• Projet de traité entre la Communauté européenne et la Grèce.

    (TRÈS fortement inspiré, pour ne pas dire copié, d’un précédent historique) #politique_fiction

    La Commission Européenne et le Gouvernement de la République Hellénique, soucieux d’établir en Grèce un régime régulier fondé sur l’ordre intérieur et la sécurité générale qui permettra l’introduction des réformes et assurera le développement économique du pays, sont convenus des dispositions suivantes :

    Article I. — La Commission Européenne et le Gouvernement de la République Hellénique sont d’accord pour instituer en Grèce un nouveau régime comportant des réformes administratives, judiciaires, scolaires, économiques, financières et militaires que la Commission Européenne jugera utile d’introduire sur le territoire grec.
    Ce régime sauvegardera la situation religieuse, l’exercice de la religion orthodoxe et le respect des institutions religieuses, notamment l’État Monastique Autonome de la Sainte-Montagne.

    Art. II. — Le Gouvernement de la République Hellénique admet dès maintenant que la Commission Européenne procède aux occupations militaires du territoire grec qu’elle jugerait nécessaires au maintien de l’ordre et de la sécurité des transactions commerciales et à ce qu’elle exerce toute action de police sur terre et dans les eaux grecques.

    (…)

    Art. IV. — Les mesures que nécessitera le nouveau régime seront édictées sur la proposition de la Commission Européenne, par le Gouvernement de la République Hellénique. Il en sera de même des règlements nouveaux et des modifications aux règlements existants.

    Art. V. — La Commission Européenne sera représentée auprès du Gouvernement de la République Hellénique par une Haute Commission, dépositaire de tous les pouvoirs de la Commission Européenne en République Hellénique, qui veillera à l’exécution du présent accord.
    La Haute Commission sera le seul intermédiaire du Gouvernement de la République Hellénique auprès des représentants étrangers et dans les rapports que ces représentants entretiennent avec le gouvernement grec.
    Elle aura le pouvoir d’approuver et de promulguer, au nom de la Commission Européenne, tous les décrets rendus par le Gouvernement de la République Hellénique.
    La Haute Commission sera composée ainsi :
    • un représentant de la Commission Européenne,
    • un représentant de la Banque Centrale Européenne,
    • un représentant du Fonds Monétaire International.

    (…)

    Art. VIII. Le Gouvernement de la République Hellénique s’interdit de contracter à l’avenir, directement ou indirectement, aucun emprunt public ou privé et d’accorder, sous une forme quelconque, aucune concession sans l’autorisation de la Haute Commission.

    Art. IX. — La présente convention sera soumise à la ratification de la Commission Européenne et l’instrument de ladite ratification sera remis au Président de la République Hellénique dans le plus bref délai possible.


  • Les Sauvages de Sabri Louatah

    Pour son arrivée au pays de la fiction, le jeune Sabri Louatah a décidé d’écrire une #politique-fiction... en plusieurs tomes. Un pari osé, mais qui semble pouvoir être tenu à la lecture du premier, paru ce mois de janvier.

    L’histoire débute le 5 mai 2012. Oui, déjà. Le second tour de la présidentielle va opposer Nicolas Sarkozy au candidat du PS. Celui qui avait gagné les primaires. Son nom : Ider Chaouch, maire d’une ville de la banlieue parisienne et député européen. Un #Français d’origine #kabyle. Chaouch a fait une campagne de rêve, a parlé de la vie et de l’avenir en des termes plus volontaires encore que le « Yes we can » d’Obama. Il a dit que « la démocratie, c’est pas quand on est tous égaux, c’est quand nous sommes tous nobles ». Pour ce second tour, il est le favori des sondages. Et ça ne plaît pas à tout le monde, y compris chez ses supposés électeurs.

    Ce même 5 mai 2012, dans la banlieue de Saint-Etienne, la turbulente famille Nerouche termine les préparatifs d’un mariage. Slim est kabyle, et va épouser Kenza, d’une famille oranaise. Ça ne plaît pas à tout le monde, dans la famille. Une famille nombreuse. Donc bavarde.

    Dans les deux cas, l’évènement sur le point de survenir est du domaine de l’interdit. Moral, historique, national. Dans les deux cas, qui évidemment vont se rejoindre, toutes les forces morales vont se liguer pour empêcher « ça ». Mélange de politique-fiction et de saga familiale, des « sauvages » se jettent dans la bataille. Un roman qui, clin d’œil évident, dure vingt-quatre heures et une histoire communautaire autant que politique du « pays réel ». Hubert Artus

    Ed. Flammarion – janvier 2012 – 320 pages – 19€.
    http://www.rue89.com/rue89-presidentielle/2012/04/11/la-selection-de-rue89-des-livres-politiques-lire-avant-daller-voter


  • Où est la gauche à l’heure de la tourmente économique ?
    http://www.monde-diplomatique.fr/2011/11/HALIMI/46895

    Le Front de gauche (auquel appartient le PCF) veut contredire de tels augures. En faisant pression sur le PS, il espère le voir échapper à « ses atavismes ». A priori, le pari paraît illusoire, voire désespéré. Toutefois, s’il intègre d’autres données que le rapport de forces électoral et les contraintes institutionnelles, il peut se prévaloir de précédents historiques. Ainsi, aucune des grandes conquêtes sociales du Front populaire (congés payés, semaine de quarante heures, etc.) n’était inscrite dans le programme (très modéré) de la coalition victorieuse en avril-mai 1936 ; le mouvement de grèves de juin les a imposées au patronat français.

    L’histoire de cette période ne se résume pas pour autant à la pression irrésistible d’un mouvement social sur des partis de gauche timides ou effarouchés. C’est bien la victoire électorale du Front populaire qui a libéré un mouvement de révolte sociale en donnant aux ouvriers le sentiment qu’ils ne se heurteraient plus au mur de la répression policière et patronale. Enhardis, ils savaient aussi que rien ne leur serait donné par les partis pour lesquels ils venaient de voter sans qu’ils leur tordent la main. D’où cette dialectique victorieuse — mais tellement rare — entre élection et mobilisation, urnes et usines. Un gouvernement de gauche qui n’affronterait pas une pression équivalente s’enfermerait aussitôt dans un huis clos avec une technocratie qui depuis longtemps a perdu l’habitude de faire autre chose que du libéralisme. Il n’aurait pour seule hantise que de séduire des agences de notation dont nul n’ignore cependant qu’elles « dégraderont » sur-le-champ tout pays engageant une véritable politique de gauche.

    NB. Interview dans Marianne
    http://www.jean-luc-melenchon.fr/2011/12/03/interview-dans-marianne

    Je ne sais pas si ça va être tellement le délire de parler de #2012 ici, mais bon, petit jalon dans le long matraquage électoral qui se profile, pour mémoire.

    et si je devais m’épancher, je dirais qu’un truc osé (à condition qu’il soit technologiquement soutenu), en termes de stratégie politique, ce serait une sorte d’alliance melench/joly/montebourg qui chapeautraient un large mouvement de grèves/occupations à compter de ce jour jusqu’en avril prochain. Ne serait-ce que parce que le matraquage se ferait (peut-être) matraquer, et après...

    Seulement il faudrait qu’ils se mettent d’accord sur ce genre de phrases, mais ça, c’est du domaine de l’après, déjà

    « Je suis partisan de la relance de l’activité. » (Jean-Luc)

    #politique_fiction