Une révolution par le bas | Contretemps (23.01.11)
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Quant à l’intégration des islamistes au jeu politique, là aussi, il faut se garder d’une analyste simpliste qui opposerait de manière caricaturale le « camp laïque » au « camp islamisant ». Nombre de militants d’extrême gauche, de féministes et de démocrates progressistes sont clairement pour que les islamistes du parti #Ennahda (Renaissance) participent au jeu démocratique tunisien. D’autres, en revanche, continuent à agiter le « chiffon vert ». En exil, les #islamistes réformistes participaient déjà à de nombreux forums de l’opposition démocratique. Il s’est produit un phénomène d’acculturation réciproque : la gauche a appris à connaître les islamistes (les Khouanjis comme on dit en tunisien) et les islamistes ont largement révisé leurs positions, en admettant un certain nombre d’acquis sécularistes comme le Code du statut personnel qui, comme vous le savez, est plutôt égalitaire en #Tunisie (interdiction de la polygamie, abolition de la répudiation et instauration du mariage et du divorce civils). Le parti islamiste de Rached Ghanouchi a pour modèle le parti #AKP d’Erdogan qui est actuellement au gouvernement en Turquie. Rien à voir avec Al Qaeda ou le salafisme étriqué de l’Arabie Saoudite. Toutefois, il n’est pas impossible que le thème de l’épouvantail islamiste, du « péril vert », soit brandi par un certains nombre d’acteurs qui ont intérêt à faire capoter le processus de démocratisation.






