• Un nouveau paradigme de la #race ?
    http://www.laviedesidees.fr/Un-nouveau-paradigme-de-la-race.html

    Juristes, anthropologues et sociologues multiplient depuis quelques années les études portant sur le retour du concept biologique de race dans la recherche médicale, le domaine médico-légal ou la généalogie. Ils montrent ainsi, dans une optique latourienne, comment les données ADN en apparence les plus neutres et les plus techniques mettent en réalité en jeu tout un ensemble de valeurs, de choix et de rapports sociopolitiques et économiques.

    Livres & études

    / race, #génétique, #anthropologie, #sciences_sociales, #sciences

    #Livres_&_études


  • #Mindy_Kaling isn’t Responsible for Being Your Diversity Councillor
    http://africasacountry.com/mindy-kaling-isnt-responsible-for-being-your-diversity-councillor

    I got together with Nadia Misir and Derica Shields for an AIAC Roundtable to discuss why Mindy Kaling went batshit when she was asked, at the recent SXSW, why there are no other characters of colour in senior positions of authority (ie. other doctors) on her show, The Mindy Project. After saying that such inquiries about diversity are “insulting”, she reminded reporters that she is a “fucking Indian woman” with her “own fucking network #TELEVISION show”. Kaling, who is generally non-confrontational on most political issues, defended her creative decisions this way: “And I’m like, oh wait, it’s not like I’m running a country, I’m not a political figure. I’m someone who’s writing a show and I want to use funny people. And it feels like it diminishes the incredibly funny women who do come on my (...)

    #MEDIA #African_Americans #race #South_Asians #United_States


  • Interpréter la diversité humaine
    http://www.laviedesidees.fr/Interpreter-la-diversite-humaine.html

    L’étude de marqueurs polymorphiques dans l’ADN humain a ouvert la voie à de nouveaux modes d’interprétation de la diversité humaine aux applications très diverses. Mais comment ces interprétations sont-elles construites ? La nouveauté technique ne cache-t-elle le vieux concept de #race ?

    Essais & débats

    / race, #génétique, #biologie

    #Essais_&_débats


  • La #race : parlons-en
    http://www.laviedesidees.fr/La-race-parlons-en.html

    Objet d’étude, catégorie d’analyse, voire concept guidant la recherche, la race est présente partout, dans les sciences sociales comme dans les sciences du vivant. À travers recensions, essais et entretiens, ce dossier propose d’interroger la présence historique et les usages contemporains de cette idée qui est loin d’être simplement, comme on le dit trop souvent, un héritage du passé.

    #Dossiers

    / race


  • #race et #républicanisme
    http://www.laviedesidees.fr/Race-et-republicanisme.html

    Si l’idée de race est socialement construite, elle n’en a pas moins d’existence réelle : il faut donc, pour Magali Bessone, prendre en compte le concept de race lui-même dans la lutte contre le racisme. Mais quel contenu positif donner au « républicanisme critique » qu’elle appelle de ses vœux ?

    Livres & études

    / race, républicanisme, #discrimination

    #Livres_&_études


  • Did I ever tell you about that time a guy followed me from the 6 to the E train in the NYC subway and offered me $40 to touch my leg?
    http://africasacountry.com/did-i-ever-tell-you-about-that-time-a-guy-followed-me-from-the-6-to

    Real talk: Who else is tired of gender/race swapping to make a point about racism/sexism? I know I am, especially about #gender_swapping.  I’m not sure it makes much of a point to men about male #privilege or male sexual entitlement. As a black, queer, mostly masculine, cisgender, middle-class man, I love it when I’m […]

    #General #Hot_News #MEDIA #OPINION #PALAVER #bs #race_swapping #white_supremacist_capitalist_patriarchy


  • Dimanche très sombre pour la #Suisse

    Avec 50,34% de oui, le résultat du vote sur l’initiative de l’#UDC contre l’immigration de masse a été très serré dimanche. Les cantons romands ont majoritairement refusé le texte.

    Et mon canton, le #Tessin est celui qui a le plus massivement voté cette initiative... :-(

    http://www.rts.ch/2014/02/09/17/27/5597649.image?w=534&h=301

    http://www.rts.ch/info/suisse/5597512-les-suisses-acceptent-l-initiative-de-l-udc-contre-l-immigration-de-mass

    #immigration_de_masse #initiative #migration

    cc @reka


  • Radicalement décomplexé
    http://www.bakchich.info/societe/2014/01/06/radicalement-decomplexe-63010

    #Manuel_Valls, ministre de l’Intérieur, vient de l’énoncer distinctement, dans une circulaire adressée aux préfets : « Il y a lieu de faire preuve de la plus grande vigilance lorsque sont susceptibles d’être prononcés des propos incitant à la #discrimination, à la #haine ou à la #violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur #origine, de leur #appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une #race ou une #religion donnée. »

    Cela est parfaitement exact – et nous devons souhaiter que cette nécessaire « vigilance » s’applique dans toutes les occasions où de tels « propos » risquent d’être « prononcés ».

    Car en effet – et contrairement à ce que pourrait donner à penser l’actualité de ces derniers jours : ce n’est pas seulement dans les endroits où se produit un ex-humoriste reconverti dans la vomissure antisémite, que sont dits des « mots de haine ».

    Bien au-delà du cas de ce personnage : c’est tous les jours, ou presque, que sont formulées, dans l’espace public – le plus souvent sous le prétexte, un rien orwellien, de lutter contre une imaginaire censure des « #bien-pensants » -, des proférations qui, de fait, discriminent des personnes (ou des groupes de personnes) « à raison de leur origine, de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une race ou une religion donnée »…

    …Et qui sont d’autant plus alarmantes qu’elles ne sont, quant à elles, pas du tout cantonnées dans quelques fétides recoins – mais (presque) partout exhibées, et (presque) partout données comme autant de gages d’un très salutaire #iconoclasme : c’est ce que démontrent, par exemple, l’étude du traitement que la presse dominante, gavée d’aides publiques, réserve coutumièrement aux #Roms ou (bien plus encore, et « à raison de leur appartenance à une religion donnée ») aux #musulman(e)s…


  • Am I supposed to be more Brazilian than black?
    http://africasacountry.com/am-i-supposed-to-be-more-brazilian-than-black

    We’re always told (by our media, politicians, commentators, etcetera) that #Brazil is the most multicultural and multiracial country in the world. That Brazilian miscegenation gave birth to a unique kind of beauty and that the Brazilian mixture of races and cultures provided us with a complex of interracial relations that has, in some way, harmonized […]

    #FILM #VIDEO #Raça #race #racism


  • Hommage à Mandela : quand la France et ses grandes entreprises investissaient dans l’apartheid
    http://www.bastamag.net/Hommage-a-Mandela-quand-la-France

    Une classe politique unanime, des médias focalisés sur la commémoration « planétaire » : les funérailles de Nelson Mandela suscitent l’union sacrée autour du combat que le militant de l’ANC a incarné. Pourtant, quand Nelson Mandela est jeté en prison à perpétuité, il n’en était rien. La France et ses grandes entreprises sont l’un des plus fidèles soutiens au régime raciste de Pretoria, lui vendant armements, centrales nucléaires et technologies industrielles, tout en contournant allègrement les sanctions des (...)

    #Décrypter

    / #A_la_une, #Discriminations, #Mémoires, #Multinationales, #Néo-colonialisme, #Afrique, (...)

    #Enquêtes

    • Autre hommage à Mandela, cette fois-ci par un géographe :
      La leçon ultime de Mandela

      #Apartheid : développement séparé des #races en #afrikaans. #Politique_ségrégative qui systématise les principes coloniaux d’affectation de l’#espace. En fait, l’apartheid sud-africain recouvre plusieurs réalités. Pour schématiser, elles sont au nombre de trois et ont été mises en place successivement. L’« #apartheid_mesquin » tout d’abord, le plus fameux et le plus proche des #pratiques_ségrégationnistes du Sud des Etats-Unis, régissait l’usage séparé des espaces publics et même des espaces domestiques ainsi que les relations sociales entre groupes hiérarchisés. Il était avant tout destiné à satisfaire l’ego des petits Blancs et à maintenir dans un état de #domination permanente la majorité de la population. L’« #apartheid_résidentiel » ou #apartheid_urbain ensuite, il cantonnait, cette fois à l’échelle des agglomérations, les différents groupes raciaux dans des zones bien délimitées, les #townships des Noirs, métis et Indiens étant même séparés de la véritable cité (au sens municipal), celle du centre-ville et des quartiers blancs, par une #zone_tampon. Le « #grand_apartheid » enfin, qui cette fois visait à établir une certaine décolonisation interne en accordant l’indépendance aux fameux #bantoustans formés de #terres_discontinues et totalement dépendants économiquement, et à se débarrasser ainsi du problème politique des #droits_civiques et politiques de la majorité de la population devenue pseudo-citoyenne de ces pseudo-Etats. On connaît l’échec de cette stratégie cynique.

      La force et la grandeur de Mandela furent de lutter contre ces trois formes d’apartheid et de les refuser toutes aussi radicalement. Pourtant, la troisième forme qui intervient à l’échelle régionale a pu lui être présentée, lorsqu’il était encore le détenu le plus fameux du monde, comme respectueuse des cultures africaines et comme un moyen de sortir de la crise, et accessoirement pour lui de prison. Cela en lui faisant miroiter dans des conditions de pression extrêmes l’accès à la souveraineté pour la majorité des Sud-Africains et l’accès au pouvoir pour lui dans le plus grand et le plus présentable de ces bantoustans : le #Transkei, pseudo-nation des #Xhosa et territoire fait d’un bloc principal avec accès au littoral et transfert de la totalité de sa capitale, partie blanche comprise. Plus tard, il se montra tout aussi opiniâtre à refuser une partition sur base communautaire et ethnique lorsque la #guerre_civile sévissait entre partisans de l’#ANC et ceux de l’#Inkhata_Freedom_Party, parti ethno-régionaliste #zoulou lié à la chefferie traditionnelle et armé en sous-main par les services nostalgiques de l’ancien régime. Il imposa alors, contre l’avis de nombreux groupes d’opinion, un #régime_unitaire et non fédéral, doté de larges provinces mixtes dans leurs compositions mais où l’expression culturelle de communautés pouvait s’exprimer comme dans le #KwaZulu-Natal.

      Qu’en est-il aujourd’hui de ces différentes formes d’apartheid dans le monde ? Le premier aspect, l’apartheid dit mesquin, recouvre des politiques qui ont été condamnées et déchues avec la victoire du combat pour les droits civiques dans les démocraties. L’apartheid urbain, quant à lui, dépourvu de son caractère légalement imposé, se porte plutôt bien en tant que résultat de #processus_ségrégatifs à l’œuvre dans la plupart des aires métropolitaines de la planète, il est en revanche rarement promu en tant qu’idéal. En effet, les idéologies qui prônent le #communautarisme ou l’#enclosement à des fins sécuritaires ou au nom du libre choix public ne se projettent que rarement à l’échelle de l’ensemble des agglomérations pour justifier l’#ordre_ségrégatif qu’elles promeuvent. Il n’en est pas de même avec le « grand apartheid », celui des #homelands et de l’idéologie des #entités_politiques_homogènes d’un point de vue culturel et identitaire. Les approches communautaristes, identitaires et essentialistes de l’ordre politique et de la #nation sont légion. Non seulement elles constituent le fonds de commerce d’une #extrême-droite dite identitaire, qui depuis la décolonisation a souvent dépouillé son #discours_ethniciste d’un contenu explicitement #raciste au sens d’établissement clair d’une hiérarchie entre les groupes humains, mais prône, au nom du respect de la #différence et du déclin que constitueraient les formes de #métissage, le maintien d’une certaine #pureté_communautaire, ethnique et de civilisation. On est là dans l’affirmation d’une incommensurabilité et d’une hétérogénéité radicale entre les groupes humains, dans la croyance de différences quasi génétiques et donc essentielles.

      Le recours à la partition de l’espace sur base identitaire n’est cependant pas l’apanage de la seule extrême droite, c’est ce que nous appelons la #pensée_apartheid qui a les honneurs de certains travaux scientifiques censés venir à l’appui du #maintien_de_la_paix (#peace_keeping) et surtout de nombreuses prises de position d’experts influents en relations internationales et en géopolitique. La fin de la Guerre froide et les problèmes rencontrés par la communauté internationale pour tenter de ramener la #paix et construire des Etats démocratiques en #ex-Yougoslavie et au #Moyen-Orient ont permis à cette pensée de dominer les débats et de s’imposer parfois dans les tentatives de règlement des conflits. Ce fut le cas avec les #accords_de_Dayton et la partition interne à la #Bosnie-Herzégovine, c’est aussi cette pensée qui est à la base de nombreux plans de redécoupage et de partition au Moyen Orient. Or on sait que les règlements sur base de partition spatiale en entités supposées homogènes d’un point de vue ethnique ne font généralement que pérenniser un clivage sur la base d’un critère culturel dominant (religion, langue, activité, mode de vie…) au risque d’en faire un critère de concurrence nationaliste renforcée et alors que d’autres critères pourront être activés dans un autre contexte. On sait aussi que les espaces urbains, cosmopolites par essence, sont rétifs aux règlements de cette nature qui débouchent souvent sur des déplacements forcés de population et sur des villes amputées et rivales.

      Le combat de Mandela en Afrique du Sud va ainsi bien au-delà d’un combat pour les droits civiques, pour la dignité humaine et contre les hiérarchies raciales imposées en Afrique du Sud. C’est un combat contre toute forme d’imposition d’un #ordre_identitaire qui définirait l’affectation des individus dans l’espace et imposerait sa partition selon les origines des individus. Sa portée est immense dans un monde trop souvent prêt à tomber dans la facilité identitaire et territoriale.

      http://app.letemps.ch/Page/Uuid/a42e2db0-627b-11e3-85d1-4a1da01ad8ae/La_le%C3%A7on_ultime_de_Mandela


  • Logique de l’enclos

    http://vimeo.com/80196474

    "Historiquement, la race a toujours été une forme plus ou moins codée de découpage et d’organisation des multiplicités, de leur fixation et de leur distribution le long d’une hiérarchie et de leur répartition au sein d’espaces plus ou moins étanches - là logique de l’enclos. Tel était le cas sous les régimes de la ségrégation. À l’âge de la sécurité, peu importe qu’elle soit volontiers déclinée sous le signe de « la religion » ou de « la culture ». La race est ce qui permet d’identifier et de définir des groupes de populations en tant qu’elles seraient, chacune, porteuses de risques différentiels et plus ou moins aléatoires." (Achille #Mbembe)

    http://bougnoulosophe.blogspot.be/2013/11/la-logique-de-lenclos.html

    #Enclos
    #Race
    #Racisme

    • Et ça ne fonctionne pas seulement dans le sens de l’oppresseur vers l’opprimé : hier Gare de l’Est avec mes cinq filles diversement chocolatées, je croise une Africaine qui nous lance « arrêtez de faire des bâtards » avant de se lancer dans un monologue sur la pureté raciale... Bon - je ne suis pas certain qu’elle était super équilibrée, mais c’est un exemple qui me semble montrer que la racialisation comme remède à la sensation de perte de repères sociaux n’existe pas seulement chez le « petit blanc ».

    • J’ai vu dans la rue à Courbevoie un garçon noir d’environ 11 ans qui insultait son père, noir lui aussi, à cause de la couleur de sa peau. C’était très violent, le père ne disait rien.

    • "Et ça ne fonctionne pas seulement dans le sens de l’oppresseur vers l’opprimé...", qui a jamais dit ça ? "Ce processus [de racialisation] constitue de nouveaux «  sujets historiques  » des discours idéologiques – c’est-à-dire crée de nouvelles structures d’interpellation. Ce processus produit les «  sujets racistes  » naturalisés, en tant qu’ils sont les «  auteurs  » d’une forme spontanée de perception raciale. Il ne s’agit donc pas d’une fonction externe du racisme   : il n’agit pas que sur ses victimes, ceux qu’il est censé désarticuler, c’est-à-dire réduire au silence. Ceci est également important pour les sujets dominés – les «  races  » ou groupes ethniques subordonnés qui vivent leurs relations à leurs conditions réelles d’existence ainsi qu’à la domination des classes dominantes dans et à travers les représentations imaginaires de l’interpellation raciste, et qui en viennent à s’expérimenter eux-mêmes comme les inférieurs, comme les autres. " (#Stuart_Hall)

    • A ce sujet, j’ai du mal à comprendre les impacts des démarches d’affirmation identitaire : constituent-t-elles une reconquête ou une marginalisation ? J’ai l’impression que ça peut être lu dans les deux sens... Tu as des sources qui traitent de cette question ?

    • C’est une thématique assez classique, qui a souvent été utilisée (en France) pour discréditer les « minorités » en lutte... En réalité cette « affirmation identitaire » est dialectique et contradictoire, elle peut permettre d’installer une « suprématie » de l’ordre dominant comme elle peut permettre une résistance à celui-ci. Tout dépend d’où elle provient (assignation ou choix) et qu’elle en est la finalité (émancipation ou asservissement).

      Deux concepts sont utiles pour la comprendre : celui de « renversement du stigmate » d’Erving Goffman (un exemple : http://bougnoulosophe.blogspot.be/2013/11/linvention-de-lappellation-beur.html#links) et celui « d’essentialisme stratégique » de Gayatri Spivak (http://seenthis.net/messages/25116).

    • Merci pour les liens ! Ma femme a lancé son entreprise dans le domaine de la beauté afro... Un vrai champ de bataille - j’ai un gros rattrapage à faire pour déchiffrer les paradoxes que j’y rencontre régulièrement.


  • « On peut assurément trouver toutes sortes de raisons économiques et sociologiques au retour du racisme : le chômage qui fait accuser l’étranger de prendre la place de l’autochtone, l’urbanisation sauvage, la déréliction des banlieues et des villes-dortoirs. Mais toutes ces causes « socio-économiques » qu’on attribue à un phénomène politique désignent en fait des entités inscrites dans la question politique du partage du sensible.

    L’usine et sa disparition, le travail comme emploi et le travail comme structure de l’être-en-commun, le chômage comme manque de travail et le chômage comme « trouble d’identité », la distribution et la redistribution des travailleurs dans des espaces définis par leur distance avec le lieu du travail et ceux de la visibilité du commun, tout cela concerne le rapport de la configuration policière du sensible et des possibilités d’y constituer la visibilité d’objets litigieux et de sujets du litige. Le caractère de la combinaison de tous ces éléments appartient à un mode de visibilité qui neutralise ou accuse l’altérité de l’étranger. C’est de ce point de vue qu’on peut discuter la simple inférence du trop grand nombre des immigrés à leur indésirabilité. Manifestement, le seuil d’indésirabilité n’est pas affaire de statistique.

    Il y a vingt ans, nous n’avions pas beaucoup moins d’immigrés. Mais ils portaient un autre nom : ils s’appelaient travailleurs immigrés ou, tout simplement, ouvriers. L’immigré d’aujourd’hui, c’est d’abord un ouvrier qui a perdu son second nom, qui a perdu la forme politique de son identité et de son altérité, la forme d’une subjectivation politique du compte des incomptés. Il ne lui reste alors qu’une identité sociologique, laquelle bascule alors dans la nudité anthropologique d’une race et d’une peau différentes.

    Ce qu’il a perdu, c’est son identité avec un mode de subjectivation du peuple, l’ouvrier ou le prolétaire, objet d’un tort déclaré et sujet mettant en forme son litige. C’est la perte de l’un-en-plus de la subjectivation qui détermine la constitution d’un un-en-trop comme maladie de la communauté. On a célébré bruyamment la fin des « mythes » du conflit des classes et l’on est en même venu à identifier la disparition d’usines rayées du paysage urbain avec la liquidation des mythes et des utopies.

    Peut-être commence-t-on maintenant à percevoir la naïveté de cet « anti-utopisme ». Ce qu’on appelle fin des « mythes », c’est la fin des formes de visibilité de l’espace collectif, la fin de la visibilité de l’écart entre le politique et le sociologique, entre une subjectivation et une identité. La fin des « mythes » du peuple, l’invisibilité ouvrière, c’est le non-lieu des modes de subjectivation qui permettaient de s’inclure comme exclu, de se compter comme incompté.

    L’effacement de ces modes politiques d’apparence et de subjectivation du litige a pour conséquence la réapparition brutale dans le réel d’une altérité qui ne se symbolise plus. L’ancien ouvrier se scinde alors en deux : d’un côté, l’immigré ; de l’autre, ce nouveau raciste auquel les sociologues donnent significativement un autre nom de couleur, l’appelant « petit Blanc », du nom naguère attribué aux colons modestes de l’Algérie française.

    La division qui a été exclue de la visibilité comme archaïque reparaît sous la forme plus archaïque encore de l’altérité nue. La bonne volonté consensuelle propose en vain ses tables rondes pour discuter du problème des immigrés. Ici comme ailleurs, le remède et le mal font cercle. L’objectivation post-démocratique du « problème » immigré va de pair avec la fixation d’une altérité radicale, d’un objet de haine absolue, pré-politique. C’est du même mouvement que la figure de l’autre s’exaspère dans le pur rejet raciste et s’évanouit dans la problématisation de l’immigration.

    La visibilité nouvelle de l’autre dans la nudité de sa différence intolérable, c’est proprement le reste de l’opération consensuelle. C’est l’effacement « raisonnable » et « pacifique » de l’apparence dans l’exposition intégrale du réel, du mécompte du peuple dans le décompte de la population et du litige dans le consensus qui ramène le monstre de l’altérité radicale dans le défaut de la politique.

    C’est le décompte exhaustif de la population interminablement sondée qui produit, à la place du peuple déclaré archaïque, ce sujet appelé « les Français » qui, à côté des pronostics sur l’avenir « politique » de tel ou tel sous-ministre, se manifeste par quelques opinions bien tranchées sur le nombre excessif d’étrangers et l’insuffisance de la répression. Ces opinions, bien sûr, sont en même temps des manifestations de la nature même des opinions en régime médiatique, de leur nature en même temps réelle et simulée.

    Le sujet de l’opinion dit ce qu’il pense sur les Noirs et les Arabes sur le même mode réel/simulé selon lequel il est par ailleurs invité à tout dire de ses fantasmes et à les satisfaire intégralement au seul prix de quatre chiffres et d’autant de lettres. Le sujet qui opine ainsi est le sujet de ce nouveau mode du visible qui est celui de l’affichage généralisé, un sujet appelé à vivre intégralement tous ses fantasmes dans le monde de l’exhibition intégrale et du rapprochement asymptotique des corps, dans ce « tout est possible » de la jouissance affichée et promise, c’est-à-dire, bien sûr, promise à déception et conviée, par là, à rechercher et à pourchasser le « mauvais corps », le corps diabolique qui se met partout en travers de la satisfaction totale qui est partout à portée de la main et partout dérobée à son emprise. »

    [Jacques #Rancière , La Mésentente]
    #Racisme
    #Race
    #Peuple

    • Dit autrement, dans Aux bords du politique :

      Et peut-être faut-il alors repenser le sens de la division démocratique, penser que la guerre politique des partis et la guerre sociale des pauvres et des riches dont on se félicitait d’être sorti avaient, par elles-mêmes et dans leur entrelacement conflictuel, un pouvoir mal compris de remédier au mal radical. Comme si la guerre des pauvres et des riches avait aussi, à sa manière, pacifié une guerre plus ancienne. Comme si la double division du politique et du social avait une fonction régulatrice par rapport à ce déchirement plus radical que provoque une certaine passion de l’unité, en sorte que le retour des gestes et des charismes archaïques de l’apaisement serait corrélatif à l’effacement même de la division.


  • Racisme et articulation

    « Peut-être est-il effectivement impossible d’expliquer la race dans les seuls termes des rapports économiques, mais il est aussi fallacieux d’expliquer les structures raciales sans prendre en compte le cadre spécifique des rapports économiques dans lesquels ces structures prennent place. À moins d’attribuer à la race un caractère unique, unifié et transhistorique - de telle sorte que, quels que soient le lieu ou l’époque, elle manifeste toujours les mêmes caractéristiques autonome ce que l’on pourrait peut-être expliquer par une sorte de théorie générale des préjugés dans la nature humaine (argument essentialiste extrêmement classique) -, il faut accepter d’affronter la spécificité historique de la race dans le monde moderne. Nous sommes alors bien obliger d’admettre que les rapports de race sont directement liés aux processus économiques : difficile d’oublier que sont passées par là la conquête, la colonisation et la domination commerciale, ou bien que se déploient aujourd’hui les « échanges inégaux » qui caractérisent dans l’économie mondiale les relations qu’entretiennent les régions métropolitaines développées et les régions satellites « sous-développées ». Le problème ici, n’est donc pas de savoir si la prise en compte des structures économiques est pertinente pour la compréhension des divisions raciales, mais de comprendre la manière dont ces deux réalités sont théoriquement connectées. »

    « Principe de spécificité historique : il ne nous faut pas traiter le racisme comme une caractéristique générale des sociétés humaines, mais le considérer à chaque fois dans sa spécificité historique. Il nous faut partir de l’hypothèse de la différence et de la spécificité plutôt que de celle d’une «  structure  » unique, transhistorique et universelle du racisme. »

    « La question n’est pas de savoir si l’homme-en-général perçoit distinctement les groupes dotés de caractéristiques raciales ou ethniques différentes, mais bien plutôt de comprendre quelles sont les conditions spécifiques qui rendent cette forme de distinction socialement pertinente et historiquement active. Qu’est-ce qui confère son effectivité, en tant que force matérielle concrète, à cette potentialité humaine abstraite  ? »

    « Il faut comprendre le racisme comme un ensemble de pratiques économiques, politiques et idéologiques d’un genre particulier et concrètement articulé à d’autres pratiques au sein d’une formation sociale donnée. Ces pratiques attribuent une position aux différents groupes sociaux conformément aux structures élémentaires de la société  ; elles fixent et attribuent ces positions via des pratiques sociales  ; et, enfin, elles légitiment les positions qu’elles ont ainsi attribuées. En un mot, ce sont des pratiques qui garantissent l’hégémonie d’un groupe dominant sur une série de groupes subordonnés, mais de manière à ce qu’il domine l’ensemble de la formation sociale sous une forme favorable au développement de sa base économique productive sur le long terme. »

    « Au niveau économique, il est clair que l’on doit accorder à la race sa propre effectivité, une effectivité «  relativement autonome  ». Cela ne signifie pas que le niveau économique serait suffisant pour fonder une explication de la manière dont ces relations fonctionnent concrètement. Il est nécessaire de comprendre la manière dont les différents groupes raciaux et ethniques ont été politiquement insérés, ainsi que les relations entre ces différents groupes qui ont eu tendance à transformer, éroder, ou au contraire préserver ces distinctions à travers le temps – non seulement comme des traces ou des résidus des modes précédents, mais également comme des principes actifs et structurants de l’organisation actuelle de la société. Les catégories raciales sont incapables à elles seules de rendre compte de ce phénomène. »

    « Le racisme n’est pas seulement un problème pour les Noirs qui en font les frais, ni ne concerne seulement les sections de la classe ouvrière blanche et les organisations souillées par son empreinte. Il ne peut pas non plus être surmonté tel un virus qui infecterait le corps social, en lui injectant une dose massive de libéralisme politique. Le capital reproduit la classe comme un tout, y compris ses contradictions internes – comme un tout structuré par la race. Il domine en partie ces classes divisées grâce à ces divisions internes dont le racisme est l’un des effets. Il contient et désamorce les institutions de représentation des classes, en les neutralisant, c’est-à-dire en les confinant à des stratégies et à des luttes axées sur la race et en les rendant incapables de surmonter les barrières raciales. Le racisme rend le capital capable de briser toute tentative de construire des moyens alternatifs de représentation qui pourraient être capables de représenter plus adéquatement la classe en tant que tout – contre le capitalisme, et contre le racisme. Les luttes sectorielles articulées par la race continuent au contraire d’apparaître comme les seules luttes défensives possibles pour une classe divisée en elle-même, dans son face-à-face avec le capital. Ces luttes sont donc également le terrain à partir duquel se déploie l’hégémonie du capital. Je précise qu’il ne s’agit absolument pas de dire que le racisme serait simplement le produit d’un tour de passe-passe idéologique. »

    «   Nous devons commencer à enquêter sur les diverses manières dont les idéologies racistes ont été construites et rendues opératoires dans différentes conditions historiques  : les racismes du capitalisme marchand et de l’esclavage dans lequel les esclaves sont des marchandises  ; celui des conquêtes et du colonialisme  ; celui du commerce et du «  haut impérialisme  », de l’«  impérialisme populaire  » et du prétendu «  post-impérialisme  ». Dans chaque cas, et pour chaque formation sociale spécifique, le racisme en tant que configuration idéologique a été reconstitué par les relations de la classe dominante et profondément retravaillé. »

    « Si le racisme se révèle particulièrement puissant et son inscription dans la conscience populaire particulièrement profonde, c’est que, grâce aux caractéristiques comme la couleur de peau, les origines ethniques ou les origines géographiques, il a «  découvert  » ce que les autres idéologies ont été obligées de construire  : un fondement en apparence «  naturel  » et universel, inscrit dans la nature même. Mais, il a beau être apparemment fondé sur un donné biologique, le racisme a des effets sur les autres formations idéologiques d’une société, et son développement entraîne la transformation de l’ensemble du champ idéologique sur lequel il opère. »

    « Les racismes déshistoricisent, c’est-à-dire traduisent des structures historiquement spécifiques dans la langue intemporelle de la «  nature  »  ; ils décomposent la classe en individus pour les recomposer en ces nouveaux «  sujets  » idéologiques d’une grande cohérence  : traduisent les «  classes  » en «  Noirs  » et «  Blancs  », les groupes économiques en «  peuples  », et les forces matérielles en «  races  ». Ce processus constitue de nouveaux «  sujets historiques  » des discours idéologiques – c’est-à-dire, comme nous l’avons déjà vu, crée de nouvelles structures d’interpellation. Ce processus produit les «  sujets racistes  » naturalisés, en tant qu’ils sont les «  auteurs  » d’une forme spontanée de perception raciale. »

    « Pourtant les processus (de racialisation ) ne sont eux-mêmes jamais indemnes de la lutte des classes idéologique. En effet, les interpellations racistes peuvent elles-mêmes devenir les sites et les enjeux de la lutte idéologique, elles peuvent être occupées et redéfinies pour devenir les formes élémentaires d’une formation d’opposition – là où, par exemple, les inversions symboliques du «  black power  » contestent violemment le «  racisme blanc  ». Les idéologies du racisme restent donc des structures contradictoires qui peuvent à la fois fonctionner comme les véhicules de l’imposition des idéologies dominantes et comme les formes élémentaires de cultures de la résistance. Toute tentative de circonscrire les politiques et les idéologies du racisme qui omettrait ces luttes et ces contradictions est condamnée, si elle veut donner l’illusion de son adéquation, à embrasser un réductionnisme destructeur. »

    [Stuart Hall, "Race, articulation et sociétés structurées ’à dominante’"]

    http://www.contretemps.eu/lectures/lire-stuart-hall-race-articulation-soci%C3%A9t%C3%A9s-structur%C3%A9es-d

    #Stuart_Hall
    #Racisme
    #Race
    #Capitalisme
    #Marxisme


  • File under Dutch Liberalism
    http://africasacountry.com/file-under-dutch-liberalism

    In the #Netherlands, many people convince themselves that #racism is something that exists elsewhere–in South Africa, for example, or in the United States. For this is a ‘tolerant,’ liberal nation. To maintain the facade, often blatant acts of racism are downplayed, rationalized or swept away. As an exercise, see some of the comments on our Facebook page whenever we post something about racism in the (...)

    #MEDIA #POLITICS #colonialism #race #Zwarte_Piet


  • Comment les Français sont devenus blancs

    http://3.bp.blogspot.com/-vG7_5McTbJA/UopwAQIyq2I/AAAAAAAAD5w/pCbTtWQFalQ/s1600/blancs+couleurs.jpg

    "L’amnésie du passé colonial qui a longtemps été de règle en France explique l’agacement de certains devant ce déni du poids de la pensée racialiste - donc de la race - dans l’histoire hexagonale. Dès le XVIIIe siècle en effet, la France étend son empire sur les Antilles, où l’économie de plantation prospère, adossée à la stricte hiérarchisation sociale entre Blancs, Noirs et « mulâtres ». Si la théorie raciale de la supériorité des « Blancs » était établie de longue date dans la pensée française, elle devient alors partie intégrante de la vie politique et sociale française. À la veille de la Révolution et de la Déclaration universelle des droits de l’homme, la France « allait réunir une population disparate et multiraciale, si bien que les problèmes posés par les différences raciales allaient jouer un rôle encore sous-estimé, mais néanmoins réel, dans l’effort de définition de ce que signifiait être français ».

    L’identité fantasmée de la France contemporaine prend donc formellement sa source au cours d’une Révolution française plus ambiguë qu’il n’y paraît. Selon le discours national alors élaboré, que Claude Nicolet nomme l’« idéologie républicaine », tout républicain est citoyen et tous les citoyens appartiennent à la « race française ». La nation est une et indivisible, sans distinction aucune. En son nom se met alors en place une contradiction intenable : la proclamation d’un idéal humaniste, assimilationniste et abolitionniste né de la Révolution, et le développement simultané de la domination coloniale - brièvement interrompue- encouragée au nom de la supériorité des Européens qui, peu à peu, en viennent à se définir comme « blancs ».

    L’historienne Françoise Vergès relève avec pertinence cette contradiction et en fournit une explication : « De très nombreuses études ont été consacrées à ce phénomène d’unification de la nation française autour de principes universalistes, mais peu ont souligné un de ses aspects : la racialisation de la nation française. En effet, un des éléments "attractifs" de cette politique d’assimilation fut d’associer le statut de "Français" à la couleur de peau blanche. Pour que la couleur blanche construise une unité "spontanée" d’intérêt entre des personnes dont les cultures, les idées et les objectifs pouvaient diverger, il fallait qu’une autre couleur agisse » . Mais la France, à la différence notoire des pays scandinaves et allemands ou des États-Unis, ne s’est que tardivement identifiée à une « race blanche ». Une race, certes, mais française.

    Cent soixante-dix ans après la Révolution, le président Charles de Gaulle brossait le portrait de la France. De sa France. Il faisait alors très directement le lien entre les Français et la blancheur :« C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. Qu’on ne se raconte pas d’histoires » [cité par Peyrefitte, 1994]. "

    http://bougnoulosophe.blogspot.be/2013/11/comment-les-francais-sont-devenus-blancs.html

    #Race
    #racisme
    #Blanc
    #Privilège


  • Qu’est ce que le racisme pour Foucault ?

    « En gros, le racisme assure la fonction de mort dans l’économie du bio-pouvoir, selon le principe que la mort des autres, c’est le renforcement biologique de soi-même en tant que l’on est membre d’une race ou d’une population, en tant que l’on est élément dans une pluralité unitaire et vivante. Vous voyez que nous sommes là, au fond, très loin d’un racisme qui serait, simplement et traditionnellement mépris ou haine des races Ies unes pour les autres. Nous sommes très loin aussi d’un racisme qui serait une sorte d’opération idéologique par laquelle les États, ou une classe, essaieraient de détourner vers un adversaire mythique des hostilités qui seraient tournées vers (eux) ou qui travailleraient le corps social. Je crois que c’est beaucoup plus profond qu’une vieille tradition, beaucoup plus profond qu’une vielle idéologie, c’est autre chose. La spécificité du racisme moderne, ce qui fait sa spécificité, n’est pas lié à des mentalités, à des idéologies, aux mensonges du pouvoir. C’est lié à la technique du pouvoir, à la technologie du pouvoir. C’est lié à ceci, qui nous place, au plus loin de la guerre des races et de cette intelligibilité de l ’histoire, dans un mécanisme qui permet au bio-pouvoir de s’exercer. Donc, le racisme est lié au fonctionnement d’un Etat qui est obligé de se servir de la race, de l’élimination des races et de la purification de la race, pour exercer son pouvoir souverain. La juxtaposition, ou plutôt le fonctionnement d’un Etat, à travers le bio-pouvoir, du vieux pouvoir souverain du droit de mort implique le fonctionnement, la mise en place et l’activation du racisme. »

    (Michel #Foucault, « Il faut défendre la société »)

    #Race
    #Racisme
    #Biopouvoir



  • https://www.al-kanz.org/wp-content/uploads/2014/02/Le-Monde-votation-suisse.png

    « Je dirais que les médias et les arts en général, et le cinéma et la télévision en particulier, occupent une place centrale dans la circulation des images et, dans une certaine mesure, dans la circulation des stéréotypes concernant la race, les rapports de race et ce que l’ethnicité veut dire dans une société donnée. D’une certaine manière, ce qu’une société sait et pense de la race n’existe pas en dehors de ses modes de représentation médiatique. Les médias sont en effet constitutifs de ce que nous connaissons et pensons, de ce que nous ressentons à propos de nous-même. En regardant, les manières dont la race émerge et est traitée dans les médias à un moment donné, il est ainsi possible d’obtenir une vision approfondie des transformations en cours dans les rapports de race et d’ethnicité. »

    [Stuart Hall , Race et cinéma]

    #Race
    #CulturalStudies
    #Medias
    #Stuart_Hall
    #Image
    #Iconographie


  • L’histoire de l’art est-elle racial...
    http://www.scoop.it/t/artpol/p/4008214530/l-histoire-de-l-art-est-elle-raciale-inha-les-conferences-de-la-ligne-generale

    "Comment l’Europe est-elle passée de la catégorie du « goût des nations », qui prévalait au XVIIIe siècle, à celle du « style de race » inventée par Heinrich Wölfflin au XXe siècle pour différencier et classer les objets artistiques ?
    Ce déplacement n’est intelligible qu’au prisme du mythe des invasions barbares construit par les Romantiques. Opposant les peuples germaniques aux peuples latins, ce mythe a forgé une Europe racialement divisée où la création artistique, pensée comme création collective, devient une affaire de sang et le style un problème d’hérédité.

    Et c’est encore de ce mythe que l’ethno-différentialisme qui affecte notre regard sur l’art d’aujourd’hui porte l’empreinte. (...)"

    #art #politique #culture #race #différence #division #idéologie #changement #mythes #création #ethnologie #histoire #histoire_de_l'art #pouvoir #langage #Artpol #vangauguin


  • There is no liberal tradition in #South_Africa
    http://africasacountry.com/there-is-no-liberal-tradition-in-south-africa

    #liberalism regards the individual as the ultimate social and political agent, endowed with a number of rights. The ideology also acknowledges that individuals live in societies and are not totally autonomous. Consequently it also recognises a number of societal obligations the individual should fulfil in order to co-exist with others. In the continent of its […]

    #POLITICS #Helen_Suzman #Jan_Smuts #Pallo_Jordan #race #Thomas_Pringle #whiteness


  • The fuss over the first Afro-Latino #Spiderman
    http://africasacountry.com/the-fuss-over-the-first-afro-latino-spiderman

    When Marvel Comics first announced a new Spiderman who is half-Hispanic and half-African-American–from the popular Peter Parker to a New Yorker, #Miles_Morales–back in 2011, radio host Glen Beck shared his thoughts on the matter. Beck argued that Michelle Obama was behind the creation of the biracial superhero. On this radio show, Beck said, “Do I care if […]

    #MEDIA #comic_books #Dominicans #Puerto_Ricans #race


  • La #race et le #sexe - Bibliobs avec Le Nouvel Observateur
    http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20130807.OBS2467/la-race-et-le-sexe.html

    Etre blanc aux #colonies, c’est avoir des domestiques qui travaillent à votre place. Mais les enfants s’attachent à leurs nounous indigènes, ce qui affaiblit la séparation entre les races. Journaux des colonies et revues éducatives discutent du problème. On conseille aux jeunes mères blanches de ne pas laisser l’enfant dormir dans le même lit que la nounou : celle-ci devra s’allonger par terre, sur le seuil de la porte.

    (…)

    La race a besoin de s’exprimer par le sexe. Puisque les races n’existent pas dans la réalité biologique, il faut les construire avec des lois et d’abord des lois sexuelles. Qui est un enfant légitime et qui ne l’est pas ? Qui a le droit de coucher avec qui ? Qui rentre dans la maison du colon blanc ? Une loi de 1898 en Indonésie explique que, pour être considéré comme européen, « il faut être à l’aise dans un milieu européen ».

    #histoire

    • J’aime bien le chapo :

      Un colon peut-il coucher avec une indigène, lui faire des enfants ? L’Américaine Ann Laura Stoler révèle la face cachée des empires coloniaux. Entretien

      La fache cachée, ça dépend pour qui hein ? Pas trop cachée dans certaines familles où les récits se transmettent d’une génération à l’autre.

      Tiens, un petit extrait du Code Noir de 1685 en passant :

      Article 8
      Déclarons nos sujets qui ne sont pas de la religion catholique, apostolique et romaine incapables de contracter à l’avenir aucuns mariages valables, déclarons bâtards les enfants qui naîtront de telles conjonctions, que nous voulons être tenues et réputées, tenons et réputons pour vrais concubinages.

      Article 9
      Les hommes libres qui auront eu un ou plusieurs enfants de leur concubinage avec des esclaves, ensemble les maîtres qui les auront soufferts, seront chacun condamnés en une amende de 2000 livres de sucre, et, s’ils sont les maîtres de l’esclave de laquelle ils auront eu lesdits enfants, voulons, outre l’amende, qu’ils soient privés de l’esclave et des enfants et qu’elle et eux soient adjugés à l’hôpital, sans jamais pouvoir être affranchis. N’entendons toutefois le présent article avoir lieu lorsque l’homme libre qui n’était point marié à une autre personne durant son concubinage avec son esclave, épousera dans les formes observées par l’Église ladite esclave, qui sera affranchie par ce moyen et les enfants rendus libres et légitimes.

      En français, lire :
      Elsa Dorlin, La matrice de la race. Généalogie sexuelle et coloniale de la nation française, Paris, Editions La Découverte / Genre & sexualité, 2006.

      A propos de La matrice de la race d’Elsa Dorlin
      http://www.laviedesidees.fr/A-propos-de-La-matrice-de-la-race.html

      #code_noir #colonialisme


  • Le racisme est toujours justifié et construit par la culture (la supériorité esthétique des pratiques culturelles), le biologique, l’appartenance à un groupe social ( la stigmatisation des pauvres issus de l’immigration)
    "Racisme et Culture" par Frantz Fanon
    http://www.dailymotion.com/video/xoib3i_frantz-fanon-racisme-et-culture_news


    extrait de la préface de « Oeuvres » de Frantz Fanon paru aux éditions de la Découverte
    http://www.mouvements.info/L-universalite-de-Frantz-Fanon.html

    Il n’y est question, faut-il préciser, que de la lutte et du futur qu’il faut ouvrir coûte que coûte. Cette #lutte a pour but de produire la vie, de renverser les #hiérarchies instituées par ceux qui se sont accoutumés à vaincre sans avoir raison, la « violence absolue » jouant, dans ce travail, une fonction désintoxicatrice et instituante. Cette lutte a une triple dimension. Elle vise d’abord à détruire ce qui détruit, ampute, démembre, aveugle et provoque peur et colère – le devenir-chose. Ensuite, elle a pour fonction d’accueillir la plainte et le cri de #l’homme_mutilé, de ceux et celles qui, destitués, ont été #condamnés à l’#abjection ; de #soigner et, éventuellement, de #guérir ceux et celles que le pouvoir a blessés, violés et torturés, ou simplement rendus fous. Elle a enfin pour but de faire jaillir un #sujet #humain inédit, capable d’habiter le monde et de le partager afin que les possibilités de #communication et de #réciprocité sans lesquelles ne sauraient exister ni la #dialectique de la reconnaissance ni le #langage humain soient restaurées.
    Ce gigantesque labeur, Fanon l’appelait la « sortie de la grande nuit », la « #libération », la « #renaissance », la « restitution », la « #substitution », le « #surgissement », l’« émergence », le « #désordre absolu », ou encore « marcher tout le temps, la nuit et le jour », « mettre sur pied un homme neuf », « trouver autre chose », forger un sujet humain nouveau sorti tout entier du « mortier du #sang et de la #colère », #libre du #fardeau de la #race et débarrassé des attributs de la #chose. Un sujet quasi-indéfinissable, toujours en reste parce que jamais fini, comme un écart qui résiste à la #loi, voire à toute limite.
    Quant au reste, et bien mieux que d’autres écrits de l’époque, les textes de Fanon dévoilent l’étendue des souffrances psychiques causées par le racisme et la présence vive de la folie dans le système colonial [3] . En effet, en situation coloniale, le travail du racisme vise, en premier lieu, à abolir toute séparation entre le moi intérieur et le regard extérieur. Il s’agit d’anesthésier les sens et de transformer le corps du colonisé en chose dont la raideur rappelle celle du cadavre. À l’anesthésie des sens s’ajoute la réduction de la vie elle-même à l’extrême dénuement du besoin. Les rapports de l’homme avec la #matière, avec le #monde, avec l’#histoire deviennent de simples « rapports avec la nourriture », affirmait Fanon. Pour un #colonisé, ajoutait-il, « vivre, ce n’est point incarner des valeurs, s’insérer dans le développement cohérent et fécond d’un monde ». #Vivre, c’est tout simplement « ne pas #mourir », c’est « maintenir la vie ». Et de conclure : « C’est que la seule perspective est cet estomac de plus en plus rétréci, de moins en moins exigeant certes, mais qu’il faut tout de même contenter. »
    Cette #annexion de l’homme par la force quasi-physiologique du besoin et la matière de l’estomac constitue le « temps d’avant la vie », la « grande nuit » de laquelle il faut sortir. On reconnaît le temps d’avant la vie au fait que, sous son emprise, il n’est pas question pour le colonisé de donner un sens à son existence et à son monde, « mais plutôt d’en donner un à sa mort ». Et c’est à éclairer les attendus de ce différend et à le trancher en faveur des « réserves de vie » que s’attela Fanon.

    Un bel hommage de #Jacques_Coursil (Clameurs) à #Frantz_Fanon tiré du livre "Peau Noire, Masques Blancs(collection Points)
    http://www.youtube.com/watch?v=8yaGS2uJvis

    Je suis nègre.

    Mais je n’ai pas le droit de me laisser ancrer.
    Non !
    je n’ai pas le droit de venir et de crier ma haine.
    – pas le droit,
    de souhaiter la cristallisation
    d’une culpabilité
    envers le passé de
    ma race -
    Dois-je me confiner
    à la répartition raciale de la culpabilité,
    Non, je n’ai pas le droit d’être un Noir.
    – je n’ai pas le droit d’être ceci ou cela…
    Le Nègre n’est pas, pas plus que le Blanc.
    Je demande qu’on me considère à partir de mon Désir.
    Je me reconnais un seul droit :
    celui d’exiger de l’autre
    un comportement
    humain.

    Le malheur et l’inhumanité du Blanc
    sont d’avoir tué l’humain
    quelque part.
    Le malheur du nègre
    est d’avoir été esclave.
    Mais je ne suis pas esclave
    de l’esclavage
    qui déshumanisa mes pères.

    Je suis homme
    et c’est tout le passé du monde
    que j’ai à reprendre.
    – la guerre du Péloponnèse
    est aussi mienne
    que la découverte de la boussole.
    Je ne suis pas seulement responsable
    de Saint-Domingue -
    La densité de l’Histoire
    ne détermine aucun de mes actes.
    Je suis mon propre fondement.

    Exister absolument.
    Je n’ai ni le droit ni le devoir
    d’exiger réparation
    pour mes ancêtres domestiqués.
    Pas le droit de me cantonner
    dans un monde de réparations rétroactives.
    Je ne suis pas prisonnier de l’Histoire
    Il y a ma vie prise
    au lasso de l’existence.
    Il y a ma liberté.Il n’y a pas de mission Nègre ;
    Pas de fardeau Blanc
    pas de monde blanc
    pas d’éthique blanche,
    pas d’intelligence blanche.
    Il y a de part et d’autre du monde
    des humains qui cherchent.

    Ô mon corps,
    fais de moi toujours
    un homme qui interroge !

    #Colonialisme #Décolonisation #Anticolonialisme #Racisme #Hiérarchisation #Ségrégation #Culture #Anthropologie #Politique #Déculturation #Musique #Jazz #Livres #Vidéo


  • Women of Color Beyond Faith: Call for submissions

    A new anthology entitled “Women of Color Beyond Faith: Feminism, Freethought and Social Justice” is currently being developed and edited by Sikivu Hutchinson (pictured at right), president of Black Skeptics of Los Angeles, and Kimberly Veal (pictured at left), executive director of Black Non-Believers of Chicago. The anthology will address the dire need for scholarship, critical theory, and analysis of women of color non-believers, and women of color freethought and humanist traditions in the United States. Currently, there are no American book publications that address these issues from a multi-disciplinary standpoint.

    (...)

    This anthology will offer an important corrective to this lacuna. Going beyond basic questions of the challenges women of color non-believers face, it will articulate a vision of humanist social and gender justice that is firmly situated in the politics of anti-racism, anti-heterosexism, and anti-imperialism.

    (...)

    Hutchinson and Veal are seeking abstracts of approximately 500 words by September 30, 2013. All are welcome to submit an abstract and bio to shutch2396@aol.com by the deadline. For more information, contact Sikivu Hutchinson at the email address above.

    http://www.americanhumanist.org/HNN/details/2013-06-women-of-color-beyond-faith-call-for-submissions

    #womenofcolor #race #class #feminist #humanist #atheism #freethinkers #Sikivu_Hutchinson #Kimberly_Veal #Black_Non-Believers_of_Chicago