• #ADN : le #séquençage bientôt pour tous
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article1691
    La #HighTech au service des #instruments médicaux

    Les avancées en #médecine ont toujours, et à travers toutes les #époques , poussé les #chercheurs aux efforts pour réduire les #souffrances et anéantir les #maladies . Arrive donc, dès les années 70, ce qui est assez récent par rapport à #Hippocrate , le #décodage de l’ADN… En #2013 , il est déjà incontournable, dans certains #établissements hospitaliers pour la #précision de #diagnostiques ...



  • Live and let die - De l’O2 dans le gaz
    http://delo2danslegaz.eklablog.com/live-and-let-die-a57528651

    Un lit. Un bien grand lit pour une si petite chose, édentée et chauve, recroquevillée sur son funeste sort dans d’imperceptibles soubresauts. A côté, étendue sur la table, l’immensité de la médecine impuissante en seringues inutiles et fioles dérisoires. Et devant ce triste bordel deux blouses blanches, circonspectes, aux tempes grises et à la mine abattue. Je me revois encore, perplexe, écouter la longue litanie monocorde de circonstance tout en tripatouillant discrètement mon petit secret de verre.

    – Et vous avez pensé à essayer la petite poudre, à un moment ? Parce que là, franchement…

    – Oui, bien sûr. On la dit bien efficace, cette poudre. Personnellement, je ne l’ai jamais utilisée. Ce serait pas mal, mais apparemment il est assez difficile de s’en procurer. Nous avons passé commande auprès de la pharmacie, nous en disposerons d’ici à une semaine.

    Une semaine de plus ? Je te jure.

    – Tenez, la voilà, dis-je à l’infirmière qui se ranime d’un coup à la vue du sésame ancestral.

    – Enfin les choses sérieuses ! Qu’elle ajoute en filant préparer la potion avec cette voix de rogomme qu’ont ces vieilles rombières séculaires au cuir si épais.

    Je suis gêné. Je le connais à peine, ce médecin.

    – Vous êtes bien certains de vouloir tenter le coup ? Parce qu’il va y avoir une apnée transitoire. Qui peut être longue. Et qu’il faudra probablement respecter, à mon sens.

    – ... Longue, vraiment ?

    – Assez. Suffisamment. Êtes-vous prêts, vraiment ?

    – … On n’a plus tellement le choix. Vas-y.

    [...]

    J’ai traîné mon dégoût quelques jours puis j’ai recroisé mon comparse d’un jour, à l’internat. Entre la poire et le dessert. Entourés de spectateurs dubitatifs et de commentateurs distants. On a causé. De ce moment, de ma tourmente. De son malaise. Du mien. De comment les gens autour ont perçu les choses. De nos vues du problème, de nos façons de faire. Sans pour autant être d’accord, nous avons pourtant convenu qu’on rejouerais la pièce différemment, si c’était à refaire.

    Quand ce sera à refaire.

    On cause beaucoup de ces choses-là, partout, tout le temps. Tout le monde. Sans vraiment savoir, en fait. Bientôt, il y aura peut-être bien de nouvelles lois pour ça. Pour éviter le pire. Pour cadrer l’humanité.

    #euthanasie #souffrance


  • Quand Renault anticipait le suicide de ses cadres accusés à tort d’espionnage - Économie - France Info
    http://www.franceinfo.fr/economie/quand-renault-anticipait-le-suicide-de-ses-cadres-accuses-a-tort-d-espion

    Ce sont des documents très embarrassants pour Renault, que révèlent France Info et France Inter : un échange de mails au sein du service communication du constructeur, au moment où a éclaté, en janvier 2011, la fausse affaire d’espionnage qui avait conduit au licenciement de trois cadres, trois salariés accusés à tort et sans preuve tangible. A ce moment-là, Renault avait prévu de communiquer sur le possible suicide de ces cadres.

    quel monde !

    #souffrance_au_travail #cynisme #business

    • « Merci de demander à Emmanuelle de travailler sur une déclaration à utiliser en interne et externe au cas où l’un d’entre eux commettrait l’imparable [lapsus de F. De Grèves, qui, on l’imagine voulait écrire » irréparable « , NDLR]. Ca serait sur le thème, nous sommes abasourdis et nous avions pris les dispositions médico-psychologiques pour les trois individus. »

      Le problème, au-delà du cynisme de la démarche, c’est que Renault n’aurait peut-être pas proposé d’assistance médico-psychologique à ses salariés. « Elle était prête », mais elle n’a pas été proposée reconnaît-on dans l’entourage de la direction. Ce que relate dans un mail la collaboratrice qui va rédiger la déclaration « prête à diffuser » en cas de suicide. Elle envoie ce message à Frédérique Le Grèves le 11 janvier à 16h46 :

      « Caroline m’avait bien mentionné l’assistance médico-psychologique proposée aux trois personnes. Cependant, si nous commençons à donner cet élément, ça donne l’impression qu’on se justifie et cela risque d’appeler pas mal de questions sur la nature de cette aide (...) ».

    • Et la direction n’y trouve rien à redire

      « On est un entreprise du CAC 40, on travaille sur toutes les possibilités, y compris les pires scénarios », explique le responsable. « Frédérique Le Grèves a fait son travail de directrice de la communication en envisageant toutes les hypothèses ».


  • Face à la violence scolaire, la pédagogie ?
    http://www.huffingtonpost.fr/beatrice-mabilonbonfils/violence-scolaire_b_1902905.html

    Notre École est en souffrance : à la souffrance des enseignants en doute dans la construction incertaine de leur professionnalité répond celle - plus invisible, moins étudiée- des élèves. Cette invisibilisation de la souffrance scolaire des élèves tient à son caractère probablement socialement inédit, renvoyant à l’incapacité de l’Ecole à fonder un ordre opérationnel compatible avec les mutations sociales contemporaines. Elle tient aussi à l’illégitimité sociale de son expression pour la génération-massifiée-de-l’égalité-des-chances. Elle tient enfin à la laïcité interprétée comme séparation stricte entre sphère publique et sphère privée.
    Sous l’enjeu des mots et du vocabulaire, se joue une histoire scolaire construite autour du déni de la question politique et qui rabat sur les sujets individuels des problèmes qu’on renonce à traiter collectivement.
    […] Ne pouvant occuper la place qui leur est assignée par le « désir de l’institution », [les élèves] ne cherchent donc que la confirmation de leur rejet. Il convient alors de se demander comment l’élève d’aujourd’hui peut essayer de se maintenir en vie en tant que sujet désirant, non pas seulement sujet aliéné, dans l’institution/organisation scolaire et ce faisant, comment il entrerait en collusion avec « les désirs de l’École ».
    […] Peut-on dire que la guerre est déclarée non plus à l’échec scolaire mais aux élèves en échec, formidable violence institutionnelle fonctionnant à la ségrégation, à la sanction, à l’exclusion et à la responsabilisation individuelle ? Le déclin de la discipline scolaire au profit de l’injonction d’autonomie est porteur de nouvelles exigences pour le sujet. Chacun est sommé de prendre en charge lui-même des problèmes qui relevaient hier de l’action ; chacun est sommé de réussir et ses échecs renvoient à ses qualités intrinsèques.
    […] Enfin dans l’École, l’élève est soumis à des injonctions paradoxales : les programmes d’éducation à la citoyenneté prônent la solidarité, l’entraide, l’égalité, la coopération , l’intérêt général, l’acceptation de l’Autre et le fonctionnement pratique de l’école requiert la compétition individuelle, encourage la réussite individuelle, pratique l’évaluation à outrance, la hiérarchisation des élèves, des séries, des établissements, accepte la ségrégation, parfois l’humiliation, le rejet de l’altérité.

    #éducation #école #violence #souffrance #échec_scolaire #institution


  • La refondation et la souffrance des enseignants (Educavox)
    http://www.educavox.fr/actualite/debats/article/la-refondation-et-la-souffrance

    Les cinq années qui ont suivi, 2007/2012, ont été catastrophiques. Une accumulation de mesures imposées, une culture du résultat apparent, une superposition de tâches paperassières dont personne ne comprenait l’utilité, un développement organisé de l’autoritarisme avec prolifération des injonctions et des exigences immédiates, avec un système de primes et de sanctions sans précédent, des animations pédagogiques fortement contestées, un encadrement dont les nouvelles promotions ont été rigoureusement formatées, lui-même oppressé, les contrôles incessants, tout a été conçu et mis en place pour détruire l’école. La seule mesure susceptible de donner un peu de bonne conscience aux décideurs et aux exécutants a été l’aide individualisée, qui n’a rien coûté, qui n’a fait l’objet d’aucune réflexion collective qui est condamnée par tous les spécialistes, de tous les bords politique, et qui est « vomie » par tous les enseignants selon une expression trouvée dans le rapport Debarbieux/Fotinos.

    #éducation #enseignants #souffrance_au_travail


  • Pourquoi les enseignants démissionnent-ils ? (RIRE)
    http://rire.ctreq.qc.ca/2012/09/pourquoi-les-enseignants-demissionnent-ils

    L’étude met en évidence un certain nombre de facteurs ayant poussé les enseignants participants à quitter leur emploi. Ces derniers ont mentionné surtout des causes en lien avec les conditions d’exercice de leur profession. Notons en exemple :
    – la gestion de classe difficile
    – la précarité du travail
    – les relations avec les collègues
    – la charge de travail
    – le manque de soutien offert par la direction
    – la faible valorisation de la profession
    À différents niveaux, ces éléments pourraient tous être en cause dans le choix de quitter la profession enseignante. De plus, les résultats de la recherche ont permis de constater que les participants n’avaient pas l’impression, dans le cadre de leur travail, de satisfaire leurs besoins psychologiques et fondamentaux.

    #éducation #enseignants #démission #souffrance_au_travail


  • Suicides à France Télécom : l’entreprise mise en examen pour harcèlement moral
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/07/04/suicides-a-france-telecom-didier-lombard-mis-en-examen-pour-harcelement-mora

    Le groupe France Télécom, en tant que personne morale, a été mis en examen vendredi 6 juillet dans l’enquête sur la vague de suicides en 2008 et 2009 chez l’opérateur, a indiqué son avocate, Me Claudia Chemarin. Il s’agit de la première mise en examen pour ce chef d’accusation d’une entreprise du CAC 40.

    Jeudi, l’ex-numéro deux du groupe, Louis-Pierre Wenes, et l’ancien directeur des ressources humaines, Olivier Barberot, ont été mis en examen et placés sous contrôle judiciaire avec à la clé une caution de 75 000 euros.

    L’ancien patron du groupe, Didier Lombard, à la tête de France Télécom de 2005 à 2010, avait été le premier dirigeant à être mis en examen mercredi, le cautionnement ayant été fixé pour lui à 100 000 euros.

    #souffrance_au_travail #harcèlement_moral #justice


  • Violences faites aux enfants | mémoires traumatiques et victimologie
    http://memoiretraumatique.org/memoire-traumatique-et-violences/violences-faites-aux-enfants.html

    La #famille est le lieu où s’exercent la grande majorité des violences envers les #enfants et la quasi totalité des homicides d’enfants.
    Selon les statistiques (Observatoire National de la Délinquance, 2010, par le 119, numéro d’appel pour les enfants en danger) les auteurs des violences sont très majoritairement les parents, les pères pour les violences sexuelles (81,6% des auteurs), les mères pour les négligences graves et les conditions d’éducation défaillantes (en sachant que les enfants sont le plus souvent avec leur mère), et les violences graves sont également partagées. En toute impunité, la famille peut se révéler comme une des pires zones de non-droit, et se transformer en un véritable système totalitaire où tous les droits fondamentaux des enfants peuvent être bafoués, où il est possible de commettre des crimes et des délits inconcevables sur des personnes sans défense, totalement dépendantes, et privées de liberté. L’enfant est encore trop souvent considéré comme la propriété de ses parents auxquels il doit respect et obéissance quoi qu’il arrive.

    C’est à peu près le même constat pour les #violences faites aux femmes : loin de l’image dominante du prédateur extérieur qui rode, de la mauvaise rencontre, l’écrasante majorité des actes violents est le fait de proches de la victime : conjoint, famille, amis, collègues.

    Les symptômes psychotraumatiques qui traduisent une grande #souffrance des enfants et des adolescents et qui sont une preuve des violences subies, sont le plus souvent interprétés comme des problèmes de personnalité inhérents à l’enfant, à sa mauvaise volonté, son égoïsme, ses provocations, voire sa méchanceté et son caractère vicieux. Et plutôt que de relier ces troubles psychotraumatiques à des violences subies ou dont l’enfant a été le témoin, on va trouver de nombreuses rationalisations qui auront bon dos, telles que la crise d’adolescence, les mauvaises fréquentations, l’influence de la télévision, d’internet, etc., ou bien la faute à pas de chance : « mais qu’est-ce que j’ai bien pu faire pour avoir un enfant comme ça ? », voire même dans une inversion orwellienne particulièrement perverse : « on l’a trop pourri, gâté, c’est un enfant roi !! ». L’hérédité peut être aussi appelée à la rescousse : « il est comme… son père, son oncle, sa grand mère, etc », ainsi que la maladie mentale, d’origine génétique de préférence. C’est comme cela que les suicides des enfants et des adolescents, ou les jeux dangereux, comme celui du foulard, seront mis sur le compte d’une contagion ou de dépressions, les violences subies n’apparaissant presque jamais en tant que cause directe. Il est utile de rappeler que les premières causes de mortalité en France chez les moins de 25 ans sont les accidents et les suicides, et que ceux-ci sont très fortement corrélés à des violences subies.


  • PETITE ANNONCE : Cherche tortionnaire à temps plein, salaire élevé, expérience requise | Zemmour va pouvoir passer des paroles aux actes, sans se complaire dans l’assistanat de son nouveau statut de chômiste.
    http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/05/25/petite-annonce-cherche-tortionnaire-a-temps-plein-salaire-el
    Ah oui : ceci n’est pas une blague.

    « L’Ambassade de la diversité propose un poste de tortionnaire, salaire 16 000 à 21 000 livres, plein temps », pouvait-on lire. Proposée par un « gouvernement d’un Etat du Moyen-Orient », l’annonce précisait qu’il s’agissait de « travailler au sein d’une prison moderne ». « Notre candidat idéal doit savoir infliger des douleurs extrêmes et de la #souffrance », précisait la petite annonce, ajoutant qu’"une bonne pratique des équipements médicaux et dentaires ainsi qu’une grande connaissance de l’anatomie sont demandées".


  • La souffrance du lepéniste
    Les mots sont importants (lmsi.net)
    http://lmsi.net/La-souffrance-du-lepeniste
    un texte excellent sur un site essentiel

    Ce que François Hollande devrait dire, mais ne dira sans doute pas
    par Pierre Tevanian, 30 avril

    C’est entendu : l’électeur lepéniste souffre. De Rachida Dati à Ségolène Royal, De Hollande à Sarkozy, tout le monde le dit, partout : la France qui vote FN, c’est la France qui souffre, et il faut entendre cette souffrance. Et en un sens c’est vrai...

    /.../

    #racisme #souffrance #Lepen #FN #lmsi #election


  • Pour un pacte national de lutte contre l’échec scolaire (AFEV)
    http://www.pacteechecscolaire.org

    Au-delà des chiffres, c’est une réalité très difficile que vivent, dans leur rapport à l’#école, des milliers d’#enfants et leur famille, et dans une autre mesure les enseignants eux-mêmes. Notre système scolaire est en effet caractérisé par une forte pression sur les élèves et leurs parents et par une compétition qui créent de la #souffrance et nuisent à son efficacité.
    Il faut passer d’un système de « sélection » à un modèle de « promotion », d’où chaque enfant, quelles que soient ses difficultés et ses appétences, pourra sortir avec la qualification et les compétences nécessaires à son futur parcours, avec un rapport confiant aux apprentissages et une image positive de soi.
    Ce ne sont pas des mesures, ni même des #réformes aussi audacieuses soient-elles, qui suffiront à redonner à l’#éducation son rôle premier et son efficacité. Il faut aujourd’hui définir ensemble le modèle éducatif que nous souhaitons pour la société française.

    1. En finir avec l’amalgame effort et souffrance
    […] notre système a pour particularité de placer un nombre très important d’enfants en situation de souffrance, incompatible avec les exigences de l’apprentissage. Dévalorisation de soi, intériorisation de l’échec, violences des rapports avec les autres… […]
    2. Réinventer le collège unique
    […] Le #collège doit être repensé comme le prolongement de l’école primaire afin que chaque élève en sorte avec les compétences scolaires et culturelles nécessaires pour son futur parcours. […]
    3. Pour une orientation choisie en filière professionnelle
    L’enseignement professionnel [est] souvent vécue comme une injustice
    – l’élimination d’une trajectoire scolaire idéale –, l’orientation en « pro » a trop longtemps été envisagée comme une option par défaut réservée aux élèves « non qualifiés » pour les filières d’enseignement général.

    Les promoteurs de ce « pacte » a choisi la voie d’une médiatisation people via Libération, ce qui n’est pas bon signe… Pourtant, il s’agit d’une approche plus politique qu’il n’y paraît avec des propositions qui font sensées : éducation populaire, disparition des notes, prise en compte de la souffrance générée par l’école, priorité donnée à l’élève et à son parcours, importance de la place des familles, ambitions de « réinventer » le collège unique, l’orientation en filière professionnelle…
    L’#AFEV se revendique de l’éducation populaire et regroupe des étudiants qui interviennent en soutien scolaire dans les quartiers populaires.
    #éducation_populaire


  • « J’ai atteint mon objectif : faire cours » (Libération)
    http://www.liberation.fr/vous/01012366880-j-ai-atteint-mon-objectif-faire-cours

    Dans mon établissement, rien n’est jamais gagné. Il suffit d’être « moins en forme que d’habitude », ou d’une heure où l’on décide de faire une blague, et tout peut basculer à nouveau. Ce matin, j’ai été moins ferme, et Medhi, à 8 h 10, a clairement refusé de travailler, car il n’avait pas envie. Sébastien s’est levé sans autorisation à 8 h 20 pour aller faire un doigt d’honneur à Messhi, et une nouvelle élève est arrivée, que j’ai découvert dans le rang. J’ai beaucoup crié.

    Il y a aussi des parents qui nous touchent. Ceux qui disent « merci, merci, merci » en nous offrant des pâtisseries orientales, et qui, surtout, nous font confiance. Ceux qui disent : « Ah mais s’il t’emm…, tu le frappes fort, madame, très fort. »
    L’an dernier, un père m’a montré dans le bureau d’un CPE comment il fallait frapper son petit. J’ai aidé l’enfant à se relever. Quand je suis sortie du bureau, je me suis effondrée. J’étais sa prof principale, et c’est moi qui avais insisté lourdement pour que le père vienne me rencontrer pour parler du comportement, parfois insolent, de son enfant.

    Je note, je note, jusqu’à l’intervention du papa, où pendant quelques minutes, je n’ai plus pu rien écrire. Il pleure en disant à son fils : « Parle-moi. » La mère ne dit rien, mais il n’est pas difficile de lire dans ses yeux une incompréhension réelle de la situation (elle parle très peu le français) et une appréhension grandissante, car elle voit son mari les yeux pleins de larmes. Rémy nous explique qu’il a « des soucis d’argent ». […]
    La sentence tombe. Rémy est exclu définitivement. Il a 16 ans. Pour lui, l’école n’est plus obligatoire. Nous lui parlons de la mission d’insertion. J’ai le sentiment qu’il n’ira pas. Le père s’inquiète que son fils reste seul toute la journée, sans pouvoir aller au collège. J’ai la tête baissée sur mes cinq feuilles de notes, une boule dans la gorge qui ne passe pas.

    J’ai perdu patience. Je m’en veux. En criant sur S., je crois que j’ai aussi hurlé sur l’absence de préparation à ces situations-là, lorsque j’étais en formation. […] les situations personnelles, familiales, sociales et parfois même médicales, sont tellement particulières, que même si j’avais des fiches de travail miracles, cela n’y changerait pas grand-chose.

    #éducation #collège #souffrance


    • Alors qu’on demande à l’enseignement de corriger les tares d’une société en crise, comment les enseignants pourraient-ils affronter la difficulté d’une mission impossible au moment où ils sont les plus méprisés ? Ils sont beaucoup à avouer s’être trompés de métier. Dans le monde du fric et du toc, de l’inculture triomphante, il faut beaucoup de force ou d’illusion pour croire encore que l’#éducation des enfants peut être une vocation. Alors, peut-être les plus fragiles, pas les moins courageux, si les mots ont encore un sens, lancent-ils un dernier message avant leur mise à mort. Un ministre pourra soutenir que cela n’a pas de sens pour de pauvres raisons d’opportunité, sans savoir, sans réfléchir, juste en service commandé, et des journalistes de reprendre le refrain moderniste des résistances au changement. Dépolitiser, pour les uns, en ramenant le suicide à un fait singulier et pathologique ; politiser, pour les autres, en le rattachant au manque de courage ou de réalisme des faibles ; mais toujours déposséder les morts du sens de leur dernier geste. Une indécence si banale qu’elle se voit à peine.

      #enseignant #souffrance #sondage


  • Paroles pour l’école (ATD-Quart Monde France)
    http://www.atd-quartmonde.fr/parolespourlecole

    « Ma fille Morgane était en classe de SEGPA. On m’a appelé. Ils voulaient encore la descendre plus bas. J’ai pas voulu. Morgane déteste l’école, elle s’est toujours sentie inférieure aux autres. Les enfants de notre quartier, les « quartiers chauds », sont souvent ciblés. Chaque fois qu’il y a un problème, je me déplace. Je ne les laisse pas enfoncer mes enfants. La SEGPA, c’est déjà spécial, je me suis battue parce qu’ils voulaient que ma fille soit handicapée. Elle est restée en SEGPA puis a fait un CAP, elle a eu son CAP avec des bonnes notes. Et Morgane s’est débrouillée, elle ne sait pas lire alors elle est allée voir l’assistante sociale pour sa dyslexie, pour être aidée pour son examen. Elle a eu une reconnaissance MDPH pour sa dyslexie et a eu de l’aide. Elle aimerait bien lire. Dans ses stages, ça c’est toujours bien passé. Elle trouve des moyens de se débrouiller. »

    « Quand j’étais petit, j’étais dans le fond de la classe. Les profs, les élèves, ils n’avaient pas le même regard car nous étions « du voyage ». Quand tu rentres à l’école, dès que tu es annoncé comme gens du voyage, le regard il change : c’est un regard méprisant. Or la première chose que tu apprends quand tu rentres dans une école, c’est le regard. C’est pour ça que j’ai pas aimé l’école, à cause de ce regard. Quand t’es pas bien à l’école, tu peux pas bien travailler non plus. J’étais rejeté dans le fond de la classe, ça prouve que t’es pas accepté par le prof. Comme je me révoltais, j’étais à chaque fois viré de la classe. J’ai donc fait beaucoup d’écoles.
    Le bon souvenir, c’était dans une école – un centre de redressement – où il y avait plein d’enfants étrangers. Entre personnes de couleur on ne se sentait pas rejeté. Des fois les manouches éduqués ils apprenaient aux autres à lire et à écrire en venant dans le camp. »

    #éducation #échec_scolaire #témoignage #souffrance


  • L’acharnement évaluationniste qui gangrène l’école... (Educavox)
    http://www.educavox.fr/L-acharnement-evaluationniste-qui

    On a l’impression dans certains secteurs que tout est fait ou tenté pour rendre irréversibles les politiques imposées depuis 2007. Ceux qui en souffrent sont évidemment en bas de l’échelle et au pied du mur : les professeurs des écoles, écrasés par les tâches inutiles, désemparés face à la prolifération des injonctions, éberlués par la multiplication des usines à cases, empêchés de penser. […]
    Le pouvoir aura atteint quelques uns de ses objectifs implicites : moins de monde aux réunions d’information syndicale (même celles sur le temps de travail), passivité lors des animations pédagogiques, chahuts de potaches lors des conférences, absence dans les débats publics, même ceux programmés pour la promotion d’une autre école.
    Cette désaffection sera difficile à effacer. […]
    La plupart se réfugient dans leur classe, dans leur contact avec les élèves. On entend souvent cette déclaration : « Tout ça, je m’en f… Dans ma classe, avec mes élèves, je suis bien ». Même si l’on sait bien que c’est de moins en moins vrai, que les tensions au sein des classes s’accroissent, que les élèves sont de plus en plus « durs », on peut penser que les enseignants s’efforcent de les protéger de la folie du système, parfois en se repliant sur des pratiques fort anciennes qui leur permettent dans le même temps de se mettre à distance et d’avoir la paix avec les parents. […]
    Cette réalité pourrait être rassurante si les preuves de la gangrène qui tue les enfants ne se généralisaient. […] Condamnation d’un enfant de 3 ans. Effet Pygmalion garanti. […] Nous allons à la catastrophe et tout nous y pousse, du ministre aux inspecteurs davantage chargés de la propagande gouvernementale que de l’accompagnement des enseignants. […]
    Et force est de constater que la pensée ultra libérale qui stigmatise et transforme les victimes en coupables, qui s’appuie sur l’insensé pilotage par les résultats, n’a pas d’alternative proposée enthousiasmante, que les projets éducatifs en préparation pour 2012 fuient la question de l’ennui, celle du sens, celle du plaisir d’apprendre, celle du bonheur à l’école. On parle chiffres et postes, mais pas de la vie dont l’école a bien besoin.

    #éducation #école #évaluation #réforme #souffrance



  • . : L’intelligence de l’ennemi
    http://comite-de-salut-public.blogspot.com/2011/06/lintelligence-de-lennemi.html

    « La souffrance sociale est devenue l’élément structurant du comportement et du #vote », clame celui qui s’est d’emblée montré favorable à l’idée de la prime pour les salariés. « Si on ne peut pas distribuer assez de pouvoir d’achat, et on va le faire avec cette prime, il faut distribuer de la considération. » À entendre ce grand consommateur de sondages, « le vote FN est un vote de protection. Le potentiel de progression de Marine Le Pen se situe plutôt à gauche. » Aussi considère-t-il que la présidente du FN a fait une faute en assurant que l’#assistanat n’était pas un problème. « Le débat sur l’assistanat est un produit masquant du débat sur l’#immigration. Pour le petit Blanc, l’immigré est la figure du #déclassement. C’est l’effet de halo. Ce n’est pas là où il y a des immigrés que le FN progresse le plus, c’est là où ils ont peur de les voir venir. L’immigré est perçu comme le symbole de la paupérisation qui guette. Ce n’est pas un rejet raciste. » Et de maugréer contre cet « antifascisme pavlovien qui consiste à ne voir dans l’immigration qu’un problème de xénophobie et de racisme, alors qu’elle est au cœur de la question #sociale. Poser la question en termes moraux, c’est se moquer du monde ».

    Tout est dit.
    La #souffrance sociale comme élément moteur du vote populiste, la hantise du déclassement qui prend la figure de l’immigré comme expiatoire à son angoisse, le besoin de protection d’un électorat déboussolé par trop de difficultés quotidiennes, et la moralisation de la question raciste quand elle est d’abord et avant tout une question politique et sociale. Constat dépassionné utilisé avec un #cynisme assumé dans le cadre d’une stratégie de division de classes pour monter ceux qui s’appauvrissent contre ceux encore plus pauvres.

    CSP a raison : c’est glaçant et horriblement juste. Et c’est ce pour quoi, Marine a de grande chance de faire un carton monumental face à une droite couchée devant les diktats libéraux et un gauche totalement aspirée par le néant PS
    #politique



  • Transsexualité : lorsqu’on est prisonnier de son corps | Dossier Liban | L’Orient-Le Jour
    http://www.lorientlejour.com/category/Dossier+Liban/article/699342/Transsexualite+%3A_lorsqu%27on_est_prisonnier_de_son_corps.html

    « J’avais neuf ans lorsque ma mère est venue un jour m’apprendre une prière, en me disant que si je la récitais, Dieu exaucerait tous mes vœux, se souvient Randa. Pendant presque une année, je la récitais tous les soirs, demandant à Dieu d’être une fille. Tous les matins, au réveil, je glissais ma main dans mon slip pour voir s’Il m’avait entendu. Tous les matins, j’accusais une déception et espérais voir le miracle s’accomplir le jour qui suivra. Ce jour n’est jamais arrivé. À l’époque, j’ai vécu cela comme un abandon de Dieu. J’étais convaincu que même Lui ne voulait pas de moi. C’est alors que j’ai commencé à changer. Une dépression s’est petit à petit installée. De la fillette joyeuse que j’étais, je me suis transformé en un petit garçon triste et fade. »

    #genre #société #souffrance #intolérance #intersexués #for:twitter


  • « Les entreprises ne savent plus ce qu’elles font »
    http://www.latribune.fr/entreprises-finance/20110401trib000612048/les-entreprises-ne-savent-plus-ce-qu-elles-font.html

    Au lieu de « motiver » les salariés, de les amener à s’engager pour leur entreprise, ces techniques provoquent le retrait et la rébellion active ou passive. Plus l’entreprise cherche à contrôler et à mettre la pression, plus les salariés, cadres y compris, se réfugient dans des investissements alternatifs, la famille par exemple, qui viennent compenser la dureté du monde du travail. Mieux : le délire des processus, des « reportings » et des indicateurs finit par recréer des zones de liberté pour les salariés tant ils deviennent contradictoires les uns avec les autres et laissent ainsi les acteurs libres de décider ce qu’ils doivent appliquer ou non. Au final, on assiste à un « mix » d’anarchie et d’obéissance sélective (je choisis ce à quoi je décide d’obéir) qui mène au désinvestissement. Cette bureaucratie annule de fait le rôle de l’encadrement de proximité qui n’a du coup plus d’effet de levier. Les entreprises s’enfoncent dans un jeu perdant-perdant avec leurs salariés.

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  • Miroir Social - Souffrance au travail : II. La religion de la mobilité
    http://www.miroirsocial.com/actualite/souffrance-au-travail-ii-la-religion-de-la-mobilite

    Pudiquement rebaptisée mutation organisationnelle permanente par quelques théoriciens la présentant comme vecteur de dynamisme et de modernité, cette nouvelle religion de la mobilité a longtemps fait l’objet de formations et de programmes de coaching. Avec maintenant quelque recul, nombreux sont ceux qui pensent que ces changements, souvent intempestifs, nous ont été imposés (et dans une large mesure le sont encore, malgré le nouveau discours ambiant regrettant leurs conséquences négatives) surtout dans l’optique d’obtenir la désocialisation des équipes et par voie de conséquence, obtenir des salariés dociles, parce que fragilisés.

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  • Comment les industriels de l’automobile maintiennent leurs taux de profit
    http://www.union-communiste.org/?FR-archp-show-2011-1-1385-5908-x.html

    Les États n’ont pas été les seuls à être mis à contribution pour aider l’industrie automobile ou, plutôt, les industriels de l’automobile, en tout cas en France. Les différents niveaux de collectivités locales ont également sorti le carnet de chèques. Régions, départements et communes se comportent en la matière comme de véritables bailleurs de fonds des entreprises, allant jusqu’à se substituer aux banques lorsque celles-ci se refusent à prêter de l’argent aux industriels, ou entreprenant directement, à leurs frais, des travaux permettant d’améliorer «  l’attractivité  » des sites. Le seul département des Yvelines, par exemple, a ainsi mobilisé quelque 346 millions d’euros en 2009 pour son Plan d’appui à la filière automobile. En France, les aides et subventions venant de l’État, de l’Europe, des régions, des départements et des communes sont si nombreuses que les patrons réclament un peu de simplification  : ainsi en Bretagne, une «  charte automobile  » signée par le syndicat patronal d

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  • Sisyphe.org - Aider les femmes prostituées à se situer au coeur de leur vie
    http://sisyphe.org/spip.php?article1605

    La prostitution est le fait de rendre son corps disponible au plaisir sexuel d’autrui pour de l’argent (qui peut prendre la forme de drogues, d’alcool, d’un logement, de vêtements, etc.) sans égard aux besoins et aux désirs personnels de la personne qui se prostitue et sans engagement émotif et relationnel de la personne qui paie. C’est cette absence d’engagement qui rend la prostitution si attrayante pour le client et tellement déshumanisante pour la personne qui se prostitue.

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  • Conversation sous la tente @GORA 32
    http://agora32.fr/spip.php?article151

    Difficile de rendre cette vie, la simplicité, l’ordinaire et la chaleur de ces moments, les discussions qui passent du coq à l’âne, où tout est mêlé, de l’histoire de la psychiatrie au bricolage (mais notre métier est presque totalement constitué de cela : de bricolage), les rencontres qui se font, viande, pain et verres qui circulent autour de la table et le sentiment que quelque chose existe là, de précieux, qu’on ne peut pas enlever aux gens. Quelque chose d’extrêmement important, de vital, d’indispensable. Quelque chose qui concerne la psychiatrie sûrement, mais au-delà d’elle, touche notre manière d’être ensemble dans la société d’aujourd’hui et la possibilité de travailler dans un collectif vivant. Parce que la vie, elle est là, pas dans les protocoles et autres évaluations, encore moins dans le CAC 40 et toutes les économies qu’on veut nous imposer. Non, la vie est là, et les patients en ont besoin, ils ont besoin de la sentir en nous. C’est avec cette vie qu’ils peuvent se reco

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