• De l’Objectivation

    « Le #concept est la première arme dans la soumission d’autrui – car il le transforme en objet (alors que le sujet ne se réduit pas au concept) ; délimiter un objet comme « l’Orient » ou « l’Arabe » est déjà un acte de violence. Ce geste est si lourd de signification qu’il neutralise en fait la valeur de prédicat qu’on ajoutera : « l’arabe est paresseux » est un énoncé raciste, mais « l’arabe est travailleur » l’est presque tout autant, l’essentiel est de parler ainsi de « l’Arabe ».... » ( Tzvetan #Todorov , préface à l’édition française de _L’#Orientalisme_ d’Edward #Saïd)


  • Mort lente : punition par les détails

    http://cdn2.spectator.co.uk/files/2012/11/WPFP.jpg

    "(...) Bref, les Palestiniens doivent périr de mort lente pour qu’Israël puisse avoir la sécurité qui est à portée de main mais ne peut se concrétiser en raison de l’ « insécurité » proprement israélienne. Et le monde entier doit sympathiser, tandis que nul n’entend ni ne garde en mémoire les pleurs des orphelins, des vieilles malades, des villages en deuil et des prisonniers palestiniens torturés. Allons, va-t-on nous dire, ces horreurs ont surement un objectif plus large que la pure cruauté sadique : les « deux parties » sont engagées dans un « cycle de violence » qu’il faut bien briser à un moment, quelque part. De temps à autre, arrêtons et répliquons avec indignation : il n’y a qu’une seule partie dotée d’une armée et d’un pays ; l’autre est une population dépossédée, sans Etat, faite de gens sans droits ni moyens immédiats de les faire respecter. La langue de la souffrance et de la vie quotidienne concrète a été kidnappée, ou pervertie au point qu’elle en est, je crois, devenue inutilisable, sauf en tant que pure fiction à déployer comme un écran derrière lequel on continue à tuer et à imposer d’atroces tortures – lentes, minutieuses, inexorables. Telle est la vérité de ce que subissent les Palestiniens. Mais la politique israélienne finira de toute manière par échouer." (#Edward #Saïd) #Gaza #Palestine

    http://bougnoulosophe.blogspot.be/2012/11/mort-lente-punition-par-les-details.html


  • De l’identité

    « Nul aujourd’hui n’est seulement ceci ou cela. Indien, femme, musulman, américain, ces étiquettes ne sont que des points de départ. Accompagnons ne serait-ce qu’un instant la personne dans sa vie réelle et elles seront vite dépassées. L’impérialisme a aggloméré à l’échelle planétaire d’innombrables cultures et identités. Mais le pire et le plus paradoxal de ses cadeaux a été de laisser croire aux peuples qu’ils étaient seulement, essentiellement, exclusivement, des Blancs, des Noirs, des Occidentaux, des Orientaux. Comme ils font leur histoire, les êtres humains font aussi leurs cultures et leurs identités ethniques. Les continuités persistantes sont indéniables : longues traditions, habitats prolongés, langues nationales, géographies culturelles. Mais il n’y a aucune raison, sauf la peur et le préjugé, de vouloir à toute force les maintenir séparées et distinctes, comme si c’était le fin mot de la vie humaine. En fait, la survie dépend des liaisons entre les choses ; on ne peut priver la réalité, dit Eliot, des « autres échos qui habitent le jardin ». Il est plus enrichissant — et difficile — de penser concrètement, chaleureusement, en contrepoint aux autres qu’à « nous » seulement. Mais cela implique de ne pas chercher à dominer, étiqueter, hiérarchiser ces autres, et surtout d’arrêter de répéter que « notre » culture, « notre » pays sont (ou ne sont pas) les premiers. L’intellectuel a suffisamment de travail sérieux à faire pour oublier ça… » (#Edward #Saïd)


  • ‎"La terre constitue de fait un seul monde, où il n’y a pratiquement pas d’espaces vides et inhabités. De même qu’aucun d’entre nous ne se trouve hors de la carte ou au-delà, nul n’est entièrement étranger à la lutte dont elle est l’enjeu. Bataille complexe et captivante, car elle ne se livre pas seulement avec des soldats et des canons mais aussi avec des idées et des formes, des images et de l’imaginaire." (#Edward #Said, Culture et Impérialisme)

    #Gramsci


  • #Algérie : à l’ #Aurassi une main étrangère a les #otages de #Gao du #Mali...

    http://goo.gl/1bLb1

    Une pseudo-#conspiration de la #démocratie contre les cercles #rentiers, identifiée par #SaïdaBenhabylès et anciens responsables de #services #secrets #occidentaux

    « L’Algérie paye pour avoir combattu le #terrorisme dans les années 1990 », c’est ainsi qu’un article croisé sur le #Web titre son consternant contenu. Alors il faut s’imaginer le degré de malaise, qui vous laisse béat quant au reste du sujet. Ne devrait-elle donc pas combattre, cette Algérie dépouillée des libertés ? Car elle payera aussi et sans avoir rien commis. De quoi être pantois ! L’amertume du peuple algérien privé de ses libertés fondamentales, ne fait qu’exiler le fleuron de ses élites. Avec de larges catégories de la population déshéritées, par une honteuse dictature, de la décence humaine la plus primaire.


  • Patrick Sultan, La scène littéraire postcoloniale , « L’Esprit des Lettres », Le Manuscrit, Paris, 2011.

    La scène littéraire #postcoloniale de Patrick Sultan répond enfin à ceux qui avaient l’intuition que les auteurs classés comme francophones, anglophones, ou lusophones, méritaient une approche critique renouvelée. Aucune consécration littéraire, ni aucun succès d’édition, ne pouvaient permettre d’éluder ce débat. Dans cet essai adapté de sa thèse de doctorat, Sultan propose un réexamen profond d’anciens cadres inappropriés pour l’approche des nouvelles littératures nées des décolonisations. Le projet de Sultan est remarquable par son ampleur, car il confronte la tradition comparatiste française aux postcolonial studies. Surtout, il appréhende les #postcolonial_studies comme l’occasion d’un renouvellement de la recherche universitaire. Sultan réalise une épistémologie ambitieuse par la mise en commun d’acquis méthodologiques issus de deux courants de la recherche littéraire. Il pose également les jalons d’un comparatisme dont la refondation dépend selon lui d’une mise en perspective mondialisée. Les postcolonial studies vues par Sultan doivent autant à #Said, à #Bhabha, et #Spivak qu’aux récents travaux de Jean-Marc Moura1, Judith Schlanger, Pascale Casanova et aux préoccupations de #Glissant, Chamoiseau, Ben Jelloun ou Kourouma.

    http://www.contretemps.eu/fr/lectures/recension-sc%C3%A8ne-litt%C3%A9raire-postcoloniale-patrick-sultan-sc%C3%


  • Le phénomène Aḥmad al-Asīr : un nouveau visage du salafisme au Liban ? (1/2) | Les carnets de l’Ifpo (Romain Caillet)
    http://ifpo.hypotheses.org/3075

    Au sein du monde arabe, le courant salafi syro-libanais apparaît comme une exception en raison de son absence de visibilité, en comparaison avec celle dont il jouit dans les sociétés du Golfe, au Maghreb, en Jordanie ou en Égypte . [...] La situation au Liban est, en revanche, plus complexe. Relativement bien implanté dans la ville de #Tripoli, sans toutefois y rencontrer une adhésion massive, il demeure minoritaire à #Beyrouth, malgré l’existence de l’institut Sirāj al-Munīr dirigé par ‘Abd al-Hādī Wahbī, un disciple de Muḥammad Nāṣir al-Dīn al-Albānī (1914-1999). Cette indifférence d’une large part de la population sunnite libanaise, y compris à Tripoli, s’explique principalement pour l’essentiel par l’absence de personnalités réellement charismatiques, tant au niveau des oulémas qu’à celui des prédicateurs. En effet, jusqu’à présent, aucun imam salafi au #Liban ne s’était imposé comme un orateur exceptionnel, capable d’enthousiasmer son auditoire du jumuʿa (vendredi) à travers des prêches « enflammés ». S’il existe des individus reconnus comme des références religieuses, au seul niveau local, aucun n’incarne cependant une sommité incontournable, capable d’attirer des étudiants en théologie musulmane venus du reste du monde.

    Il est rare de disposer de telles informations sur les mouvements salafistes. Mais il est aussi dommage que l’analyse ne dépasse pas les enjeux de légitimité théologique pour spécifier les ressorts sociaux et de politique locale de ces mobilisations. Comment, à Tripoli par exemple, ces éléments s’articulent-ils au jeu des grands leaders politiques ?
    Voir en complément :
    Dewailly B., 2012, Transformations du leadership tripolitain  : le cas de Nagib Mikati, in Mermier F., Mervin S. (éd.), Leaders et partisans au Liban, Paris-Beyrouth, Karthala - IFPO, p. 167–187. < http://halshs.archives-ouvertes.fr/IFPO/halshs-00663450 > (consultation le 8 février 2012)

    Et http://seenthis.net/messages/56867
    Violences au Liban : « Ces événements ne sont pas nouveaux » - Fabrice Balanche
    http://www.lemonde.fr/international/article/2012/02/13/violences-au-liban-ces-evenements-ne-sont-pas-nouveau
    #Abra
    #Saïda