person:tariq ramadan

  • L’exception française ou comment faire fuir des Ministres

    – Tariq Ramadan

    http://www.tariqramadan.com/spip.php?article12877

    Car au fond c’est la présence et la nouvelle visibilité des musulmans qui dérangent, alors même que cette visibilité est la preuve de l’installation, de l’intégration et de l’enracinement réussis des Français de confession musulmane. Au-delà de ma personne, c’est cette réalité que fuient les Ministres et l’immense majorité des politiques français : le sempiternel refrain sur la « laïcité en danger » n’est qu’un écran destiné à cacher les vraies questions, et les pestiférés de mon espèce ne sont que des diables utiles chargés de distraire l’attention à coup de polémiques, de stigmatisation, de controverses, voire de manipulations politiques ou/et médiatiques.

    #islamophobie


  • Désistement de Valls et Vallaud-Belkacem : une « décision regrettable » pour les organisateurs du congrès
    http://www.lemonde.fr/international/article/2013/05/06/la-presence-de-tariq-ramdan-conduit-deux-ministres-a-annuler-leur-participat

    Selon les informations du Monde, Manuel Valls, ministre de l’intérieur, et Najat Vallaud-Belkacem, ministre du droit des femmes et porte-parole du gouvernement, ont annulé à la dernière minute leur participation à un forum européen, organisé à Florence, en Italie, en raison de la présence – dont ils n’auraient pas été informés – de Tariq Ramadan, universitaire suisse, contesté pour ses positions jugées complaisante vis-à-vis de l’islamisme.



  • Un dialogue entre Tariq Ramadan et Jeannette Bougrab qui fait beaucoup parler d’elle en ce moment

    Laïcité : faut-il une nouvelle loi ?
    http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2013/03/29/01006-20130329ARTFIG00536-laicite-faut-il-une-nouvelle-loi.php

    La Cour de cassation a-t-elle ouvert une brèche en annulant la clause générale de laïcité et de neutralité figurant dans le règlement intérieur de la crèche privée Baby Loup, qui avait justifié le licenciement d’une salariée en 2008 ? Jeannette Bougrab et Tariq Ramadan débatent.

    Le Figaro : Comment appréhendez-vous le jugement de la Cour de cassation ?
    Tariq RAMADAN - La Cour de cassation s’en est tenue à la loi qui stipule que des agents de l’Etat ne doivent exprimer aucune affiliation religieuse. La crèche Baby Loup étant dans le registre du privé et non d’une institution qui représenterait l’Etat, on ne saurait imposer le principe de neutralité des employés dans le secteur privé. Les interventions de Mme Bougrab et du ministre de l’Intérieur dans cette affaire sont donc légalement infondées, elles relèvent plus de la prise de position politique, voire politicienne, que de la laïcité telle qu’elle est stipulée par la loi.
    Jeannette BOUGRAB - Le principe de laïcité est inscrit à l’article premier de la Constitution, ce qui marque clairement son importance, et il a vocation à s’appliquer sur l’ensemble du territoire. La Cour de cassation vient de limiter le principe de laïcité au seul service public, comme si ce principe constitutionnel pouvait être à géométrie variable, et renvoie l’affaire devant la cour d’appel de Paris, qui statuera. On se retrouve face aux problèmes de voile de la fin des années 1980, lorsque le règlement intérieur des établissements scolaires avait à définir les limites au port de signes ostentatoires à l’école par les élèves. Que ma réaction ainsi que celle de Manuel Valls, auxquelles il faut ajouter celle de Najat Vallaud-Belkacem, soient qualifiées d’attitude politique est pour le moins surprenant dès lors que la situation a ému l’opinion publique française, laquelle, dans un sondage BVA, vient de se prononcer à 85 % contre l’avis de la Cour de cassation. Quant à l’attitude politicienne, il suffit de rappeler que la porte-parole du gouvernement - qui ne partage assurément pas mes opinions - explique que le législateur va prendre ses responsabilités et appliquer le principe de laïcité qui est inscrit dans l’ordre juridique interne et dans la norme suprême : la Constitution.

    Tariq RAMADAN - Si le principe de laïcité est commun à l’ensemble de la société française, il s’applique évidemment de façon différenciée selon les espaces d’activités. Ce que dit la loi et ce que répète justement la Cour de cassation est qu’on ne peut pas, au nom de la neutralité qui doit s’imposer à l’Etat, passer à une neutralité que l’on imposerait au secteur privé . Les organisations, fondations ou institutions privées jouissent d’une marge de manoeuvre, au nom de la liberté de conscience et de culte, au nom même de la Constitution.
    Jeannette BOUGRAB - Je ne connais pas de principes constitutionnels qui s’appliquent dans les services publics et pas dans les entreprises privées. Partant de votre raisonnement, on pourrait étendre cela à l’égalité entre les femmes et les hommes, laquelle ne vaudrait que dans le public sans avoir droit de cité dans le privé. C’est grave. Les principes constitutionnels d’égalité et de laïcité sont non négociables au nom d’options philosophiques ou religieuses.
    Tariq RAMADAN - Cela n’a rien à voir. La gestion des libertés publiques et privées n’est pas comparable au principe inaliénable d’égalité.
    Jeannette BOUGRAB - Si ! Car il existe en France ce que l’on nomme les « établissements de caractère », d’essence confessionnelle, où le code du travail s’applique de façon spécifique. C’est ainsi que la Cour de cassation a estimé légal le licenciement d’une jeune femme catholique qui se remariait alors qu’elle avait divorcé, en contradiction flagrante avec le dogme professé dans son établissement - cas de figure qui n’est nullement applicable aux établissements non confessionnels. Que l’interdiction de l’abaya et du foulard clairement spécifiée dans le règlement intérieur de la crèche Baby Loup se soit transformée en affaire d’Etat n’est pas acceptable. La laïcité doit être autant protégée que la liberté religieuse. Il n’existe pas de supra-constitutionnalité en droit français.
    Tariq RAMADAN - Mais où allez-vous chercher le supra-constitutionnel ? C’est au nom de la Constitution que la Cour de cassation vous donne tort, car vous voulez limiter la liberté religieuse aux seuls établissements confessionnels. Vous avez une lecture abusive et restrictive, et au fond idéologique, du principe de la laïcité. Quand des institutions ou des entreprises privées étrangères - américaines ou autres - viennent s’établir sur le sol français, elles ont, au nom même de la Constitution, une marge de manoeuvre garantie par la loi. Elles ne peuvent néanmoins limiter la liberté au nom d’un principe qui s’applique uniquement aux agents de l’Etat. Votre démarche est politicienne et vous dicte une lecture de la Constitution infondée qui va jusqu’à invoquer le sentiment populaire pour se justifier. Tous les Français musulmans, à l’exception des littéralistes, reconnaissent la laïcité comme un fondement de l’Etat et demandent son application égalitaire, sans discrimination. Les spécialistes de la laïcité comme le sociologue Jean Boussinesq et les historiens et sociologues Emile Poulat ou Jean Baubérot s’opposent à votre interprétation, qui trahit le fondement de la laïcité. Que Manuel Valls ait suspendu quelques instants son rôle de ministre de l’Intérieur à l’Assemblée nationale pour vous rejoindre dans vos positions met en évidence les tendances populistes qui, chez certains politiques de gauche comme de droite, cherchent à attirer l’électorat du Front national en usant de sa rhétorique qui stigmatise et entretient la peur. A terme, cette démarche est irresponsable.

    Jeannette BOUGRAB - On ne vous a pas attendu pour réfléchir sur l’islam en France : nous avons eu l’émir Abd el-Kader dès le XIXe siècle, chef de guerre redoutable et fin penseur de l’islam, qui a risqué sa vie pour sauver des chrétiens. Des islamologues contemporains tels que Mohammed Arkoun ou Rachid Benzine, par exemple, ne pensent pas comme vous. Avoir une position différente de la vôtre n’équivaut donc pas à stigmatiser les musulmans - je suis moi-même de culture musulmane et n’ai pas de leçons à recevoir. Vous m’accusez d’avoir des idées proches du Front national. Si on a fait une loi sur les signes ostentatoires à l’école, c’est qu’il y avait un flou, une jurisprudence fluctuante de la part du Conseil d’Etat. Les chefs d’établissement n’en pouvaient plus d’être sous la pression des fondamentalistes. Je ne réclame nullement que le principe soit établi dans tous les lieux privés, mais dans un certain nombre d’endroits, tels que les crèches, en vue de préserver les enfants. Il ne s’agit pas d’interdire aux mères de porter le voile ni aux pères de porter le turban sikh s’ils le désirent, mais de dire aux employés qui accueillent des familles de cultures et de religions différentes de laisser les signes ostentatoires à l’entrée. Je vous demande en quoi recevoir des gens sans porter l’abaya serait une atteinte grave et inacceptable à la liberté religieuse ? Au reste, vous semblez considérer que le port du voile serait indissociable de la pratique cultuelle de l’islam, permettez-moi d’en douter.
    Tariq RAMADAN - Ce n’est ni à vous ni à moi d’en décider. Nous n’avons pas ici à aborder l’interprétation de l’islam et je ne vous répondrai pas en tant que théologien. Je ne savais pas par ailleurs que l’émir Abd el-Kader avait pensé l’islam de France. Vous abondez donc dans mon sens puisque vous affirmez vous-même que vous ne réclamez pas « que le principe soit établi dans tous les lieux privés ». Il y a donc bien des applications différenciées, comme le rappelle la Cour de cassation. Vous voulez décider idéologiquement des lieux privés où la liberté s’applique.
    Jeannette BOUGRAB - Comme vous n’êtes ni le constituant ni le législateur, on verra les suites de cette affaire devant la cour d’appel et, peut-être, le Parlement demain. La Cour de cassation a estimé que le principe de laïcité ne s’appliquait pas aux entreprises. C’est cela qui est grave. C’est une atteinte au pacte républicain.
    Tariq RAMADAN - Soyez précise : la Cour n’a pas dit que le principe de laïcité n’était pas applicable, mais que c’était ici le principe de laïcité exigeant la neutralité des agents qui ne l’était pas. Appliquer le principe de neutralité à des employés d’une institution privée est un abus.
    Jeannette BOUGRAB - En se permettant d’intervenir dans le domaine qui relève des juridictions administratives, la Cour de cassation est allée au-delà de sa compétence en estimant que la laïcité ne s’appliquait qu’aux services publics. Les personnes publiques ne gèrent pas toutes des services publics. Si on suit le raisonnement de la Cour de cassation, cela voudrait dire que demain on pourrait avoir dans la même administration des agents voilés et d’autres astreints au principe de neutralité. C’est absurde ! Le Conseil d’Etat reviendra certainement là-dessus.

    Le Figaro : Faudra-t-il une loi pour clarifier la situation ?
    Tariq RAMADAN - La loi est claire. Ce sont les avocats de sa lecture restrictive et exclusive qui veulent, disent-ils, la « clarifier ». Pour mieux stigmatiser et exclure. C’est une impasse.
    Jeannette BOUGRAB - Prendre les musulmans en otage et affirmer qu’on les stigmatise sitôt qu’on débat de laïcité est insupportable.
    Tariq RAMADAN - Ce n’est pas la laïcité, mais l’interprétation que vous en faites qui est stigmatisante. Si la laïcité était appliquée égalitairement dans la lettre et dans l’esprit, il n’y aurait aucun problème. La lecture idéologique que vous proposez pousse le principe jusqu’à l’excès, jusqu’à permettre à certains de considérer qu’il ne faut pas qu’une mère présente de signes distinctifs religieux quand elle va chercher son enfant !
    Jeannette BOUGRAB - Ce n’est pas le problème ! La laïcité doit s’appliquer aux agents. Il n’était absolument pas question des parents dans l’affaire Baby Loup.
    Tariq RAMADAN - Entretenir l’idée qu’on est sous une menace et qu’il faut légiférer en interdisant tout ne peut qu’être contre-productif. En tout cas, cela n’aide pas ! Et pousser le principe de laïcité par le biais de l’obsession du légal est excessif.
    Jeannette BOUGRAB - La menace des fondamentalistes, je la vois tous les jours. Le modèle communautariste à l’anglo-saxonne n’est assurément pas celui dont je rêve. Avoir demain des bobbies, autrement dit des gendarmes, avec un turban, cela me gêne ; avoir la burqa chirurgicale pour les infirmières à l’hôpital, cela m’est insupportable ; qu’au Royaume-Uni des parents tuent leur fille parce qu’ils l’estiment trop occidentalisée, cela me révolte. Avec la charia introduite dans leur code, certains pays du Maghreb permettent de marier une fille à son violeur pour qu’il échappe à la prison ; une femme violée peut être poursuivie pour atteinte aux bonnes moeurs. C’est ainsi qu’en France, loin de stigmatiser les musulmans, la laïcité est un principe émancipateur pour les femmes.
    Tariq RAMADAN J’ai fait la critique du modèle anglo-saxon et j’ai pris une position très ferme sur les situations inacceptables au Maghreb. Ne mélangeons pas tout, nous parlons ici de la laïcité française. La Cour de cassation vient d’exprimer, en droit, que votre interprétation est abusive.
    Jeannette BOUGRAB - Si la cour d’appel nous donne raison, que direz-vous ? Que la justice ne respecte pas le principe de laïcité ? Et que direz-vous face à une nouvelle loi ?
    Tariq RAMADAN - Quand le texte de 2004 sur le foulard a été voté, alors qu’auparavant rien ne s’opposait à ce signe distinctif dans la laïcité française, j’ai pris position en disant aux jeunes filles que la loi avait été votée et qu’entre le foulard et l’école il fallait choisir l’école. Si une nouvelle loi devait passer, je respecterais sa validité tout en n’adhérant pas - et cela est du ressort de la liberté intellectuelle du citoyen - à son esprit restrictif.
    Jeannette BOUGRAB - Je ne vois dans votre recommandation aux jeunes filles que du paternalisme. C’est vous qui avez une vision restrictive en souhaitant une application « différenciée » du principe de laïcité selon les communautés, vision contraire à l’essence même de notre modèle républicain.
    Tariq RAMADAN - Il n’y a là aucun paternalisme, je ne fais que répondre à votre question sur ma position. Ce qui est restrictif, et abusif, est de vouloir contrôler les institutions et les espaces privés au nom d’une lecture politique de la laïcité. C’est cela qui est contraire à l’essence du modèle républicain.
    Jeannette BOUGRAB - Votre méthodologie dans l’interprétation de la Constitution est dangereuse. Elle laisse se profiler l’idée qu’à l’intérieur de structures privées on pourrait écarter les principes fondamentaux de la République au nom d’un dogme religieux. Les Français savent parfaitement bien ce qu’est le modèle républicain ; ils n’ont besoin de personne pour qu’on le leur explique - et ils entendent le préserver ! On a vu leur avis par sondage : 85 % se prononcent contre le voile dans les crèches. Rendez-vous en appel !

    #laïcité #crèche-Baby-Loup #Tariq-Ramadan #Jeannette-Bougrab


  • La polit-Revue : Un forum plus mondial que social | Nawaat - Tunisia
    http://nawaat.org/portail/2013/03/31/la-polit-revue-un-forum-plus-mondial-que-social

    L’islam politique à l’épreuve du social

    Mais d’emblée les volontaires chargés de l’encadrement sont confrontés à une situation à risque qu’ils parviennent à gérer sans heurts. Un groupe de jeunes militants islamistes, ceux-là mêmes que le leadership d’Ennahdha appelle « la jeunesse enthousiaste », n’entend pas laisser la gauche parader en terrain conquis. Menés par l’inénarrable Recoba, les perturbateurs se greffent à l’avant de la marche, employant les méthodes rodées de la provocation fasciste universellement connue.

    Un islam politique autrement plus civilisé sera présent tout au long du forum. Dès le jour qui suit, l’atelier animé par Tariq Ramadan et Alain Gresh, l’un de ses contradicteurs favoris sur la question, s’annonce à juste titre comme le clou du spectacle du FSM, dans une salle archi-comble.

    Ramadan étant lui-même un personnage complexe, admirateur de Rached Ghanouchi mais se disant volontiers « de gauche » dans les médias, ses interventions de plus en plus fréquentes dans ce type de sommets à coloration sociale donnent à voir un discours à l’ADN conservateur en constante évolution, à l’image des partis ayant les Frères Musulmans comme filiation commune, aujourd’hui aux prises avec la gouvernance.

    Le FSM est à ce titre un autre test à grandeur nature pour le nouveau pouvoir local et ses bases populaires. Perché au sommet d’une colline du campus, sciemment positionné à l’abri des regards, si le stand de l’UGTE est presque anecdotique, la participation du syndicat islamiste le pousse de facto à accepter le pluralisme, même lorsque cela rime avec une position minoritaire.

    Ce sera là l’un des effets contingents de ce FSM : tout comme les funérailles nationales de Chokri Belaïd avaient été un « reminder » de la capacité de la gauche à mobiliser, le forum, son esprit insolemment fêtard et son gigantisme relativisent dans la conscience collective l’emprise du projet de société ultra conservateur, du moins à l’échelle mondiale.

    http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=Vug5thIaUKc

    #FSM #Tunis #Ramadan #Hamrouni #Gresh


  • Le Pape Benoît XVI : comme un Bilan -
    Tariq Ramadan

    http://www.tariqramadan.com/spip.php?article12748

    C’est à la lumière de ces dernières préoccupations qu’il faut comprendre son propos à l’université de Ratisbonne en 2006. Sa relecture de l’histoire de l’Europe est nourrie par ses craintes quant à l’époque contemporaine. Deux menaces hantent le Vieux continent selon lui : la sécularisation qui marginalise la religion - en tant que foi, règles et espérance - et l’installation des musulmans dont le nombre, la pratique et la visibilité grandissants apparaissent comme un défi majeur pour l’Eglise catholique. C’est avec force - et quelques maladresses et inexactitudes historiques - que le Pape Benoît XVI va affirmer que les racines de l’Europe sont grecques et chrétiennes. Cette volonté de relire le passé, de réduire les racines de l’Europe à la tradition rationaliste hellène et à la foi chrétienne, ont pour but de réaffirmer l’identité de l’Europe : celle-ci ne peut-être définie sans le mariage centenaire de la raison grecque et de la foi chrétienne et les autres traditions, et particulièrement l’islam, sont des éléments exogènes à cette identité. L’Europe peut bien désormais compter des millions de citoyens musulmans, ceux-ci restent étrangers à l’identité profonde de l’Europe qu’il faut aujourd’hui rappeler, défendre, protéger. La vérité historique est pourtant bien autre et l’islam, comme le judaïsme, ont participé à la formation de l’âme européenne par leurs penseurs, leurs philosophes, leurs architectes, leurs écrivains, leurs artistes et leurs commerçants. L’islam est historiquement et actuellement une religion européenne et le propos du Pape est à décrypter à travers le prisme de la crainte de la présence musulmane et animée par un souci de réaffirmation missionnaire au coeur de l’Europe même.

    C’est à travers ce même prisme que Benoît XVI s’engageait dans le dialogue interreligieux. Lors de nos différentes rencontres, dont la dernière à Rome en 2009, il ne fut jamais vraiment possible d’engager un dialogue sur les fondements théologiques et les principes : les débats, très vite, s’orientaient vers les pratiques respectives, le traitement des minorités chrétiennes en Orient. On pouvait certes parfois mettre en avant les valeurs communes, mais l’axe du dialogue était souvent la comparaison, la réciprocité, voire la compétition sur le terrain. Il faut certes engager ce débat sur le traitement des minorités chrétiennes en Orient car des discriminations existent et les musulmans doivent y répondre avec clarté, mais cela ne doit pas être le prétexte à éviter le débat théologique de fond ou plus largement la contextualisation historique et politique. Car enfin si les droits des musulmans sont parfois mieux respectés dans l’Occident sécularisé ce n’est certainement pas grâce au seul christianisme et s’ils sont parfois discriminés dans les sociétés majoritairement musulmanes ce n’est évidemment pas exclusivement à cause de certaines interprétations de l’islam. On ne peut faire fi des contextes historiques et politiques qui vont bien au-delà du strict dialogue interreligieux. Confiner le dialogue - avec les autres religions en général et avec l’islam en particulier, à ces postures missionnaires (face à la menace de l’islam en Occident) et systématiquement critiques (en pointant du doigt les contradictions dans les sociétés majoritairement musulmanes) ne peut qu’en dénaturer la substance et n’avoir que peu d’impact sur une meilleure connaissance mutuelle et un vivre ensemble fructueux, proactif, respectueux et harmonieux.

    • Je trouve le texte particulièrement convenu, alors même que ce passage semblait vouloir engager quelque chose d’intéressant :

      C’est à travers ce même prisme que Benoît XVI s’engageait dans le dialogue interreligieux. Lors de nos différentes rencontres, dont la dernière à Rome en 2009, il ne fut jamais vraiment possible d’engager un dialogue sur les fondements théologiques et les principes : les débats, très vite, s’orientaient vers les pratiques respectives, le traitement des minorités chrétiennes en Orient. On pouvait certes parfois mettre en avant les valeurs communes, mais l’axe du dialogue était souvent la comparaison, la réciprocité, voire la compétition sur le terrain. Il faut certes engager ce débat sur le traitement des minorités chrétiennes en Orient car des discriminations existent et les musulmans doivent y répondre avec clarté, mais cela ne doit pas être le prétexte à éviter le débat théologique de fond ou plus largement la contextualisation historique et politique.

      Parce qu’il y a des choses assez contrastées, récemment… il y a un nouveau patriarche maronite qui rompt assez nettement avec le sectarisme fermé du précédent ; il y a la disparition des chrétiens d’Irak malgré (à cause ?) de l’intervention occidentale (« chrétienne » ?), et risque similaire en Syrie ; il y a l’utilisation régulière de prétentions à des aspects civilisationels chrétiens pour les guerres dans le monde arabe, mais je n’ai pas eu le sentiment que les églises catholiques y souscrivaient trop bruyamment ; il y a des positions chrétiennes contrastées sur la Syrie ; j’ai eu le sentiment qu’il y avait des postures coptes ouvertement solidaires lors aux débuts de la révolution égyptienne (malgré des tentatives d’agitation par le régime) ; il y a l’arrivée des centaines de millions de dollars wahabites à la suite de toutes les interventions occidentales récents dans le monde arabe (ce faisant, une logique « chrétienne » simple reviendrait à soutenir des interventions « chrétiennes » qui, presque systématiquement, se concluent par des arrivées massives d’argent faisant la promotion d’une vision de l’islam pas tellement progressive et tolérante) ; il y a aussi les postures souvent claires des autorités chrétiennes en Palestine et à Jérusalem…

      Toutes choses sur lesquelles je ne suis pas spécialiste, mais sur lesquelles il m’a semblé que le Vatican n’avait pas, ces derniers temps, la pire position. On a connu des époques (récentes) où les hiérarchies des chrétiens d’Orient, coptes et maronites en tête, étaient souvent alignées sur les lubies likoudniks israéliennes (la dhimmitude, la dhimmitude !) ; j’ai vaguement l’impression que le bilan de ce pape dans la région est un éloignement net de cette tendance.

    • Tariq Ramadan amalgame la culture Islamique avec les cultures Perses, Araméennes, Arabes, Akkadiennes qui lui sont bien antérieures et qui ont fondé les avancées culturelles imprégnant ensuite la culture des Sémites bien sûr mais aussi des Chrétiens, des Grecques, des Romains puis des Celtes.

      C’est ce socle culturel commun issu de Sumer qui me semble être la racine de l’ensemble et non l’Islam, le Christianisme ou le Judaïsme. Et ce socle est à mettre en parallèle avec celui du shintoïsme Japonais, des aborigènes Australiens, des Inuits, des Maïas et des Incas voire des Celtes pour pouvoir identifier ce qui lui est propre.


  • Le Mali, la France et les Extrémistes - Tariq Ramadan
    http://www.tariqramadan.com/spip.php?article12693

    Certaines questions ne sont-elles pas légitimes au demeurant ? Nul ne peut nier l’existence de groupes violents extrémistes et radicalisés qui ont une compréhension coupable et inacceptable de l’islam. Nous l’avons dit, il faut les condamner. Il faut constater que ces groupes ont des stratégies politiques contradictoires et ont une fâcheuse tendance à s’installer aux lieux exacts où les ressources minières sont un enjeu capital. On le savait en Afghanistan (dans une région immensément riche de pétrole, gaz, or, lithium, etc.) et voilà – on ne comprend pas bien pourquoi – que les « fous » extrémistes s’installent dans le Sahel malien pour y appliquer leur « shari’a » inhumaine et si peu islamique. Dans le Sahel désertique ! Que l’on nous entende bien, il n’y a pas doute sur l’existence de ces groupuscules extrémistes mais il y a des questions légitimes sur leur infiltration possible (les services de renseignements américains, comme européens, ont admis faire usage de l’infiltration en s’appuyant sur des agents instigateurs). Leurs lieux d’installation et leurs méthodes d’opération pourraient bien être encouragés et orientés : on le savait avec George W.Bush, on le voit au Mali, on peut faire un usage utile « des terroristes ». Un chef militaire malien nous disait son trouble lors de notre dernière visite : « On a ordre de les exterminer, de les ‘détruire’ (sic), même quand ils sont désarmés. Pas de prisonniers ! On fait tout pour les rendre fous et les radicaliser ». Etonnante stratégie de guerre en effet. Plus largement, le Canard Enchaîné révèle que l’allié de la France, le Qatar, aurait signé un accord avec Total – quant aux exploitations du Sahel – et, paradoxalement, soutiendrait financièrement et logistiquement des groupes radicalisés tels que « les insurgés du MNLA (indépendantistes et laïcs), les mouvements Ansar Dine, Aqmi et Mujao (djihad en Afrique de l’Ouest) ». Si les faits sont avérés, s’agirait-il d’une contradiction ? Ou alors d’une façon d’encourager et de pousser les pyromanes (extrémistes) afin de rendre utile, nécessaire et impérative l’action des pompiers (français) ? Une répartition des rôles entendue, particulièrement efficace, et tellement cynique.

    Note : il y a 2 jours, je faisais remarquer qu’il était étonnant de voir des libéraux dénoncer des « conséquences inattendues » des actions des grandes puissances, alors même que les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets (donc très prévisibles) :
    http://seenthis.net/messages/108585


  • http://rivesudrivenord.blog.lemonde.fr/2012/11/04/de-lutilite-du-concept-dislamisme-modere

    Les mouvements politiques dont est issue Ennahda en Tunisie ou encore les Frères musulmans en Egypte, ont misé par le passé et misent encore, alors qu’il sont désormais aux affaires, sur une ré-islamisation encore plus grande de la société et une tendance à l’ostentation de sa piété dans l’espace public comme marqueur identitaire puissant face au désarroi des populations devant le mal-vivre et la perte des repères générés par la mondialisation et l’irruption abrupte d’une économie de bazar déstructurante des modèles traditionnels.

    Il ne leur restera, dès lors que le fait religieux devienne dominant, qu’à s’aligner sur cette demande « sociale » de « moralité » de l’espace public, avec en prime, la prétention de la couler dans le moule du discours sur la souveraineté populaire.

    Hillary Clinton aurait, dans ses tournées récentes, clairement signifié aux décideurs issus des appareils militaro-sécuritaires et aux reliquats des anciens régimes au Caire comme à Tunis, que dorénavant les occidentaux entendaient miser sur cette nouvelle force politique, en espérant, mutatis mutandis une évolution politique de celle-ci sur le modèle turc, du moins à long terme.

    La stabilité d’une région pourvoyeuse de tant de richesses énergétiques, mais aussi, productrice d’autant de radicalité politique semblant prioritaire sur tout le reste ; le marketing politique et médiatique se chargera de bien vendre cette option stratégique.

    #ennahda #freres #musulmans #tunisie #egypte

    • C’est dans ce contexte qu’il faudrait peut être lire l’irruption d’un pays comme le Qatar sur la scène diplomatique et médiatique arabe et occidentale et le rôle qui lui est dévolu, objectivement disproportionné par rapport à sa puissance réelle, comme la tentative de vendre cette idée d’une possible alliance entre un conservatisme religieux soft et le sens des affaires et de ses intérêts, sans avoir à en passer par une proximité devenue trop gênante avec l’allié historique dans la région, l’Arabie Saoudite.

    • Après avoir été muselés, au lendemain des indépendances, par des régimes autoritaires, tantôt d’inspiration laïque Kémaliste, tantôt conservatrice monarchique, les peuples arabes, dont de larges franges se sont soulevées courageusement pour réclamer plus de dignité et de liberté, se trouvent aujourd’hui devant une offre politique à l’habillage traditionaliste qui sied au désarroi identitaire ambiant, mais qui au final, en prenant les précautions d’apparence qui s’imposent, reproduirait la vieille alliance entre les intérêts convergents des puissances tutélaires et des vieilles élites, contraintes de faire un peu de place à des acteurs politiques nouveaux afin de préserver l’essentiel de leur rente de situation.

      Au final, c’est le sommet de la pyramide qui semble devoir s’élargir, la base quant à elle, devra encore patienter dans la sempiternelle relégation, à moins qu’elle n’ait pas encore dit son dernier mot.


  • Tariq Ramadan dénonce l’hypocrisie de la finance islamique en marge d’Investissima - Tariq Ramadan
    http://www.tariqramadan.com/spip.php?article696

    Ainsi, la finance islamique a réussi, au gré d’une savante ingénierie financière, à trouver des substituts conformes à l’islam à tous les instruments de placement, des plus sûrs aux plus spéculatifs : on trouve des obligations islamiques (sukuk) qui contournent l’intérêt, prohibé en islam, grâce à la technique de « ijara ». Et si l’islam interdit la spéculation, des équivalents licites aux options et produits dérivés ont été échafaudés (« arbun » ), permettant l’essor des produits structurés islamiques. Même la vente à découvert, pratiquée par les hedge funds, devient islamiquement correcte avec l’usage d’un contrat à terme qui évite l’endettement. « L’approche, dit Tariq Ramadan, est trop utilitariste, et sa dimension éthique reste marginale. »

    Tandis que les médias occidentaux se focalisent, de la Tunisie à l’Egypte, avant tout sur la charia, et parfois grossissent n’importe quel incident, comme si c’était la préoccupation essentielle des peuples, la question sociale et économique, et les débats qu’elle suscite à l’intérieur des courants islamistes, ne sont pas suivis et couverts. Or les orientations néolibérales des Frères musulmans sont fortement contestées à la fois à l’intérieur de ces organisations et à l’extérieur. C’est sur ces questions que se fera le véritable clivage

    #Frères #néolibéralisme


  • Révolutions. Petite leçon d’histoire de France pour éditocrates révisionnistes | Faysal Riad (Les mots sont importants)
    http://lmsi.net/Revolutions

    Le refrain est connu : la démocratie n’est pas souhaitable pour certains peuples. L’exemple tarte à la crème : la révolution iranienne ! Alors peut-on se réjouir ou doit-on s’inquiéter de ce qui se passe en Tunisie, en Égypte, au Yemen, en Libye, en Syrie ? Je n’ergoterai pas sur le rôle des islamistes ici ou là ou sur les « dérives » possibles et imaginables dans tel ou tel pays. Je ne me demanderai pas quel rôle pourrait jouer Tariq Ramadan, son frère, son grand-père ou les disciples du fils de son arrière grand-père. Je ne me propose pas non plus de faire un cours sur les différences conceptuelles entre révolte et révolution. Non, tout en exprimant moi aussi mon immense joie de voir des peuples se débarrasser de tyrans sanguinaires, je ne peux m’empêcher de me rendre compte que les grincheux qui parlent un peu partout dans les médias semblent complètement oublier leur propre histoire. Source : Les mots sont importants


  • Plus dure sera la chute… | Yovan Menkevick
    http://reflets.info/plus-dure-sera-la-chute

    (Ce deuxième tour des présidentielles n’est peut être pas pathétique pour rien du côté du président sortant. Parce qu’au delà d’avoir pratiqué une politique du coup de menton, divisé les citoyens, démonté les services publics, enfoncé le pays dans le marasme économique, fait exploser le chômage, laissé l’industrie disparaître, cautionné les thèses d’extrême droite, N.S a surtout servi la cause de ses puissants amis qui l’ont hissé au pouvoir. Et aujourd’hui, sa réélection est avant tout une affaire de survie personnelle, tant les affaires judiciaires le cernent. Que risque-t-il s’il n’est pas réélu et perd son immunité présidentielle ? Petit rappel des affaires en cours…) Le mensonge est pratiqué par l’exécutif comme une seconde nature. Au point que Nicolas Sarkozy peut affirmer une chose un jour et dire son contraire le lendemain, voire, et c’est nouveau, s’excuser sur un plateau de télévision d’avoir menti. « Je n’ai jamais dit fête du vrai travail« , donnera ensuite « c’est une expression malheureuse, je n’aurais pas dû l’employer« . Mais là, nous sommes encore dans du mensonge de campagne, avec des fausses affirmations tellement nombreuses que plus personne ne peut les relever : « François Hollande est soutenu par Tariq Ramadan, Hollande a proposé de construire 700 (...)



  • Fargette, claquettes et lieux communs
    http://www.mondialisme.org/spip.php?article1826

    Parmi la plét­hore de gros malins qui ont cru se mon­trer très nova­teurs à l’extrême gauche en repre­nant des concepts et des « réfle-xions » qu’ils esti­maient tel­le­ment supéri­eures aux « dogmes » du vieux mou­ve­ment ouvrier et qui se sont fina­le­ment retrouvés à dire la même chose que Marine Le Pen ou Claude Guéant, le triste mon­sieur Fargette qui publie aujourd’hui une atta­que contre Ni Patrie Ni Frontières n’aurait certes pas retenu notre atten­tion.

    Sauf peut-être à titre de cas d’école, à l’usage des jeunes géné­rations, tant il sait cumu­ler en un seul texte, ce qui est géné­ra­lement dif­fusé dans une œuvre entière, en matière de proxi­mité avec la sém­an­tique et la vision de l’Histoire de l’extrême droite.

    #Luftmenschen, 22 avril 2011



  • Nos Ami(e)s Les Journalistes | Sébastien Fontenelle (Vive le feu !)
    http://www.politis.fr/Nos-Ami-e-s-Les-Journalistes,17476.html

    Il y a des fois, je sais pas si tu l’as noté, où nos ami(e)s les journalistes sont extraordinairement réactifs. Par exemple, si tu leur montres, d’une part, un Oussama ben Laden, de chez Al-Qaida, puis, d’autre part, un bagagiste barbu et musulman de Roissy ? Nos ami(e)s les journalistes vont mettre moins de vingt secondes à nous informer, au terme d’une exigeante investigation, de ce qu’il serait quand même très étonnant que le bagagiste barbu et musulman de Roissy ne soit pas un terroriste d’Al-Qaida, vu qu’il est, petit un, barbu, comme Oussama ben Laden, et, petit deux, musulman, comme Oussama ben Laden - convenez, mâme Dupont, qu’on est là très au-delà du simple faisceau de présomptions ? Source : Vive le feu !


  • SYRIE : QUI A RAISON, QUI A TORT ? Par Tariq Ramadan

    http://www.tariqramadan.com/Syrie-Qui-a-raison-qui-a-tort,11890.html

    Cela fait maintenant des mois que la Syrie est tourmentée par une tragédie. Des civils ont été torturés et tués par les forces armées ; la répression du gouvernement a atteint des niveaux insupportables et semble ne plus pouvoir être jugulée. Le monde regarde et les puissances étrangères - Russie et Chine d’un côté ; Etats-Unis, pays arabes et européens de l’autre - sont incapables de trouver une solution ou de se mettre d’accord sur un moyen de mettre fin aux meurtres. Les Nations Unies sont impuissantes et le monde regarde passivement : des centaines de Syriens ont été tués et la répression continue.

    […] Cela étant dit, l’ultime solution est-elle de demeurer silencieux et de soutenir le régime de Bachar ? Lui et son père furent et sont des dictateurs qui ont donné l’ordre de tuer des milliers de civils tout en torturant impitoyablement leurs opposants. Il s’agit là de faits ; aucun cœur sensible, aucun esprit sensé n’est capable de soutenir de tels tyrans et d’aussi cruels despotes. La tyrannie devrait cesser ; Bachar al-Assad devrait être arrêté et jugé. Son bilan est terrible, l’œuvre d’un homme ayant perdu tout sens de la mesure.

    Ce que vous énoncez dans votre article, Tariq Ramadan, c’est un constat et au mieux des vœux pieux. Vous n’énoncez pas l’amorce d’une solution ni les moyens à mettre en œuvre. Quelle autre choix avons nous que d’être silencieux et regarder ce qui se passe en Syrie d’un œil réprobateur (euphémisme) et inquiet ?

    Autre question : le pouvoir est-il vraiment entre les mains de Bachar el-Assad ou est-il entre les mains de la vieille garde de son père ?

    #Tariq_Ramadan, #Syrie, #Bachar_el-Assad


  • " Burqa, bla bla ! " : Où sont les valeurs de l’ULB ?

    http://www.levif.be/info/actualite/belgique/burqa-bla-bla-ou-sont-les-valeurs-de-l-ulb/article-4000041087412.htm

    Caroline Fourest s’est pris un râteau hier soir. Elle venait dénoncer l’islamophobie de l’extrême droite à l’ULB. Ceux qui suivent cette opportuniste savent bien qu’elle est la chef de file de l’islamophobie en France et en Europe. Les arguments du FN en France contre les musulmans sont ceux-là même que Caroline Fourest leur a fourni. Si le FN est si haut dans les sondages, c’est bien grâce à Caroline Fourest.

    La dernière fois qu’elle était venu à l’ULB, c’était pour faire la promotion de son livre sur Tariq Ramadan qui dénonçait le pseudo double langage de celui-ci. Le résultat avait été l’exclusion de Tariq Ramadan de son droit de réponse à l’ULB. C’est bien le double langage de Caroline Fourest qu’il faut dénoncer. Cette femme est une opportuniste de la pire espèce dont l’objectif n’est que de vendre ses livres-poubelles.

    L’extrême droite est-elle devenue fréquentable ? Non, c’est le public qui adhère de plus en plus à ses thèses, et cela grâce entre autre à Caroline Fourest.

    #Caroline_Fourest, #ULB, #islamophobie


  • Egypte : Les Frères Musulmans au seuil du pouvoir | René Naba
    http://www.renenaba.com/egypte-les-freres-musulmans-au-seuil-du-pouvoir

    Au seuil du pouvoir, les Frères Musulmans d‘Egypte devraient faire preuve d’innovation, par le dépassement du conflit idéologique qui divise le pays depuis la chute de la monarchie, en 1952, en une sorte de synthèse qui passe par la réconciliation de l’Islam avec le socialisme. Cesser d’apparaitre comme la roue dentée de la diplomatie américaine dans le Monde arabe, en assumant l’héritage nassérien avec la tradition millénaire égyptienne, débarrassant la confrérie de ses deux béquilles traditionnelles ayant entravé sa visibilité et sa crédibilité, la béquille financière des pétromonarchies rétrogrades et la béquille américaine de l’ultralibéralisme.

    Sous la direction de la confrérie, l’Egypte, épicentre du Monde arabe, devrait prendre en outre l’initiative historique de la réconciliation avec l’Iran, le chef de file de la branche rivale chiite de l’Islam à l’effet de purger le non dit d’un conflit de quinze siècle résultant de l’élimination physique des deux petits fils du prophète, Al-Hassan et Al-Hussein, acte sacrilège absolu fruit sinon d’un dogmatisme, à tout le moins d’une rigidité formaliste.

    Répudier la servilité à l’égard des Etats-Unis, bannir le dogmatisme régressif sous couvert de rigueur exégétique, concilier Islam et diversité, en un mot conjuguer Islam et modernité…Tel est le formidable défi des Frères Musulmans au seuil du pouvoir dont la réussite pourrait conférer une légitimité durable et un magistère moral indiscutable à une confrérie dont la mutation pourrait impulser une dynamique de changement à l’épicentre de la gérontocratie pétro monarchique du Golfe, en particulier l’Arabie saoudite, le foyer de l’intégrisme et de la régression sociale, condition indispensable au relèvement du Monde Arabe.


  • Zemmour & Naulleau 15/11/2011 : Henri Guaino et Tariq Ramadan

    http://www.youtube.com/watch?v=qgDVQHklkQI&feature=colike

    00:00 - Guaino a-t-il trahi ses idéaux ?
    Henri Guaino

    30:00 - Monde Arabe : Quel avenir pour les révolutions ?
    Tariq Ramadan, intellectuel, islamologue, professeur et universitaire à Oxford, Suisse d’origine égyptienne

    52:30 - Catholicisme : Les intégristes contre la liberté d’expression ?
    Alain Escada,secrétaire général de l’Institut Civitas

    #Zemmour_&_Naulleau, #Eric_Zemmour, #Eric_Naulleau, #Henri_Guaino, #Tariq_Ramadan, #Alain_Escada, #Civitas


  • LE POINT : Égypte : Tariq Ramadan : « Derrière les salafistes, l’Arabie Saoudite »

    […] Le Point.fr : Comprenez-vous que les jeunes manifestants égyptiens qui manifestaient en janvier place Tahrir estiment que leur Printemps arabe a été volé par l’hiver islamiste ?

    Tariq Ramadan : Il n’y a jamais eu ni de printemps arabe ni d’hiver islamiste. Les jeunes se sont mobilisés avec l’énergie, la volonté et le courage du changement, sans avoir été toujours équipés politiquement par les enjeux. Il ne suffit pas de faire tomber Moubarak et son régime. Tous les mouvements islamiques n’étaient pas là au début de la résistance. Tous ces jeunes qui sont descendus dans la rue étaient portés par l’espoir du changement. Mais toute personne qui dispose d’un sens politique sait que tout cela peut être récupéré. Ce qui était leur instinct révolutionnaire au départ demeure toujours aujourd’hui. Mais ces soulèvements populaires ne se sont pas achevés en révolution. […]

    SOURCE : Le Point.fr du 06/12/2011

    http://www.lepoint.fr/monde/egypte-tariq-ramadan-derriere-les-salafistes-l-arabie-saoudite-06-12-2011-14

    #Egypte


  • Appel international à un moratoire sur les châtiments corporels, la lapidation et la peine de mort dans le monde musulman

    Extrait :

    En effet, derrière un discours islamique qui minimise les faits et arrondit les angles, à l’ombre de ce « presque jamais », des femmes et des hommes sont châtiés, frappés, lapidés et exécutés au nom de l’application des hudûd et ce sans que la conscience des musulmans du monde entier ne s’émeuve outre-mesure. On fait comme si l’on ne savait pas, comme s’il s’agissait de trahisons mineures aux enseignements islamiques. Or, comble d’une injustice aggravée, ces peines ne s’appliquent qu’aux femmes et aux pauvres, doublement victimes, jamais aux riches, aux gouvernants ou aux oppresseurs. En sus, des centaines de prisonniers n’ont droit à aucune défense digne de ce nom : des sentences de mort sont décidées et exécutées à l’encontre de femmes, d’hommes, voire de mineurs (opposants politiques, trafiquants, délinquants, etc.) sans que les accusés n’aient pu avoir le moindre contact avec un avocat. Après avoir accepté le flou dans nos rapports aux sources scripturaires, nous démissionnons devant la trahison du message de justice de l’islam.

    Tariq Ramadan

    http://www.tariqramadan.com/Appel-international-a-un-moratoire.html

    #Islam, #moratoire, #lapidation


  • Égypte : Tariq Ramadan : « Derrière les salafistes, l’Arabie saoudite » - Le Point
    http://www.lepoint.fr/monde/egypte-tariq-ramadan-derriere-les-salafistes-l-arabie-saoudite-06-12-2011-14

    Tout à coup, les salafistes arrivent et remportent une grosse part du gâteau. Il faut dire qu’ils bénéficient du soutien financier et idéologique de l’Arabie saoudite. En finançant ce mouvement, ils lui donnent la possibilité de s’exprimer sur le terrain. Contrairement à ce que l’on croit, ce ne sont pas 60 % (addition des scores des Frères et des salafistes, NDLR) des islamistes qui gagnent aujourd’hui en Égypte. Il y a une vraie fracture entre les deux courants. Alliés de l’Arabie saoudite, les États-Unis n’ont aucun problème avec le salafisme saoudien - même s’il est très conservateur et va jusqu’à établir des châtiments - dès lors qu’il protège leurs intérêts.



  • Dassetto évoque « la grande urgence de l’islam belge et européen » at Parlemento.com
    http://parlemento.com/2011/10/21/dassetto-evoque-la-grande-urgence-de-lislam-belge-et-europeen

    Contribuer, malgré la faiblesse extraordinaire de moyens, à la formation de personnes actives dans le monde musulman belge ou qui s’intéressent à la réalité de l’islam belge. C’est ce qui m’avait amené il y a 4 ou 5 ans à mettre en route ce programme de formation continue. C’est pour moi la grande urgence de l’islam belge et européen : une formation qui entre de plain pied dans la démarche universitaire, dans le total respect de la foi, ouverte, plurielle, critique, non communautariste.

    #islam #europe #reflexion


  • Extrême gauche/Extrême droite. Inventaire de la confusion (4) Les idiots utiles à la confusion
    http://www.mondialisme.org/spip.php?article1702

    La pater­nité de l’expres­sion « idiots utiles » est géné­ra­lement attri­buée à Lénine, sans que l’on cite jamais l’arti­cle, ou le livre, où se trou­ve­rait cette expres­sion sous la plume du diri­geant bol­che­vik. Elle désigne ici des indi­vi­dus ou des grou­pes qui se déc­larent géné­ra­lement de gauche mais qui, plus que par leur « idio­tie » (cer­tains sont intel­li­gents), se révèlent sur­tout utiles pour leurs adver­sai­res. Si leur sincérité n’est le plus sou­vent pas en cause, leur luci­dité poli­ti­que est sans conteste nulle. Mais ils peu­vent à tout ins­tant rejoin­dre défi­ni­ti­vement le camp de la réaction…