively on material produced by on-the-ground protesters, the dependability of which has proven uneven. The novel phenomenon of “eye-witnesses” further blurs the picture. Outside observers have sought to counter the state-imposed blackout by recruiting correspondents, often haphazardly, flooding the country with satellite phones and modems. Several cases of false testimonies have cast doubts on such procedures but, for lack of an alternative, they largely continue to shape coverage of events.

    #Syrie