Un réquisitoire sans appel de Luc #Boltanski contre la « tyranie de l’excellence ». … … #Sociologie #NetravaillezJamais
Un réquisitoire sans appel de Luc #Boltanski contre la « tyranie de l’excellence ». … … #Sociologie #NetravaillezJamais
Même la justice française condamne BHL… (Le Monde diplomatique)
http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2013-04-26-BHL
Depuis quarante ans, les élucubrations de Bernard-Henri Lévy lui ont valu les réprimandes et les sarcasmes d’intellectuels aussi divers que Raymond Aron, Pierre Vidal-Naquet, Gilles Deleuze, Pierre Bourdieu... Cela n’a nullement empêché le philosophe préféré des médias d’empiler les signes de reconnaissance de la bonne société et de multiplier les propos diffamatoires. Avec un argumentaire plutôt subtil : tous ses ennemis politiques seraient assimilables à des nazis...
La liste des bourdes et des calomnies de notre intellectuel de parodie est longue et ancienne. Il a pour distinction de s’être à peu près trompé sur tout. Soucieux d’accomplir un travail de mémoire sur les impostures intellectuelles de BHL, Le Monde diplomatique a, il y a quelques années, regroupé et classé toutes ses calembredaines dans un dossier très détaillé.
On est d’accord, mais 5 ou 6 lignes (au plus) auraient largement suffit pour annoncer cette « bonne » nouvelle, non ?
Mon cher Paulo, ne mélangez pas tout, et ne me faites pas dire ce que je ne dis pas : je dis ici qu’un peu de sobriété et de modestie ne nuisent pas (en règle générale).
Et en cas de problème il y a un bouton en haut à droite qui s’appelle « Ne plus suivre Reka » :) et le problème est réglé
En fait j’ai l’impression que cette note sur la condamnation de BHL est plus dans le style du journal Le Plan B, avec ce ton ridiculisant l’adversaire barbichu ou torsu.
En effet, mais voilà, le DIplo n’est pas le plan B... C’est là qu’est le bug (et je ne veux pas dire par là que le diplo doit être nécessairement chiant et standardisé bien sur)
Visions cartographiques il y a 2 jours
On est d’accord, mais 5 ou 6 lignes (au plus) auraient largement suffit pour annoncer cette « bonne » nouvelle, non ?
Non, je ne mélange rien. Je lis le commentaire cité. C’est typiquement une critique de professionnel . C’est dire la suffisance.
Pour être constructif, cet extrait de 1985 :
http://www.youtube.com/watch?v=F36OXrrO3Fc
Pierre Desproges traite BHL de « philosophe de mes deux » et se réjouit de montrer cet extrait pour qu’on voit « la vraie nature des cuistres ». Moi, j’ai toujours bien aimé cette scène qui m’a souvent bien fait marrer. Et ça fait presque quarante ans que ça dure, que le philosophe piple se fait carboniser. Aujourd’hui, ce n’est plus qu’une toute petite chose totalement décrédibilisée. Je ne vois vraiment pas l’intérêt pour un journal comme le Diplo de piétiner l’homme à nouveau comme s’il n’y avait rien d’autre de plus intéressant à faire. Ce n’est ni subtil, ni courageux.
Je suis d’accord sur le fond, BHL est un imposteur, un marque bien exploitée, mais je désapprouve la forme du papier du diplo.
Baptiste Coulmont » Mes enquêtés s’appellent Robert
http://coulmont.com/blog/2013/04/24/prenom-enquetes
Des sociologues ont remarqué cette “montée du prénom dans les mœurs” (Carbonnier, 1957), les manuels de bonnes manière aussi (qui cessent d’interdire l’usage répandu des prénoms comme terme d’appel)… et il est progressivement entré — en contrebande ? — dans des compte-rendus de recherches sociologiques.
Dès les débuts de la sociologie américaine, les prénoms (et les diminutifs) sont utilisés par les sociologues de Chicago. On en trouverait des exemples dans Le Hobo de Nels Anderson, dans Street Corner Society de William F. Whyte (même si ce dernier, techniquement, n’est pas « de Chicago » et qu’il a tendance à utiliser des surnoms ou des diminutifs).
Rien de tel en France, et pendant longtemps : Les ouvrages publiés par le « Centre d’études sociologiques » aux éditions du CNRS, dans les années 1950-1960, n’utilisent pas les prénoms alors que des entretiens sont réalisés [je n’ai vérifié que quelques ouvrages, de Touraine, Guilbert&Jamati, Crozier, Chombart…].
Petite auto-promo, en echo à nos commentaires sur l’article des inrock ►http://www.lesinrocks.com/2013/04/10/actualite/des-destins-tres-francais-11383786 :
" Le régime nouveau sera une #hiérarchie sociale. Il ne reposera plus sur l’idée fausse de l’égalité naturelle des hommes, mais sur l’idée nécessaire de l’égalité des « chances » données à tous les Français de prouver leur aptitude à « servir ».
Seuls le travail et le talent deviendront le fondement de la hiérarchie française. Aucun préjugé défavorable n’atteindra un Français du fait de ses origines sociales à la seule condition qu’il s’intègre dans la France nouvelle et qu’il lui apporte un concours sans réserve. On ne peut faire disparaître la #lutte_des_classes, fatale à la nation, qu’en faisant disparaître les causes qui ont formé ces classes, qui les ont dressées les unes contre les autres. "
Nombres d’apologues de l’idéal républicain de l’#égalité_des_chances ignorent sûrement que la quasi-unanimité de leur position s’étend jusqu’à trouver chez Pétain un allié. Il se trouve pourtant dans cette façon de présenter la chose le parfum d’une vérité démaquillée, l’éloquence d’une franchise assumée, et par conséquent les éléments à même de rendre compte de l’efficace sociale que vise la hiérarchisation au mérite : asservir, et faire disparaître la lutte des classes.
La #méritocratie est la forme devenue consensuelle d’un #darwinisme_social qui ne dit pas son nom, pire, qui ose se dissimuler sous le champ lexical de l’#égalité
.
Réinventer le #travail, viser sa transformation en activité individuellement, psychologiquement et humainement enrichissante d’une part, et en activité socialement utile d’autre part, implique donc une transmutation des valeurs qui s’y associent. Le diptyque concurrence et hiérarchisation doit laisser place à celui de la coopération et de l’égalité, non plus des chances, mais du pouvoir économique, dans l’ensemble de ses ramifications. Parmi celles-ci, se trouve le niveau de revenu
La France est l’un des pays de l’OCDE où l’origine sociale pèse le plus sur les résultats scolaires.
C’est aussi l’un des pays où les impôts des pauvres financent le plus les études supérieures des enfants d’exploiteurs.
►http://www.lesinrocks.com/2013/04/10/actualite/des-destins-tres-francais-11383786
Les Inrocks - « Les inégalités n’ont pas disparu, elles ont juste été repoussées plus loin dans le cursus scolaire. »
►http://www.lesinrocks.com/2013/04/10/actualite/des-destins-tres-francais-11383786
La France reste donc une société de classes ?
La période des Trente Glorieuses a fait croire à certains que les classes sociales étaient mortes, enterrées par le développement des classes moyennes. Or, depuis une quinzaine d’années, les inégalités augmentent à nouveau, en termes de revenus ou de patrimoine. Ce que montre également la persistance d’une si forte reproduction sociale, c’est que l’émergence d’une vaste société “moyenne” relève du mirage. Les destins à ce point contrastés des enfants des classes populaires et des enfants mieux nés soulignent à quel point il subsiste des univers de vie différents dans la société française.
En vrai, le titre est trompeur les inégalités n’ont pas « été repoussées plus loin dans le cursus scolaire », leurs effets visibles peut-être, et encore…
(Ne serait-ce que du point de vue institutionnel-financier, pour ne pas parler du reste, les budgets des écoles, qui dépendent des mairies, varient de plus de 1 à 10.)
L’élitisme de l’école n’est-il pas son principal vice ?
Bin oui, on en revient toujours là.
Pour cela, il n’y a pas de miracle : il faut plus de moyens – la France dépense 20 % de moins pour l’enseignement primaire que la moyenne des pays de l’OCDE -, des classes moins chargées, des changements dans les pratiques éducatives.
Le vrai miracle serait une vraie volonté politique pour coordonner augmentation des moyens ET un changement des pratiques éducatives. Le trou noir de la réflexion éducative de la gauche de gauche est que le second n’est absolument pas une conséquence de la première.
Enfin, moins visible pour les classes moyennes, qui sont effectivement discriminées plus tard dans le cursus scolaire. Par contre, pour les classes populaires, je peux te dire que le couperet tombe de plus en plus tôt. Dès la maternelle, tu vois déjà comment les petits _cassos" comme on les appelle délicieusement sont traités différemment des autres et combien cette mise à l’écart va s’intensifier tranquillement pendant le primaire pour un direct to CLIS ou Segpa à l’arrivée au collège. Les classes moyennes à fort capital culturel et faible capital financier verront le couperet lors de l’accès aux études supérieures où l’argent fait immanquablement la différence plus que la connaissance des cursus ou les aptitudes des étudiants.
La question de la maîtrise de la langue orale est discriminante dès la maternelle. Les écarts (et donc les inégalités) entre les classes de GS de la ville haute et du quartier populaire du #bled-en-chef sont vraiment criantes.
Pour les classes populaires, il y a à la fois les inégalités de départ (sociales, culturelles) et pour ceux qui s’en sortent malgré tout un effondrement plus tard (au collège) faute d’étayage et aussi de possibilité de se projeter dans l’idée d’un cursus long. L’an dernier, nous avons organisé des séances communes entre un groupe de lycéens et nos CP. J’ai été frappé par le fait de devoir expliquer ce qu’était un lycéen, de fait mes élèves n’en ont pas autour d’eux. Ils connaissent le collège que les grands frères et sœurs fréquentent, mais pas le lycée car les orientations se font avant. Massivement. On retrouve là le tandem élitisme/reproduction sociale.
Pour les cassos, tu as encore raison. Avant de rejoindre le quartier populaire du #bled-en-chef, j’étais en école rurale et le regard porté par les adultes, et parfois les prises de paroles que ces adultes s’autorisent avec les familles et les gamins, sont tout simplement effrayants. Je ne prétends pas être un bon instit et la question des bonnes pratiques pédagogiques est complexe et je fais mon chemin avec modestie mais il y a un truc dont je suis persuadé c’est que la #bienveillance est une clef pédagogique fondamentale. Une attitude bienveillante de la part des enseignants est une réforme applicable tout de suite, qui ne demande aucun moyen supplémentaire et qui pourrait modifier en profondeur notre système éducatif. L’#effet_Pygmalion est un levier incroyable, j’en ai tous les ans la preuve…
Les cassos sont les nouveaux bougnoules de la République. Je suis frappée par l’unanimité du rejet dont il font l’objet et par les attitudes et discours que les gens se croient permis à leur encontre. C’est d’une violence qui m’est assez intolérable et je suis dans cette configuration incroyablement minoritaire. La figure du cassos permet, semble-t-il, de cristalliser tout le besoin de haine et de distinction de l’ensemble du corps social. C’est un racisme anti-pauvres très violent et content de ne pas dire son nom.
En gros, ils sont un défouloir collectif aux frustrations accumulées ces derniers années, les parfaits boucs émissaires d’un corps social qui se délite totalement.
Je veux écrire là-dessus, mais quelque part, je n’y arrive pas... même pour moi, c’est trop gros.
J’avais mis ça de coté il y a quelque temps sur Diigo :
http://www.lautrecampagne.org/article.php?id=52
On peut dire, pour résumer, que l’École française, bien loin d’être une institution « technique » (dont la théorie serait la « pédagogie ») destinée à mettre les générations montantes en possession de connaissances ou de compétences (on ne peut s’étendre ici sur cette distinction pourtant capitale), est au contraire une institution idéologico-politique de formation d’identités hiérarchisées en classes qui utilise la transmission, l’enseignement comme alibi ou masque de cette opération de reproduction, mais qui, en même temps, ne pouvant se passer de ce masque, effectue réellement, pour une part, cette transmission.
Et, toujours de ce #Bertrand_Oglivie : http://www.revuedeslivres.fr/a-quoi-sert-lechec-scolaire-par-bertrand-ogilvie
Or il est évident, contrairement à cette représentation de l’échec comme un « ratage », que cette institution a été conçue dès le départ pour qu’un tel ratage statistique important ait lieu, accompagné bien sûr d’un volant étroit de réussite, qui aboutit à ce résultat que l’école reproduit non pas simplement la société telle qu’elle est, mais le fait que les individus qui y vivent considèrent comme naturelles les normes et les hiérarchies dans lesquelles ils viennent se ranger quand ils entrent sur le marché du travail.
[...1789] il fallait leur donner les moyens, dans tous les domaines possibles, d’être au niveau de ceux qui pensent, qui formulent conceptuellement les problèmes, et non de ceux qui les subissent. Il s’agissait de leur permettre de participer au débat public de plein pied dans le champ de réflexion et d’action de ce grand moment révolutionnaire de 1789. Il fallait donc inventer une institution spéciale dans laquelle on donnerait à toute la population française (avec évidemment, comme toujours, la question de ce qu’on entend par « tous ») la possibilité d’entrer dans la pensée du politique. Ce projet est politique depuis le départ, et l’est resté jusqu’au bout. Aujourd’hui, dans l’esprit des gens qui font fonctionner cette école, ce lieu reste associé – sur un mode assez lâche, qui est plutôt celui de l’association d’idées – à l’idée d’émancipation politique. [...]
cette école politique ne pouvait pas non plus ne pas affronter la question de savoir ce qu’on fait d’une masse de scolarisés qui, éduqués à égalité, débarquent dans une société profondément inégalitaire, dans laquelle la question de la propriété a été tranchée dans le sens de la protection de l’inégalité, et doivent donc, d’une manière ou d’une autre, articuler, accepter cette injustice d’une formation égalitaire qui ne contrebalance pas la vie inégalitaire qu’ils vont inévitablement mener – la Révolution française n’ayant pas été une révolution communiste, comme on le sait.
Sans vouloir lancer un #débat_interminable (quoique...), je suis depuis longtemps assez sidéré par la naiveté de l’exigence d’’#égalité_des_chances, et qui est assez marquée dans cet entretient des inrock : d’abord, la #mobilité_sociale ascendante suppose soit la disparition du travail non-qualifié, soit sa délocalisation, soit le recours à l’immigration, soit, enfin, une mobilité sociale descendante des enfants des classes bourgeoises et moyennes... Ensuite, pour poursuivre l’idée d’Oglivie, dans une société inégalitaire, l’idée d’égalité des chances semble revendiquer que les enfants de pauvres et les enfants de riches doivent avoir les mêmes chances de devenir... pauvres ou riches. Si l’on veut l’égalité des chances, comment ne pas vouloir l’égalité tout court ? : [ http://www.barbery.net/philo/chouette/salaire.htm ]
il n’est pas vrai que des familles à revenus différents peuvent offrir les mêmes chances de développement à leurs enfants.
Ce pourquoi, alors qu’il n’y a pas plus de justification rationnelle en faveur de l’égalité que de la hiérarchie des salaires, il faut à mon avis défendre l’égalité des revenus, c’est pour rendre effective et réelle l’égalité des chances des êtres humains.
Décès du sociologue français Raymond Boudon | Un petit hommage à l’un de mes anciens directeurs de recherche
http://www.actualitte.com/international/deces-du-sociologue-francais-raymond-boudon-41671.htm
Celui que l’on a pour coutume de qualifier comme « l’anti-Bourdieu », le chef de file du courant individualiste méthodologique, Raymond Boudon est décédé ce mercredi 10 avril. Le sociologue français était âgé de 79 ans, a annoncé ce jeudi les Presses universitaires de France (PUF), relayées par l’AFP.
J’aime bien les «crédits» de la photo de l’article...
Effectivement, un crédit photo du PC m’aurait nettement plus surprise.
J’aime bien aussi les pistes « d’approfondissement » en bas de l’article…
Agnès, t’as eu Boudon ? Ça te fais un point commun avec @grosse_fatigue
ah tiens, il en dit un mot ici à la fin
►http://grosse.fatigue.free.fr/causetoujours/spip.php?article214
Oppression des femmes et capitalisme | Contretemps
http://www.contretemps.eu/interventions/oppression-femmes-capitalisme
“Oppression des femmes et capitalisme” : d’aucun(e)s vont trouver le titre un tantinet archaïque - ou nostalgique, c’est selon. Au sens où, dans la façon de poser la question de la situation faite aux femmes dans la société moderne, il semble tout droit sorti d’un article écrit dans années 1970/1980. C’est volontairement qu’il sonne ainsi. Car après tout, cette période a connu, en lien avec le développement du mouvement femmes, des discussions et un travail d’élaboration qui garde tout son intérêt1. En témoigne, par exemple, le récent ouvrage de Christine Delphy, L’ennemi principal (Syllepse 1998), qui regroupe des textes publiés entre 1970 et 1978. Par contre La domination masculine (Seuil, 1998) de Pierre Bourdieu à la particularité de faire silence sur ce travail. Cette occultation n’est pas sans poser problème de la part d’un auteur qui entend mettre son savoir au service des luttes d’émancipation mais qui ignore les élaborations théoriques produites en lien avec ces mêmes luttes...
La BnF, Guy #Debord et le spectacle schizophrène du droit d’auteur - BodySpaceSociety
►http://www.bodyspacesociety.eu/2013/03/23/la-bnf-guy-debord-et-le-spectacle-schizophrene-du-droit-dauteur
des responsables de la communication externe de la BnF, qui n’ont visiblement pas apprécié mon initiative de prendre quelques photos pour les publier éventuellement sur mon fil Twitter et sur mon blog.
http://www.larevuedesressources.org/IMG/arton39.png
https://fbcdn-sphotos-h-a.akamaihd.net/hphotos-ak-ash3/525033_10200857533022310_1454014935_n.jpg
Où il est question de #ReLire http://relire.bnf.fr/accueil #copyfraud #oeuvres_indisponibles pas dans le #domaine_public etc.
Analyse de la loi sur la #numérisation des #livres indisponibles du XXe siècle
http://www.sgdl.org/component/content/article/1142-analyse-de-la-loi-sur-les-livres-indisponibles-du-xxe-siecle
Le billet de l’immanquable @calimaq
►http://scinfolex.wordpress.com/2013/03/24/de-la-loi-sur-les-indisponibles-a-la-base-relire-la-blessure-li
Auteurs, contre l’État voleur, réclamez vos droits ! (tribune de F. Bon)
http://www.actualitte.com/tribunes/auteurs-contre-l-etat-voleur-reclamez-vos-droits-1954.htm
Enfin, un autre billet déjà signalé par @stephane qui va dans un autre sens :
Le droit de ReLIRE
►http://www.figoblog.org/node/2013
Pas encore bien saisi tous les enjeux, mais cette fois on est moins dans le combat en faveur des #communs que dans la défense du #droit_d'auteur face à la politique intermédiaire de « gestion collective » mise en place par la #BnF pour gagner des sous.
Pour P. Aigrain, symptôme de la corruption des institutions
►http://paigrain.debatpublic.net/?p=6827
J’aime bien ce passage du billet :
Dans la suite de notre échange, elle propose de m’envoyer quelques visuels disponibles pour la presse. (Inutile de lui préciser que je ne suis pas « la presse ». Je suis un chercheur universitaire et mon blog et mon fil Twitter sont des outils de veille scientifique, où je commente des objets et des événements en portant un regard autonome, et non pas en véhiculant les contenus multimédias ou en calquant les propos préparés à l’avance par les services des relations publiques).
[...]
Non, cette nécessité se justifie désormais par le besoin de la BnF de commercialiser la culture. D’où la volonté d’empêcher la libre circulation sur Internet d’images produites de manière autonome (sans tatouage numérique ni légende « tous droits réservés » des photos de presse). Cette dernière risquerait de dissuader d’éventuels visiteurs à passer par la boutique des souvenirs en sortant de l’exposition, pour acheter les cartes postales des œuvres qu’ils n’auront pas pu prendre en photo…
tout ce que Debord “dénonce” violemment des effets de la marchandisation des actes de la vie culturelle, on le lui fait subir en grandes pompes : ses notes de lectures en pattes de mouche illisibles pour les autres sont exposées comme des trophées aux yeux écarquillés des lecteurs (plus que des spectateurs nous y sommes des lecteurs, iconoclasme situationniste oblige), ses films sont projetés selon le dispositif habituel des expositions (bancs inconfortables, recoins obscurs, diffusion en boucle) – si ce n’est que des projections sont en dehors de l’expo et gratuites – les lettres de sa main, écrites dans le feu de l’action tactique, deviennent, sous la cloche de verre, les traditionnels fétiches reliquaires de l’homme de Lettres honoré, et sa pensée brève, étalée initialement en graffitis censés interpeller l’ouvrier comme le cadre commercial, devient le spectacle détaché de sa propre profération in situ, dans un cadre feutré où les flâneurs benjaminiens viennent la feuilleter négligemment. Cerise sur le gâteau, deux appariteurs charmants (vraiment) sillonnent les allées de l’expo à grande vitesse et avec agilité pour empêcher les photographes amateurs de saisir des souvenirs personnels…
http://culturevisuelle.org/parergon/archives/1889
Et puis pour compléter la revue de presse, le papier du Monde au titre énervant :
À chacun son Debord
http://abonnes.lemonde.fr/culture/article/2013/03/21/a-chacun-son-debord_1852103_3246.html
Celui de Télérama :
Guy Debord un regard radical sur notre société
http://www.telerama.fr/livre/guy-debord-un-regard-radical-sur-notre-societe,95039.php
Celui de Libé :
Guy Debord, pensée classée
http://www.liberation.fr/culture/2013/03/26/guy-debord-pensee-classee_891491
« L’épopée » des clandestins
Cet article se base sur les résultats d’une enquête qualitative menée auprès d’émigrés clandestins tunisiens. En s’appuyant sur une sociologie descriptive, nous essayons de reconstruire sociologiquement les itinéraires empruntés, de dresser le profil des acteurs et les réseaux qui les y conduisent et décrire les pratiques spatiales et sociales qui en découlent. L’enquête emprunte diverses techniques de recherche qualitative, particulièrement l’exploration plutôt que l’observation participante.
On trouve ici de véritables histoires de vie des migrants relatées avec leurs propres mots. Des récits variés et émouvants permettant l’assomption d’un « Je » « hors du commun », très puissant, qui relate un moment crucial et dramatique de leur histoire. Les textes produits par les enquêtes révèlent une articulation entre la première personne du singulier (« Je ») et la première au pluriel (« Nous »). Ici, l’enquêté parle au nom de toute la communauté des clandestins, en décrivant leur calvaire, leur peur, mais aussi leurs espérances et leur réussite. À travers l’enchainement des différentes formes pronominales « ils », « on » et « y », nous avons pu approcher le sujet étudié à partir de divers angles « internes » et « externes ». Nous proposons ici d’examiner le volet local de ce phénomène, en s’attachant à comprendre les facteurs (push/pull) qui ont chassé ces clandestins de chez eux, alors qu’ils se ruent dans des aventures quelquefois suicidaires vers une terre qui, leur dit-on, ruissèle du lait et du miel. Ils sont au départ de pays qui ne sont tout de même pas à « la mendicité internationale ». En fait, ils brûlent les frontières en pratiquant la harga. Nous cherchons à mettre en exergue leur situation vulnérable tout en décrivant les dangers qui planent sur eux et les peurs qui les habitent, et en mettant en lumière leur anticipation et leur espérance d’avenir. Puis, à partir d’un angle externe, nous analysons l’impact de la mondialisation, celle qui a ouvert des horizons et attisé des ambitions chez une partie de la jeunesse alléchée par le mirage européen. On s’intéresse évidemment à mettre en exergue cette nouvelle culture migratoire, basée sur le rêve, la fascination et l’idéalisation et nourrie et entretenue au quotidien par l’illusion et les publicités mensongères. Il s’agira donc dans le présent article de cerner l’acte migratoire dans sa totalité, là où il se produit dans le temps et dans l’espace par les acteurs sociaux (les clandestins). Ce que l’on peut qualifier de moment charnière traduit par une hijra (émigration) à la fois de l’esprit et du corps.
La photo-souvenir, monument de l’histoire privée
http://culturevisuelle.org/icones/2659

Faut-il autoriser ou interdire la prise de vue d’œuvres d’art par les visiteurs des musées ? Se poser cette question témoigne de la profonde méconnaissance des usages privés de la photographie. La principale raison invoquée pour justifier sa limitation tient aux perturbations occasionnées pour les visiteurs. De nombreux lieux doivent faire face aux contraintes d’une affluence croissante. Qu’on s’en réjouisse ou qu’on s’en afflige, le phénomène de massification des publics des grands musées ou des (...)
Bonnes feuilles de « L’Etat, le pouvoir et le socialisme », de Nicos Poulantzas
http://www.contretemps.eu/lectures/bonnes-feuilles-letat-pouvoir-socialisme-nicos-poulantzas
On ne saurait imaginer condescendance de la postérité plus immense, plus injuste aussi, que dans le cas de Nicos Poulantzas. Encore faut-il s’empresser d’ajouter que cette condescendance ne concerne que la France. A l’étranger, dans le monde anglo-saxon, en Amérique latine, ou en Allemagne par exemple, Poulantzas est couramment considéré comme l’un des principaux théoriciens de l’État de la période récente1. De fait, on importe aujourd’hui en France des courants de pensée critique étrangers (...)
Bruxelles : les textes des lobbies « copiés-collés » dans les lois
http://www.rue89.com/2013/03/08/bruxelles-les-textes-des-lobbies-copies-colles-dans-les-directives-240377
Nul n’est dupe quant à l’influence des lobbies privés sur certaines décisions politiques, a fortiori lorsqu’elles se prennent à Bruxelles. Le site d’open data LobbyPlag a décidé de laisser les spéculations de côté pour apporter des preuves tangibles.
L’outil, en VO = See which changes proposed by lobbyists went straight into amendments by EU Committee members on the General Data Protection Regulation (GDPR). Compare the lobbyists requests and the committee members proposals. Learn which impact the changes would have on the protection of your data.
http://lobbyplag.eu/#/compare/overview
Au fait, ce post avait été repris dans la Revue : Burma, children, Chine, Firefox, hoax, iphone, lobbies, météo, Tahiti = http://blogoliviersc.org/?p=6392
Envie de voir ce film programmé dans un ciné de ma ville. Valable ou pas ? Merci de vos avis .
http://www.benzinemag.net/2013/02/22/les-chevaux-de-dieu-nabil-ayouch
Alain Desrosières, statisticien, sociologue et historien de la statistique
►http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2013/02/18/alain-desrosieres-statisticien-sociologue-et-historien-de-la-statistique_183
Indifférent au statut officiel, à l’âge et même à l’appartenance disciplinaire de ceux avec lesquels il engageait des relations de travail (souvent, dans son cas, indissociables de relations d’amitié), il a joué ce rôle irremplaçable de passeur non seulement entre les générations, mais aussi entre des communautés intellectuelles trop souvent portées à s’ignorer, quand ce n’est pas à entrer dans une concurrence obligatoire. Ancré dans différentes institutions, il a toujours eu à cœur de ne pas s’y laisser réduire, de ne pas y occuper de position de pouvoir, et de ménager ces espaces de liberté indispensables à la créativité.
Laurent Thévenot (INSEE, EHESS), Emmanuel Didier (CNRS), Luc Boltanski (’EHESS)
Salut Alain !
http://www.laviedesidees.fr/local/cache-vignettes/L200xH245/auton15684-dd6fa.jpg
C’est avec une immense #tristesse que j’apprends le décès d’Alain Desrosières. Historien des statistiques, Alain était surtout un homme gentil, érudit, toujours à l’écoute, et tellement agréable à écouter lui-même.
Gilles RAVEAUD » Blog Archive »
http://alternatives-economiques.fr/blogs/raveaud/2013/02/15/alain-desrosieres-est-mort
Des travaux magistraux, notamment avec Thévenot
J’ai découvert ses livres il y a quelques années seulement, ils sont devenus sont des bibles pour moi
Par Laurent Thévenot (INSEE, EHESS), Emmanuel Didier (CNRS), Luc Boltanski (’EHESS)
►http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2013/02/18/alain-desrosieres-statisticien-sociologue-et-historien-de-la-statistique_183
De la presse en démocratie - La Vie des idées
http://www.laviedesidees.fr/De-la-presse-en-democratie.html
Les nouveaux médias représentent-ils une menace ou un progrès pour la presse en régime démocratique ? À partir d’une analyse du rôle politique de la presse, qui contribue au droit de chacun à gouverner, Charles Girard s’interroge sur le renouvellement du métier de journaliste et sur les modes de délibération démocratique.
Pierre Bourdieu & Robert Chartier - Série de 5 entretiens
https://www.youtube.com/watch?v=YsM3xvEnQV4
Via Pierre Severin
En 1988, l’historien Roger Chartier reçoit le sociologue Pierre Bourdieu à France-Culture pour une série de cinq entretiens.
Dans un dialogue où se manifestent à la fois leur complicité et une claire conscience de leurs différences, le sociologue et l’historien confrontent les avancées et les problèmes de leurs deux disciplines, et leurs rôles respectifs dans la société. (...) Trente ans après, leurs propos n’ont pas pris une ride.
Occuper Wall Street, un mouvement tombé amoureux de lui-même, par Thomas Frank (Le Monde diplomatique)
►http://www.monde-diplomatique.fr/2013/01/FRANK/48630
De la #critique en l’absence de #révolution
De la #contestation au temps du #néolibéralisme
Toutes ces calamités tirent leur origine de la dérégulation et des baisses d’impôts - autrement dit, d’une #philosophie de l’émancipation individuelle qui, au moins dans sa rhétorique, n’est pas contraire aux pratiques libertaires d’OWS.
En s’interdisant d’exiger quoi que ce soit, OWS s’est enfermé dans ce que Christopher Lasch appelait - en 1973 - le « culte de la participation ». Autant dire dans une protestation dont le contenu se résume à la satisfaction d’avoir protesté.
Il est vrai qu’au temps de Vietnam le pays fourmillait de militants de gauche, surtout dans les universités. Mais depuis, étudier la « résistance » a constitué un moyen éprouvé d’améliorer ses perspectives de carrière, quand ce n’est pas la matière même de certaines disciplines annexes.
[Cf. ►http://www.monde-diplomatique.fr/2011/01/RIMBERT/20013 ]
Toutefois, aussi érudite soit-elle, la #gauche continue d’aller de défaite en défaite.
►http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2013-01-09-Occupy
#occupy #politique #ayn_rand et une même #idéologie « libertaire » de l’ #individu (apparemment) une même appréhension de l’ #espace_public (apparemment)
Cf. dans la RdL de ce mois de mars :
Nicolas HAERINGER @nicohaeringer
Occupy Wall Street : fin ou début d’un mouvement ?
– à propos de Thomas Frank, « Occuper Wall Street, un mouvement tombé amoureux de lui-même » (faut acheter le papier par contre :)
j’avais oublié le tag #tea_party
http://seenthis.net/messages/139233
La fabrique du « masculin » - Acrimed
►http://www.acrimed.org/article3912.html
À intervalle régulier, quelques observateurs pressés des médias pronostiquent l’émergence d’une « nouvelle presse masculine », rompant avec l’imaginaire machiste qui préside de longue date aux choix éditoriaux des magazines prétendant s’adresser aux hommes, satisfaire leurs aspirations spécifiques et répondre aux questions qu’ils se posent. Qu’en est-il, si l’on prend la peine de consulter et de lire attentivement les titres qui composent cette presse ?
Cette sexualisation et différenciation artificielle des genres est un sous-produit, à mon avis, de l’impératif capitaliste de commercer, vendre, investir le client dans le consumérisme. On donne des « ideaux » concrets à atteindre, des objectifs plastiques aux hommes et aux femmes pour lesquels ils devront consommer. La domination masculine, la « starisation » féminine, fonctionnent comme réceptacle pour la sublimation de cette course à la dépense.
La fabrique du « masculin » | Ugo Palheta (Acrimed)
►http://www.acrimed.org/article3912.html
La fabrique du « masculin » - Acrimed | Action Critique Médias
►http://www.acrimed.org/article3912.html
À intervalle régulier, quelques observateurs pressés des médias pronostiquent l’émergence d’une « nouvelle presse masculine », rompant avec l’imaginaire machiste qui préside de longue date aux choix éditoriaux des magazines prétendant s’adresser aux hommes, satisfaire leurs aspirations spécifiques et répondre aux questions qu’ils se posent. Qu’en est-il, si l’on prend la peine de consulter et de lire attentivement les titres qui composent cette presse ?
Disons-le d’emblée : à y regarder de près, la prophétie paraît bien illusoire. Loin d’une contestation de la définition traditionnelle du « masculin », c’est-à-dire des prérogatives qui sont spécifiquement attribuées aux hommes, mais surtout de ce qu’on attend d’eux pour qu’ils soient « à la hauteur » et apparaissent comme de « vrais hommes », l’évolution de la presse masculine traduit bien davantage une recomposition des normes corporelles et comportementales auxquelles les hommes sont enjoints de se plier pour rester des hommes « véritables ».
l’histgeobox : 267. Enrico Macias : “Adieu mon pays”
►http://lhistgeobox.blogspot.fr/2012/12/267-enrico-macias-adieu-mon-pays.html
" Entre les deux communautés - bien qu’aucune loi n’impose de séparation - sévit une ségrégation de fait. Si dans les villes, les Algériens musulmans et les Européens apprennent dans les mêmes écoles (4), ils ne fréquentent en revanche que rarement les mêmes lieux de loisirs (bar, cinémas, plages). Les deux groupes cohabitent, mais ne se “mélangent” presque jamais. On compte ainsi très peu de mariages mixtes.
En 1958, Pierre Bourdieu, alors employé au cabinet du gouverneur Robert Lacoste considère la société algérienne comme une société de classe : “Elle est composée en effet de deux communautés juxtaposées et distinctes. L’appartenance à chacune de ces communautés est déterminée par la naissance : le type physique en est le signe comme parfois le vêtement ou le nom de famille. Le fait de naître dans une caste supérieure confère automatiquement des privilèges, ce qui tend à développer, chez celui qui en bénéficie, le sentiment d’une supériorité de nature.”
Les relations sont donc loin d’être harmonieuses. On ne peut nier néanmoins que des liens entre les communautés ne se soient parfois tissés, que des relations de bon voisinage aient existé, que des amitiés solides se soient nouées. Une manière de vivre commune a pu se développer. Autant d’éléments qui interdisent de parler de société d’apartheid. Mais au bout du compte, c’est bien la méconnaissance de l’autre qui semble l’avoir emportée.
Le témoignage de Bachir Hadjadj, élève du lycée d’Aumale de Constantine en 1954, où se côtoient les jeunes Algériens et Européens s’avère à cet égard particulièrement éclairant :
« Plus nous avancions vers la fin de notre adolescence, plus nous prenions conscience qu’il y avait “eux” et qu’il y avait “nous”. Et plus les contacts se faisaient difficiles. Lorsque nous eûmes pris conscience les uns et les autres que nous appartenions à deux mondes non pas seulement différents mais inégaux, nos rapports changèrent de nature. Nous fréquentions les mêmes classes du lycée, nous vivions à côté les uns des autres, nous étions parfois camarades, rarement plus. Les timides rapprochements intercommunautaires étaient vécus comme des désertions, et condamnés comme telles par la vigilante censure des deux mondes.
Il y a bien eu de très solides amitiés qui ont résisté à l’usure du temps et à la violence de la tempête, mais elles étaient l’exception. (...) Il y eut bien, également, quelques Roméo et Juliette qui bravèrent non seulement des familles et des clans, mais les sociétés elles-mêmes. Ils ont été rejetés avec une extrême violence, j’en connais des deux bords : leurs amours n’ont pu s’épanouir que loin de la colonie. »
"
L’opinion publique n’existe pas - Acrimed | Action Critique Médias
►http://www.acrimed.org/article3938.html
par Pierre Bourdieu
...l’opinion publique n’existe pas, sous la forme en tout cas que lui prêtent ceux qui ont intérêt à affirmer son existence. J’ai dit qu’il y avait d’une part des opinions constituées, mobilisées, des groupes de pression mobilisés autour d’un système d’intérêts explicitement formulés ; et d’autre part, des dispositions qui, par définition, ne sont pas opinion si l’on entend par là, comme je l’ai fait tout au long de cette analyse, quelque chose qui peut se formuler en discours avec une certaine prétention à la cohérence. Cette définition de l’opinion n’est pas mon opinion sur l’opinion. C’est simplement l’explicitation de la définition que mettent en œuvre les sondages d’opinion en demandant aux gens de prendre position sur des opinions formulées et en produisant, par simple agrégation statistique d’opinions ainsi produites, cet artefact qu’est l’opinion publique. Je dis simplement que l’opinion publique dans l’acception implicitement admise par ceux qui font des sondages d’opinion ou ceux qui en utilisent les résultats, je dis simplement que cette opinion-là n’existe pas.
L’opinion publique n’existe pas - Acrimed | Action Critique Médias
►http://www.acrimed.org/article3938.html
par Pierre Bourdieu
Je voudrais préciser d’abord que mon propos n’est pas de dénoncer de façon mécanique et facile les sondages d’opinion, mais de procéder à une analyse rigoureuse de leur fonctionnement et de leurs fonctions. Ce qui suppose que l’on mette en question les trois postulats qu’ils engagent implicitement. Toute enquête d’opinion suppose que tout le monde peut avoir une opinion ; ou, autrement dit, que la production d’une opinion est à la portée de tous. Quitte à heurter un sentiment naïvement démocratique, je contesterai ce premier postulat. Deuxième postulat : on suppose que toutes les opinions se valent. Je pense que l’on peut démontrer qu’il n’en est rien et que le fait de cumuler des opinions qui n’ont pas du tout la même force réelle conduit à produire des artefacts dépourvus de sens. Troisième postulat implicite : dans le simple fait de poser la même question à tout le monde se trouve impliquée l’hypothèse qu’il y a un consensus sur les problèmes, autrement dit qu’il y a un accord sur les questions qui méritent d’être posées. Ces trois postulats impliquent, me semble-t-il, toute une série de distorsions qui s’observent lors même que toutes les conditions de la rigueur méthodologique sont remplies dans la recollection et l’analyse des données.