• « En Italie, des intellectuels aussi renommés que Giorgio Agamben, des directeurs d’institutions prestigieuses, et des universitaires, livrent bataille contre le #Passanitaire. Loin de la résignation française ! »

    https://qg.media/2021/12/04/en-italie-lexceptionnelle-resistance-des-anti-pass-reportage-par-giannina-mura

    Fortement frappée par le Covid début 2020, l’Italie de Mario Draghi est devenue le pays pionnier pour l’obligation vaccinale des soignants, et désormais pour l’ensemble des salariés, suscitant de très puissantes résistances dans de nombreuses villes du pays. Contrairement à la France, de grands noms de la pensée de gauche comme #Giorgio-Agamben y ont pris partie contre le pass vaccinal, et des directeurs d’institutions prestigieuses ont présenté leur démission pour ne pas avoir à le mettre en oeuvre.

  • CE QUE SIGNIFIE RÉSISTER

    Entretien du Comptoir avec PMO

    Le Comptoir, « blog socialiste, républicain, anti-utilitariste, décroissant, écologiste », a publié en octobre 2021, un entretien (ici : https://comptoir.org/2021/10/26/pieces-et-main-doeuvre-la-cybernetique-affaiblit-notre-autonomie-de-pensee) autour de notre dernier ouvrage, Le Règne machinal (la crise sanitaire et au-delà). C’était pour nous l’occasion – comme dans la plupart de ces entretiens réalisés par écrit – de creuser certaines notions que nous avons introduites, telles que le « technocène », le « technotope », la « société de contrainte », la « technocrature », et d’esquisser une réponse à la sempiternelle question des fins de débats : « Comment résister à… ? »

    Q) Selon vous, nous ne vivons ni dans l’anthropocène, ni dans le capitalocène, mais dans le technocène, pourquoi ?

    Le terme d’« Anthropocène » est un néologisme du biologiste Eugène Stoermer, forgé au début des années 80 pour désigner une nouvelle ère géologique – et popularisé en 2002 dans un article de Nature, co-rédigé avec Paul Crutzen, le prix Nobel de Chimie 1995. Stormer et Crutzen ne font pas remonter les causes du bouleversement géo-climatique à l’apparition de l’anthropos, voici trois millions d’années, ni même à l’émergence du capitalisme, mais situent le début de cette ère en 1784, année du perfectionnement de la machine à vapeur. C’est-à-dire le début de l’usage des énergies fossiles : la révolution thermo- industrielle.

    Certes, nul ne vit sans laisser d’« empreintes écologiques ». « De tous temps, les hommes » ont pratiqué la politique de la terre brûlée, y compris les chasseurs cueilleurs du paléolithique. « L’Anthropocène » si l’on veut désigner par ce mot la « transformation » de la nature, sa production/destruction par l’animal politique (zoon politikon), a commencé à feu doux avec les chasseurs cueilleurs, fort peu nombreux, fort mal armés, et qui auraient pourtant réussi à éliminer la plupart des grands mammifères rencontrés depuis 125 000 ans, dans leurs migrations (1). La destruction des forêts du nord et de l’ouest de l’Europe, les ravages des sociétés agraires partout dans le monde marquent l’extension du brasier (2). Dès le Moyen-Âge, les mines et forges d’Allevard, dans le Grésivaudan, signalent par leur « exploitation destructrice de la nature », l’avènement de la société industrielle.

    L’embrasement devient général quand, des noces du capital et de la science, jaillissent des forces productives/destructives et une explosion démographique exponentielles. Ni le capital, ni la technologie, pris séparément, n’auraient été capables de tels exploits en si peu de temps. Il fallait l’investissement du capital (public ou privé) pour développer les technologies ; et le développement technologique pour justifier ces investissements (au nom du progrès et du profit). C’est la science, en dépit des gaspillages du capital et de ses propres errances, qui s’est révélé le facteur décisif, par sa capacité à transformer la connaissance du monde en puissance matérielle au moyen de machines. Le capital n’étant lui-même qu’un de ces moyens ou machines subordonnés à cette conquête de la puissance. Et c’est ainsi que nous vivons au Technocène ou – suivant nos géologues – à l’ère technologique de l’Anthropocène. Tous les hommes ont contribué au crime, mais tous n’y ont pas contribué autant suivant leur strate sociale et historique. Les derniers venus, les technologues, montés sur les épaules des générations précédentes, disposent de moyens sans commune mesure avec ceux des chasseurs cueilleurs.

    Le « Capitalocène » dénoncé par Andreas Malm dans L’Anthropocène contre l’histoire. Le réchauffement climatique à l’ère du capital est surtout la sempiternelle tentative des anticapitalistes (en l’occurrence un néo-léniniste suédois) de ramener tous les maux à leur idée fixe – « le capitalisme, seul responsable de l’exploitation destructrice de la nature (3) » (Alain Badiou) – et pour en disculper le Technocène, dissimulé dessous. Comme si le productivisme communiste, autrement dit capitalisme d’État, avait été plus ménager de la nature, humaine ou non-humaine (4). Comme si un communisme technologique et prométhéen, régi collectivement par une humanité d’ingénieurs et de scientifiques, par voie d’assemblées, de débats et de votes électroniques, pouvait enrayer l’entropie de l’énergie et de la matière, l’échange inégal entre une société techno-industrielle et le monde matériel.

    Q) Selon vous, l’homme n’est plus connecté au biotope, mais au « technotope ». Qu’entendez-vous par-là ? En quoi cela explique-t-il la crise sanitaire ?

    Jusqu’à récemment, l’humanité, famille du règne animal, vivait en symbiose, heureuse ou malheureuse, avec son biotope – son « lieu de vie ». L’artificialisation et la machination ont transformé celui-ci en technotope, ce monde-machine auquel les humains doivent être intégrés et connectés pour survivre. La pandémie a rappelé avec brutalité notre dépendance au système techno-industriel dans tous les aspects de nos vies - « comment aurions-nous fait sans Internet ? ». C’est désormais notre technotope qui satisfait nos besoins, pourvu que nous obéissions aux lois du règne machinal : non plus vivre, mais fonctionner.

    D’un point de vue matériel, concret, cette connexion s’effectue via l’interface universelle, la cyber-prothèse greffée à homo mechanicus : le smartphone connecté au réseau cybernétique. Le technotope est saturé d’« intelligence ambiante » - de l’anglais intelligence : renseignement – ainsi que les ingénieurs désignent leurs filets électroniques (puces, capteurs, objets connectés, réseaux de communication sans fil) qui piègent les données numérisées, indispensables à l’automatisation de la vie sociale. Puis l’« intelligence » artificielle calcule ces données pour en tirer modèles, indicateurs, profils, décisions et prédictions. La ville-machine fonctionne sur la transmutation en code informatique de la vie directement vécue.

    La machinerie cybernétique doit réguler au mieux les flux et les stocks d’éléments toujours plus nombreux. Désormais, l’organisation rationnelle de l’ordre public - la police des populations, suivant le sens premier du mot « police » – se confond avec le technotope, produit de l’organisation rationnelle de l’homme-machine, toujours plus socialisé et organisé ; tels les composants d’un ordinateur/calculateur.

    Ce monde-machine se construit sur une fiction : on pourrait détruire le biotope sans affecter ses habitants. Remplacer le naturel par l’artificiel n’aurait pas d’effet sur la vie biologique et sociale de l’animal politique (zoon politikon), ni sur les règnes animaux et végétaux. Deux cents ans de cette guerre au vivant (5) ont tué les sols, vidé forêts, savanes et océans, infecté l’air et l’eau, empoisonné l’alimentation et l’environnement naturel, dévitalisé les hommes.

    Entassés sur la terre ravagée, nous piétinons les territoires des grands singes, des chauves-souris, des oies sauvages. Promiscuité idéale pour les contagions (du latin tangere : toucher). Sans oublier le chaos climatique. Si vous craignez les virus et les bactéries, attendez que fonde le permafrost. Tels sont les effets de la destruction de notre biotope et de son remplacement par le technotope.

    Q) Selon vous, nous avons dépassé la société de contrôle et la société de surveillance et nous sommes entrés dans la société de contrainte. Cela s’est-il reflété dans la gestion de la crise sanitaire, du confinement au passe sanitaire ?

    Dans un livre de 2008, Terreur et possession. Enquête sur la police des populations à l’ère technologique, nous distinguions le contrôle de la surveillance et de la contrainte. Les deux premiers sont à l’œuvre depuis des années. Le contrôle à travers les multiples fichiers dans lesquels figure tout individu, auxquels s’ajoutent trois outils de fichage liés à la pandémie : fichiers de malades, de cas contact, de vaccinés, intégrant des données personnelles de santé sans l’autorisation des concernés. La surveillance est quasi ubiquitaire, via les caméras de vidéosurveillance (y compris à reconnaissance faciale), la géolocalisation, la capture des données numériques que laisse derrière elle la cyber-vie, comme avec l’appli de traçabilité (de traque) électronique TousAntiCovid.

    La contrainte n’est ni le contrôle ni la surveillance. Contraindre, c’est faire agir contre son gré, malgré soi, à son corps défendant, tel un pantin ou un robot. Cela n’implique pas forcément la coercition. Nulle loi ne vous impose un smartphone ou Internet chez vous. Mais la suppression des cabines téléphoniques, des boîtes aux lettres physiques des administrations ou des guichets SNCF, l’obligation de déclarer ses impôts en ligne (et bientôt toutes les démarches administratives, selon le plan « Action Publique 2022 » du gouvernement), l’exigence des recruteurs d’avoir des salariés joignables à tout instant, nous contraignent à nous adapter au monde-machine, à la smart city. En 20 ans, une population entière devenue Smartienne a été modifiée à son insu, suivant un modèle qu’elle n’avait pas choisi mais qu’elle a adopté, avec plus ou moins de bonne volonté.

    Cette machinerie cybernétique renforce en retour les moyens de contrainte du pouvoir. Via les réseaux et les objets connectés, celui-ci peut d’une d’une part collecter des informations (flux de données ascendants), d’autre part transmettre des ordres (flux descendants).

    La gestion de la pandémie a mis en lumière ces processus de contrainte. Notre liberté de mouvement est actuellement conditionnée au scan d’un QR code attaché à chaque individu, comme les marchandises dans les entrepôts – et comme les Chinois dont la police des populations nous horrifiait il y a peu, souvenez-vous. Via le QR code, le pouvoir nous pilote de façon centralisée : Vert = Oui / Rouge = Non. Simple et efficace.
    Ce pilotage centralisé est au cœur du projet de smart city, de « planète intelligente » pour une gestion optimale des métropoles. L’algorithme de réservation des VTC détecte si la batterie de votre smartphone est bientôt vide, et fait monter le prix de la course en proportion. Dépêchez- vous. Dans le métro de Londres, les piétons sont ralentis ou accélérés à leur insu par la machinerie des stations (distributeurs de billets, portillons, escaliers roulants, etc), selon les besoin de l’écoulement des flux. Ne vous avisez pas de marcher à votre rythme. Etc.

    Ces exemples concernent le macro-pilotage global de la société-machine, qui nous contraint à suivre les procédures décidées par les concepteurs de la Machine et de ses réseaux. Une société automatisée est une société de contrainte.

    La contrainte s’exerce aussi au niveau micro, individuel, de façon de plus en plus fine. Avec les outils convergents des neurotechnologies et de l’« intelligence artificielle », le règne machinal pousse ses connexions jusqu’en notre for intérieur. Au-delà des drogues et psychotropes chimiques, on voit émerger des cyberdrogues. Nous avons documenté les moyens toujours plus performants des neurotechnologies pour connecter le cerveau à la machine. Voyez nos enquêtes sur Clinatec, clinique expérimentale du cerveau, issue du CHU et du CEA- Minatec de Grenoble. Les équipes du professeur Benabid y testent entre autres des implants neuro-électroniques agissant sur le comportement des individus (pour réguler leurs habitudes d’alimentation, calmer les addictions, etc.). C’est ce que le vaudou et l’Inquisition nommaient autrefois la possession. Une force extérieure au sujet s’empare de lui, le contraint ou au contraire lui interdit certains actes et comportements. Cela se plaide en justice (irresponsabilité pénale). Simplement cette force « extérieure », purement psychique et suggestive autrefois, procède aujourd’hui de moyens matériels, chimiques et électroniques, à la disposition d’un manipulateur high tech.

    Les neurotechnologies ont aussi développé des outils de détection de l’intention, avant l’acte lui-même, utilisées par le neuromarketing. D’où découle le nudge, ces techniques de modification du comportement qui s’appuient sur certains mécanismes neuronaux et manipulent les réflexes anthropologiques. Combinées à la puissance des algorithmes et de l’intelligence artificielle, ces techniques sont capables de profiler les individus et de déterminer les ressorts à activer pour provoquer les réactions réflexes attendues. Comme dit un expert : « l’IA cible, et le nudge transforme ».

    Emmanuel Macron a fait appel aux spécialistes du nudge (l’agence BVA Nudge Unit), non seulement pour sa campagne, mais pour la gestion de l’épidémie. Le décompte macabre quotidien, la comparaison avec les autres pays, ou l’invention d’une « attestation autodélivrée » de déplacement, répondent aux principes manipulatoires du nudge.
    A nouveau, l’objectif est d’éliminer chez les humains leur part d’imprévisibilité, leurs hésitations, ce que ces ingénieurs du comportement nomment des « biais » - bref, d’en finir avec l’humanité vivante et spontanée.

    Le mot « contrainte » vient du latin stringere, « serrer, lier étroitement ensemble ». Voir constriction, boa constrictor. Exactement ce que nous vivons dans le filet de contention électronique qui entrave et oriente nos mouvements et nos choix, telle une camisole de force numérique : l’incarcération de l’homme-machine dans le monde-machine.

    Q) Je vais me faire l’avocat du Diable, mais si cela permet d’améliorer la vie des gens, ou dans le cas de la crise sanitaire, de sauver des vies, quel est le problème ?

    Il faudrait s’entendre sur ce que l’on appelle « améliorer la vie des gens ». Mais adoptons l’opinion façonnée et diffusée par les cybernéticiens, selon laquelle l’automatisation et la machination de tous nos actes nous soulageraient et nous faciliteraient la vie. La machine ayant allégé le labeur physique, devrait aussi alléger nos tâches cognitives et intellectuelles. Ce qu’elle a épargné à notre squelette, elle devrait l’épargner à notre cerveau, prenant en charge le calcul mental, l’orthographe, la mémorisation, la pratique de langues étrangères, l’orientation dans l’espace, l’analyse des situations complexes et toutes nos activités cérébrales. Nos contemporains nous assurent que « c’est bien pratique ». Puis les objets prétendument « intelligents » et la supposée « intelligence artificielle » ont convaincu les humains de leur infériorité et de renoncer à toute initiative. Ainsi le Smartien s’allège-t-il de lui-même en se dépossédant de sa faculté de penser, de décider, d’agir. Qu’est-ce qu’un humain, qui, après avoir renoncé à l’usage de son corps, n’utilise plus son cerveau ? Un amas de chair connecté, sous assistance informatique.

    Ivan Illich a décrit comment le « progrès » technologique devenait contre-productif passé un certain seuil. De même que la sédentarité et le manque d’effort physique attaquent désormais la santé – comme le rappellent les « comorbidités » du Covid-19 -, la cybernétique affaiblit notre autonomie de pensée, y compris l’intelligence du quotidien, et nous contraint en outre à un rythme toujours plus épuisant. La contre-productivité prend la forme du « stress, » de la dépression, du surmenage, mais aussi de la déconcentration, de la perte de mémoire, en un mot de l’abrutissement. La vie s’améliore, en effet.

    La réaction majoritaire de la population à la pandémie témoigne des effets de ce renoncement à l’autonomie de pensée. La demande de prise en charge totale par la Mère-Machine (et ses maîtres) a éclaté avec l’angoisse de la maladie. Seuls des Smartiens conditionnés à demander secours en toute chose à leurs « applis » pouvaient accepter la traque numérique via TousAntiCovid, puis le QR code pour accéder aux lieux familiers. Il ne leur vient même pas à l’esprit que l’on pourrait faire autrement, ni que cette contrainte ne sauve probablement pas de vies ; des soignants en nombre suffisant et des médecins de famille autorisés à suivre leurs patients dès le début de l’épidémie en auraient à l’évidence sauvé plus. Moins d’humains, plus de machines : le monde-machine révèle sa logique mortifère.

    Le cyber-pilotage des masses a franchi un seuil évident à la faveur de cette crise, au nom de la sécurité et de la santé, les habituels chevaux de Troie de la tyrannie technologique. Des habitudes ont été prises, des barrières ont sauté, notamment dans l’acceptabilité des moyens de la contrainte. En témoigne le cynisme glaçant du rapport sénatorial de juin 2021 consacré à l’usage du numérique dans la gestion des futures crises sanitaires (6). Sans oublier le chaos climatique : la population a donné son « feu Vert » (Bernard Charbonneau) à une gestion technologique et tyrannique des crises à venir.

    Notez que la question de l’origine du virus, de la cause de la crise, n’intéresse pas grand-monde. Qu’il soit une zoonose ou issu d’un accident de laboratoire, le Sars-CoV2 est le produit de la guerre que la société industrielle mène au vivant : une catastrophe industrielle. Comme d’habitude, il n’est nullement question de mettre en cause ce qui a produit la catastrophe, afin d’éviter que celle-ci ne se reproduise, mais de trouver dans la fuite en avant technologique les moyens d’en repousser provisoirement les effets. En vue « d’améliorer la vie des gens », on réduit celle-ci à un simple fonctionnement.

    Q) Selon vous, la crise nous a fait avancer vers la « technocrature », c’est-à-dire à la dictature technologique, à la chinoise. N’est-ce pas exagéré ? Nous sommes encore loin du système de notes sociales, par exemple…

    Nous n’assimilons nullement la technocrature à la dictature. Nous prenons soin, au contraire, de distinguer entre la France de Macron où nous pouvons nous exprimer sur Le Comptoir, dans nos livres, nos journaux, et dans la rue, chaque samedi, sans être tués, torturés, ni emprisonnés, et les pays - disons de la Biélorussie au Vietnam - où nous serions immédiatement neutralisés. Nous disons que la Chine constitue un modèle absolutiste de technocratie, au sens où Louis XIV incarne la monarchie absolue, cependant que les États-Unis en constituent le modèle éclairé, au sens où Frédéric II de Prusse et Catherine II de Russie prétendent s’inspirer des lumières de la raison et des philosophes. La technocrature est ce moment, ce glissement – mi-latent, mi- conscient – vers l’avènement du techno-totalitarisme ; l’incarcération de l’homme-machine dans le monde-machine.

    Il ne s’agit pas seulement de contrôle et de surveillance policiers, de « cyber-flicage », mais de l’organisation cybernétique de la société. La véritable organisation d’une polis, cité/société, quels que soient son régime de propriété, ses convictions politiques ou ses croyances religieuses, réside dans son appareillage technique et matériel. Simplement parce que les contraintes technologiques (c’est-à-dire les faits matériels et la rationalité technicienne) l’emportent sur toute autre considération dans les sociétés humaines asservies au principe de réalité, au primat de l’efficacité, et in fine, à leur propre volonté de puissance.

    Toutes les sociétés, toutes les technocraties dirigeantes, tendent vers cet objectif de toute- puissance, toutes cherchent « le seul meilleur chemin » d’y parvenir. Tout au plus devons-nous conserver la distinction entre techno-despotisme « éclairé » (américain, occidental) et techno- despotisme « absolu » à la chinoise, même s’ils interagissent, que chacun présente certains traits de l’autre et gravite vers l’autre, en attendant leur fusion au sein d’un techno-totalitarisme mondialisé.

    L’avènement de cette technocrature avait été dénoncé, il y a un demi-siècle de cela, sous le nom d’« écofascisme », la dictature des ingénieurs Verts, grâce à l’état d’urgence écologique. Voyez les ouvrages de Bernard Charbonneau ou André Gorz. Chacun constate aujourd’hui que cet « écofascisme » était en fait un « technofascisme », si l’on tient à employer cette référence extrêmement définie et datée.

    Tandis qu’enfle la Crise (climatique, écologique, sociale, migratoire, etc.) dont la pandémie n’est qu’un avant-goût, la technocratie mobilise des moyens de pilotage des populations inégalés jusqu’ici, et dont les progrès à venir ne font aucun doute. Quand viendra l’heure du rationnement des ressources – stade ultime d’une gestion rationnelle – la « note sociale » à la chinoise sera une « note verte ». On ne détruit pas la nature sans détruire en même temps la liberté. Voilà pourquoi nous, anti-industriels et naturiens, défendons les deux indistinctement.

    Q) Comment résister à ce rouleau compresseur technologique, qui s’amplifie depuis la crise sanitaire ?

    « Résister » vient d’un vieux mot grec, puis latin, ayant transité par le français ancien sous la forme « ester », « tenir debout », pour produire, entre autres, un doublet « rester/résister ». Rester en arrière, quand la plupart « pro-gressent », vont de l’avant, c’est résister.
    Un manifestant chinois anonyme et solitaire, face à une colonne de chars, a montré en 1989, sur la place de la Paix céleste, ce que signifiait tenir debout face au rouleau compresseur. On peut supposer qu’en « restant en arrière », cet homme est également « resté lui-même », et qu’il a « agi de soi », sans réflexion, parce qu’il n’avait pas d’autre choix, de son point de vue, que de rester debout, face à la progression du rouleau compresseur, blindé, armé et motorisé par la technologie.
    Certains protesteront « qu’ils n’ont pas envie de jouer les martyrs, ni les héros. » Qu’ils ne jouent pas. Qu’ils ne se payent pas de mots. Qu’ils ne prétendent pas à une « résistance » sans prix, ni peine. On ne peut avoir à la fois l’auréole de l’effort et la jouissance du confort. – Enfin, si, on peut.

    On ne compte plus les artistes, les universitaires, les charlatans qui réussissent dans le « catastrophisme positif » ; ni les groupes réunis une fois par mois, autour d’un film ou d’un conférencier, afin de manger une part de tarte aux légumes et de se confirmer dans leur posture « dissidente ». Cependant, quand vient la fin du « débat » et la sempiternelle question, « comment résister à… », on voit vite qu’il n’y a que deux sortes de réponses : les choses « qu’on ne peut pas faire » et celles « qu’on ne veut pas faire ». De sorte que tout ce que l’on peut faire, c’est ce qu’on fait déjà. C’est-à-dire convenir d’une nouvelle réunion, avec un nouveau sujet, un nouveau film et un nouveau conférencier, le mois prochain. C’est l’alter- mondanité, ce qu’un article du Monde Diplomatique, il y a une dizaine d’années, avait nommé « le divertissement militant ». La résistance, il y a des festivals pour ça. Mais George Smiley, l’anti-héros de John Le Carré nous avait prévenus, « il y a toujours une raison de ne pas faire les choses. » Inertie, veulerie, procrastination, étourderie, àquoibonisme, etc.

    Les gens qui vous demandent « comment résister » ont rarement envie de le faire ; et concluent souvent d’un air navré que, non, ils ne peuvent ou ne veulent pas faire ce que vous suggérez. En fait, on devrait retourner la question et leur demander, « Et vous ? Que faites-vous ? Qu’êtes- vous prêt à faire personnellement, par vous-même, pour résister, à part faire partie du collectif machin et même d’un tas de collectifs machins ? »

    A l’inverse, les gens qui veulent résister vous demandent rarement comment faire. Ils résistent. Individuellement et/ou collectivement. Passivement et/ou activement. Spirituellement, intellectuellement, pratiquement, politiquement, juridiquement, etc.
    Le compagnon qui s’en va seul incendier une antenne-relais et se retrouve au trou pour trois ans, ne vient pas d’abord nous demander un avis que nous n’avons aucun droit de lui donner. Il ne consulte que sa conscience et il fait ce qu’il a à faire pour « rester debout » selon son idée. Les manifestants qui défilent chaque samedi contre le pass numérique - et nous avec eux – depuis le 12 juillet, n’ont pas attendu notre appel pour « résister au rouleau compresseur technologique », même s’ils ne le formulent pas forcément ainsi. Quoique nombre de pancartes disent « je ne suis pas un QR-code », ou « Mon métier n’est pas de contrôler les patients/ les lecteurs/les clients », etc. Ou encore celle-ci, brandie au Puy-en-Velay par une vieille dame, « Laissez-nous vivre notre fin du monde tranquilles ».

    Quant à nous, loin de la jactance militante et activiste, nous ne prétendons pas « nous battre », ni « résister », du moins pas au vrai sens que ces mots purent avoir en 1870 ou en 1940 ; mais tout au plus nous débattre et traîner, avancer à reculons, sur le tapis roulant du progressisme machinal où la technocratie nous a embarqués, de gré et de force. Faire cet entretien par mail, et le poster sur un site, c’est admettre que nous sommes aussi les produits et les héritiers de deux siècles de défaite face à l’emballement machinal.

    Ceux qui vivent actuellement sans QR code ni smartphone peuvent témoigner d’une part, que c’est possible, d’autre part que leur vie est contrainte par leur refus même des outils de la contrainte. C’est en cela que nous parlons de techno-totalitarisme : impossible de vivre hors du technotope, même quand on en refuse les connexions à titre individuel. Sauf à choisir l’érémitisme, et encore, sous l’œil de Google Earth.

    Finalement, qui veut « résister » à ce tapis roulant technologique ? A peine les courbes de contamination du Covid-10 semblent-elles s’affaisser, que l’on nous abreuve de « rebond de la croissance », de « reprise de l’investissement » et d’un « retour à la vie normale » présenté comme un dû. C’est à quoi servent la vaccination de masse et la gestion numérique de l’épidémie, derniers avatars de la fuite en avant technologique : à oublier la crise sans réfléchir à ses causes, pour passer au plus vite à « autre chose », c’est-à-dire à la même chose qu’avant.

    D’où la pression des vaccinés et QR codés sur les réfractaires, accusés de ralentir ce retour à la normale. Bref, nous ne voyons guère de désir de résister au techno-totalitarisme dans la population, mais à l’inverse un désir de prise en charge par la technologie de tout ce qui fait la condition humaine, y compris la peur de la maladie et de la mort. Il faudrait pour que nos contemporains se révoltent contre leur mutation en homme-machine que la conscience atteigne un seuil et une masse critiques. Nous n’avons toujours pas trouvé le secret d’apprendre à penser aux poissons, avant qu’ils ne soient dans la poêle. Seul, pourtant, ce travail de l’enquête critique et de la pensée autonome peut trouver ce secret et le divulguer à tous. Quitte, en espérant, à refuser le maximum de connexions afin de montrer l’exemple et de préserver notre for intérieur de l’invasion cybernétique.

    Pièces et main d’œuvre
    Grenopolis, le 6 novembre 2021
    le 26 octobre 2021 sur « Le Comptoir »

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    1 Cf. « Extinction. Body size downgrading of mammals over the later Quaternary », Science n°360, 20 avril 2018, sur www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/science_20_avril_18.pdf

    2 Cf. Jared Diamond, Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie, Gallimard, 2006

    3 Le Monde, 28 juillet 2018

    4 Cf. Marius Blouin, Alain Badiou nous attaque, et nous faisons (humblement) notre autocritique. Mars 2019 sur www.piecesetmaindoeuvre.com Pièce détachée n°87

    5 Cf. J.-P. Berlan, La guerre au vivant, Agone, 2001.

    6 Cf. « Contrainte numérique : des sénateurs lâchent le morceau »
    https://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=1525

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  • Les saboteurs d’antennes contre le cynisme technocratique
    https://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?article1607

    Le 11 janvier dernier, un incendie détruisait un émetteur de télédiffusion sur la commune des Cars. L’infrastructure seule était visée : aucun blessé, aucun mort, aucun mouvement de foule ou de panique ne sont à déplorer. L’opération aurait essentiellement privé un peu plus d’un million de personnes de la TNT et de plusieurs stations de Radio-France... pendant quelques jours. Une enquête a pourtant été ouverte pour terrorisme, aboutissant, le 15 juin, à l’interpellation brutale de six personnes, à l’aube, à leur domicile. Après 72h de garde à vue, une institutrice directrice d’école, une femme artisan-menuisier et un plombier retraité sont finalement mis en examen. Le juge décide de leur accorder la liberté sous contrôle judiciaire, contre le Parquet qui requérait la détention provisoire. Chacune des (...)

    #Nécrotechnologies
    https://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/soutien_carsv2.pdf

  • Here’s Why Movie Dialogue Has Gotten More Difficult To Understand (And Three Ways To Fix It)
    https://www.slashfilm.com/673162/heres-why-movie-dialogue-has-gotten-more-difficult-to-understand-and-thre


    Donc, si tu ne comprends plus rien aux #dialogues des #films en #VO sans sous-titres, ce n’est pas (forcément) parce que tu deviens vieux et #sourd.

    Karen Baker Landers, whose credits include “Gladiator,” "Skyfall," and “Heat,” among many others, has her own term for it. “Mumbling, breathy, I call it self-conscious type of acting, is so frustrating,” she says. “I would say a lot of the younger actors have adopted that style. I think the onus also falls on the directors to say, ’I can’t understand a word you’re saying. I’m listening to dailies, and I can’t understand.’ No amount of volume is going to fix that.”

    That naturalistic performance style might feel right for actors in the moment on set, but it can be hell for the sound professionals who have to clean it up afterward. “We’re very careful to make sure there’s clarity,” Baker Landers says. “You go in and you volume-graph up a vowel, or one letter. You go in and you surgically – maybe if it’s not right on camera, you slow it down. There’s all kinds of things we spend hours trying to do that may help a performance. We really strive for that.”

    But they can only do so much.

  • Fraude à la taxe carbone : « Aujourd’hui, ce qu’il me reste à moi ce sont des souvenirs et des dettes », raconte Grégory Zaoui
    https://www.francetvinfo.fr/societe/justice/fraude-a-la-taxe-carbone-aujourd-hui-ce-qu-il-me-reste-a-moi-ce-sont-de

    Grégory Zaoui est considéré comme le pionnier à l’initiative de cette fraude. Il témoigne dans le documentaire Netflix « Les rois de l’arnaque » et s’est confié au micro de franceinfo.

    (...) Inscrit à Pôle emploi, Grégory Zaoui rembourse 400 euros par mois à l’État, mais ses dettes s’élèvent encore à plusieurs millions d’euros. Âgé de 50 ans, l’ancien escroc de très haut vol se verrait bien aujourd’hui apporter son aide dans la lutte contre la fraude. « Ce que j’aimerais beaucoup aujourd’hui, c’est effectivement de mettre en place des systèmes pour l’État français en l’occurrence, et j’ai des vraies solutions à apporter. J’espère que ça va se faire et après, on verra », dit-il.

    En attendant, le repenti Zaoui prépare une conférence dans une faculté parisienne. Il rêve aussi d’intervenir devant la prestigieuse École nationale de la magistrature (ENA).

    #mafia_du_co2 #taxe_carbone

  • Deux ans d’épidémie et quelques constats :

    – le niveau de base des milieux alternatifs en matière de fonctionnement du corps humain sont pathétiques, bac -12000, un peu comme si il ne s’était rien passé depuis la théorie des humeurs,
    – Big Pharma est un problème, mais les vendeurs de molécules diluées et de vitamines inutiles à prix fort (sauf carences liées à une mauvaise/sous alimentation ou une maladie la supplémentation n’est pas nécessaire dans une société de surabondance), pas du tout, eux, ce sont des saints, pas des capitalistes du tout, ce sont des bienfaiteurs de l’humanité,
    – penser et lutter contre les défauts de notre époque, ce n’est pas se mobiliser pour l’accès au traitement pour les plus pauvres, ni en occident ni ailleurs, c’est diffuser des opinions personnelles non documentées sur le fonctionnement du système immunitaire, et se targuer de leur succès en milieu populaire - au sein desquelles pour différentes raisons sociales - l’épidémie fait un carnage,
    – à part dans certains milieux médicaux, où se mettent en place des groupes de travail incluant les patients/covid long et leur expertise, on a rien appris de la dernière épidémie mondiale toujours en cours, le sida, tant en terme de mobilisation que de pensée et d’action solidaire, de soutien aux malades longue durée et aux familles,
    – en Occident, on est toujours persuadé de notre supériorité vis à vis du reste du monde et on a toujours honte de rien, parce qu’on a tout (ie, des connaissances décédées en Algérie, qui auraient bien voulu être vaccinées, mais qui ne le pouvaient pas faute de stocks disponibles),
    – le covid, c’est les Autres (donc on s’en fout, non ? ),
    – les mobilisations à gauche sont pathétiques, individualistes (mon masque, ma liberté...) et peu pensées en terme de commun, de santé publique, de protection des plus vulnérables,
    – le covid, dans les médias c’est beaucoup de faux-débats auto-alimentés, et une maladie toujours sans visage, abstraite, des longues listes de chiffres,
    – plutôt que de faire des choses simples, maintenant qu’on connaît les modes de transmission du virus, on préfère les arsenaux techniques et la surenchère de surveillance informatisée, en grande partie parce que la prévention, c’est plus compliqué, c’est long, c’est cher de rendre des bâtiments ventilables, c’est pénible de faire que les gens se lavent les mains et mettent leur masque sur leur nez (après deux ans, c’est dingue),
    – les mesures indifférenciées, globales, qui ne sont pas ancrées dans des réseaux locaux, sans relais communautaires, ne marchent pas, on le sait (depuis... l’épidémie de VIH, mais j’ai l’impression de me répéter là) ... mais pourquoi tenter de mettre en place des trucs qui fonctionnent hein, ça serait vraiment dommage,
    – des médecins continuent à prescrire des antibiotiques pour lutter contre des virus, les études ça ne préserve pas de l’imbécilité,

    Bref, tout va toujours bien. Vive les milieux alternatifs, tellement indépendants, critiques et à contre-courant qu’ils en oublient qu’on a pas fait reculer la peste avec des éponges au vinaigre, ni des saignées.

  • Le sous-sol de nos démons - 2020 - Fanny Fontan.
    https://www.youtube.com/watch?v=qdMXi2SZDMU

    À l’hôpital ou en prison, Magali et Mathieu écoutent les récits de pédophiles. Cette psychologue et ce psychiatre reçoivent ceux que la société voudrait rendre invisibles. Ils se battent pour que les mots et l’écoute désamorcent le passage à l’acte. Groupes de parole et formations des soignants identifient nos démons pour mieux nous en protéger.

    #pédocriminalité #pédosexualité #prévention

    J’ai pas encore vu ce docu mais rien que le titre et le résumé est deja une enfilade de fausses informations.
    D’abord je pense pas que la société rende invisible les pédosexuels contrairement a ce qu’affirme l’accroche de ce docu. Madzneff passait à la TV, on traite toujours les gamines sexualisées de lolita et ce sont les victimes qui sont ignorées, culpabilisées, et réduites au silence, y compris ici.
    Moche aussi de parler de « pédophile » au sujet de personnes qui fantasmes sur des viols d’enfants car il n’y a aucune amour (philie) dans les fantasmes de viols d’enfants.
    Il y a aussi surtout une confusion entre pédoviol et pédosexualité, car les violeurs d’enfants sont loin loin d’êtres d’orientation sexuelle pédosexuelles, la majorité des incesteurs qui sont la majorité des violeurs d’enfants, sont des pères de famille, frères, beaux-pères, grand-pères... qui se servent à domicile le jour où leur compagne n’est pas disponible pour leur servir de vide couilles, ca n’a rien d’une orientation sexuelle spécifiquement tournée vers les enfants.

  • L’histoire congédiée… et « Brasero »- Florealanar
    https://florealanar.wordpress.com/2021/12/04/lhistoire-congediee-et-brasero

    Une nouvelle revue, « Brasero », est née en cette fin d’année 2021 et devrait connaître une périodicité annuelle. L’ami Octavio Alberola nous la présente. _____________ L’histoire est à la fois enquête et récit du passé à partir de sources orales et écrites, ainsi que d’images et d’objets. Enquête, afin (...) @Mediarezo Actualité / #Mediarezo

  • Revue de presse du 28.11 au 04.12.21
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?672-revue-de-presse-semaine-du

    [Màj : 8h]

    « Le cariste d’Amazon a remplacé le métallo de chez Renault »

    En célébrant Joséphine Baker, Emmanuel Macron a-t-il réalisé qu’il rendait implicitement hommage à Éric Zemmour ?

    Dans la baie de San Francisco, les habitants n’en peuvent plus de l’insécurité

    Les xénobots, premiers robots vivants, parviennent à s’autoreproduire

    « On nous fait craindre depuis trente ans le retour du fascisme : c’est du théâtre ! »

    Le réchauffement climatique pas responsable de la famine à Madagascar

    Comment le Président Macron a légalisé l’immense richesse illégale de l’Église

    Quand les militants décoloniaux parlent de Jean-Luc Mélenchon, leur « butin de guerre »

    QR code : toujours sous l’œil de l’État

    Les Frères musulmans utilisent des Européens « woke » pour faire avancer leur programme

    La France qui s’en cogne, enquête sur une sécession silencieuse

    Il faudra beaucoup plus d’immigration à l’avenir

    Bonus

    *

    Présentation/Archives/Abonnement

  • Salade de fruits de Saint Nicolas
    https://www.cuisine-libre.org/salade-de-fruits-de-saint-nicolas

    Éplucher les cacahuètes. Dans une poêle sèche, les faire dorer, sans ajout de matière grasse. Dénoyauter les dattes et les couper en quatre dans le sens de la longueur. Laver et équeuter les figues, les tailler en fines lanières. Prélever le zeste d’une des oranges. Peler les oranges à vif en retirant les membranes blanches, pour dégager les cuisses de pulpe. Séparer les oranges en deux moitiés et les détailler en tranches fines. Les disposer harmonieusement en rosaces dans le plat ou les assiettes de… #Datte, #Salades_de fruits, #Figue_séche, #Grand-Est, #Orange_à croquer / #Végétarien, #Sans œuf, #Sans gluten, #Sans lactose, Sans (...)

    #Sans viande

  • Bedrohtes Kulturzentrum „Zukunft“ : No Future in Friedrichshain
    https://taz.de/Bedrohtes-Kulturzentrum-Zukunft/!5820380

    4.12.2021 von Andreas Hartmann - Die Verdrängung des alternativen Kulturzentrums „Zukunft am Ostkreuz“ hat Symbolcharakter für ganz Friedrichshain. Der Kiez wandelt sich radikal.

    Von sowas kommt sowas: Hinten Mediaspree, vorne Obdachlosigkeit Foto: Dirk Sattler/imago

    “Keine Zukunft ohne Zukunft“ steht auf den Protestplakaten, die gerade an diversen Friedrichshainer Szeneorten zu finden sind. Sie beziehen sich auf das alternative Kulturzentrum Zukunft am Ostkreuz im Rudolfkiez, dem der Mietvertrag seitens des Eigentümers nicht verlängert wurde und dem Ende März nächsten Jahres das Aus droht.

    Es macht Sinn, das wahrscheinliche Schicksal des Ortes “Zukunft“ nun mit der Frage nach der Zukunft des ganzen Bezirks zu verknüpfen. Und sich mal näher anzusehen, was denn so kommt nach dem Aus des “Zukunft“. Nicht nur direkt auf dessen Areal, denn darüber lässt sich nur spekulieren, schließlich lässt sich der Eigentümer bislang nicht in seine Karten blicken, sondern in der ganzen direkten Umgebung.

    Denn die voraussichtliche Verdrängung des “Zukunft“ hat großen Symbolcharakter für den radikalen Wandel eines ganzen Kiezes. Die Gegend zwischen Ostkreuz und Warschauer Straße wird sich nämlich in den nächsten Jahren – also schon in unmittelbarer Zukunft – so dermaßen ändern, dass man sie kaum wiedererkennen wird.

    Noch ist man im Pandemiemodus und hat ein wenig das Gefühl, die Zeit sei eingefroren und das einzige, was sich wirklich bewegt, sind die Viren im Raum. Aber in Wahrheit werden hier gewaltige Bebauungspläne vorangetrieben. Links und rechts neben dem “Zukunft“ wird das “A Laska“-Projekt entstehen, hochwertige Co-Working-Spaces. Löblich geplant mit nutzbarer Solarenergie vom Dach und viel Grün auf den Terrassen.
    Eine Zukunft nur mit sehr viel Kapital

    Aber wer sich die Animationen des Projektentwicklers dazu ansieht, weiß sofort: leisten können wird sich diese Büroflächen nur jemand mit wirklich sehr viel Kapital in der Tasche. Das gleiche gilt für den Ostkreuz Campus ums Eck, wo 10.000 Quadratmeter Bürofläche im Luxussegment entstehen werden.

    Bewegt man sich dann weiter in Richtung Warschauer Straße, kommt man am RAW-Gelände vorbei, das so schön ranzig und kiezmäßig wirkt mit dem Graffiti überall und dem netten Kulturangebot. Doch auch hier gilt: Aufwachen, liebe Friedrichshainer!

    Schon im Februar nächsten Jahres soll der Öffentlichkeit das Konzept für die Umgestaltung des Geländes präsentiert werden. Der Großteil der bestehenden Gebäude soll abgerissen werden, satte 150.000 Quadratmeter Geschossfläche neu entstehen und nebenbei noch ein 100 Meter hoher Büroturm. Der freilich wird dann im Schatten des Gebäudes nebenan stehen. Der Amazon-Tower an der Warschauer Brücke, der bereits gebaut wird, darf sich sogar 140 Meter in die Höhe strecken. Der Versandriese wird seinen Berliner Hauptsitz hierhin verlegen.

    Friedrichshain, der Kiez der Hausbesetzer und Studenten, wird dann ein ganz anderer sein. Die Zukunft von heute ist dann Gegenwart und man wird sich wahrscheinlich fragen, ob man sich diese wirklich so gewünscht hat.

    #Berlin Friedrixhshain #Kultur #Immobilien #gentryfication

  • Yeay ! Un chouette outil !
    Visualisation des voies de transmission et des mesures d’atténuation du SARS-CoV-2
    Ce schéma interactif et paramétrable selon plusieurs critères montre les différentes voies que peut emprunter le virus à l’origine du covid-19 lors de son transfert entre deux personnes. Plus la couleur est foncée, plus le risque estimé est élevé...
    👉👉👉 https://www.bmj.com/content/375/bmj-2021-065312


    #covid #covid19 #sars-cov_2 #infection

  • US author to give away £10,000 prize cash over role of sponsor in opioid crisis | Books | The Guardian
    https://www.theguardian.com/books/2021/dec/03/us-author-to-give-away-10000-prize-cash-over-role-of-sponsor-in-opioid-
    https://i.guim.co.uk/img/media/bdc8478ba6000c534212a09a8e6cc3fb8f7d103e/755_118_1051_631/master/1051.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    US author to give away £10,000 prize cash over role of sponsor in opioid crisis

    Investigative reporter Patrick Radden Keefe will give money from business book of the year shortlisting to charity over involvement of McKinsey firm
    Patrick Radden Keefe
    ‘Irony’ … the New Yorker writer Patrick Radden Keefe. Photograph: Albert Llop/NurPhoto/Rex/Shutterstock
    Lucy Knight
    Fri 3 Dec 2021 18.24 GMT

    Last modified on Fri 3 Dec 2021 18.26 GMT

    The American writer Patrick Radden Keefe has said he will give away the £10,000 he was awarded by a book prize whose sponsor helped to sell the opioid painkiller OxyContin.

    Radden Keefe’s damning investigative book Empire of Pain deals with the opioid addiction crisis, focusing on the role of the Sackler family. He was one of six authors shortlisted for the prize, sponsored by the consultancy McKinsey, five of whom, including him, each received runner-up awards of £10,000.

    Tweeting about the “irony” on Thursday, the New Yorker journalist and author posted a photo of himself at the Financial Times/McKinsey business book of the year 2021 award ceremony at the National Gallery in London, pointing to a sign reading “The Sackler Room”. The Sacklers’ company Purdue Pharma sold the OxyContin painkiller which is said to have fuelled the US’s opioid crisis.

    I’m told it was the British who invented irony, so a short 🧵 about my experience last night in London. My book on the Sacklers, Empire of Pain, had been shortlisted for the FT / McKinsey Business Book of the Year award… pic.twitter.com/DnP7HiUzvm
    — Patrick Radden Keefe (@praddenkeefe) December 2, 2021

    In a further tweet, Keefe went on to write that “if you throw a brick in the London art world, you’ll hit a Sackler room”, because the family were keen supporters of art and made generous donations to many prominent galleries.

    What was more ironic than the ceremony being held in a room next to one named after the Sacklers, he continued, was the fact that he had been shortlisted for an award sponsored by McKinsey & Company. The consultancy firm had previously advised the Sacklers and Purdue on how to “turbocharge” sales of OxyContin, and in February agreed to pay nearly $600m in settlement for its role in the opioid crisis.

    This “made for some pretty fraught emotions”, said Keefe. “On the one hand, it means a great deal to me to see this book recognised. On the other, I could not take part in the lovely gala dinner and not at least acknowledge the proverbial elephant.”

    He has chosen to donate the money he received as a shortlisted author to the charity Odyssey House, which works to help people recover from drug and alcohol abuse.

    The writer, who won the Baillie Gifford prize for nonfiction in November, lost out on the business book of the year award to Nicole Perlroth, whose winning book This Is How They Tell Me The World Ends is about the cyber weapons arms race.

    Keefe was keen to stress that he believes the jury was “100% independent” and not in any way influenced by the prize’s sponsor.

    #Patick_Radden_Keefe #Opioides #Prix_littéraire

  • Paris : La bibliothèque Sainte-Geneviève en danger, selon son personnel
    https://www.20minutes.fr/paris/3188851-20211204-paris-bibliotheque-sainte-genevieve-danger-selon-personne

    La bibliothèque Sainte-Geneviève est en danger. Depuis le 22 novembre dernier, les personnels de cette institution qui côtoie le Panthéon d’un côté et la Sorbonne de l’autre, sont en grève. Les motifs sont multiples et sont un message d’alerte pour sauver le bâtiment, le patrimoine qu’il referme, et les salariés qui y travaillent toute l’année.

    La bibliothèque Sainte Geneviève (BSG), qui occupe un bâtiment édifié en 1851 par l’architecte Henri Labrouste, est un joyau architectural, classé Monument historique, qui abrite plus de deux millions de documents. En novembre dernier, la présidence de l’université Sorbonne-Nouvelle, responsable de sa gestion, a annoncé la suppression du département patrimoine immobilier, chargé de l’entretien du bâtiment pour rattacher ses agents à l’université.
    Le seul service d’entretien du bâtiment muté

    « C’était un service spécialisé, qui intervenait au moindre problème, avec des agents qui connaissaient parfaitement les lieux », explique Sébastien, magasinier à la bibliothèque et gréviste. Les manifestants s’inquiètent du devenir du bâtiment. Natela, magasinière raconte le délabrement progressif de la bibliothèque depuis des années. « Certains magasins [les réserves où sont stockés les ouvrages] n’ont même plus de lumière, nous devons y descendre avec des lampes torches ou notre téléphone pour trouver les livres. Les néons lâchent les uns après les autres, il y a des fuites d’eau de partout. La grande salle de lecture, de 750 places, n’a même plus de chauffage. » Les salariés ne peuvent même pas boire l’eau du robinet puisqu’elle présente un taux de plomb dangereux, selon eux.

    Avec la réorganisation annoncée, les salariés savent déjà que les conditions vont encore se dégrader. « Maintenant, au moindre problème, il faudra envoyer un mail, et comme toujours avec cette administration, il faudra des semaines pour avoir une réponse », soupire Margaux, vacataire à la BSG. Pour preuve, les grévistes avancent que la situation se complique déjà puisque les personnels chargés de l’entretien sont totalement occupés par le déménagement du site Censier de l’université à Nation.
    Des rémunérations du personnel à la baisse

    La réorganisation ne touche pas que les murs de la bibliothèque, les salariés sont aussi concernés. Les rémunérations ont d’abord été touchées, selon Sébastien : « Ils nous ont vendu une augmentation, mais ils ont supprimé la prime de Noël de 650 euros et le "bon vêtement", en nous disant que c’était inclus dans l’augmentation. » De plus, la bibliothèque Sainte Geneviève propose parmi les salaires les plus bas du secteur à Paris. Mais ouverte jusque 22 heures, elle permettait aux volontaires de faire des heures « payées de nuit ». Un dispositif également supprimé.

    Une précarisation qui se retrouve dans les effectifs puisque les départs ne sont pas remplacés, ou alors par des CDD. « Ils ne proposent plus que des CDD de 2 ans renouvelables une seule fois, explique Natela, il n’y a donc aucune reconnaissance, aucune perspective pour les jeunes qui sont embauchés. Et les renouvellements ne sont annoncés que le dernier jour du contrat. Ce n’est pas tenable pour quelqu’un qui paie un loyer. » Les embauches de vacataires aussi se multiplient, des postes qui ne sont payés qu’à la tâche, donc pas lors des confinements, des fermetures ou des arrêts maladie. Mathilde, contractuelle depuis deux ans à la bibliothèque, illustre la charge de travail qui s’ajoute à tous les employés depuis des mois : « Les partants ne sont pas remplacés, alors ils m’ont proposé de nouvelles “responsabilités”, c’est-à-dire de reprendre leur travail en plus du mien. Et sans compensation financière ! C’est une précarisation pure et simple. On ne peut plus assurer autant de travail. »

    Pour sauver la bibliothèque Sainte-Geneviève, les grévistes ont lancé une pétition qui a déjà recueilli plus de 20.000 signatures. Des enseignants et chercheurs ont même publié une tribune dans L’Express. Même les étudiants s’indignent. Rimane, en master de Lettres se désole de la situation : « C’est un lieu magnifique, qui regorge d’œuvres et de contenus qu’on ne trouve pas ailleurs, ou alors à des tarifs exorbitants. Et on laisse ça dépérir. » Son amie Lucile, qui étudie l’art abonde : « Normalement, c’est un endroit idéal pour travailler. Mais ça se dégrade et il y fait froid l’hiver. Il y a bien les cafés autour de la fac. Mais ce n’est pas l’ambiance de travail d’une bibliothèque. »

    Contactées par 20 Minutes, l’université Sorbonne-Nouvelle et la direction de la bibliothèque Sainte-Geneviève, n’avaient pas encore répondu à nos questions au moment de la parution de cet article.

  • DETTE PUBLIQUE : travailler PLUS pour rembourser PLUS ?
    https://www.les-crises.fr/dette-publique-travailler-plus-pour-rembourser-plus

    Pour cette chronique économique, l’économiste Frédéric Farah explique de façon claire le mécanisme de la dette publique, qui détermine à lui seul une grande partie de nos politiques économiques (rappelez-vous, du chantage à la dette pour justifier les mesures d’austérité : « Les Français doivent se serrer la ceinture ! ») Comment tout notre système économique peut-il […]

  • Santé publique ou richesse privée ? Comment les passeports vaccinaux numériques ouvrent la voie à un capitalisme de surveillance sans précédent | Par Jeremy Loffredo et Max Blumenthal. Une publication The Grayzone

    Les titans du capitalisme mondial exploitent la crise du Covid-19 pour instituer des systèmes d’identification numérique de type crédit social dans tout l’Occident.

    https://www.endehorsdelaboite.com/fr/articles/sante-publique-ou-richesse-privee-comment-les-passeports-vaccinau


    #covid #psyops

  • #Amsterdam: l’Hôtel Mokum est mort, vive l’Hôtel Mokum
    https://fr.squat.net/2021/11/30/amsterdam-lhotel-mokum-est-mort-vive-lhotel-mokum

    Chers ami-es, Commençons par un mot de remerciement. Le soutien et la solidarité que nous avons reçus au cours des six dernières semaines, mais surtout ce week-end, ont été extraordinaires. Samedi, nous avons été expulsé-es par la brutalité policière et une démonstration de force. Nous en reparlerons plus tard, mais pour l’instant, de la tendresse […]

    #ADEV #Amsterdam_Danst_Ergens_Voor #expulsion #gentrification #Hôtel_Marnix #Hôtel_Mokum #Marnixstraat_382 #Pak_Mokum_Terug_! #Pays-Bas