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Victor Napoléon Lvovich Kibaltchiche, vous connaissez ?
Oui ? Non ?
Alors peut-être connaissez-vous Victor Serge ?
C’est le même homme. Victor Serge, c’est son pseudo à ce sacré bonhomme !
Quelle vie ! Quel parcours ! Pour moi un exemple ! Respect comme on dit.
Ses mémoires, je les ai lues, lues et relues. Feuilletées dans tous les sens ! Ce livre est inépuisable. Vous pouvez l’ouvrir à n’importe quelle page, vous y trouverez la vie, partout haletante.
Alors voilà, comme je viens de le relire, encore, je voulais vous en faire profiter.
Ce livre est un roman. Le roman d’une vie héroïque. Le roman d’une époque pas si lointaine. Bourré d’anecdotes à chaque ligne.
Par où commencer ?
Je vais essayer de résumer les grandes étapes de la vie de Victor Serge. Pas facile, facile vu le foisonnement d’aventures vécues !
Alors pour faire bref.
Victor Serge nait à Bruxelles en 1890. Ses parents russes sont pauvres et anti-tsaristes. C’est pourquoi ils fuient en Belgique.
Adolescent, Victor Serge fréquente les anarchistes et va même jusqu’à côtoyer les « illégalistes » du genre Bande à Bonnot.
Il refuse la violence de ces « bandits tragiques » mais écope tout de même de 5 ans de prison pour mauvaise fréquentation.
Expulsé de France après sa peine purgée, il part en Espagne tenter un soulèvement anarchiste qui échouera. Puis il rejoint la Russie et sa jeune révolution bolchévique. Très tôt, il condamne la dictature du prolétariat et les abus de pouvoir policé des chefs bolcheviks.
Condamné à l’exil par Staline, il suit un moment Trotski mais rapidement il le quitte, écœuré par le culte du chef pratiqué comme une religion par les trotskistes. « Nous n’étions pas trotskistes, car nous n’entendions pas nous subordonner à une personnalité, si écoutée, si admirée fût-elle, et car nous nous rebellions conte le culte du Chef. »
Plus tard, expulsé de France, il meurt dans le dénuement en 1947 au Mexique, terre d’accueil des exilés politiques.
Victor Serge est un libertaire et un écrivain de talent.
Ses mémoires se lisent comme un roman. Sa vie est un grand roman dramatique mais toujours illuminé d’espoir.
Il a vécu la prison, les révolutions, l’exil, la misère mais toujours il restera un défenseur des droits de l’homme, toujours il défendra les pauvres et les faibles.
« Mais la servitude, c’est la mort, tandis que le combat n’est que le risque de mort. »
Il a connu Lénine, Trotski, Breton, Gide, Giraudoux, Istrati et nombre d’autres bonnes ou mauvaises figures de l’histoire.
Si vous voulez comprendre la politique d’aujourd’hui, les abus de pouvoir, les révolutions du printemps arabe et les contre-révolutions, lisez Victor Serge. Il sait tout expliquer avec toujours plein
d’humanisme et de fraternité.
A propos des révolutions, son ami l’écrivain roumain Istrati disait que faire une révolution c’était comme casser des oeufs pour faire une omelette sauf que toujours on casse les oeufs mais jamais on ne voit
l’omelette !
« Peu de satisfactions me paraissent aussi grandes que celles de comprendre et d’exprimer. »
Avec courage, au péril de sa vie, il luttera contre tous les abus des pouvoirs, quitte à être renié par les siens. Sa vie est un combat. « Tout ce qui ne me tue pas me rend fort. » écrivait Nietzsche. Cette phrase pourrait servir de devise à Victor Serge qui, jamais, ne désespère de la vie pourtant si injuste.
Victor Serge veut vivre et témoigner. « Il faut témoigner sur ce temps. Le témoin passe, mais il arrive que le témoignage reste...et la vie continue... »
Sa pensée ? (Non pas sa doctrine car il nie toutes les doctrines)
Défense et respect de l’homme. Défense de la vérité. Défense de la pensée.
Nous sommes d’accord, non ?
Pas besoin d’être militant à la cause anarchiste pour apprécier ce livre. Ce n’est pas un livre de propagande mais le témoignage d’un homme de bonne volonté, d’un opposant à tout régime totalitaire, d’un écrivain aussi. Il a écrit plusieurs romans dont « Naissance d’une force » ou « Les Hommes dans la prison ».
Un livre qui donne de l’espoir...une aide-de-vie. Ce livre est aussi un hommage à la littérature, l’écriture. Victor Serge écrit admirablement bien en français, d’une écriture toujours vivante, passionnante. Il est aussi un grand lecteur, admirateur de Balzac.
Vraiment que celui qui s’ennuie en lisant ce livre me fasse signe !