• On agite un enfant (Yann Diener - Éditions La Fabrique)
    http://www.lafabrique.fr/catalogue.php?idArt=594

    L’État, les psychothérapeutes et les psychotropes
    Un enfant qui continue à faire pipi au lit est-il un handicapé ? Celui qui refuse d’ouvrir ses livres est-il un dyslexique ? Le gamin turbulent est-il atteint de #TDAH (trouble-déficit de l’attention avec hyperactivité) ? Faut-il lui prescrire une cure de #Ritaline ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles répond ce livre. Grâce à une langue médico-sociale (LMS) très élaborée, en s’appuyant sur une version totalement dévoyée de la psychanalyse, l’État normalise et évalue à tout-va tandis que l’industrie pharmaceutique invente des maladies et des molécules pour les traiter. Ces deux forces conjuguées, si on les laisse faire, finiront par abattre les lieux, créés après la Libération, où un enfant peut encore parler de son symptôme.

    #éducation #enfants #répression #normes

    • Agités de tous les pays, fermez vos gueules !
      http://www.article11.info/?Agites-de-tous-les-pays-fermez-vos

      Il s’agit aussi du moment où l’institution scolaire impose une pression croissante sur l’enfant. Il y a toujours eu une pression scolaire (il faut être bon à l’école) mais elle s’exprime aujourd’hui d’une autre manière, par la transposition du langage et des techniques entrepreneuriales dans le milieu scolaire. Les analystes ont pour hypothèse l’idée selon laquelle le contexte familial – et plus largement, institutionnel – participe de l’élaboration du symptôme qui peut être, dans ce cas, l’agitation. L’enfant, en choisissant d’exprimer certains symptômes, réagit à l’emprise de sa famille ou de l’école, refuse la place qui lui est assignée, se fait porte-parole de malaises qui le dépassent (familiaux, par exemple), malaises qu’on lui enjoint de ne surtout pas formuler en lui disant de « tenir en place ».
      Un certain nombre d’instituteurs et de pédopsychiatres pensent que la maladie de l’enfant « agité » (le #TDAH, soit trouble déficit de l’attention/hyperactivité) existe et qu’il faut donc trouver le bon médicament pour le soigner. […] Il s’est opéré un glissement significatif entre « cet enfant souffre d’un trouble de la concentration » et « il est agité, il est comme ça ». Le remplacement de « symptôme » par « handicap » revient à nier l’expression et l’autonomie du sujet. […] Dans les formations, les instits sont incités à détecter, à diagnostiquer le TDAH. Là, le mot est utilisé. La conséquence est simple : il faut de la #Ritaline .

      #école #CMPP #TCC #TOC #DSM

    • Lettre du 13 avril 1959 au Dr Ben GABER
      http://www.clinamen.org/article106.html

      Notre diagnostic est que ce garçon est un enfant psychoneurotique doué et particulièrement extraverti, présentant possiblement une légère encéphalopathie nuisant à son contrôle émotionnel. Nous estimons qu’il devrait suivre un traitement neurochimique afin d’aider à contrôler son impulsivité et son hyperactivité. Si cela ne marche pas, nous nous pencherons à nouveau sur la possibilité d’une hospitalisation. Je recommande la médication suivante, dont nous avons constaté l’efficacité dans de nombreux cas similaires. Le nom du médicament est vespérine, du groupe des phénothiazines. […] Quelques effets secondaires ne manqueront pas de se manifester : somnolence, faiblesse et parfois troubles visuels. Ils peuvent passer au bout de quelques jours. Comme avec toutes les phénothiazines, des analyses sanguines devront être effectuées régulièrement pour détecter un éventuel granulocyte. […]


  • Violence scolaire : "Je suis pessimiste" (Éric Debarbieux - Le Café Pédagogique)
    http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/larecherche/pages/2006/analyses_71_violencescolairejesuispessimistenousditericdebarbieux.a

    « Des solutions existent mais encore faudrait-il une volonté politique. »

    Toutes les enquêtes montrent que la violence à l’école est une violence de répétition, de rackett, de bagarres, de micro-violences. Ce que les anglo-saxons appellent le « bullying », le harcèlement entre élèves. Or cette forme de violence est très difficile à vivre.
    […] en ce qui concerne la montée de la violence, il faut souligner plutôt la stabilité : depuis 1993 en France on n’observe pas une progression globale. C’est ce que nous disent les enquêtes de victimation. La violence est ciblée sur quelques établissements en lien avec l’exclusion sociale. 4 à 10% des élèves, selon le établissements, sont victimes de la violence scolaire. La dureté de celle-ci varie selon les établissements.
    […] Au début des années 1990, le racket était individuel. Aujourd’hui il est de plus en plus souvent effectué par des groupes d’élèves. Ca a plusieurs conséquences. D’une part ça fait plus mal car en groupe on va toujours plus loin.
    […] Tout le monde est d’accord pour dire que la violence scolaire a plusieurs causes. La situation économique, familiale ont leur part mais il y a aussi des facteurs liés à l’institution scolaire. En particulier, il y a une forte corrélation entre la qualité du climat scolaire et la victimisation. Le climat scolaire c’est la qualité des relations entre adultes et élèves et entre adultes ; la capacité à avoir un dialogue et non un affrontement avec les élèves. C’est aussi la clarté des règles collectives. […] En France on continue à voir les familles comme des ennemies de l’Ecole et c’est dramatique. […] On n’affronte pas le problème. On a d’ailleurs tendance à tout mélanger. Par exemple les troubles de comportement et la violence scolaire.
    […] Je fais partie des sociologues qui pensent que les classes existent. Et je crois qu’une des violences les plus préoccupantes ce sont les violences d’origine sociale. A mon avis la violence scolaire participe du conflit des classes.
    […] En ce moment on voit bien comment on cherche à classer les jeunes et à les mettre dans des ghettos par exemple par une approche thérapeutique. Or ce qui marche ce n’est pas la rééducation behaviouriste mais au contraire une démarche qui fait avancer l’intelligence et le comportement ensemble.

    #éducation #violence #élèves