• The Extraordinary Science of Addictive Junk Food - NYTimes.com
    http://www.nytimes.com/2013/02/24/magazine/the-extraordinary-science-of-junk-food.html?pagewanted=all

    J’ai d’abord rencontré Moskowitz au printemps 2010 au Harvard Club à Midtown Manhattan. ... il a clairement indiqué qu’il (...) n’a eu aucun scrupule à effectuer son travail de pionnier sur ce que les initiés de l’industrie appellent désormais « le point de bonheur » [ the bliss point ] ou l’un des autres systèmes qui ont aidé les entreprises alimentaires à créer le plus d’envie. "(...) Je luttais pour survivre et n’ai pas eu le luxe d’être une créature morale. En tant que chercheur, j’étais en avance sur mon temps. "

    Le chemin de Moskowitz pour maîtriser le point de bonheur a commencé sérieusement non pas à Harvard, mais quelques mois après l’obtention de son diplôme, à 16 miles de Cambridge, dans la ville de Natick, où l’armée américaine l’a embauché pour travailler dans ses laboratoires de recherche. L’armée a longtemps été dans une impasse particulière en matière de nourriture : comment obtenir que les soldats mangent plus de rations quand ils sont sur le terrain.

    Ils savaient qu’avec le temps les soldats trouveraient leur repas prêts-à-manger si ennuyeux qu’ils le jetteraient à moitié mangé, et n’obtiendraient pas toutes les calories dont ils avaient besoin. Mais la cause de cette fatigue-M.R.E était un mystère. « Alors, j’ai commencé à demander aux soldats à quelle fréquence ils aimeraient manger ceci ou cela, à essayer de trouver les produits qu’ils trouveraient ennuyeux", a déclaré Moskowitz. Les réponses qu’il obtenait étaient incompatibles. « Ils aimaient les aliments savoureux comme la dinde tetrazzini, mais seulement dans un premier temps ; ils s’en lassaient vite. D’autre part, ils n’avaient jamais assez d’aliments banals comme le pain blanc (...) "

    Cette contradiction est connue comme la "satiété sensorielle spécifique." En termes simples, c’est la tendance des grandes saveurs distinctes de submerger le cerveau, qui répond en diminuant votre désir d’en avoir plus. La satiété sensorielle spécifique est aussi devenue un principe directeur de l’industrie des aliments transformés. Les plus grands succès - qu’il s’agisse de Coca-Cola ou Doritos - doivent leur succès à des formules complexes qui excitent assez les papilles pour être séduisantes, mais n’ont pas la saveur distincte unique qui indique au cerveau de cesser de manger.

    • Un repenti: conserver le storytelling:

      The snack that Dunn was proposing to sell: carrots. Plain, fresh carrots. No added sugar. No creamy sauce or dips. No salt. Just baby carrots, washed, bagged, then sold into the deadly dull produce aisle.

      “We act like a snack, not a vegetable,” he told the investors. “We exploit the rules of junk food to fuel the baby-carrot conversation. We are pro-junk-food behavior but anti-junk-food establishment .”

      The investors were thinking only about sales. They had already bought one of the two biggest farm producers of baby carrots in the country, and they’d hired Dunn to run the whole operation. Now, after his pitch, they were relieved. Dunn had figured out that using the industry’s own marketing ploys would work better than anything else. He drew from the bag of tricks that he mastered in his 20 years at Coca-Cola, where he learned one of the most critical rules in processed food: The selling of food matters as much as the food itself.

      Later, describing his new line of work, Dunn told me he was doing penance for his Coca-Cola years. “I’m paying my karmic debt,” he said.

    • Sinon, ce papier est vraiment un monument journalistique. Des années que je dis que je crève la dalle parce que j’ai refusé de dévoyer ce que j’avais appris en fac (ouais, je suis spécialiste en comportement alimentaire humain) pour pousser les gens à bouffer ou consommer plus qu’ils n’en avaient besoin. Beaucoup de mes congénères n’ont pas eu mes scrupules : ils ont de belles carrières, de belles maisons, ils sont des exemples de réussite sociale, mais je demande combien de morts ils ont à leur actif.

    • @monolecte

      “What do University of Wisconsin M.B.A.’s learn about how to succeed in marketing?” (...) “Discover what consumers want to buy and give it to them with both barrels. Sell more, keep your job! How do marketers often translate these ‘rules’ into action on food? Our limbic brains love sugar, fat, salt. . . . So formulate products to deliver these. Perhaps add low-cost ingredients to boost profit margins. Then ‘supersize’ to sell more. . . . And advertise/promote to lock in ‘heavy users.’ Plenty of guilt to go around here!”


  • Etablir une carte des liaisons aériennes passagers entre la Chine et l’Afrique

    petite expérimentation crowdsourcing

    Je n’ai aucune idée préconçue, je ne sais pas si c’est pertinent, mais je voudrai quand même mettre en oeuvre une idée de carte (liaisons aériennes directes ou indirectes Chine-Afrique) juste pour voir si on peut en dire quelque chose du point de vue de l’intensité des échanges Afrique-Chine aussi bien que Chine-Afrique - dans les deux sens donc).

    Je mets l’idée au pot pour faire une petite et timide tentative de « crowdsourcing », et demander à tous ceux que ça intéresse d’envoyer en commentaires idées et liens, voir données sur cette question. Tous les contributeurs seront cités :)

    Mon esquisse 0 ressemble à ça :

    https://dl.dropbox.com/s/3zlo47us8twmaj5/chine-afrique.jpg

    C’est totalement ésotérique mais c’est une hypothèse de départ, ce que j’appelle « l’intention cartographique ». Je vais collecter si possible les éléments suivants (mais je me contenterai de ce que j’aurai) :

    Liaisons directes et indirectes (ville départ et arrivée et escale)
    Fréquence
    Eventuellement type d’appareil (donne une indication approchée sur le volume de passagers transporté)

    ce serait donc une carte collective. J’essaye donc juste modestement, on verra bien ou cela nous mène...

    contact : reka@rezo.net

    #cartographie #cartographie-participative #chine #afrique #transport-aérien

    • SAA makes first non-stop flight to China - SouthAfrica.info
      http://www.southafrica.info/travel/saa-china.htm

      1 February 2012

      South African Airways has made its first non-stop flight to China. An SAA Airbus A340-600, specially branded in honour of the Chinese Year of the Dragon, left Johannesburg’s OR Tambo International Airport on Tuesday, arriving in Beijing on Wednesday morning.

    • La représentation des relations Chine-Afrique doit-elle inclure les points de rencontre intermédiaires tels que Dubaï ? Une proportion non-négligeable du négoce emprunte ce type de circuit.

      Ceci dit, d’un point de vue social, le trafic de passagers allant touchant Chine et Afrique proprement dits est plus intéressant.

    • Si on inclut dans la représentation l’ensemble des trajets avec escale, le résultat sera illisible même avec deux couleurs - ou alors la couleur des vols avec escale doit être très claire. Ne représenter sous forme de liens que les vols direct peut être intéressant pour souligner l’apparition de liens renforcés entre certaines paires de villes. Pour compléter le tableau, on peut alors ajouter sous forme de points les escales typiques (généralement les hubs de compagnies actives en Afrique).

    • Je suis surpris de ne pas à trouver un Lagos - Shanghai. Il y a par contre un paquet de vols directs depuis Addis - mais c’est un cas particulier vu que c’est le hub d’Ethiopian Airlines. L’existence d’un Luanda-Beijing est un fait nettement plus intéressant.

    • Impressionnant, le réseau chinois d’Ethiopian : quatre destinations quotidiennes : PEK et CAN en 777, et HGH et HKG en 767. Avec un taux de remplissage théorique de 100%, ça ferait plus de 2000 passagers aller-retour par jour !

    • Dans le même registre, il faut signaler une étude de Jean-François Pérouse sur les liaisons aériennes Turquie-Afrique. D’ailleurs, le hub stanbouliote en développement correspond aussi à du passage Chine-Afrique et vice-versa : Les nouveaux horizons d’influence de la Turquie à travers l’indicateur des liaisons aériennes
      http://dipnot.hypotheses.org/45
      http://f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/1154/files/2013/01/2012_nouvelles_lignes_THY-500x367.jpg

    • Hello tout le monde

      Pardonnez mon silence, j’étais à l’extérieur toute la journée. Je viens de lire et exploiter commentaires et liens, je trouve cette première série de réactions déjà très riche, et toutes vos remarques me donnent déjà beaucoup d’idées à expérimenter, d’idées de visualisation, ce que je ferai demain vu l’heure tardive et vu que je suis complètement carbonisé (et c’est dommage parce que j’ai vraiment envie de m’y coller maintenant).

      je vois déjà plusieurs tendances :

      1. Une vision historique à 10 ou 15 montrerait qu’il n’y a pas si longtemps, il n’y avait aucune liaison directe, et que pour rejoindre la Chine à partir de l’Afrique, le passage par les grands hubs européens étaient quasi obligatoire. quelques liaisons étaient possibles via le Golfe, ou l’Inde mais pas pratique et pas fréquente. En tout cas, jusqu’à ce que les Chinois s’intéressent à l’Afrique et qu’une classe d’hommes d’affaires africains s’intéressent à l’Afrique, le lien de l’Afrique avec le reste du Monde passait essentiellement par les anciennes puissances coloniales.

      2. Point de vue carto, peut-être faut il prévoir deux images, une avec les vols directs et leur « intensité », l’autre avec les nouvelles routes indirectes, donc avec escales : Istanbul, Golfe (Qatar et Emirate Airways), Inde essentiellement. Et comme ces liaisons, d’après ce que je peux voir, se sont considérablement développées, je ne suis pas sur que la Chine ou l’Afrique utilisent toujours autant les hub européens comme escale (en plus ces liaisons sont certainement beaucoup plus chères). Sans compter qu’une escale au Duty Free Shop à Abou Dhabi, Dubaï ou Doha est l’expérience d’une vie...

      3. Les marges centrifuges, Afrique du Sud et Algérie essentiellement sont à étudier attentivement (vu l’implication de la Chine en Algérie, je n’ai pas encore regardé mais il y a peut-être des directs quotidiens), de même que Addis Abeba comme le signale @abillette (constructions de grandes infrastructures, route, rail, et énorme port de lamu, Corridor Lapsset soudan du sud-Ethiopie-Kenya) et Luanda comme le dit @liotier et où Michel Beuret (livre sur la Chine Afrique) disait que la Chine était très active.

      4. Vu aussi les investissements chinois en RDC (15 milliards de dollars alors que la Banque mondiale annonçait fièrement 900 millions SI les élections se passaient bien - et les élections se sont bien passées mais l’argent n’est pas venu... par contre les chinois eux, sont lancés dans la réalisation d’infrastructures). J’attends le jour où on annoncera un vol quotidien Kinshasa-Shanghaï ou Pékin en 747 ou équivalent...

      5. comme @rumor le signale, à regarder attentivement ce qui se passe à istanbul, pour y être passé plusieurs fois depuis ces deux dernières années, j’ai vu les changements : c’est maintenant un immense hub par lequel passent de plus en plus la liaison chine-Afrique

      je vais exploiter ces premières pistes et je posterai demain une série d’esquisses 1 pour que vous puissiez suivre l’évolution de cette petite recherche, je partagerai l’évolution et je mettrai à votre disposition les éléments finalisés (quand on y sera...). En attendant, reste des questions à explorer et des choix de représentation à faire !

      Mille mercis à tous, et très bonne nuit,

      Phil

    • Salut Philippe,

      En fait, les hubs européens sont encore importants pour le trafic Afrique-Chine en Afrique de l’Ouest qui est encore mal desservie par les compagnies du Golfe et la Turkish. Ca se voit clairement en simulant un achat sur les sites de comparateurs de vols : pour tout ce qui est à l’ouest d’une ligne virtuelle qui ferait en gros Tunis-N’Djamena-Kinshasa, la plupart des vols – et les moins chers – passent par Paris, Amsterdam, Rome, etc.

      Au sud de la RDC et Tanzanie, c’est surtout la South African et un peu Ethiopian. Et pour le grand quart nord-est du continent, Ethiopian et les gros transporteurs du Golfe...

    • @abillette c’est très intéressant ce que tu dis, et je crois qu’on peut imaginer une visualisation qui tient compte de cette réalité historico-politique (si je puis dire). Toutes ces infos aident beaucoup à sélectionner le mode de représentation. L’étape suivante sera d’évaluer l’intensité du trafic, le nombre de personnes transportées. Il y a des bases de données qui donnent potentiellement ces chiffres, mais elles sont hors de prix... (accessibilité même pas en rêve tellement c’est cher).

      Les esquisses arrivent

    • Pour l’Afrique de l’Ouest, il me semble que la plus grosse correspondance hors d’Europe est le hub de la RAM à Casa. Avant la guerre civile Libyenne il y avait aussi Afriqiyah Airways et son hub de Tripoli - garantie d’être l’option la moins chère et garantie de perdre les bagages en cours de route.

    • Avant de fournir les premières esquisses, par hasard, je reçois un message de mon pote Sani Magori, celui que j’appelle le « Jean Rouch Nigérien » parce qu’il fait des films bien comme ceux de Jean Rouch. Il me raconte que depuis que Turkish AIrline a ouvert une liaison avec Niamey, les avions sont pleins à craquer. Pour la Chine et l’Asie, mais aussi pour l’Europe. C’est beaucoup moins cher, les prestations sont les mêmes et ça détourne grandement le trafic du quasi monopole Air France.

    • Je suis en train de travailler sur cette (ces cartes), je passe en revue les Hubs. Sur la carte de Jean-François (pour @rumor) :

      1. je ne trouve aucune trace de liaison entre Mogadiscio et Istanbul bien que ce soit indiqué sur sa carte

      2. Je trouve un Kigali-Istanbul qui n’est pas indiqué sur sa carte

      3. Au Kenya je trouve Mombassa et Nairobi, sa carte n’indique que Monbassa

      4. Au Nigéria je ne trouve que Lagos et sa carte indique Lagos (et vraisemblablement Abuja)

      2. Je suppose que Le Caire, Alger, Casablanca, Johannesbourg, Tunis, Sfax ou Addis-Abeba sont des destinations anciennes et ne font pas partie de sa carte pour cette raison.

      Ces petites différences sont peut-être dues au fait que la situation évolue vite mais on peut alerter JF et lui demander ce qu’il en pense.

      En passant, je n’avais pas perçu à quel point Turkish Airline est maintenant « bien » implanté en Afrique. C’est nouveau et ça aura sans doute des incidences importante sur les circulations

    • Voici (enfin) les premiers résultats

      Vols directs Afrique-Chine :

      Seuls trois villes subsahariennes proposent les directs : Addis Abeba (Ethiopie) Luanda (Angola, et c’est une surprise) et Johannesburg (Afrique du Sud) et deux Villes nord-Africaines : Alger (Algérie) et Le Caire (Egypte).

      https://dl.dropbox.com/s/j5k5n5u92vvkm0o/vols%20directs.jpg

      Vu l’énorme implication des Chinois en Algérie, il parait normal qu’il y ait des relations aériennes directes. Luanda est une surprise mais l’activité chinoise dans la région (Angola, RDC en particulier)

      Mais les miens direct restant rares, pour essayer de mesurer le trafic, il faut se tourner vers les escales. Il semble qu’il y en ait cinq principales : Turkish airlines (Istanbul), Egypt Air (Le Caire), Ethiopian Arlines (Addis-Abeba), Qatar Airways (Doha) et Emirates (Abou Dhabi).

      Je pensais que Kenya airways était éligible vu son réseau africain mais la compagnie n’a pas (encore) de vol direct pour la Chine. Peutêtre bientôt.

      Vu ces réseaux, les ressortissants africains pourront, si ce n’est pas déjà le cas) éviter de passer par les hubs européens pour aller en Chine.

      Premières observations : le potentiel est énormes et les réseaux en Afrique déjà bien développés. D’une certaine manière, certains sont très complémentaires vu qu’ils ne desservent pas les mêmes villes africaines. Toutes ces compagnies desservent les mêmes villes en Chine (Pékin, Guangzhou et Hongkong), dans une moindre mesure Shanghai (c’est une surprise), avec une mention particulière pour Qatar Airways qui dessert déjà six villes chinoises et s’apprête à en desservir plus.

      https://dl.dropbox.com/s/ami9rku7fhoi56z/egyptair.jpg

      https://dl.dropbox.com/s/puiuy0irwx3to6v/emirates%20airways.jpg

      https://dl.dropbox.com/s/tgqndlajmn519fh/ethiopian%20airlines.jpg

      https://dl.dropbox.com/s/52otqdyqj0rd03t/qatar%20airways.jpg

      https://dl.dropbox.com/s/ynjv3806y7s5gu0/turkish%20airways.jpg

      –----

      https://dl.dropbox.com/s/cgsrsa5yj3pxhem/kenya%20airways.jpg

    • La difficulté sera de synthétiser en une représentation unique les plans des réseaux de ces six compagnies. Pour y parvenir, il me semble qu’il faudra se débarrasser des lignes, ou au moins les représenter en gris très léger. Restent alors les villes reliées directement, les villes reliées indirectement, les hubs... Seulement trois catégories de points - ça devrait être suffisamment lisible.



  • J’aimerais que ce soit abordé sous cet angle : toute extension des droits d’auteur est, par définition, une limitation de la liberté d’expression ; de fait, en demandant une extension du droit d’auteur aux liens hypertexte, la presse demande une limitation de la liberté d’expression de tous sur l’internet.

    À nouveau, la liberté de la presse démontre qu’elle n’est rien d’autre que la privatisation de la liberté d’expression au profit d’une petite minorité. Liberté de la presse et liberté d’expression sont deux notions essentiellement concurrentes.

    (Au cas où t’aurais raté un épisode, c’est ce qu’on raconte depuis 15 ans. Et à chaque épisode médiatico-législatif, ça ne rate pas : la presse est systématiquement dans le camp de ceux qui exigent la limitation de cette horreur qu’est la possibilité – enfin – pour chacun d’exercer publiquement sa liberté d’expression.)

    • Cela étant, je suis prêt à lancer sur mes fonds propres un grand programme de recherche sur le fonctionnement de la ligne Disallow : * du fichier robots.txt ; ça sera très utile à la #presse et ça ne coûtera rien à au contribuable.

    • À nouveau, la liberté de la presse démontre qu’elle n’est rien d’autre que la privatisation de la liberté d’expression au profit d’une petite minorité. Liberté de la presse et liberté d’expression sont deux notions essentiellement concurrentes.

      En théorie peut-être. En pratique, je serais curieux de voir un pays / une juridiction où la liberté d’expression règne mais pas celle de la presse. L’inverse parait davantage jouable mais je doute aussi.

      Par ailleurs, que le projet des éditeurs de presse soit bouffon parait acquis, maintenant, il ne concerne pas tous les émetteurs de liens potentiels si j’ai bien compris, et au minimum pas les particuliers. Il me semble qu’absolutiser les termes du débat n’est pas très pertinent dans ce contexte.

    • de quoi parlons-nous ?

      Lex Google : Hollande soutiendrait la pire des lois pour Internet
      http://www.numerama.com/magazine/24141-lex-google-hollande-soutiendrait-la-pire-des-lois-pour-internet.html

      pour justifier juridiquement le paiement d’une taxe, le projet de loi pré-mâché par le lobby de la presse prévoit la création d’une interdiction nouvelle de « toute reproduction, mise à la disposition du public par la vente, l’échange ou communication au public, y compris en ligne, de tout ou partie des contenus de presse édités sous (la) responsabilité (des organismes de presse) »

      + le projet de loi http://www.telerama.fr/medias/taxe-google-telerama-devoile-le-projet-des-editeurs-de-presse,87027.php

    • @baroug : lire Chomsky, et sa description de l’émergence d’une forme de presse ouvrière au XIXe siècle, et comment l’Angleterre a, la première, mis en place une véritable libéralisation de la presse dans le but totalement avoué de tuer cette presse ouvrière. Il y a donc eu des périodes, courtes, de mise en place d’une forme spécifique de liberté d’expression publique par le peuple, et le développement de la liberté de la presse sous la forme qu’on nous vante quotidiennement a explicitement été conçue pour tuer cet accès à la liberté d’expression.

      (On peut avoir des analyses similaires, souvent, sur l’agriculture, l’école populaire, la culture, etc. Où la forme « moderne » et libéralisée qu’on connaît aujourd’hui comme la seule possible est en réalité un calcul historiquement daté pour lutter contre quelque chose de bien plus libre et populaire.)

      La liberté de la presse n’est pas à confondre avec la liberté d’expression publique. Il faut de plus avoir :
      – la liberté totale de la publicité ; la publicité, par la recherche de cibles solvables, façonne l’expression ;
      – la mise en place de régimes de « responsabilité » des auteurs qui présuppose la professionnalisation et, assez largement, condamne la mutualisation et la socialisation.

    • Mmm...

      La question de base est « Comment assurer le maintient d’une presse libre et indépendante qui ne peut-être assuré par du Bénévolat ». J’entends bien qu’une partie de l’information peut-être délivrée par des blogs, mais une autre partie demande un financement pour être assuré (par exemple les reportages nécessitant de nombreux déplacement, dossier nécessitant de nombreuses recherche, etc. )

      Aucune taxe au profit des mass média ne permet d’éviter la création d’une barrière entre des médias « institutionnels » (car éligible à un financement) et les médias qui ne le sont pas.

      Inversement, laisser le financement de cette presse au monde économique ( à travers la publicité ou d’autre vecteurs plus vicelard ) nuit à la qualité de l’information et assure la prédominance des médias encourageant le modèle dominant.

      Une gestion tri-partite (lecteurs - journalistes - pouvoir publics) des lauréats au financement public pourrait-elle être la solution ?

    • Yohooo, je suis désolé, mais la question n’est pas du tout « Comment assurer des trucs… ». Ça c’est la question que prétend poser une presse qui est déjà morte (autant qualitativement que quantitativement) mais qui voudrait continuer à récupérer du poignon.

      C’est la même logique rhétorique que n’importe quel politicien qui, pour obtenir le pouvoir, prétend que « la question de base », ce serait « Comment éviter que les grands-mères se fassent violer sur les parkings des supermarchés par des pas-de-chez-nous. ». On lira évidemment par la suite une tripotée de gens d’excellente volonté qui se poseront en faux par rapport aux propositions de ce populiste, mais en acceptant de rester dans le cadre de la question farfelue qu’il a lui-même posée.

      Alors qu’en fait cette question-là, on s’en fout.

      Quelle est l’utilité sociale d’une « presse » qui ne doit sa forme d’existence actuelle qu’à un monopole économique de fait sur les moyens de production et de distribution, à l’heure où l’accès à l’expression publique ne demande plus de moyens de production industriels ni de système de distribution coûteux (grâce à l’internet) ? Je parle bien d’utilité sociale ; parce que l’utilité économique, elle, répond déjà à la question : pas de besoin, donc pas de marché, et si l’utilité sociale n’est pas avérée, alors je ne vois pas qu’on mutualise l’effort pour sauver des inutiles.

    • à l’heure où l’accès à l’expression publique ne demande plus de moyens de production industriels ni de système de distribution coûteux (grâce à l’internet) ?

      L’expression publique c’est super ; l’enquête et le reportage c’est autre chose, et c’est encore ce qui justifie l’existence de la presse. Même le simple suivi de l’info de base type AFP et sa distribution semblent difficiles à assumer par des particuliers. Après est-ce que ça a clairement une utilité sociale ? Difficile à dire, mais ça fonde une partie de ce sur quoi l’Internet et Seenthis reposent, l’information et sa diffusion.
      De ce point de vue, il serait intéressant d’obtenir des statistiques seenthisiennes sur la part des liens de la grande presse, ceux de la petite, et ceux de sources autres que la presse sur ce site, mais je crois que j’ai déjà fait cette remarque.

    • @fil :

      Cela étant, je suis prêt à lancer sur mes fonds propres un grand programme de recherche sur le fonctionnement de la ligne Disallow : * du fichier robots.txt ; ça sera très utile à la #presse et ça ne coûtera rien à au contribuable.

      Oh oui oh oui. Qu’on le veuille ou non, toute notion de droit d’auteur exclue, Google se sucre joyeusement sur la production des autres. En cela il n’est pas différent de toutes les plateformes « web2.0 » (si on utilise encore ce mot). Alors quand Google met dans la balance face à Hollande le fait qu’ils pourraient arrêter de référencer les sites français, je me dis que c’est un coup de bluff de plus : les gens utilisent aussi Bing, Duckduckgo, et d’autres moteurs (en particulier quand ils n’y connaissent rien et ne savent pas mettre la page d’accueil sur autre chose que l’URL que leur FAI ou le fabricant de leur PC a choisie à leur place, page d’accueil portant souvent en bonne position un champ de recherche, pas toujours Google pour ce que je sais).

      Bref, Google : je dis #bluff.

    • Ça dépend, au-delà de leur connerie commune, de l’unité dans l’action de la plupart des journaux. Si deux journaux se plaignent, google les déréférence, ok. Si le Monde, le Figaro, Le Nouvel Obs et l’Express , quoi qu’on pense de ces titres, agissent de concert, Google sait que Google actu perd de sa pertinence, e devra composer avec ça… et donc probablement ne pas déréférencer.

    • Je crois qu’ARNO* met le doigt sur un point très important en disant que

      Liberté de la presse et liberté d’expression sont deux notions essentiellement concurrentes.

      Un des éléments sur lequel s’appuie le discours de la presse est celui de l’information (avec un dérivé de « liberté de la presse » en « liberté de l’information »).

      L’information est considérée comme un chose bien concrète, mesurable, presque scientifique dans sa démarche. Bien évidemment, si l’on rentre dans le détail, presque tout le monde conviendra que l’information n’est ni objective ni scientifique. Mais l’élan est là ; la prétention aussi. L’informatique est venue renforcer cette conviction qu’il y avait quelque chose de sérieux dans l’information, au contraire de l’expression, trop individuelle, partiale et subjective. Les ordinateurs échangent des données, comme les agences de presse échangent des informations.

      Certains diront encore qu’une information est « objective ». Mais les gens raisonnables préfèreront dire qu’elle est « confirmée ». Un critère important de sa confirmation sera sa reprise par de nombreux médias. C’est d’ailleurs un élément permettant à Google News de la mettre en valeur : 1000 médias disent la même chose, c’est donc à mettre sur le dessus de la pile.

      Pour ma part, plutôt que « objective » ou « confirmée », je dis qu’une information est « dominante ». Que la notion même d’information est la domination.

      Quel que soit le mot, le fait qu’elle soit répandue la définit : si elle n’était exprimée que par une personne, ce ne serait que son point de vue, son expression , mais comme elle est dite et redite et rabâchée encore et encore, on peut l’appeler « information ». Quitte à dire plus tard que c’était en fait une « fausse information ».

      Ce qui fonde l’« information » par rapport à l’« expression », c’est son caractère dominant.

      La liberté de l’information est donc l’adversaire de la liberté d’expression. Elle est proche de la liberté du renard dans le poulailler. C’est la liberté de beugler avec mille mégaphones quand les autres n’ont que leur voix pour parler.

      Il ne s’agit pas pour autant de censurer ceux qui vivent de la presse, mais d’exiger que les règles qui s’appliquent aux simples citoyens s’appliquent également à eux. Ces règles sont celles de la liberté d’expression et de rien d’autre. Lorsqu’ils demandent plus, au nom de la liberté de la presse ou de la liberté d’informer, ils ne réclament rien d’autre que des privilèges.

    • @ARNO* :

      Yohooo, je suis désolé, mais la question n’est pas du tout « Comment assurer des trucs… ». Ça c’est la question que prétend poser une presse qui est déjà morte (autant qualitativement que quantitativement)

      1./ Tu critiques ( pertinemment ) la presse qui existe et je te parle du besoin d’émergence d’une presse qui ne doit pas se limiter à une alternative critique.
      Si nous nous cantonnons à nos points de vue respectifs, nous ne pouvons pas nous entendre.

      2./ Le capitalisme mondialisé, c’est loin d’être le monde des bisounours. J’imagine mal un collectif de joyeux internautes bénévoles décoller pour suivre un conflit armé afin d’informer leurs lecteurs de l’autre bout du monde.
      Et que l’on ne me rétorque pas que ces blogueurs, toutes plumes affuté qu’ils sont, n’ont qu’à relayer les messages de leur correspondant sur le terrain. Car on a un peu plus de mal à se faire une idée du monde dans lequel on vie quand on n’est pas sur le terrain et parce que la fracture numérique, ça existe et ça empêche un sacré paquet de monde d’être entendu.
      D’ailleurs, l’exemple de Global Voice d’@Odilon le montre : beaucoup d’articles de ce site sont une sorte de synthèse d’autres sources, mais ne constituent pas des reportages.

      3./ Le journalisme demande un savoir faire, de la pratique et des tunes.
      Comment permettre à ceux qui le veulent de le pratiquer ? Il y a de nombreuses façons de répondre à cette problématique : remise en cause de la division du travail, des privilèges des médias dominants, du capitalisme, du mode d’aliénation qui en découle, etc.
      Mais si on se contente d’analyser le système sans se poser la question de quelle presse on veut, on ne dépassera jamais le stade des Calimeros qui ronchonchonent dans leur monde injuste. Donc, non, on ne s’en fout pas des « Comment assurer ».

      Tiens, Serge Halimi en parle dans son dernier édito :
      http://www.monde-diplomatique.fr/2012/10/HALIMI/48240

    • Merci @yohooo.

      1. Justement, sur ce message précis, mon sujet est la « taxe Google » prenant la forme d’une extension des droits d’auteurs. Et en l’occurence, comme à chaque fois qu’on est confronté à des acteurs de la mafia du copyright, les arguments « nobles » (faire vivre une presse de qualité, la pluralité, etc.) sont à bannir absolument de la discussion, parce que ces gens sont de toute façon des escrocs. Donc la question de « faire vivre » une presse de qualité et tout ça, je pense que ça n’est pas directement le moment, parce que sinon on retombe toujours dans les arguments de la mafia d’en face.

      Je le dis dans ma première phrase : la question de « comment financer une presse de qualité », ici je m’en fous. Ce que j’aimerais qu’on rappelle ici, c’est que cette proposition de la presse est antagonique avec la liberté d’expression, et que c’est à chaque fois comme ça avec la presse (qui est donc toujours dans le camp ennemi, ici la mafia du copyright).

      2. L’exemple du reportage de guerre me semble, justement, le pire contre-exemple qu’on puisse choisir pour défendre une presse professionnelle. Si, même, on parvient à trouver quelques journalistes de qualité, il faut bien constater qu’il faut, dans le système capitaliste, mettre 1000 crétins pour sortir 1 info.

      Et surtout : justement, l’information de guerre est très très très largement fournie par des intervenants qui sont :
      – les armées en conflit,
      – tous les services des gouvernements concernés de près ou de loin,
      – les « activistes » sur le terrain (avec aujourd’hui des vidéos sur Youtube, des « témoignages » sur Facebook, etc.).

      Les infos et les images « sorties » par des reporters de guerre sont très très peu nombreuses. Et les « reporters » qui consacrent beaucoup de temps à un sujet ne publient généralement pas leurs infos dans « la presse », mais sur d’autres supports. La presse n’est pas le support privilégié des grandes enquêtes.

      De plus, historiquement, confier les journaux à des « journalistes professionnels » est une évolution très récente. Aucune plume connue n’a jamais étudié dans une école de journaliste et, si on veut retrouver les grands « journalistes » qui ont eu un impact, par leur témoignage, sur les conflits, ils n’étaient généralement pas journalistes, mais écrivains ou intellectuels (donc, exactement ce qu’on dénonce comme impossible : des gens qui ont un autre métier).

      2b. Et je le répète, parce que vraiment c’est un piège logique systématique : il ne s’agit pas d’opposer « les blogueurs » isolés et amateurs aux journaux. L’information n’est déjà pas produite par les journaux (mais par les gouvernements, les institutions, les associations plus ou moins professionnelles, les entreprises…). Je répète, Chomsky a donné des chiffres depuis plus de 20 ans, et ils sont très clairs : l’information n’est pas produite par les journalistes, mais par des sources auxquelles ont totalement accès « les blogueurs » et, surtout, des sources qui peuvent déjà directement diffuser leur contenu. Les associations font déjà un travail incroyable, et rien n’interdit de participer à des associations qui fabriquent du contenu pertinent et peuvent désormais le diffuser à grande échelle. Sur tout sujet sérieux, les sources aujourd’hui sont les associations militantes, les universitaires engagés, les médias alternatifs… Si tu veux causer des pauvres, et abandonnés, de ceux qui ont du mal à s’exprimer, à se connecter, etc., tu peux bien compter qu’il y a des associations qui sont parfaitement capables de transmettre un message à leur sujet ; et cela sans doute bien plus efficacement que le désintérêt total des journaux pour les pauvres déconnectés.

      3. OK, mais j’ai milité pour l’expression publique (de qualité, évidemment) des citoyens sur l’internet depuis 15 ans. J’ai fait les premières versions de SPIP, avec uZine comme démonstration, dans le but justement de faire un système de travail éditorial collectif (pas juste un machin technique, mais un outil qui promeut certaines formes de travail éditorial collaboratif), en pensant que c’est la collaboration qui permet de faire progresser tout le monde et de dépasser les limites du site individuel. Et Seenthis est à nouveau conçu dans une optique éditoriale similaire : pas pour que chacun fasse son petit personal branding dans son coin, mais pour qu’un travail collectif/collaboratif se mette en place pour favoriser la qualité.

      Donc, non, je ne crois pas être à ronchonner sans rien proposer. Et sinon, ça tombe bien, je trouve l’article de Halimi particulièrement à côté de la plaque (ou « ronchon », si tu veux).

    • L’information n’est déjà pas produite par les journaux (mais par les gouvernements, les institutions, les associations plus ou moins professionnelles, les entreprises…). Je répète, Chomsky a donné des chiffres depuis plus de 20 ans, et ils sont très clairs : l’information n’est pas produite par les journalistes, mais par des sources auxquelles ont totalement accès

      C’est une évidence que les sources sont accessibles aux non-journalistes (en dehors de quelques points spécifiques). Les journalistes n’ont pas un super pouvoir qui ferait qu’ils peuvent par magie avoir accès à des choses cachées. En revanche, ils peuvent obtenir un budget pour suivre une affaire, et de manière plus générale, dans la mesure ou c’est leur métier, ils ont — théoriquement, je ne dis pas du tout que c’est comme ça que ça se passe — le temps de suivre et travailler leurs sujets.

      Quand on parle de « journalistes professionnels » ce n’est pas des gens qui ont fait des écoles de journalistes. Ce sont des journalistes c’est à dire des gens dont le gros des revenus vient de ce travail (c’est la définition officielle).
      Que les gars soient par ailleurs écrivains, ou autre n’a pas vraiment de rapport et il n’est pas très étonnant que des gens qui ont fait autre chose soient davantage compétents. Il n’y a rien d’incroyable à faire ce boulot : il faut juste du temps (ce qui implique aussi de développer un réseau de contacts, et que les gens répondent globalement bien plus facilement quand on est journaliste que quand on ne l’est pas). Or, comme tout, quand on est payé pour faire quelque chose, on a plus de temps pour cela que quand c’est fait « à côté ». Et au final, avoir plus de temps ne garantit pas de faire mieux, mais ça aide, quand même. Évidemment, quelqu’un qui disposerait d’un temps et de crédits aussi sinon plus important ferait de fait le même travail.
      Mais je vois peu d’enquêtes, de reportage dans les textes « amateurs » : j’y vois surtout de l’analyse, et des billets d’humeur. Là dessus, les journalistes n’ont pas d’avantage particulier.

    • Toujours cette façon de changer de sujet quand on argumente…

      – Les gouvernements, les agences internationales, les associations, les think tank, les syndicats, les entreprises… ne produisent pas « des sources ». Elles produisent de la vraie information et sont parfaitement capables d’être claires, lisibles et sont désormais parfaitement capables de se diffuser. Dire que « les sources » sont accessibles, c’est une manière d’affirmer qu’il faut des professionnels pour diffuser et rendre compréhensible cette information. C’est faux. Certes quand il s’agit de dossiers, il faut parfois se les fader, mais c’est toujours complété par des communiqués de presse parfaitement lisibles et clairs. C’est même pour ça que les journalistes fâchés avec la logique et les chiffres parviennent à les comprendre (ce sont souvent des « produits finis » qu’il suffit de recopier).

      – En permanence on oppose à mes arguments l’idée qu’il faut des compétences (donc métier), qu’on ne peut pas laisser faire le journalisme par des gens qui gagnent leur vie par ailleurs (ce qui serait mal, genre bobo dilettante)… et pour finir la seule alternative au journalisme salarié par des entreprises, ce serait le blogueur. Alors quand je dis que l’information est déjà produite en dehors des entreprises de presse, largement par des gens qui ne sont pas des journalistes professionnels, que les grands noms qu’on cite, même dans le cas du journalisme de guerre ce sont bien des gens qui ont une activité par ailleurs, je ne vois pas l’intérêt de me rétorquer que c’est évident.

      C’est comme si, à quelqu’un qui affirmerait qu’on peut produire de l’excellente musique en dehors des maisons de disque, on prétendait que la seule alternative aux maisons de disque, c’est Mimi dans sa fanfare. Mais vraiment : en dehors du modèle de la presse capitaliste, il y a déjà tout un monde produisant une quantité phénoménale d’information, qui ne se résume vraiment pas au « petit blogueur qui fait du commentaire ». Et c’est déjà, pour l’essentiel, ce monde hors-presse qui produit l’information qui est ensuite recyclée par la presse.

      – Et retour au grand reportage. Je réitère mes remarques : le support privilégié du reportage de longue haleine n’est pas la presse papier ; d’où viennent sérieusement les informations concernant la Libye, la Tunisie, la Syrie, l’Irak… ? Pourquoi toujours caricaturer que ce type d’information ne peut pas être produite par « les blogueurs », alors qu’elle est déjà entièrement produite en dehors des entreprises de presse (témoins, activistes, etc connecté à Youtube et Skype… forces en présence, gouvernements impliqués…). Sur ces grands événements, qui représentent une sorte d’idéal de la mission journalistique, en pratique quasiment rien n’est produit par les journalistes des entreprises de presse.

    • On parlait de grands principes. On s’interrogeait sur les notions de liberté : de la presse ou d’expression, disions-nous. Et, soudain, tout semble réduit à un seul problème : comment gagner encore de l’argent quand on est patron ou employé d’un média ?

      Soit ! C’est une question importante pour les employés de journaux. C’est la même question qui préoccupe les employés de toute entreprise. Celle, identique, qui conduit des syndicats à défendre les intérêts des employés d’industries ultra-polluantes. Oui, la question de leur survie économique est importante. Mais, non, elle n’a strictement aucun rapport avec les grands principes de notre vie en société. Dans l’exemple des industries polluantes, ces principes nous dictent de les fermer pour les remplacer par d’autres plus écologiques, tandis que les intérêts des employées de ces mêmes industries dictent l’exact contraire.

      La question de la survie professionnelle des employés de presse est donc une question importante, pour eux. Mais elle ne doit pas être confondue avec la réflexion de tout citoyen sur les notions de libertés et autres grandes idées.

      #employé_de_presse

    • Je change pas de sujet ? Il me semblait que celui-là occupait une bonne part de ta dernière intervention…

      — les institutions que tu cite et qui produisent de l’information sont accessibles mais de fait, personne ne les cite directement, parce qu’il reste généralement plus facile et plus digeste de citer une source de seconde main mais qui résume, avec éventuellement quelques réactions et idéalement un peu de contexte, le propos. Pas forcément des journaux en l’occurence parce que digérer des communiqués et des rapports n’est clairement pas la spécialités des journaux vu qu’il y a toujours des gens plus compétents sur le sujet. Il faut tout de même partir du principe que la presse généraliste ne s’adresse pas aux spécialistes des sujets qu’elle aborde, qui connaissent nécessairement mieux ceux-ci que les pauvres scribouillards qui les traitent. Il est évident que tu es plus compétent sur le Liban que la plupart des journalistes français, et @stephane plus informé sur les questions techniques liées à Internet que la plupart des journalistes spécialisés sur ce sujet.

      — Je répète ce que j’ai dit à plusieurs reprises plus haut : il ne s’agit pas de compétence (sinon peut-être en écriture, parce que les rapports, en général, bon…) mais de temps et de possibilités. Quand je parlais d’évidence c’était quand tu parlais de sources ; si tu parle de l’information qui arrive au bout du tuyau, c’est autre chose. Les non-journalistes payés pour faire des reportages de guerre ou autre chose (le reportage de guerre, comme tu le signales très justement n’est pas forcément, aujourd’hui, le terrain d’exercice privilégié de ce pauvre métier) sont justement rémunérés pour passer un certain temps à le faire. Ou d’une manière ou d’une autre, trouvent ce temps là et les ressources qui vont avec ; ce qui revient au même.

      — On peut produire de l’excellente musique en dehors de toute rémunération, faire des films etc. Mais c’est tout de même plus facile de faire un disque ou un film (notamment un film barré) avec un minimum de fonds. C’est largement de cela qu’il est question ici ; et cela rejoint la question de la taxe Google.

      — Revenons donc au grand reportage. Les informations qui proviennent des belligérant ne sont pas des grands reportages. Ici, où les guerres du Proche-Orient sont un sujet majeur, et où les gens qui sélectionnent les sources sont quasiment tous gauchistes et anti-médias de masse, quelles sont les sources ? Dans ton cas, entre The angry arab et Le Akhbar, le premier travaillant pour le second, deux des sources majeures sont déjà largement journalistiques.

      Sur ces grands événements, qui représentent une sorte d’idéal de la mission journalistique, en pratique quasiment rien n’est produit par les journalistes des entreprises de presse.

      Et pourtant, de fait, ce sont les articles des journaux qu’on lit et qu’on partage, parce qu’ils établissent une synthèse entre ces différents éléments, avec un biais globalement connu des lecteurs (on parle de presse écrite).
      Par ailleurs, tu parle d’évènements incontournables comme les guerres, mais, même si on peut regretter qu’il y en ai si peu, les productions journalistiques les plus intéressantes sont justement des constructions où l’auteur va chercher un sujet qui a priori n’est pas évident, et donc pas événementiel, prendre le temps de tourner autour, d’interroger les principaux concernés, de se déplacer là ou il a lieu. Ce n’est pas la norme mais ça existe. Que la plupart des journaux soient nuls et constellés de merde, c’est un fait (comme en effet la plupart de la musique et du cinéma commerciaux). Mais dans tous, il y a d’excellents articles… aussi.

      Par ailleurs, on fait ici comme si seul le travail des journalistes avait un sens dans la presse. Mais il y a autant de maquettistes, de correcteurs, de photographes (il en reste tout de même quelques uns) que de journalistes, et leur travail n’est pas non plus négligeable (dans le sens qu’il peut, quand les conditions sont réunies, permettre qu’une enquête soit vraiment chouette à lire). On peut penser que l’environnement de lecture, l’orthographe, n’ont qu’une importance seconde… mais on peut aussi penser l’inverse.

    • a y est tout lu, par rapport à ce que disait @arno sur #seenthis et la collaboration, well, ça se voit bien ici ; ce que j’apprécie particulièrement c’est la capacité à tirer n’importe quel sujet vers le point de vue de la totalité et la question de l’échange de #valeurs. Le problème du #journalisme, au-delà de la #lex-google, c’est le problème du #travail en général en somme, comme le suggérait @raphael. Fenêtre privilégiée puisqu’il en va des mots employés, du langage en général et de l’humanité médiatisée. Ainsi, de tag en tag, s’élabore la #critique ; #seenthis_c_est_bon_mangez_en


  • phpliteadmin - PHP-based admin tool to manage SQLite databases - Google Project Hosting
    http://code.google.com/p/phpliteadmin

    phpLiteAdmin is a web-based #SQLite database #admin tool written in #PHP with support for SQLite2 and SQLite3. Following in the spirit of the flat-file system used by SQLite, phpLiteAdmin consists of a single source file, phpliteadmin.php, that is dropped into a directory on a server and then visited in a browser.

    Premières impressions après quelques essais avec #SPIP3 et ses bases SQLite :

    + installation simple : fichier à la racine, l’éditer et changer 2 variables sous la ligne 35 : $password = « blabli » ; et $subdirectories = true ; => appeler le fichier, il scanne l’arborescence (vu sur mutu SPIP ;-) ), demande le mot de passe et zou...
    + édition de la base sqlite : OK

    – export SQL pas utilisable pour réinjecter en MySQL avec phpmyadmin ;
    – import/export en général, rien n’a abouti. C’est chatouilleux ces formats.


  • Typographie en mouvement sur France Culture - pointypo–
    http://www.pointypo.com/evenements/typographie-en-mouvement-sur-france-culture

    Il a suffi d’un lien sur Seenthis à propos de l’ouverture du pointypo, pour que je me retrouve invitée à parler typogra­phie sur les ondes de France Culture en compa­gnie de Geoffrey Dorne et Frank Adebiaye et de la charmante et dynamique équipe de l’émission Place de la Toile.

    Diffu­sion samedi prochain 18h10 sur France Culture, en écoute sur le site ensuite !

    Le billet mentionné :
    http://seenthis.net/messages/59919

    #seenthis_c_est_bon_mangez_en


  • « Les gens qui sont sans cesse interrompus »
    http://didierlestrade.blogspot.com/2012/01/la-grisaille.html

    Dans le New York Times du 13 janvier dernier, il y avait un superbe article de Susan Cain qui racontait que cette solitude est absolument nécessaire pour créer et imaginer de nouvelles #idées. Or, toute la culture moderne est basée sur le New #Groupthink, le fait de faire des #réunions sans arrêt, de travailler dans des espaces communs, de partager. C’est pourtant dans la #solitude du #jardin que l’on trouve ses meilleures idées et tous les concepteurs geeks aiment travailler seuls, chez eux, loin du brouhaha des réunions incessantes et du brainstorming. Les gens qui sont sans cesse interrompus dans leur #travail font deux fois plus d’erreurs que les autres et mettent deux fois plus de temps pour finir leur travail.


  • #SOPAblackout #J18 - EFF aujourd’hui : https://www.eff.org/#censored Mais c’est le blackout Wikipedia (https://wikimediafoundation.org/wiki/SOPA/Blackoutpage) qui fait le plus parler de lui, surtout auprès des lycéens américains mal informés, qui découvrent qu’ils ne peuvent pas faire leurs devoirs (WTF Wikipedia en trending topic sur Twitter). Pendant ce temps les journalistes du #Guardian s’amusent bien : ils ont conçu un live-blogging pour répondre aux internautes en manque de vérifications encyclopédiques (ils utilisent la Britannica) voir http://www.guardian.co.uk/technology/blog/2012/jan/18/guardipedia-we-answer-your-questions-during-wikipedia-blackout-live?fb=n ; et Jonathan Jones, un des rédacteurs, se félicite même de la fermeture temporaire du site comme d’une manière d’apprendre à nouveau à réfléchir et chercher ses infos, au lieu d’une requête prémâchée : http://www.guardian.co.uk/artanddesign/jonathanjonesblog/2012/jan/18/wikipedia-blackout-good-news-art-lovers
    et pendant ce temps les pétitions continuent : http://blacklist.eff.org
    Le vote est prévu le 24 janvier 2012 pour la #PIPA (Protect Intellectual Property Act ; un autre versant de la lutte anti-piratage) alors que les discussions autour de la #SOPA doivent se tenir en février.
    Voir les explications chez Reddit, un des moteurs du mouvement : http://www.reddit.com

    Les deux dispositifs incluent la possibilité d’un filtrage DNS, actuellement proche d’être abandonné, mais surtout des dispositions qui permettraient des poursuites contre les sites donnant les moyens du contournement de la censure, ce qui pourrait viser des outils comme les VPN et TOR.

    Les internautes du monde entier sont concernés, car les Etats-Unis peuvent solliciter une extradition sur la base d’une suspicion de non respect des lois sur le copyright (c’est déjà le cas, là : http://www.lemonde.fr/technologies/article/2012/01/16/telechargement-un-etudiant-britannique-pourrait-etre-extrade-aux-etats-unis_) ; plus généralement le risque d’un filtrage « nationalisé » du web est de plus en plus présent sans égard envers la nature transfrontalière par excellence de la circulation du savoir, et la SOPA comme la PIPA pourraient donner des idées à d’autres pays, par exemple dans le cadre des négociations ACTA (cf. : http://www.laquadrature.net/fr/ACTA)

    Les chats ne sont pas d’accord : http://memegenerator.net/instance/13321502

    Mais plus sérieusement, les manifestations contre la SOPA et la PIPA sont (pt-être ??) parmi les plus importantes, en la matière, qu’Internet aient connu depuis le Communications Decency Act de 1996 - visible sur ce joli document historique : http://old.cdt.org/speech/cda/960203_48hrs_alert.html

    Pour un article plus complet, lire Hubert Guillaud sur InternetActu : http://www.internetactu.net/2012/01/18/pourquoi-devons-nous-arreter-la-sopa-et-la-pipa
    qui reprend notamment la position de la très médiatique chercheuse Danah Boyd, qui tente une différenciation subtile entre « bon » et « mauvais » piratage, d’un côté le partage des savoirs qui aide au décloisonnement social, et d’un autre le piratage mercantile et commercial qui vise en particulier le marché des logiciels.
    (Danah Boyd travaille dans une unité de recherche Microsoft, NDLR, ce qui explique peut-être une partie de sa position).

    • merci @diane0sysop

      #seenthis_c_est_bon_mangez_en

      + PirateBay
      https://static.thepiratebay.org/legal/sopa.txt

      And the funny part is that our rules are very similar to the founding ideas of the USA. We fight for freedom of speech. We see all people as equal. We believe that the public, not the elite, should rule the nation. We believe that laws should be created to serve the public, not the rich corporations.

      The Pirate Bay is truly an international community. The team is spread all over the globe - but we’ve stayed out of the USA. We have Swedish roots and a swedish friend said this: The word SOPA means “trash” in Swedish. The word PIPA means “a pipe” in Swedish. This is of course not a coincidence. They want to make the internet inte a one way pipe, with them at the top, shoving trash through the pipe down to the rest of us obedient consumers.The public opinion on this matter is clear. Ask anyone on the street and you’ll learn that noone wants to be fed with trash. Why the US government want the american people to be fed with trash is beyond our imagination but we hope that you will stop them, before we all drown.

      Some facts (years, dates) are probably wrong in this press release. The reason is that we can’t access this information when Wikipedia is blacked out. Because of pressure from our failing competitors. We’re sorry for that.

      THE PIRATE BAY, (K)2012

      http://seenthis.net/messages/52550







  • Ray Kurzweill & transhumanisme - Tracks - Arte.tv
    http://videos.arte.tv/fr/videos/tracks-4147068.html

    Façon de célébrer la récente intégration du player d’Arte ici-même sur #Seenthis

    Écouté par Bill Gates comme à la Maison blanche, Ray Kurzweill affirme qu’en 2045 naîtra un homme 2.0., remodelé par les nanotechnologies et promis à l’immortalité. Ce scientifique devenu gourou en Californie a créé l’université de la « Singularité » pour préparer la nouvelle ère du « transhumanisme ».
    Tracks visite le chantier de l’homme de demain en sillonnant la côte Ouest ou la Silicon Valley. Après un portrait du prophète Kurzweil, rencontre avec son apôtre Aubrey de Grey, informaticien et biologiste qui travaille à inverser les processus du vieillissement ; avec les biohackers qui bricolent nos ADN en marge des labos officiels ; et avec les jeunes chercheurs de la Mars Society, venus du monde entier sous l’égide de la NASA préparer la colonisation de la planète rouge dans le désert de l’Utah.










  • Recommandations - SeenThis
    http://seenthis.net/français/mentions/article/recommandations

    Seenthis est un service naissant. Il s’agit d’une très petite structure, dotée de moyens financiers et techniques limités. Une partie de ses fonctionnalités sont encore en cours de développement.

    Son bon fonctionnement repose donc largement sur la patience et la bonne volonté des premiers utilisateurs.

    Je n’avais jamais fait attention à cette page en bas. J’aime.